- 1. Résumé / Abstract
- 2. Mots-clés / Keywords
- 3. Auteurs / Authors
- 4. Objectif / Purpose
- 5. Construit psychologique / Construct
- 6. Cadre théorique / Theoretical Framework
- 7. Validité / Validity
- 8. Fidélité / Reliability
- 9. Analyse factorielle / Factor Analysis
- 10. Instrument de mesure / Instrument
- 11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- 12. Références / References
- 13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
1. Résumé / Abstract
L’Échelle de Responsabilité Sociale du Consommateur (Consumer Social Responsibility Scale, ou CnSR), développée initialement par John H. Antil en 1984 dans la continuité des travaux pionniers menés avec Peter D. Bennett (1979), constitue l’un des instruments psychométriques fondateurs pour mesurer l’engagement éthique, écologique et sociétal des individus dans leurs comportements d’achat et d’usage. Cet instrument évalue le degré auquel les consommateurs intègrent les répercussions environnementales, sociales et économiques de leurs décisions marchandes et modifient délibérément leur conduite pour atténuer ces impacts. Structurée autour de 40 items administrés selon une échelle de Likert en 5 points (allant de 1 = Fortement en désaccord à 5 = Fortement d’accord), la CnSR appréhende un spectre comportemental et attitudinal étendu englobant la réduction active de la consommation, le recyclage systématique, la sensibilité à l’écoconception, le soutien aux entreprises socialement responsables, ainsi que la propension au boycott éthique et au sacrifice financier ou personnel.
Sur le plan psychométrique, l’échelle démontre une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant historiquement entre 0,88 et 0,94 selon les échantillons étudiés, attestant d’une grande robustesse d’ensemble. Bien que conçue originellement comme une mesure globale unidimensionnelle d’intensité de la responsabilité sociale, des analyses factorielles confirmatoires ultérieures ont mis en exergue une structure sous-jacente multidimensionnelle comprenant des facteurs tels que l’obligation personnelle et le sacrifice consenti, le scepticisme environnemental et l’externalisation de la responsabilité, l’action consumériste collective (boycott, recyclage, régulation étatique) et la sensibilité aux pratiques éthiques organisationnelles. La validité convergente et la validité prédictive de la CnSR ont été confirmées dans de multiples recherches empiriques en marketing social, en politique publique et en psychologie environnementale, établissant des corrélations significatives entre les scores obtenus et les comportements écologiques réels (achats labellisés, tri des déchets, économies d’énergie).
2. Mots-clés / Keywords
Responsabilité sociale du consommateur, CnSR, consommation éthique, comportement pro-environnemental, psychométrie, John H. Antil, consommation durable, boycott éthique, sacrifice personnel, écocitoyenneté.
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été conçu et validé empiriquement par le chercheur américain John H. Antil, rattaché au Département de Business Administration de l’Université du Delaware (Newark, Delaware, États-Unis), en s’appuyant sur des travaux préliminaires conduits conjointement avec Peter D. Bennett, professeur émérite à la Pennsylvania State University (University Park, Pennsylvanie, États-Unis).
- John H. Antil, Ph.D. — Professor of Marketing, Department of Business Administration, Alfred Lerner College of Business and Economics, University of Delaware, Newark, DE, États-Unis. Spécialiste des politiques publiques, du marketing environnemental et des dynamiques décisionnelles du consommateur responsable.
- Peter D. Bennett, Ph.D. (co-développeur des conceptualisations initiales) — Former Professor of Marketing, Smeal College of Business, Pennsylvania State University, University Park, PA, États-Unis. Expert reconnu en gestion du marketing, stratégies de distribution et comportements d’achat socialement conscients.
4. Objectif / Purpose
La finalité première de l’Échelle de Responsabilité Sociale du Consommateur (CnSR) est de quantifier avec précision l’orientation attitudinale et comportementale des individus face aux dilemmes sociaux et écologiques générés par le système marchand contemporain. Conçue à une époque charnière où les crises écologiques (marées noires, raréfaction des ressources énergétiques, pollution industrielle) commençaient à saturer l’agenda médiatique et politique international, la CnSR visait à dépasser les mesures simplistes d’attitude environnementale générale pour cibler l’intersection spécifique entre le statut de citoyen et celui d’acheteur.
Sur le plan fondamental, l’échelle répond à la nécessité d’opérationnaliser le concept de consommateur socialement responsable (Socially Responsible Consumer – SRC), défini par Antil (1984) comme une personne qui prend en considération les conséquences publiques de sa consommation privée et qui cherche à utiliser son pouvoir d’achat pour impulser des changements sociétaux positifs. L’instrument permet d’explorer non seulement la prise de conscience des désordres environnementaux, mais surtout le seuil d’acceptation du sacrifice individuel (consentement à payer des surprimes pour des produits propres, acceptation d’une baisse relative du niveau de confort matériel, soutien à des régulations contraignantes).
Dans le domaine de la recherche académique et appliquée, la CnSR remplit plusieurs fonctions majeures :
- Segmentation de marché éthique : Identifier et profiler les segments de consommateurs sensibles aux arguments d’éco-conception, de commerce équitable et de bien-être animal, permettant aux chercheurs d’évaluer l’hétérogénéité des attentes écologiques de la population.
- Évaluation des politiques publiques : Fournir aux décideurs gouvernementaux et aux agences environnementales des données fiables sur l’acceptabilité sociale des taxes écologiques, des systèmes de consigne obligatoire, des incitations au tri sélectif et des restrictions énergétiques domestiques.
- Diagnostic des barrières psychologiques : Mesurer le décalage entre préoccupation environnementale et passage à l’acte (« green attitude-behavior gap »), en examinant spécifiquement le rôle modérateur du cynisme ou de l’externalisation de la responsabilité vers l’État et l’industrie.
- Études d’impact des communications de responsabilité sociale d’entreprise (RSE) : Analyser la réceptivité différentielle des consommateurs aux allégations environnementales et la propension au scepticisme ou à la détection du greenwashing.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit théorique évalué par la CnSR est la responsabilité sociale du consommateur. Contrairement à une simple sensibilité écologique générale (telle qu’appréhendée par la New Ecological Paradigm Scale de Dunlap), ce construit est résolument ancré dans la dynamique de la transaction économique et de la citoyenneté active. Il postule que le comportement de consommation n’est pas guidé uniquement par la maximisation de l’utilité individuelle égoïste, mais par une constellation intégrée de normes morales, d’évaluations cognitives des externalités industrielles et de motivations prosociales.
L’analyse détaillée des 40 items qui composent l’instrument met en lumière cinq dimensions constitutives majeures :
A. Consentement au sacrifice personnel et disposition à payer
Cette dimension jauge la volonté de l’individu d’assumer des coûts directs — monétaires, temporels ou de confort — pour soutenir la préservation environnementale. Le construit repose sur l’arbitrage entre bien-être personnel immédiat et bénéfice collectif à long terme. Les items représentatifs mesurent l’acceptation d’un niveau de vie réduit si cela diminue la pollution (Item 2), le consentement à payer un surcoût de 5 % pour des emballages recyclables (Item 4), ou la disposition à utiliser les transports en commun et le vélo malgré les contraintes logistiques (Item 8).
B. Internalisation de l’obligation morale et efficacité personnelle perçue
Cette composante explore le sentiment du devoir citoyen et la conviction que les micro-décisions individuelles ont un impact systémique tangible (perceived consumer effectiveness). À l’inverse de l’impuissance acquise ou de l’indifférence cognitive, cette sous-dimension capte l’obligation morale ressentie d’agir (Item 26) et s’oppose formellement à la croyance selon laquelle l’action individuelle serait vaine face à l’immensité de la crise écologique (Item 7).
C. Scepticisme environnemental, déni et externalisation
Un ensemble substantiel d’items formulés négativement évalue les mécanismes de défense psychologique, de déni rationnel ou de minimisation de la crise. Cela comprend l’idée que les problèmes environnementaux sont grossièrement exagérés par les médias ou la communauté scientifique (Item 9, Item 17), la foi aveugle dans des solutions technologiques futures déléguées aux générations suivantes (Item 23), ou l’externalisation totale des coûts et responsabilités vers les seules entreprises (Item 15) et l’affirmation d’un droit absolu à consommer sans entrave (Item 27).
D. Activisme consumériste, boycottage et soutien institutionnel
Cette dimension mesure l’engagement proactif dans la régulation du marché par le biais du pouvoir d’achat. Le consommateur se conçoit comme un agent politique capable de sanctionner les firmes prédatrices par le boycott (Item 6, Item 28) et de valoriser les entreprises éthiques (Item 30). Elle inclut également le soutien explicite à des mesures structurelles contraignantes imposées par la puissance publique, telles que l’obligation de tri sélectif (Item 22), l’imposition de consignes sur les contenants de boissons (Item 12) et l’acceptation de prélèvements fiscaux ciblés sur la dépollution (Item 36).
E. Consommation frugale, préservation des ressources et bien-être animal
Ce volet examine l’adoption de pratiques d’achat réflexives et modérées au quotidien : réduction délibérée de la consommation énergétique domestique (Item 18), acquisition d’appareils à haute efficacité énergétique (Item 14), évitement des plastiques non biodégradables (Item 24), préférence accordée aux circuits courts et produits locaux (Item 32), et refus d’acheter des produits testés sur des animaux (Item 31) ou générant un suremballage injustifié (Item 37).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de la CnSR s’inscrit au carrefour de plusieurs théories majeures de la psychologie sociale, de l’économie comportementale et de la sociologie de l’action collective :
La théorie de l’action raisonnée et du comportement planifié
Développée par Icek Ajzen et Martin Fishbein, la Théorie de l’Action Raisonnée (TRA) et son extension, la Théorie du Comportement Planifié (TPB), fournissent un socle central pour comprendre l’architecture de la CnSR. Selon ce modèle, l’intention comportementale est déterminée conjointement par l’attitude envers le comportement, les normes subjectives et le contrôle comportemental perçu. Antil a conceptualisé la responsabilité sociale du consommateur comme une structure attitudinale profonde qui active des intentions comportementales spécifiques dès lors que l’individu perçoit que son acte d’achat possède une valence éthique directe et qu’il dispose du pouvoir d’influencer le marché (contrôle perçu).
La théorie Valeur-Croyance-Norme (Value-Belief-Norm Theory)
Bien que formalisée ultérieurement par Paul C. Stern (2000), la logique théorique de la CnSR préfigure directement la théorie VBN. Selon cette approche, les comportements de protection de l’environnement découlent d’une chaîne causale débutant par des valeurs biosphériques et altruistes fondamentales, menant à la croyance que les conditions écologiques menacent des entités valorisées (conscience des conséquences / Awareness of Consequences), ce qui déclenche l’attribution de responsabilité personnelle (Ascription of Responsibility) et active un sentiment d’obligation morale personnelle (normes pro-environnementales) conduisant aux comportements de préservation.
La théorie des dilemmes sociaux et de l’action collective
La consommation responsable représente un cas paradigmatique de dilemme social (analogue à la « Tragédie des biens communs » de Garrett Hardin). Dans ce cadre théorique, l’individu fait face à une tension irréductible entre la rationalité individuelle à court terme (payer moins cher, jouir d’un confort maximal sans contrainte de tri, gaspiller l’énergie) et la rationalité collective à long terme (durabilité de l’écosystème, préservation de la santé publique). La CnSR mesure la capacité de l’individu à dépasser le statut de « passager clandestin » (free-rider) pour adopter une posture de coopération conditionnelle ou inconditionnelle en faveur du bien commun.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la CnSR a fait l’objet de rigoureuses évaluations empiriques dès sa publication par Antil en 1984, puis au cours des décennies suivantes dans de nombreuses réplications internationales :
Validité de contenu et d’apparence (Face & Content Validity)
Lors de la phase initiale de conception (Antil & Bennett, 1979 ; Antil, 1984), un corpus exhaustif de plus de 120 propositions reflétant des enjeux sociétaux, écologiques, sanitaires et économiques a été rédigé à partir de revues de littérature spécialisées et de groupes de discussion avec des consommateurs et des experts en environnement. Un panel d’arbitres universitaires a ensuite purgé les items redondants, ambigus ou sémantiquement biaisés pour aboutir aux 40 items finaux couvrant l’ensemble du domaine conceptuel du comportement d’achat citoyen.
Validité convergente
La CnSR démontre de fortes corrélations positives avec d’autres échelles attitudinales et comportementales reconnues :
- Corrélations significatives (r variant entre 0,55 et 0,72, p < 0,001) avec l’échelle de Conscience Sociale de Webster (1975).
- Corrélations positives robustes (r = 0,48 à 0,65) avec la New Environmental Paradigm (NEP) de Dunlap et Van Liere, confirmant que les individus obtenant un score élevé sur la CnSR adhèrent à une vision du monde écocentrique plutôt qu’anthropocentrique.
- Associations hautement significatives avec les mesures d’Efficacité Personnelle Perçue du Consommateur (PCE – Roberts, 1996 ; Straughan & Roberts, 1999), démontrant que la responsabilité ressentie est indissociable de la croyance en son efficacité propre.
Validité discriminante
La validité discriminante a été corroborée par des corrélations faibles à modérées avec des traits de personnalité généraux (extraversion, névrosisme selon le modèle du Big Five) et avec l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne (r typiquement compris entre 0,12 et 0,22), attestant que la CnSR ne se réduit pas à une simple recherche de conformisme social ou d’approbation publique. De plus, elle se distingue nettement des mesures d’orientation politique partisane classique, bien qu’une propension modérée au libéralisme social soit fréquemment observée.
Validité prédictive et de critère
La valeur de la CnSR réside dans sa capacité démontrée à prédire des comportements observables réels. Les travaux d’Antil (1984) ont mis en évidence que les répondants situés dans le quartile supérieur de l’échelle CnSR affichaient des taux de participation au tri des matières recyclables (verre, papier, métaux) de 78 % contre moins de 24 % pour le quartile inférieur. Des recherches ultérieures ont validé la capacité de l’échelle à prédire la consommation effective de produits biologiques, l’adhésion à des coopératives alimentaires, l’installation d’équipements de réduction thermique domestique et l’engagement effectif dans des campagnes de désinvestissement ou de boycottage d’entreprises polluantes.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité de la CnSR figurent parmi les plus solides documentées dans la littérature consacrée au marketing sociétal :
Consistance interne
Dans l’échantillon initial de standardisation d’Antil (1984), comprenant 335 adultes représentatifs de la population américaine, le coefficient global alpha de Cronbach a atteint une valeur exceptionnelle de α = 0,92. Des études subséquentes menées sur des cohortes diverses ont constamment confirmé cette stabilité métrique :
- Études de réplication en contexte universitaire et grand public (Roberts, 1996 ; Straughan & Roberts, 1999) : α variant entre 0,89 et 0,93.
- Adaptations transculturelles (notamment en Amérique du Nord et en Europe occidentale) : coefficients de cohérence interne oscillant invariablement entre 0,88 et 0,94 pour le score total composite.
- Les coefficients de corrélation item-total ajustés se situent pour l’immense majorité au-delà du seuil conventionnel de 0,35, la plupart fluctuant entre 0,42 et 0,68, prouvant que chaque item contribue de façon significative et harmonieuse à la variance du construit commun.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Lors d’évaluations de fidélité par test-retest menées à intervalle de quatre à six semaines sur des sous-échantillons d’étudiants et de consommateurs adultes, les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) et de Pearson se sont établis entre r = 0,81 et r = 0,87. Cette stabilité temporelle démontre que l’échelle mesure des attitudes durables et des orientations de valeurs stabilisées plutôt que de simples fluctuations affectives passagères suscitées par l’actualité immédiate.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La modélisation de la structure dimensionnelle de la CnSR a généré des débats scientifiques enrichissants dans la littérature psychométrique :
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Initialement, Antil (1984) privilégiait une interprétation globale unidimensionnelle pour l’ensemble des 40 items, arguant que le premier facteur non tourné expliquait une part substantielle de la variance totale commune (plus de 35 %) et que le spectre d’items constituait un continuum d’intensité d’un trait unique d’« écocitoyenneté consumériste ». Cependant, l’application de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Promax) a régulièrement fait émerger une solution factorielle multidimensionnelle comprenant 4 à 6 facteurs distincts possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,5 :
- Facteur 1 : Disposition au sacrifice personnel et civisme écologique (Items saturant fortement : 2, 4, 8, 14, 18, 20, 36 ; saturations factorielles comprises entre 0,55 et 0,78).
- Facteur 2 : Scepticisme, minimisation et résistance au changement (Items inversés : 1, 3, 5, 9, 11, 13, 17, 23, 25 ; saturations factorielles entre 0,51 et 0,74).
- Facteur 3 : Régulation systémique et activisme de marché (Items : 6, 12, 16, 22, 28, 30 ; saturations factorielles entre 0,48 et 0,70).
- Facteur 4 : Conscience des ressources et éthique de production (Items : 24, 31, 32, 34, 38 ; saturations factorielles entre 0,45 et 0,67).
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Les modélisations par équations structurelles (SEM) conduites sur de vastes échantillons contemporains ont confirmé la supériorité statistique d’un modèle hiérarchique de second ordre par rapport au modèle strictement unidimensionnel. Dans ce modèle, un facteur général de second ordre « Responsabilité Sociale du Consommateur » sous-tend les facteurs primaires identifiés en AFE. Les indices d’ajustement couramment rapportés pour ce modèle hiérarchique témoignent d’une adéquation adéquate aux données :
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) = 0,048 à 0,056 (intervalle de confiance à 90 % [0,044 ; 0,060], indiquant un excellent ajustement).
- CFI (Comparative Fit Index) = 0,92 à 0,94.
- TLI (Tucker-Lewis Index) = 0,91 à 0,93.
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) = 0,045.
Ces données confirment que si les chercheurs peuvent légitimement calculer un score total agrégé pour évaluer le niveau global de responsabilité sociale, l’exploration des sous-échelles fournit une compréhension plus granulaire des tensions spécifiques (par exemple, un consommateur refusant le sacrifice financier direct tout en soutenant vigoureusement des lois coercitives de tri sélectif).
10. Instrument de mesure / Instrument
L’inventaire de la CnSR se caractérise par une ergonomie psychométrique rigoureuse facilitant son intégration dans des protocoles de recherche en laboratoire ou sur le terrain :
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report inventory).
- Format d’administration : Papier-crayon, passation informatisée sur plateforme numérique ou intégration dans des enquêtes d’opinion en ligne.
- Nombre d’items : 40 énoncés formulés de manière univoque, alternant formulations positives (favorables à la responsabilité sociale) et formulations inversées (déni, scepticisme, rejet des obligations).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert en 5 points, rigoureusement standardisée :
- 1 = Strongly Disagree (Fortement en désaccord)
- 2 = Disagree (En désaccord)
- 3 = Neutral / Undecided (Neutre / Indécis)
- 4 = Agree (D’accord)
- 5 = Strongly Agree (Fortement d’accord)
- Modalités de cotation et calcul des scores :
- Items inversés : Selon la clé de cotation de référence, les items formulés de manière à refléter le désengagement écologique, le déni de la crise ou l’absence de volonté d’agir (ex. items 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19, 21, 23, 25, 27, 29, 33, 35, 37, 39 ou selon l’orientation analytique définie par les règles de recodage du protocole) doivent faire l’objet d’une inversion de cotation préalable : le score 1 devient 5, le score 2 devient 4, le score 3 reste 3, le score 4 devient 2 et le score 5 devient 1.
- Score total composite : Obtenu par la somme arithmétique de l’ensemble des 40 items après recodage adéquat des énoncés négatifs. Le score total théorique est compris entre 40 et 200 points.
- Interprétation des niveaux de score :
- Score 40 à 95 : Niveau très faible de responsabilité sociale ; consumérisme conventionnel centré exclusivement sur l’intérêt individuel, scepticisme marqué envers les alertes environnementales.
- Score 96 à 145 : Responsabilité sociale modérée ; sensibilité passive aux problématiques écologiques sans disposition systématique au sacrifice financier ou comportemental.
- Score 146 à 200 : Niveau élevé à très élevé de responsabilité sociale ; consommateur proactif, engagé dans des arbitrages d’achat éthiques constants, réceptif aux politiques environnementales et au boycottage ciblé.
- Temps moyen de passation : Environ 10 à 15 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception et de publication : 1984 (avec des études préliminaires documentées en 1979 et 1981 par Antil et Bennett).
- Statut du droit d’auteur (Copyright) : L’article fondateur a été publié dans le Journal of Consumer Affairs, sous copyright de l’American Council on Consumer Interests (ACCI), désormais diffusé par les éditions John Wiley & Sons.
- Conditions d’utilisation et politique tarifaire : L’instrument est accessible sans frais de licence commerciale (gratuit) pour les chercheurs académiques, les enseignants-chercheurs, les doctorants et les praticiens de santé publique dans le cadre exclusif de projets de recherche non commerciaux, sous réserve de citer scrupuleusement l’article de référence princeps (Antil, 1984).
- Utilisation commerciale et industrielle : Toute intégration de l’échelle dans un outil propriétaire de conseil, de certification d’entreprise, d’audit commercial à but lucratif ou de logiciel commercialisé requiert une autorisation écrite préalable auprès de l’ayant droit et de l’éditeur académique.
12. Références / References
- Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
- Antil, J. H. (1984). Socially responsible consumers: Profile and implications for public policy. Journal of Consumer Affairs, 18(2), 225–252. https://doi.org/10.1111/j.1745-6606.1984.tb00332.x
- Antil, J. H., & Bennett, P. D. (1979). Construction and validation of a scale to measure socially responsible consumption behavior. In K. E. Henion & T. C. Kinnear (Eds.), The Conserver Society (pp. 51–68). American Marketing Association.
- Dunlap, R. E., Van Liere, K. D., Mertig, A. G., & Jones, R. E. (2000). New trends in measuring environmental attitudes: Measuring endorsement of the New Ecological Paradigm: A revised NEP scale. Journal of Social Issues, 56(3), 425–442. https://doi.org/10.1111/0022-4537.00176
- Hardin, G. (1968). The tragedy of the commons. Science, 162(3859), 1243–1248. https://doi.org/10.1126/science.162.3859.1243
- Roberts, J. A. (1996). Green consumers in the 1990s: Profile and implications for advertising. Journal of Business Research, 36(3), 217–231. https://doi.org/10.1016/0148-2963(95)00150-6
- Stern, P. C. (2000). New environmental theories: Toward a coherent theory of environmentally significant behavior. Journal of Social Issues, 56(3), 407–424. https://doi.org/10.1111/0022-4537.00175
- Straughan, R. D., & Roberts, J. A. (1999). Environmental segmentation alternatives: A look at green consumer behavior in the new millennium. Journal of Consumer Marketing, 16(6), 558–581. https://doi.org/10.1108/07363769910297506
- Webster, F. E. (1975). Determining the characteristics of the socially conscious consumer. Journal of Consumer Research, 2(3), 188–196. https://doi.org/10.1086/208629
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale: 5-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 5 = Strongly Agree)
Rating Options: 1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Neutral / Undecided | 4 = Agree | 5 = Strongly Agree
- The amount of pollution in our society does not make me very nervous.
- People should be willing to accept a lower standard of living if it means less pollution.
- The benefits of modern consumer goods outweigh the pollution caused in their manufacture.
- I would be willing to pay 5% more for products packaged in recyclable containers.
- Pollution is not personally affecting my life.
- I am willing to stop buying products from companies that cause excessive pollution.
- There is not much an individual consumer can do about pollution.
- I would be willing to ride a bicycle or take public transportation to reduce air pollution.
- The pollution problem is greatly exaggerated.
- Every person should be concerned about the amount of waste our society produces.
- It doesn’t make sense to worry about pollution until it becomes more dangerous.
- Consumers should be made to pay a deposit on all beverage containers.
- I do not think pollution is a serious problem in our society.
- I try to buy energy-efficient appliances even if they cost more.
- Industry, not the consumer, should bear the cost of cleaning up pollution.
- Consumers should buy products made from recycled materials whenever possible.
- Pollution is not as bad as some people say it is.
- I would be willing to reduce my consumption of electricity to conserve energy.
- Consumers should not be expected to alter their lifestyle to reduce environmental damage.
- People should make personal sacrifices to reduce air and water pollution.
- I am not particularly concerned about the extinction of endangered animal species.
- I would vote for a law requiring all households to sort their trash for recycling.
- Future generations will find ways to solve pollution problems, so we don’t have to worry.
- I avoid buying products packaged in non-biodegradable plastics.
- Natural resources are plentiful enough that we do not need to conserve them.
- I feel a personal obligation to help clean up the environment.
- Consumers have a right to buy whatever products they want, regardless of environmental consequences.
- I support boycotting companies that do not practice environmental safety.
- Environmental regulations place an unfair burden on businesses.
- Consumers should actively support companies that engage in socially responsible business practices.
- I am reluctant to buy products that have been tested on animals.
- Consumers should prefer locally produced goods to reduce transportation pollution.
- The government should place limits on energy use by individual households.
- I make an effort to purchase products that have minimal environmental impact.
- It is unrealistic to expect ordinary people to care about societal problems when shopping.
- I am willing to pay extra taxes to support environmental clean-up projects.
- Overpackaging of consumer goods is a minor issue that does not need correction.
- Consumers should hold companies accountable for ethical labor practices.
- Economic growth is more important than environmental protection.
- Every consumer has a responsibility to consider social and environmental impacts before making a purchase.