Échelle de solitude différentielle (DLS)

L’Échelle de solitude différentielle (Differential Loneliness Scale, DLS) développée par Schmidt et Sermat (1983) évalue de façon multidimensionnelle la solitude à travers 4 sphères relationnelles : relations amoureuses, amicales, familiales et communautaires.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle de solitude différentielle (en anglais, Differential Loneliness Scale ou DLS), développée par Neena Schmidt et Vello Sermat en 1983 à l’Université York, constitue l’un des instruments psychométriques pionniers conçus pour opérationnaliser la nature multidimensionnelle de la solitude. Contrairement aux approches unidimensionnelles traditionnelles qui quantifient le sentiment d’isolement selon un continuum global indifférencié — à l’instar des premières versions de la UCLA Loneliness Scale de Russell, Peplau et Ferguson —, la DLS repose sur le postulat théorique selon lequel la détresse liée à la solitude découle de déficits qualitatifs ou quantitatifs situés dans des domaines relationnels spécifiques et distincts.

L’instrument comprend 60 items auto-administrés évaluant la satisfaction et les carences perçues à travers quatre sphères d’interaction interpersonnelle : (1) les relations amoureuses et sexuelles (romantic-sexual relationships, 12 items), (2) les relations d’amitié (friendships, 22 items), (3) les relations familiales (family relationships, 18 items), et (4) les relations avec la communauté ou les groupes d’appartenance élargis (relationships with the community, 8 items). Les répondants se positionnent au moyen d’un format de réponse dichotomique (Vrai / Faux), facilitant la passation tout en capturant des indicateurs comportementaux, affectifs et cognitifs précis. Les propriétés psychométriques établies lors des études princeps et des réplications ultérieures témoignent d’une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,76 et 0,92 pour les différentes sous-échelles, ainsi qu’une excellente fidélité test-retest. La validité convergente et la validité discriminante sont étayées par des corrélations différentielles avec des mesures de dépression, d’anxiété sociale, de compétences relationnelles et de soutien social perçu, faisant de la DLS un outil privilégié tant pour la recherche fondamentale que pour le diagnostic clinique personnalisé des dysfonctionnements relationnels.

2. Mots-clés

Solitude, Échelle de solitude différentielle, Psychométrie, Relations interpersonnelles, Évaluation multidimensionnelle, Relations amoureuses, Amitié, Relations familiales, Intégration communautaire, Isolement social, Soutien social perçu, DLS.

3. Auteurs

L’Échelle de solitude différentielle a été conceptualisée et validée par :

  • Neena Schmidt, Ph.D. : Chercheuse en psychologie sociale et clinique, Département de psychologie, Université York (Toronto, Ontario, Canada).
  • Vello Sermat, Ph.D. : Professeur de psychologie, Département de psychologie, Université York (Toronto, Ontario, Canada). Spécialiste reconnu des dynamiques relationnelles, de l’interaction interpersonnelle, de l’attachement adulte et de l’isolement social.

Les correspondances initiales et les travaux originaux relatifs à cet instrument ont été hébergés et diffusés par le Département de psychologie de l’Université York. Des versions dérivées, notamment des formes abrégées pour étudiants ou populations actives, ont également fait l’objet de travaux complémentaires menés au sein d’institutions universitaires nord-américaines.

4. Objectif

L’objectif fondamental de la Differential Loneliness Scale est de mesurer de manière différentielle les sentiments de solitude et d’insatisfaction relationnelle en discriminant précisément les contextes interpersonnels au sein desquels s’enracine cette souffrance subjective. Historiquement, l’évaluation psychométrique de la solitude a longtemps été dominée par une perspective unidimensionnelle, traitant la solitude comme un état affectif unifié et monolithique, variable uniquement en intensité. Schmidt et Sermat ont contesté cette vision réductrice en observant qu’un individu peut maintenir un réseau d’amitiés exceptionnellement riche et épanouissant tout en éprouvant une détresse aiguë liée à l’absence de partenaire intime, ou inversement, être engagé dans une relation conjugale stable tout en souffrant d’une rupture d’intégration dans sa communauté civique ou son groupe de pairs.

Dans le domaine de la recherche scientifique, la DLS permet aux chercheurs d’étudier les antécédents, les corrélats comportementaux et les conséquences neurobiologiques, psychologiques et sanitaires de types de solitude hautement différenciés. Elle sert notamment à tester des modèles d’attachement chez l’adulte, à explorer l’impact des transitions de vie (séparations conjugales, départs à la retraite, migrations géographiques) sur des sous-systèmes relationnels ciblés, et à évaluer les médiateurs cognitifs intervenant dans l’isolement social perçu. Par exemple, les études menées en milieu organisationnel ont adapté les principes de la DLS pour investiguer l’isolement au travail (workplace isolation) en lien avec la performance et le bien-être professionnel (Marshall, Michaels & Mulki, 2007).

Sur le plan clinique et thérapeutique, la DLS offre un outil diagnostique d’une grande valeur prédictive et prescriptive. En fournissant un profil individualisé sous forme de score composite et de quatre scores factoriels distincts, l’échelle évite aux praticiens de formuler des hypothèses erronées quant à l’origine de l’isolement d’un patient. Une détresse localisée dans la sous-échelle familiale peut refléter des traumatismes d’attachement développementaux ou des conflits intergénérationnels non résolus, appelant une psychothérapie systémique ou d’orientation psychodynamique. En revanche, un déficit prédominant dans la sphère communautaire ou amicale suggère des déficits en compétences sociales, une timidité excessive, une phobie sociale ou un déficit d’opportunités d’intégration environnementale, justifiant des interventions cognitivo-comportementales ciblées sur l’affirmation de soi et l’exposition progressive. La DLS permet ainsi de concevoir des plans de traitement hautement personnalisés et de mesurer l’efficacité différentielle des interventions au cours du suivi thérapeutique.

5. Construit psychologique

La solitude, telle qu’opérationnalisée dans la DLS, est définie comme une expérience psychologique aversive qui survient lorsqu’il existe une discordance quantitative ou qualitative entre les relations interpersonnelles réelles d’une personne et ses aspirations ou besoins relationnels subjectifs. Ce construit psychologique s’articule autour de quatre dimensions fondamentales :

1. Les relations amoureuses et sexuelles (Romantic-Sexual Relationships)

Cette dimension évalue le degré de connectivité, d’intimité émotionnelle, de passion et de soutien mutuel au sein d’une relation de couple exclusive, amoureuse ou conjugale. Elle mesure la présence d’un attachement romantique sécurisant où l’individu se sent validé, désiré et compris dans son intimité la plus profonde (ex. : « I have a lover or spouse who fulfils many of my emotional needs »). À l’inverse, l’absence de partenaire romantique signifiant, la superficialité des liaisons ou le sentiment d’aliénation au sein d’un couple dysfonctionnel alimentent un sentiment d’abandon ou de vide affectif majeur.

2. Les relations d’amitié (Friendships)

Cette sphère renvoie au réseau de pairs choisis, caractérisé par la réciprocité, la confiance partagée, la disponibilité pour les loisirs et la possibilité de confidences intimes sans crainte de jugement (ex. : « Some of my friends will stand by me in almost any difficulty »). L’échelle examine à la fois le versant structurel (avoir au moins un véritable ami, avoir des amis résidant à proximité) et le versant fonctionnel (capacité à exprimer ses émotions, sentiment d’être soutenu et apprécié par ses pairs). Un score élevé d’insatisfaction reflète ici une incapacité à tisser ou maintenir des amitiés stables, ou le sentiment récurrent d’être déçu et rejeté par ses pairs.

3. Les relations familiales (Family Relationships)

Cette sous-échelle sonde l’intégration, l’acceptation et la qualité communicationnelle au sein du système familial d’origine ou de la famille élargie (ex. : « I really feel that I belong to a family » et « My family usually values my opinion when a family decision is to be made »). Elle capte la présence de cohésion, d’affection réciproque et d’estime intrafamiliale, tout en identifiant les dynamiques délétères telles que l’hypercriticisme, la froideur émotionnelle, le repli sur soi ou l’évitement actif des membres de la parenté (ex. : « As much as possible, I avoid members of my family »).

4. Les relations avec la communauté (Relationships with the Community)

La quatrième composante évalue le sentiment d’appartenance à un collectif sociétal plus vaste : quartier, voisinage, organisations associatives, civiques ou professionnelles (ex. : « There are people in my community who understand my views and beliefs »). Elle mesure l’ancrage social de l’individu dans son environnement civique et la certitude qu’une aide morale ou matérielle peut être mobilisée en situation de crise auprès d’institutions ou de voisins (ex. : « I can’t depend on getting moral or financial support from any group or organization in a time of trouble »). L’anomie, la marginalisation et le sentiment que l’environnement social immédiat est composé d’étrangers indifférents constituent les manifestations cardinales de cette forme de solitude.

6. Cadre théorique

Le fondement conceptuel de la DLS s’enracine principalement dans la sociologie relationnelle de Robert S. Weiss (1973) et dans les modèles cognitifs de la psychologie sociale interactionniste développés par Letitia Anne Peplau et Daniel Perlman (1982).

Dans son ouvrage séminal Loneliness: The Experience of Emotional and Social Isolation (1973), Weiss a formalisé une dichotomie fondamentale qui a transformé la psychopathologie des relations interpersonnelles :

  • La solitude émotionnelle (Emotional Loneliness) : Résultant de la privation ou de la rupture d’un lien d’attachement intime et privilégié (généralement un conjoint, un partenaire amoureux ou, durant l’enfance, une figure parentale). Cette forme de solitude engendre une angoisse d’abandon, une hypervigilance affective et une insécurité chronique, et ne peut être soulagée par la présence d’un large groupe d’amis.
  • La solitude sociale (Social Loneliness) : Découlant de l’absence d’un réseau social d’appartenance, d’un groupe d’égaux ou d’une communauté partageant des intérêts, des activités et des valeurs communes. Elle se manifeste par l’ennui, l’anomie, le sentiment d’invisibilité sociale et de non-reconnaissance collective, et ne peut être comblée par l’existence d’une relation amoureuse exclusive.

Schmidt et Sermat (1983) ont opérationnalisé et affiné la typologie de Weiss en démontrant que la séparation binaire (émotionnelle vs sociale) était nécessaire mais insuffisante pour rendre compte de la complexité des configurations relationnelles humaines. Ils ont ainsi scindé la dimension émotionnelle intime en relations amoureuses et relations familiales, reconnaissant que l’attachement conjugal adulte et l’appartenance filiale répondent à des besoins développementaux distincts. De même, ils ont dissocié le réseau social en relations d’amitié (relations interpersonnelles électives de proximité) et relations communautaires (intégration sociétale et institutionnelle au sens large).

Parallèlement, la DLS s’aligne sur le modèle du déficit cognitif (Peplau & Perlman, 1982). Selon cette approche, la solitude ne dépend pas mécaniquement du nombre objectif d’interactions sociales, mais résulte d’une évaluation subjective défavorable : l’individu compare ses relations effectives à un ensemble de standards internes ou de désirs relationnels idéalisés. La formulation des items de la DLS reflète constamment ce prisme perceptif, en confrontant le soutien reçu, la compréhension perçue et la réciprocité vécue aux attentes psychologiques fondamentales du sujet.

7. Validité

Les études empiriques initiales de Schmidt et Sermat (1983), combinées aux travaux de réplication ultérieurs, apportent un soutien empirique substantiel à la validité psychométrique de la DLS.

Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit de la DLS repose sur la démonstration empirique que les quatre sous-échelles constituent des dimensions corrélées mais conceptuellement et statistiquement non réductibles les unes aux autres. Les coefficients de corrélation inter-échelles rapportés par Schmidt et Sermat (1983) chez des échantillons universitaires et adultes se situent généralement dans une fourchette modérée (r = 0,25 à 0,55), confirmant qu’une variance substantielle est propre à chaque sphère relationnelle. Les participants présentent fréquemment des profils asymétriques — par exemple, une satisfaction familiale élevée couplée à une détresse amoureuse aiguë —, ce qui invalide l’hypothèse d’un facteur général unique expliquant la totalité des réponses.

Validité convergente

La DLS présente de fortes corrélations convergentes avec les instruments de référence mesurant la solitude globale et la détresse psychologique :

  • UCLA Loneliness Scale : Des corrélations positives élevées ont été démontrées entre le score total de la DLS et l’échelle UCLA (corrélations de Pearson se situant entre r = 0,65 et r = 0,78). Les analyses détaillées montrent que la sous-échelle d’amitié de la DLS est celle qui présente la convergence la plus marquée avec l’UCLA (r > 0,70), illustrant le fait que l’échelle UCLA reflète préférentiellement les déficits du réseau de pairs.
  • Symptomatologie dépressive et anxiété : Les scores de la DLS corrèlent significativement avec les scores au Beck Depression Inventory (BDI) et aux échelles d’anxiété sociale (r oscillant entre 0,35 et 0,52), confirmant que la privation relationnelle s’accompagne d’affects dysphoriques.
  • Mesures du soutien social : Des corrélations négatives robustes (r = -0,40 à -0,68) ont été observées avec les échelles de soutien social perçu (notamment la MSPSS de Zimet et al.), validant le fait qu’une carence de soutien s’associe directement à des scores de solitude accrus dans les domaines correspondants.

Validité discriminante et différentielle

La puissance de la DLS réside dans sa capacité à discriminer des groupes cliniques et sous-populations spécifiques en fonction de leurs statuts relationnels objectifs :

  • Les individus célibataires ou récemment divorcés obtiennent des scores significativement plus élevés sur la sous-échelle des relations amoureuses que les personnes mariées ou engagées dans une relation stable (différence statistiquement significative à p < 0,001), tandis que leurs scores sur la sous-échelle famille ou communauté ne diffèrent pas nécessairement.
  • Les étudiants ayant migré loin de leur ville d’origine pour leurs études présentent des scores d’isolement significativement plus élevés sur les échelles d’amitié locale et de communauté, tout en maintenant des scores préservés au niveau de la sous-échelle famille.
  • Dans les études sur l’isolement en entreprise (Marshall et al., 2007), l’adaptation des items communautaires et d’amitié a permis de prédire le roulement du personnel et l’épuisement professionnel indépendamment du statut conjugal des employés.

8. Fidélité

La fidélité de l’Échelle de solitude différentielle a été documentée à travers l’évaluation de sa consistance interne et de sa stabilité temporelle.

Consistance interne

Dans l’échantillon normatif initial composé de 554 étudiants et adultes (Schmidt & Sermat, 1983), la cohérence interne globale et sectorielle de la DLS s’est avérée particulièrement solide :

  • Score total de la DLS (60 items) : Le coefficient alpha de Cronbach (ou Kuder-Richardson 20 adapté aux items dichotomiques) dépasse régulièrement 0,90 (valeurs rapportées entre 0,90 et 0,94).
  • Relations amoureuses / sexuelles (12 items) : Les coefficients alpha varient généralement entre 0,85 et 0,89.
  • Relations d’amitié (22 items) : Les coefficients se situent de manière consistante entre 0,84 et 0,88.
  • Relations familiales (18 items) : Les estimations d’homogénéité interne rapportent des coefficients alpha compris entre 0,86 et 0,91.
  • Relations avec la communauté (8 items) : En raison du nombre plus restreint d’items, le coefficient alpha est légèrement inférieur mais demeure satisfaisant, oscillant entre 0,74 et 0,81.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

L’évaluation de la fidélité test-retest à un intervalle de trois à quatre semaines a produit des coefficients de corrélation de stabilité élevés, attestant que l’instrument capture des dispositions et des états relationnels stables plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères :

  • Score global : r = 0,85 à 0,89.
  • Sous-échelles : les corrélations test-retest s’échelonnent entre 0,78 (pour la sous-échelle amitié) et 0,87 (pour la sous-échelle familiale).

Ces données confirment que la DLS possède les propriétés métriques requises pour une utilisation tant dans des protocoles de recherche longitudinale que pour le suivi clinique avant et après intervention.

9. Analyse factorielle

Lors de la phase de conception de l’instrument, Schmidt et Sermat (1983) ont conduit des analyses factorielles exploratoires (AFE) par la méthode des composantes principales suivie de rotations obliques (oblimin) et orthogonales (varimax), afin de vérifier l’adéquation empirique de leur modèle conceptuel quadripartite.

Structure factorielle exploratoire

L’analyse des valeurs propres (critère de Kaiser-Guttman) et l’examen du diagramme de sédimentation (scree plot de Cattell) ont clairement mis en évidence une rupture nette après quatre facteurs principaux, rendant compte de la majeure partie de la variance commune :

  1. Facteur I : Intimité amoureuse et conjugale. Ce facteur regroupe les items portant sur le sentiment d’avoir un conjoint ou un amant répondant aux besoins affectifs fondamentaux, la présence d’une sexualité épanouie et le partage d’objectifs de vie. Les saturations factorielles pour ces 12 items s’échelonnent de 0,45 à 0,78.
  2. Facteur II : Liens d’amitié et réseau de pairs. Ce facteur sature fortement les items explorant la réciprocité amicale, la capacité à se confier, l’absence de trahison ou de déception sociale, et la disponibilité perçue d’amis fidèles en période de crise (saturations comprises entre 0,40 et 0,74).
  3. Facteur III : Dynamiques et climat familiaux. Ce facteur capture le sentiment d’appartenance à un système familial bienveillant, l’acceptation parentale/fraternelle et la fluidité des communications intrafamiliales, avec des saturations factorielles robustes comprises entre 0,42 et 0,79.
  4. Facteur IV : Intégration civique et soutien communautaire. Ce facteur regroupe les items relatifs à l’anonymat dans l’environnement résidentiel, au soutien potentiel des organisations locales et à la présence de concitoyens partageant les mêmes croyances et valeurs (saturations entre 0,38 et 0,69).

Modélisation confirmatoire (AFC)

Des recherches contemporaines réexaminant les propriétés de la DLS à l’aide d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) ont comparé le modèle orthogonal à un facteur, le modèle à deux facteurs d’ordre supérieur (solitude émotionnelle vs sociale selon Weiss), et le modèle corrélé à quatre facteurs de Schmidt et Sermat. Les indices d’ajustement (ex. : RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,91 ; TLI > 0,90) soutiennent de manière cohérente la supériorité du modèle à quatre dimensions corrélées. Les indices confirment également l’absence de saturation croisée problématique majeure pour la quasi-totalité des 60 items, attestant de la clarté conceptuelle et de la robustesse structurelle de l’échelle.

10. Instrument de mesure

L’Échelle de solitude différentielle se présente sous la forme d’un questionnaire d’auto-évaluation structuré :

  • Type de test : Instrument psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire).
  • Nombre d’items : 60 items affirmatifs.
  • Format de réponse : Choix forcé dichotomique : VRAI (TRUE) ou FAUX (FALSE).
  • Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Structure des sous-échelles :
    • Relations amoureuses / sexuelles (12 items) : Items 5, 9, 15, 18, 21, 28, 31, 35, 41, 45, 52 et 58.
    • Relations d’amitié (22 items) : Items 3, 4, 7, 11, 13, 16, 19, 22, 23, 24, 26, 30, 33, 37, 39, 43, 46, 48, 51, 53, 55 et 60.
    • Relations familiales (18 items) : Items 1, 6, 10, 14, 20, 25, 29, 32, 34, 36, 40, 42, 44, 47, 50, 54, 57 et 59.
    • Relations avec la communauté (8 items) : Items 2, 8, 12, 17, 27, 38, 49 et 56.
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Chaque item est coté 0 ou 1 point dans le sens de la solitude / détresse relationnelle.
    • Items directs (sans astérisque) : Une réponse VRAI (TRUE) accorde 1 point ; une réponse FAUX (FALSE) accorde 0 point. Ces items décrivent un manque, une difficulté ou une insatisfaction relationnelle.
    • Items inversés (marqués d’un astérisque *) : Une réponse FAUX (FALSE) accorde 1 point ; une réponse VRAI (TRUE) accorde 0 point. Ces items décrivent une relation positive, un épanouissement ou un soutien présent.
    • Scores obtenus :
      • Score global de solitude : Somme des 60 items (étendue théorique de 0 à 60). Un score plus élevé indique un niveau général de solitude plus sévère.
      • Score Amoureux/Sexuel : Somme des 12 items dédiés (étendue de 0 à 12).
      • Score Amitié : Somme des 22 items dédiés (étendue de 0 à 22).
      • Score Familial : Somme des 18 items dédiés (étendue de 0 à 18).
      • Score Communautaire : Somme des 8 items dédiés (étendue de 0 à 8).

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 1983.
  • Auteurs et copyright : Neena Schmidt & Vello Sermat (1983) ; publié dans le Journal of Personality and Social Psychology par l’American Psychological Association (APA).
  • Statut d’utilisation et permissions : L’Échelle de solitude différentielle est accessible à des fins de recherche académique, scientifique et d’enseignement sans frais d’acquisition de licence commerciale. Les chercheurs et cliniciens sont autorisés à reproduire et administrer le test sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Schmidt et Sermat (1983). Pour toute utilisation commerciale, adaptation dans un logiciel propriétaire ou intégration dans des protocoles à but lucratif, une autorisation formelle doit être sollicitée auprès de l’APA ou des ayants droit.
  • Tarif : Gratuit pour l’usage non commercial et la recherche universitaire dans le domaine public.

12. Références

Les sources et études fondatrices relatives à l’échelle sont répertoriées ci-dessous selon les normes APA (7e édition) :

  • Marshall, G. W., Michaels, C. E., & Mulki, J. P. (2007). Workplace isolation: Exploring the constructs and its measurement. Psychology & Marketing, 24(3), 195-223. https://doi.org/10.1002/mar.20158
  • Peplau, L. A., & Perlman, D. (Eds.). (1982). Loneliness: A sourcebook of current theory, research and therapy. John Wiley & Sons.
  • Perlman, D., & Peplau, L. A. (1981). Toward a social psychology of loneliness. In R. Gilmour & S. Duck (Eds.), Personal relationships: 3. Personal relationships in disorder (pp. 31-56). Academic Press.
  • Russell, D., Peplau, L. A., & Cutrona, C. E. (1980). The revised UCLA Loneliness Scale: Concurrent and discriminant validity evidence. Journal of Personality and Social Psychology, 39(3), 472-480. https://doi.org/10.1037/0022-3514.39.3.472
  • Schmidt, N., & Sermat, V. (1983). Measuring loneliness in different relationships. Journal of Personality and Social Psychology, 44(5), 1038-1047. https://doi.org/10.1037/0022-3514.44.5.1038
  • Weiss, R. S. (1973). Loneliness: The experience of emotional and social isolation. MIT Press.

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: TRUE or FALSE for each statement.
Note: For items with no asterisk, each marking of TRUE is given 1 point. For items with an asterisk (*), each marking of FALSE is given 1 point.

  1. I find it easy to express feelings of affection toward members of my family.*
  2. Most everyone around me is a stranger.
  3. I usually wait for a friend to call me up and invite me out before making plans to go anywhere.
  4. Most of my friends understand my motives and reasoning.*
  5. At this time‚ I do not have a romantic relationship that means a lot to me.
  6. I don’t get along very well with my family.
  7. I have at least one good friend of the same sex.*
  8. I can’t depend on getting moral or financial support from any group or organization in a time of trouble.
  9. I am now involved in a romantic or marital relationship where both of us make a genuine effort at cooperation.*
  10. I often become shy and retiring in the company of relatives.
  11. Some of my friends will stand by me in almost any difficulty.*
  12. People in my community aren’t really interested in what I think or feel.
  13. My trying to have friends and to be liked seldom succeeds the way I would like it to.
  14. I spend time talking individually with each member of my family.*
  15. I find it difficult to tell anyone that I love him or her.
  16. I don=t have many friends in the city where I live.
  17. I work well with others in a group.*
  18. I am an important part of the emotional and physical well-being of my lover or spouse.*
  19. I don’t feel that I can turn to my friends living around me for help when I need it.
  20. I don’t think that anyone in my family really understands me.
  21. I have a lover or spouse who fulfils many of my emotional needs.*
  22. My friends are generally interested in what I am doing‚ although not to the point of being nosy.*
  23. Members of my family enjoy meeting my friends.*
  24. I allow myself to become close to my friends.*
  25. My relatives are generally too busy with their concerns to bother about my problems.
  26. Few of my friends understand me the way I want to be understood.
  27. No one in the community where I live cares much about me.
  28. Right now‚ I don’t have true compatibility in a romantic or marital relationship.
  29. Members of my family give me the kind of support that I need.*
  30. A lot of my friendships ultimately turn out to be pretty disappointing.
  31. My romantic or marital partner gives me much support and encouragement.*
  32. I am not very open with members of my family.
  33. I often feel resentful about certain actions of my friends.
  34. I am embarrassed about the way my family behaves.
  35. People who say they are in love with me are usually only trying to rationalize using me for their own purposes.
  36. I have a good relationship with most members of my family.*
  37. In my relationships‚ I am generally able to express both positive and negative feelings.*
  38. I don’t get much satisfaction from the groups I attend.
  39. I get plenty of help and support from friends.*
  40. I seem to have little to say to members of my family.
  41. I don’t have any one special love relationship in which I feel really understood.
  42. I really feel that I belong to a family.*
  43. I have few friends with whom I can talk openly.
  44. My family is quite critical of me.
  45. I have an active love life.*
  46. I have few friends that I can depend on to fulfil their end of mutual commitments.
  47. Generally I feel that members of my family acknowledge my strengths and positive qualities.*
  48. I have at least one real friend.*
  49. I don’t have any neighbours who would help me out in a time of need.
  50. Members of my family are relaxed and easy-going with each other.*
  51. I have moved around so much that I find it difficult to maintain lasting friendships.
  52. I tend to get along well with partners in romantic relationships.*
  53. I find it difficult to invite a friend to do something with me.
  54. I have little contact with members of my family.
  55. My friends don=t seem to stay interested in me for long.
  56. There are people in my community who understand my views and beliefs.*
  57. As much as possible‚ I avoid members of my family.
  58. I seldom get the emotional security I need from a romantic or sexual relationship.
  59. My family usually values my opinion when a family decision is to be made.
  60. Most of my friends are genuinely concerned about my welfare. *
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Échelle de solitude différentielle (DLS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-solitude-differentielle-dls/
Looti, Mohammed. “Échelle de solitude différentielle (DLS).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-solitude-differentielle-dls/.
Looti, Mohammed. “Échelle de solitude différentielle (DLS).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-solitude-differentielle-dls/.