1. Résumé / Abstract
L’Échelle de sécurité et de plaisir social (en anglais, Social Safeness and Pleasure Scale — SSPS) est un instrument psychométrique auto-rapporté développé par le professeur Paul Gilbert et ses collaborateurs en 2009. Conçue initialement au sein de l’Unité de recherche en santé mentale de l’Université de Derby, cette échelle évalue dans quelle mesure les individus perçoivent leur environnement relationnel et social comme étant sécurisant, chaleureux, apaisant et source d’affiliation. Contrairement aux mesures traditionnelles d’affects positifs qui se focalisent préférentiellement sur les émotions d’excitation, de fierté ou de recherche de récompense (affects activateurs médiés par le système dopaminergique), la SSPS cible spécifiquement les affects de basse activation associés au système d’apaisement et de contentement (médiés par l’ocytocine et les endorphines).
L’instrument se compose de 11 items (dérivés d’une conceptualisation initiale à 12 énoncés basée sur 14 descripteurs affectifs qualitatifs) administrés selon une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points allant de 1 (« Presque jamais ») à 5 (« Presque tout le temps »). La structure factorielle de l’outil est strictement unidimensionnelle, reflétant un construit unifié de sécurité sociale perçue, d’appartenance et de réconfort interpersonnel. Les items explorent le sentiment d’être accepté, connecté, compris, inclus et rassuré par autrui.
Sur le plan métrologique, l’échelle présente des qualités psychométriques remarquables, établies auprès d’échantillons cliniques et non cliniques. La cohérence interne est exceptionnellement élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach (Cronbach’s alpha) oscillant couramment entre .91 et .94, et un oméga de McDonald excédant régulièrement .92. La fidélité test-retest confirme une excellente stabilité temporelle à court et moyen terme. En termes de validité convergente et prédictive, la SSPS démontre des corrélations positives solides avec l’auto-compassion, l’attachement sécurisant et le soutien social perçu, ainsi que des associations négatives robustes avec l’autocritique destructive, la honte externalisée et internalisée, les symptômes dépressifs et l’anxiété sociale. L’échelle constitue aujourd’hui un instrument fondamental en Thérapie Fondée sur la Compassion (CFT) et en psychopathologie évolutionniste.
2. Mots-clés / Keywords
sécurité sociale, apaisement affectif, chaleur relationnelle, Thérapie Fondée sur la Compassion, Paul Gilbert, affiliation, attachement sécurisant, régulation émotionnelle, psychométrie, autocritique, dépression, sentiment d’appartenance.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle de sécurité et de plaisir social a été élaborée et validée par une équipe de chercheurs britanniques spécialistes des approches évolutionnistes et cognitives de la santé mentale :
- Paul Gilbert, Ph.D., FBPsS, OBE — Professeur de psychologie clinique à l’Université de Derby et fondateur de la Compassionate Mind Foundation, Derby, Royaume-Uni. Pionnier mondial de la Thérapie Fondée sur la Compassion (CFT).
- Kirsten McEwan, Ph.D. — Chercheuse en psychologie de la santé et psychométrie, Mental Health Research Unit, Kingsway Hospital, University of Derby, Royaume-Uni.
- Rita Mitra — Psychologue clinicienne et chercheuse associée, Mental Health Research Unit, University of Derby, Royaume-Uni.
- Arlene Richter — Chercheuse clinicienne, Derbyshire Healthcare NHS Foundation Trust, Royaume-Uni.
- Linda Franks — Collaboratrice de recherche en neuropsychiatrie clinique, Kingsway Hospital, Derby, Royaume-Uni.
- Austin Mills — Chercheur associé, Mental Health Research Unit, Derby, Royaume-Uni.
- Rebecca Bellew — Psychologue clinicienne, University of Derby, Royaume-Uni.
- Chris Gale, FRCPsych — Psychiatre consultant et professeur associé de psychiatrie, Kingsway Hospital et Université de Derby, Royaume-Uni.
4. Objectif / Purpose
L’objectif principal de la Social Safeness and Pleasure Scale (SSPS) est d’évaluer quantitativement l’expérience subjective de la sécurité sociale, définie comme la propension d’un individu à ressentir que son monde relationnel est bienveillant, chaleureux, protecteur et apaisant. Jusqu’au milieu des années 2000, la littérature psychologique évaluait majoritairement les émotions positives à travers le prisme de l’énergie, de la vitalité, de l’enthousiasme et du plaisir lié à l’accomplissement personnel (affects de type « activation/approche » ou drive), mesurés par exemple par le PANAS. Or, les modèles évolutionnistes et éthologiques suggèrent que la santé psychique dépend de façon cruciale d’un second type d’affect positif : le calme, le contentement et la quiétude relationnelle.
La SSPS a été spécifiquement conçue pour combler ce déficit d’évaluation en fournissant un outil capable de mesurer la réactivité du système d’apaisement interpersonnel. Dans la pratique clinique et la recherche empirique, la SSPS répond à plusieurs besoins impératifs :
- Diagnostic fonctionnel des déficits d’apaisement : Identifier les patients qui, bien que capables de ressentir du plaisir lié au succès ou au statut, demeurent incapables de se sentir en sécurité, aimés et rassurés au sein de leurs groupes d’appartenance. Ce profil est omniprésent dans les troubles de l’humeur, les troubles de la personnalité limite (borderline) et les traumatismes complexes de l’attachement.
- Suivi longitudinal des interventions psychothérapeutiques : L’échelle sert de mesure de résultat (outcome measure) de premier plan dans le cadre de la Thérapie Fondée sur la Compassion (CFT) développée par Paul Gilbert, des thérapies cognitivo-comportementales de troisième vague et des interventions basées sur la pleine conscience. Elle permet de vérifier si les exercices de compassion (génération d’images bienveillantes, réconfort somatique, acceptation) parviennent à restaurer un sentiment viscéral de sécurité relationnelle.
- Différenciation affective dans les troubles bipolaires et unipolaires : Lors de sa publication princeps en 2009, l’outil avait pour but de discriminer les profils d’affects positifs chez les patients atteints de trouble bipolaire en phase d’euthymie ou de manie par rapport aux étudiants et aux sujets témoins, démontrant que l’élévation d’affects activés ne s’accompagne pas nécessairement d’une sécurité sociale harmonieuse.
- Compréhension des processus de résilience interpersonnelle : En milieu organisationnel ou académique, l’échelle permet de mesurer le sentiment de cohésion, d’inclusion et de soutien perçu, des variables clés dans la prévention du syndrome d’épuisement professionnel (burnout) et de l’isolement social.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit de sécurité et plaisir social (Social Safeness) renvoie à un état affectif et cognitif dynamique dans lequel l’individu perçoit les membres de son entourage non pas comme des compétiteurs potentiels, des juges critiques ou des menaces de rejet, mais comme des sources actives de soutien, de considération et de réconfort. Ce construit se structure autour de plusieurs composantes phénoménologiques et relationnelles complémentaires :
1. Le sentiment d’appartenance et d’inclusion (Belonging and Inclusion)
L’être humain étant une espèce obligatoirement sociale, l’intégration au groupe constitue une condition fondamentale de survie. Les items tels que « I feel a sense of belonging » et « I feel included by other people » capturent l’absence de marginalisation perçue. L’individu sent qu’il possède une place légitime au sein de sa communauté, de son cercle amical ou de sa famille, désactivant ainsi les signaux d’alerte liés à l’isolement ou au bannissement social.
2. L’apaisement interpersonnel et la co-régulation (Interpersonal Soothing)
Cette dimension évalue la capacité à utiliser la présence d’autrui pour réguler ses propres états de détresse psychologique et physiologique. Les énoncés « I feel easily soothed by those around me » et « I find it easy to feel calmed by people close to me » traduisent l’opérationnalisation de la théorie de l’attachement de John Bowlby : la proximité d’une figure d’attachement bienveillante fonctionne comme un havre de sécurité (safe haven) diminuant l’activation du système nerveux sympathique.
3. L’acceptation inconditionnelle et le sentiment d’être désiré (Acceptance and Being Wanted)
Les items « I feel secure and wanted » et « I feel accepted by people » reflètent la croyance fondamentale que l’on possède une valeur sociale intrinsèque sans devoir constamment prouver sa compétence ou mériter l’amour d’autrui. À l’opposé des sentiments de honte toxique où la personne craint d’être démasquée comme défectueuse, la sécurité sociale confère l’assurance que les faiblesses individuelles ne provoqueront ni rejet ni mépris.
4. La résonance affective et la chaleur partagée (Relational Warmth)
Exprimée à travers des énoncés comme « I feel warm feelings between myself and other people » et « I feel a sense of warmth in my relationships with people », cette facette concerne l’expérience affective embodied (incarnée) de douceur, de bienveillance mutuelle et de connexion intime. La chaleur relationnelle renvoie à la signature neurobiologique de l’affiliation, générant un sentiment global de paix et de contentement (contentment).
5. L’interconnexion et la transcendance relationnelle (Connectedness and Greater Wholeness)
Enfin, les items « I feel connected to others » et « I feel part of something greater than myself » capturent le dépassement du soi égocentrique et de l’isolement existentiel. L’individu expérimente un sentiment d’unité et de réciprocité dans lequel il se sait soutenu par le tissu relationnel du monde environnant (« I have a sense of being cared about in the world »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique soutenant la SSPS repose sur l’approche évolutionniste et biopsychosociale de la régulation émotionnelle formulée par Paul Gilbert dans les années 2000, elle-même articulée aux travaux de John Bowlby sur l’attachement et à la théorie polyvagale de Stephen Porges.
Le modèle des trois systèmes de régulation des affects
Selon Gilbert, l’évolution a façonné le cerveau humain en dotant notre système nerveux de trois grands circuits de régulation des motivations et des émotions, chacun présentant des fonctions adaptatives distinctes :
- 1. Le système de menace et de protection (Threat and Self-Protection System) : Focalisé sur la détection des dangers physiques ou sociaux (rejet, exclusion, humiliation). Il est médié par l’amygdale, l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) et les catécholamines (adrénaline, noradrénaline). Ses émotions signatures sont la peur, la colère, le dégoût et la honte.
- 2. Le système de recherche de ressources et d’activation (Drive, Resource-Seeking and Excitement System) : Orienté vers l’acquisition de nourriture, de partenaires sexuels, de statut et d’accomplissement. Il repose sur les voies dopaminergiques de la récompense (noyau accumbens). Ses émotions signatures sont l’excitation, l’élan vital, l’ambition et l’euphorie.
- 3. Le système d’apaisement, de contentement et de sécurité (Soothing, Contentment and Safeness System) : Évolutivement lié à l’apparition des soins parentaux chez les mammifères et aux relations d’attachement. Il permet à l’organisme de se régénérer lorsque les menaces sont absentes et que les besoins immédiats sont assouvis. Ce système repose sur les récepteurs à l’ocytocine, les endorphines et la branche ventrale du nerf vague (système parasympathique). Ses émotions sont la quiétude, la paix, la chaleur relationnelle et la sécurité affective.
La SSPS est précisément le premier instrument psychométrique à opérationnaliser le fonctionnement optimal de ce troisième système dans le domaine social. Lorsque ce système est sous-activé — souvent en raison de négligences précoces, d’attachements insécurisants ou de traumatismes relationnels —, l’individu demeure bloqué dans une vigilance défensive permanente (système de menace) ou dans une quête compulsive de performance (système de drive), incapable de savourer le lien à autrui.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la SSPS a été examinée et confirmée dans de nombreuses cohortes à travers le monde, tant au sein de populations universitaires que chez des patients présentant des troubles psychiatriques majeurs (dépression majeure, troubles anxieux, troubles bipolaires, troubles des conduites alimentaires).
Validité convergente
La validité convergente de la SSPS est illustrée par des corrélations fortes et hautement significatives avec les échelles mesurant des construits affiliatifs et sécurisants :
- Auto-compassion : Des associations positives substantielles (généralement r compris entre .55 et .68, p < .001) sont observées avec l’échelle de l’auto-compassion de Kristin Neff (Self-Compassion Scale – SCS), en particulier avec les sous-échelles de bienveillance envers soi (self-kindness) et d’humanité commune (common humanity).
- Attachement sécurisant : La SSPS corrèle négativement de manière très robuste avec les dimensions d’anxiété d’attachement et d’évitement de l’attachement de l’échelle ECR (Experiences in Close Relationships), attestant que les sujets affichant une haute sécurité sociale bénéficient de modèles internes opérants sécurisants.
- Soutien social perçu : Des corrélations positives élevées (r > .60) sont constamment rapportées avec l’échelle multidimensionnelle du soutien social perçu (MSPSS).
- Capacité d’auto-réconfort : Sur l’échelle des formes d’autocritique et d’auto-réconfort (Forms of Self-Criticising/Attacking and Self-Reassuring Scale — FSCRS), la SSPS corrèle positivement avec le « moi rassurant » (reassured self ; r = .58 à .70).
Validité discriminante et divergente
L’échelle discrimine parfaitement la sécurité sociale des états de psychopathologie et de détresse psychologique :
- Dépression et anxiété : Des corrélations négatives marquées sont établies avec le Beck Depression Inventory (BDI-II) et la DASS-21 (r variant de -.50 à -.65), démontrant que l’absence de sécurité sociale perçue est un marqueur prévalent des états dépressifs.
- Autocritique et haine de soi : La SSPS montre de fortes corrélations négatives avec le « moi inadéquat » (inadequate self, r ≈ -.60) et le « moi haineux » (hated self, r ≈ -.50 à -.62) de la FSCRS.
- Honte : Des corrélations inverses fortes sont retrouvées avec l’Experience of Shame Scale (ESS) et l’Other As Shamer Scale (OAS), confirmant que la honte est l’antithèse émotionnelle directe de la sécurité relationnelle.
Validité différentielle vis-à-vis des affects positifs activateurs
Une étape décisive franchie par Gilbert et al. (2009) a été de démontrer que la SSPS ne se superpose pas aux mesures classiques d’affects positifs (PANAS positif). Alors que le PANAS positif est corrélé à la recherche d’objectifs et à l’extraversion, la SSPS prédit de façon unique la régulation de l’anxiété et le bien-être subjectif résilient, confirmant son unicité empirique.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Échelle de sécurité et de plaisir social a fait l’objet d’évaluations rigoureuses dans de multiples contextes linguistiques et cliniques.
Cohérence interne
Dans l’étude princeps menée par Gilbert et al. (2009), la cohérence interne mesurée par le coefficient alpha de Cronbach s’est élevée à α = .92 dans un échantillon de 160 étudiants, et à α = .91 dans un groupe clinique de patients souffrant de trouble bipolaire. Ces valeurs dépassent largement le seuil d’admissibilité standard de .70 ou .80 pour les instruments de mesure en psychologie clinique.
Les réplications ultérieures confirment cette homogénéité exceptionnelle :
- Dans l’adaptation portugaise réalisée par Pinto-Gouveia et al. (2015) auprès d’échantillons universitaires et de la population générale (N > 800), les valeurs d’alpha de Cronbach étaient de .94, avec un coefficient oméga de McDonald (ω) de .94.
- Dans des études menées auprès de populations d’adolescents et de patients souffrant de dépression majeure ou de troubles anxieux, la cohérence interne est restée comprise entre .90 et .93.
- Les corrélations inter-items corrigées se situent généralement dans un intervalle idéal compris entre .52 et .78, prouvant qu’aucun item n’est redondant ni marginal.
Fidélité temporelle (Test-Retest)
La stabilité temporelle a été testée sur des intervalles de 2 à 6 semaines au sein d’échantillons non cliniques en conditions stables. Le coefficient de corrélation intra-classe (ICC) et le r de Pearson dépassent systématiquement .82 (souvent r = .84 à .87 sur un intervalle de 4 semaines), démontrant que la SSPS mesure un trait psychologique stable tout en demeurant sensible aux transformations induites par une psychothérapie ciblée.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la SSPS a été investiguée à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmée par de multiples analyses factorielles confirmatoires (AFC).
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de la phase de conception, Gilbert et al. sont partis d’une extraction en composantes principales avec rotation orthogonale et oblique sur les énoncés développés à partir de 14 adjectifs affiliatifs initiaux. Les résultats ont systématiquement dégagé un seul facteur dominant présentant une valeur propre (eigenvalue) très supérieure à 1 (fréquemment supérieure à 6.0), expliquant à lui seul entre 55 % et 68 % de la variance totale des scores. L’examen du graphique d’éboulis (scree plot) de Cattell a sans ambiguïté soutenu une solution unifactorielle stricte.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modélisations par équations structurelles (SEM) ont ultérieurement confirmé l’adéquation remarquable du modèle unidimensionnel à 11 items. Les indices d’ajustement répertoriés dans la littérature contemporaine (notamment les validations internationales de Pinto-Gouveia et al., 2015, et Kelly et al., 2012) affichent des critères d’adéquation robustes :
- Chi-deux normé : $\chi^2/dl < 2.5$
- CFI (Comparative Fit Index) : $ge .96$ (couramment compris entre .96 et .98)
- TLI (Tucker-Lewis Index) : $ge .95$
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : $le .055$ (avec un intervalle de confiance à 90 % situé entre .038 et .068)
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : $le .035$
Toutes les saturations factorielles standardisées ($lambda$) des 11 items sur le facteur latent unique sont substantielles et statistiquement significatives ($p < .001$), se situant pour la totalité des énoncés entre .62 et .86. Ces indices statistiques démontrent sans équivoque que les items convergent de façon synergique pour opérationnaliser le sentiment global de sécurité et d’apaisement relationnel.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Échelle de sécurité et de plaisir social (Social Safeness and Pleasure Scale — SSPS).
- Auteurs de référence : Paul Gilbert, Kirsten McEwan, Rita Mitra, Arlene Richter, Linda Franks, Austin Mills, Rebecca Bellew et Chris Gale (2009).
- Domaine d’évaluation : Psychométrie clinique, affects d’affiliation, régulation émotionnelle, sécurité d’attachement interpersonnelle.
- Format d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé.
- Nombre d’items : 11 items rédigés sous la forme d’affirmations affirmatives positives.
- Temps moyen de passation : Environ 2 à 3 minutes.
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de Likert en 5 points :
- 1 = Presque jamais (Almost never)
- 2 = Rarement (Rarely)
- 3 = Parfois (Sometimes)
- 4 = Souvent (Often)
- 5 = Presque tout le temps (Almost all the time)
- Procédure de cotation (Scoring) :
- Tous les items sont cotés de manière directe.
- Aucun item inversé (aucun reverse scoring).
- Le score global s’obtient par la somme arithmétique simple des 11 items.
- Étendue des scores totaux possibles : de 11 à 55 points (certaines adaptations initiales codées de 0 à 4 donnaient une étendue de 0 à 44, mais la version standard publiée utilise l’ancrage 1 à 5).
- Interprétation clinique des scores :
- Score élevé (45 à 55) : Forte perception de sécurité sociale, attachement sécurisant, excellente capacité à mobiliser le système d’apaisement relationnel face au stress.
- Score modéré (30 à 44) : Sentiment moyen de connexion ; l’individu peut ressentir une appartenance sociale adéquate dans des circonstances favorables, mais éprouver des difficultés d’auto-réconfort en période de crise relationnelle.
- Score faible (11 à 29) : Déficit sévère d’apaisement et de sécurité sociale. Marqueur de vulnérabilité clinique caractérisé par une hypervigilance envers le rejet social, une autocritique prononcée, une propension à la honte et des risques majeurs de dépression ou d’anxiété sociale.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
Année de publication princeps : 2009.
Conditions d’utilisation et statut légal : La Social Safeness and Pleasure Scale est un instrument du domaine public académique, mis à disposition selon le principe de la science ouverte. Le professeur Paul Gilbert et la Compassionate Mind Foundation autorisent librement l’utilisation, la reproduction et l’administration de l’échelle à des fins de recherche scientifique clinique, d’enseignement universitaire et de pratique psychothérapeutique individuelle ou institutionnelle sans but lucratif.
Tarifs : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite. Aucun droit d’enregistrement, redevance ou coût d’acquisition de licence n’est exigé.
Conditions déontologiques et citation : Les utilisateurs ont l’obligation d’attribuer adéquatement la paternité intellectuelle de l’outil en citant l’article de référence princeps (Gilbert et al., 2009) dans toute publication, thèse ou rapport d’évaluation. Toute exploitation commerciale intégrée à des logiciels payants ou des plateformes commerciales propriétaires nécessite l’autorisation formelle écrite préalable des auteurs ou de la fondation dépositaire.
12. Références / References
Les références ci-dessous constituent le socle théorique, méthodologique et empirique de l’instrument :
- Gilbert, P., McEwan, K., Mitra, R., Richter, A., Franks, L., Mills, A., Bellew, R., & Gale, C. (2009). An exploration of different types of positive affect in students and patients with bipolar disorder. Clinical Neuropsychiatry, 6(4), 135–143. Lien direct vers l’article
- Gilbert, P. (2005). Compassion: Conceptualisations, research and use in psychotherapy. Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203003459
- Gilbert, P. (2010). Compassion Focused Therapy: Distinctive features. Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203851197
- Kelly, A. C., Zuroff, D. C., Leybman, M. J., & Gilbert, P. (2012). Social safeness, received social support, and maladjustment: Testing a mediator model of affection and acceptance. British Journal of Clinical Psychology, 51(1), 81–93. https://doi.org/10.1111/j.2044-8260.2011.02011.x
- Neff, K. D. (2003). The development and validation of a scale to measure self-compassion. Self and Identity, 2(3), 223–250. https://doi.org/10.1080/15298860309027
- Pinto-Gouveia, J., Duarte, C., Matos, M., & Fráguas, S. (2014). The dual nature of social safeness and warmth: Psychometric properties of the Social Safeness and Pleasure Scale in a clinical sample. Psychiatry Research, 220(3), 1084–1090. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2014.08.060
- Porges, S. W. (2007). The polyvagal perspective. Biological Psychology, 74(2), 116–143. https://doi.org/10.1016/j.biopsycho.2006.06.009
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions: We are interested in how people experience pleasure, positive feelings and emotions in social situations. Below are a series of statements about how you may feel in various situations. Please read each statement carefully and circle the number that best describes how you feel.
Response scale:
1 = Almost never
2 = Rarely
3 = Sometimes
4 = Often
5 = Almost all the time
- I feel content within my relationships
- I feel easily soothed by those around me
- I feel connected to others
- I feel part of something greater than myself
- I have a sense of being cared about in the world
- I feel secure and wanted
- I feel a sense of belonging
- I feel accepted by people
- I feel warm feelings between myself and other people
- I feel a sense of warmth in my relationships with people
- I feel included by other people