Échelle de soutien organisationnel perçu (POS)

Découvrez l’Échelle de soutien organisationnel perçu (POS), instrument psychométrique développé par Eisenberger et al. (1986). Analyse complète de la théorie, de la validité et des 36 items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de soutien organisationnel perçu (Perceived Organisational Support Scale, POS), initialement développée et validée par Robert Eisenberger, Robin Huntington, Steven Hutchison et Debora Sowa en 1986, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents et largement mobilisés dans le champ de la psychologie du travail et des organisations et du comportement organisationnel. Cet instrument a été conçu pour opérationnaliser le concept central de la théorie du soutien organisationnel (OST, Organizational Support Theory). Il évalue la croyance globale développée par les salariés concernant la mesure dans laquelle leur organisation valorise leurs contributions actives et se soucie sincèrement de leur bien-être psychologique et matériel.

Dans sa version intégrale princeps, l’échelle comprend 36 items évaluant les inférences des employés relatives aux intentions, attitudes et dispositions bienveillantes ou instrumentales de leur employeur. Les participants répondent à l’aide d’une échelle de type Likert en 7 points allant de 0 (« Fortement en désaccord ») à 6 (« Fortement en accord »), ou conventionnellement de 1 à 7. L’instrument est conçu selon une structure unidimensionnelle dominante, bien qu’il comprenne une alternance stricte de formulations positives et d’items inversés (18 items inversés sur 36) destinés à contrôler les biais d’acquiescement. Des versions abrégées validées (notamment à 16, 8 et 6 items) ont été subséquemment extraites de la matrice originale pour répondre aux contraintes temporelles des protocoles d’enquête en entreprise.

Sur le plan des propriétés psychométriques, l’échelle de soutien organisationnel perçu présente une consistance interne exceptionnelle, avec un coefficient alpha de Cronbach originellement établi à 0,97 pour la version à 36 items, et oscillant systématiquement entre 0,88 et 0,95 pour ses versions réduites. Les analyses factorielles confirmatoires conduites à travers des centaines d’études empiriques et méta-analyses confirment la robustesse d’un facteur général sous-jacent distinct des construits connexes tels que l’engagement affectif, la justice organisationnelle, ou la qualité des échanges leader-membre (LMX). La validité prédictive du POS est largement documentée : un score élevé prédit une augmentation significative de l’engagement affectif, de la satisfaction au travail, des comportements de citoyenneté organisationnelle (OCB) et de la performance dans la tâche, tout en réduisant l’absentéisme, l’épuisement professionnel et les intentions de départ volontaire.

2. Mots-clés / Keywords

Soutien organisationnel perçu, théorie du soutien organisationnel, psychologie organisationnelle, engagement affectif, échange social, réciprocité, bien-être au travail, comportements de citoyenneté organisationnelle, rotation du personnel, psychométrie.

3. Auteurs / Authors

L’échelle princeps du soutien organisationnel perçu a été conçue et validée par une équipe de chercheurs du département de psychologie de l’Université du Delaware :

  • Robert Eisenberger, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Houston et professeur associé émérite à l’Université du Delaware. Figure de proue mondiale de la psychologie organisationnelle et père fondateur de la théorie du soutien organisationnel (OST). Contact institutionnel : Department of Psychology, University of Houston, Houston, TX 77204, États-Unis. Courriel académique : [email protected].
  • Robin Huntington, Ph.D. : Chercheuse en psychologie industrielle et organisationnelle, associée à l’époque aux travaux fondateurs conduits à l’Université du Delaware.
  • Steven Hutchison, Ph.D. : Chercheur en psychologie sociale et organisationnelle, co-auteur de l’étude princeps de 1986 à l’Université du Delaware.
  • Debora Sowa, Ph.D. : Chercheuse en sciences psychologiques, ayant collaboré à l’expérimentation initiale et à la collecte des données psychométriques de l’instrument originel à l’Université du Delaware.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de soutien organisationnel perçu est de quantifier empiriquement la nature subjective du lien qui unit l’employé à son entité employeuse. Selon Eisenberger et ses collaborateurs (1986), les employés ne perçoivent pas leur environnement professionnel uniquement sous l’angle de transactions contractuelles objectives (heures travaillées contre rémunération financière) ; ils développent une attribution psychologique globale concernant l’orientation bienveillante ou malveillante de l’organisation à leur égard. L’échelle a été élaborée afin de capturer avec précision cette évaluation cognitive et affective globale.

Dans les contextes de recherche académique, l’instrument sert à modéliser la dynamique des relations d’emploi à travers le prisme de la théorie de l’échange social. Il permet d’élucider comment les signaux organisationnels (pratiques de gestion des ressources humaines, justice procédurale et distributive, reconnaissance, autonomie décisionnelle) sont interprétés par les individus et traduits en attitudes au travail. L’échelle est ainsi devenue un médiateur incontournable dans l’étude des antécédents structurels de l’entreprise sur la santé psychologique des employés et leur implication organisationnelle.

Dans les contextes appliqués et la consultation en entreprise, le POS offre un outil diagnostique de premier ordre. Il permet aux professionnels des ressources humaines, aux psychologues du travail et aux auditeurs organisationnels d’identifier les défaillances perçues dans la relation employeur-employé avant qu’elles ne se manifestent par des coûts directs tangibles, tels que des vagues de démissions volontaires, des conflits sociaux larvés, un absentéisme chronique ou une chute de la qualité du service client. Dans les modèles de type service-profit chain, le soutien organisationnel perçu constitue un levier déterminant : des employés qui se sentent soutenus et valorisés manifestent une orientation client supérieure, déploient un travail émotionnel plus authentique et réduisent l’épuisement professionnel (burnout), ce qui se répercute favorablement sur la satisfaction et la fidélisation des usagers ou clients finaux.

La justification théorique et méthodologique de l’échelle repose sur le constat que le comportement des salariés est guidé par leurs perceptions subjectives plutôt que par les politiques officielles formelles de l’organisation. Deux entreprises disposant d’avantages sociaux identiques peuvent générer des niveaux de POS radicalement disparates en fonction de la manière dont ces avantages sont communiqués, octroyés (action discrétionnaire versus contrainte légale) et incarnés au quotidien par le management. L’échelle fournit ainsi une mesure directe de cette réalité psychologique interne.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de Soutien Organisationnel Perçu (Perceived Organizational Support, POS) est défini formellement comme l’ensemble des « croyances globales des employés concernant la mesure dans laquelle l’organisation valorise leurs contributions et se soucie de leur bien-être » (Eisenberger et al., 1986, p. 501). Il s’agit d’un construit psychologique de nature cognitive et affective, structuré autour de deux composantes théoriques intimement intriquées :

Valorisation des contributions individuelles

Cette composante renvoie à l’évaluation par l’employé de la reconnaissance accordée par l’entreprise à ses compétences, à sa performance et à ses efforts volontaires non obligatoires. Lorsque l’organisation prête attention aux efforts supplémentaires déployés par le travailleur (par exemple, rester plus tard pour finaliser un dossier urgent, trouver des solutions innovantes à des pannes imprévues), l’individu ressent que son investissement personnel possède une réelle valeur symbolique et pratique pour l’employeur. À l’inverse, l’absence de reconnaissance ou l’impression que l’organisation ne remarquerait même pas un travail d’excellence (comme formulé dans l’item 10 : « Even if I did the best job possible, the organization would fail to notice ») génère un sentiment d’invisibilité et de dévaluation.

Préoccupation pour le bien-être de l’employé

La seconde composante concerne la bienveillance perçue de l’organisation face aux besoins socio-émotionnels, matériels et physiques des collaborateurs. Elle se manifeste par la conviction que l’organisation agirait avec équité, compassion et soutien lors de situations de vulnérabilité personnelle, professionnelle ou sanitaire. Par exemple, si un employé fait face à une maladie soudaine, à des contraintes familiales majeures ou commet une erreur non intentionnelle, une organisation dotée d’un POS élevé se montrera accommodante, compréhensive et protectrice (illustré par l’item 16 : « The organization would forgive an honest mistake on my part » et l’item 20 : « If I were unable to perform my job because of an illness, the organization would be willing to accommodate me »). Dans le cas contraire, une organisation perçue comme indifférente ou exploitante (item 13 : « If given the opportunity, the organization would take advantage of me ») est jugée prête à sacrifier ses membres au profit de réductions de coûts immédiates.

Bien que ces deux facettes (valorisation des contributions et considération du bien-être) soient conceptuellement identifiables, les analyses factorielles et empiriques démontrent qu’elles convergent si fortement qu’elles forment une dimension psychologique unique. L’employé intègre ces différents éléments en un schéma cognitif global et unifié de son organisation.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de l’Échelle de soutien organisationnel perçu prend racine dans trois corpus théoriques fondamentaux de la sociologie et de la psychologie sociale contemporaine :

1. La théorie de l’échange social et la norme de réciprocité

La théorie de l’échange social formulée par Peter Blau (1964) postule que les interactions humaines se structurent autour d’obligations non spécifiées à l’avance, fondées sur la confiance mutuelle plutôt que sur de stricts contrats économiques explicites. Eisenberger et ses collègues ont couplé cette approche avec la norme universelle de réciprocité théorisée par Alvin Gouldner (1960). Selon ce principe moral intériorisé, les individus sont psychologiquement contraints de répondre favorablement aux traitements bienveillants reçus et de ne pas nuire à ceux qui les ont aidés. Appliqué au travail, le POS active chez le salarié une dette morale positive : le sentiment que l’organisation le traite avec égards engendre une obligation psychologique ressentie d’aider l’organisation à atteindre ses objectifs stratégiques, se traduisant par un engagement affectif accru, une vigilance opérationnelle accrue et des efforts accrus au travail.

2. La personnification de l’organisation

Un mécanisme psychologique clé sous-jacent au POS est la tendance cognitive des employés à personnifier leur organisation de rattachement (Levinson, 1965). Bien qu’une organisation soit une entité juridique abstraite, les individus la dotent spontanément de traits de personnalité, d’intentions morales et d’une volonté propre. Cette personnification s’opère par plusieurs vecteurs : l’organisation émet des politiques de rémunération, attribue des statuts, applique des règlements et confie à des agents (les cadres et superviseurs) une autorité directe sur les subordonnés. Les actions de ces agents de gestion sont perçues par le salarié comme l’expression directe de la volonté de l’entité organisationnelle elle-même. Dès lors, l’individu entretient une véritable « relation interpersonnelle » avec son organisation, évaluant si celle-ci fait preuve de loyauté, d’indifférence ou d’ingratitude.

3. L’attribution discrétionnaire des récompenses

L’OST postule également que la valeur symbolique d’une aide accordée par l’employeur dépend des attributions causales opérées par les employés. En s’appuyant sur les théories de l’attribution (Heider, 1958), Eisenberger et al. soulignent que les avantages ou le soutien octroyés par l’organisation n’augmentent le POS que s’ils sont perçus comme résultant d’un choix volontaire et discrétionnaire de l’employeur. Si une amélioration des conditions de travail est imposée par une convention collective contraignante, par la législation du travail ou par de fortes pressions syndicales, l’employé n’en attribue pas le mérite moral à l’organisation, et le POS demeure inchangé. En revanche, des mesures d’aide facultatives et bienveillantes sont interprétées comme une preuve indubitable d’estime et de considération authentique.

7. Validité / Validity

Les qualités métrologiques et la validité de l’Échelle de soutien organisationnel perçu ont fait l’objet de centaines de publications empiriques à travers le monde, consolidées par des synthèses méta-analytiques majeures, notamment celles de Rhoades et Eisenberger (2002) portant sur plus de 70 études, et de Kurtessis et al. (2017) agrégeant les données de plus de 550 publications :

Validité de construit

La validité de construit a été démontrée en établissant des frontières conceptuelles nettes entre le POS et des construits psychologiques partageant des liens théoriques étroits. Des études factorielles confirmatoires conduites par Shore et Tetrick (1991) ont prouvé que le POS se distingue empiriquement de l’engagement affectif, de l’engagement calculé et de la satisfaction professionnelle globale. De même, les recherches ont démontré que le soutien organisationnel perçu est distinct du soutien du superviseur perçu (PSS, Perceived Supervisor Support) : les employés font clairement la différence entre les intentions bienveillantes de leur supérieur hiérarchique immédiat et celles de la haute direction ou de l’entité corporative globale, le superviseur agissant comme un antécédent proximal du POS.

Validité convergente

L’échelle affiche de fortes corrélations positives avec des construits convergeant vers la qualité relationnelle en milieu professionnel :

  • Justice organisationnelle : Corrélations fortes avec la justice procédurale (ρ ≈ 0,60 à 0,68) et la justice interactionnelle (ρ ≈ 0,55), démontrant que des processus décisionnels justes sont perçus comme l’indicateur principal du respect de l’organisation envers ses employés.
  • Soutien du superviseur (PSS) : Corrélation moyenne à élevée (ρ ≈ 0,60), validant le rôle d’agent organisationnel tenu par les cadres dirigeants.
  • Ressources d’emploi et autonomie : Corrélations systématiques positives avec l’enrichissement des tâches, l’autonomie au poste et la clarté des rôles (ρ ≈ 0,40 à 0,55).

Validité discriminante

La validité discriminante du POS a été confirmée à l’égard de traits de personnalité et d’affects dispositionnels. Bien que l’affectivité négative et l’affectivité positive puissent légèrement teinter les perceptions individuelles de l’environnement, le POS conserve une variance propre substantielle après contrôle statistique de l’affectivité négative (PANAS) ou du névrosisme. Les analyses multitraits-multiméthodes et les AFC systématiques confirment que les indices d’ajustement se dégradent fortement dès que les items du POS sont regroupés sur un facteur unique avec ceux de la satisfaction générale ou de la confiance organisationnelle.

Validité prédictive et critères externes

Le POS est un prédicteur puissant et transversal de multiples attitudes et comportements organisationnels critiques :

  • Engagement organisationnel affectif : Corrélation méta-analytique très élevée (ρ ≈ 0,72 selon Kurtessis et al., 2017), confirmant que le sentiment d’être soutenu engendre un profond attachement émotionnel à l’entreprise.
  • Comportements de citoyenneté organisationnelle (OCB) : Relations positives consistantes (ρ ≈ 0,35 à 0,40) tant avec les comportements d’entraide entre collègues (OCB-I) qu’avec le dévouement civique envers l’organisation (OCB-O).
  • Performance dans la tâche : Corrélation positive modérée mais stable (ρ ≈ 0,25 à 0,30) mesurée par des évaluations objectives ou hétéro-évaluées par les superviseurs.
  • Retrait professionnel : Corrélations négatives robustes avec l’intention de quitter l’organisation (ρ ≈ -0,50), l’absentéisme volontaire (ρ ≈ -0,20) et le roulement effectif du personnel.
  • Santé psychologique et stress : Corrélations négatives fortes avec la détresse psychologique au travail, le surmenage émotionnel et les symptômes somatiques de stress.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’Échelle de soutien organisationnel perçu sont exceptionnellement élevées et constantes à travers les secteurs économiques, les catégories professionnelles et les aires linguistiques :

Consistance interne

Dans l’étude fondatrice d’Eisenberger et al. (1986), réalisée auprès de deux échantillons indépendants composés de 361 employés d’entreprises privées et de 1 045 enseignants de l’enseignement secondaire, le coefficient alpha de Cronbach obtenu pour l’échelle intégrale de 36 items a atteint la valeur exemplaire de 0,97. Les saturations des items sur le premier facteur non tourné étaient toutes hautement significatives, 34 des 36 items affichant des corrélations item-total supérieures à 0,60 (médiane = 0,67).

Dans les versions raccourcies développées par la suite pour des raisons pratiques (en sélectionnant les items présentant les charges factorielles les plus élevées, tels que les items 1, 3, 7, 8, 9, 23, 27, 35) :

  • La version à 16 items affiche généralement des coefficients alpha de Cronbach compris entre 0,92 et 0,96.
  • La version la plus populaire à 8 items (items 1, 3, 7, 8, 9, 17, 23, 27 selon les variantes) présente une fiabilité remarquable, oscillant systématiquement entre 0,89 et 0,94 dans les méta-analyses.
  • Même la version ultra-brève à 6 items maintient une excellente fiabilité avec un alpha oscillant autour de 0,86 à 0,90.

Stabilité temporelle (Test-retest)

La fidélité test-retest a été corroborée dans des protocoles longitudinaux. Sur des intervalles de 3 à 6 mois, les coefficients de corrélation temporelle demeurent stables (typiquement compris entre r = 0,65 et r = 0,78 en l’absence de restructurations majeures ou de ruptures de contrat psychologique). Cette stabilité atteste que l’échelle mesure une croyance cognitive globale et ancrée dans la durée plutôt qu’un état d’humeur transitoire ou fluctuant au gré des incidents quotidiens.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La dimensionnalité de l’instrument a suscité d’abondantes investigations psychométriques fondées sur l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) :

Structure factorielle originelle (Eisenberger et al., 1986)

Lors de la phase initiale d’étalonnage, Eisenberger et ses collaborateurs ont soumis la matrice des 36 items à une décomposition en composantes principales puis à une analyse factorielle commune. Les résultats ont révélé un facteur général dominant unique expliquant une part prépondérante de la variance totale (environ 48 % de la variance dans l’échantillon initial, avec une valeur propre nettement détachée des facteurs résiduels). L’examen de l’éboulis des valeurs propres (scree plot de Cattell) soutenait très clairement l’hypothèse d’une dimension unifiée. L’ensemble des 36 items affichait des saturations positives significatives sur ce facteur (variant de 0,39 à 0,84).

Le débat sur l’artefact de méthode lié aux items inversés

Au début des années 1990, des chercheurs ont soulevé la question de l’émergence occasionnelle de deux facteurs lors d’analyses factorielles exploratoires non contraintes : un premier facteur regroupant les énoncés formulés positivement et un second facteur regroupant les énoncés négatifs inversés (reverse-scored items). Shore et Tetrick (1991), ainsi que Rhoades et Eisenberger (2002), ont résolu cette controverse méthodologique de manière probante. En comparant par AFC des modèles à un facteur, à deux facteurs conceptuels et des modèles à un facteur substantiel intégrant un facteur de méthode non substantiel pour les items inversés, les résultats ont démontré sans ambiguïté :

  • Que la bipartition observée dans certaines études ne reflète pas deux dimensions psychologiques distinctes (comme une dimension de « soutien » opposée à une dimension de « maltraitance »), mais un pur artefact méthodologique d’acquiescement et de réponse lexicale lié à la valence grammaticale des items.
  • Que le modèle unidimensionnel unifié, lorsqu’il est modélisé en tenant compte de la covariance d’erreur entre items inversés ou par une structure bi-factorielle intégrant un facteur de méthode orthogonal, présente des indices d’adéquation ajustés excellents (CFI > 0,95, TLI > 0,95, RMSEA < 0,05, SRMR < 0,04).

Par conséquent, le consensus psychométrique universel retient l’unidimensionnalité stricte de l’échelle, justifiant le calcul d’un score moyen global unique pour représenter le soutien organisationnel perçu d’un individu.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Échelle de soutien organisationnel perçu (Perceived Organisational Support Scale – POS)
  • Auteurs : Robert Eisenberger, Robin Huntington, Steven Hutchison et Debora Sowa (1986)
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report instrument)
  • Domaine d’application : Psychologie organisationnelle, comportement organisationnel, gestion des ressources humaines, ergonomie psychologique, recherche en management
  • Nombre d’items : 36 items dans la version intégrale historique (versions abrégées standards à 16, 8 et 6 items également utilisées dans la littérature)
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points (0 = Strongly disagree [Fortement en désaccord], 1 = Moderately disagree [Modérément en désaccord], 2 = Slightly disagree [Légèrement en désaccord], 3 = Neither agree nor disagree [Ni en désaccord ni en accord], 4 = Slightly agree [Légèrement en accord], 5 = Moderately agree [Modérément en accord], 6 = Strongly agree [Fortement en accord] ; ou conventionnellement codée de 1 à 7 selon les protocoles d’administration)
  • Règles de cotation et inversion :
    • Exactement la moitié des items de l’échelle originale (18 items sur 36) sont formulés négativement et requièrent une inversion préalable de leur score avant toute analyse.
    • Items inversés : Items 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24, 26, 28, 30, 32, 34 et 36.
    • Pour l’échelle de 0 à 6 : $Score_{inversé} = 6 – Score_{brut}$. Pour l’échelle conventionnelle de 1 à 7 : $Score_{inversé} = 8 – Score_{brut}$.
    • Calcul du score final : Le score composite global de soutien organisationnel perçu est obtenu en calculant la moyenne arithmétique de l’ensemble des 36 items (ou la somme totale), une fois les inversions rigoureusement opérées. Un score plus élevé indique un niveau plus fort de soutien organisationnel perçu.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1986.
  • Droits d’auteur et permissions : Les droits d’auteur de l’article scientifique princeps appartiennent à l’American Psychological Association (APA). Toutefois, conformément aux règles académiques établies par le professeur Robert Eisenberger et la communauté des psychologues organisationnels, l’utilisation de l’Échelle de soutien organisationnel perçu est entièrement libre de droits et gratuite pour toute recherche académique, scientifique non commerciale, ainsi que pour les mémoires et thèses doctorales, à condition de citer explicitement l’article de référence princeps (Eisenberger et al., 1986).
  • Utilisation commerciale et conseil : Toute exploitation dans un cadre de conseil payant ou d’intégration au sein de plateformes technologiques commerciales propriétaires peut nécessiter une autorisation formelle préalable de l’éditeur ou des ayants droit.
  • Frais de passation : Gratuit (0 $) pour les chercheurs et étudiants.

12. Références / References

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:
7-point Likert scale (0 = Strongly disagree, 1 = Moderately disagree, 2 = Slightly disagree, 3 = Neither agree nor disagree, 4 = Slightly agree, 5 = Moderately agree, 6 = Strongly agree; or conventionally coded 1 to 7)

Reverse Scoring Rules:
Half of the items are worded negatively and are reverse-scored: items 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24, 26, 28, 30, 32, 34, and 36. An overall score of perceived organizational support is calculated by averaging all items after reverse-scoring.

Items:

  1. The organization values my contribution to its well-being.
  2. If the organization could hire someone to replace me at a lower salary it would do so. (R)
  3. The organization appreciates any extra effort from me.
  4. The organization strongly considers my goals and values. (R – Note: in the original instrument, item 4 was phrased: The organization strongly considers my goals and values or item variations)
  5. The organization would ignore any complaint from me. (R)
  6. The organization disregards my best interests when it makes decisions that affect me. (R)
  7. Help is available from the organization when I have a problem.
  8. The organization really cares about my well-being.
  9. The organization is willing to extend itself in order to help me perform my job to the best of my ability.
  10. Even if I did the best job possible, the organization would fail to notice. (R)
  11. The organization is willing to help me when I need a special favor.
  12. The organization cares about my general satisfaction at work.
  13. If given the opportunity, the organization would take advantage of me. (R)
  14. The organization shows very little concern for me. (R)
  15. The organization takes pride in my accomplishments at work.
  16. The organization would forgive an honest mistake on my part.
  17. The organization tries to make my job as interesting as possible.
  18. The organization would grant a reasonable request for a change in my working conditions.
  19. The organization takes pride in my accomplishments at work. [Variant: The organization feels there is little to be gained by employing me for the rest of my career.] (R)
  20. If I were unable to perform my job because of an illness, the organization would be willing to accommodate me.
  21. The organization wishes to give me the best possible job for which I am qualified.
  22. The organization is willing to help me when I need a special favor. [Variant: If I decided to quit, the organization would try to persuade me to stay.]
  23. The organization cares about my opinions.
  24. If the organization could cut costs by forcing me out, it would do so. (R)
  25. The organization feels there is little to be gained by retaining me on the payroll. (R)
  26. The organization tries to make my job as interesting as possible. [Negative counterpart: The organization pays very little attention to my needs.] (R)
  27. The organization takes my best interests into account when making decisions that affect me.
  28. The organization would understand if I could not complete a task due to an unforeseen emergency.
  29. The organization cares about my general satisfaction at work.
  30. The organization would replace me if it could get someone who would work for less. (R)
  31. The organization wishes to give me the best possible job for which I am qualified.
  32. The organization is willing to extend itself in order to help me perform my job to the best of my ability.
  33. The organization fails to appreciate any extra effort from me. (R)
  34. The organization would not care if I left tomorrow. (R)
  35. The organization takes great pride in my accomplishments.
  36. The organization would take advantage of me if given the chance. (R)
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Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle de soutien organisationnel perçu (POS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-soutien-organisationnel-percu-pos/
Looti, Mohammed. “Échelle de soutien organisationnel perçu (POS).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-soutien-organisationnel-percu-pos/.
Looti, Mohammed. “Échelle de soutien organisationnel perçu (POS).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-soutien-organisationnel-percu-pos/.