Échelle de responsabilité face à l’alcool

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle de responsabilité face à l’alcool (Alcohol Responsibility Scale – ARS) créée par Worell et Timility (1981). Découvrez ses fondements théoriques, son utilité clinique et ses propriétés de mesure.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de responsabilité face à l’alcool (en anglais, The Alcohol Responsibility Scale [ARS]), élaborée initialement par Judith Worell et Charles B. Timility en 1981 et documentée dans les travaux séminaux d’Herbert M. Lefcourt sur le lieu de contrôle (Locus of Control), constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer l’attribution de la responsabilité personnelle versus environnementale chez les individus confrontés à un trouble de l’usage de l’alcool. Fondée sur la théorie de l’apprentissage social de Julian Rotter, cette échelle évalue dans quelle mesure les buveurs à problèmes localisent les causes et le maintien de leur comportement addictif ainsi que les perspectives de rétablissement à l’intérieur d’eux-mêmes (lieu de contrôle interne ou responsabilité personnelle) ou les imputent à des forces extérieures incontrôlables telles que la fatalité, l’hérédité biologique, les influences sociales, le destin ou la conceptualisation de l’alcoolisme comme une pure maladie somatique (lieu de contrôle externe).

L’instrument repose sur un format à choix forcé composé de paires d’énoncés antinomiques, une modalité méthodologique visant à minimiser le biais de désirabilité sociale couramment observé au sein des populations cliniques dépendantes aux substances psychoactives. Au plan psychométrique, l’ARS démontre des propriétés de fidélité satisfaisantes, avec des coefficients de cohérence interne oscillant généralement entre 0,74 et 0,83 selon les cohortes cliniques, ainsi qu’une stabilité temporelle robuste établie par test-retest. La validité convergente et prédictive de l’échelle a été mise en évidence par des recherches démontrant qu’une attribution externe de la responsabilité est significativement corrélée avec des taux élevés de rechute après sevrage (Johnson et al., 1991), alors qu’un score élevé d’internalité prédit une meilleure adhésion thérapeutique, une alliance de travail renforcée et le maintien d’une abstinence durable. Cet article propose une analyse critique exhaustive de l’ARS, détaillant ses fondements théoriques, sa structure factorielle, ses caractéristiques psychométriques et ses applications contemporaines dans la recherche et la pratique addictologique.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle de responsabilité face à l’alcool, lieu de contrôle, locus of control, alcoolisme, responsabilité personnelle, théorie de l’apprentissage social, psychométrie, évaluation addictologique, modèle de la maladie, rechute, Julian Rotter, auto-efficacité.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de responsabilité face à l’alcool a été conçue et formalisée par :

  • Judith Worell, Ph.D. : Professeure émérite en psychologie clinique et psychologie du développement au Département de psychopédagogie et de psychologie du conseil de l’Université du Kentucky (University of Kentucky, Lexington, États-Unis). Spécialiste renommée de la théorie de l’apprentissage social, du counseling féministe et des processus d’attribution causale.
  • Charles B. Timility, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur en addictologie clinique, ayant notamment collaboré à l’évaluation des programmes de réadaptation pour vétérans et personnes souffrant de troubles liés à l’usage de substances au sein des structures hospitalières d’État et des Veterans Affairs (VA Medical Centers) aux États-Unis.
  • Documentation et diffusion académique : L’échelle a été largement diffusée et intégrée dans la taxonomie psychométrique internationale grâce au volume de référence dirigé par Herbert M. Lefcourt (1981), professeur à l’Université de Waterloo, intitulé Research with the Locus of Control Construct: Assessment Methods.

4. Objectif / Purpose

L’Échelle de responsabilité face à l’alcool a été élaborée pour combler une lacune fondamentale dans l’évaluation psychologique des personnes aux prises avec une consommation problématique d’alcool. Les instruments généralistes évaluant le lieu de contrôle, à l’instar de l’échelle I-E (Internal-External Locus of Control Scale) de Rotter (1966), présentaient une validité écologique et prédictive limitée lorsqu’ils étaient appliqués à des conduites spécifiques et hautement stigmatisées comme les dépendances chimiques. Worell et Timility ont postulé qu’une mesure spécifique au domaine de l’alcool permettrait de saisir avec une précision accrue les représentations cognitives intimes que le patient entretient vis-à-vis de son trouble.

L’objectif clinique premier de l’ARS est de mesurer le degré auquel un individu attribue l’étiologie, l’entretien et la résolution de ses problèmes d’alcoolisme à lui-même (responsabilité interne) ou à des facteurs externes hors de sa portée. Cette distinction revêt une importance déterminante dans le champ de l’addictologie pour plusieurs raisons théoriques et empiriques :

  • Évaluation du positionnement face au modèle médical : L’ARS explore la manière dont le patient s’approprie la métaphore de la « maladie » (disease model), popularisée notamment par les programmes en douze étapes des Alcooliques Anonymes et les théories d’E. M. Jellinek. Si la reconnaissance de la maladie permet de réduire la culpabilité toxique et la honte, une adhésion rigide et externalisante peut conduire à une forme de fatalisme ou d’impuissance apprise (learned helplessness), où l’individu estime ne rien pouvoir changer par sa seule volonté tant qu’un « remède miracle » ou une intervention externe n’a pas lieu.
  • Prédiction des trajectoires de traitement et du risque de rechute : Les recherches cliniques ont démontré que les patients présentant un lieu de responsabilité externe sont considérablement plus vulnérables à la rechute après une cure de désintoxication ou un programme de réhabilitation (Johnson et al., 1991). L’identification précoce d’un profil externalisant permet aux thérapeutes d’ajuster leur prise en charge en ciblant prioritairement les distorsions cognitives d’exonération et le renforcement du sentiment d’auto-efficacité.
  • Personnalisation des approches thérapeutiques : Les patients internalisants tirent généralement un bénéfice rapide des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), axées sur l’apprentissage d’habiletés d’adaptation, la gestion du refus et la restructuration cognitive. À l’inverse, les patients fortement externalisants nécessitent souvent des interventions préalables d’entretien motivationnel visant à faire émerger l’ambivalence et à favoriser la prise de conscience de leur propre agentivité dans le processus de changement.
  • Recherche translationnelle et évaluation de programmes : Dans le cadre d’études évaluatives, l’ARS fonctionne comme une variable intermédiaire mesurant l’efficacité des interventions psychoéducatives et thérapeutiques à transformer un système de croyances passif-défensif en une posture proactive d’engagement responsable.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’Échelle de responsabilité face à l’alcool s’inscrit au carrefour de la psychologie cognitive, de la psychologie sociale et de la clinique des addictions. Il opérationnalise l’axe de la responsabilité perçue et des attributions causales dans l’expérience de la consommation d’alcool. Contrairement à une vision simpliste opposant culpabilité morale et déresponsabilisation médicale, l’ARS décompose le construit d’attribution en plusieurs dimensions sous-jacentes interconnectées :

1. Causalité et étiologie du trouble (Origine interne vs externe)

Cette dimension confronte l’idée que l’alcoolisme découle de choix d’adaptation dysfonctionnels et d’expériences apprises par l’individu versus l’idée qu’il est dicté par une prédétermination biologique (hérédité), un destin tragique ou la malchance. Un énoncé internalisant mettra l’accent sur le fait que la personne a « choisi une mauvaise solution aux problèmes de la vie », tandis que l’énoncé externalisant soulignera une fatalité génétique (« j’étais né pour être alcoolique ») ou circonstancielle (« je suis la victime de la malchance »).

2. Rôle des facteurs relationnels et socioculturels

Les buveurs à problèmes recourent fréquemment à des rationalisations imputant leur consommation aux pressions de l’environnement : conflits conjugaux, éducation parentale déficiente, traumatismes passés, traumatismes de guerre ou pressions de l’entourage militaire/professionnel (« Le Service est la raison principale pour laquelle j’ai été contraint de boire »). L’ARS oppose ces justifications projectives à la reconnaissance explicite que l’individu demeure souverain dans son refus ou son acceptation d’un verre, quelles que soient les attitudes d’autrui.

3. Agentivité dans le processus de guérison et de réhabilitation

Le cœur pragmatique du construit réside dans l’attitude adoptée face au rétablissement. L’orientation interne reflète la conviction que l’abstinence durable dépend de l’investissement actif du patient, de sa volonté de hiérarchiser ses valeurs (privilégier la sobriété sur l’ivresse) et de sa participation engagée aux soins. L’orientation externe, quant à elle, conceptualise le traitement comme un processus passif où les soignants, la société ou une découverte médicale future doivent « réparer » l’individu sans qu’il ait à assumer un effort comportemental rigoureux.

4. Gestion des affects négatifs et de la pression psychologique

Le construit capture également l’attribution face aux déclencheurs émotionnels. Les profils externalisants souscrivent à la croyance selon laquelle l’accumulation de stress ou la frustration engendrée par autrui rend la consommation automatique et inévitable (« Quand la pression monte, je ne peux pas m’empêcher de boire »). À l’inverse, l’attitude responsable soutient que même dans l’adversité la plus sévère, le comportement de consommation demeure sous la régulation décisionnelle du sujet.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle de responsabilité face à l’alcool prend racine dans deux traditions théoriques majeures de la psychologie contemporaine : la théorie de l’apprentissage social de Julian B. Rotter et les théories de l’attribution causale développées par Fritz Heider, Harold Kelley et Bernard Weiner.

La théorie de l’apprentissage social de Rotter

Selon Julian Rotter (1954, 1966), le potentiel d’apparition d’un comportement donné dans une situation psychologique spécifique est fonction de l’attente que ce comportement mènera à un renforçateur particulier, et de la valeur attribuée à ce renforçateur. Dans ce cadre, le lieu de contrôle constitue une attente généralisée relative à la source de contrôle des renforcements :

  • Contrôle interne : Croyance selon laquelle les événements positifs ou négatifs dépendent directement de ses propres actions, compétences, décisions ou efforts personnels.
  • Contrôle externe : Croyance selon laquelle les renforcements sont gouvernés par des forces hors de portée de l’individu, telles que la chance, le hasard, le destin, des personnalités puissantes (médecins, figures d’autorité) ou la complexité imprévisible du monde social.

Lefcourt (1981) a soutenu que l’évaluation du lieu de contrôle gagne une valeur heuristique et clinique supérieure lorsqu’elle abandonne le niveau de généralité abstraite pour se concentrer sur des domaines de vie ciblés (santé, réussite académique, affiliations intimes, addictions). L’ARS incarne cette spécialisation en adaptant les postulats de Rotter aux comportements d’alcoolisation.

Les théories de l’attribution causale et l’impuissance apprise

L’échelle s’articule également avec les travaux de Bernard Weiner (1979) sur l’attribution causale tridimensionnelle (lieu : interne/externe ; stabilité : stable/instable ; contrôlabilité : contrôlable/incontrôlable). Dans l’alcoolisme, attribuer son problème à une cause externe, stable et incontrôlable (« ma maladie génétique ») conduit directement à l’installation d’une impuissance apprise (Seligman, 1975). Le modèle théorique de Worell et Timility suggère qu’amener le sujet à percevoir son comportement comme instable et contrôlable (c’est-à-dire modifiable par des efforts délibérés) est le levier cognitif indispensable au succès thérapeutique.

Tension paradigmatique : Modèle moral vs Modèle de la maladie vs Modèle comportemental

L’ARS capture avec acuité le conflit paradigmatique de l’addictologie de la fin du XXe siècle. Historiquement, l’alcoolisme a oscillé entre le « modèle moral » (culpabilisant, percevant le buveur comme dépravé ou lâche) et le « modèle de la maladie » biomédical (dédouanant l’individu en qualifiant l’alcoolisme d’affection chronique involontaire). L’approche cognitivo-comportementale et d’apprentissage social de Worell et Timility propose une troisième voie : l’alcoolisme est conceptualisé comme une habitude apprise dysfonctionnelle, sur laquelle l’individu exerce un contrôle et porte une responsabilité opérationnelle. L’ARS mesure précisément cette appropriation sans glisser dans la condamnation morale destructrice.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de validité de l’Échelle de responsabilité face à l’alcool ont fait l’objet d’investigations cliniques et méthodologiques approfondies, notamment au cours des décennies 1980 et 1990.

Validité de construit

La validité de construit de l’ARS a été confirmée par sa capacité à discriminer des populations ayant des degrés variables d’engagement thérapeutique. Les individus en début de cure ou présentant des conduites d’alcoolisation active obtiennent régulièrement des scores significativement plus externalisants que les individus engagés depuis plusieurs mois dans une démarche de réhabilitation active ou d’abstinence consolidée. Les corrélations entre l’ARS et des échelles d’estime de soi, d’autonomie personnelle et de rationalité cognitive corroborent la thèse selon laquelle l’internalité mesurée par cet outil traduit une structure du moi proactive et différenciée.

Validité convergente et discriminante

L’ARS a été systématiquement comparée à l’échelle générale de lieu de contrôle de Rotter (1966) et à l’échelle de lieu de contrôle de la santé multidimensionnelle (Multidimensional Health Locus of Control – MHLC de Wallston et al.). L’étude menée par Johnson, Nora, Tan et Bustos (1991) auprès d’une population d’hommes alcooliques hospitalisés a révélé une convergence substantielle (r avoisinant 0,50 à 0,62) avec l’échelle de Rotter, confirmant que l’ARS mesure bien la dimension de contrôle, tout en apportant une variance incrémentielle unique propre aux situations de tentation alcoolique. La validité discriminante est attestée par de faibles corrélations avec des mesures d’intelligence générale ou de niveau socioculturel brut, démontrant que l’échelle ne mesure pas une simple habileté intellectuelle ou une conformité verbale.

Validité prédictive

La validité prédictive de l’ARS constitue son atout empirique majeur. Dans l’étude clinique de Johnson et al. (1991), publiée dans Perceptual and Motor Skills, les auteurs ont comparé l’efficacité prédictive de l’ARS et de l’échelle de Rotter quant au risque de rechute après traitement. Les résultats ont démontré que les patients externalisants à l’ARS présentaient un taux de rechute à six mois significativement plus élevé comparativement aux patients internalisants. Plus encore, l’ARS s’est révélée être un prédicteur plus sensible de la rechute contextuelle que l’échelle généraliste de Rotter, illustrant la supériorité des échelles de domaine spécifique préconisées par Furnham et Steele (1993).

8. Fidélité / Reliability

Les indicateurs de fidélité de l’Échelle de responsabilité face à l’alcool attestent d’une homogénéité et d’une reproductibilité adaptées aux exigences de la recherche clinique et du diagnostic individualisé.

Cohérence interne

En raison du format à choix forcé de l’instrument, la cohérence interne a été estimée au moyen de la formule de Kuder-Richardson 20 (KR-20) et du coefficient alpha de Cronbach. Dans les études initiales de standardisation menées par Worell et Timility (1981), les coefficients de cohérence interne se situaient dans une fourchette de 0,76 à 0,83 au sein d’échantillons cliniques de patients alcoolodépendants. Johnson et al. (1991) ont rapporté un coefficient alpha de 0,78 chez des vétérans en programme résidentiel de réadaptation, ce qui témoigne d’une bonne homogénéité des items autour du construit d’implication personnelle versus rejet de la responsabilité.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été documentée sur des intervalles de deux à quatre semaines chez des sujets en phase d’abstinence stabilisée ne suivant pas d’intervention cognitive intensive. Les coefficients de corrélation de Pearson observés oscillent entre 0,72 et 0,79, indiquant une stabilité satisfaisante des schémas attributionnels en l’absence de thérapie ciblée. Toutefois, des modifications significatives des scores vers une plus grande internalité sont systématiquement observées à l’issue de programmes thérapeutiques cognitifs et comportementaux structurés, démontrant que l’ARS est sensible au changement thérapeutique tout en demeurant stable sur de courtes périodes neutres.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’ARS a été explorée par plusieurs analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), cherchant à déterminer si l’instrument doit être interprété comme une mesure strictement unidimensionnelle ou multidimensionnelle.

Structure unifactorielle vs multifactorielle

Initialement, Worell et Timility ont conçu l’échelle comme un continuum unifactoriel bipolaire opposant « Internalité/Responsabilité » à « Externalité/Déréponsabilisation ». L’analyse en composantes principales non rotatée révèle typiquement un premier facteur général massif qui explique entre 28 % et 35 % de la variance totale, plaidant en faveur de l’utilisation légitime d’un score global de responsabilité.

Facteurs secondaires identifiés en rotation varimax

Lorsque des rotations orthogonales (Varimax) ou obliques (Promax) sont appliquées pour examiner la finesse clinique des sous-dimensions, trois à quatre facteurs secondaires émergent régulièrement dans la littérature (Lefcourt, 1981) :

  • Facteur 1 : Auto-détermination comportementale et contrôle volitif (items évaluant la capacité à refuser un verre, à faire des choix souverains face aux pairs et à s’engager activement dans la réhabilitation). Saturations typiques : 0,48 à 0,71.
  • Facteur 2 : Causalité environnementale et relationnelle (items attribuant la dépendance aux conflits familiaux, aux traumatismes d’enfance, au passé conjugal ou aux pressions professionnelles). Saturations : 0,42 à 0,68.
  • Facteur 3 : Rationalisation biomédicale et fatalisme biologique (items opposant le concept de maladie incurable ou de prédisposition héréditaire inéluctable à l’idée d’un comportement d’adaptation révisable). Saturations : 0,45 à 0,65.
  • Facteur 4 : Vulnérabilité émotionnelle passive (items portant sur l’incapacité à résister à l’alcool lors de montées de tension psychique ou de manipulations relationnelles perçues). Saturations : 0,40 à 0,63.

Ces éléments confirment la richesse sémantique de l’instrument : bien qu’un score global d’attribution de responsabilité soit couramment utilisé pour les corrélations cliniques majeures, l’examen qualitatif des sous-dimensions offre un profil d’exonération cognitive hautement individualisé pour chaque patient.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle de responsabilité face à l’alcool se présente sous la forme d’un questionnaire d’auto-évaluation standardisé. Ses caractéristiques structurelles et procédurales sont résumées ci-dessous :

  • Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation papier-crayon ou administrable par voie informatique.
  • Population cible : Personnes adultes (18 ans et plus) admises en soins addictologiques, présentant un trouble documenté de l’usage de l’alcool ou participant à des études de dépistage de conduites à risque.
  • Format des items : Format dyadique à choix forcé (forced-choice). Pour chaque item, le répondant est confronté à deux énoncés antithétiques (énoncé a vs énoncé b) et doit choisir celui auquel il adhère le plus personnellement et le plus profondément.
  • Nombre d’items : Le corpus complet de standardisation documenté dans les archives cliniques de Worell et Timility et compilé par Lefcourt (1981) comprend 31 paires d’énoncés (bien que des versions de recherche abrégées à 24 items aient été employées dans certaines enquêtes, cf. Johnson et al., 1991).
  • Procédure de cotation :
    • Chaque paire d’items oppose systématiquement une proposition reflétant l’internalité / responsabilité personnelle à une proposition reflétant l’externalité / fatalisme / déculpabilisation passive.
    • Traditionnellement, un point (1) est accordé pour chaque choix orienté vers l’internalité (ou alternativement vers l’externalité selon la convention de l’expérimentateur). Dans la convention standard de responsabilité interne : 1 point = choix de la réponse interne ; 0 point = choix de la réponse externe.
    • Le score global correspond à la somme arithmétique des réponses responsables. Un score total élevé dénote une attribution marquée de la responsabilité personnelle dans le maintien et la résolution de l’alcoolisme, tandis qu’un score bas traduit une forte externalisation (attribution à la chance, à la fatalité, à la famille, au système hospitalier ou à une maladie somatique déresponsabilisante).
  • Durée d’administration : Environ 10 à 15 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 1981.
  • Auteurs principaux : Judith Worell et Charles B. Timility.
  • Statut des droits et conditions d’accès : L’Échelle de responsabilité face à l’alcool est un instrument du domaine académique et de la recherche psychologique. Elle a été publiée originellement dans des monographies universitaires et des actes scientifiques (notamment Lefcourt, 1981). À ce titre, elle n’est pas commercialisée sous forme de mallette payante par un éditeur privé de tests psychotechniques.
  • Tarifs d’utilisation : Libre de redevance pour un usage personnel, éducatif, clinique non lucratif ou de recherche universitaire. Les praticiens et chercheurs sont invités à citer formellement les auteurs initiaux (Worell & Timility, 1981) ainsi que la référence de Lefcourt (1981) lors de toute diffusion de résultats.

12. Références / References

Les sources académiques de référence relatives à l’Échelle de responsabilité face à l’alcool et au lieu de contrôle appliqué aux dépendances comprennent :

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Pour chaque paire d’énoncés ci-dessous, le participant doit choisir l’affirmation (a ou b) qui correspond le plus fidèlement à sa conviction personnelle profonde (« I more strongly believe that: »).

  1. a. I can “make it” if I want to hard enough.
    b. If the cards are “stacked against me”, I will never “make it”.
  2. a. I am the victim of bad luck of fate.
    b. I have chosen a poor solution to some of life’s problems.
  3. a. I have learned to become an alcoholic.
    b. Heredity played a major role in my becoming an alcoholic.
  4. a. My drinking is a “disease”.
    b. My drinking is a poor solution to problems in my life.
  5. a. If I could understand why I got this way, I would be well on my way to becoming cured.
    b. My behavior reflects what I place the most value in—alcohol or family, job, etc.
  6. a. I am “sick” or “ill”.
    b. I am “irresponsible”.
  7. a. I was born to be an alcoholic.
    b. The experiences I have had and how I have reacted to them played a large part in determining whether I would become an alcoholic.
  8. a. I can be the biggest “con man” in the world.
    b. I am the victim of society and others around me.
  9. a. I am just no good and I probably never will be.
    b. I can be rehabilitated but only with my help.
  10. a. If I make up my mind to quit drinking, I can do it.
    b. Without the “right breaks”, I don’t stand a chance at being sober.
  11. a. The Service is the main reason why I was forced into drinking in the first place.
    b. I can choose to refuse a drink even if others expect me to have a drink with them.
  12. a. What happens to me, as an alcoholic, is up to me.
    b. I don’t have very much control over the direction my life takes.
  13. a. My staying sober involves taking responsibility for my behavior and placing more value on sobriety than on drunkenness.
    b. If I could get the “right breaks” I could kick the habit.
  14. a. I would give anything to stay sober.
    b. If I placed more value on staying sober than in drowning my troubles in alcohol, I would stay sober.
  15. a. Other people can drive me to drink.
    b. I have repeatedly chosen the easy way out of bad situations.
  16. a. I can make the choice not to drink no matter how my parents have treated me.
    b. My parents don’t realize how much they have put me on the road to alcoholism.
  17. a. Physical problems often cause me to drink too much.
    b. My drinking too much often causes me physical problems.
  18. a. If people understood me better, they would realize that I can’t help myself.
    b. I earn most of the contempt others show towards me.
  19. a. I have made the choice of becoming an alcoholic, not other people.
    b. If society were different, I wouldn’t have had to become an alcoholic.
  20. a. I need a rehabilitation program that will help me.
    b. I need to take an active part in my own treatment, whenever I seek help.
  21. a. I have given my life over to alcoholism.
    b. Alcoholism has taken over my life.
  22. a. I certainly get a “raw deal” in life.
    b. I generally get what I ask for in life.
  23. a. When pressure builds up, I can’t keep from drinking.
    b. Even when things are tough, I am responsible for staying sober.
  24. a. I can control other people with my drinking behavior.
    b. When I am drunk, I am an easy victim of other people’s manipulations.
  25. a. If anyone really cared about me, I wouldn’t have to drink.
    b. If I cared enough about other people, I wouldn’t drink.
  26. a. I can’t justify my drinking by focusing on a “rough childhood” or a lost marriage.
    b. A woman is the major cause of my being pushed into alcoholism.
  27. a. I am responsible for choosing my way of life.
    b. Things that have happened to me have pushed me towards alcoholism.
  28. a. Alcoholism is a behavior problem that only I can change.
    b. Doctors will soon find a cure for my drinking.
  29. a. I have made the choice to drink or not to drink every day.
    b. When a way of life, like alcoholism, took over my life it was almost impossible to change.
  30. a. I can’t excuse myself for drinking just because I get frustrated by other people.
    b. When the hospital staff gives me a “bad time,” they are driving me to drink.
  31. a. My alcoholism was likely caused by my being influenced by other drinkers.
    b. I have likely chosen the kind of friends that give me an excuse to drink.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Échelle de responsabilité face à l’alcool. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-responsabilite-face-a-lalcool-ars/
Looti, Mohammed. “Échelle de responsabilité face à l’alcool.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-responsabilite-face-a-lalcool-ars/.
Looti, Mohammed. “Échelle de responsabilité face à l’alcool.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-responsabilite-face-a-lalcool-ars/.