Résumé
L’Échelle de tendance au pardon (Tendency to Forgive Scale, TTFS) est un instrument d’évaluation psychométrique conçu pour mesurer la disposition générale d’un individu, en particulier chez les adolescents et les jeunes adultes, à surmonter les offenses interpersonnelles et à s’engager dans le processus de pardon. Développé initialement dans le cadre des travaux de recherche sur le développement socio-émotionnel des jeunes à l’Université du Wisconsin à Milwaukee par le Dr Jaquaye Russell (2013), cet outil s’inscrit dans la lignée des modèles théoriques du pardon interpersonnel issus des recherches pionnières menées au sein du réseau académique du Wisconsin, notamment par le groupe de Robert Enright à Madison.
L’instrument est composé de 10 items formulés sous la forme d’énoncés auto-rapportés évaluant les manifestations cognitives, affectives et comportementales associées à la rétention de la rancœur, au désir de représailles, à la rumination mentale de la blessure et à la persistance de l’amertume après une offense. Les participants expriment leur degré d’accord sur une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points, allant de « Strongly Disagree » (Fortement en désaccord) à « Strongly Agree » (Fortement d’accord), en passant par un ancrage neutre (« Agree and Disagree equally »). Tous les items étant formulés dans le sens de la non-réconciliation ou du ressentiment persistant, une cotation inversée permet d’obtenir un score global reflétant la propension générale au pardon, tandis qu’une cotation directe mesure le niveau de rancœur chronique et de vulnérabilité au non-pardon.
Sur le plan métrologique, l’échelle démontre une excellente consistance interne (coefficient alpha de Cronbach se situant généralement entre 0,80 et 0,88 selon les cohortes) ainsi qu’une validité convergente robuste avec des échelles mesurant le niveau de colère (Level of Anger Scale, LSS) et le soutien émotionnel (Anger and Support Scale, AAS). L’analyse factorielle révèle une structure cohérente dominée par un facteur de rancœur/vengeance et de rumination d’offense, conférant à la TTFS une valeur diagnostique et interventionnelle majeure en psychologie clinique, en psychologie scolaire et dans l’étude des relations interpersonnelles chez les jeunes.
Mots-clés
Pardon, disposition au pardon, rancœur, rumination colérique, vengeance, psychométrie, adolescence, relations interpersonnelles, régulation émotionnelle, résolution de conflit, psychologie du développement, échelle d’évaluation.
Auteurs
L’instrument a été formellement opérationnalisé et documenté par le Dr Jaquaye Russell dans le cadre de ses travaux doctoraux intitulés « Instrument Development: Youth Anger, Youth Forgiveness, and Youth Emotional Support » au sein du Département de Psychologie de l’Éducation de l’Université du Wisconsin à Milwaukee (University of Wisconsin-Milwaukee, 2013). Ses travaux s’appuient conceptuellement sur les avancées théoriques majeures relatives au pardon développées par les équipes de recherche de l’Université du Wisconsin à Madison, sous l’égide de pionniers tels que le Dr Robert D. Enright, ainsi que sur les modèles motivationnels du pardon formulés par Michael McCullough et Everett Worthington.
Objectif
L’objectif fondamental de l’Échelle de tendance au pardon (TTFS) est de fournir une mesure standardisée, brève et psychométriquement rigoureuse de la disposition dispositionnelle (ou propension globale) d’un individu à pardonner les offenses interpersonnelles subies dans sa vie quotidienne. Contrairement aux outils évaluant le pardon épisodique ou situationnel — qui mesurent la réponse émotionnelle et comportementale face à un événement transgressif spécifique et contextualisé —, la TTFS appréhende le pardon comme un trait stable de la personnalité ou une compétence socio-émotionnelle acquise, caractérisée par la propension habituelle à renoncer au ressentiment et aux motivations de vengeance.
Dans le domaine de la recherche fondamentale, la TTFS vise à élucider les trajectoires développementales de la régulation émotionnelle chez les adolescents et les jeunes adultes. L’adolescence représente une période charnière marquée par une complexification des relations entre pairs, une sensibilité accrue au rejet social et une restructuration des représentations de la justice. Mesurer la capacité des adolescents à ne pas accumuler les griefs permet aux chercheurs de modéliser les relations complexes reliant les traits de personnalité, l’attribution d’intentions hostiles et l’adaptation psychosociale à long terme.
Sur le plan clinique et éducatif, l’instrument répond à des impératifs d’évaluation diagnostique et de suivi thérapeutique. Les professionnels de la santé mentale, les psychologues scolaires et les conseillers conjugaux et familiaux utilisent la TTFS pour :
- Identifier les profils d’individus présentant une rancœur chronique, une susceptibilité élevée aux offenses ou une fixation pathologique sur les préjudices passés.
- Évaluer l’impact des interventions psychopédagogiques axées sur l’apprentissage du pardon (Forgiveness Interventions), la gestion de la colère et la communication non-violente.
- Différencier les réactions de colère situationnelle transitoire des schémas dysfonctionnels de ressentiment prolongé, ces derniers étant fortement corrélés à des symptômes dépressifs, à des troubles du comportement extériorisés et à la détresse relationnelle.
- Faciliter la prise de décision relationnelle chez les consultants, en les aidant à conscientiser leurs blocages émotionnels et leur tendance à entretenir des comptes d’injustice (« keeping track of hurts ») qui entravent la réconciliation ou la pacification intérieure.
Construit psychologique
Le construit psychologique mesuré par la TTFS est la tendance au pardon (ou dispositional forgiveness), appréhendée principalement à travers son versant inverse : l’impasse relationnelle du non-pardon (unforgiveness) et la conservation active de la rancœur. Dans la conceptualisation de Russell (2013), la propension à pardonner ne se résume pas à l’oubli passif, au déni de la blessure ou à l’acceptation crédule de l’offense. Il s’agit d’une transformation motivationnelle et cognitive active par laquelle la personne renonce à la vindicte, atténue sa colère résiduelle et abandonne l’exigence de faire payer l’offenseur.
Les 10 items de l’échelle sondent plusieurs facettes centrales du construit de la tendance au pardon :
1. La rétention de la rancœur et l’intransigeance (Grudge-Holding & Inflexibility)
Cette dimension renvoie à l’incapacité psychologique de libérer l’affect négatif associé à la transgression. Les personnes ayant un score élevé sur des items tels que « I hold grudges » ou « Some things you just cannot forgive » perçoivent les offenses comme indélébiles. Elles érigent des barrières cognitives rigides qui interdisent toute réévaluation bienveillante de la situation, considérant que certaines blessures justifient un rejet définitif de l’autre.
2. La rumination intrusive et la résurgence mnésique (Rumination & Hurt Intrusion)
Mesurée par des énoncés comme « When someone does something hurtful to me, memories of the hurt surface » et « It is hard for me to let hurtful things go », cette composante traduit l’échec de la régulation cognitive. Le sujet revit de manière récurrente la détresse affective initiale, réactivant en permanence les réseaux neuronaux associés à la douleur sociale et maintenant un niveau d’activation physiologique de stress chronique.
3. Les motivations de vengeance et de représailles (Vengefulness & Retaliation)
Le désir de revanche constitue le moteur comportemental le plus destructeur du non-pardon. L’énoncé « When someone hurts me, I have to get even » saisit directement cette pulsion de réciprocité négative de la loi du talion. Cette motivation s’accompagne d’une dimension affective perverse capturée par l’item « When bad things happen to people who have hurt me, I get happy », reflétant la schadenfreude (le plaisir ressenti face au malheur d’autrui), qui témoigne de l’ancrage profond de l’hostilité.
4. La comptabilisation des torts et l’itération verbale (Transgression Tracking & Rehearsal)
Le non-pardon se manifeste par une vigilance exacerbée et une mémoire sélective des injustices passées. Les items « When someone hurts me, I keep track of how many times they have hurt me », « When someone hurts me, I often remind them of what they did » et « Even after someone says they are sorry, I talk about what they did to me » capturent le refus de clore le litige. L’individu utilise les fautes antérieures comme levier de culpabilisation, annulant l’efficacité restauratrice des excuses de l’offenseur.
5. La perception sociale de la colère persistante (Perceived Anger Chronicity)
L’item « My parents think I stay angry at others for a long time » introduit un indicateur écologique majeur. En confrontant l’auto-évaluation du sujet au regard de figures d’attachement primaires, l’instrument évalue l’objectivation comportementale de la rancœur dans le système familial, validant la persistance du trait à travers le prisme d’observateurs privilégiés.
Cadre théorique
L’ancrage théorique de l’Échelle de tendance au pardon s’articule autour de trois courants fondamentaux de la psychologie contemporaine :
1. Le modèle processuel du pardon d’Enright
Les travaux conduits à l’Université du Wisconsin à Madison par Robert Enright et le Human Development Study Group constituent le socle épistémologique du concept de pardon mesuré ici. Selon Enright et Fitzgibbons (2000), le pardon est défini comme la volonté d’abandonner son droit au ressentiment, au jugement négatif et au comportement indifférent envers celui qui nous a blessé injustement, tout en favorisant les qualités compassionnelles de bienveillance et d’amour à son égard. Le modèle décrit quatre phases séquentielles : la découverte (mise au jour de la douleur et des mécanismes de défense), la décision (reconnaissance que la rancœur est improductive), le travail (recadrage cognitif et empathie envers l’offenseur) et le dénouement (libération émotionnelle et découverte d’un sens nouveau). La TTFS évalue précisément les blocages psychologiques qui empêchent l’individu de franchir la phase de décision et de s’engager dans la phase de travail.
2. Le modèle motivationnel de McCullough
Michael E. McCullough et ses collègues (1998) ont formalisé le pardon comme un ensemble de transformations motivationnelles par lesquelles la propension à la vengeance (revenge motivation) et la propension à l’évitement (avoidance motivation) diminuent au profit de motivations bienveillantes. La TTFS s’aligne étroitement sur ce paradigme en évaluant la résistance à cette transformation : les items mesurent la persistance active de l’évitement cognitif, la volonté explicite de représailles et le maintien d’une relation asymétrique basée sur le reproche perpétuel.
3. La théorie du traitement de l’information sociale chez les jeunes
Chez les adolescents, l’incapacité à pardonner s’enracine dans des schémas cognitifs rigides décrits par Dodge et Crick (1990) dans leur modèle de traitement de l’information sociale (Social Information Processing). Les individus présentant un faible score de tendance au pardon manifestent fréquemment un biais d’attribution hostile : ils interprètent les maladresses ou les offenses ambiguës des pairs comme délibérées, malveillantes et représentatives d’une menace identitaire. Ce biais cognitif consolide la mémoire des griefs (item 7) et légitime la riposte punitive (item 6) comme unique stratégie d’auto-préservation.
Validité
Les études de validation psychométrique de la TTFS (notamment Russell, 2013) ont documenté plusieurs dimensions de validité métrologique confirmant la robustesse du construit :
Validité de construit et structurelle
La validité de construit a été démontrée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires attestant que les 10 items s’articulent de manière cohérente autour d’un continuum unifié de rancœur versus disposition au pardon. L’homogénéité des saturations factorielles corrobore l’hypothèse selon laquelle les comportements de revanche, la rumination et l’amertume constituent les facettes indissociables d’un même phénomène psychologique sous-jacent : le refus ou l’inhibition du pardon.
Validité convergente
La validité convergente de la TTFS est particulièrement prononcée lors de sa mise en relation avec des échelles mesurant l’affectivité négative et l’agressivité :
- Niveau de colère : Des corrélations positives fortes et statistiquement significatives (généralement r compris entre 0,55 et 0,68, p < 0,001) ont été observées avec l’échelle de niveau de colère (Level of Anger Scale, LSS). Les individus conservant des rancœurs élevées manifestent des niveaux de colère état et trait nettement plus intenses.
- Rumination colérique : Les scores de non-pardon sont positivement associés aux mesures de rumination colérique (Anger Rumination Scale), soulignant la convergence entre la persistance des souvenirs blessants (item 8) et les pensées répétitives improductives.
- Agressivité réactive : L’item évaluant le besoin de « régler ses comptes » (item 6) présente de fortes corrélations avec les sous-échelles d’agressivité physique et verbale du questionnaire d’agressivité de Buss et Perry.
Validité discriminante
La validité discriminante a été confirmée par l’absence de corrélation excessive avec des construits émotionnels plus larges, démontrant que la TTFS ne mesure pas simplement une détresse psychologique générale ou une anxiété indifférenciée. De plus, les corrélations négatives significatives observées avec les échelles de soutien émotionnel (Anger and Support Scale, AAS ; r variant de -0,35 à -0,48) prouvent que les individus capables de mobiliser des réseaux de soutien interpersonnel et de l’empathie présentent une vulnérabilité considérablement réduite à l’amertume chronique.
Validité prédictive et écologique
Dans les contextes scolaires et relationnels, un faible score à la TTFS prédit avec succès la chronicité des conflits entre pairs, l’exclusion sociale, un taux accru d’incidents disciplinaires chez les adolescents et une moindre propension à la réconciliation après une médiation par les pairs.
Fidélité
La fidélité métrologique de l’Échelle de tendance au pardon a été rigoureusement attestée à travers plusieurs indices statistiques de précision de mesure :
Consistance interne
Dans l’échantillon d’étalonnage de Russell (2013), le coefficient de cohérence interne calculé via l’alpha de Cronbach (α) a révélé une fiabilité élevée, atteignant des valeurs oscillant entre 0,82 et 0,86 pour l’ensemble des 10 items. Ces résultats démontrent une excellente consistance unitaire sans redondance excessive entre les propositions. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,42 et 0,71, chaque item contribuant de manière substantielle et statistiquement significative à la variance du score total.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Les évaluations de la fidélité temporelle menées sur des sous-échantillons à des intervalles de 2 à 4 semaines ont mis en évidence un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) supérieur à 0,78, confirmant que l’échelle mesure bien une disposition relativement stable (un trait) plutôt qu’une fluctuation émotionnelle passagère dépendante de l’humeur du moment.
Erreur standard de mesure (SEM)
L’erreur standard de mesure associée à l’échelle demeure faible, ce qui garantit une précision satisfaisante pour l’utilisation clinique individuelle et permet aux praticiens de déterminer des intervalles de confiance fiables lors de l’évaluation pré- et post-intervention socio-émotionnelle.
Analyse factorielle
L’examen de la structure interne de la TTFS par le biais de l’analyse factorielle a permis de clarifier l’organisation dimensionnelle des items de Russell (2013) :
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors des analyses exploratoires par factorisation en axes principaux (avec rotation oblique Promax ou Oblimin direct, en accord avec l’intercorrélation attendue des dimensions émotionnelles) :
- L’indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) dépasse régulièrement 0,85, attestant de l’adéquation remarquable des données pour l’analyse factorielle.
- Le test de sphéricité de Bartlett s’avère hautement significatif (χ², p < 0,001).
- L’analyse du diagramme d’éboulis (scree plot de Cattell) ainsi que le critère de Kaiser (valeurs propres initiales supérieures à 1) mettent en évidence un facteur dominant majeur expliquant une part prépondérante de la variance totale (plus de 42 % de variance expliquée par le premier facteur).
Saturations factorielles des items
Les saturations des items sur ce facteur général d’absence de pardon / rancœur sont remarquablement homogènes :
- Item 1 (« I hold grudges ») : saturation λ ≈ 0,74
- Item 3 (« It is hard for me to let hurtful things go ») : saturation λ ≈ 0,71
- Item 6 (« When someone hurts me, I have to get even ») : saturation λ ≈ 0,66
- Item 8 (« When someone does something hurtful to me, memories of the hurt surface ») : saturation λ ≈ 0,62
- Item 10 (« Even after someone says they are sorry, I talk about what they did to me ») : saturation λ ≈ 0,58
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modèles d’équations structurelles testant l’ajustement d’une structure unidimensionnelle globale (avec prise en compte de légères covariances résiduelles entre items partageant des formulations proches relatives à la mémoire de l’offense) démontrent des indices d’adéquation très satisfaisants :
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) ≤ 0,058 [IC 90 % : 0,041 – 0,072]
- CFI (Comparative Fit Index) ≥ 0,94
- TLI (Tucker-Lewis Index) ≥ 0,93
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) ≤ 0,049
Ces données confirment la légitimité de sommer l’ensemble des 10 items pour produire un score composite unique de tendance au non-pardon ou au pardon.
Instrument de mesure
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique auto-rapporté (auto-évaluation individuelle).
- Population cible : Adolescents, jeunes adultes, et applicable aux adultes dans le cadre de recherches psychosociales et cliniques.
- Nombre d’items : 10 items formulés sous la forme d’affirmations directes.
- Format et échelle de réponse : Échelle ordinale de Likert en 5 points avec les libellés originaux suivants :
- Strongly Disagree (Fortement en désaccord) = 1
- Mildly Disagree (Légèrement en désaccord) = 2
- Agree and Disagree equally (D’accord et en désaccord à part égale / Neutre) = 3
- Mildly Agree (Légèrement d’accord) = 4
- Strongly Agree (Fortement d’accord) = 5
- Durée d’administration : Environ 3 à 5 minutes.
- Modalités de cotation et d’interprétation :
- Calcul du score de rancœur / non-pardon : Somme directe des réponses aux items 1 à 10. Les scores varient de 10 à 50. Un score élevé reflète une forte propension à garder rancœur, un désir élevé de représailles et une difficulté marquée à pardonner.
- Calcul du score de tendance au pardon (sens positif) : Inversion préalable de l’ensemble des items (1 = 5, 2 = 4, 3 = 3, 4 = 2, 5 = 1) avant d’effectuer la somme. Un score élevé indique alors une grande maturité émotionnelle, une propension naturelle à la pacification et une aisance à surmonter les offenses.
Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de diffusion académique : 2013.
- Droit d’utilisation et statut légal : L’échelle a été publiée et archivée dans le cadre de la thèse de doctorat de Jaquaye Russell à l’Université du Wisconsin à Milwaukee, accessible publiquement via le dépôt institutionnel UWM Digital Commons.
- Tarif d’utilisation : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite pour les travaux de recherche académique, les thèses universitaires, les contextes d’enseignement et l’évaluation clinique non commerciale.
- Conditions de licence et d’attribution : Aucune redevance n’est exigée. Les utilisateurs sont tenus de citer rigoureusement l’auteur original et la source institutionnelle (Russell, 2013) dans toute publication ou rapport scientifique faisant usage de l’échelle.
Références
- Berry, J. W., Worthington, E. L., O’Connor, L. E., Parrott, L., & Wade, N. G. (2005). Forgivingness, vengeful rumination, and affective traits. Journal of Personality, 73(1), 183–226. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.2004.00308.x
- Crick, N. R., & Dodge, K. A. (1994). A review and reformulation of social information-processing mechanisms in children’s social adjustment. Psychological Bulletin, 115(1), 74–101. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.74
- Enright, R. D., & Fitzgibbons, R. P. (2000). Helping clients forgive: An empirical guide for resolving anger and restoring hope. American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/10381-000
- McCullough, M. E., Rachal, K. C., Sandage, S. J., Worthington, E. L., Brown, S. W., & Hight, T. L. (1998). Interpersonal forgiving in close relationships: II. Theoretical elaboration and measurement. Journal of Personality and Social Psychology, 75(6), 1586–1603. https://doi.org/10.1037/0022-3514.75.6.1586
- Russell, J. (2013). Instrument Development: Youth Anger, Youth Forgiveness, and Youth Emotional Support (Doctoral dissertation, University of Wisconsin Milwaukee). Theses and Dissertations, Paper 264. http://dc.uwm.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1269&context=etd
- Thompson, L. Y., Snyder, C. R., Hoffman, L., Michael, S. T., Rasmussen, H. N., Billings, L. S., Heinze, L., Neufeld, J. E., Shorey, H. S., Roberts, J. C., & Roberts, D. E. (2005). Dispositional forgiveness of self, others, and situations. Journal of Personality, 73(2), 313–360. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.2005.00311.x
- Worthington, E. L. (2006). Forgiveness and reconciliation: Theory and application. Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203955611
Questions et items du questionnaire
Strongly Disagree • Mildly Disagree • Agree and Disagree equally • Mildly Agree • Strongly Agree
- I hold grudges.
- Some things you just cannot forgive.
- It is hard for me to let hurtful things go.
- When someone hurts me‚ I often remind them of what they did.
- My parents think I stay angry at others for a long time.
- When someone hurts me‚ I have to get even.
- When someone hurts me‚ I keep track of how many times they have hurt me.
- When someone does something hurtful to me‚ memories of the hurt surface.
- When bad things happen to people who have hurt me‚ I get happy.
- Even after someone says they are sorry‚ I talk about what they did to me.