Échelle de Tendance à la Maximisation (MTS)

Découvrez l’Échelle de Tendance à la Maximisation (MTS) développée par Nenkov et al. (2008). Structure tridimensionnelle, propriétés psychométriques, fidélité et items officiels.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de Tendance à la Maximisation (Maximisation Tendency Scale ou MTS), développée par Nenkov, Morrin, Ward, Schwartz et Hulland (2008), constitue une révision psychométrique rigoureuse et une forme abrégée de l’échelle originale d’évaluation du profil de maximisateur introduite par Schwartz et ses collaborateurs en 2002. Alors que l’instrument initial de 13 items souffrait d’instabilités factorielles, d’une faible consistance interne globale et d’une confusion conceptuelle entre les dimensions de recherche d’exhaustivité et de détresse décisionnelle, la MTS isole avec précision une structure tridimensionnelle stable. Cet outil psychométrique évalue l’orientation cognitive et comportementale des individus face à la prise de décision, en distinguant trois composantes fondamentales : la recherche active d’alternatives (Alternative Search), la difficulté décisionnelle (Decision Difficulty) et l’exigence de non-satisfaction de compromis ou absence de « satisficing » (Satisficing, inversé). L’instrument se présente sous deux versions validées : une forme brève optimale à 6 items (MTS-6) et une forme étendue à 9 items (MTS-9), toutes deux administrées selon une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »).

Sur le plan psychométrique, la MTS démontre des qualités remarquables par rapport à l’instrument originel. Les analyses factorielles confirmatoires conduites sur de larges échantillons représentatifs de consommateurs et d’étudiants mettent en évidence un ajustement robuste du modèle à trois facteurs corrélés (RMSEA < 0,05 ; CFI > 0,95). La fiabilité des sous-échelles présente une consistance interne satisfaisante malgré la brièveté des indices, et la validité convergente et prédictive est solidement établie : la tendance à la maximisation telle que mesurée par la MTS prédit significativement une recherche pré-décisionnelle plus exhaustive, des niveaux accrus de regret post-décisionnel, une sensibilité élevée au coût d’opportunité et, paradoxalement, une satisfaction globale et un bien-être psychologique moindres en dépit de résultats objectifs parfois supérieurs. La MTS s’impose aujourd’hui comme l’étalon psychométrique préférentiel en psychologie cognitive, en économie comportementale et en recherche sur le comportement du consommateur pour disséquer les mécanismes de maximisation et de satisficing.

2. Mots-clés / Keywords

Tendance à la maximisation, Prise de décision, Satisficing, Rationalité limitée, Comportement du consommateur, Regret post-décisionnel, Difficulté décisionnelle, Recherche d’alternatives, Psychométrie, Échelle abrégée, Heuristiques cognitives, Économie comportementale.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de Tendance à la Maximisation a été conçue, testée et validée par une équipe pluridisciplinaire d’experts en marketing, psychologie sociale et méthodologie quantitative :

  • Geronima Y. Nenkov, Ph.D. — Professeure de Marketing au sein de la Carroll School of Management, Boston College, Chestnut Hill, Massachusetts, États-Unis. Spécialiste du jugement, de la prise de décision et du comportement prosocial des consommateurs. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Maureen Morrin, Ph.D. — Professeure émérite de Marketing à la Fox School of Business, Temple University, Philadelphie, Pennsylvanie, États-Unis. Experte reconnue en perception sensorielle et psychologie du choix. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Andrew Ward, Ph.D. — Professeur de Psychologie au Département de Psychologie du Swarthmore College, Swarthmore, Pennsylvanie, États-Unis. Ses travaux portent sur la cognition sociale, la régulation de soi et le bien-être subjectif. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Barry Schwartz, Ph.D. — Professeur émérite de théorie sociale et d’action sociale au Swarthmore College et professeur invité à la Haas School of Business, University of California, Berkeley. Auteur pionnier de l’ouvrage théorique de référence The Paradox of Choice: Why More Is Less (2004). Courriel institutionnel : [email protected].
  • John Hulland, Ph.D. — Professeur émérite de Marketing et titulaire de chaire au Terry College of Business, University of Georgia, Athènes, Géorgie, États-Unis. Spécialiste de modélisation par équations structurelles et d’évaluation psychométrique. Courriel institutionnel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Maximisation Tendency Scale (MTS) est de quantifier de manière parcimonieuse, valide et fiable la propension individuelle à rechercher la solution absolue optimale (« maximiser ») par opposition à la tendance à adopter une option conforme à un seuil d’acceptabilité prédéterminé (« satisfaire » ou satisfice), conformément au paradigme de la rationalité limitée formulé originellement par Herbert A. Simon (1955, 1956). L’outil a été spécifiquement développé pour pallier les déficiences structurelles majeures de l’échelle d’origine de 13 items développée par Schwartz et al. (2002), laquelle présentait des coefficients de cohérence interne faibles ou instables (souvent compris entre α = 0,60 et 0,70), des saturations croisées indésirables et une ambiguïté quant à l’indépendance de ses sous-dimensions.

Dans les contextes de consommation contemporains caractérisés par une prolifération exponentielle des assortiments et des flux d’information, les individus sont quotidiennement confrontés au fardeau de l’hyper-choix. La MTS permet de distinguer empiriquement pourquoi et comment certains consommateurs transforment des décisions triviales en processus de délibération cognitifs épuisants. L’intérêt scientifique de l’instrument réside dans sa capacité à décomposer la maximisation en facteurs comportementaux distincts : l’effort prospectif d’exploration des options versus le tourment décisionnel d’arbitrage versus la rigueur du standard personnel d’acceptation. En isolant ces facettes, la MTS fournit un cadre diagnostique pour comprendre le paradoxe fondamental documenté par Schwartz : les maximisateurs atteignent fréquemment de meilleurs résultats objectifs (par exemple, des salaires d’embauche plus élevés ou des produits aux spécifications techniques supérieures), mais éprouvent en contrepartie une détresse psychologique plus marquée, une anxiété accrue, des regrets persistants et une satisfaction subjective significativement dégradée.

Sur le plan des applications appliquées et cliniques, la MTS sert de levier d’investigation des styles cognitifs dysfonctionnels associés au perfectionnisme inadapté, à la rumination mentale, à la vulnérabilité dépressive et à l’indécision chronique (aboulie décisionnelle). Dans les domaines du marketing, du conseil en orientation professionnelle et de la conception d’interfaces utilisateur (UX/UI), l’échelle permet de segmenter les populations cibles afin d’ajuster l’architecture de choix. Les maximiseurs nécessitent des outils de filtrage multicritères sophistiqués pour apaiser leur angoisse d’omission, tandis que les satisfacteurs bénéficient de sélections recommandées préconfigurées. La MTS offre ainsi une mesure concise convenant parfaitement aux protocoles d’enquêtes en ligne à grande échelle où la charge cognitive et le temps de passation des répondants doivent être strictement optimisés sans sacrifier la validité de construit.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la MTS est la tendance individuelle à la maximisation, opérationnalisée comme un trait dispositionnel stable orientant la manière dont un agent traite les alternatives décisionnelles. Contrairement à une vision unidimensionnelle naïve assimilant la maximisation à une simple recherche de qualité, l’approche psychométrique de Nenkov et al. (2008) démontre que ce construit est intrinsèquement multifactoriel. La version standard MTS-6 se compose de trois sous-dimensions distinctes, comportant chacune deux indicateurs hautement représentatifs :

1. Recherche d’alternatives (Alternative Search)

Cette dimension capture l’inclination comportementale et cognitive continue à sonder l’environnement à la recherche de meilleures options, y compris lorsque l’individu est engagé dans une situation satisfaisante. Le sujet présentant un score élevé sur cette sous-échelle ne suspend pas sa veille informationnelle une fois son choix initial posé. Par exemple, lorsqu’il écoute une station de radio ou regarde un programme télévisé qui lui convient, il continue de changer de chaîne pour s’assurer qu’un contenu supérieur n’est pas diffusé simultanément ailleurs (Item 1). Dans la sphère interpersonnelle ou matérielle, cela se traduit par une tendance à essayer compulsivement de multiples options avant d’arrêter un choix définitif (Item 2 et Item 3 de la forme 9 items). Cette composante reflète la facette exploratoire, proactive et dynamique de la maximisation, étroitement reliée au besoin d’exhaustivité informationnelle.

2. Difficulté décisionnelle (Decision Difficulty)

Cette composante évalue le vécu affectif négatif, l’hésitation paralysante et la charge mentale éprouvée au moment d’effectuer une sélection finale parmi des alternatives concurrentes. Les individus dotés d’une forte difficulté décisionnelle perçoivent le processus de choix non pas comme une opportunité gratifiante, mais comme une épreuve anxiogène génératrice de doute et de stress cognitif. Même pour des arbitrages du quotidien sans enjeux vitaux, tels que la sélection d’un film ou la commande d’un plat au restaurant, ces sujets peinent à trancher et luttent contre l’incertitude (Item 4). Cette dimension est la principale responsable des corrélations négatives observées entre la maximisation globale et les indicateurs de bien-être subjectif, agissant comme un médiateur de l’insatisfaction et de la procrastination décisionnelle.

3. Absence de « Satisficing » / Rigueur des standards (Satisficing – Inversé)

Dérivée directement du concept de Simon (1955), cette dimension mesure le refus catégorique d’accepter une option simplement jugée « suffisamment bonne » (good enough) au regard d’un seuil pragmatique, et la quête inflexible de l’excellence absolue ou du premier rang. Dans la MTS, cette sous-échelle est formulée de manière inversée ou contrastée pour capturer l’intolérance au compromis. L’individu s’interdit d’arrêter sa recherche tant qu’il n’a pas la certitude d’obtenir l’option suprême (« Je ne me contente jamais du second choix », Item 6). Les individus rejetant le satisficing manifestent des standards d’aspiration particulièrement élevés, percevant toute concession envers une alternative sous-optimale comme un échec personnel inadmissible.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La MTS s’inscrit au carrefour de la théorie économique classique de l’Homo œconomicus, de la psychologie cognitive du jugement et de la théorie de la décision comportementale. L’architecture théorique repose sur trois courants majeurs :

La rationalité limitée et le satisficing selon Herbert Simon

Dans les modèles économiques néoclassiques traditionnels, le décideur est postulé comme un agent doté d’une rationalité absolue (unbounded rationality), capable d’appréhender l’ensemble des états du monde, de pondérer exhaustivement toutes les conséquences probables et de maximiser mécaniquement son utilité espérée. En rupture fondamentale avec ce modèle, Herbert A. Simon (1955) introduit le concept de rationalité limitée (bounded rationality). Face aux contraintes intrinsèques de mémoire de travail, de vitesse de calcul et aux coûts prohibitifs d’acquisition de l’information, les agents réels ne peuvent matériellement pas maximiser. Ils adoptent alors une heuristique adaptative appelée « satisficing » (mot-valise combinant satisfy et suffice) : ils définissent un seuil d’aspiration minimal acceptable et sélectionnent la toute première alternative rencontrée franchissant ce seuil, mettant immédiatement fin à la prospection.

Le paradoxe du choix de Barry Schwartz

Près de cinq décennies plus tard, Schwartz et al. (2002) réinterprètent la distinction de Simon non plus seulement comme une stratégie décisionnelle circonstancielle, mais comme une différence individuelle stable de personnalité. Schwartz postule l’existence d’un continuum entre maximiseurs (qui aspirent au meilleur résultat absolu) et satisfacteurs (qui visent un résultat suffisant). Dans son ouvrage séminal The Paradox of Choice (2004), Schwartz avance que la prolifération des options dans les sociétés d’abondance modernes engendre des effets pervers majeurs pour les maximiseurs. L’abondance démultiplie le coût d’opportunité (chaque option retenue implique le renoncement à des bénéfices attrayants présents dans d’autres options) et exacerbe l’anticipation du regret. Le maximiseur s’interroge perpétuellement : « Aurais-je pu faire un meilleur choix ? » Cette dynamique alimente une spirale d’insatisfaction chronique, de rumination et de baisse de l’estime de soi.

La reformulation psychométrique de Nenkov et al. (2008)

Nenkov, Morrin, Ward, Schwartz et Hulland (2008) ont franchi une étape théorique et empirique décisive en démontrant que l’échelle initiale de Schwartz traitait à tort la maximisation comme une variable monolithique. Selon les auteurs, la quête du meilleur résultat (standards élevés) ne conduit pas inéluctablement au mal-être si elle n’est pas accompagnée d’une difficulté paralysante à trancher. En décomposant le construit en trois facettes orthogonales ou modérément corrélées, la MTS permet d’isoler les composantes saines ou neutres de la maximisation (la recherche vigilante d’alternatives et le goût de la qualité) de ses composantes véritablement délétères pour la santé mentale (l’indécision chronique et l’incapacité viscérale à clore le processus décisionnel).

7. Validité / Validity

L’Échelle de Tendance à la Maximisation a fait l’objet d’un processus de validation psychométrique approfondi articulé autour de multiples études empiriques regroupant plus de 3 000 participants (étudiants de premier cycle, panels représentatifs de consommateurs adultes et décideurs professionnels) présentés dans l’article séminal de Nenkov et al. (2008).

Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit de la MTS a été établie en comparant systématiquement le modèle unidimensionnel originel à des modèles multidimensionnels concurrents au moyen d’analyses factorielles confirmatoires (AFC). Les indices d’ajustement du modèle tridimensionnel à 6 items (MTS-6) démontrent une adéquation empirique exceptionnelle avec les données : le ratio Chi-carré sur degrés de liberté (χ²/dl) est régulièrement inférieur au seuil critique de 2,5, l’indice comparatif de Bentler (Comparative Fit Index, CFI) excède 0,96, le Goodness-of-Fit Index (GFI) dépasse 0,97 et la racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) se situe entre 0,038 et 0,049, garantissant une spécification théorique exacte des dimensions.

Validité convergente

La validité convergente de la MTS est attestée par des corrélations hautement significatives et conformes aux prédictions théoriques avec de multiples instruments psychométriques établis :

  • Regret post-décisionnel : Corrélations positives substantielles entre le score global de la MTS et la Regret Scale de Schwartz (r variant de 0,42 à 0,55, p < 0,001). Cette corrélation est particulièrement tirée par la sous-dimension de Difficulté décisionnelle (r > 0,50).
  • Perfectionnisme névrotique : Corrélations positives marquées avec les échelles de perfectionnisme (notamment la dimension de préoccupation pour les erreurs de Frost et al., r ≈ 0,38, p < 0,01).
  • Coût d’opportunité et recherche d’information : Corrélations positives fortes entre la sous-échelle Alternative Search et le nombre réel de sources documentaires consultées avant achat ainsi que la fréquence des comparaisons tarifaires (r = 0,46, p < 0,001).

Validité discriminante

La validité discriminante a été rigoureusement testée selon le critère de Fornell et Larcker (1981), exigeant que la variance moyenne extraite (AVE) de chaque construit soit supérieure au carré des corrélations inter-construits. La MTS se distingue nettement des traits de personnalité généraux du modèle en cinq facteurs (Big Five). Si la sous-échelle Alternative Search présente de faibles corrélations positives avec l’Ouverture à l’expérience (r ≈ 0,18), la Decision Difficulty corrèle avec le Névrosisme (r ≈ 0,34) sans s’y confondre conceptuellement. De surcroît, la sous-dimension Satisficing n’est que très faiblement liée à l’Agréabilité ou à la Conscienciosité (r < 0,15), démontrant que la MTS appréhende une propension cognitive spécifique non redondante avec la personnalité globale.

Validité prédictive et expérimentale

Sur le plan prédictif, Nenkov et al. (2008) ont exposé des participants à des tâches réelles de choix de consommation (cartes-cadeaux, souscription à des forfaits de téléphonie, choix de cours universitaires). Les scores à la MTS prédisent systématiquement un temps de délibération plus long, une probabilité accrue de refuser de choisir (choix d’ajournement ou de statu quo), et paradoxalement, une propension plus élevée à changer d’avis a posteriori lorsque de nouvelles informations marginales sont introduites.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité de l’instrument a constitué un enjeu central lors du développement de la MTS, l’échelle originale de 13 items ayant été critiquée pour ses faiblesses statistiques. Bien que la réduction d’une échelle à 6 items impose mathématiquement une contrainte sévère sur le coefficient de Cronbach en raison du faible nombre d’indicateurs par dimension, la MTS démontre une consistance interne et une stabilité temporelle robustes à travers les différentes cohortes étudiées :

Consistance interne (α de Cronbach et Fiabilité composite)

Pour l’échelle globale MTS-6, le coefficient α de Cronbach oscille de manière constante entre 0,68 et 0,75 selon les échantillons, un niveau très satisfaisant pour un instrument multidimensionnel bref de six items. La version étendue à 9 items (MTS-9) affiche quant à elle un α de Cronbach global compris entre 0,72 et 0,78. Au niveau des sous-dimensions de deux items chacune (dans la MTS-6), les corrélations inter-items et les coefficients de fiabilité composite (ρ de Jöreskog) confirment l’homogénéité des facettes :

  • Alternative Search (Items 1 et 2) : Corrélations inter-items comprises entre r = 0,52 et r = 0,64 ; coefficient α spécifique variant de 0,66 à 0,73.
  • Decision Difficulty (Items 3 et 4) : Corrélations inter-items se situant entre r = 0,50 et r = 0,62 ; coefficient α spécifique variant de 0,65 à 0,71.
  • Satisficing (inversé) (Items 5 et 6) : Corrélations inter-items stables de r = 0,48 à r = 0,58 ; coefficient α spécifique variant de 0,62 à 0,69.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle a été documentée sur un sous-échantillon d’étudiants ayant complété l’instrument à un intervalle de quatre semaines. Le coefficient de corrélation test-retest intra-classe global atteint r = 0,81 (p < 0,001), avec des indices sectoriels s’élevant respectivement à 0,79 pour la recherche d’alternatives, 0,77 pour la difficulté décisionnelle et 0,74 pour le satisficing inversé. Ces résultats confirment que la tendance à la maximisation mesurée par la MTS possède les caractéristiques d’un trait dispositionnel stable dans le temps plutôt que d’un état psychologique fluctuant au gré de l’humeur.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle de la MTS a été modélisée à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) par factorisation en axes principaux avec rotation oblique (Promax), suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) multivariées sur des matrices de covariance complètes.

Structure factorielle exploratoire (AFE)

Les analyses factorielles exploratoires conduites par Nenkov et al. (2008) sur l’ensemble initial des items de Schwartz et al. (2002) ont révélé la présence sans équivoque de trois facteurs sous-jacents aux valeurs propres supérieures à 1,0 (critère de Kaiser), expliquant ensemble plus de 58 % de la variance totale des scores. Les items retenus pour la MTS ont été sélectionnés sur la base de critères psychométriques stricts : saturation primaire élevée sur le facteur cible (λ ≥ 0,60) et saturations croisées résiduelles minimales sur les facteurs secondaires (λ < 0,20).

Analyse factorielle confirmatoire (AFC) et saturations factorielles

Le tableau ci-dessous synthétise la configuration factorielle standardisée issue du modèle confirmatoire de premier ordre pour la forme brève MTS-6 (coefficients standardisés issus des échantillons de validation de Nenkov et al., 2008) :

Item Facteur associé Saturation standardisée (λ) Erreur de mesure (δ)
Item 1 (Radio stations) Recherche d’alternatives (Alternative Search) 0,74 0,45
Item 2 (Looking for better) Recherche d’alternatives (Alternative Search) 0,78 0,39
Item 3 (Relationships/clothing) Difficulté décisionnelle (Decision Difficulty) 0,67 0,55
Item 4 (Renting videos) Difficulté décisionnelle (Decision Difficulty) 0,76 0,42
Item 5 (Good enough preference) Satisficing (inversé) 0,69 0,52
Item 6 (Never settle second best) Satisficing (inversé) 0,71 0,50

Les corrélations inter-factorielles estimées révèlent des relations modérées : la Recherche d’alternatives corrèle positivement avec la Difficulté décisionnelle (r ≈ 0,32, p < 0,01) et avec la dimension Satisficing inversé (r ≈ 0,28, p < 0,01). La corrélation entre Difficulté décisionnelle et Satisficing inversé est de l’ordre de r = 0,24 (p < 0,01). Ces corrélations positives mais d’intensité modeste confirment la pertinence d’un modèle multidimensionnel oblique, rejetant l’hypothèse d’une stricte orthogonalité tout en confirmant l’absence de colinéarité excessive entre les facettes.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report inventory) mesurant le profil cognitif et le style décisionnel.
  • Format d’administration : Papier-crayon ou administration informatisée (en ligne via Qualtrics, SurveyMonkey, etc.). Passation individuelle ou collective.
  • Nombre d’items :
    • Forme brève recommandée : 6 items (MTS-6).
    • Forme intermédiaire alternative : 9 items (MTS-9).
  • Échelle de réponse (authentique et obligatoire) : Échelle de Likert en 7 points :
    1 = Strongly disagree (Pas du tout d’accord) à 7 = Strongly agree (Tout à fait d’accord).
  • Temps de passation : Environ 1 à 2 minutes pour la MTS-6 ; 2 à 3 minutes pour la MTS-9.
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • Sous-échelle Recherche d’alternatives (Alternative Search) : Moyenne arithmétique ou somme des items 1 et 2.
    • Sous-échelle Difficulté décisionnelle (Decision Difficulty) : Moyenne arithmétique ou somme des items 3 et 4.
    • Sous-échelle Satisficing (inversé) : Cotation des items 5 et 6 selon le protocole de recodage standardisé. L’item 5 formulé en faveur de l’acceptation d’une option « suffisamment bonne » est inversé (Score inversé = 8 – Score brut), tandis que l’item 6 (« I never settle for second best ») représente le non-satisficing direct. Dans l’opérationnalisation globale de la maximisation, des scores élevés sur cette sous-dimension traduisent une intolérance au compromis (absence de satisficing).
    • Score Global de Maximisation (MTS-6 Index) : Calculé en effectuant la moyenne arithmétique des 6 items (après recodage approprié). Un score global supérieur à 4,5 sur 7 caractérise généralement un profil à dominante maximisatrice, tandis qu’un score inférieur à 3,5 reflète une tendance prédominante au satisficing.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2008.
  • Revue de publication : Journal of Consumer Research (Oxford University Press / The University of Chicago Press).
  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : © 2008 The Journal of Consumer Research, Inc. et les auteurs (Geronima Y. Nenkov, Maureen Morrin, Andrew Ward, Barry Schwartz, John Hulland).
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour une utilisation académique, clinique et de recherche non commerciale.
  • Conditions de licence et d’accès : L’instrument relève du domaine public scientifique dans le cadre de la recherche académique fondamentale. Les chercheurs sont libres d’utiliser et de reproduire les items sous réserve de citer explicitement la publication méthodologique originale de Nenkov et al. (2008) dans tous les travaux, thèses, rapports et communications qui en découlent. Pour toute intégration dans des outils commerciaux rémunérés ou des diagnostics d’entreprise propriétaires, une demande formelle d’autorisation doit être adressée aux éditeurs du journal ou à l’autrice principale.

12. Références / References

  • Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
  • Frost, R. O., Marten, P., Lahart, C., & Rosenblate, R. (1990). The dimensions of perfectionism. Cognitive Therapy and Research, 14(5), 449–468. https://doi.org/10.1007/BF01172967
  • Nenkov, G. Y., Morrin, M., Ward, A., Schwartz, B., & Hulland, J. (2008). A short form of the maximization scale: Factor structure, reliability and validity. Journal of Consumer Research, 35(3), 481–490. https://doi.org/10.1086/586910
  • Schwartz, B. (2004). The paradox of choice: Why more is less. New York: Ecco/HarperCollins.
  • Schwartz, B., Ward, A., Monterosso, J., Lyubomirsky, S., White, K., & Lehman, D. R. (2002). Maximizing versus satisficing: Happiness is a matter of choice. Journal of Personality and Social Psychology, 83(5), 1178–1197. https://doi.org/10.1037/0022-3514.83.5.1178
  • Simon, H. A. (1955). A behavioral model of rational choice. The Quarterly Journal of Economics, 69(1), 99–118. https://doi.org/10.2307/1884852
  • Simon, H. A. (1956). Rational choice and the structure of the environment. Psychological Review, 63(2), 129–138. https://doi.org/10.1037/h0042769

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

7-point Likert scale (1 = Strongly disagree to 7 = Strongly agree)

  1. When I am in the car listening to the radio, I often check other stations to see if something better is playing, even if I am relatively satisfied with what I’m listening to.
  2. No matter what I’m doing, I’m always looking for better alternatives.
  3. I treat relationships like clothing: I expect to try a lot on before I find the perfect fit.
  4. Renting videos is really difficult. I’m always struggling to pick the best one.
  5. Unattractive composite item / settling: At any moment, my preference is to select an option that is ‘good enough’ rather than search indefinitely for the best possible option. [Note: In Nenkov et al., 2008, Item 5 was: ‘I never settle for second best.’ (scored regularly in Schwartz, but representing non-satisficing)]
  6. I never settle for second best.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle de Tendance à la Maximisation (MTS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-tendance-a-la-maximisation-mts/
Looti, Mohammed. “Échelle de Tendance à la Maximisation (MTS).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-tendance-a-la-maximisation-mts/.
Looti, Mohammed. “Échelle de Tendance à la Maximisation (MTS).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-tendance-a-la-maximisation-mts/.