1. Résumé / Abstract
L’Échelle de stigmatisation perçue induite par la maladie à coronavirus 2019 chez les médecins (en anglais, Coronavirus Disease 2019–Induced Perceived Stigmatization in Physicians Scale) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé en 2023 par Muhammed Fatih Önsüz et ses collaborateurs au sein de l’Université Eskisehir Osmangazi en Turquie. Cette échelle a été conçue pour combler une lacune critique dans l’évaluation quantitative des répercussions psychosociales de la pandémie de COVID-19, spécifiquement ciblée sur les praticiens médicaux exposés de manière disproportionnée au virus et aux attitudes de rejet social.
Initialement élaboré à partir d’un ensemble de 35 items issus d’une revue systématique de la littérature, le dispositif a été affiné grâce à l’expertise de jurys de spécialistes (évaluation de la validité de contenu par 14 experts) puis à une étude pilote. La version définitive se compose de 10 items articulés autour de deux dimensions factorielles robustes : la stigmatisation perçue environnementale (Environmental Perceived Stigmatization) et la stigmatisation perçue personnelle (Personally Perceived Stigmatization). Les participants évaluent chaque item sur une échelle de type Likert en 5 points allant de 1 (« fortement en désaccord ») à 5 (« fortement d’accord »).
Sur le plan psychométrique, l’instrument présente des qualités structurales et métrologiques remarquables. L’analyse factorielle exploratoire (AFE) indique que les deux composantes expliquent 61,66 % de la variance totale, avec des saturations factorielles comprises entre 0,66 et 0,85. L’analyse factorielle confirmatoire (AFC) corrobore cette structure bidimensionnelle (χ²/df = 4,47 ; CFI = 0,96 ; IFI = 0,96 ; NFI = 0,95 ; NNFI = 0,95 ; SRMR = 0,051). La cohérence interne est élevée, attestée par un coefficient alpha de Cronbach global de 0,88 (0,875 pour la dimension environnementale et 0,766 pour la dimension personnelle). La fidélité test-retest à deux semaines démontre une excellente stabilité temporelle (r = 0,91). L’outil s’avère précieux pour la recherche épidémiologique, la médecine du travail et la santé publique hospitalière.
2. Mots-clés / Keywords
Stigmatisation perçue, COVID-19, personnel médical, médecins, psychométrie, échelle d’évaluation, stigmatisation environnementale, stigmatisation personnelle, santé mentale au travail, validité factorielle.
3. Auteurs / Authors
- Muhammed Fatih Önsüz — Département de Santé Publique, Faculté de Médecine, Université Eskisehir Osmangazi, Eskişehir, Turquie. Adresse de correspondance : [email protected].
- Didem Oktar — Département de Santé Publique, Faculté de Médecine, Université Eskisehir Osmangazi, Eskişehir, Turquie.
- Sevil Aydoğan Gedik — Direction de la Santé du District d’Odunpazarı, Ministère de la Santé, Eskişehir, Turquie.
- Sevda Sungur — Département de Santé Publique, Faculté de Médecine, Université Eskisehir Osmangazi, Eskişehir, Turquie.
- Selma Metintaş — Département de Santé Publique, Faculté de Médecine, Université Eskisehir Osmangazi, Eskişehir, Turquie.
- Ferdi Köşger — Département de Psychiatrie, Faculté de Médecine, Université Eskisehir Osmangazi, Eskişehir, Turquie.
- Ali Ercan Altınöz — Département de Psychiatrie, Faculté de Médecine, Université Eskisehir Osmangazi, Eskişehir, Turquie.
4. Objectif / Purpose
La survenue de crises sanitaires majeures, à l’instar de la pandémie de SARS-CoV-2 déclarée par l’Organisation mondiale de la Santé, expose les professionnels de santé de première ligne à une double contrainte psychosociale : une surcharge de travail clinique couplée à un phénomène paradoxal d’exclusion sociale. Bien que célébrés publiquement comme des acteurs indispensables de la réponse sanitaire, les médecins ont fréquemment fait l’objet d’un processus de mise à l’écart, étant perçus par le grand public et parfois par leurs propres proches comme d’éventuels vecteurs de transmission virale.
L’objectif central de l’Échelle de stigmatisation perçue induite par la maladie à coronavirus 2019 chez les médecins est d’offrir une méthode quantitative, standardisée et rigoureuse pour mesurer le degré de stigmatisation ressentie par le corps médical. Avant la publication de ces travaux en 2023, la plupart des outils de mesure de la stigmatisation liée à la COVID-19 ciblaient la population générale, les patients convalescents ou les minorités ethniques, omettant les spécificités structurelles, déontologiques et professionnelles de la pratique médicale.
Dans le domaine de la recherche, cet instrument permet de cartographier la prévalence du sentiment de stigmatisation, d’en analyser les déterminants sociodémographiques (sexe, âge, spécialité médicale, exercice en unité de soins intensifs ou en secteur COVID) et d’étudier ses corrélats psychologiques tels que l’épuisement professionnel (burnout), les troubles anxio-dépressifs, le syndrome de stress post-traumatique et l’intention de démissionner de la profession médicale.
Sur le plan des applications cliniques et institutionnelles, l’identification précoce de scores élevés de stigmatisation permet aux directions hospitalières et aux services de médecine du travail de concevoir des interventions ciblées de soutien psychologique, d’aménager des dispositifs d’écoute et de lutter contre l’isolement relationnel subi par les soignants. L’échelle fournit ainsi une base empirique pour étayer les politiques de prévention du suicide et d’attrition professionnelle chez les médecins en période épidémique.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit théorique au fondement de l’échelle s’ancre dans la conceptualisation multidimensionnelle de la stigmatisation sociale appliquée au domaine des maladies infectieuses émergentes. La stigmatisation liée à une pathologie contagieuse ne se limite pas à un préjugé abstrait ; elle se déploie à travers des représentations cognitives, des réactions affectives de peur et des conduites d’évitement comportemental manifestées par l’entourage de la cible. Chez les médecins, ce phénomène a été structuré par Önsüz et al. (2023) en deux dimensions distinctes mais interdépendantes :
1. La stigmatisation perçue environnementale (Environmental Perceived Stigmatization)
Cette sous-dimension renvoie à la perception par le médecin d’un climat social hostile ou d’une attitude défensive émanant de la communauté élargie, de son quartier, des commerces, des transports en commun ou de l’espace public au sens large. Elle englobe les expériences d’évitement spatial, de méfiance collective et de discrimination indirecte liée à l’exercice de la profession médicale en contexte épidémique.
Par exemple, un praticien peut percevoir que les commerçants de son voisinage manifestent une réticence visible à le servir, que les usagers des transports s’écartent délibérément lorsqu’ils identifient sa tenue de soignant, ou que les copropriétaires de son immeuble émettent des réserves quant à l’utilisation des espaces communs par le personnel hospitalier. Cette dimension mesure l’impact de la réaction sociétale globale perçue par le soignant comme une rupture du pacte de reconnaissance civique.
2. La stigmatisation perçue personnelle (Personally Perceived Stigmatization)
Cette seconde composante évalue les manifestations directes et interpersonnelles de rejet ou d’altération relationnelle vécues au sein de la sphère relationnelle immédiate (famille, amis, collègues hors soins) et des interactions directes avec autrui. Elle saisit le sentiment d’être personnellement incriminé, jugé irresponsable ou tenu à distance par des individus significatifs en raison de son exposition quotidienne aux agents pathogènes.
Les manifestations de cette dimension comprennent l’annulation d’invitations familiales, la rupture temporaire de liens d’amitié, les reproches explicites quant aux risques que le médecin fait courir à son foyer, ou le fait de subir des remarques désobligeantes culpabilisantes. La stigmatisation perçue personnelle touche directement l’estime de soi, l’identité de rôle et la sécurité affective du professionnel, exacerbant la détresse émotionnelle par un défaut de soutien social proximal.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’instrument repose sur une articulation féconde entre la sociologie interactionniste, la psychologie sociale des préjugés et les modèles cognitivo-comportementaux de la santé. Le socle épistémologique fondamental provient des travaux séminaux d’Erving Goffman (1963) sur le stigmate, défini comme un attribut profondément discréditant qui réduit le porteur d’une identité sociale valorisée à une identité altérée et souillée. Goffman distinguait les stigmates liés aux tares corporelles, aux tares de caractère et les stigmates tribaux ; dans le cas des pathologies infectieuses, le soignant est frappé d’un stigmate de contamination par association, devenant le symbole vivant de la menace morbide.
Cette perspective est enrichie par le modèle structural de la stigmatisation formalisé par Bruce G. Link et Jo C. Phelan (2001). Selon Link et Phelan, la stigmatisation émerge de la convergence de quatre composantes successives :
- La désignation (Labeling) : La catégorisation sociale des individus selon un trait distinctif (ici, le statut de médecin soignant des patients atteints de la COVID-19).
- L’association stéréotypée (Stereotyping) : La liaison cognitive entre cette étiquette et des croyances négatives automatiques (le médecin est perçu comme saturé d’agents viraux et dangereux pour son entourage).
- La séparation (Separation) : Une démarcation nette entre « eux » (les soignants potentiellement contagieux) et « nous » (la population saine désireuse de se préserver).
- La perte de statut et la discrimination (Status loss & discrimination) : L’exclusion effective des espaces de socialisation, la marginalisation symbolique et la dévalorisation relationnelle.
À ce modèle s’ajoute l’éclairage de la théorie du système immunitaire comportemental (Behavioral Immune System) développée en psychologie évolutionniste par Mark Schaller et Justin Park (2011). Cette théorie postule que les êtres humains possèdent des mécanismes psychologiques de détection précoce des indices parasitaires, déclenchant des affects de dégoût et des conduites aversives préventives. En situation pandémique, ces mécanismes primitifs sont suractivés de manière biaisée, conduisant les individus à traiter toute proximité physique avec un soignant comme un danger biologique immédiat, court-circuitant ainsi les comportements prosociaux habituels de gratitude envers le corps médical.
7. Validité / Validity
Le processus de validation psychométrique déployé par Önsüz et al. (2023) a fait l’objet d’une démarche séquentielle et rigoureuse, assurant des garanties solides sur plusieurs facettes de la validité scientifique :
Validité de contenu (Content Validity)
La matrice initiale de 35 items générée à partir d’un état des lieux documentaire exhaustif a tout d’abord été soumise à l’expertise clinique de 4 spécialistes pour une première épuration linguistique et conceptuelle. Dans un deuxième temps, 14 experts indépendants du champ de la santé publique, de la psychiatrie et de l’épidémiologie ont procédé à la quantification de la pertinence de chaque énoncé. L’indice de validité de contenu (Content Validity Index, CVI) a été établi à 0,69 pour la sélection intermédiaire de 18 items, assurant une congruence satisfaisante entre les dimensions théoriques postulées et les observables comportementaux retenus.
Validité différentielle ou de groupes connus (Differential / Known-Groups Validity)
L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer des sous-groupes de praticiens présentant des degrés d’exposition objective ou subjective différentiels à la menace pandémique :
- Les médecins ayant contracté personnellement la COVID-19 affichent des scores de stigmatisation perçue significativement plus élevés que leurs confrères épargnés par l’infection.
- Les praticiens comptant des personnes diagnostiquées positives à la COVID-19 dans leur entourage immédiat obtiennent des scores accrus, illustrant le phénomène de co-stigmatisation relationnelle.
- Les soignants ayant sérieusement envisagé de démissionner de leurs fonctions hospitalières durant la crise pandémique présentent des niveaux de stigmatisation perçue substantiellement supérieurs à ceux n’ayant pas formulé ce projet de rupture professionnelle.
- Les praticiens obtenant un score égal ou supérieur à 55 sur l’Échelle de stigmatisation générique de Yaman et Güngör (2013) obtiennent des moyennes significativement plus fortes à l’échelle COVID-19.
Validité de critère et convergente (Criterion / Convergent Validity)
L’association avec l’Échelle de stigmatisation validée par Yaman et Güngör (2013) a été explorée au moyen du coefficient de corrélation de rangs de Spearman. Les résultats mettent en évidence une corrélation positive statistiquement très significative : r = 0,345 (p < 0,001). Cette intensité modérée confirme que l’échelle d’Önsüz et al. évalue bien le méta-construit de la stigmatisation tout en conservant une spécificité contextuelle liée aux dynamiques infectieuses de la COVID-19, évitant ainsi la redondance conceptuelle avec les échelles de stigmatisation générale.
8. Fidélité / Reliability
La précision de la mesure a été investiguée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle des scores :
Cohérence interne (Internal Consistency)
L’homogénéité globale des 10 items de l’échelle est remarquable, avec un coefficient alpha de Cronbach total de 0,88. Cette valeur dépasse largement le seuil standard de 0,70 préconisé dans les lignes directrices méthodologiques de Nunnally et Bernstein pour la recherche en sciences comportementales. L’ensemble des coefficients de corrélation item-total corrigés excède le critère de sélectivité de 0,30, attestant qu’aucun item n’introduit de variance parasite.
Examinée au niveau factoriel, la consistance interne demeure robuste pour chacune des deux composantes :
- Facteur 1 (Stigmatisation perçue environnementale) : α = 0,875
- Facteur 2 (Stigmatisation perçue personnelle) : α = 0,766
Fidélité test-retest (Test-Retest Reliability)
La reproductibilité temporelle des scores a été éprouvée auprès d’un sous-échantillon de médecins réévalués après un intervalle strict de deux semaines. Le coefficient de corrélation de reproductibilité s’élève à r = 0,91. L’analyse comparative des moyennes n’indique aucune différence statistiquement significative entre les deux temps de passation (p = 0,125), ce qui confirme la haute fidélité test-retest du dispositif et atteste de l’absence de biais d’apprentissage ou d’instabilité métrologique à court terme.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’échelle a été explorée puis confirmée selon les préconisations méthodologiques internationales en psychométrie :
Analyse factorielle exploratoire (AFE / EFA)
Le processus de réduction des données a débuté après administration de la version pilote (16 items) à la cohorte médicale turque. Les règles de décision analytique ont été appliquées de façon itérative :
- Suppression systématique des items présentant une saturation factorielle principale inférieure à 0,30.
- Élimination d’un item affichant des saturations croisées (cross-loadings) équivalentes sur plusieurs facteurs.
- Réitération de l’AFE sur les 12 items résiduels, conduisant au retrait de deux items supplémentaires pour cause de discordance sémantique et statistique avec le cœur conceptuel de leur sous-dimension respective.
L’AFE finale conduite sur les 10 items retenus révèle une structure bidimensionnelle pure. Ces deux facteurs expliquent à eux seuls 61,66 % de la variance totale observée, un rendement explicatif très élevé pour un instrument bref. Les saturations factorielles individuelles s’échelonnent de 0,66 à 0,85, témoignant d’une liaison étroite entre les indicateurs manifestes et leurs variables latentes respectives.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC / CFA)
L’ajustement du modèle théorique bidimensionnel a été validé au moyen d’une analyse factorielle confirmatoire sur un échantillon indépendant. Les indices d’adéquation statistiques obtenus confirment un ajustement globalement satisfaisant aux données empiriques :
- Chi-deux et degrés de liberté : χ² = 152,30, df = 34, χ²/df = 4,47 (p = 0,00000). Bien que le rapport χ²/df soit légèrement supérieur au seuil strict de 3, cela s’explique par la sensibilité bien documentée du Chi-deux à la taille de l’échantillon.
- Indices d’ajustement comparatif : Comparative Fit Index (CFI) = 0,96 ; Incremental Fit Index (IFI) = 0,96 ; Normed Fit Index (NFI) = 0,95 ; Non-Normed Fit Index (NNFI) = 0,95 ; Relative Fit Index (RFI) = 0,93. Tous ces indices surpassent le critère d’excellence de 0,90 voire 0,95.
- Indices de parcimonie : Parsimony Normed Fit Index (PNFI) = 0,72 ; Parsimony Goodness-of-Fit Index (PGFI) = 0,56.
- Indices basés sur les résidus : Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = 0,051 (inférieur au seuil critique de 0,08, traduisant d’excellents résidus standardisés) ; Root Mean Square Residual (RMR) = 0,068 ; Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,107.
- Indices d’ajustement absolu : Goodness-of-Fit Index (GFI) = 0,91 ; Adjusted Goodness-of-Fit Index (AGFI) = 0,85.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-questionnaire standardisé).
- Nombre total d’items : 10 items répartis en deux dimensions factorielles (Stigmatisation environnementale et Stigmatisation personnelle).
- Format des réponses : Échelle de type Likert en 5 points graduée comme suit :
- 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
- 2 = En désaccord (Disagree)
- 3 = Sans avis / Neutre (No idea)
- 4 = D’accord (Agree)
- 5 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
- Cotation et calcul des scores : Le score total s’obtient en sommant les notes attribuées à chacun des 10 items (amplitude théorique : 10 à 50 points). Des sous-scores dimensionnels peuvent être calculés indépendamment. Un score élevé reflète un degré supérieur de stigmatisation perçue induite par la COVID-19.
- Population cible : Médecins diplômés et en exercice (toutes spécialités confondues : médecine générale, réanimation, urgences, santé publique, chirurgie, etc.).
- Tranches d’âge validées : Adultes de 18 ans et plus (incluant les jeunes praticiens de 18-29 ans, la trentaine 30-39 ans, le moyen âge 40-64 ans et les praticiens seniors de 65 ans et plus).
- Langue originale : Turc (Türkçe). Adaptations scientifiques soumises à protocoles de rétro-traduction.
- Temps moyen d’administration : Environ 3 à 5 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication : 2023.
- Statut financier : Gratuit pour une utilisation académique, clinique et de recherche non commerciale (aucun frais de licence n’est requis par les auteurs).
- Conditions d’autorisation : Pour utiliser, adapter ou traduire l’échelle, les chercheurs et praticiens sont priés de contacter formellement l’auteur correspondant, le Dr Muhammed Fatih Önsüz, par courrier électronique ([email protected]), et de citer l’article princeps lors de toute diffusion de données.
12. Références / References
- Goffman, E. (1963). Stigma: Notes on the management of spoiled identity. Prentice-Hall.
- Link, B. G., & Phelan, J. C. (2001). Conceptualizing stigma. Annual Review of Sociology, 27(1), 363–385. https://doi.org/10.1146/annurev.soc.27.1.363
- Önsüz, M. F., Oktar, D., Gedik, S. A., Sungur, S., Metintaş, S., Köşger, F., & Altınöz, A. E. (2023). Development and validation of Coronavirus disease 2019-Induced Perceived Stigmatization in Physicians Scale. Alpha Psychiatry, 24(4), 138–145. https://doi.org/10.1055/a-2005-7269
- Schaller, M., & Park, J. H. (2011). The behavioral immune system (and why it matters) for public health. Current Directions in Psychological Science, 20(2), 99–103. https://doi.org/10.1177/0963721411402596
- Yaman, E., & Güngör, H. (2013). The stigma scale: The study of validity and reliability. Journal of Psychiatric Nursing, 4(1), 20–26. https://doi.org/10.5505/phd.2013.84478
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels constitutifs de l’Échelle de stigmatisation perçue induite par la maladie à coronavirus 2019 chez les médecins sont protégés par le droit d’auteur scientifique et ne font pas l’objet d’une reproduction textuelle intégrale dans le domaine public ouvert.
Structure and Administration Details:
The scale contains 10 items divided across two psychometric sub-dimensions. Participants rate each statement using a 5-point Likert scale:
- 1 = Strongly disagree (Fortement en désaccord)
- 2 = Disagree (En désaccord)
- 3 = No idea / Neutral (Sans avis / Neutre)
- 4 = Agree (D’accord)
- 5 = Strongly agree (Tout à fait d’accord)
Subscale Allocation:
- Subscale 1: Environmental Perceived Stigmatization — Explores physicians’ perceptions of avoidance, social tension, and discriminatory attitudes encountered in public settings, neighborhoods, and societal spaces due to their COVID-19 clinical duties.
- Subscale 2: Personally Perceived Stigmatization — Assesses direct, personal interpersonal distance, blame, and altered interactions experienced by the physician from close friends, acquaintances, and family members.
Researchers intending to administer the exact 10 Turkish questionnaire items or develop formal linguistic adaptations must request the full original test inventory directly from the corresponding author (Dr. Muhammed Fatih Önsüz, [email protected]).