Échelle de solitude (LS)

L’Échelle de solitude (LS), issue des travaux de l’UCLA (Russell et al., 1978 ; Hughes et al., 2004), est une mesure psychométrique validée évaluant le sentiment d’isolement social et la déconnexion relationnelle perçue.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de solitude (Loneliness Scale – LS), particulièrement dans sa forme abrégée à trois items issue des travaux séminaux de l’Échelle de solitude de l’UCLA (Russell, Peplau, & Ferguson, 1978 ; Hughes et al., 2004), constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureusement validés et largement déployés à l’échelle internationale pour mesurer le sentiment subjectif d’isolement social. Contrairement à l’isolement social objectif, qui renvoie au décompte structurel et quantifiable des liens et réseaux relationnels d’un individu, l’échelle évalue la composante phénoménologique, cognitive et affective de la solitude, définie comme la détresse émotionnelle résultant d’une divergence perçue entre les relations sociales désirées et les relations effectives.

Initialement conçue pour pallier la lourdeur d’administration de la version intégrale à 20 items (UCLA Loneliness Scale Version 3 ; Russell, 1996) dans les enquêtes épidémiologiques et sociologiques de grande envergure telles que le Health and Retirement Study (HRS), cette version concise repose sur trois énoncés évaluant respectivement le déficit de compagnie, le sentiment de mise à l’écart et l’isolement social perçu. Les participants répondent au moyen d’une échelle graduée allant de 1 (« Jamais » / Never) à 5 (« Tout le temps » / All of the time), ou selon des variantes polytomiques calibrées. Les propriétés psychométriques de l’instrument démontrent une consistance interne satisfaisante à excellente (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,72 et 0,89 selon les populations et les formats de réponse), une robustesse factorielle unidimensionnelle confirmée par modélisation d’équations structurelles, ainsi qu’une remarquable validité prédictive à l’égard de divers biomarqueurs de santé, de la morbidité cardiovasculaire, de la détérioration cognitive et du risque de mortalité globale prématurée.

2. Mots-clés / Keywords

Solitude, Échelle de solitude de l’UCLA, Isolement social, Déconnexion sociale, Évaluation psychométrique, Santé mentale, Psychologie sociale, Psychométrie, Gérontologie, Épidémiologie psychiatrique, Cognition sociale, Détresse relationnelle.

3. Auteurs / Authors

L’architecture fondamentale de l’échelle de solitude repose sur les contributions successives de psychologues sociaux et de sociologues de renommée internationale :

  • Daniel W. Russell, Ph.D. : Professeur émérite au département de développement humain et d’études familiales de l’Iowa State University (Ames, Iowa, États-Unis). Concepteur principal de la version princeps de l’UCLA Loneliness Scale (1978), de sa révision (1980) et de la Version 3 (1996). Ses recherches se concentrent sur la modélisation statistique, les facteurs psychosociaux du stress et la psychométrie appliquée à la santé.
  • Letitia Anne Peplau, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Pionnière de l’étude théorique de la solitude et des relations interpersonnelles, coauteure de l’ouvrage fondamental Loneliness: A Sourcebook of Current Theory, Research and Therapy (1982).
  • Mary L. Ferguson, M.A. : Chercheuse associée à l’Université de Californie à Los Angeles, ayant participé aux premières investigations expérimentales et psychométriques sur l’instrument initial en 1978.
  • Mary Elizabeth Hughes, Ph.D. : Sociologue et démographe, affiliée à l’Université Johns Hopkins (Bloomberg School of Public Health). Première autrice de l’adaptation en trois items (Hughes et al., 2004) spécifiquement calibrée pour les cohortes longitudinales en population générale.
  • Linda J. Waite, Ph.D. : Professeure de sociologie urbaine à l’Université de Chicago, directrice du National Social Life, Health, and Aging Project (NSHAP).
  • Louise C. Hawkley, Ph.D. : Chercheuse principale au NORC de l’Université de Chicago, spécialiste des mécanismes psychophysiologiques liant le sentiment de solitude au vieillissement biologique et à l’immunosénescence.
  • John T. Cacioppo, Ph.D. (1951–2018) : Professeur titulaire de psychologie et de neurosciences cognitives à l’Université de Chicago, fondateur du champ des neurosciences sociales. Ses travaux novateurs ont permis de formaliser le modèle évolutionniste de la solitude et ses corrélats neurobiologiques.

4. Objectif / Purpose

L’objectif central de l’Échelle de solitude est d’opérationnaliser et de quantifier avec précision l’expérience subjective de la déconnexion sociale, indépendamment des conditions matérielles ou sociodémographiques objectives dans lesquelles évolue l’individu. Bien que souvent confondues dans le sens commun, la solitude subjective et l’isolement social objectif représentent des construits psychologiques distincts qui ne présentent qu’une corrélation modérée (typiquement r compris entre 0,20 et 0,35). Un individu peut vivre entouré d’un réseau social dense et diversifié tout en éprouvant une détresse relationnelle aiguë ; inversement, une personne vivant seule peut jouir d’une quiétude psychologique totale et ne ressentir aucune solitude indésirable. L’échelle a donc été expressément développée pour capter le déficit d’appartenance perçu et l’absence de résonance affective avec autrui.

Dans les contextes cliniques et épidémiologiques, la version brève à trois items répond à un impératif méthodologique crucial : minimiser la charge cognitive et temporelle imposée aux participants lors d’enquêtes populationnelles étendues, tout en préservant des indices de fidélité et de validité équivalents aux batteries de tests complètes. Elle est particulièrement utilisée pour :

  • Le dépistage clinique en santé mentale et en gériatrie : Identifier rapidement les patients à risque de décompensation dépressive, de troubles anxieux ou d’idéations suicidaires associées à la marginalisation affective.
  • La recherche épidémiologique et longitudinale : Intégrer l’évaluation de la solitude dans de grandes cohortes d’études sur la santé (ex. : Health and Retirement Study, English Longitudinal Study of Ageing, Survey of Health, Ageing and Retirement in Europe) afin d’étudier ses impacts prospectifs sur l’hypertension artérielle, les maladies coronariennes, le déclin neurocognitif et la maladie d’Alzheimer.
  • L’évaluation des politiques publiques et d’interventions communautaires : Mesurer l’efficacité de dispositifs d’aide sociale, de programmes de soutien par les pairs ou d’interventions intergénérationnelles visant à restaurer le lien social chez les personnes vulnérables.

Sur le plan théorique, l’utilisation de formulations indirectes constitue une caractéristique délibérée et fondamentale de l’échelle. Les auteurs originaux (Russell et al., 1978) ont évité d’utiliser explicitement le terme « seul » ou « solitude » (lonely / loneliness) au sein des énoncés afin de neutraliser le biais de désirabilité sociale et la stigmatisation culturelle attachée à l’aveu de vulnérabilité relationnelle, particulièrement prégnante dans les populations masculines ou gériatriques.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’Échelle de solitude s’ancre dans le modèle du déficit relationnel perçu, issu de la psychologie sociale cognitive. La solitude y est définie comme un état d’affliction psychologique aversif résultant de l’inadéquation perçue entre les relations interpersonnelles réelles et les standards relationnels internes ou idéalisés. Elle se distingue conceptuellement de l’isolement structurel, de la solitude choisie ou sereine (solitude en anglais, connotant l’enrichissement réflexif), et de la dépression générale, bien qu’elle entretienne avec cette dernière des liens étiopathogéniques étroits.

Dans la formulation brève à trois items validée par Hughes et al. (2004), le construit est abordé sous un angle unidimensionnel global, mais intègre les trois facettes phénoménologiques fondamentales identifiées par la taxonomie classique de Robert S. Weiss (1973) et formalisées par Peplau et Perlman (1982) :

1. Le déficit de compagnie (Companionship deficit)

Ce pôle renvoie au manque perçu d’affiliation partagée, de relations de camaraderie et d’activités conjointes au quotidien. Il explore la facette de l’« isolement social » au sens de Weiss, caractérisée par l’absence d’un cercle d’amis, de pairs ou de collègues avec lesquels partager des centres d’intérêt, des loisirs ou des échanges informels. L’item 1 (« How often do you feel that you lack companionship? ») illustre cette dimension de carence en interactions sociales régulières et enrichissantes.

2. Le sentiment d’exclusion et de mise à l’écart (Relational inclusion/exclusion)

Cette dimension évalue le sentiment d’aliénation et d’ostracisme perçu par l’individu vis-à-vis de ses groupes de référence. Elle implique une évaluation sociométrique interne où le sujet s’estime non désiré, ignoré ou rejeté par son entourage. L’item 2 (« How often do you feel left out? ») sonde directement la sensibilité au rejet relationnel, activant les circuits cérébraux de la « douleur sociale » (notamment le cortex cingulaire antérieur dorsal) liés à l’exclusion du groupe.

3. L’isolement émotionnel et perceptif d’autrui (Isolation from others)

Cette facette capte la rupture plus profonde du sentiment d’interconnexion humaine, correspondant à l’« isolement émotionnel » au sens de Weiss. Elle reflète l’absence perçue de liens intimes, protecteurs et chaleureux vers lesquels se tourner pour obtenir un réconfort inconditionnel. Même en présence physique d’autrui, le sujet éprouve une barrière psychologique infranchissable. L’item 3 (« How often do you feel isolated from others? ») synthétise cette expérience affective de détachement radical.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique sous-jacent à l’Échelle de solitude s’articule autour de la convergence de trois courants majeurs de la psychologie contemporaine :

1. La théorie de la divergence cognitive (Peplau & Perlman, 1982)

Selon le cognitive discrepancy model, la solitude ne dépend pas de la quantité absolue d’interactions sociales, mais du traitement cognitif et de l’évaluation subjective de ces interactions. L’état de détresse émerge lorsque l’individu perçoit un écart négatif entre deux paramètres internes :

  • Le réseau social effectif perçu (fréquence, intimité, réciprocité, soutien disponible).
  • Le réseau social standard ou désiré (normes personnelles, attentes développementales, besoins d’affiliation).

Ce modèle postule que les biais d’attribution causale et les schémas cognitifs négatifs modulent l’intensité de la solitude, faisant de celle-ci une expérience phénoménologique idiosyncrasique.

2. La théorie évolutionniste de la solitude (Cacioppo & Hawkley, 2009)

Développée par John Cacioppo et ses collaborateurs, la théorie évolutionniste de la solitude (Evolutionary Theory of Loneliness – ETL) postule que la solitude constitue un signal biologique adaptatif, analogue à la faim, à la soif ou à la douleur physique. Dans l’histoire phylogénétique de l’espèce humaine, la survie de l’individu dépendait strictement de la coopération au sein du groupe social. L’isolement ou l’exclusion équivalait à une mise en péril mortelle.

Par conséquent, l’expérience aversive de la solitude a évolué comme un mécanisme d’alarme motivationnel visant à inciter l’individu à réparer, renouveler ou rechercher des liens sociaux protecteurs. Cependant, lorsque la solitude devient chronique, elle déclenche un état d’hypervigilance involontaire face aux menaces sociales. Cet état active de façon continue l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) et le système nerveux sympathique, favorisant une réactivité pro-inflammatoire, des troubles du sommeil et une altération immunitaire globale.

3. La théorie de l’attachement (Bowlby, 1969/1982)

L’échelle s’inscrit également dans la continuité de la théorie de l’attachement de John Bowlby. Le besoin fondamental de disposer d’une base de sécurité relationnelle se prolonge tout au long du cycle de vie. L’incapacité à établir une alliance sécurisante génère une insécurité affective qui alimente directement le score de solitude de l’instrument.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle de solitude, tant sous sa forme étendue que dans sa formulation brève à trois items, a fait l’objet d’une documentation scientifique exhaustive à travers des dizaines de cultures et des cohortes cumulant des centaines de milliers de participants.

1. Validité de construit et validité convergente

Hughes et al. (2004) ont démontré une validité convergente robuste lors de l’étalonnage initial sur l’échantillon national représentatif de l’étude Health and Retirement Study (HRS, N = 2 272 adultes âgés de 55 ans et plus). Le score total de l’échelle à trois items présente des corrélations positives statistiquement très significatives avec :

  • Les symptômes dépressifs évalués par l’échelle CES-D (Center for Epidemiologic Studies Depression Scale) : r = 0,50 à 0,55 (p < 0,001).
  • Le niveau de stress perçu et les affects négatifs (PANAS) : r = 0,42 à 0,48.
  • L’état de santé auto-rapporté médiocre : r = 0,26 à 0,32.

Parallèlement, des corrélations négatives attendues sont observées avec les indicateurs de bien-être relationnel :

  • La satisfaction conjugale et relationnelle : r = -0,38.
  • Le soutien social perçu (famille et amis) : r = -0,41 à -0,46.
  • Le sentiment d’efficacité personnelle et l’estime de soi : r = -0,35.

2. Validité discriminante

L’échelle discrimine nettement la solitude des concepts connexes :

  • Solitude vs Isolement social objectif : Les corrélations entre le score de l’échelle et des indicateurs factuels comme le fait de vivre seul, la taille du réseau social ou la fréquence des contacts téléphoniques restent modérées (r variant de 0,18 à 0,28), confirmant que l’outil ne se contente pas de dupliquer une mesure sociologique descriptive.
  • Solitude vs Dépression : Bien que corrélées, des analyses factorielles confirmatoires conjointes ont démontré à plusieurs reprises que les items de l’échelle de solitude et les items dépressifs (ex. : CES-D ou PHQ-9) chargent sur deux facteurs latents distincts, infirmant l’hypothèse d’une simple redondance sémantique (Russell, 1996 ; Hawkley et al., 2008).

3. Validité prédictive et clinique

Dans de nombreuses études épidémiologiques prospectives, un score élevé à l’échelle à 3 items prédit de façon indépendante (après contrôle strict pour les facteurs sociodémographiques, la dépression et les comorbidités médicales) :

  • Une augmentation du risque de mortalité toutes causes confondues sur 5 à 10 ans (Hazard Ratio compris entre 1,25 et 1,45).
  • Une élévation significative des résistances vasculaires périphériques et de l’hypertension artérielle systolique.
  • Une incidence accrue de troubles neurocognitifs majeurs au fil du vieillissement.

8. Fidélité / Reliability

Les indices de fidélité de l’échelle démontrent une grande stabilité métrologique malgré son format extrêmement condensé :

1. Consistance interne (Internal Consistency)

Dans l’étude princeps de Hughes et al. (2004), le coefficient alpha de Cronbach s’élevait à 0,72 dans l’échantillon HRS (adultes de 55 ans et plus) et à 0,75 dans l’échantillon du Chicago Health, Aging, and Social Relations Study (CHASRS). Dans les études utilisant l’échelle de réponse étendue en 5 points (de « Jamais » à « Tout le temps »), le coefficient alpha atteint régulièrement des valeurs situées entre 0,80 et 0,86, ce qui dépasse largement le seuil standard de 0,70 requis pour les instruments de recherche en sciences humaines.

Les corrélations item-total corrigées s’avèrent homogènes et élevées, se situant généralement entre 0,52 et 0,71 pour chacun des trois items, ce qui garantit qu’aucun énoncé n’est sous-performant ou redondant au sein de la matrice.

2. Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

Sur des intervalles courts à modérés (2 à 4 semaines), les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) ou de corrélation de Pearson test-retest oscillent entre 0,73 et 0,81, attestant d’une excellente stabilité temporelle du construit lorsqu’aucun événement de vie perturbateur (deuil, séparation, déménagement) n’intervient. Sur des périodes pluriannuelles dans des enquêtes de panel, la corrélation test-retest se maintient autour de 0,55 à 0,65, reflétant la double nature de la solitude en tant qu’état (state) fluctuant selon les aléas relationnels et trait (trait) lié à la structure de personnalité.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’échelle originale de l’UCLA a fait l’objet de vifs débats académiques, certains auteurs identifiant jusqu’à trois ou quatre facteurs (ex. : solitude intime, solitude relationnelle, solitude collective). Cependant, pour la forme courte à trois items, les investigations statistiques convergent vers un modèle élégant et parcimonieux.

1. Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Les analyses factorielles exploratoires conduites par Hughes et al. (2004) par extraction en composantes principales ou par factorisation en axes principaux révèlent systématiquement un facteur unique dominant. La valeur propre (eigenvalue) du premier facteur excède largement les critères de Kaiser (généralement supérieure à 2,05), expliquant à elle seule entre 65 % et 75 % de la variance totale observée entre les items. Le second facteur présente une valeur propre négligeable (inférieure à 0,50), confirmant la non-pertinence d’une solution plurifactorielle.

2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les modèles d’équations structurelles confirmatoires testant l’unidimensionnalité stricte affichent d’excellents indices d’ajustement global dans divers contextes culturels et linguistiques :

  • Indice de comparaison de Bentler (CFI) : > 0,99
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) : > 0,98
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : < 0,045 (avec intervalle de confiance à 90 % incluant 0,00)
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : < 0,025

Les saturations factorielles standardisées (factor loadings, λ) de chaque item sur le facteur latent de solitude sont particulièrement élevées :

  • Item 1 (Déficit de compagnie) : λ = 0,70 à 0,81
  • Item 2 (Sentiment de mise à l’écart) : λ = 0,76 à 0,86
  • Item 3 (Isolement d’autrui) : λ = 0,78 à 0,88

Ces résultats démontrent que les trois énoncés contribuent de manière équilibrée et puissante à la définition opérationnelle du construit latent de solitude.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de test : Auto-questionnaire psychométrique (mesure autorapportée), également administrable sous forme d’hétéro-questionnaire en entretien direct ou par téléphone.
  • Format d’administration : Papier-crayon (PAPI), entretien assisté par ordinateur (CAPI), entretien téléphonique (CATI), ou passation en ligne via formulaire numérique (CAWI).
  • Nombre d’items : 3 items.
  • Échelle de réponse (Response Scale) : Échelle de Likert en 5 points conforme au matériel source authentifié :
    • 1 = Jamais (Never)
    • 2 = Presque jamais (Hardly ever)
    • 3 = Parfois (Some of the time)
    • 4 = Souvent (Often)
    • 5 = Tout le temps (All of the time)
  • Cotation et calcul du score :
    • Tous les items sont libellés dans le sens d’une solitude accrue ; il n’y a donc aucun item inversé (contrairement à la version complète à 20 items qui alterne items formulés positivement et négativement).
    • Le score global correspond à la somme arithmétique directe des 3 items : Score Total = Item 1 + Item 2 + Item 3.
    • L’intervalle des scores s’étend de 3 (solitude minimale / inexistante) à 15 (solitude maximale / sévère).
    • Alternativement, certains chercheurs utilisent la moyenne des trois items (score continu de 1 à 5).
  • Interprétation indicative des scores :
    • Score de 3 à 5 : Niveau de solitude faible ou absent (réseau perçu comme satisfaisant).
    • Score de 6 à 9 : Solitude modérée (détresse relationnelle occasionnelle).
    • Score de 10 à 15 : Solitude sévère à chronique (isolement perçu aigu, surveillance clinique ou intervention sociale recommandée).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement :
    • 1978 : Publication de l’échelle originale UCLA Loneliness Scale par Daniel Russell, L. Anne Peplau et Mary L. Ferguson.
    • 1996 : Publication de la version 3 complète par Daniel Russell.
    • 2004 : Publication formelle de l’adaptation en 3 items pour les enquêtes en population générale par Mary Elizabeth Hughes, Linda J. Waite, Louise C. Hawkley et John T. Cacioppo.
  • Statut des droits et permissions : L’Échelle de solitude à trois items de l’UCLA est considérée comme appartenant au domaine public académique pour les activités de recherche scientifique, d’enseignement universitaire et de pratique clinique non commerciale. Aucune redevance financière ni demande d’autorisation formelle payante n’est exigée des chercheurs indépendants, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources originales.
  • Tarification : Accès libre et gratuit (Free / Open Access).
  • Usages commerciaux : Les intégrations au sein de plateformes technologiques commerciales ou d’essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique nécessitent de vérifier les politiques d’utilisation institutionnelles en vigueur auprès des éditeurs scientifiques détenteurs des copyrights d’articles.

12. Références / References

  • Bowlby, J. (1982). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment (2nd ed.). Basic Books. (Original work published 1969).
  • Cacioppo, J. T., & Hawkley, L. C. (2009). Perceived social isolation and cognition. Trends in Cognitive Sciences, 13(10), 447-454. https://doi.org/10.1016/j.tics.2009.06.005
  • Hawkley, L. C., Browne, M. W., & Cacioppo, J. T. (2008). How can I connect with thee? Let me count the ways. Psychological Science, 16(10), 798-804. https://doi.org/10.1111/j.1467-9280.2005.01617.x
  • Holt-Lunstad, J., Smith, T. B., Baker, M., Harris, T., & Stephenson, D. (2015). Loneliness and social isolation as risk factors for mortality: A meta-analytic review. Perspectives on Psychological Science, 10(2), 227-237. https://doi.org/10.1177/1745691614568352
  • Hughes, M. E., Waite, L. J., Hawkley, L. C., & Cacioppo, J. T. (2004). A short scale for measuring loneliness in large surveys: Results from two population-based studies. Research on Aging, 26(6), 655-672. https://doi.org/10.1177/0164027504268574
  • Peplau, L. A., & Perlman, D. (Eds.). (1982). Loneliness: A sourcebook of current theory, research and therapy. John Wiley & Sons.
  • Russell, D., Peplau, L. A., & Ferguson, M. L. (1978). Developing a measure of loneliness. Journal of Personality Assessment, 42(3), 290-294. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa4203_11
  • Russell, D. W. (1996). UCLA Loneliness Scale (Version 3): Reliability, validity, and factor structure. Journal of Personality Assessment, 66(1), 20-40. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa6601_2
  • Steptoe, A., Shankar, A., Demakakos, P., & Wardle, J. (2013). Social isolation, loneliness, and all-cause mortality in older men and women. Proceedings of the National Academy of Sciences, 110(15), 5797-5801. https://doi.org/10.1073/pnas.1219686110
  • Weiss, R. S. (1973). Loneliness: The experience of emotional and social isolation. The MIT Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

1 = Never
2 = Hardly ever
3 = Some of the time
4 = Often
5 = All of the time

Questions:

  1. How often do you feel that you lack companionship?
  2. How often do you feel left out?
  3. How often do you feel isolated from others?
★

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Looti, M. (2026, octobre 3). Échelle de solitude (LS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-solitude-ls/
Looti, Mohammed. “Échelle de solitude (LS).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-solitude-ls/.
Looti, Mohammed. “Échelle de solitude (LS).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-solitude-ls/.