Échelle de stress parental : unité de soins intensifs pédiatriques (PSS: PICU)

Découvrez l’Échelle de stress parental : unité de soins intensifs pédiatriques (PSS: PICU), son cadre théorique, ses dimensions psychométriques et ses applications cliniques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de stress parental : unité de soins intensifs pédiatriques (Parental Stressor Scale: Pediatric Intensive Care Unit, PSS: PICU), initialement conçue et validée par Melba C. Carter et Margaret Shandor Miles (1982, 1983, 1989), constitue un instrument psychométrique de référence internationale spécifiquement destiné à quantifier et qualifier la détresse perçue par les parents lors de l’admission d’un enfant en unité de soins intensifs pédiatriques (USIP). Cet environnement hautement technologique et anxiogène expose les figures parentales à une constellation de stresseurs environnementaux, physiques, relationnels et existentiels. L’outil a été développé afin d’identifier avec précision les sources prédominantes de détresse psychologique et d’orienter les interventions de soutien clinique de manière individualisée.

L’instrument explore plusieurs dimensions écologiques et psychologiques majeures de l’hospitalisation critique. Les sous-échelles fondamentales de la PSS: PICU évaluent notamment l’apparence physique et les altérations corporelles de l’enfant (Child’s Appearance), les stimuli sensoriels du service incluant les bruits et alarmes technologiques (Sights and Sounds), les procédures médicales et invasives subies par l’enfant (Procedures), les dynamiques communicationnelles avec les soignants (Communication with Staff), les comportements et réactions émotionnelles de l’enfant malade (Child’s Behaviors and Emotional Responses), l’attitude globale du personnel médical (Professional Staff Behaviors), ainsi que la redoutable altération du rôle parental (Parental Role Alteration). Les items sont évalués selon une échelle de cotation de type Likert en six points allant de 0 (« Non expérimenté » / Not experienced) à 5 (« Extrêmement stressant » / Extremely stressful), avec des ancrages intermédiaires permettant de dissocier l’exposition objective au stresseur de la sévérité du stress subjectif éprouvé.

Sur le plan psychométrique, la PSS: PICU présente d’excellentes qualités de mesure validées à travers de multiples cohortes internationales. Les analyses de cohérence interne révèlent systématiquement des coefficients alpha de Cronbach globaux supérieurs à 0,90, tandis que les sous-échelles oscillent généralement entre 0,72 et 0,92. La validité de construit, appuyée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, démontre une organisation multidimensionnelle robuste qui discrimine remarquablement les composantes physiques de l’environnement de l’atteinte relationnelle profonde liée au rôle de parent protecteur.

2. Mots-clés / Keywords

Stress parental, unité de soins intensifs pédiatriques, PSS: PICU, psychométrie, évaluation clinique, rôle parental, pédiatrie critique, anxiété situationnelle, traumatisme parental, détresse émotionnelle.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue, formalisée et validée par deux figures de proue de la recherche infirmière et pédiatrique américaine :

  • Melba C. Carter, PhD, RN : Chercheuse en sciences infirmières et en soins intensifs pédiatriques, ayant consacré ses travaux pionniers à l’impact des environnements hospitaliers de haute technicité sur l’adaptation psychologique des familles d’enfants en état critique.
  • Margaret Shandor Miles, PhD, RN, FAAN : Professeure émérite à l’École des sciences infirmières de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (University of North Carolina at Chapel Hill School of Nursing). Spécialiste de renommée mondiale du deuil périnatal, du stress familial en milieu hospitalier et conceptrice conjointe de la célèbre échelle sœur pour les soins néonataux (Parental Stressor Scale: Neonatal Intensive Care Unit, PSS: NICU).

Leurs travaux de recherche ont été initialement diffusés auprès d’institutions universitaires de premier plan telles que l’Université du Kansas (University of Kansas Medical Center) et l’Université de Caroline du Nord, consolidant un corpus clinique fondamental sur l’humanisation des soins critiques pédiatriques.

4. Objectif / Purpose

L’hospitalisation imprévue ou programmée d’un enfant au sein d’une unité de soins intensifs pédiatriques constitue une crise développementale et situationnelle majeure pour la cellule familiale. Face à un pronostic vital fréquemment engagé et à un déploiement massif de technologies biomédicales invasives, les parents subissent une charge allostatique extrême susceptible de générer un état de détresse psychologique aiguë, voire d’évoluer vers un trouble de stress post-traumatique (TSPT), une dépression caractérisée ou des troubles anxieux invalidants. L’objectif clinique et scientifique de la PSS: PICU est de mesurer rigoureusement l’intensité et la nature spécifique des facteurs stressants vécus par les parents.

Sur le plan fondamental, l’instrument vise à dépasser les mesures globales d’anxiété (telles que le STAI de Spielberger) en contextualisant la détresse au sein des contingences matérielles et relationnelles de l’environnement de réanimation. Les auteurs ont cherché à opérationnaliser la question suivante : quelles composantes précises de l’expérience en soins intensifs constituent le vecteur de traumatisme le plus aigu pour les mères et les pères ? L’identification empirique de ces dimensions permet d’éviter les interprétations génériques et de cibler les mécanismes précis de désorganisation psychologique.

En pratique clinique et en recherche infirmière ou psychologique, la PSS: PICU remplit une triple fonction :

  • Dépistage et évaluation diagnostique précoce : Permettre aux équipes soignantes d’évaluer de manière systématique le niveau de stress parental dès les premières 24 à 48 heures post-admission, facilitant la mise en place d’interventions ciblées avant l’enkystement des mécanismes traumatiques.
  • Personnalisation des soins centrés sur la famille : La littérature établie via la PSS: PICU a historiquement révélé que la modification du rôle parental (l’impuissance à protéger, toucher ou réconforter l’enfant) constitue un stresseur plus dévastateur que les alarmes sonores ou la complexité technique des respirateurs. Cet éclairage clinique incite les équipes à adapter l’accueil, en favorisant le contact tactile et l’implication des parents dans les soins de base.
  • Évaluation de programmes d’intervention : L’échelle sert d’étalon-or dans les essais cliniques contrôlés évaluant l’efficacité de dispositifs de soutien psychologique, d’interventions psychoéducatives, de protocoles de communication soignant-famille ou d’aménagements environnementaux (réduction des décibels des alarmes, chambres individuelles en USIP).

5. Construit psychologique / Construct

La PSS: PICU appréhende le stress parental non pas comme un phénomène monolithique, mais comme une construction multidimensionnelle issue de l’interaction dynamique entre la vulnérabilité individuelle des parents et les contraintes objectives du milieu de réanimation pédiatrique. Le modèle repose sur la distinction opératoire de sept dimensions ou sous-échelles majeures :

5.1. Apparence de l’enfant (Child’s Appearance)

Cette dimension évalue l’impact traumatisant des métamorphoses physiques et sémiologiques subies par l’enfant sous l’effet de la pathologie critique ou des thérapeutiques. La confrontation visuelle avec un enfant dont le corps est tuméfié (œdème généralisé), pâle, cyanosé (bleu), ictérique (jaune) ou glacé au toucher déstabilise profondément l’image identificatoire et affective que le parent entretient de son enfant. Cette altération corporelle constitue une confrontation directe et insoutenable avec la menace vitale.

5.2. Environnement sensoriel : Sons et images (Sights and Sounds)

Ce construit mesure la composante physique et environnementale du milieu de soins intensifs. L’exposition permanente au clignotement incessant des moniteurs multiparamétriques affichant des tracés électrocardiographiques complexes, la cacophonie des pompes à perfusion, le retentissement soudain et assourdissant des alarmes de réanimation, ainsi que la vision perturbante d’autres enfants gravement malades dans la pièce, saturent les capacités d’intégration sensorielle des parents et maintiennent un état d’hypervigilance neurovégétative constante.

5.3. Procédures médicales et invasives (Procedures)

Cette composante quantifie la souffrance vicariante ressentie par le parent qui assiste ou prend conscience des gestes invasifs imposés à l’enfant : intubation endotrachéale, aspiration bronchique souvent impressionnante, ponctions vasculaires, injections médicamenteuses, incisions chirurgicales ou pansements lourds. Le parent se trouve dans une position paradoxale où les actes destinés à sauver la vie de son enfant lui infligent une douleur visible, renforçant des sentiments d’impuissance et de culpabilité indirecte.

5.4. Communication avec le personnel soignant (Communication with Staff)

Ce domaine évalue l’adéquation de la transmission d’informations médicales et pronostiques. Le stress découle du recours à un jargon médical inaccessible, d’explications prodiguées avec une rapidité excessive sans vérification de la compréhension parentale, de contradictions entre les discours des différents intervenants (médecins seniors, internes, infirmières), d’un déficit d’explications sur la pathologie réelle de l’enfant ou d’un manque global de disponibilité relationnelle de la part de l’équipe.

5.5. Réponses comportementales et émotionnelles de l’enfant (Child’s Behaviors and Emotional Responses)

Cette sous-échelle mesure la réaction parentale face à l’état neuropsychique et affectif de l’enfant. Les manifestations telles que la confusion mentale liée au délirium de réanimation, l’agitation motrice, l’opposition, la terreur, la colère, mais plus encore l’incapacité absolue de parler ou de pleurer (en raison de l’intubation ou de la sédation profonde), privent le parent des canaux d’interaction verbale et émotionnelle traditionnels, exacerbant le sentiment de rupture du lien.

5.6. Comportements du personnel professionnel (Professional Staff Behaviors)

Cette dimension examine le vécu parental face aux attitudes verbales et non verbales des soignants dans l’espace de réanimation : personnel plaisantant ou riant à proximité de l’enfant comateux, défilé impersonnel de multiples soignants sans présentation explicite de leur nom ou de leur fonction, ou sentiment de mise à distance par l’équipe soignante.

5.7. Altération du rôle parental (Parental Role Alteration)

Considérée à l’unanimité des études cliniques comme la source de stress la plus destructrice et la plus intense, cette dimension traduit la perte de contrôle des figures parentales sur leur mission primaire de protection et de soin : impossibilité matérielle de prendre son enfant dans les bras, exclusion des soins d’hygiène et de réconfort, restrictions de visite et sentiment d’incompétence face à la technicité du matériel médical.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le soubassement conceptuel de la PSS: PICU est directement ancré dans le modèle transactionnel du stress et du coping élaboré par les psychologues cognitifs Richard S. Lazarus et Susan Folkman (1984). Selon cette perspective théorique, le stress psychologique ne réside ni exclusivement dans le stimulus externe (le milieu physique de l’USIP) ni uniquement dans la personnalité du sujet, mais émerge d’une relation transactionnelle continue entre la personne et son environnement, évaluée par l’individu comme excédant ses ressources adaptatives et mettant en péril son bien-être.

Dans le contexte de l’hospitalisation en soins intensifs pédiatriques, le modèle transactionnel s’articule en deux étapes fondamentales que l’échelle parvient à mesurer avec finesse :

  • Évaluation primaire (Primary Appraisal) : Le parent évalue la gravité potentielle des stimuli perçus en termes de menace, de dommage ou de défi. La PSS: PICU capte cette évaluation primaire en sollicitant le degré de stress subjectif ressenti face à chaque item spécifique (par exemple, si l’incapacité de pleurer de l’enfant constitue une menace intolérable pour le parent).
  • Évaluation secondaire (Secondary Appraisal) : Le parent soupèse les options de coping disponibles pour gérer la situation. Lorsque le rôle parental traditionnel est confisqué par l’équipe médicale hautement qualifiée, les stratégies de coping centrées sur le problème sont annihilées, contraignant les parents à des efforts exténuants de coping centré sur l’émotion.

En complément du modèle de Lazarus et Folkman, l’instrument s’adosse à la théorie générale des systèmes familiaux (Bowen, 1978) et à la théorie de l’attachement développée par John Bowlby. L’accès restreint à l’enfant et l’interruption des signaux réciproques d’attachement (sourires, pleurs audibles, toucher peau à peau) déclenchent chez le parent un état de détresse de séparation biologique et psychologique majeure. L’architecture de la PSS: PICU reflète fidèlement cette vision théorique en refusant de réduire le stress à une variable purement physiologique de bruit ou de lumière, consacrant une place prépondérante à la disruption affective du lien d’attachement.

7. Validité / Validity

L’examen des propriétés métrologiques de la PSS: PICU a fait l’objet de nombreuses investigations scientifiques depuis sa publication princeps, démontrant une excellente validité transculturelle et clinique.

7.1. Validité de contenu (Content Validity)

La validité de contenu a été rigoureusement établie dès les travaux initiaux de Carter et Miles (1982, 1989). Les items ont été extraits à partir d’entretiens qualitatifs approfondis menés auprès de parents dont les enfants étaient admis en soins intensifs, complétés par une revue exhaustive de la littérature en soins critiques pédiatriques et par l’évaluation d’un panel d’experts comprenant des pédopsychiatres, des infirmières cliniciennes spécialisées et des psychologues hospitaliers. L’indice de validité de contenu (Content Validity Index, CVI) a dépassé le seuil méthodologique conventionnel de 0,85 pour l’ensemble des énoncés retenus.

7.2. Validité de construit et validité convergente (Construct and Convergent Validity)

La validité convergente de la PSS: PICU est solidement attestée par des corrélations statistiquement significatives avec des mesures standardisées de la détresse émotionnelle :

  • Corrélations positives modérées à fortes (coefficients de Pearson r compris entre 0,48 et 0,68, p < 0,001) avec l’inventaire d’anxiété état-trait de Spielberger (State-Trait Anxiety Inventory, STAI-S), confirmant que l’intensité des stresseurs environnementaux et relationnels mesurés par la PSS: PICU fluctue de concert avec l’anxiété aiguë parentale.
  • Corrélations significatives avec les sous-échelles de dépression du Center for Epidemiologic Studies Depression Scale (CES-D) et du Profile of Mood States (POMS).
  • Dans la recherche doctorale de Saied (2006) portant sur des familles d’enfants opérés d’une cardiopathie congénitale en USIP, le score total de stress mesuré par la PSS: PICU montrait une corrélation robuste avec l’échelle d’évaluation des événements de vie traumatiques (IES-R).

7.3. Validité discriminante (Discriminant Validity)

L’échelle a démontré sa capacité à discriminer de façon fine différents profils de parents et de trajectoires d’admission. Par exemple, les travaux de Huckabay et Tilem-Kessler (1999) ont établi que les parents d’enfants admis en urgence absolue sans antécédents médicaux présentaient des scores de stress significativement plus élevés sur les dimensions « Sons et images » et « Altération du rôle parental » que les parents dont les enfants bénéficiaient d’une admission programmée après chirurgie réglée, attestant du pouvoir discriminant clinique de l’outil.

8. Fidélité / Reliability

Les indices de reproductibilité et de consistance métrologique de la PSS: PICU confirment sa solidité tant pour la recherche fondamentale que pour le monitoring en routine clinique.

8.1. Cohérence interne (Internal Consistency)

Dans l’étude fondatrice de Carter et Miles (1989), le coefficient alpha de Cronbach pour le score global de l’échelle atteignait 0,95, témoignant d’une excellente consistance interne. Les coefficients mesurés pour les sous-échelles individuelles se distribuent de manière homogène dans la littérature :

  • Altération du rôle parental : α = 0,88 à 0,93
  • Apparence de l’enfant : α = 0,84 à 0,91
  • Comportements et réponses émotionnelles de l’enfant : α = 0,82 à 0,89
  • Sons et images : α = 0,78 à 0,86
  • Procédures médicales : α = 0,79 à 0,87
  • Communication et comportement du personnel : α = 0,72 à 0,84

Ces coefficients dépassent largement le seuil psychométrique usuel de 0,70 préconisé par Nunnally pour la recherche et approchent le seuil de 0,90 exigé pour les décisions diagnostiques individuelles.

8.2. Fidélité test-retest (Test-Retest Reliability)

L’évaluation de la fidélité test-retest dans le contexte des soins critiques pédiatriques pose des défis éthiques et méthodologiques évidents en raison de la cinétique rapide de l’état clinique de l’enfant. Néanmoins, les sous-échantillons de parents évalués à 24 et 48 heures d’intervalle chez des enfants stables sur le plan hémodynamique et ventilatoire montrent des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) supérieurs à 0,81, attestant d’une stabilité temporelle satisfaisante de l’outil face à des conditions environnementales constantes.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques initiales et ultérieures de la PSS: PICU ont recouru à l’analyse factorielle exploratoire (AFE) par extraction en composantes principales avec rotation varimax, suivie plus récemment d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) pour tester la robustesse structurelle de l’instrument.

9.1. Résultats des analyses factorielles exploratoires (AFE)

L’AFE réalisée par Carter et Miles sur les items d’origine a mis en évidence une solution factorielle expliquant plus de 55 % de la variance totale. Les items se regroupent de façon cohérente autour de dimensions clairement dissociables :

  • Un premier facteur dominant centré sur l’Altération du rôle parental, absorbant la part la plus importante de variance expliquée, avec des saturations factorielles très élevées (allant de 0,62 à 0,85) pour des items tels que « Être incapable de prendre mon enfant dans mes bras » ou « Ne pas soigner mon enfant moi-même ».
  • Un deuxième facteur regroupant les Aspects physiques et comportementaux de l’enfant (apparence déformée, décoloration, absence de pleurs, agitation), avec des saturations variant entre 0,55 et 0,78.
  • Un troisième facteur individualisant les Stresseurs environnementaux et technologiques (bruits de moniteurs, alarmes inattendues, présence d’autres enfants en détresse), saturant entre 0,51 et 0,74.
  • Un quatrième facteur circonscrit aux Interactions communicationnelles avec l’équipe soignante (explications trop rapides, vocabulaire obscur, discours contradictoires).

9.2. Modélisation par analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les études de validation transculturelle récentes menées à l’aide de l’analyse factorielle confirmatoire corroborent l’adéquation du modèle multidimensionnel. Les indices d’ajustement respectent les critères méthodologiques modernes : l’indice de comparaison de Bentler (CFI) et l’indice de Tucker-Lewis (TLI) dépassent régulièrement 0,90, tandis que l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) se situe entre 0,05 et 0,07, confirmant la validité structurelle du modèle théorique sous-jacent.

10. Instrument de mesure / Instrument

La PSS: PICU se présente sous la forme d’un questionnaire d’auto-évaluation papier-crayon ou numérique administrable aux parents (père, mère ou tuteur légal) d’un enfant hospitalisé en USIP.

  • Format d’administration : Questionnaire auto-administré (complété individuellement par le parent) ou hétéro-administré lors d’un entretien clinique semi-structuré en cas de barrière linguistique ou de fatigue extrême.
  • Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Système de double cotation (Scoring Metric) : L’originalité méthodologique de Carter et Miles réside dans la possibilité de calculer deux métriques distinctes :
    • Stress Metric 1 : Metric Specific Stress (Moyenne du stresseur vécu) : Seuls les items auxquels le parent a été réellement confronté (scores de 1 à 5) sont inclus dans le calcul de la moyenne. L’option 0 (« Non expérimenté ») est traitée comme une valeur manquante. Cette métrique quantifie l’intensité brute du stress généré par les stimuli réellement subis.
    • Stress Metric 2 : General Environmental Stress (Niveau général de stress environnemental) : Tous les items sont pris en compte, l’option 0 (« Non expérimenté ») étant recodée comme un niveau d’absence de stress (valeur 1 ou 0 selon les versions adaptées). Cette métrique quantifie la charge globale de stress imposée par l’environnement global de l’USIP.
  • Format de réponse Likert en 6 points :
    • 0 = Non expérimenté (Not experienced)
    • 1 = Non stressant (Not stressful)
    • 2 = Légèrement stressant (Minimally stressful)
    • 3 = Modérément stressant (Moderately stressful)
    • 4 = Très stressant (Very stressful)
    • 5 = Extrêmement stressant (Extremely stressful)
  • Item global de synthèse : Un item final indépendant invite le parent à évaluer la sévérité globale de son vécu hospitalier (« En utilisant la même échelle de notation, dans quelle mesure, de façon générale, l’expérience globale de l’unité de soins intensifs a-t-elle été stressante pour vous ? »).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 1982 (communications initiales) ; publications princeps complètes en 1983 et 1989.
  • Statut du droit d’auteur : Propriété intellectuelle académique détenue par Melba C. Carter et Margaret Shandor Miles.
  • Conditions d’utilisation et politique tarifaire : L’instrument est généralement mis à disposition à titre gracieux pour la recherche académique, clinique à but non lucratif et les thèses de doctorat. Les auteurs ont toujours préconisé la diffusion libre de l’outil pour encourager l’humanisation des soins en réanimation. Une demande préalable d’autorisation écrite auprès des détentrices des droits ou de leurs ayants droit institutionnels (Université de Caroline du Nord à Chapel Hill) demeure requise pour l’utilisation dans des essais industriels ou commerciaux, ainsi que pour les démarches de traduction et d’adaptation transculturelle officielle.

12. Références / References

  • Bowen, M. (1978). Family therapy in clinical practice. Jason Aronson.
  • Carter, M. C., & Miles, M. S. (1982). Parental stressor scale: Pediatric ICU (Abstract). Nursing Research, 31(2), 121.
  • Carter, M. C., & Miles, M. S. (1983). Parental Stressor Scale: Pediatric Intensive Care Unit. University of Kansas School of Nursing.
  • Carter, M. C., & Miles, M. S. (1989). The Parental Stressor Scale: Pediatric Intensive Care Unit. Maternal-Child Nursing Journal, 18(3), 187–198. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/2615467/
  • Huckabay, L. M., & Tilem-Kessler, D. (1999). Patterns of parental stress in PICU emergency admission. Dimensions of Critical Care Nursing, 18(2), 36–42. https://doi.org/10.1097/00003465-199903000-00008
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Miles, M. S., Carter, M. C., & Riddle, I. (1989). The Parental Stressor Scale: Pediatric Intensive Care Unit. In Instruments for Clinical Health-Care Research (pp. 370–378). Jones and Bartlett.
  • Saied, H. (2006). Stress, Coping, Social Support and Adjustment among Families of CHD Children in PICU after Heart Surgery (Doctoral dissertation). Case Western Reserve University. OhioLINK Electronic Theses and Dissertations Center

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Puffiness of my child
2

Child appearing Cold
3

The other sick children in the room
4

The sudden sounds of monitor alarms
5

Injections/ shots
6

Bruises‚ cuts‚ incisions on my child
7

Inability to talk or cry
8

Fright
9

Anger
10

Sadness or Depression
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Looti, M. (2026, octobre 9). Échelle de stress parental : unité de soins intensifs pédiatriques (PSS: PICU). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-stress-parental-unite-de-soins-intensifs-pediatriques-pss-picu/
Looti, Mohammed. “Échelle de stress parental : unité de soins intensifs pédiatriques (PSS: PICU).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-stress-parental-unite-de-soins-intensifs-pediatriques-pss-picu/.
Looti, Mohammed. “Échelle de stress parental : unité de soins intensifs pédiatriques (PSS: PICU).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-stress-parental-unite-de-soins-intensifs-pediatriques-pss-picu/.