Échelle de supervision synergique (SSS)

L’Échelle de supervision synergique (Synergistic Supervision Scale, SSS) est un outil psychométrique de 22 items mesurant la qualité de la supervision collaborative, le développement professionnel et la dynamique relationnelle dans les organisations éducatives.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de supervision synergique (Synergistic Supervision Scale, SSS) est un instrument psychométrique conçu pour évaluer la mise en application des principes de supervision synergique au sein des organisations, principalement dans le contexte de l’enseignement supérieur et de l’administration des affaires étudiantes (student affairs). Développée initialement à partir des travaux théoriques de Roger B. Winston Jr. et Don G. Creamer (1997, 1998), puis formalisée sur le plan empirique par Sue A. Saunders, Diane L. Cooper, Roger B. Winston Jr. et E. Chernow (2000), cette échelle opérationnalise une approche collaborative, holistique et développementale du management du personnel.

L’instrument se compose de 22 items mesurés à l’aide d’une échelle de fréquence de type Likert en 5 points allant de 1 (« never or almost never ») à 5 (« always or almost always »). L’échelle a été conçue pour saisir la dynamique bilatérale entre le superviseur et le subordonné, en explorant tant les comportements managériaux orientés vers la croissance mutuelle et la réalisation des objectifs institutionnels que les comportements dysfonctionnels ou contre-productifs (items inversés). Les analyses factorielles révèlent une structure multidimensionnelle solide articulée principalement autour de deux à trois composantes majeures : le soutien au développement personnel et professionnel (centration sur l’individu), l’orientation collaborative vers les objectifs et la résolution de problèmes (centration sur l’institution et la tâche), ainsi que la dimension éthique et équitable de la supervision (absence de favoritisme et protection du collaborateur).

Sur le plan psychométrique, l’instrument présente une cohérence interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,86 et 0,94 pour l’échelle globale selon les populations étudiées, notamment chez les nouveaux professionnels de l’enseignement supérieur (Tull, 2006). L’échelle démontre une excellente validité convergente et discriminante, prédisant fortement la satisfaction au travail, l’engagement organisationnel et l’intention de rotation du personnel (turnover). Elle constitue un outil diagnostique et de recherche incontournable pour les gestionnaires en ressources humaines, les directions universitaires et les chercheurs en psychologie organisationnelle.

2. Mots-clés / Keywords

Supervision synergique, Synergistic Supervision Scale, psychométrie organisationnelle, gestion des ressources humaines, enseignement supérieur, affaires étudiantes, développement professionnel, relation superviseur-subordonné, satisfaction au travail, rétention du personnel, leadership collaboratif.

3. Auteurs / Authors

L’architecture conceptuelle et le développement psychométrique de l’Échelle de supervision synergique reposent sur des figures majeures de la recherche en administration de l’enseignement supérieur et en psychologie du travail :

  • Roger B. Winston, Jr., Ph.D. : Professeur émérite au Département du counselling et du développement humain (Department of Counseling and Human Development Services) à l’University of Georgia, États-Unis. Pionnier des modèles d’évaluation et de dotation en personnel dans l’enseignement supérieur.
  • Don G. Creamer, Ed.D. : Professeur émérite en leadership éducatif et politiques à la Virginia Polytechnic Institute and State University (Virginia Tech), États-Unis. Coauteur du modèle théorique de la supervision synergique (Winston & Creamer, 1997, 1998).
  • Sue A. Saunders, Ph.D. : Chercheuse et professeure affiliée au programme d’administration de l’enseignement supérieur à l’Université de Géorgie et à l’Université du Connecticut, co-développeuse de l’outil d’évaluation empirique (Saunders et al., 2000).
  • Diane L. Cooper, Ph.D. : Professeure au Département du counselling et du développement humain de l’Université de Géorgie, spécialiste du développement étudiant et de la formation professionnelle des praticiens.
  • Ashley Tull, Ed.D. : Chercheur et professeur clinicien en leadership éducatif (Southern Methodist University / University of Arkansas), ayant apporté des contributions empiriques majeures à la validation de l’échelle et à son application empirique à grande échelle (Tull, 2006).

4. Objectif / Purpose

L’objectif premier de l’Échelle de supervision synergique (SSS) est de fournir une mesure standardisée, quantitative et diagnostique de la qualité des interactions de supervision dans les milieux éducatifs et organisationnels, en évaluant la conformité des pratiques réelles aux principes de la supervision synergique. Traditionnellement, la supervision administrative en milieu de travail tend à osciller entre un modèle bureaucratique autoritaire (axé exclusivement sur le respect des procédures, le contrôle hiérarchique et la conformité) et un modèle purement thérapeutique ou de conseil (axé sur le bien-être individuel mais déconnecté des impératifs institutionnels). L’échelle a été conçue pour capturer la synthèse de ces deux polarités.

Applications dans la recherche

Dans le domaine académique, l’échelle permet d’examiner les corrélats et les conséquences psychologiques du style managérial sur le personnel. Elle sert fréquemment à mesurer l’influence de la supervision sur des variables dépendantes critiques telles que :

  • La satisfaction au travail (globale, intrinsèque et extrinsèque) ;
  • L’épuisement professionnel (burnout) et le stress lié au rôle (conflit de rôle, ambiguïté de rôle) ;
  • L’engagement organisationnel (affectif, normatif et de continuité) ;
  • L’intention de quitter l’organisation (turnover intentions), un enjeu majeur dans le secteur des affaires étudiantes où le taux d’attrition au cours des cinq premières années d’exercice oscille souvent entre 50 % et 60 % (Tull, 2006).

Applications pratiques et institutionnelles

Sur le plan organisationnel, la SSS s’utilise comme un outil de rétroaction 360 degrés ou ascendante (upward appraisal). Elle permet d’identifier les écarts perceptuels entre ce que les cadres estiment offrir comme encadrement et ce que les subordonnés perçoivent réellement. Les résultats servent de base à l’élaboration de programmes de mentorat, à la formation des gestionnaires académiques et à la planification personnalisée du perfectionnement professionnel. En mettant en lumière des comportements délétères (par exemple, critiquer un collaborateur en public ou briser le secret professionnel), l’outil signale immédiatement les zones de rupture relationnelle qui entravent l’efficacité organisationnelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de supervision synergique renvoie à un processus interactif de collaboration active entre superviseur et supervisé, fondé sur l’hypothèse centrale que la croissance professionnelle du personnel et l’atteinte des objectifs stratégiques de l’institution s’alimentent mutuellement de façon exponentielle. Dans ce paradigme, le tout dépasse la somme des parties : ni le développement de l’employé ni la performance de l’organisation ne sont subordonnés l’un à l’autre ; ils forment une relation d’interdépendance positive.

À travers ses 22 items, l’échelle opérationnalise les dimensions structurales suivantes :

1. Prise de décision partagée et collaboration technique (Dual Focus)

Cette dimension évalue dans quelle mesure le superviseur associe le collaborateur aux décisions qui affectent directement son champ de compétences et d’action. Plutôt que d’imposer unilatéralement des directives ou de filtrer les informations de manière paternaliste, le superviseur synergique engage une démarche conjointe de recueil de données et de résolution de problèmes. Par exemple, les items 1 et 2 mesurent cette implication opérationnelle directe dans la prise de décision, tandis que l’item 21 valorise l’encouragement de perspectives divergentes comme source d’innovation.

2. Développement holistique et planification de carrière (Growth Orientation)

La supervision synergique postule que le supervisé doit être appréhendé comme une personne globale (« total person »). Cela implique une attention sincère accordée à sa vie personnelle, à ses aspirations professionnelles à long terme et à ses vulnérabilités. Les items 5 (« écoute volontiers ce que j’ai sur le cœur, que ce soit personnel ou professionnel »), 6 (promotion de la carrière), 8 (considération humaine) et 20 (élaboration conjointe de plans de perfectionnement ciblant les points faibles et angles morts) capturent cette dimension de sollicitude développementale.

3. Alignement institutionnel et clarté des objectifs (Joint Effort)

Un superviseur efficace ne se contente pas de manager son équipe en vase clos ; il sert de pont entre l’unité et la mission globale de l’établissement. L’item 4 évalue ainsi la transmission et l’assimilation des buts institutionnels, tandis que l’item 9 mesure la capacité du gestionnaire à plaider en faveur de son unité auprès des instances décisionnelles supérieures.

4. Climat éthique, sécurité psychologique et absence de toxicité relationnelle

Une part substantielle de l’échelle est consacrée à la détection de comportements dysfonctionnels qui détruisent la sécurité psychologique. Ces aspects sont mesurés par des items formulés de manière négative (inversés lors de la cotation) :

  • L’injustice relationnelle et l’humiliation publique (Item 3 : critiques en public ; Item 11 : favoritisme ; Item 12 : rupture de confidentialité) ;
  • L’attitude défensive et le refus de la contradiction (Item 7 : vexation si ses décisions sont remises en question ; Item 10 : incitation au conformisme passif du type « ne pas faire de vagues ») ;
  • La persécution et la recherche de boucs émissaires (Item 16 : laisser le blâme retomber sur le subordonné ; Item 19 : chercher activement la faute du subordonné) ;
  • La déloyauté face aux tiers externes ou étudiants (Items 14 et 22 : abandonner le collaborateur et donner systématiquement raison aux parents, donateurs ou étudiants même s’ils ont tort).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique de la SSS s’ancre dans le Comprehensive Staffing Model (CSM) conceptualisé par Roger B. Winston Jr. et Don G. Creamer (1997). Ce modèle d’ingénierie des ressources humaines soutient que la gestion des talents en milieu éducatif doit intégrer de façon séquentielle et synergique le recrutement, l’orientation, la supervision, l’évaluation du rendement et le développement professionnel continu.

Au cœur du modèle CSM se trouve le principe de synergie, qui s’oppose aux modèles classiques de gestion dérivés du taylorisme ou des théories administratives rigides de Max Weber. La supervision synergique repose sur cinq postulats cardinaux formalisés par Winston et Creamer (1997, 1998) :

  1. L’effort conjoint (Joint Effort) : La relation de supervision est une responsabilité partagée. Le superviseur et le subordonné définissent ensemble les attentes, analysent conjointement les problèmes et évaluent les résultats de façon bilatérale.
  2. La double focalisation (Dual Focus) : Le superviseur maintient simultanément son attention sur la réalisation des objectifs de l’institution et sur la réalisation des aspirations personnelles et de carrière du supervisé. L’un ne saurait être sacrifié au profit de l’autre.
  3. La croissance continue (Growth Orientation) : La supervision est fondamentalement orientée vers l’apprentissage. Les erreurs, les lacunes et les évaluations négatives ne sont pas perçues comme des motifs de sanction punitive mais comme des opportunités diagnostiques pour élaborer de nouveaux plans d’apprentissage (comme le reflète l’item 13 de l’échelle).
  4. La communication bidirectionnelle (Two-Way Communication) : Un dialogue ouvert, franc et sécurisé est impératif. La rétroaction doit circuler sans entrave du subordonné vers le superviseur et vice versa, encourageant l’expression d’opinions divergentes sans crainte de représailles.
  5. La focalisation sur la personne globale (Focus on the « Total Person ») : Les individus n’abandonnent pas leurs émotions, leurs valeurs ou leurs défis personnels lorsqu’ils entrent sur le lieu de travail. Le superviseur synergique fait preuve d’empathie, écoute activement et reconnaît l’interférence mutuelle entre la sphère privée et la sphère professionnelle.

Ce cadre théorique converge également avec la théorie de l’échange leader-membre (Leader-Member Exchange – LMX) de Dansereau, Graen et Haga, qui postule que les relations managériales de haute qualité sont caractérisées par la confiance mutuelle, le respect et l’obligation réciproque, transcendant les simples contrats formels de travail.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de la SSS ont fait l’objet de multiples investigations empiriques dans les secteurs de l’enseignement supérieur, confirmant sa robustesse et sa pertinence transculturelle et contextuelle.

Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu a été initialement établie par Winston et Creamer (1997) par le biais d’un examen minutieux de la littérature sur les relations hiérarchiques et d’un panel d’experts composé d’administrateurs seniors et de praticiens en développement étudiant. Saunders et al. (2000) ont ensuite procédé à une épuration systématique des énoncés pour garantir que chaque comportement mesuré reflète concrètement les composantes observables du modèle théorique sous-jacent.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et de forte magnitude avec plusieurs mesures standardisées du comportement organisationnel :

  • Satisfaction au travail : Dans l’étude de référence de Tull (2006) portant sur des professionnels en début de carrière, les scores à la SSS présentaient une corrélation positive très élevée avec la satisfaction générale au travail mesurée par le Job Descriptive Index (JDI) et le Job in General (JIG) (r oscillant entre 0,55 et 0,68, p < 0,001). Les professionnels rapportant une supervision synergique élevée affichaient une satisfaction nettement supérieure envers la supervision elle-même (r > 0,75).
  • Échange Leader-Membre (LMX) : Des études subséquentes comparant la SSS au questionnaire LMX-7 ont révélé des corrélations convergentes supérieures à 0,70, attestant que la SSS capte l’essence des relations interpersonnelles de haute qualité en contexte organisationnel.

Validité prédictive et critériée

La SSS possède un pouvoir prédictif substantiel sur les comportements de retrait organisationnel. Les analyses de régression multiple conduites par Tull (2006) ont démontré que les scores à la SSS prédisent négativement et significativement l’intention de quitter l’institution (intention de rotation ou turnover intention), même après avoir contrôlé les variables sociodémographiques (âge, genre, années d’expérience) et le niveau de rémunération. Une baisse d’une unité sur l’échelle de supervision synergique augmente de manière substantielle la probabilité qu’un employé envisage de démissionner dans les 12 mois à venir.

Validité discriminante

La SSS se distingue nettement des mesures d’attraits extrinsèques de l’emploi (telles que le salaire brut ou les politiques institutionnelles de congés). Les coefficients de corrélation modérés à faibles observés avec ces composantes démontrent que l’échelle mesure spécifiquement le climat relationnel et développemental de la supervision plutôt qu’une satisfaction économique globale et indifférenciée.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle de supervision synergique a été documentée de façon rigoureuse à travers plusieurs études indépendantes, fournissant des indices de stabilité et d’homogénéité interne conformes aux standards psychométriques les plus exigeants.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’étude princeps menée par Saunders et ses collaborateurs (2000), le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des items de la SSS atteignait 0,90, démontrant une homogénéité remarquable du pool d’items. Lors de la grande enquête nationale menée par Tull (2006) auprès de 131 nouveaux professionnels membres d’associations nationales d’affaires étudiantes, l’indice de cohérence interne globale s’est établi à alpha = 0,93.

D’autres réplications et études institutionnelles (par exemple, Winston et al., 2001) rapportent systématiquement des indices alpha globaux situés entre 0,88 et 0,94. Lorsque les sous-échelles factorielles sont analysées isolément (pôle soutien/développement versus pôle évitement des dysfonctionnements), les coefficients de fiabilité interne demeurent confortablement au-dessus du seuil conventionnel de 0,70 ou 0,80, s’échelonnant généralement de 0,78 à 0,89.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Bien que la supervision synergique soit sensible aux modifications réelles de l’environnement managérial (transitions de superviseur, réorganisations départementales), les mesures test-retest conduites sur des intervalles stables de 4 à 6 semaines indiquent des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) supérieurs à 0,82. Ces résultats confirment que l’instrument capture des dynamiques de comportement managérial perçues comme relativement stables dans le temps, plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères de la part des collaborateurs.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la SSS a été soumise à des analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC) afin de clarifier la répartition des 22 items et leur cohérence conceptuelle.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors des premières analyses exploratoires menées par Saunders et al. (2000) à l’aide d’une extraction en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), la matrice a mis en évidence une structure multidimensionnelle dominante. Selon les critères d’extraction de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) et l’examen du diagramme d’éboulis (scree plot), deux facteurs cardinaux émergent systématiquement, rendant compte de plus de 55 % à 60 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Comportements synergiques positifs et développementaux (Synergistic/Developmental Dimension). Ce facteur regroupe les items formulés positivement portant sur la collaboration, l’écoute, le mentorat, la planification de carrière et la promotion de l’unité (notamment les items 1, 2, 4, 5, 6, 8, 9, 13, 15, 17, 20 et 21). Les saturations factorielles de ces items sur leur facteur théorique sont particulièrement élevées, variant de 0,54 à 0,83.
  • Facteur 2 : Comportements non synergiques, punitifs ou défensifs (Non-Synergistic/Dysfunctional Dimension). Ce facteur regroupe les items formulés négativement décrivant des atteintes à la confiance, des conduites humiliantes, du favoritisme ou un manque de loyauté envers le subordonné face aux tiers extérieurs (items 3, 7, 10, 11, 12, 14, 16, 19 et 22). Les saturations de ces items oscillent majoritairement entre 0,48 et 0,79.

Analyses Confirmatoires et Modélisation

Certains auteurs ont testé des modèles à trois sous-dimensions distinctes séparant : (1) le développement axé sur la personne, (2) la collaboration axée sur la tâche et la prise de décision, et (3) le climat de confiance et d’équité. Néanmoins, en raison des intercorrélations élevées (souvent r > 0,60) entre ces sous-dimensions, un modèle hiérarchique de second ordre — où un facteur général de « Supervision Synergique Globale » chapeaute les sous-facteurs de premier ordre — s’ajuste de façon optimale aux données empiriques (indices d’ajustement satisfaisants : CFI > 0,92, TLI > 0,90, RMSEA ≤ 0,06).

Dans la pratique clinique, psychométrique et de recherche, il est ainsi d’usage courant d’inverser les scores des items négatifs (items 3, 7, 10, 11, 12, 14, 16, 19, 22) et de calculer un score global moyen ou total représentant le degré global de supervision synergique perçue.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Synergistic Supervision Scale (SSS) — Échelle de supervision synergique.
  • Nature de l’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation / évaluation par les subordonnés (hétéro-évaluation ascendante des comportements du superviseur immédiat).
  • Domaine d’application : Psychologie du travail et des organisations, administration de l’enseignement supérieur, gestion des ressources humaines, audit managérial.
  • Nombre d’items : 22 items comportementaux.
  • Format des réponses : Échelle de fréquence ordinale de type Likert en 5 points :
    • 1 = never or almost never (jamais ou presque jamais)
    • 2 = seldom (rarement)
    • 3 = sometimes (parfois)
    • 4 = often (souvent)
    • 5 = always or almost always (toujours ou presque toujours)
  • Items inversés (Recodage nécessaire) : Les items 3, 7, 10, 11, 12, 14, 16, 19 et 22 décrivent des comportements managériaux non synergiques et doivent être inversés lors de la notation (1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, 5 devient 1). L’item 18, rédigé sous forme de fragment dans la formulation originale de travail (« When the system gets in the way of accomplishing our goals »), est soit opérationnalisé par l’action du superviseur face aux blocages systémiques, soit traité selon le protocole de cotation standard de l’étude source.
  • Calcul du score : Le score global est obtenu en calculant la somme (allant de 22 à 110) ou la moyenne arithmétique des 22 items recodés (score moyen de 1,00 à 5,00).
  • Interprétation des résultats : Un score moyen élevé (≥ 4,0) indique une supervision hautement synergique caractérisée par un soutien soutenu, une confiance mutuelle et une collaboration efficace. Un score moyen intermédiaire (entre 2,8 et 3,9) reflète une supervision conventionnelle ou modérément incohérente. Un score moyen faible (≤ 2,7) dénote une relation hiérarchique déficiente, marquée par un contrôle unilatéral, un manque de reconnaissance et une absence de sécurité psychologique.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : Formalisation initiale entre 1997 et 2000 (modèle théorique publié en 1997 par Winston & Creamer ; échelle opérationnalisée et publiée en 2000 par Saunders, Cooper, Winston & Chernow).
  • Droit d’auteur / Copyright : Détenu initialement par les auteurs (Roger B. Winston, Jr., Don G. Creamer, Sue A. Saunders) et les éditeurs académiques associés (Jossey-Bass / Journal of College Student Development / ACPA – College Student Educators International).
  • Conditions d’utilisation et permissions : L’instrument est généralement mis à disposition sans frais d’acquisition de licence à des fins exclusives de recherche académique, de mémoires universitaires et de thèses doctorales. Il est toutefois impératif de citer rigoureusement les publications princeps des auteurs (Winston & Creamer, 1997 ; Saunders et al., 2000). Pour tout usage commercial, d’audit payant en entreprise ou de déploiement informatique propriétaire, une autorisation préalable doit être sollicitée auprès des détenteurs des droits ou des représentants académiques autorisés.
  • Tarification : Libre de droits sous condition de citation pour la recherche fondamentale et l’enseignement supérieur non lucratif.

12. Références / References

  • Saunders, S. A., Cooper, D. L., Winston, R. B., Jr., & Chernow, E. (2000). Supervising staff in student affairs: Exploration of the synergistic approach. Journal of College Student Development, 41(2), 181–192.
  • Tull, A. (2006). Synergistic supervision, job satisfaction, and intention to turnover of new professionals in student affairs. Journal of College Student Development, 47(4), 465–480. https://doi.org/10.1353/csd.2006.0054
  • Winston, R. B., Jr., & Creamer, D. G. (1997). Improving staffing practices in student affairs. Jossey-Bass.
  • Winston, R. B., Jr., & Creamer, D. G. (1998). Staff supervision and professional development: An integrated approach. New Directions for Student Services, 1998(84), 29–42. https://doi.org/10.1002/ss.8403
  • Winston, R. B., Jr., & Miller, T. K. (1991). Human resource management: Professional preparation and staff selection. In T. K. Miller, R. B. Winston, Jr., & Associates (Eds.), Administration and leadership in student affairs: Actualizing student development in higher education (2nd ed., pp. 449–493). Accelerated Development.
  • Winston, R. B., Jr., Torres, V., Carpenter, D. S., McIntire, D. D., & Petersen, B. (2001). Staffing in student affairs: A survey of practices. College Student Affairs Journal, 21(1), 7–25.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

1 = never or almost never
2 = seldom
3 = sometimes
4 = often
5 = always or almost always

Questionnaire Items:

  1. My supervisor includes me in a significant way when making decisions that affect my area of responsibilities.
  2. My supervisor works with me to gather the information needed to make decisions rather than simply providing me the information he/she feels is important.
  3. My supervisor criticizes staff members in public.
  4. My supervisor makes certain that I am fully knowledgeable about the goals of the division and institution.
  5. My supervisor willingly listens to whatever is on my mind whether it is personal or professional.
  6. My supervisor shows interest in promoting my professional or career advancement.
  7. My supervisor is personally offended if I question the wisdom of his/her decisions.
  8. My supervisor shows that he/she cares about me as a person.
  9. My supervisor speaks up for my unit within the institution.
  10. My supervisor expects me to fit in with the accepted ways of doing things‚ in other words‚ “don’t rock the boat.”
  11. My supervisor has favorites on the staff.
  12. My supervisor breaks confidences.
  13. My supervisor takes negative evaluations of programs or staff and uses them to make improvements.
  14. When faced with a conflict between an external constituent (for example‚ parent or donor) and staff members‚ my supervisor supports external constituents‚ even if they are wrong.
  15. My supervisor is open and honest with me about my strengths and weaknesses.
  16. If I am not careful‚ my supervisor may allow things that are not my fault to be blamed on me.
  17. My supervisor rewards teamwork.
  18. When the system gets in the way of accomplishing our goals.
  19. My supervisor looks for me to make a mistake.
  20. My supervisor and I develop yearly professional development plans that address my weaknesses or blind spots.
  21. When problem solving‚ my supervisor expects staff to present and advocate differing points of view.
  22. In conflicts with staff members‚ my supervisor takes students’ sides (even when they are wrong).
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Looti, M. (2026, octobre 8). Échelle de supervision synergique (SSS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-supervision-synergique-sss/
Looti, Mohammed. “Échelle de supervision synergique (SSS).” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-supervision-synergique-sss/.
Looti, Mohammed. “Échelle de supervision synergique (SSS).” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-supervision-synergique-sss/.