- 1. Résumé
- 2. Mots-clés
- 3. Auteurs
- 4. Objectif
- 5. Construit psychologique
- 6. Cadre théorique
- 7. Validité
- 8. Fidélité
- 9. Analyse factorielle
- 10. Instrument de mesure
- 11. Permissions, Tarifs et Année du test
- 12. Références
- 13. Questions et items du questionnaire
- 13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)
1. Résumé
Le vieillissement de la population mondiale constitue l’un des défis démographiques et sociosanitaires les plus majeurs du XXIe siècle. Dans ce contexte, la résilience psychologique chez les personnes âgées ne se limite pas à une simple capacité d’invulnérabilité ou à un retour passif à un état antérieur après une épreuve ; elle s’affirme comme un processus adaptatif dynamique favorisant le développement et la maturation psychologique. L’Échelle de résilience pour les personnes âgées vivant à domicile (Resilience Scale for Community-Dwelling Older Adults), élaborée par Eunna Oh, Rhayun Song et Jisu Seo, a été conçue pour combler un vide méthodologique significatif au sein de la gérontologie psychologique et des sciences infirmières.
Contrairement aux outils d’évaluation traditionnels développés principalement auprès de populations d’adultes jeunes ou d’âge moyen qui mettent une emphase disproportionnée sur les traits de personnalité immuables, cette échelle capture les réalités contextuelles, quotidiennes et socioculturelles propres aux aînés. L’instrument est un auto-questionnaire concis composé de 8 items structurés autour de deux dimensions fondamentales : d’une part, la croissance positive et le dépassement de soi (positive growth and overcoming), et d’autre part, l’adaptation quotidienne et l’autorégulation (daily adaptation and self-regulation).
Les participants répondent au moyen d’une échelle de type Likert en 4 points, générant un score total compris entre 8 et 32. L’évaluation psychométrique menée auprès de 510 personnes âgées vivant en communauté en Corée du Sud a démontré une excellente consistance interne globale (alpha de Cronbach de 0,81 ; 0,68 pour la sous-échelle de croissance et 0,71 pour celle de l’adaptation quotidienne). La structure bidimensionnelle a été confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, expliquant 54,92 % de la variance totale. Sa brièveté limite la charge cognitive des répondants tout en offrant une validité écologique et clinique optimale pour la recherche et la pratique gériatrique.
2. Mots-clés
Résilience, Personnes âgées, Maintien à domicile, Psychométrie, Vieillissement réussi, Adaptation quotidienne, Croissance post-adversité, Auto-évaluation, Gérontologie, Santé mentale des aînés, Échelle de mesure, Gérontopsychologie
3. Auteurs
L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs spécialisés en soins infirmiers gérontologiques et en promotion de la santé de l’Université Nationale de Chungnam (Corée du Sud) :
- Eunna Oh — Collège des sciences infirmières, Université Nationale de Chungnam (Chungnam National University), Daejeon, République de Corée.
- Rhayun Song — Ph.D., RN, FAAN, Professeure au Collège des sciences infirmières, Université Nationale de Chungnam, Daejeon, République de Corée.
- Jisu Seo — Ph.D., RN (Auteure correspondante), Collège des sciences infirmières, Université Nationale de Chungnam, Daejeon, République de Corée. Adresse électronique de correspondance institutionnelle :
[email protected].
4. Objectif
L’objectif principal de l’Échelle de résilience pour les personnes âgées vivant à domicile est de fournir un instrument de mesure psychométrique bref, écologiquement valide et culturellement adapté pour évaluer les capacités de résilience des aînés autonomes résidant dans leur communauté. Historiquement, l’évaluation de la résilience reposait sur des postulats faisant de ce concept un trait stable et inné de la personnalité. Toutefois, dans le cadre du grand âge, la résilience doit être opérationnalisée comme une interaction complexe entre les ressources intrinsèques de l’individu et les ressources extrinsèques de son environnement social et communautaire.
Les outils classiques, souvent trop longs (comportant parfois plus de 25 à 30 items), imposent une fatigue cognitive non négligeable aux aînés lors des évaluations épidémiologiques ou cliniques. Cet instrument répond précisément à cette limite en proposant un format resserré en 8 énoncés, réduisant le temps de passation à 2 à 5 minutes sans sacrifier la robustesse psychométrique.
Sur le plan des applications pratiques et de la recherche :
- Dépistage et évaluation clinique : Identifier précocement les aînés présentant une faible résilience psychologique face à la perte d’autonomie, au deuil ou aux maladies chroniques.
- Évaluation des interventions de santé publique : Servir de critère de jugement pour quantifier l’efficacité des programmes communautaires visant le vieillissement réussi et la participation sociale.
- Recherche gérontologique : Analyser les corrélations entre la résilience fonctionnelle, la santé perçue, la qualité de vie et les mécanismes de régulation émotionnelle chez les personnes âgées vivant à domicile.
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par cette échelle conceptualise la résilience non pas comme une absence de vulnérabilité ou un simple rebond mécanique, mais comme une capacité transformationnelle permettant à l’aîné de naviguer au travers du déclin fonctionnel et des pertes affectives tout en découvrant de nouvelles perspectives de sens. Ce construit est articulé autour de deux dimensions complémentaires :
Croissance positive et dépassement de soi (Positive Growth and Overcoming)
Cette sous-échelle (items 1 à 4) mesure les aspects transcendants et orientés vers l’avenir de la résilience. Elle reflète la capacité de l’aîné à réinterpréter les crises du vieillissement comme des opportunités de maturation intérieure, de redéfinition du sens de la vie et d’approfondissement de la gratitude envers l’existence et les relations sociales. Cette dimension incarne la croissance post-adversité adaptée au stade développemental avancé de la vie.
Adaptation quotidienne et autorégulation (Daily Adaptation and Self-Regulation)
Cette seconde sous-échelle (items 5 à 8) évalue les stratégies pratiques et pragmatiques mobilisées au jour le jour pour maintenir l’autonomie fonctionnelle, la stabilité émotionnelle et la continuité des routines de vie. Elle examine la flexibilité comportementale de l’aîné, sa promptitude à ajuster ses activités face aux barrières physiques ou environnementales, ainsi que son aptitude proactive à solliciter et accepter l’aide formelle et informelle de sa communauté.
6. Cadre théorique
L’architecture conceptuelle de l’instrument s’ancre dans la métathéorie de la résilience développée par Glenn Richardson (2002), combinée aux modèles gérontologiques de l’adaptation au vieillissement, notamment la théorie de la Sélection, Optimisation et Compensation (SOC) formulée par Paul et Margret Baltes. Selon Richardson, la confrontation à des stresseurs désorganise l’homéostasie biopsychospirituelle de l’individu ; la réintégration peut alors s’opérer sous la forme d’une réintégration résiliente, aboutissant à une croissance personnelle accrue.
En outre, l’échelle intègre la théorie du vieillissement réussi de Rowe et Kahn ainsi que les perspectives contemporaines de la gérontologie critique (Wild et al., 2013 ; Cosco et al., 2016). Ces cadres théoriques postulent que la résilience chez les personnes âgées est un phénomène écologique et multisystémique, dépendant autant des capacités d’auto-ajustement individuel que de l’accès et de l’utilisation judicieuse des ressources sociocommunautaires disponibles.
7. Validité
Le processus de validation psychométrique a suivi les recommandations méthodologiques rigoureuses des standards COSMIN (Consensus-based Standards for the selection of health Measurement Instruments) :
- Validité de contenu : Établie à partir d’entretiens qualitatifs initiaux auprès d’aînés et de l’évaluation critique d’un panel d’experts en gérontologie. L’indice de validité de contenu (CVI) a conduit au retrait de 2 items préliminaires dont les scores étaient inférieurs au seuil requis de 0,80.
- Validité de construit et factorielle : Confirmée par une démarche d’échantillonnage fractionné (split-sample) sur 510 participants, démontrant un ajustement adéquat du modèle bidimensionnel.
- Validité convergente : Évaluée en corrélant les scores de l’échelle avec le questionnaire de santé SF-12 (Short Form-12 Health Survey). Des corrélations significatives positives ont été observées avec les composantes de santé physique (PCS) et de santé mentale (MCS), attestant que les individus résilients rapportent une meilleure qualité de vie liée à la santé.
- Validité discriminante : Une corrélation inter-factorielle élevée a été constatée entre les deux sous-échelles, reflétant le fait que dans l’expérience quotidienne des personnes âgées, l’adaptation pratique et la croissance psychologique sont intimement intriquées et s’alimentent mutuellement.
8. Fidélité
La fidélité de l’échelle a été examinée sous l’angle de la cohérence interne :
- Échelle globale (8 items) : Alpha de Cronbach de 0,81, indiquant une homogénéité satisfaisante sans redondance excessive des items.
- Sous-échelle « Croissance positive et dépassement » (4 items) : Alpha de Cronbach de 0,68. Bien que légèrement inférieur au seuil classique de 0,70, ce score est considéré comme pleinement acceptable pour une échelle abrégée de seulement 4 énoncés.
- Sous-échelle « Adaptation quotidienne et autorégulation » (4 items) : Alpha de Cronbach de 0,71, démontrant une bonne cohérence interne.
9. Analyse factorielle
Une procédure d’échantillonnage scindé a été menée auprès d’une cohorte de 510 aînés vivant dans la communauté (âge moyen : 71,6 ans) :
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Conduite sur le premier échantillon (n = 205), l’AFE a permis d’extraire deux facteurs distincts représentant 54,92 % de la variance totale des scores. Les saturations factorielles de l’ensemble des 8 items finaux ont dépassé les seuils conventionnels, sans double saturation problématique.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Réalisée sur le second échantillon indépendant (n = 305), l’AFC a validé l’adéquation de la structure à deux facteurs corrélés avec les données empiriques. Les indices d’ajustement globaux (notamment le RMSEA, le CFI et le TLI) ont atteint des valeurs satisfaisantes, confirmant que l’instrument capte avec précision l’organisation latente théorique.
10. Instrument de mesure
- Type d’instrument : Auto-questionnaire psychométrique / Échelle d’auto-évaluation (administrable également en face-à-face par un enquêteur pour les aînés présentant des limitations visuelles ou de littératie).
- Population cible : Personnes âgées vivant à domicile (65 ans et plus).
- Nombre d’items : 8 items.
- Format de réponse : Échelle de Likert en 4 points : 1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree), 2 = En désaccord (Disagree), 3 = D’accord (Agree), 4 = Fortement d’accord (Strongly agree).
- Structure des sous-échelles :
- Croissance positive et dépassement : Items 1 à 4.
- Adaptation quotidienne et autorégulation : Items 5 à 8.
- Cotation et calcul du score : Sommation directe des 8 items (aucun item inversé). Le score global s’échelonne de 8 à 32. Un score plus élevé reflète un niveau supérieur de résilience psychologique et adaptative.
- Durée de passation : Environ 2 à 5 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication : 2026 (diffusion en ligne anticipée 2025/2026).
- Statut d’accès et droits : L’outil a été développé à des fins de recherche académique et d’évaluation clinique en gérontologie.
- Tarif : Utilisation gratuite à des fins de recherche non commerciale et d’enseignement, sous réserve d’obtenir l’accord des auteurs et de citer l’article princeps de référence.
- Contact pour autorisation : Les chercheurs souhaitant administrer la version originale coréenne ou réaliser des adaptations transculturelles sont invités à contacter l’auteure correspondante, le Dr Jisu Seo (
[email protected]).
12. Références
Connor, K. M., & Davidson, J. R. (2003). Development of a new resilience scale: The Connor-Davidson Resilience Scale (CD-RISC). Depression and Anxiety, 18(2), 76-82. https://doi.org/10.1002/da.10113
Cosco, T. D., Kaushal, A., Richards, M., Kuh, D., & Stafford, M. (2016). Resilience measurement in later life: a systematic review and psychometric analysis. Health and Quality of Life Outcomes, 14(1), 1-8. https://doi.org/10.1186/s12955-016-0418-6
Cosco, T. D., Kaushal, A., Hardy, R., Richards, M., Kuh, D., & Stafford, M. (2017). Operationalising resilience in longitudinal studies: a systematic review of methodological approaches. Journal of Epidemiology and Community Health, 71(1), 98-104. https://doi.org/10.1136/jech-2015-206980
Gagnier, J. J., Lai, J., Mokkink, L. B., & Terwee, C. B. (2021). COSMIN reporting guideline for studies on measurement properties of patient-reported outcome measures. Quality of Life Research, 30(8), 2197-2218. https://doi.org/10.1007/s11136-021-02822-4
Li, Y., & Ow, Y. (2022). Development of resilience scale for older adults. Aging & Mental Health, 26(1), 159-168. https://doi.org/10.1080/13607863.2020.1861212
Oh, E., Song, R., & Seo, J. (2026). Resilience Scale for Community-Dwelling Older Adults. Journal of Korean Gerontological Nursing. https://doi.org/10.17079/jkgn.2025.00346
Richardson, G. E. (2002). The metatheory of resilience and resiliency. Journal of Clinical Psychology, 58(3), 307-321. https://doi.org/10.1002/jclp.10020
Wild, K., Wiles, J. L., & Allen, R. E. (2013). Resilience: thoughts on the value of the concept for critical gerontology. Ageing and Society, 33(1), 137-158. https://doi.org/10.1017/S0144686X11001073
Windle, G., Bennett, K. M., & Noyes, J. (2011). A methodological review of resilience measurement scales. Health and Quality of Life Outcomes, 9(1), 8. https://doi.org/10.1186/1477-7525-9-8
13. Questions et items du questionnaire
Response scale (4-point Likert scale):
1 = Strongly disagree | 2 = Disagree | 3 = Agree | 4 = Strongly agree
Subscale 1: Positive growth and overcoming
13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)
1. I am able to adapt when changes occur.
2. I can deal with whatever comes my way.
3. I try to see the humorous side of things when I am faced with problems.
4. Having to cope with stress can make me stronger.
5. I tend to bounce back after illness, injury, or other hardships.
6. I believe I can achieve my goals, even if there are obstacles.
7. Under pressure, I stay focused and think clearly.
8. I am not easily discouraged by failure.
9. I think of myself as a strong person when dealing with life’s challenges and difficulties.
10. I am able to handle unpleasant or painful feelings like sadness, fear, and anger.