- 1. Résumé / Abstract
- 2. Mots-clés / Keywords
- 3. Auteurs / Authors
- 4. Objectif / Purpose
- 5. Construit psychologique / Construct
- 6. Cadre théorique / Theoretical Framework
- 7. Validité / Validity
- 8. Fidélité / Reliability
- 9. Analyse factorielle / Factor Analysis
- 10. Instrument de mesure / Instrument
- 11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- 12. Références / References
- 13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
1. Résumé / Abstract
L’Échelle de régulation du comportement sédentaire (en anglais, Sedentary Behavior Regulation Scale, SBRS) est un instrument psychométrique novateur conçu pour évaluer la manière dont les individus gèrent, surveillent et interrompent de façon consciente et autonome leur temps sédentaire au quotidien. Alors que l’épidémiologie classique et les outils traditionnels de mesure de l’activité physique se concentrent presque exclusivement sur la quantification temporelle brute (nombre d’heures passées assis ou allongé), la SBRS opère un changement de paradigme fondamental en mesurant les processus d’autorégulation cognitive et comportementale sous-jacents.
Développée et validée auprès d’un échantillon représentatif de 600 adultes sud-coréens âgés de 20 à 59 ans, l’échelle repose théoriquement sur la théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan). Elle comporte 12 items répartis selon une structure bidimensionnelle robuste : (1) la gestion du comportement sédentaire (stratégies cognitives et comportementales directes d’interruption de la posture assise) et (2) le soutien environnemental et mouvement actif en contexte sédentaire (aménagement proactif de l’environnement physique et intégration de micro-mouvements). Les analyses psychométriques démontrent une excellente consistance interne, avec un coefficient alpha de Cronbach de 0,87 et un oméga de McDonald de 0,87, ainsi qu’une remarquable stabilité temporelle test-retest (CCI = 0,85). La validité critérielle et convergente a été établie à l’aide du questionnaire mondial sur l’activité physique (Global Physical Activity Questionnaire, GPAQ), montrant une corrélation positive avec l’activité physique globale (r = 0,19) et une corrélation inverse significative avec le temps total passé assis (r = -0,33). La SBRS s’impose ainsi comme un outil précieux pour la recherche en psychologie de la santé, la médecine préventive et le développement d’interventions ciblées sur le lieu de travail.
2. Mots-clés / Keywords
Comportement sédentaire, Autorégulation, Théorie de l’autodétermination, Psychométrie, Promotion de la santé, Sédentarité, Évaluation comportementale, Activité physique, Habitudes de vie, Santé au travail, Psychologie de la santé.
3. Auteurs / Authors
- Mi Hwa Won — Département de soins infirmiers, Université Sahmyook, Séoul, République de Corée.
- Sun-Hwa Shin (Auteure correspondante) — Département de soins infirmiers, Université Sahmyook, 815 Hwarang-ro, Nowon-gu, Séoul 01795, République de Corée. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle de régulation du comportement sédentaire (SBRS) est de quantifier les compétences d’autorégulation qu’un individu déploie activement pour limiter, fragmenter ou interrompre ses périodes de sédentarité prolongée. Historiquement, l’épidémiologie du comportement sédentaire et de l’activité physique a fait reposer l’évaluation des risques sanitaires sur des instruments d’auto-évaluation rétrospectifs ou sur des dispositifs de suivi passif (accélérométrie). Bien que ces méthodes permettent d’estimer le volume horaire total passé en posture assise, elles demeurent fondamentalement descriptives et incapables d’appréhender les leviers psychologiques et motivationnels nécessaires à l’instauration d’un changement comportemental durable.
Dans les sociétés contemporaines hautement numérisées et tertiarisées, la sédentarité prolongée est devenue une composante structurelle des environnements professionnels et domestiques. Les données épidémiologiques contemporaines (Bull et al., 2020 ; Pinto et al., 2023) démontrent sans équivoque que la sédentarité constitue un facteur de risque indépendant de morbidité cardiovasculaire, de syndrome métabolique, de diabète de type 2 et de mortalité toutes causes confondues, distinct de l’inactivité physique pure. Savoir qu’un employé passe neuf heures par jour assis devant un écran ne renseigne en rien sur ses capacités à modifier son cadre de travail ou à instaurer des pauses actives régulières.
C’est précisément pour combler ce vide conceptuel que la SBRS a été élaborée. En évaluant les processus d’autorégulation, la SBRS permet aux chercheurs et aux cliniciens :
- D’identifier les déficits spécifiques d’autorégulation chez les individus à haut risque cardiométabolique ;
- De concevoir des programmes d’intervention sur mesure basés sur le renforcement du sentiment de compétence et de l’autonomie comportementale ;
- D’évaluer l’efficacité thérapeutique et comportementale des interventions d’ergonomie active et de santé au travail ;
- De tester des modèles théoriques intégrant les processus motivationnels dans la dynamique de rupture du comportement sédentaire.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par la SBRS est la régulation du comportement sédentaire. Ce concept est défini comme un processus actif, conscient et autonome par lequel un individu orchestre la surveillance, la modification et l’interruption délibérée de ses postures assises ou inclinées à faible dépense énergétique (≤ 1,5 équivalent métabolique [MET]) au cours de ses activités quotidiennes.
Contrairement à une vision réactive ou purement involontaire de la sédentarité, ce construit envisage l’individu comme un agent actif capable de façonner ses routines et son environnement immédiat. La SBRS structure ce construit autour de deux sous-échelles complémentaires :
1. Gestion du comportement sédentaire (Sedentary Behavior Management)
Cette première dimension reflète l’ensemble des stratégies métacognitives et comportementales directes mises en œuvre par l’individu pour surveiller son niveau de sédentarité et briser intentionnellement l’inertie posturale. Elle inclut :
- L’auto-surveillance temporelle : la capacité à prendre conscience du temps écoulé en position assise sans perdre la notion de la durée ;
- L’instauration de pauses délibérées : la décision volontaire de se lever, de s’étirer ou de marcher après une période d’immobilité prolongée ;
- La planification comportementale : l’anticipation des contextes propices à l’assise continue et la formulation d’intentions de mise en mouvement (ex. se lever lors des appels téléphoniques).
2. Soutien environnemental et mouvement actif en contexte sédentaire (Environmental Support and Active Movement in Sedentary Contexts)
La seconde dimension mesure la propension de l’individu à manipuler de manière proactive son environnement physique et à insérer du mouvement dynamique au sein même de contextes habituellement statiques. Elle comprend :
- La structuration environnementale : l’aménagement spatial favorisant la mobilité (ex. positionnement stratégique d’objets, utilisation de bureaux assis-debout ou d’équipements incitant à la posture verticale) ;
- L’intégration de micro-mouvements : l’engagement dans des mouvements musculaires discrets mais réguliers (ex. mouvements des membres inférieurs, bascules posturales, contractions dynamiques) pendant l’exécution de tâches sédentaires ;
- L’utilisation d’indices contextuels : le recours à des déclencheurs environnementaux ou numériques pour rappeler l’importance de varier les postures.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le fondement théorique majeur de l’Échelle de régulation du comportement sédentaire repose sur la théorie de l’autodétermination (TAD), élaborée par les psychologues Edward L. Deci et Richard M. Ryan (Ryan & Deci, 2000 ; Deci & Ryan, 2000). La TAD postule que le comportement humain est régi par un continuum motivationnel s’étendant de l’amotivation à la motivation intrinsèque, soutenu par la satisfaction de trois besoins psychologiques fondamentaux : l’autonomie (sentiment d’être l’initiateur de ses choix), la compétence (sentiment d’efficacité sur son environnement) et l’appartenance sociale (sentiment d’être connecté à autrui).
Dans l’analyse des comportements sédentaires, les approches traditionnelles reposaient souvent sur une régulation externe (ex. consignes médicales coercitives ou injonctions normatives) dont l’efficacité s’avère particulièrement éphémère. À l’inverse, l’approche par l’autorégulation de la SBRS postule que l’interruption efficace de la sédentarité nécessite une internalisation des régulations comportementales :
- Régulation identifiée et intégrée : L’individu reconnaît la valeur intrinsèque de l’interruption posturale pour sa santé, son bien-être et sa clarté cognitive, intégrant ces micro-actions à son identité et à ses routines fondamentales ;
- Sentiment d’auto-efficacité comportementale : Conformément aux travaux de Bandura et aux extensions de la TAD en psychologie de la santé (Whipple et al., 2023), l’individu développe des stratégies concrètes lui permettant de surmonter les barrières écologiques (pression temporelle au travail, inertie physique liée à la concentration sur écran) ;
- Modulation active de l’écosystème personnel : L’individu ne subit plus passivement l’environnement bâti ou les contraintes professionnelles sédentaires, mais devient un acteur compétent capable de moduler son cadre de vie pour favoriser un mode de vie actif intermittent.
7. Validité / Validity
Le processus de validation psychométrique de la SBRS a été mené selon les standards méthodologiques les plus rigoureux (COSMIN Guidelines, Prinsen et al., 2018 ; Almanasreh et al., 2019).
Validité de contenu et d’apparence
Le pool initial d’items a été généré à partir d’une revue systématique exhaustive de la littérature sur les comportements sédentaires et la psychologie motivationnelle. Un panel d’experts interdisciplinaires (spécialistes en sciences de l’activité physique, infirmiers-chercheurs et psychologues de la santé) a évalué chaque énoncé en termes de clarté, de représentativité théorique et de pertinence culturelle, assurant un indice de validité de contenu (CVI) optimal avant l’administration empirique.
Validité critérielle et convergente
La validité critérielle a été confirmée en confrontant les scores de la SBRS aux données recueillies par le Global Physical Activity Questionnaire (GPAQ ; Lee et al., 2020 ; OMS, 2012) :
- Corrélation avec l’activité physique totale : Une corrélation positive statistiquement significative a été observée (r = 0,19, p < 0,01). Ce résultat théoriquement cohérent indique que les individus possédant une meilleure capacité d’autorégulation sédentaire manifestent également une propension supérieure à s’engager dans des activités physiques globales ;
- Corrélation avec le temps sédentaire cumulé : Une corrélation inverse modérée mais très significative a été démontrée (r = -0,33, p < 0,001). Conformément aux hypothèses psychométriques, un score élevé d’autorégulation à la SBRS prédit un volume horaire quotidien significativement inférieur passé en position assise.
Validité discriminante
La validité discriminante a été confirmée par les critères de Fornell-Larcker (Fornell & Larcker, 1981) et les ratios hétérotrait-monotrait (HTMT ; Henseler et al., 2015), démontrant que les deux sous-dimensions partagent une variance spécifique supérieure à leur variance partagée, attestant de leur caractère distinct.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Échelle de régulation du comportement sédentaire a été évaluée sous l’angle de la consistance interne et de la stabilité temporelle sur un échantillon total de 600 adultes.
Consistance interne
Les indices de cohérence interne de l’échelle globale et de ses sous-dimensions dépassent largement les seuils psychométriques recommandés de 0,70 ou 0,80 :
- Alpha de Cronbach global (α) : 0,87
- Oméga de McDonald global (ω) : 0,87
L’utilisation conjointe du coefficient oméga de McDonald garantit une estimation non biaisée de la consistance interne, affranchie du postulat de tau-équivalence stricte souvent violé dans les échelles multidimensionnelles.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest a été vérifiée auprès d’un sous-groupe réévalué à intervalle standardisé. L’analyse a produit un coefficient de corrélation intraclasse (CCI / ICC) de 0,85 (intervalle de confiance à 95 % : [0,80 – 0,89]), attestant d’une excellente stabilité temporelle du construit lorsque les conditions de vie et les routines des participants demeurent constantes.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle de la SBRS a été validée au moyen d’une procédure rigoureuse en deux étapes distinctes (AFE puis AFC), exécutée sur deux sous-échantillons indépendants de 300 participants chacun, obtenus par échantillonnage stratifié proportionnel (méthode SOLOMON ; Lorenzo-Seva, 2022).
Analyse factorielle exploratoire (AFE, n = 300)
L’adéquation des données à la factorisation a été confirmée par l’indice de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO > 0,85) et la significativité du test de sphéricité de Bartlett (p < 0,001). L’extraction par analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax) a isolé deux facteurs latents expliquant une part substantielle de la variance totale :
- Facteur 1 : Gestion directe du comportement sédentaire (items ciblant la prise de conscience temporelle, l’interruption volontaire et les stratégies métacognitives) ;
- Facteur 2 : Soutien environnemental et intégration de micro-mouvements (items ciblant les modifications écologiques et la motricité en contexte contraint).
Les 12 items finaux présentaient tous des saturations factorielles (factor loadings) robustes (≥ 0,55) sur leur facteur principal, sans saturations croisées problématiques (< 0,30 sur le facteur secondaire).
Analyse factorielle confirmatoire (AFC, n = 300)
L’AFC a été appliquée sur le second échantillon indépendant pour tester l’ajustement du modèle bidimensionnel issu de l’AFE. Les indices d’ajustement structurel ont confirmé l’excellente adéquation du modèle théorique aux données empiriques :
- Ratio Chi-deux / degrés de liberté (χ²/df) < 3,0 ;
- Comparative Fit Index (CFI) ≥ 0,95 ;
- Tucker-Lewis Index (TLI) ≥ 0,94 ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) ≤ 0,06 (avec intervalle de confiance étroit) ;
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) ≤ 0,05.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Échelle de régulation du comportement sédentaire (Sedentary Behavior Regulation Scale — SBRS)
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (Self-report measure)
- Nombre total d’items : 12 items
- Structure sous-jacente : Multidimensionnelle (2 sous-échelles) :
- Gestion du comportement sédentaire (stratégies cognitives et comportementales de rupture posturale)
- Soutien environnemental et mouvement actif en contexte sédentaire (aménagements physiques et micro-motricité)
- Format d’administration : Auto-administration numérique en ligne ou passation papier-crayon supervisée
- Temps de passation moyen : Environ 3 à 5 minutes
- Population cible : Adultes âgés de 20 à 59 ans (salariés de bureau, étudiants, travailleurs tertiaires et grand public)
- Modalités de cotation : Calcul d’un score global cumulatif ainsi que de scores factoriels pour chacune des deux sous-échelles. Un score élevé reflète une compétence d’autorégulation accrue et une plus grande efficacité dans la fragmentation du comportement sédentaire.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de validation et publication officielle : 2026
- Statut des droits d’auteur : © 2026 Won & Shin. Publié sous les auspices de la recherche académique en libre accès (Open Access, licence Creative Commons Attribution CC-BY).
- Tarification : Utilisation gratuite à des fins de recherche académique, scientifique et clinique non commerciale.
- Conditions d’accès : Bien que les fondements théoriques et les propriétés psychométriques soient publiés en accès libre, l’accès à la batterie officielle des énoncés originaux dans leur version complète nécessite une demande formelle auprès des auteurs correspondants ([email protected]).
12. Références / References
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13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items originaux de la Sedentary Behavior Regulation Scale (SBRS) sont protégés par le droit d’auteur et ne sont pas reproduits publiquement dans le domaine ouvert. L’inventaire se compose de 12 énoncés répartis sur les deux domaines conceptuels suivants :
Dimension 1 : Sedentary Behavior Management (Gestion du comportement sédentaire)
Cette dimension évalue les processus cognitifs et comportementaux d’auto-surveillance, de planification et d’interruption volontaire des postures assises prolongées au cours des activités quotidiennes.
- Évaluation de la prise de conscience temporelle lors des périodes d’assise ininterrompue.
- Mise en œuvre d’intentions délibérées de se lever à intervalles réguliers.
- Application de stratégies de rupture des routines sédentaires prolongées.
Dimension 2 : Environmental Support and Active Movement in Sedentary Contexts (Soutien environnemental et mouvement actif en contexte sédentaire)
Cette dimension évalue l’aménagement proactif de l’espace de vie ou de travail et l’intégration de mouvements dynamiques et de variations posturales pendant les tâches sédentaires contraintes.
- Organisation physique de l’environnement immédiat pour encourager les déplacements.
- Intégration volontaire de micro-mouvements corporels lors de tâches sédentaires stationnaires.
- Utilisation d’indices environnementaux ou d’outils matériels favorisant la dynamique posturale.
[email protected]).