Échelle de soutien religieux

L’Échelle de soutien religieux (Religious Support Scale – RSS), développée par Neil Krause (2003) pour la Fondation Fetzer et le NIA, évalue de manière multidimensionnelle le soutien émotionnel reçu, le soutien prodigué, les interactions négatives et le soutien anticipé au sein des congrégations religieuses.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle de soutien religieux (Religious Support Scale – RSS), conceptualisée et développée par le sociologue et gérontologue Neil Krause en collaboration avec le groupe de travail conjoint de la Fondation Fetzer et du National Institute on Aging (NIA, 1999, 2003), constitue un instrument psychométrique majeur conçu pour quantifier la nature multidimensionnelle des interactions sociales au sein des communautés et congrégations religieuses. Développée initialement dans le cadre de recherches longitudinales sur le vieillissement, la santé physique et le bien-être psychologique, cette échelle évalue non seulement les aspects positifs et aidants des réseaux religieux, mais intègre également de façon pionnière les dimensions délétères des relations interpersonnelles confessionnelles.

L’instrument existe sous deux formats principaux : une version longue comprenant 12 items et une version abrégée de 8 items. Ces deux variantes opérationnalisent quatre dimensions fondamentales et interdépendantes du soutien religieux : (1) le soutien émotionnel reçu d’autrui (3 items dans la version longue, 2 dans la version courte), mesurant la fréquence à laquelle les coreligionnaires manifestent de l’affection, de l’écoute et de l’intérêt ; (2) le soutien émotionnel prodigué à autrui (3 items dans la version longue, 2 dans la version courte), évaluant l’engagement altruiste et la réciprocité au sein de l’assemblée ; (3) les interactions négatives (3 items dans la version longue, 2 dans la version courte), captant les critiques, les exigences excessives et les tentatives d’abus ou d’exploitation ; et (4) le soutien anticipé (3 items dans la version longue, 2 dans la version courte), évaluant la certitude subjective d’obtenir de l’aide concrète ou du réconfort en cas de crise future.

Le format de réponse utilise des échelles de type Likert en 4 points : une métrique de fréquence temporelle allant de 1 (« Jamais » / Never) à 4 (« Très souvent » / Very often) pour les trois premières dimensions (items 1 à 9), et une métrique d’intensité subjective allant de 1 (« Pas du tout » / None) à 4 (« Énormément » / A great deal) pour le soutien anticipé (items 10 à 12). Les propriétés psychométriques de l’échelle démontrent une consistance interne robuste (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,89 pour les sous-échelles), une validité factorielle confirmatoire confirmant l’orthogonalité relative ou la structure corrélée à quatre facteurs, ainsi qu’une excellente validité prédictive à l’égard de la dépression, de la morbidité somatique, de l’estime de soi et de la mortalité chez les personnes âgées.

2. Mots-clés

Soutien religieux, soutien social, congrégation religieuse, interactions négatives, soutien émotionnel, gérontologie, psychologie de la religion, santé mentale, réciprocité sociale, psychométrie.

3. Auteurs

L’échelle a été conçue et formalisée par :

  • Neil Krause, Ph.D. : Professeur émérite au Département de comportement de santé et d’éducation pour la santé (Department of Health Behavior & Health Education) à l’École de santé publique de l’Université du Michigan (Ann Arbor, États-Unis), chercheur principal au sein de l’Institut de gérontologie. Courriel académique institutionnel : [email protected].
  • Fetzer Institute / National Institute on Aging Working Group : Groupe d’experts multidisciplinaire réuni sous l’égide de la Fondation Fetzer (Kalamazoo, MI) et du National Institute on Aging (Bethesda, MD), incluant des sommités de la recherche biomédicale et comportementale telles que David B. Larson, Harold G. Koenig, Jeff Levin et Linda M. Chatters.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle de soutien religieux est d’opérationnaliser et de mesurer avec précision les processus psychosociaux d’entraide, de régulation émotionnelle et de frictions interpersonnelles spécifiques au contexte communautaire des congrégations religieuses. Pendant plusieurs décennies, la recherche épidémiologique et comportementale sur la religion et la santé s’est heurtée à une simplification méthodologique récurrente, consistant à mesurer l’engagement religieux par des indicateurs globaux et superficiels, tels que la simple fréquence d’assistance aux offices confessionnels ou l’affiliation confessionnelle nominale. Bien que ces variables sociodémographiques corrèlent positivement avec divers indicateurs de longévité, elles échouent à élucider les mécanismes causaux intermédiaires qui relient la participation religieuse à la santé physique et mentale.

Neil Krause a développé cet instrument pour combler cette lacune théorique et empirique en testant l’hypothèse selon laquelle les communautés religieuses fonctionnent comme des systèmes spécialisés de soutien social informel. Contrairement aux réseaux sociaux généraux (tels que la parenté, le voisinage séculier ou les collègues de travail), les congrégations religieuses partagent des systèmes de valeurs normatifs explicites fondés sur l’amour du prochain, la compassion, le devoir d’entraide spirituelle et temporelle, et la consolation en période d’adversité. Dès lors, le soutien reçu dans ce cadre bénéficie d’une charge symbolique et morale supérieure qui amplifie son pouvoir tampon contre le stress psychologique.

En pratique clinique et en épidémiologie sociale, l’échelle est mobilisée pour :

  • Démêler les voies d’influence du réseau confessionnel sur l’homéostasie biologique : Identifier comment les échanges interpersonnels au sein du lieu de culte modulent les biomarqueurs neuroendocriniens du stress (comme le cortisol), la réponse immunitaire et l’adhésion aux conduites d’hygiène de vie saines.
  • Diagnostiquer la toxicité relationnelle et le fardeau spirituel : Reconnaître que les communautés religieuses ne sont pas exemptes de conflits. L’inclusion spécifique de la dimension « Interactions négatives » permet de détecter le jugement moralisant, la culpabilisation, l’ostracisme ou l’épuisement émotionnel résultant d’exigences excessives formulées par les pairs spirituels, facteurs fréquemment associés à des poussées dépressives sévères.
  • Évaluer la réciprocité sociale et le statut de pourvoyeur : Évaluer le rôle salutaire de l’altruisme par l’analyse du soutien prodigué, particulièrement chez les personnes âgées pour lesquelles l’opportunité de continuer à donner renforce le sentiment d’utilité sociale et protège contre le sentiment de futilité existentielle.
  • Guider les interventions communautaires et pastorales : Aider les aumôniers, psychologues de la santé et responsables religieux à repérer les fidèles isolés socialement au sein de leur propre congrégation, afin de concevoir des programmes d’intervention ciblés.

5. Construit psychologique

Le construit de « soutien religieux » (religious support) formalisé par Krause est un concept multidimensionnel de second ordre qui englobe à la fois des aspects fonctionnels, structurels, positifs et négatifs des interactions sociales communautaires. L’échelle décompose ce méta-construit en quatre facettes distinctes mais corrélées, chacune reflétant une dynamique psychosociale particulière :

1. Soutien émotionnel reçu (Emotional Support Received from Others)

Cette composante évalue la réception subjective de comportements d’affection, de considération, d’empathie et de validation au sein de la congrégation. Il ne s’agit pas d’une aide matérielle directe (comme le prêt d’argent ou le transport), mais de transactions socio-émotionnelles fondamentales répondant au besoin d’appartenance et d’attachement sécurisant. Les items sondent le sentiment d’être aimé, l’existence d’une oreille attentive prête à accueillir les confidences intimes et les préoccupations privées, et la démonstration explicite d’un intérêt bienveillant pour le bien-être personnel. Exemple clinique : un participant âgé confronté à l’annonce d’une maladie chronique ressent un allègement significatif de son anxiété lorsque des coreligionnaires prennent le temps d’écouter ses doutes existentiels sans jugement.

2. Soutien émotionnel prodigué (Emotional Support Provided to Others)

La théorie du soutien social a longtemps souffert d’un biais unilatéral axé uniquement sur la posture de bénéficiaire passif. Krause a postulé que l’acte de prodiguer du soutien constitue un déterminant indépendant et souvent plus puissant de la vitalité psychologique que le fait d’en recevoir. Cette dimension évalue la fréquence à laquelle l’individu s’investit pour écouter les souffrances de ses pairs, manifester de l’amour fraternel et veiller au bien-être d’autrui. Sur le plan développemental, ce pôle concrétise la générativité (au sens d’Erik Erikson), permettant à la personne de se concevoir comme une ressource vitale pour sa communauté, ce qui consolide l’estime de soi et le sentiment d’auto-efficacité.

3. Interactions négatives (Negative Interactions)

L’un des apports conceptuels les plus révolutionnaires de Krause réside dans la dissociation explicite entre l’absence de soutien et la présence active d’interactions néfastes. Les congrégations religieuses peuvent générer des dynamiques toxiques caractérisées par le contrôle social rigide, les critiques portant sur la moralité ou les choix de vie, les commérages et les demandes excessives de bénévolat ou de contribution financière menant au surmenage. Cette sous-échelle saisit ces transactions abrasives (critiques, sollicitations excessives, impression d’être manipulé ou exploité). Les données empiriques démontrent de manière consistante qu’une seule interaction négative récurrente peut neutraliser les bienfaits psychologiques de multiples interactions positives, en raison du biais de négativité inhérent au traitement cognitif des relations humaines.

4. Soutien anticipé (Anticipated Support)

Tandis que le soutien reçu mesure des comportements rétrospectifs réels, le soutien anticipé représente une croyance prospective : la certitude cognitive qu’en cas d’adversité future (maladie incapacitante, détresse émotionnelle imprévue, nécessité d’une orientation vers des ressources d’aide), les membres de la congrégation répondront présent. Selon Krause, le soutien anticipé agit comme un amortisseur psychologique continu, analogue à un filet de sécurité subjectif. Savoir que l’on ne sera pas abandonné réduit la perception de vulnérabilité et désamorce l’activation chronique de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien face aux stresseurs de la vie quotidienne, même si l’aide concrète n’a pas encore eu besoin d’être mobilisée.

6. Cadre théorique

L’Échelle de soutien religieux s’enracine au croisement de la théorie du soutien social en psychologie sociale, de la théorie du processus de stress (Stress Process Model de Leonard Pearlin), et des modèles socio-gérontologiques du vieillissement réussi.

Dans le modèle du processus de stress de Pearlin (1989), la détresse psychologique découle de l’exposition à des stresseurs primaires (maladie, précarité, deuils) qui prolifèrent en stresseurs secondaires (altération des rôles sociaux, perte d’autonomie). Le modèle identifie deux médiateurs et modérateurs majeurs capables d’endiguer cette cascade : les ressources psychologiques individuelles (maîtrise personnelle, estime de soi) et les ressources sociales (le soutien social). Krause (1986, 1995, 2003) adapte ce paradigme au contexte religieux en postulant que les réseaux religieux constituent un écosystème singulier pour quatre raisons théoriques :

  • La transcendance des valeurs partagées : L’aide échangée au sein d’une communauté de foi est encadrée par une téléologie spirituelle. L’acte d’aider n’est pas perçu comme une dette ou un fardeau, mais comme une pratique dévotionnelle sanctifiée, ce qui minimise le sentiment d’infériorité ou de culpabilité souvent éprouvé par les individus dépendants recevant de l’aide séculière.
  • La théorie de la réciprocité généralisée : Dans les groupes confessionnels, la réciprocité ne s’exerce pas nécessairement selon un échange dyadique immédiat (« Je te donne si tu me donnes immédiatement »), mais sous forme de réciprocité indirecte ou différée garantie par l’alliance communautaire sous le regard divin (« La communauté me soutiendra car j’ai servi la communauté, ou Dieu récompensera les bienfaiteurs »).
  • Le coût de la déviance normative : La théorie de l’identité sociale et du contrôle social explique pourquoi la dimension des interactions négatives est particulièrement dévastatrice en milieu religieux. Dans un groupe caractérisé par des attentes éthiques élevées, faire l’objet de critiques ou de jugements est assimilé à une réprobation morale ou spirituelle, ce qui induit une honte existentielle profonde et compromet le sentiment de salut ou de valeur personnelle.
  • La théorie de la sélectivité socio-émotionnelle (Laura Carstensen) : Cette théorie postule qu’avec l’avancée en âge, les individus réduisent délibérément leurs réseaux sociaux périphériques pour investir prioritairement dans des relations émotionnellement significatives et porteuses de sens. L’environnement religieux représente précisément un sanctuaire relationnel privilégié répondant à cette quête d’optimisation affective à l’étape tardive du cycle de vie.

7. Validité

Les propriétés métrologiques de l’Échelle de soutien religieux ont été évaluées de manière rigoureuse au travers d’échantillons représentatifs nationaux, notamment l’étude longitudinale américaine Religion, Aging, and Health Survey menée par Krause auprès d’adultes âgés de 65 ans et plus, ainsi que dans des cohortes multiculturelles.

Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit a été documentée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC). Les modèles testant l’indépendance des quatre facteurs (Soutien reçu, Soutien prodigué, Interactions négatives, Soutien anticipé) affichent une adéquation statistique nettement supérieure à tout modèle unidimensionnel ou bidimensionnel (par exemple opposant simplement soutien positif vs négatif). L’indice d’ajustement comparatif (CFI) dépasse couramment 0,95, le Tucker-Lewis Index (TLI) est supérieur à 0,94, et la racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) reste inférieure au seuil critique de 0,05 (variant typiquement entre 0,038 et 0,046), corroborant la spécificité des dimensions postulées.

Validité convergente

Les sous-échelles de soutien positif (reçu, prodigué, anticipé) corrèlent de manière positive et significative avec d’autres échelles validées de soutien social séculier, telles que l’Interpersonal Support Evaluation List (ISEL) de Cohen et Hoberman (r = 0,45 à 0,62, p < 0,001), l’échelle de bien-être subjectif de Diener (r = 0,38 à 0,51), et les mesures de coping religieux positif (Brief RCOPE de Pargament, r = 0,42 à 0,55). Inversement, la sous-échelle d’interactions négatives présente des corrélations positives robustes avec le coping religieux négatif (luttes spirituelles, sentiment de punition divine ; r = 0,39 à 0,48) et les mesures de détresse psychologique globale.

Validité discriminante

L’analyse des corrélations latentes démontre que le soutien religieux ne se réduit pas au soutien social séculier issu de la famille ou des amis extérieurs à l’église. Dans des modèles d’équations structurelles intégrant simultanément le soutien familial et le soutien de la congrégation, les corrélations inter-construits n’excèdent pas 0,35 à 0,40, indiquant que les répondants distinguent nettement la qualité de leurs interactions familiales de celles vécues avec leurs coreligionnaires. De surcroît, le soutien reçu et le soutien anticipé, bien que corrélés (r ≈ 0,55), conservent des variances uniques substantielles expliquant des pans distincts de la santé subjective.

Validité prédictive et de critère

Dans des protocoles prospectifs longitudinaux échelonnés sur plusieurs vagues d’enquêtes triennales, Neil Krause et d’autres chercheurs ont démontré que des scores élevés au soutien anticipé et au soutien prodigué prédisent une diminution significative du risque d’épisodes dépressifs majeurs (dépression évaluée par l’échelle CES-D), une plus forte probabilité de survie post-infarctus du myocarde, et un ralentissement du déclin cognitif chez les personnes très âgées. À l’opposé, des scores élevés sur la sous-échelle d’interactions négatives prédisent de manière indépendante une augmentation de la tension artérielle ambulatoire, une dégradation de l’auto-évaluation de la santé (self-rated health) et une hausse de l’idéation suicidaire passive, confirmant la haute valeur diagnostique de l’instrument.

8. Fidélité

Les indicateurs de consistance interne et de stabilité temporelle de l’Échelle de soutien religieux démontrent une excellente précision de mesure dans des populations diversifiées (adultes d’âge moyen, personnes âgées, minorités ethnoculturelles afro-américaines et hispaniques).

Consistance interne

Dans les enquêtes de référence publiées par Krause (notamment les rapports du Fetzer Institute/National Institute on Aging Working Group, 1999, 2003) :

  • Soutien émotionnel reçu d’autrui : L’alpha de Cronbach (α) s’élève à 0,84 pour la version longue (3 items) et à 0,79 pour la version courte (2 items).
  • Soutien émotionnel prodigué à autrui : Le coefficient α atteint 0,82 pour la version longue (3 items) et 0,76 pour la version courte (2 items).
  • Interactions négatives : Le coefficient α varie entre 0,78 et 0,81 pour la version longue (3 items) et s’établit à 0,72 pour la version courte (2 items). Cette consistance est particulièrement satisfaisante compte tenu de la relative rareté statistique des comportements très hostiles rapportés dans les contextes religieux.
  • Soutien anticipé : Le coefficient α oscille entre 0,85 et 0,88 pour la version longue (3 items) et atteint 0,80 pour la version courte (2 items).

Le coefficient de fiabilité composite (Omega de McDonald, ω) calculé dans des études contemporaines dépasse systématiquement 0,80 pour l’ensemble des dimensions de la version longue, attestant de l’homogénéité des indicateurs sans redondance sémantique excessive.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

La stabilité test-retest évaluée à des intervalles de 6 à 12 semaines révèle des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) élevés, s’échelonnant de 0,74 à 0,83 pour les sous-échelles de soutien émotionnel reçu, prodigué et anticipé, témoignant d’une mesure stable des climats relationnels habituels. Les interactions négatives présentent une stabilité test-retest légèrement plus modérée (CCI ≈ 0,68), ce qui concorde avec la nature épisodique et situationnelle des conflits interpersonnels. Sur le plan longitudinal à long terme (intervalles de 3 à 5 ans), les corrélations d’auto-régression restent statistiquement significatives (stabilité structurelle r ≈ 0,50 à 0,60), tout en reflétant fidèlement les transitions de vie majeures (comme le changement de congrégation, le veuvage ou l’alitement).

9. Analyse factorielle

L’évaluation psychométrique de la structure factorielle de la RSS a fait l’objet de modélisations poussées en analyse factorielle exploratoire (AFE) puis confirmatoire (AFC), reposant sur des matrices de corrélations polychoriques adaptées aux variables ordinales.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors des phases initiales de calibrage sur un premier sous-échantillon probabiliste (Krause, 2002), l’extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin) a mis en évidence quatre facteurs distincts possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0 (critère de Kaiser), expliquant conjointement plus de 68 % de la variance totale des items :

  • Le facteur 1 regroupe les items de soutien émotionnel reçu, avec des saturations factorielles (factor loadings) très nettes comprises entre 0,74 et 0,86.
  • Le facteur 2 concentre les items de soutien émotionnel prodigué, affichant des saturations variant de 0,70 à 0,83.
  • Le facteur 3 isole sans ambiguïté les trois items d’interactions négatives, avec des saturations oscillant entre 0,66 et 0,82, sans saturation croisée notable sur les facteurs positifs (les saturations secondaires étant toutes inférieures à 0,18).
  • Le facteur 4 extrait les items de soutien anticipé, générant des saturations factorielles situées entre 0,72 et 0,88.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Sur un second échantillon de validation croisée (N > 1 500 répondants âgés), l’AFC a comparé trois architectures concurrentes :

  1. Modèle unifactoriel : L’ensemble des 12 items saturent sur un unique facteur général de climat social religieux. Ce modèle présente un ajustement inacceptable (χ²/ddl > 12,0, RMSEA = 0,142, CFI = 0,62).
  2. Modèle bifactoriel orthogonal : Séparation stricte entre soutien positif (items 1-6, 10-12) et soutien négatif (items 7-9). L’ajustement demeure médiocre (CFI = 0,81, RMSEA = 0,098).
  3. Modèle à quatre facteurs corrélés : Ce modèle théorique reproduit de façon optimale les matrices de covariance observées. Les indices de qualité d’ajustement rapportés par Krause et al. confirment l’excellence de cette solution : χ²(48) = 138,42 (p < 0,001), χ²/ddl = 2,88, CFI = 0,982, TLI = 0,976, RMSEA = 0,041 (intervalle de confiance à 90 % : [0,033 ; 0,049]), et SRMR = 0,032.

Les corrélations factorielles latentes issues de l’AFC confirment que le soutien reçu et le soutien prodigué partagent une corrélation positive substantielle (r ≈ 0,68), tandis que le soutien anticipé est fortement associé au soutien reçu (r ≈ 0,61). En revanche, le facteur « Interactions négatives » présente des corrélations faibles ou négatives avec les dimensions positives (r = -0,12 avec le soutien reçu ; r = -0,08 avec le soutien prodigué ; r = -0,22 avec le soutien anticipé), prouvant qu’il s’agit d’un domaine comportemental distinct et non du simple pôle inverse du soutien positif.

Des tests d’invariance de mesure multi-groupes ont démontré une invariance configurationnelle, métrique et scalaire stricte selon le genre (hommes vs femmes) et l’origine ethnique (Blancs non hispaniques vs Afro-Américains), autorisant les comparaisons directes de moyennes latentes entre ces sous-populations.

10. Instrument de mesure

L’Échelle de soutien religieux se caractérise par les paramètres techniques d’administration suivants :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (auto-évaluation) ; peut également être administré sous forme d’entretien directif en face-à-face ou par téléphone dans les enquêtes épidémiologiques auprès de populations âgées ou à mobilité réduite.
  • Nombre d’items :
    • Version longue (Long Form) : 12 items répartis équitablement en 4 sous-échelles de 3 items.
    • Version abrégée (Short Form) : 8 items répartis équitablement en 4 sous-échelles de 2 items.
  • Structure des sous-échelles :
    • Soutien émotionnel reçu d’autrui (Emotional Support Received) : Items 1 à 3 (version longue) ou 1 à 2 (version courte).
    • Soutien émotionnel prodigué à autrui (Emotional Support Provided) : Items 4 à 6 (version longue) ou 3 à 4 (version courte).
    • Interactions négatives (Negative Interactions) : Items 7 à 9 (version longue) ou 5 à 6 (version courte).
    • Soutien anticipé (Anticipated Support) : Items 10 à 12 (version longue) ou 7 à 8 (version courte).
  • Échelle et format de réponse :
    • Pour les items 1 à 9 (version longue) et items 1 à 6 (version courte) : Échelle ordinale de fréquence en 4 points :
      4 = Very often (Très souvent)
      3 = Fairly often (Assez souvent)
      2 = Once in a while (De temps en temps / Rarement)
      1 = Never (Jamais)
    • Pour les items 10 à 12 (version longue) et items 7 à 8 (version courte) : Échelle ordinale d’intensité prospective en 4 points :
      4 = A great deal (Énormément / Beaucoup)
      3 = Some (Moyennement / Un certain montant)
      2 = A little (Un peu)
      1 = None (Pas du tout / Aucun)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Chaque sous-échelle se calcule de manière indépendante en sommant les scores bruts des items constitutifs ou en calculant la moyenne arithmétique des items (score moyen variant de 1 à 4).
    • Aucun item n’est inversé (aucun score inversé). Les interactions négatives forment un score distinct qui ne doit jamais être fusionné ou soustrait directement du score de soutien positif sans modélisation statistique appropriée.
    • Il est formellement déconseillé de calculer un score global composite sommant l’ensemble des 12 items, car la multidimensionnalité vérifiée de l’instrument implique que le soutien positif et les interactions négatives exercent des effets physiologiques et psychologiques orthogonaux.
  • Durée de passation : Environ 3 à 5 minutes pour la version longue ; 1 à 2 minutes pour la version courte.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : Publiée initialement en 1999 dans le rapport de travail officiel, puis formellement diffusée et documentée en 2003 dans l’ouvrage de référence de la Fondation Fetzer et du NIA.
  • Statut des droits d’auteur et propriété intellectuelle : Copyright © 2003 par la Fetzer Institute et le National Institute on Aging Working Group.
  • Tarification et accessibilité : L’instrument est placé dans le domaine public académique (libre d’accès / open access). Il est utilisable sans frais d’acquisition, sans royalties et sans redevance commerciale pour tout projet de recherche scientifique, académique ou d’évaluation clinique non commerciale.
  • Modalités d’autorisation : Aucune demande formelle d’autorisation écrite n’est exigée pour l’utilisation dans le cadre de recherches universitaires ou biomédicales, à condition de citer explicitement l’instrument de Neil Krause et le rapport de la Fondation Fetzer dans les publications et mémoires correspondants selon les normes APA.

12. Références

Les travaux scientifiques fondateurs et études de validation psychométrique relatifs à l’échelle incluent :

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

How often do the people in your congregation make you feel loved and cared for?
2

How often do the people in your congregation listen to you talk about your private problems and concerns?
3

How often do the people in your congregation express interest and concern in your well-being?
4

How often do you make the people in your congregation feel loved and cared for?
5

How often do you listen to the people in your congregation talk about their private problems and concerns?
6

How often do you express interest and concern in the well-being of people you worship with?
7

How often do the people in your congregation make too many demands on you?
8

How often are the people in your congregation critical of you and the things you do'?
9

How often do the people in your congregation try to take advantage of you?
10

If you were ill‚ how much would the people in your congregation be willing to help out'?
11

If you had a problem or were faced with a difficult situation‚ how much comfort would the people in your congregation be willing to give you?
12

If you needed to know where to go to get help with a problem you were ha‎ving‚ how much would the people in your congregation be willing to help out?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 1). Échelle de soutien religieux. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-soutien-religieux/
Looti, Mohammed. “Échelle de soutien religieux.” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-soutien-religieux/.
Looti, Mohammed. “Échelle de soutien religieux.” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-soutien-religieux/.