Échelle de Sociotropie-Autonomie (SAS)

L’Échelle de Sociotropie-Autonomie (SAS) de Beck et al. (1983) évalue deux dimensions majeures de vulnérabilité cognitive et de personnalité : la sociotropie et l’autonomie.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’Échelle de Sociotropie-Autonomie (Sociotropy-Autonomy Scale, SAS) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé initialement par Aaron T. Beck, Norman Epstein, Robert P. Harrison et Gary Emery en 1983 au sein du Center for Cognitive Therapy de l’Université de Pennsylvanie. Conçue pour opérationnaliser deux modes de personnalité et dimensions de vulnérabilité cognitive spécifiques identifiées au sein du modèle cognitif de la dépression de Beck, la SAS évalue la sociotropie et l’autonomie. La sociotropie renvoie à un investissement prépondérant dans les relations interpersonnelles, caractérisé par un besoin marqué d’affiliation, d’approbation sociale, de proximité émotionnelle et une sensibilité aiguë au rejet ou à l’abandon. À l’opposé, l’autonomie reflète une focalisation préférentielle sur l’indépendance personnelle, la poursuite d’objectifs individuels, la maîtrise de soi, l’accomplissement instrumental et la préservation de la liberté d’action à l’égard de toute contrainte externe.

Dans sa forme intégrale classique, la SAS comprend 65 items cotés sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout » / Not at All) à 5 (« Énormément » / Very Much). L’instrument a fait l’objet de nombreuses validations empiriques et de raffinements psychométriques (notamment par Clark & Beck, 1991 ; Clark et al., 1995 ; Bieling et al., 2000). Les analyses factorielles révèlent généralement une structure à deux facteurs majeurs sous-tendus par des facettes plus spécifiques, telles que le souci de plaire et la peur du rejet pour la sociotropie, et le goût de la solitude, la liberté de contrôle et l’accomplissement solitaire pour l’autonomie. Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) sont systématiquement élevés pour l’échelle de sociotropie (α ≥ 0,88 à 0,92) et modérés à élevés pour l’échelle d’autonomie (α ≥ 0,75 à 0,85). La SAS constitue un outil de référence incontournable en psychométrie clinique pour investiguer l’hypothèse de congruence diathèse-stress dans les troubles dépressifs et anxieux.

2. Mots-clés

Sociotropie, autonomie, vulnérabilité cognitive, modèle cognitif de la dépression, Aaron T. Beck, personnalité, dépendance interpersonnelle, accomplissement personnel, congruence diathèse-stress, psychométrie clinique.

3. Auteurs

L’Échelle de Sociotropie-Autonomie a été élaborée par un groupe de chercheurs pionniers de la thérapie cognitivo-comportementale rattachés à la Faculté de Médecine de l’Université de Pennsylvanie (Philadelphie, États-Unis) :

  • Aaron T. Beck, M.D. (1921–2021) : Professeur émérite de psychiatrie à l’Université de Pennsylvanie, président et fondateur du Beck Institute for Cognitive Behavior Therapy. Considéré comme le père de la thérapie cognitive.
  • Norman Epstein, Ph.D. : Professeur au Département d’études familiales à l’Université du Maryland, spécialiste renommé des thérapies cognitives de couple et des dynamiques relationnelles.
  • Robert P. Harrison, Ph.D. : Chercheur et psychologue clinicien ayant collaboré aux travaux fondateurs du Center for Cognitive Therapy sur les styles de personnalité et la psychopathologie.
  • Gary Emery, Ph.D. : Psychologue clinicien, directeur du Los Angeles Center for Cognitive Therapy et co-auteur de plusieurs ouvrages de référence avec Aaron Beck, notamment sur les troubles anxieux.

4. Objectif

L’objectif fondamental de la SAS est de fournir une évaluation quantitative standardisée des orientations motivationnelles, affectives et comportementales durables qui structurent le schéma du soi chez les individus. Dans le cadre de la psychopathologie cognitive, Beck postulait que la personnalité n’est pas un concept monolithique, mais s’organise autour de deux grands axes d’investissement existentiel : le domaine interpersonnel (sociotropique) et le domaine de l’accomplissement/autodétermination (autonome). L’instrument a été conçu pour opérationnaliser ces deux dimensions afin de vérifier empiriquement le modèle cognitif de la dépression unipolaire.

Sur le plan clinique, la SAS permet d’identifier les profils de vulnérabilité psychologique chez les patients présentant des épisodes dépressifs majeurs, des états dysthymiques ou des troubles anxieux. En comprenant si le patient organise son estime de soi principalement autour de l’acceptation par les pairs ou autour de ses réalisations personnelles, le clinicien peut conceptualiser plus précisément le cas clinique. Cela oriente le travail thérapeutique sur les croyances intermédiaires (« règles, attitudes et postulats ») et les schémas fondamentaux sous-jacents. Par exemple, un patient à haute composante sociotropique activera des cognitions catastrophiques face aux conflits interpersonnels (« Si quelqu’un ne m’apprécie pas, je ne vaux rien »), tandis qu’un patient à forte composante autonome réagira de manière dépressogène aux obstacles professionnels, aux échecs ou à la perte de contrôle perçue (« Si je ne réussis pas parfaitement mes objectifs, je suis un raté »).

Dans la recherche fondamentale et translationnelle, la SAS sert d’instrument pivot pour tester l’hypothèse de congruence (ou de spécificité d’événement). Selon cette hypothèse formulée par Beck (1987), la dépression se déclenche lorsqu’un individu subit un événement de vie négatif congruent avec sa vulnérabilité de personnalité spécifique (par exemple, une rupture amoureuse ou un rejet social pour une personne sociotropique ; un revers professionnel ou une perte d’autonomie physique pour une personne autonome). La SAS a également été largement employée pour analyser les patrons de réponse pharmacologique et psychothérapeutique, les styles d’attachement chez l’adulte, les biais cognitifs d’attention et de mémoire, ainsi que les dynamiques relationnelles au sein des couples.

5. Construit psychologique

La SAS opérationnalise deux construits de personnalité orthogonaux (ou faiblement corrélés) représentant des orientations motivationnelles et des modes de régulation de l’estime de soi :

La Sociotropie

La sociotropie se définit comme une constellation de traits de personnalité caractérisée par un besoin impérieux de relations interpersonnelles chaleureuses, sécurisantes et valorisantes. Les individus ayant un niveau élevé de sociotropie recherchent activement la proximité, l’intimité, l’approbation et le soutien social. Leur sentiment de valeur personnelle dépend intrinsèquement des signaux de validation, d’acceptation et d’affection émis par autrui.

Ce construit comprend plusieurs sous-facettes comportementales et cognitives :

  • La peur du rejet et de la désapprobation : Vigilance accrue face aux signes d’hostilité, d’indifférence ou de désaccord potentiel chez autrui (ex. : « I am concerned that if people knew my faults or weaknesses they would not like me » ; « I find it difficult to say “no” to people »).
  • La complaisance interpersonnelle : Tendance marquée à subordonner ses propres désirs et besoins à ceux d’autrui pour préserver l’harmonie et éviter toute rupture relationnelle (ex. : « I do things that are not in my best interest in order to please others »).
  • L’intolérance à la solitude : Malaise et sentiment de vide ressentis lors de moments d’isolement ou en l’absence de contacts sociaux (ex. : « I get lonely when I am home by myself at night » ; « I would be uncomfortable dining out in a restaurant by myself »).
  • La quête active de proximité : Sentiment de sécurité psychologique découlant exclusivement des liens interpersonnels étroits (ex. : « Having close ties with other people makes me feel secure »).

L’Autonomie

L’autonomie reflète une orientation de personnalité centrée sur l’indépendance individuelle, la liberté d’action, la poursuite d’objectifs personnels et l’auto-détermination. Pour l’individu hautement autonome, l’estime de soi repose quasi exclusivement sur les accomplissements personnels, la compétence, la maîtrise de l’environnement et l’autosuffisance fonctionnelle et émotionnelle.

Les facettes centrales de ce construit incluent :

  • La valorisation de l’accomplissement personnel : Priorité accordée aux réalisations concrètes et au travail par rapport aux relations sociales (ex. : « I value work accomplishments more than I value making friends » ; « It is more important that I know I’ve done a good job than having others know it »).
  • La préservation de la liberté et de l’indépendance : Aversion marquée envers toute forme de contrôle externe, d’intrusion ou de tentative de diriger sa conduite (ex. : « It bothers me when people try to direct my behavior or activities » ; « It is important to me to be free and independent »).
  • La préférence pour la solitude et l’autonomie d’action : Tendance à résoudre ses difficultés seul et à apprécier des activités individuelles sans solliciter l’aide ou la présence d’autrui (ex. : « When I have a problem, I like to go off on my own and think it through rather than being influenced by others » ; « I like to take long walks by myself »).
  • Le contrôle émotionnel et la fermeture relationnelle : Réticence à partager des informations personnelles perçues comme une invasion de la sphère privée (ex. : « I don’t like to answer personal questions because it feels like an invasion of my privacy »).

6. Cadre théorique

L’élaboration de la SAS s’inscrit au cœur de la théorie cognitive de la psychopathologie développée par Aaron T. Beck (1983, 1987). Beck postulait que les êtres humains ont évolué le long de deux systèmes adaptatifs majeurs nécessaires à la survie de l’espèce : un système social favorisant la coopération, l’appartenance au groupe et l’attachement (sociotropie), et un système d’exploration, de maîtrise environnementale et d’auto-préservation (autonomie). Bien que ces deux systèmes coexistent chez chaque être humain, des variations développementales, génétiques et expérientielles conduisent certains individus à privilégier disproportionnellement l’une de ces orientations.

Sur le plan conceptuel, les dimensions de sociotropie et d’autonomie présentent de fortes convergences théoriques avec d’autres polarités fondamentales de la personnalité proposées par des figures majeures de la psychologie et de la psychanalyse :

  • Le concept de dépendance anaclitique versus introjective développé par Sidney Blatt (1974) dans son modèle des deux configurations de la dépression.
  • Les notions de communion (attachement, coopération, fusion) et d’agentivité (affirmation de soi, indépendance, maîtrise) proposées par David Bakan (1966).
  • La typologie psychanalytique d’Arieti et Bemporad (1980), distinguant la dépression à dominante relationnelle dominante (« dominant other ») de la dépression centrée sur un idéal inatteignable (« dominant goal »).

Le pilier théorique central guidant l’utilisation clinique de la SAS est le modèle de diathèse-stress congruent. Selon Beck, des niveaux élevés de sociotropie ou d’autonomie ne constituent pas en soi des états pathologiques, mais représentent des facteurs de vulnérabilité cognitive silencieux (schémas dormants). Ces schémas ne deviennent dysfonctionnels et dépressogènes que lorsqu’ils sont activés par des stresseurs environnementaux congruents. Ainsi, une rupture sentimentale ou un conflit interpersonnel réactive spécifiquement le schéma sociotropique (« Je suis rejeté, donc je suis abandonné et incapable d’être aimé »), déclenchant une cascade de distorsions cognitives, d’affects dépressifs et de retrait social. Inversement, une perte d’emploi, un rétrogradage professionnel ou une maladie invalidant l’autonomie physique activera le schéma autonome (« J’ai échoué dans mes objectifs, j’ai perdu le contrôle, je ne vaux rien »), précipitant un effondrement de l’estime de soi.

7. Validité

La validité psychométrique de l’Échelle de Sociotropie-Autonomie a fait l’objet de nombreuses investigations dans des populations cliniques et non cliniques :

Validité de construit et convergente

La validité convergente de la SAS a été établie en examinant ses corrélations avec d’autres échelles mesurant la personnalité et la détresse psychologique. L’échelle de Sociotropie corrèle positivement et significativement avec :

  • L’Échelle des attitudes dysfonctionnelles (Dysfunctional Attitude Scale, DAS), plus particulièrement avec le facteur d’approbation et de dépendance (corrélations généralement observées entre r = 0,45 et r = 0,65).
  • Le Beck Depression Inventory (BDI) chez les populations présentant des stresseurs relationnels concomitants.
  • Les mesures de style d’attachement anxieux/préoccupé (r variant de 0,40 à 0,60).
  • Le facteur Névrosisme (Neuroticism) et le facteur Agréabilité (Agreeableness) du modèle des Big Five.

L’échelle d’Autonomie montre des corrélations modérées avec les sous-échelles de performance et de perfectionnisme du DAS, ainsi qu’avec des mesures d’introversion et de besoin d’accomplissement. Elle corrèle négativement ou de façon quasi nulle avec l’Agréabilité du Big Five.

Validité discriminante

Dans la formulation théorique originale de Beck, la sociotropie et l’autonomie devaient former deux dimensions totalement orthogonales. Les études empiriques confirment que la corrélation inter-échelles entre la sociotropie et l’autonomie est généralement très faible ou non significative (typiquement comprise entre r = -0,15 et r = 0,10 selon les échantillons), démontrant une excellente indépendance discriminante entre les deux construits.

Validité prédictive et tests de l’hypothèse de congruence

La validité prédictive a été confirmée par de nombreuses études longitudinales et d’événements de vie (notamment Hammen et al., 1989 ; Robins & Block, 1988 ; Clark et al., 1992). Les sujets présentant un score élevé de sociotropie présentent une augmentation significative de leur symptomatologie dépressive à la suite d’événements négatifs interpersonnels (rejet, divorce, disputes amicales). En revanche, les sujets présentant un score élevé d’autonomie développent des symptômes dépressifs ou dysphoriques plus intenses lorsqu’ils sont confrontés à des événements d’échec instrumental (perte financière, échec académique, privation de liberté décisionnelle).

8. Fidélité

Les propriétés de fidélité de la SAS ont été documentées dans une multitude d’échantillons cliniques (patients dépressifs hospitalisés et ambulatoires) et communautaires (étudiants et adultes tout-venant) :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les études initiales de Beck et al. (1983) ont mis en évidence d’excellents indices de consistance interne :

  • Sous-échelle Sociotropie : Les coefficients alpha de Cronbach (α) varient de 0,88 à 0,92 selon les études (Clark & Beck, 1991 ; Clark et al., 1995 ; Bieling et al., 2000), démontrant une homogénéité remarquable des items sociotropiques.
  • Sous-échelle Autonomie : Les coefficients de cohérence interne pour l’autonomie sont généralement plus modérés mais satisfaisants, oscillant entre 0,75 et 0,85. Cette légère disparité s’explique par la nature plus multidimensionnelle et hétérogène du construit d’autonomie (englobant à la fois l’indépendance de contrôle, la solitude choisie et l’orientation vers le travail).

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle de la SAS a été testée sur des intervalles allant de quelques semaines à plusieurs mois :

  • Sur un intervalle de 4 à 6 semaines chez des étudiants universitaires, les coefficients de corrélation test-retest se situent entre r = 0,70 et r = 0,82 pour la sociotropie, et entre r = 0,65 et r = 0,76 pour l’autonomie.
  • Chez des patients déprimés en rémission clinique, les scores de la SAS demeurent stables, confirmant que l’instrument capture des traits de vulnérabilité stables plutôt que de simples fluctuations d’état émotionnel aiguës (Clark & Beck, 1991).

9. Analyse factorielle

La structure factorielle de la SAS originale de 65 items a fait l’objet de débats et de raffinements méthodologiques continus au sein de la littérature psychométrique :

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE) initiales

L’analyse factorielle exploratoire princeps conduite par Beck et al. (1983) a isolé deux facteurs majeurs correspondant à la sociotropie et à l’autonomie. Toutefois, l’extraction de facteurs secondaires a rapidement montré que chaque méga-dimension contenait des sous-facteurs distincts :

  • Pour la Sociotropie, les analyses factorielles révèlent principalement deux composantes dominantes : le souci de plaire / dépendance affective (peur de décevoir, sensibilité à la critique) et le besoin d’affiliation (désir de contacts fréquents, aversion à la solitude).
  • Pour l’Autonomie, trois sous-composantes ont été identifiées : l’accomplissement individuel (focalisation sur les tâches et la compétence personnelle), la liberté de contrôle (réaction négative aux tentatives d’autorité externe) et la solitude / autosuffisance (préférence pour l’isolement dans la résolution de problèmes).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et Raffinements Psychométriques

David A. Clark et Aaron T. Beck (1991), suivis par Clark, Steer, Beck et Ross (1995), ont réexaminé la structure factorielle de la SAS afin d’éliminer les items présentant des saturations croisées ou une faible communalité. Leurs analyses factorielles confirmatoires ont démontré qu’un modèle épuré (souvent désigné sous le nom de SAS révisée ou SAS-R) améliorait significativement les indices d’ajustement global (RMSEA < 0,06, CFI > 0,90) en clarifiant la distinction entre la sociotropie et l’autonomie.

Bieling, Beck et Brown (2000) ont approfondi cette structure dans un échantillon clinique de patients souffrant de trouble dépressif majeur. Ils ont confirmé que le facteur de Sociotropie est particulièrement robuste et unitaire, alors que le facteur d’Autonomie gagne à être conceptualisé selon deux axes principaux : l’autonomie d’accomplissement (solitary achievement) et l’autonomie de distanciation/non-influence (freedom from control). Les saturations factorielles des items primaires sur leurs facteurs respectifs dépassent généralement 0,40, avec des valeurs atteignant 0,65 pour les items phares de sociotropie (ex. : « I apologize to others more than I need to », « It is important for me to be liked and approved by others »).

10. Instrument de mesure

L’Échelle de Sociotropie-Autonomie est structurée selon les caractéristiques méthodologiques suivantes :

  • Type d’instrument : Questionnaire psychométrique auto-rapporté (auto-évaluation).
  • Nombre d’items : 65 énoncés affirmatifs évaluant des réactions cognitives, affectives et comportementales face à des contextes relationnels ou d’accomplissement.
  • Format de réponse : Échelle de Likert en 5 points graduée comme suit :
    • 1 = Pas du tout (Not at All)
    • 2 = Un peu (A Little)
    • 3 = Modérément (Some)
    • 4 = Beaucoup (Much)
    • 5 = Énormément (Very Much)
  • Temps de passation : Environ 15 à 20 minutes pour la version intégrale de 65 items.
  • Modalités de cotation :
    • L’instrument produit deux scores composites globaux distincts : le score de Sociotropie et le score d’Autonomie.
    • Le calcul s’effectue en sommant les points associés aux items assignés à chaque dimension respective.
    • Certains items sont formulés dans le sens inverse et nécessitent une inversion de score avant le calcul des totaux.
    • Des scores élevés sur une dimension indiquent une forte saillance de ce schéma de personnalité et une vulnérabilité potentielle accrue aux événements de vie négatifs congruents.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de développement : 1983 (manuscrit original non publié du Center for Cognitive Therapy) ; formalisation théorique et empirique majeure en 1987 et 1991.
  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les droits originaux sont détenus par les auteurs (Aaron T. Beck, Norman Epstein, Robert P. Harrison, Gary Emery) et le Center for Cognitive Therapy de l’Université de Pennsylvanie.
  • Conditions d’utilisation et tarifs : L’échelle originale a été largement diffusée à des fins de recherche académique et d’évaluation clinique non commerciale. L’utilisation dans le cadre de protocoles de recherche universitaire ou d’enseignement est généralement libre de redevance, à condition de citer rigoureusement les publications princeps. Pour tout usage commercial, d’intégration dans des plateformes logicielles propriétaires ou de validation industrielle, une demande formelle d’autorisation doit être adressée aux ayants droit ou au Beck Institute for Cognitive Behavior Therapy.

12. Références

Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives à la SAS sont les suivantes :

  • Bakan, D. (1966). The duality of human existence: Isolation and communion in Western man. Rand McNally.
  • Beck, A. T. (1983). Cognitive therapy of depression: New perspectives. In P. J. Clayton & J. E. Barrett (Eds.), Treatment of Depression: Old Controversies and New Approaches (pp. 265–290). Raven Press.
  • Beck, A. T. (1987). Cognitive models of depression. Journal of Cognitive Psychotherapy, 1(1), 5–37.
  • Beck, A. T., Epstein, N., Harrison, R. P., & Emery, G. (1983). Development of the Sociotropy-Autonomy Scale: A measure of personality factors in psychopathology. Unpublished manuscript, Center for Cognitive Therapy, University of Pennsylvania Medical School, Philadelphia.
  • Bieling, P. J., Beck, A. T., & Brown, G. K. (2000). The Sociotropy–Autonomy Scale: Structure and implications. Cognitive Therapy and Research, 24(6), 763–780. https://doi.org/10.1023/A:1005599714224
  • Blatt, S. J. (1974). Levels of object representation in anaclitic and introjective depression. The Psychoanalytic Study of the Child, 29(1), 107–157. https://doi.org/10.1080/00797308.1974.11822616
  • Clark, D. A., & Beck, A. T. (1991). Personality factors in dysphoria: A psychometric refinement of Beck’s Sociotropy-Autonomy Scale. Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment, 13(4), 369–388. https://doi.org/10.1007/BF00960448
  • Clark, D. A., Beck, A. T., & Brown, G. K. (1992). Sociotropy, autonomy, and depression: Personality cognitive vulnerability to depression. Journal of Abnormal Psychology, 101(4), 632–638. https://doi.org/10.1037/0021-843X.101.4.632
  • Clark, D. A., Steer, R. A., Beck, A. T., & Ross, L. (1995). Psychometric characteristics of revised Sociotropy and Autonomy Scales in college students. Behaviour Research and Therapy, 33(3), 325–334. https://doi.org/10.1016/0005-7967(94)00074-S
  • Hammen, C., Ellicott, A., Gitlin, M., & Jamison, K. R. (1989). Sociotropy/autonomy and vulnerability to specific life events in patients with unipolar depression and bipolar disorders. Journal of Abnormal Psychology, 98(2), 154–160. https://doi.org/10.1037/0021-843X.98.2.154
  • Robins, C. J., & Block, P. (1988). Personal vulnerability, life events, and depressive episodes: A test of the diathesis-stress model. Journal of Personality and Social Psychology, 54(5), 847–852. https://doi.org/10.1037/0022-3514.54.5.847

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format:
1 = Not at All, 2 = A Little, 3 = Some, 4 = Much, 5 = Very Much

  1. I feel I have to be nice to other people.
  2. It is important to me to be free and independent.
  3. It is more important that I know I’ve done a good job than having others know it.
  4. I enjoy doing things more when I am with other people.
  5. I am afraid of hurting other people’s feelings.
  6. It bothers me when people try to direct my behavior or activities.
  7. I find it difficult to say “no” to people.
  8. I feel bad if I do not have some social plans for the weekend.
  9. I like being a unique individual more than being a member of a group.
  10. When I feel sick, I like to be left alone.
  11. I am concerned that if people knew my faults or weaknesses they would not like me.
  12. If I think I am right about something, I feel comfortable expressing myself even if others don’t like it.
  13. When visiting people, I get fidgety just sitting around talking and would rather get up and do something.
  14. It is more important to meet your own goals on a task than to meet another person’s goals.
  15. I do things that are not in my best interest in order to please others.
  16. I like to take long walks by myself.
  17. I tend to be direct with people and tell them what I think.
  18. I am more concerned that people like me than I am about making important achievements.
  19. I would be uncomfortable dining out in a restaurant by myself.
  20. I don’t enjoy myself when I feel that someone in my life doesn’t really care about me.
  21. I am not influenced by others in what I decide to do.
  22. It is very important that I feel free to get up and go wherever I want.
  23. I value work accomplishments more than I value making friends.
  24. I find it important to be in control of my emotions.
  25. I get uncomfortable when I am not sure how I am expected to behave in front of others.
  26. I feel more comfortable helping others than receiving help.
  27. It would not be much fun for me to travel to a new place all alone.
  28. If a friend has not called for a while, I get worried that he or she has forgotten me.
  29. It is more important to be active and doing things than being close with other people.
  30. I get uncomfortable around a person who clearly does not like me.
  31. If a goal is important to me, I try for it even if it makes other people uncomfortable.
  32. I find it difficult to be separated from people I love.
  33. Once I make a decision, I rarely change my mind.
  34. When I achieve a goal, I get more satisfaction from achieving the goal than from praise I might get from others.
  35. I am careful about what I say because I am concerned that others may disapprove or disagree.
  36. I get lonely when I am home by myself at night.
  37. I often find myself thinking about friends or family.
  38. I prefer to make my own plans, so I am not controlled by others.
  39. I can comfortably be by myself all day without feeling a need to have someone around.
  40. If somebody criticizes how I look, I feel I am not attractive to other people.
  41. It is more important to get a job done than to worry about other people’s reactions.
  42. I like to spend my free time with others.
  43. I don’t like to answer personal questions because it feels like an invasion of my privacy.
  44. When I have a problem, I like to go off on my own and think it through rather than being influenced by others.
  45. In relationships, people often are too demanding of each other.
  46. I am uneasy when I cannot tell whether or not someone I’ve met likes me.
  47. I set my own standards and goals for myself rather than accepting those of other people.
  48. I apologize to others more than I need to.
  49. I prefer to “work out” my personal problems by myself.
  50. It is important for me to be liked and approved by others.
  51. I enjoy accomplishing things whether or not I get credit for them.
  52. Having close ties with other people makes me feel secure.
  53. When I am with other people, I look for signs of whether or not they like being with me.
  54. I like to go off on my own, exploring new places – without other people.
  55. If I think somebody may be upset at me, I want to apologize.
  56. I like to be certain that there is somebody close can contact in case something unpleasant happens to me.
  57. I feel trapped when I have to sit through a long meeting.
  58. I don’t like people to invade my privacy.
  59. I feel uncomfortable when I feel I am not like everyone else.
  60. When I am working on a difficult problem, I prefer to work it out myself than have someone show me how to do it.
  61. The worst part about being in jail would be not being able to move around freely.
  62. The worst part about growing old is being left alone.
  63. I worry that somebody I love will die.
  64. Even if I think others will reject me, I still stand up for my rights.
  65. I get very annoyed when a task is not completed.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 2). Échelle de Sociotropie-Autonomie (SAS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-sociotropie-autonomie-sas/
Looti, Mohammed. “Échelle de Sociotropie-Autonomie (SAS).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-sociotropie-autonomie-sas/.
Looti, Mohammed. “Échelle de Sociotropie-Autonomie (SAS).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-sociotropie-autonomie-sas/.