Échelle de stress lié au rôle de genre masculin (MGRS)

Découvrez l’Échelle de stress lié au rôle de genre masculin (MGRS) développée par Richard M. Eisler et Jay R. Skidmore : dimensions, propriétés psychométriques et questionnaire complet.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de stress lié au rôle de genre masculin (Masculine Gender Role Stress Scale, MGRS), élaborée initialement par Richard M. Eisler et Jay R. Skidmore en 1987, constitue l’un des instruments psychométriques pionniers et fondamentaux dans l’étude des conséquences délétères de l’adhésion rigide aux normes de la masculinité traditionnelle. Conçue à l’interface de la psychologie de la santé, de la psychologie clinique et des études de genre, cette échelle évalue l’évaluation cognitive et le niveau de détresse psychologique éprouvés par les hommes lorsqu’ils sont confrontés à des situations menaçant leur statut masculin prescrit ou lorsqu’ils se perçoivent incapables de satisfaire aux impératifs normatifs socioculturels.

L’instrument se compose de 40 items auto-rapportés répartis équitablement selon une structure multidimensionnelle robuste comprenant cinq facteurs primaires : l’inadéquation physique (Physical Inadequacy), l’inexpressivité émotionnelle (Emotional Inexpressiveness), la subordination aux femmes (Subordination to Women), l’infériorité intellectuelle (Intellectual Inferiority) et les échecs de performance (Performance Failures). Chaque item est évalué sur une échelle de réponse ordinale de type Likert en 6 points, allant de 1 (« Pas du tout stressant » / Not Stressful) à 6 (« Extrêmement stressant » / Extremely Stressful), permettant de générer à la fois un score global de stress lié au rôle de genre masculin et des profils factoriels distincts.

Sur le plan métrologique, la MGRS présente des qualités psychométriques remarquables et documentées à travers des décennies d’investigations empiriques. La cohérence interne est systématiquement satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,86 et 0,93 pour l’échelle globale, et des valeurs situées entre 0,72 et 0,87 pour les sous-échelles respectives. La fidélité test-retest à moyen terme corrobore la stabilité temporelle du construit. La validité de construit, explorée via des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, met en exergue l’indépendance relative mais interdépendante des cinq domaines de vulnérabilité masculine. De surcroît, la validité convergente et prédictive de la MGRS a été démontrée par des associations robustes avec l’anxiété, la colère dysfonctionnelle, l’agressivité, l’hypertension artérielle, la réactivité cardiovasculaire au stress, ainsi que des comportements à risque pour la santé.

2. Mots-clés / Keywords

Masculinité, rôle de genre, stress lié au genre, MGRS, Richard M. Eisler, psychométrie, évaluation psychologique, santé des hommes, réactivité cardiovasculaire, détresse psychologique.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de stress lié au rôle de genre masculin a été initialement conçue et validée par le professeur Richard M. Eisler et le chercheur Jay R. Skidmore au sein du département de psychologie du Virginia Polytechnic Institute and State University (Virginia Tech), Blacksburg, Virginie, États-Unis. Le professeur Eisler, clinicien et chercheur en psychologie comportementale, a joué un rôle déterminant dans l’introduction du concept de stress lié aux rôles sexués dans le domaine de la médecine comportementale et de la psychologie de la santé.

Des travaux subséquents prolongeant la validation de l’outil et ses corrélats biomédicaux ont été menés en étroite collaboration avec C. H. Ward (1988) et Janice A. Blalock (1991), élargissant l’application de la MGRS à la prédiction des pathologies cardiovasculaires, des conduites agressives et des styles de gestion émotionnelle. Plus récemment, divers chercheurs, dont Matthew Macleod Orbell (2013) à l’Université de Géorgie, ont approfondi l’analyse de classes latentes et la modélisation en variables latentes appliquée aux manifestations de la colère et aux régulations comportementales évaluées par la MGRS.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Masculine Gender Role Stress Scale (MGRS) est d’opérationnaliser et de quantifier objectivement la charge de stress résultant de la socialisation masculine et de l’intériorisation rigide des normes associées au rôle de genre traditionnel. Contrairement aux inventaires classiques d’orientation du rôle sexuel — tels que le Personal Attributes Questionnaire (PAQ) de Spence ou le Bem Sex-Role Inventory (BSRI de Sandra Bem) qui mesurent principalement le degré d’auto-attribution de traits de personnalité considérés comme instrumentaux ou expressifs —, la MGRS adopte une perspective transactionnelle du stress psychologique inspirée des travaux de Lazarus et Folkman. Elle ne cherche pas à déterminer dans quelle mesure un individu « est » masculin, mais plutôt dans quelle mesure il perçoit des événements spécifiques comme menaçants ou aversifs en raison de ses exigences de conformité au rôle masculin.

Sur le plan conceptuel et théorique, la MGRS a été développée pour combler une lacune épistémologique majeure : comprendre pourquoi les hommes présentent des taux de morbidité et de mortalité prématurée plus élevés que les femmes pour de nombreuses pathologies chroniques (notamment coronariennes), tout en manifestant des taux substantiels de conduites à risque (consommation d’alcool, agressivité au volant, violence interpersonnelle, évitement des soins médicaux et psychologiques). Eisler et Skidmore ont postulé que l’adhésion rigide aux prescriptions normatives masculines rend les individus excessivement vulnérables à des situations de vie courantes qui dérogent à l’idéal de puissance, de contrôle, de domination et d’invulnérabilité.

Dans le domaine de la recherche, la MGRS offre aux psychologues sociaux, aux épidémiologistes et aux chercheurs en neurosciences comportementales un instrument standardisé permettant d’investiguer l’impact des pressions de genre sur les biomarqueurs du stress (cortisol, réactivité sympathique, pression systolique et diastolique), ainsi que sur les variables psychopathologiques (anxiété sociale, dépression masquée, colère dysrégulée). En psychologie clinique et en psychothérapie, l’outil fournit une cartographie différentielle des domaines de fragilité de l’individu. Il permet au praticien d’identifier les croyances dysfonctionnelles relatives à l’estime de soi masculine, de mettre en lumière les schémas d’inexpressivité émotionnelle responsables de blocages relationnels ou conjugaux, et d’adapter les interventions cognitives et comportementales visant la restructuration des distorsions cognitives liées à la virilité.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de stress lié au rôle de genre masculin repose sur l’hypothèse que la socialisation genrée impose aux hommes un script comportemental rigide, structuré autour de l’impératif de force, de succès, d’autonomie et de supériorité hiérarchique. Lorsque les exigences environnementales menacent ces prérogatives ou contraignent l’homme à adopter un comportement jugé « non masculin », il se produit une évaluation cognitive de menace (cognitive appraisal of threat) générant un état d’activation émotionnelle aversive. La MGRS décompose ce construit général en cinq dimensions empiriquement validées :

1. Inadéquation physique (Physical Inadequacy)

Cette dimension reflète le stress éprouvé face à la perception d’une perte de vigueur corporelle, de force athlétique, de puissance sexuelle ou d’attractivité physique masculine. Dans la culture occidentale contemporaine, le corps masculin est symboliquement investi comme un instrument de puissance, de résistance et de domination. Les items relevant de ce facteur explorent la détresse associée au vieillissement physique, à la maladie, à l’incapacité de soutenir une performance athlétique face à des pairs (« Appearing less athletic than a friend »), à la défaillance sexuelle (« Being unable to perform sexually », « Being unable to become sexually aroused when you want »), ou encore à l’incapacité de tenir l’alcool aussi bien que d’autres hommes. L’angoisse sous-jacente est celle de la vulnérabilité somatique et de la castration symbolique.

2. Inexpressivité émotionnelle (Emotional Inexpressiveness)

Le deuxième facteur capture la détresse provoquée par les situations exigeant la manifestation publique de la tendresse, de la peur, de la peine ou de la vulnérabilité affective, comportements traditionnellement proscrits par le mandat masculin. La norme d’impassibilité stoïque prescrit aux hommes de réprimer leurs émotions primaires (à l’exception notable de la colère). Les items évaluent l’inconfort majeur à l’idée d’exprimer des sentiments tendres (« Telling your spouse that you love her/him »), d’avouer une blessure narcissique (« Telling someone that you feel hurt by what they said »), d’admettre ses peurs (« Admitting that you are afraid of something »), d’être vu en train de pleurer par sa propre progéniture (« Having your children see you cry »), ou de soutenir affectivement un pair masculin en détresse (« Comforting a male friend who is upset »).

3. Subordination aux femmes (Subordination to Women)

Ce pôle dimensionnel mesure l’anxiété et la réactivité négative déclenchées par des contextes où les femmes exercent un pouvoir supérieur, dépassent l’homme sur le plan professionnel ou financier, ou occupent une position d’autorité hiérarchique directe. Le modèle patriarcal érigeant la primauté masculine en pilier identitaire, toute situation inversant cette asymétrie de pouvoir est vécue comme une dégradation de statut. Les items représentatifs ciblent le fait d’être surpassé professionnellement par une femme (« Being outperformed at work by a woman »), d’avoir une supérieure hiérarchique féminine (« Having a female boss »), d’avoir une conjointe générant des revenus supérieurs (« Being married to someone who makes more money than you »), ou d’interagir avec une interlocutrice féministe (« Talking with a ‘feminist’ »).

4. Infériorité intellectuelle (Intellectual Inferiority)

La quatrième dimension concerne la crainte d’être perçu comme incompétent, intellectuellement déficient ou manquant de discernement et d’esprit de décision dans des contextes compétitifs ou organisationnels. L’hégémonie masculine reposant historiquement sur la rationalité, l’autorité décisionnelle et la maîtrise technique, la confrontation avec des individus perçus comme plus brillants ou ambitieux constitue une menace directe pour l’auto-efficacité. Ce facteur intègre des items tels que le travail auprès de collègues plus brillants (« Working with people who are brighter than yourself »), l’obligation de demander son chemin lorsqu’on est égaré (« Having to ask for directions when you are lost »), ou le fait d’être publiquement taxé d’indécision (« Having people say that you are indecisive »).

5. Échecs de performance (Performance Failures)

La cinquième dimension mesure le stress lié à l’incapacité de satisfaire aux rôles traditionnels de pourvoyeur économique (breadwinner) et de vainqueur dans la compétition sociale et sportive. La valeur sociale de l’homme étant conditionnée par ses accomplissements matériels, son statut d’emploi et ses victoires compétitives, l’échec opérationnel induit un effondrement de l’estime de soi. Les items couvrent le chômage (« Being unemployed »), le licenciement (« Getting fired from your job »), le revenu insuffisant (« Not making enough money »), la stagnation professionnelle (« Getting passed over for a promotion »), et la défaite sportive (« Losing in a sports competition »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel de la MGRS s’enracine principalement dans la théorie transactionnelle du stress et du coping formulée par Richard S. Lazarus et Susan Folkman (1984), articulée avec les théories de la socialisation différentielle selon le genre et le concept de conflit de rôle de genre (gender role conflict) formalisé par O’Neil (1981) et Joseph Pleck (1981, 1995) à travers son modèle de la tension liée au rôle de genre (Gender Role Strain Paradigm).

Selon l’approche cognitive-médiationnelle de Lazarus, le stress n’est pas une propriété intrinsèque d’un stimulus environnemental, mais le résultat d’un processus en deux étapes : l’évaluation primaire (primary appraisal), par laquelle l’individu détermine si une situation constitue une menace pour son intégrité, ses buts ou son estime personnelle ; et l’évaluation secondaire (secondary appraisal), par laquelle il évalue les ressources de régulation et de coping dont il dispose pour neutraliser la menace. Eisler et Skidmore (1987) ont avancé que la socialisation masculine structure de manière sélective l’évaluation primaire. Un homme ayant fortement intériorisé les normes de virilité interprétera des événements banals ou neutres (par exemple, demander son chemin, écouter une femme exprimer son désaccord, ou pleurer face à une tragédie) comme des menaces catastrophiques dirigées contre son identité de genre.

Le modèle de la tension liée au rôle de genre de Pleck (1995) fournit un ancrage sociopsychologique complémentaire. Pleck postule que les rôles masculins traditionnels sont par nature contradictoires, irréalistes et psychologiquement restrictifs. Il distingue trois formes majeures de tension : la tension de divergence (incapacité à se conformer aux standards), la tension de traumatisme (blessures psychiques subies au cours du processus d’apprentissage forcé du rôle), et la tension de dysfonctionnement (conséquences pathologiques directes de la conformité aux prescriptions du rôle). La MGRS capture avec précision les manifestations subjectives de ces tensions. L’obligation d’invulnérabilité contraint l’homme à adopter un répertoire d’adaptation fondé sur le contrôle agressif, la répression affective ou le retrait défensif, privant l’individu des stratégies de régulation émotionnelle adaptatives (recherche de soutien social, expression verbale de l’angoisse).

Enfin, les contributions ultérieures d’Eisler et Blalock (1991) ont formalisé le modèle cognitivo-comportemental du stress lié au rôle masculin en établissant des passerelles directes avec la psychosomatique. Ils ont postulé que les hommes soumis à des niveaux élevés de MGRS maintiennent un état chronique d’hyper-vigilance face à toute atteinte potentielle à leur statut. Cette vigilance permanente active de façon récurrente l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) et le système nerveux sympathique, déclenchant des poussées d’hypertension, une vasoconstriction périphérique et des arythmies potentielles, contribuant ainsi à la surmorbidité cardiovasculaire masculine.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la MGRS a fait l’objet d’évaluations rigoureuses et répétées dans des contextes expérimentaux, cliniques et corrélationnels.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été démontrée dès les études initiales d’Eisler et al. (1987, 1988). Les scores totaux à la MGRS présentent des corrélations positives statistiquement significatives avec des instruments mesurant la colère-trait et la colère-état (via l’inventaire STAXI de Spielberger, avec des corrélations variant entre r = 0,35 et r = 0,52, p < 0,001), l’anxiété-trait (évaluée par le STAI, r ≈ 0,30 à 0,45), et la propension à l’hostilité interpersonnelle (Cook-Medley Hostility Scale). De manière congruente avec la théorie, la MGRS est positivement corrélée avec l’échelle de Conflit de rôle de genre (Gender Role Conflict Scale, GRCS de James O’Neil, corrélations typiques de r = 0,55 à 0,68), attestant que les deux instruments ciblent des facettes complémentaires de la détresse identitaire masculine.

Validité discriminante

La validité discriminante est étayée par l’absence de corrélation forte entre la MGRS et les mesures classiques de simple identification masculine telles que la sous-échelle de masculinité du Bem Sex-Role Inventory (BSRI-M) ou du PAQ (coefficients généralement non significatifs ou faibles, r < 0,20). Ce résultat crucial démontre avec netteté que posséder des traits instrumentaux masculins n’équivaut pas à éprouver du stress ou de l’angoisse face à la violation des normes du rôle. De surcroît, la MGRS discrimine efficacement les hommes des femmes : lorsqu’elle est administrée à des échantillons féminins, les scores moyens sont massivement plus bas, confirmant la spécificité de contenu liée au rôle de genre masculin.

Validité prédictive et écologique

La validité prédictive de l’instrument s’est avérée particulièrement éclatante dans les paradigmes de laboratoire en médecine comportementale. Dans l’étude séminale d’Eisler, Skidmore et Ward (1988), les hommes présentant des scores élevés à la MGRS ont manifesté, lors de tâches de négociation interpersonnelle et de défis compétitifs avec des femmes ou des pairs masculins, une élévation significativement plus marquée de la pression artérielle systolique (PAS) et diastolique (PAD) ainsi qu’un rythme cardiaque accru par rapport aux hommes à faible score MGRS. Des recherches longitudinales et transversales ont également montré que des scores élevés à la MGRS prédisent de façon indépendante les comportements violents dans le couple (violences conjugales physiques et psychologiques), les conduites d’alcoolisation massive (binge drinking), la conduite automobile à haut risque, et la réticence à consulter un professionnel de santé mentale lors d’épisodes dépressifs majeurs.

8. Fidélité / Reliability

Les indices de fidélité de la MGRS satisfont rigoureusement aux critères métrologiques de la psychométrie moderne.

Cohérence interne

Dans l’échantillon de dérivation initial rapporté par Eisler et Skidmore (1987), comprenant des étudiants universitaires masculins, le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale de 40 items s’élevait à 0,92, témoignant d’une excellente homogénéité du construit d’ensemble. Les indices de cohérence interne calculés pour les cinq sous-échelles présentaient les valeurs suivantes :

  • Inadéquation physique : α = 0,76 à 0,83 ;
  • Inexpressivité émotionnelle : α = 0,78 à 0,85 ;
  • Subordination aux femmes : α = 0,73 à 0,81 ;
  • Infériorité intellectuelle : α = 0,72 à 0,79 ;
  • Échecs de performance : α = 0,75 à 0,84.

Ces coefficients ont été répliqués de manière concordante au sein de cohortes d’adultes communautaires, de populations militaires, de détenus et de patients suivis en cardiologie, les alphas de l’échelle totale demeurant systématiquement compris entre 0,88 et 0,94.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle de la MGRS a été évaluée sur des intervalles de temps variant de deux à six semaines. Eisler et Skidmore ont documenté un coefficient de corrélation test-retest de r = 0,84 (p < 0,001) sur un intervalle de deux semaines, indiquant que l’échelle appréhende une tendance dispositionnelle stable d’évaluation cognitive du stress plutôt qu’un état émotionnel transitoire fluctuant au gré des contingences journalières.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la MGRS a été établie originellement par Eisler et Skidmore (1987) au moyen d’une analyse factorielle exploratoire (AFE) utilisant la méthode d’extraction en composantes principales suivie d’une rotation orthogonale Varimax, complétée ensuite par des rotations obliques (Promax) pour tenir compte de l’intercorrélation attendue entre les dimensions du stress de genre.

Structure exploratoire initiale

L’analyse initiale a débuté par un bassin préliminaire d’items décrivant des scénarios de vie potentiellement aversifs pour les hommes. À l’issue des critères d’élimination (saturations factorielles primaires < 0,40 ou saturations croisées élevées sur plusieurs facteurs > 0,30), 40 items ont été retenus. Ces items se sont distribués sur cinq facteurs possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0, expliquant conjointement plus de 42 % de la variance totale :

  • Facteur 1 (Inadéquation physique) : 8 items caractérisés par de fortes saturations sur les craintes de défaillance corporelle, de déclin athlétique et d’impuissance sexuelle (saturations allant de 0,43 à 0,72).
  • Facteur 2 (Inexpressivité émotionnelle) : 8 items ciblant la répression de l’affectivité, de la tendresse et des pleurs (saturations de 0,46 à 0,69).
  • Facteur 3 (Subordination aux femmes) : 8 items relatifs à la perte de supériorité ou de dominance face à des interlocutrices féminines (saturations de 0,41 à 0,75).
  • Facteur 4 (Infériorité intellectuelle) : 8 items décrivant des situations d’incompétence décisionnelle ou de comparaison cognitive défavorable (saturations de 0,40 à 0,68).
  • Facteur 5 (Échecs de performance) : 8 items portant sur la précarité financière, la perte d’emploi ou l’échec dans les domaines de compétition (saturations de 0,44 à 0,74).

Validations confirmatoires (AFC)

Les investigations ultérieures ayant appliqué l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) (notamment les travaux de modélisation par équations structurelles de Watkins, Eisler et collègues, ainsi que les analyses de classes latentes conduites par Orbell en 2013) ont comparé le modèle à cinq facteurs corrélés avec un modèle unifactoriel global et des modèles hiérarchiques de second ordre. Les indices d’ajustement soutiennent la supériorité du modèle à cinq facteurs (avec des indices satisfaisants : RMSEA < 0,06, CFI > 0,90, SRMR < 0,07), confirmant que bien qu’un facteur général d’ordre supérieur de stress de genre existe, les cinq dimensions possèdent une spécificité clinique et prédictive distincte qui justifie pleinement leur calcul et interprétation séparés.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel : Masculine Gender Role Stress Scale (MGRS).
  • Nom en français : Échelle de stress lié au rôle de genre masculin.
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
  • Population cible : Hommes adultes et adolescents en fin de scolarité (initialement validé chez les étudiants universitaires de 18 ans et plus ; applicable en population générale).
  • Nombre total d’items : 40 items formulés sous la forme d’événements, d’affirmations ou de situations brèves.
  • Format de réponse : Échelle ordinale de Likert à 6 échelons cotée de 1 à 6 :
    • 1 = Not Stressful (Pas stressant) ;
    • 2 = Minimally Stressful (Minimement stressant) ;
    • 3 = Somewhat Stressful (Un peu stressant) ;
    • 4 = Moderately Stressful (Modérément stressant) ;
    • 5 = Very Stressful (Très stressant) ;
    • 6 = Extremely Stressful (Extrêmement stressant).
  • Modalités de cotation :
    • Le score total s’obtient par l’addition des 40 items (score total brut s’étendant de 40 à 240). Il peut également être exprimé sous forme de score moyen (score total divisé par 40, s’étendant de 1,0 à 6,0).
    • Cinq scores de sous-échelles sont calculés en sommant les 8 items respectifs de chaque dimension (scores bruts de 8 à 48 par sous-échelle, ou moyennes de 1 à 6).
    • Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans la direction d’une augmentation de la détresse face à la violation normative).
  • Temps de passation estimé : Environ 10 à 15 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication originale : 1987.
  • Auteurs et détenteurs des droits : Richard M. Eisler et Jay R. Skidmore. L’article original a été publié dans la revue scientifique Behavior Modification (Sage Publications).
  • Statut d’utilisation et licence : Dans le cadre de la recherche académique, scientifique et institutionnelle non commerciale, l’échelle est généralement accessible et utilisable sans frais, sous réserve de citer explicitement les publications de référence princeps (Eisler & Skidmore, 1987). Pour toute exploitation commerciale, adaptation numérique intégrée dans des dispositifs payants ou utilisation corporative, une demande de permission formelle doit être adressée à l’éditeur (Sage Publications) ou aux ayants droit.
  • Tarifs : Aucun coût d’achat pour les chercheurs et praticiens exploitant l’échelle dans des cadres académiques réguliers à des fins de recherche fondamentale ou d’évaluation clinique non lucrative.

12. Références / References

Les sources bibliographiques princeps et études fondamentales relatives à la conception, la validation et l’application empirique de la MGRS sont répertoriées ci-dessous selon les normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :

  • Eisler, R. M., & Blalock, J. A. (1991). Masculine gender role stress: Implications for the assessment of men. Clinical Psychology Review, 11(1), 45–60. https://doi.org/10.1016/0272-7358(91)90136-S
  • Eisler, R. M., & Skidmore, J. R. (1987). Masculine gender role stress: Scale development and component factors in the appraisal of stressful situations. Behavior Modification, 11(2), 123–136. https://doi.org/10.1177/01454455870112001
  • Eisler, R. M., Skidmore, J. R., & Ward, C. H. (1988). Masculine gender-role stress: Predictor of anger, anxiety, and health-risk behaviors. Journal of Personality Assessment, 52(1), 133–141. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa5201_12
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • O’Neil, J. M. (1981). Patterns of gender role conflict and strain: Sexism and fear of femininity in men’s lives. Personnel and Guidance Journal, 60(4), 203–210. https://doi.org/10.1002/j.2164-4918.1981.tb00293.x
  • Orbell, M. M. (2013). Anger management in college students: A latent class analysis (Doctoral dissertation, University of Georgia). University of Georgia Theses and Dissertations Archive. http://scholar.lib.vt.edu/theses/available/etd-02012007-160430/unrestricted/FinalThesis.pdf
  • Pleck, J. H. (1995). The gender role strain paradigm: An update. In R. F. Levant & W. S. Pollack (Eds.), A new psychology of men (pp. 11–32). Basic Books.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

1 = Not Stressful
2 = Minimally Stressful
3 = Somewhat Stressful
4 = Moderately Stressful
5 = Very Stressful
6 = Extremely Stressful

Items:

  1. Feeling that you are not in good physical condition.
  2. Telling your spouse that you love her/him.
  3. Being outperformed at work by a woman.
  4. having to ask for directions when you are lost.
  5. Being unemployed.
  6. Not being able to find a sexual partner.
  7. having a female boss.
  8. having your lover say that she/he is not satisfied.
  9. Letting a woman take control of the situation.
  10. Not making enough money.
  11. Being perceived by someone as « gay » or « lesbian ».
  12. Telling someone that you feel hurt by what they said.
  13. Being married to someone who makes more money than you.
  14. Working with people who seem more ambitious than you.
  15. Finding you lack the occupational skills to succeed.
  16. Losing in a sports competition.
  17. Admitting that you are afraid of something.
  18. Being with a woman who is more successful than you.
  19. Talking with a « feminist ».
  20. Being unable to perform sexually.
  21. Being perceived as having feminine traits.
  22. having your children see you cry.
  23. Being outperformed in a game by a woman.
  24. having people say that you are indecisive.
  25. Being too tired for sex when your lover initiates it.
  26. Appearing less athletic than a friend.
  27. Talking with a woman who is crying.
  28. Needing your spouse to work to help support the family.
  29. having others say that you are too emotional.
  30. Being unable to become sexually aroused when you want.
  31. Being compared unfavorably to men.
  32. Comforting a male friend who is upset.
  33. Admitting to your friends that you do housework.
  34. Working with people who are brighter than yourself.
  35. Getting passed over for a promotion.
  36. Knowing you cannot hold your liquor as well as others.
  37. having a man put his arm around your shoulder.
  38. Being with a woman who is much taller than you.
  39. Staying home during the day with a sick child.
  40. Getting fired from your job.
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Looti, M. (2026, octobre 9). Échelle de stress lié au rôle de genre masculin (MGRS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-stress-lie-au-role-de-genre-masculin-mgrs-2/
Looti, Mohammed. “Échelle de stress lié au rôle de genre masculin (MGRS).” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-stress-lie-au-role-de-genre-masculin-mgrs-2/.
Looti, Mohammed. “Échelle de stress lié au rôle de genre masculin (MGRS).” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-stress-lie-au-role-de-genre-masculin-mgrs-2/.