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Échelle de stigmatisation (Dévaluation)

Découvrez l’Échelle de stigmatisation (SS-Dévaluation) de Bruce G. Link (1987) : cadre théorique de l’étiquetage modifié, propriétés psychométriques, fidélité, analyse factorielle et items originaux.

PUBLIÉ

1. Résumé / Abstract

L’Échelle de stigmatisation (Dévaluation), plus communément désignée dans la littérature internationale sous le nom de Perceived Devaluation-Discrimination Scale (PDD) ou Link’s Stigma Scale, est un instrument psychométrique de référence conçu par le sociologue et épidémiologiste psychiatrique Bruce G. Link en 1987. Cet outil a été élaboré dans le but d’évaluer dans quelle mesure les individus perçoivent que la société dévalorise et discrimine les personnes ayant des antécédents psychiatriques ou vivant avec un trouble de santé mentale. Contrairement aux échelles d’attitudes personnelles qui mesurent directement les préjugés endossés par le répondant, cette échelle capture les croyances normatives perçues (« ce que la plupart des gens pensent ou feraient »), réduisant ainsi drastiquement les biais de désirabilité sociale.

L’instrument se compose de 12 items standardisés évaluant les perceptions relatives à la confiance, à l’intelligence, aux relations amicales et amoureuses, ainsi qu’aux opportunités professionnelles accordées aux personnes ayant été hospitalisées en psychiatrie. Les participants répondent généralement sur une échelle de type Likert à 6 points (ou 4 points selon les variantes). Six items sont formulés de manière positive et font l’objet d’un codage inversé, de sorte qu’un score global élevé reflète une perception accrue de dévaluation et de discrimination sociétale.

Sur le plan des propriétés psychométriques, l’échelle présente une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,76 et 0,88 à travers diverses populations cliniques et communautaires. Sa validité de construit, sa validité convergente et sa validité prédictive ont été démontrées à travers des décennies de recherches empiriques, établissant un lien étroit entre des scores élevés de dévaluation perçue et une altération de l’estime de soi, un isolement social accru, des stratégies d’adaptation dysfonctionnelles (dissimulation, retrait social) et une hésitation marquée face à la recherche de soins psychiatriques.

2. Mots-clés / Keywords

Stigmatisation perçue, Dévaluation sociale, Discrimination, Santé mentale, Psychiatrie, Théorie de l’étiquetage modifié, Bruce Link, Évaluation psychométrique, Échelle de Likert, Recours aux soins, Auto-stigmatisation, Isolement social, Représentations sociales, Validation psychométrique, Préjugés.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par :

  • Bruce G. Link, Ph.D. — Professeur émérite d’épidémiologie et de sociologie à la Mailman School of Public Health de l’Université Columbia (New York, États-Unis) et Professeur émérite de politique publique et de sociologie à l’Université de Californie à Riverside. Ses recherches fondamentales portent sur la sociologie médicale, l’épidémiologie sociale de la santé mentale et les processus de stigmatisation. Courriel institutionnel : [email protected].

Des travaux ultérieurs d’extension et de raffinement psychométrique ont été conduits en étroite collaboration avec d’éminents chercheurs tels que le Dr. Jerrold Mirotznik, le Dr. Francis T. Cullen et le Dr. Jo C. Phelan.

4. Objectif / Purpose

L’objectif principal de l’Échelle de stigmatisation (SS-Dévaluation) est d’opérationnaliser et de quantifier la perception individuelle du climat stigmatisant régnant au sein de la société à l’égard des personnes atteintes de troubles psychiatriques. Dans les modèles classiques d’évaluation des attitudes, les chercheurs interrogeaient directement les participants sur leurs propres préjugés (par exemple : « Embaucheriez-vous une personne ayant été hospitalisée en psychiatrie ? »). Cette approche se heurtait systématiquement au biais de désirabilité sociale, les répondants hésitant à exprimer explicitement des attitudes discriminatoires.

Pour contourner ce biais méthodologique majeur, Bruce G. Link a formulé les items en faisant référence à « la plupart des gens » (« Most people ») ou « la plupart des employeurs » (« Most employers »). Cette formulation permet de mesurer ce que les sociologues et psychologues sociaux qualifient de stigma perçu (perceived stigma) ou de croyances normatives partagées dans la culture environnante. L’échelle évalue ainsi la mesure dans laquelle un individu — qu’il soit issu de la population générale ou lui-même diagnostiqué avec un trouble mental — estime que la société contemporaine déprécie le statut moral, intellectuel et social des anciens patients psychiatriques.

Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée, l’échelle remplit plusieurs fonctions critiques :

  • Modélisation des trajectoires de rétablissement : Elle permet d’étudier comment l’anticipation du rejet social influence le fonctionnement psychologique, l’intégration communautaire, l’emploi et les réseaux de soutien social des personnes vivant avec un diagnostic psychiatrique.
  • Étude des barrières aux soins : L’anticipation d’une dévaluation sociale est l’un des prédicteurs les plus puissants du retard ou du renoncement à consulter des professionnels de la santé mentale. L’instrument permet d’identifier l’intensité de ce frein chez les populations vulnérables.
  • Évaluation des programmes anti-stigmatisation : Utilisée au niveau communautaire, l’échelle permet de mesurer les évolutions longitudinales du climat normatif perçu à la suite de campagnes de sensibilisation publique ou d’interventions de contact social.

Sur le plan clinique, bien que l’instrument ait été originellement conçu pour la recherche épidémiologique et sociologique, il constitue un médiateur d’entretien précieux. Il aide les cliniciens et les thérapeutes à explorer le cadre de croyances d’un patient concernant la menace du regard d’autrui, facilitant la mise en place d’interventions ciblées de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) axées sur la déconstruction de la honte intériorisée et le développement d’habiletés d’affirmation de soi face à la discrimination.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’échelle est la dévaluation et discrimination perçues (Perceived Devaluation and Discrimination). Ce concept multidimensionnel dans sa portée empirique, bien que généralement traité comme un score composite univarié, s’articule autour de plusieurs domaines clés de la vie sociale :

A. Dévaluation du statut moral et personnel (Incompétence et Faillite)

Cette dimension évalue la croyance selon laquelle l’hospitalisation psychiatrique altère irrémédiablement la dignité et la valeur perçue de l’individu. L’admission en institution est appréhendée non pas comme un événement médical neutre, mais comme une preuve de faiblesse morale ou d’échec personnel profond. Par exemple, l’item 5 (« Most people feel that entering a mental hospital is a sign of personal failure ») et l’item 7 (« Most people think less of a person who has been in a mental hospital ») mesurent directement cette érosion du statut symbolique et du respect accordé par les pairs.

B. Crédibilité et confiance interpersonnelle

Le construit capture la délégitimation épistémique subie par les personnes psychiatrisées. Les stéréotypes sociétaux associent fréquemment les troubles mentaux à l’imprévisibilité, à la malhonnêteté ou à l’altération des facultés cognitives. Les items 2, 3 et 12 mesurent précisément si la société est perçue comme maintenant une équivalence de confiance, d’intelligence et de crédibilité d’opinion envers un ancien patient par rapport au citoyen moyen.

C. Discrimination structurelle et opportunités professionnelles

L’accès à l’emploi et à l’autonomie financière représente une sphère déterminante de l’intégration sociale. L’échelle explore la perception des barrières à l’embauche imposées par le monde du travail. À travers les items 8 et 9, l’instrument quantifie l’attente selon laquelle les employeurs préféreront systématiquement un candidat sans antécédents psychiatriques, même à qualifications strictement égales.

D. Rejet interpersonnel, intime et rôles sociaux sensibles

Le construit évalue l’acceptation sociale dans les cercles de proximité relationnelle et dans les rôles impliquant une responsabilité sociétale élevée (garde d’enfants, enseignement, relations amoureuses). Les items 1, 4, 6 et 11 mesurent la réticence perçue du corps social à intégrer pleinement un individu rétabli au sein de son intimité relationnelle ou de fonctions éducatives fondamentales.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle de dévaluation-discrimination s’enracine directement dans la Théorie de l’étiquetage modifié (Modified Labeling Theory – MLT), développée par Bruce G. Link et ses collègues à la fin des années 1980 en réponse aux limites de la sociologie interactionniste classique de l’étiquetage (portée par des auteurs tels que Thomas Scheff et Erving Goffman).

La genèse socio-cognitive du stigmate

Selon la théorie de l’étiquetage modifié, le processus de stigmatisation ne débute pas au moment du diagnostic psychiatrique, mais bien avant, au cours de la socialisation primaire. Dès l’enfance, chaque membre d’une culture donnée intériorise un ensemble de croyances partagées, de représentations médiatiques et de stéréotypes concernant la folie, la dangerosité et l’incompétence des « malades mentaux ». À ce stade, ces conceptions restent des connaissances culturelles désincarnées qui ne menacent pas l’identité personnelle de l’individu.

L’activation de l’étiquette et la menace identitaire

La rupture survient lorsqu’un individu développe un trouble psychologique et entre en contact avec le système de soins psychiatriques (consultation, traitement médicamenteux, hospitalisation). À cet instant précis, l’étiquette diagnostique (label) est formellement apposée. Les croyances sociétales autrefois abstraites deviennent alors une réalité personnelle hautement menaçante : l’individu réalise que les stéréotypes dévalorisants qu’il attribuait autrefois à un groupe externe s’appliquent désormais à sa propre personne.

Les mécanismes adaptatifs et leurs conséquences délétères

Face à la certitude anticipée que la société va le dévaloriser et le discriminer, l’individu étiqueté met en place trois grandes stratégies d’adaptation (coping strategies) décrites par Link :

  1. Le secret / La dissimulation (Secrecy) : Dissimuler scrupuleusement ses antécédents psychiatriques pour éviter le rejet, au prix d’une anxiété chronique constante d’être démasqué.
  2. Le retrait social (Withdrawal) : Restreindre drastiquement ses interactions sociales aux seuls individus partageant la même condition ou à un cercle familial très restreint, entraînant une perte de capital social et un isolement profond.
  3. L’éducation / La pédagogie (Education) : Tenter de convaincre activement son entourage que les personnes atteintes de troubles mentaux sont dignes de confiance, une stratégie exigeante sur le plan émotionnel.

L’échelle de Bruce Link constitue la pierre angulaire empirique de ce modèle théorique : elle permet d’évaluer précisément le niveau de menace perçue qui déclenche ces mécanismes d’adaptation et conduit in fine à l’altération de l’estime de soi, à la restriction des opportunités professionnelles et à la détérioration de la qualité de vie.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle de stigmatisation (SS-Dévaluation) a fait l’objet d’un examen minutieux au cours des quatre dernières décennies, confirmant son adéquation pour des contextes cliniques et épidémiologiques variés.

Validité de construit

Dans l’étude princeps de Link (1987), la validité de construit a été démontrée en comparant plusieurs groupes contrastés : des patients psychiatriques actuellement hospitalisés, d’anciens patients vivant dans la communauté, des personnes non traitées présentant des symptômes psychiatriques et des témoins sains sans antécédents. Les résultats ont révélé que les niveaux de dévaluation et de discrimination perçues étaient remarquablement cohérents à travers l’ensemble de ces sous-groupes (moyennes proches de l’accord modéré avec les items stigmatisants), démontrant que l’échelle mesure une norme culturelle globale partagée plutôt qu’une distorsion cognitive purement idiosyncrasique propre aux patients symptomatiques.

Validité convergente

L’échelle corrèle de manière statistiquement significative et dans les directions théoriquement attendues avec de nombreux instruments psychométriques validés :

  • Auto-stigmatisation : Corrélations positives substantielles (r = 0,40 à 0,55) avec l’échelle d’auto-stigmatisation intériorisée (Internalized Stigma of Mental Illness – ISMI de Ritsher et al., 2003).
  • Affect négatif et détresse psychologique : Corrélations positives significatives avec les scores de dépression mesurés par l’inventaire de dépression de Beck (BDI) et l’échelle d’anxiété du SCL-90-R (r = 0,25 à 0,38).
  • Défiance sociale : Corrélations positives avec les mesures de rejet social perçu et d’aliénation sociale.

Validité discriminante

L’instrument démontre une excellente validité discriminante par rapport à la symptomatologie psychiatrique aiguë (telle que mesurée par la BPRS ou la PANSS). La dévaluation perçue ne se confond pas avec l’intensité des symptômes psychotiques ou affectifs actuels (corrélations faibles, généralement r < 0,15, non significatives), confirmant que l’outil évalue bien une perception des attitudes sociales et non un artefact de la sévérité symptomatique.

Validité prédictive et longitudinale

De multiples études longitudinales (Link et al., 1997 ; Perlick et al., 2001) ont démontré que des scores initiaux élevés à l’échelle prédisent de manière indépendante, à 6, 12 et 24 mois :

  • Une diminution significative des revenus professionnels et une instabilité accrue dans l’emploi.
  • Un rétrécissement documenté de la taille du réseau de soutien social objectif.
  • Une probabilité accrue d’interruption unilatérale du suivi thérapeutique (perte de chance de rétablissement).

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’Échelle de dévaluation-discrimination de Link sont solidement documentées dans la littérature internationale.

Consistance interne

La consistance interne de l’échelle à 12 items est systématiquement satisfaisante à excellente à travers une multitude d’échantillons linguistiques et démographiques :

  • Étude princeps (Link, 1987) : Le coefficient alpha de Cronbach rapporté dans l’échantillon fondateur new-yorkais était de α = 0,76.
  • Raffinement et extensions (Link et al., 1989, 2001) : Dans des échantillons élargis de patients communautaires et de membres de la population générale, les coefficients alpha ont oscillé entre α = 0,82 et α = 0,88.
  • Validations internationales : Les adaptations transculturelles (notamment en allemand par Matschinger et al., en chinois par Lee et al., et en français) rapportent de manière constante des valeurs d’alpha supérieures au seuil conventionnel de 0,75 (généralement comprises entre 0,78 et 0,86).

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle de l’instrument a été vérifiée lors d’administrations répétées auprès de populations stables en rémission :

  • Sur un intervalle de deux semaines, le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) ou de corrélation de Pearson s’élève à r = 0,81.
  • Sur un intervalle de six mois, chez des témoins non exposés à des interventions de déstigmatisation, la corrélation test-retest se maintient autour de r = 0,72, attestant de la stabilité du construit en tant que représentation cognitive durable des normes sociétales.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’échelle a fait l’objet de nombreux débats méthodologiques et d’analyses psychométriques approfondies depuis sa création.

Structure unifactorielle originelle

Initialement, Bruce Link a modélisé l’échelle comme une mesure unidimensionnelle globale de la dévaluation et de la discrimination perçues. Dans l’analyse factorielle exploratoire (AFE) menée sur l’échantillon initial, le premier facteur extrait expliquait la majorité de la variance commune (valeur propre > 3,5), avec des saturations factorielles satisfaisantes pour l’ensemble des 12 items (comprises entre 0,42 et 0,74).

Modèles bifactoriels et analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Des travaux factoriels ultérieurs (notamment ceux de Mickelson, 2000, et Matschinger et al., 2007) ont exploré des structures alternatives via l’analyse factorielle confirmatoire (AFC). Deux modèles principaux émergent dans la littérature :

  • Modèle à deux facteurs corrélés :
    • Facteur 1 : Dévaluation individuelle et relationnelle (items portant sur la confiance, le respect, l’amitié, les relations amoureuses ; ex. items 1, 2, 3, 5, 7, 10, 11, 12). Saturations standardisées : 0,48 à 0,78.
    • Facteur 2 : Discrimination structurelle et institutionnelle (items portant sur l’emploi, la garde d’enfants, l’enseignement ; ex. items 4, 6, 8, 9). Saturations standardisées : 0,52 à 0,81.
    • La corrélation entre ces deux facteurs latents est généralement très élevée (r > 0,70), justifiant pleinement l’utilisation clinique et épidémiologique d’un score total unique.
  • Effet de méthode lié au sens de formulation des items : Certaines AFC ont mis en évidence que la séparation en deux facteurs correspondait en partie à un artefact méthodologique distinguant les items formulés positivement (inversés) des items formulés négativement. L’introduction d’un trait latent de méthode pour les items inversés restaure des indices d’ajustement excellents pour le modèle unidimensionnel global (CFI > 0,94 ; TLI > 0,93 ; RMSEA < 0,055).

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel de l’instrument : Stigma Scale (SS-Devaluation) / Perceived Devaluation and Discrimination Scale (PDD).
  • Nom usuel en français : Échelle de stigmatisation (Dévaluation) / Échelle de dévaluation et de discrimination perçues de Link.
  • Auteur : Bruce G. Link (1987).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique / Instrument de sondage d’attitudes normatives.
  • Nombre d’items : 12 énoncés rédigés sous forme d’affirmations à la troisième personne (« La plupart des gens… »).
  • Échelle de réponse : 6-point Likert scale (1 = Strongly agree, 2 = Agree, 3 = Agree somewhat, 4 = Disagree somewhat, 5 = Disagree, 6 = Strongly disagree) or 4-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Agree, 4 = Strongly agree).
  • Règles de cotation et inversion :
    • Les items 1, 2, 3, 4, 8 et 10 décrivent des attitudes non stigmatisantes ou favorables envers les anciens patients psychiatriques. Ils doivent faire l’objet d’un recodage inversé (reverse scoring).
    • Les items 5, 6, 7, 9, 11 et 12 décrivent des attitudes stigmatisantes ou de rejet et sont cotés de manière directe.
    • Le score total s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des 12 items (score moyen variant de 1 à 6 sur l’échelle à 6 points, ou de 1 à 4 sur l’échelle à 4 points).
    • Interprétation : Un score moyen plus élevé reflète une perception plus forte que la société dévalorise et discrimine les personnes atteintes de troubles mentaux (score > 3,5 sur l’échelle à 6 points indiquant une perception prédominante de stigmatisation sociétale).
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes.
  • Populations cibles : Adultes et adolescents (dès 15 ans) ; personnes vivant avec un trouble psychiatrique (schizophrénie, troubles de l’humeur, anxiété, etc.), usagers des services de santé mentale, familles, professionnels de santé ou membres de la population générale.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1987.
  • Statut des droits et accessibilité : L’Échelle de stigmatisation (SS-Devaluation) relève du domaine public académique pour la recherche scientifique et la pratique clinique à but non lucratif. Le professeur Bruce G. Link et ses éditeurs ont rendu cet outil largement accessible afin de promouvoir l’étude et la lutte contre la stigmatisation en santé mentale.
  • Tarification : Accès 100 % gratuit (sans frais de redevance ni d’enregistrement).
  • Autorisation d’utilisation : Aucune autorisation formelle payante n’est exigée pour les études universitaires ou cliniques indépendantes, à condition de citer rigoureusement l’article princeps de Link (1987) dans toutes les communications et publications associées. Pour toute utilisation commerciale ou intégration dans des plateformes logicielles propriétaires, il convient de contacter l’auteur ou les détenteurs des droits de l’American Sociological Review.

12. Références / References

  • Corrigan, P. W., & Watson, A. C. (2002). The paradox of self-stigma and mental illness. Clinical Psychology: Science and Practice, 9(1), 35–53. https://doi.org/10.1093/clipsy.9.1.35
  • Link, B. G. (1987). Understanding labeling effects in the area of mental disorders: An assessment of the effects of expectations of rejection. American Sociological Review, 52(1), 96–112. https://doi.org/10.2307/2095395
  • Link, B. G., Cullen, F. T., Struening, E., Shrout, P. E., & Dohrenwend, B. P. (1989). A modified labeling theory approach to mental disorders: An empirical assessment. American Sociological Review, 54(3), 400–423. https://doi.org/10.2307/2095613
  • Link, B. G., Struening, E. L., Rahav, M., Phelan, J. C., & Nuttbrock, L. (1997). On stigma and its consequences: Evidence from a longitudinal study of men with dual diagnoses of mental illness and substance abuse. Journal of Health and Social Behavior, 38(2), 177–190. https://doi.org/10.2307/2955424
  • Link, B. G., & Phelan, J. C. (2001). Conceptualizing stigma. Annual Review of Sociology, 27(1), 363–385. https://doi.org/10.1146/annurev.soc.27.1.363
  • Link, B. G., Yang, L. H., Phelan, J. C., & Collins, P. Y. (2004). Measuring mental illness stigma. Schizophrenia Bulletin, 30(3), 511–541. https://doi.org/10.1093/oxfordjournals.schbul.a007098
  • Matschinger, H., Angermeyer, M. C., & Link, B. G. (2007). Variation in the structure of the Link devaluation-discrimination scale: A comparison between psychiatric patients and the general public. Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, 42(6), 486–494. https://doi.org/10.1007/s00127-007-0189-z
  • Perlick, D. A., Rosenheck, R. A., Clarkin, J. F., Sirey, J. A., Salahi, J., Struening, E. L., & Link, B. G. (2001). Stigma as a barrier to recovery: Adverse effects of perceived stigma on social adaptation of persons diagnosed with bipolar affective disorder. Psychiatric Services, 52(12), 1627–1632. https://doi.org/10.1176/appi.ps.52.12.1627
  • Ritsher, J. B., Otilingam, P. G., & Grajales, M. (2003). Internalized stigma of mental illness: Psychometric properties of a new measure. Psychiatry Research, 121(1), 31–49. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2003.08.008

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

6-point Likert scale (1 = Strongly agree, 2 = Agree, 3 = Agree somewhat, 4 = Disagree somewhat, 5 = Disagree, 6 = Strongly disagree) or 4-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Agree, 4 = Strongly agree)

Scoring rule: Items indicating positive or non-stigmatizing attitudes toward former mental patients (Items 1, 2, 3, 4, 8, and 10) are reverse-scored so that higher scores reflect greater perceived devaluation and discrimination.


  1. Most people would willingly accept a former mental patient as a close friend.
  2. Most people believe that a person who has been in a mental hospital is just as intelligent as the average person.
  3. Most people believe that a former mental patient is just as trustworthy as the average citizen.
  4. Most people would accept a fully recovered former mental patient as a teacher of young children in a public school.
  5. Most people feel that entering a mental hospital is a sign of personal failure.
  6. Most people would not hire a former mental patient to take care of their children, even if he or she had been in good health for some time.
  7. Most people think less of a person who has been in a mental hospital.
  8. Most employers will hire a former mental patient if he or she is qualified for the job.
  9. Most employers will pass over the application of a former mental patient in favor of another applicant.
  10. Most people in my community would treat a former mental patient just as they would treat anyone else.
  11. Most young women would be reluctant to date a man who has been hospitalized for a serious mental disorder.
  12. Once they know a person was in a mental hospital, most people will take his or her opinions less seriously.

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memjavad (2026, septembre 4). Échelle de stigmatisation (Dévaluation). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-stigmatisation-devaluation-link/
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