Échelle de réactance psychologique de Hong (HPRS)

L’Échelle de réactance psychologique de Hong (HPRS) est un questionnaire psychométrique mesurant la tendance dispositionnelle à résister aux restrictions d’autonomie et aux influences externes, fondé sur la théorie de la réactance de Jack Brehm.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de réactance psychologique de Hong (Hong Psychological Reactance Scale ou HPRS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la réactance psychologique en tant que trait de personnalité dispositionnel chez l’individu. Ancrée dans les travaux pionniers de la théorie de la réactance psychologique formulée par Jack Brehm en 1966, l’échelle opérationnalise la tendance stable d’un individu à percevoir les messages persuasifs, les conseils, les règlements ou les restrictions imposées par autrui comme des menaces directes pesant sur sa liberté de choix, déclenchant ainsi un état motivationnel orienté vers la restauration de son autonomie.

Initialement développée sous une forme de 18 items par Sung-Mook Hong et C. Page (1989), l’échelle a fait l’objet d’un raffinement psychométrique majeur par Hong et Faedda (1996) pour aboutir à une version stabilisée comprenant 14 items. Ces items se structurent autour de quatre dimensions fondamentales :

  • La réponse émotionnelle face aux choix restreints (Emotional response toward restricted choice),
  • La réactance envers les tentatives de mise en conformité (Reactance to compliance / freedom of choice),
  • La résistance aux conseils et influences d’autrui (Resisting influence from others / advice),
  • La réactance face aux règles et régulations imposées (Reactance toward rules and regulations).

Chaque énoncé est évalué au moyen d’une échelle de réponse de type Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 5 (« Tout à fait d’accord »). Les propriétés psychométriques de la HPRS révèlent une consistance interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach globaux oscillant généralement entre .75 et .84 selon les populations étudiées, ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle (.70 à .89 à plusieurs semaines d’intervalle). L’instrument est abondamment exploité dans les recherches contemporaines portant sur la communication en santé publique, le marketing prédictif, l’acceptabilité des politiques institutionnelles et les interventions psychothérapeutiques.

2. Mots-clés / Keywords

réactance psychologique, échelle de Hong, théorie de la réactance, autonomie comportementale, liberté de choix, effet boomerang, persuasion, résistance au changement, psychométrie, analyse factorielle, consistance interne, fidélité test-retest, communication persuasive.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conceptualisée et raffinée par deux chercheurs universitaires spécialisés dans la psychologie de la personnalité et les mesures comportementales :

  • Dr. Sung-Mook Hong : Chercheur principal et concepteur initial de l’échelle, affilié au département de psychologie de l’Université de Western Sydney (Macarthur), Australie. Ses travaux ont porté sur la mesure de la motivation humaine, le locus de contrôle et la validation interculturelle des traits de personnalité.
  • Sandra Faedda : Psychologue clinicienne et chercheuse en psychométrie, affiliée à l’Université de Western Sydney (Macarthur), Australie. Elle a co-développé le raffinement factoriel de 1996 qui constitue la version de référence internationale de l’instrument.
  • Collaborateur historique associé : C. Page, co-auteur de la première version exploratoire à 18 items publiée en 1989.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de réactance psychologique de Hong (HPRS) est de capturer et de quantifier la variabilité interindividuelle dans la disposition latente à expérimenter de la réactance face aux contraintes comportementales et aux sollicitations externes. Alors que les travaux historiques de Jack Brehm traitaient la réactance quasi exclusivement comme un état motivationnel situationnel induit expérimentalement par une privation de liberté circonstancielle, les recherches différentielles des années 1980 et 1990 ont mis en lumière l’existence d’une propension stable et durable : la réactance en tant que trait (trait reactance).

Applications en communication et marketing

Dans les sciences de l’information, de la communication et du marketing, la HPRS sert d’outil diagnostique incontournable pour segmenter les publics cibles. Les personnes présentant un score élevé sur cette échelle manifestent une sensibilité aiguë aux injonctions péremptoires et aux appels à l’action trop directifs (par exemple : « Achetez maintenant », « Vous devez cesser de fumer »). Chez ces individus, de telles sollicitations déclenchent un effet boomerang documenté, les incitant à adopter l’attitude ou le comportement strictement inverse de celui préconisé afin de restaurer symboliquement leur autodétermination. L’échelle permet ainsi aux concepteurs de campagnes de calibrer le cadrage des messages (message framing), en privilégiant des formulations non contraignantes basées sur l’autonomie et l’apport d’options plutôt que sur l’injonction morale ou normative.

Applications en santé publique et addictologie

Dans le domaine de la promotion de la santé et de la prévention médicale, l’instrument permet d’expliquer l’échec ou la contre-performance de certaines campagnes de prévention institutionnelles, telles que les avertissements sanitaires graphiques sur les paquets de tabac, les campagnes vaccinales contraignantes ou les confinements sanitaires. Les sujets hautement réactants sont plus enclins à rejeter les recommandations sanitaires perçues comme infantilisantes ou inquisitoires, voyant dans l’inobservance thérapeutique ou le refus vaccinal un mécanisme d’affirmation de soi.

Applications en psychologie clinique et psychothérapie

Dans le cadre clinique, l’administration de la HPRS offre au thérapeute une évaluation préliminaire de la résistance potentielle du patient face au processus d’alliance thérapeutique et aux devoirs comportementaux prescrits. Les approches comme l’entretien motivationnel de Miller et Rollnick s’avèrent particulièrement recommandées pour les patients présentant des scores élevés à la HPRS, car elles évitent l’affrontement direct, respectent l’ambivalence et valorisent constamment la souveraineté décisionnelle du consultant.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la HPRS est la réactance psychologique dispositionnelle. Ce concept réfère à une constellation de réponses affectives et cognitives orientées vers la préservation active de l’espace de liberté individuel lorsqu’une barrière externe, perçue comme illégitime ou intrusive, menace ou élimine une liberté de comportement préalablement acquise. L’analyse psychométrique menée par Hong et Faedda (1996) a permis d’isoler quatre dimensions corrélées qui sous-tendent ce macro-construit :

1. Réponse émotionnelle face aux choix restreints (Emotional Response toward Restricted Choice)

Cette dimension capture l’irritation, la frustration viscérale et l’agitation affective éprouvées dès lors que des options disponibles sont brusquement limitées ou supprimées par une tierce partie ou un contexte régulateur. L’individu réagit non pas par une résignation passive ou une réévaluation rationnelle des coûts et bénéfices, mais par une montée de colère et d’agacement. Exemple clinique : Une personne apprend qu’un produit commercial ou une option professionnelle qu’elle hésitait à choisir vient d’être interdite par la hiérarchie ; elle ressent immédiatement une attraction exacerbée pour cette option et une hostilité envers l’autorité régulatrice (« l’effet du fruit défendu »).

2. Réactance envers les règles et régulations imposées (Reactance toward Rules and Regulations)

Cette composante opérationnalise l’aversion structurelle envers les protocoles formalisés, les lois générales, les règlements intérieurs et les directives administratives standardisées. L’individu perçoit les règles non pas comme des mécanismes de coordination sociale ou de protection collective, mais comme des entraves préjudiciables à sa spontanéité et à son droit inaliénable de décider au cas par cas. Exemple en entreprise : Un employé hautement réactant percevra l’introduction d’un outil de pointage horaire non comme une mesure de gestion équitable, mais comme une agression managériale dirigée contre son statut d’adulte responsable, ce qui l’amènera à contourner délibérément le protocole.

3. Réactance face aux tentatives de conformité et préservation de la liberté de choix (Reactance to Compliance / Freedom of Choice)

Cette dimension reflète le refus actif de se plier aux attentes sociales implicites ou explicites formulées par le groupe ou l’environnement immédiat. Dès qu’une incitation incite la personne à « faire comme tout le monde » ou à se soumettre à un consensus prédéterminé, la motivation d’auto-différenciation et de rejet de la conformité s’active. L’individu accorde une valeur disproportionnée au simple fait d’avoir eu le « dernier mot » dans sa trajectoire comportementale. Exemple social : Dans une dynamique de groupe où la majorité des pairs adopte un comportement vestimentaire ou culturel particulier, le sujet réactant refusera catégoriquement de s’y associer, qu’il apprécie ou non ledit comportement à l’origine.

4. Résistance aux conseils et influences d’autrui (Resisting Influence from Others / Advice)

Cette sous-échelle évalue la tendance systématique à rejeter les recommandations, avis bienveillants, suggestions ou directives, même lorsque ceux-ci émanent de figures expertes reconnues (médecins, enseignants, mentors, collègues chevronnés). Le conseil est interprété cognitivement comme une tentative de subordination ou une remise en cause de la compétence intellectuelle du sujet. L’individu préfère délibérément commettre une erreur de manière autonome plutôt que de réussir grâce à la guidance d’un tiers.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement épistémologique de la HPRS repose sur la théorie de la réactance psychologique (Psychological Reactance Theory, PRT), initialement formalisée par Jack W. Brehm (1966), puis étendue par Brehm et Brehm (1981). Cette théorie socio-cognitive postule que les êtres humains possèdent un répertoire subjectif de libertés comportementales spécifiques qu’ils estiment légitimement posséder et pouvoir exercer à tout moment.

Les axiomes fondamentaux de Jack Brehm

Selon le modèle originel, pour que la réactance émerge, quatre conditions préalables doivent être remplies :

  • La perception d’une liberté préalable : L’individu doit croire subjectivement qu’il a la compétence physique, financière ou intellectuelle d’exécuter le comportement cible, et qu’il a le droit légitime de le faire.
  • L’apparition d’une menace contre cette liberté : Tout événement externe (persuasion agressive, interdiction légale, barrière physique, obligation morale) qui complique ou empêche l’exercice de cette liberté est qualifié de menace.
  • L’importance de la liberté menacée : L’intensité de l’état de réactance est fonction directe de la valeur instrumentale et symbolique que revêt la liberté entravée pour la satisfaction des besoins fondamentaux de l’individu.
  • La proportionnalité et l’implication d’autres libertés : Plus la menace actuelle laisse présager la disparition future d’autres libertés connexes, plus l’état motivationnel sera intense.

La conceptualisation cognitive-affective intégrée

Pendant plusieurs décennies, le statut ontologique de la réactance a suscité un débat majeur : s’agit-il d’un phénomène exclusivement cognitif (pensées contre-argumentatives, dévalorisation de la source) ou purement affectif (colère, irritation) ? Les travaux empiriques modernes, notamment ceux de Dillard et Shen (2005) ainsi que de Rains (2013), ont démontré que la réactance fonctionne comme un amalgame indissociable d’affect négatif et de cognitions négatives. La colère et la contre-argumentation opèrent en synergie pour inciter le sujet à restaurer son autodétermination.

Le passage d’un paradigme strictement situationnel à un paradigme dispositionnel a été rendu possible par les théoriciens de la personnalité (Merz, 1983 ; Hong & Page, 1989). Ces auteurs ont montré que si la menace situationnelle est un déclencheur, la sensibilité de seuil (le niveau de stimulus requis pour qu’une contrainte soit vécue comme une menace d’autonomie) est une caractéristique différentielle stable, enracinée dans le besoin d’autonomie et de distinction de soi.

7. Validité / Validity

L’Échelle de réactance psychologique de Hong a fait l’objet de nombreuses investigations visant à attester ses qualités métrologiques à travers diverses cultures et contextes de recherche.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente de la HPRS a été établie par sa corrélation positive statistiquement significative avec d’autres échelles mesurant des concepts proches de l’autonomie et de la non-conformité :

  • Une corrélation positive modérée à forte (r variant de .40 à .58) avec l’échelle de réactance concurrente développée par Dowd, Milne et Wise (1991), la Therapeutic Reactance Scale (TRS).
  • Une corrélation positive avec les mesures de besoin d’unicité (Need for Uniqueness) et d’indépendance de jugement (r compris entre .35 et .45).
  • Des corrélations inverses avec la dimension « Agréabilité » (Agreeableness) du modèle des Big Five (généralement r = -.25 à -.38), reflétant la propension des individus réactants à la confrontation plutôt qu’à la conciliation sociale.
  • Une corrélation modérée avec le locus de contrôle interne quant à la revendication de son propre destin, mais également avec des formes de défiance envers l’autorité institutionnelle.

Validité discriminante

Les analyses factorielles confirmatoires et les matrices multi-traits multi-méthodes ont démontré que la HPRS se distingue nettement de l’anxiété générale (mesurée par le STAI), de la dépression, et des mesures d’intelligence cognitive. De plus, les corrélations avec les échelles de désirabilité sociale (telles que l’échelle de Marlowe-Crowne) sont quasi nulles ou légèrement négatives (r = -.08 à -.15), démontrant que les réponses des sujets ne sont pas systématiquement biaisées par la volonté de donner une image socialement acceptable d’eux-mêmes.

Validité prédictive

Sur le plan écologique et prédictif, de nombreuses recherches expérimentales ont validé la capacité de l’instrument à anticiper les conduites réelles :

  • Dans le domaine des messages de prévention antitabac, Miller, Lane, Deatrick, Young et Potts (2007) ont démontré que les scores élevés à la HPRS prédisent significativement une génération accrue de pensées critiques (contre-arguments) et un sentiment de colère à l’égard des messages, menant à une diminution de l’intention de cesser de fumer.
  • Dans le champ de l’acceptation des consignes vaccinales durant la pandémie de COVID-19, les études ont montré que la HPRS était l’un des meilleurs prédicteurs dispositionnels du refus vaccinal et de l’opposition aux mesures barrières contraignantes.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de la HPRS a été évaluée à la fois sous l’angle de la cohérence interne (homogénéité des énoncés) et de la stabilité temporelle (test-retest).

Consistance interne

Dans l’étude canonique de raffinement de Hong et Faedda (1996) portant sur un échantillon de 278 étudiants universitaires australiens, le coefficient global d’alpha de Cronbach pour l’ensemble des 14 items s’élevait à .77. Des études indépendantes ultérieures ont rapporté des valeurs globales oscillant entre .75 et .84 :

  • Dans l’étude de Shen et Dillard (2005), la consistance interne de la version globale atteignait un alpha de .81.
  • Concernant les quatre sous-échelles individuelles, les coefficients alpha se répartissent généralement de la manière suivante :
    • Réponse émotionnelle face aux choix restreints : α = .70 à .76
    • Réactance envers les règles et régulations : α = .66 à .74
    • Réactance aux tentatives de conformité : α = .62 à .71
    • Résistance aux conseils et influences : α = .64 à .72

Bien que les valeurs des sous-échelles puissent paraître modérées (ce qui s’explique en partie par le faible nombre d’items composant chaque facette, soit 3 à 4 items par facteur), le coefficient composite oméga de McDonald (ω) dépasse régulièrement le seuil standard de .80 pour le construit global de réactance.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La fidélité test-retest a été investiguée sur divers intervalles temporels afin de s’assurer du caractère véritablement dispositionnel du trait. Hong et Faedda (1996) ont rapporté un coefficient de corrélation de Pearson test-retest de r = .89 sur un intervalle de deux semaines, indiquant une excellente stabilité temporelle à court terme. Sur des périodes plus étendues (six à huit semaines), les coefficients demeurent stables aux alentours de r = .70 à .76, confirmant que l’échelle mesure une caractéristique de personnalité relativement immunisée contre les fluctuations affectives transitoires.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’histoire psychométrique de l’échelle de Hong est marquée par une série d’investigations factorielles approfondies visant à déterminer si la réactance est un construit unidimensionnel, multidimensionnel ou hiérarchique.

L’Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) initiale

À l’origine, Sung-Mook Hong et Page (1989) avaient créé un instrument pilote de 18 items. L’analyse en composantes principales avec rotation varimax et oblimin avait mis en évidence 4 facteurs distincts. Cependant, plusieurs items présentaient des saturations croisées complexes ou des poids factoriels jugés insuffisants (< .40). Dans leur révision méthodologique, Hong et Faedda (1996) ont soumis les réponses de 278 participants à une analyse factorielle avec rotation oblique (Promax), ce qui a conduit à l’élimination de 4 items non convergents et à la conservation des 14 items définitifs.

Résultats factoriels de Hong et Faedda (1996)

Les saturations factorielles des 14 items sur leurs facteurs respectifs sont solides, variant de .48 à .82, sans saturation croisée majeure excédant .30 sur un facteur secondaire :

  • Facteur 1 (Réponse émotionnelle face aux choix restreints) : Items 3, 5, 8, 12 (saturations entre .58 et .79).
  • Facteur 2 (Réactance envers les règles et régulations) : Items 2, 7, 10, 14 (saturations entre .53 et .82).
  • Facteur 3 (Mise en conformité et liberté de choix) : Items 1, 6, 9 (saturations entre .48 et .74).
  • Facteur 4 (Résistance aux conseils) : Items 4, 11, 13 (saturations entre .55 et .76).

Controverse structurelle et Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Plusieurs modélisations concurrentes ont été testées dans la littérature psychométrique internationale (notamment par Thomas, Donnell, & Buboltz, 2001 ; Shen & Dillard, 2005) :

  • Modèle unidimensionnel strict (1 facteur général) : Présente généralement des indices d’ajustement insatisfaisants (RMSEA > .08, CFI < .85), démontrant que la réactance ne peut être réduite à un bloc indifférencié sans perte d’information.
  • Modèle à 4 facteurs corrélés : Fournit un bon ajustement aux données empiriques (χ²/ddl < 2.5, RMSEA ≈ .051, CFI ≈ .93, TLI ≈ .91), validant l’architecture proposée par Hong et Faedda.
  • Modèle de second ordre (un facteur d’ordre supérieur gouvernant les 4 facteurs de premier ordre) : Préféré par de nombreux auteurs pour la recherche appliquée, ce modèle présente une qualité d’ajustement quasiment identique au modèle à facteurs corrélés et justifie sur le plan formel l’utilisation d’un score total composite de réactance.

Il est à noter que Shen et Dillard (2005) ont proposé une version épurée à 11 items en retirant 3 items à faible variance ou présentant une redondance de contenu, optimisant ainsi les indices d’adéquation dans les contextes de modélisation par équations structurelles complexes.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique (self-report inventory) standardisé.
  • Population cible : Adultes et adolescents à partir de 15 ans. Applicable tant en population générale que dans des sous-groupes cliniques ou organisationnels.
  • Nombre d’items : 14 items dans la version validée de Hong et Faedda (1996) ; existence d’une version réduite alternative à 11 items.
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 5 points d’ancrage sémantique ordonné :
    • 1 = Tout à fait en désaccord (Strongly disagree)
    • 2 = Plutôt en désaccord (Disagree)
    • 3 = Neutre / Indécis (Neither agree nor disagree)
    • 4 = Plutôt d’accord (Agree)
    • 5 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
  • Temps d’administration : Environ 3 à 5 minutes pour compléter l’ensemble du protocole.
  • Calcul des scores et cotation :
    • Tous les items de l’échelle sont libellés dans le sens direct du construit (aucun item inversé dans la version standard de 14 items).
    • Score total : Calculé par la somme arithmétique simple de l’ensemble des 14 items (plage théorique de 14 à 70 points) ou par la moyenne des réponses (plage de 1.0 à 5.0). Un score élevé reflète une forte réactance dispositionnelle.
    • Scores des sous-dimensions : Obtenus par la sommation ou la moyenne des items constitutifs de chaque facette factorielle (permettant d’établir un profil différentiel de réactance émotionnelle, réglementaire, de conformité ou de résistance au conseil).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 1989 (version initiale à 18 items par Hong & Page) ; 1996 (version officielle raffinée à 14 items par Hong & Faedda).
  • Statut des droits et conditions d’accès : L’Échelle de réactance psychologique de Hong relève du domaine de la recherche académique ouverte (open academic instrument). Elle a été publiée dans des revues scientifiques à comité de lecture sous la protection standard des droits d’auteur des éditeurs scientifiques originaux (European Journal of Personality / John Wiley & Sons, Ltd.).
  • Tarification : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite à des fins de recherche fondamentale, d’enseignements universitaires et d’évaluations cliniques non commerciales.
  • Autorisation : Aucune licence payante n’est exigée des chercheurs du secteur public ou universitaire. Il convient de citer adéquatement l’article méthodologique fondateur de Hong et Faedda (1996) dans toute publication, mémoire ou rapport de recherche découlant de son exploitation.

12. Références / References

Brehm, J. W. (1966). A theory of psychological reactance. Academic Press. https://psycnet.apa.org/record/1967-00994-000

Brehm, S. S., & Brehm, J. W. (1981). Psychological reactance: A theory of freedom and control. Academic Press. https://doi.org/10.1016/C2013-0-07521-2

Dillard, J. P., & Shen, L. (2005). On the nature of reactance and its role in persuasive health communication. Communication Monographs, 72(2), 144–168. https://doi.org/10.1080/03637750500111815

Dowd, E. T., Milne, C. R., & Wise, S. L. (1991). The Therapeutic Reactance Scale: A measure of psychological reactance. Journal of Counseling & Development, 69(6), 541–545. https://doi.org/10.1002/j.1556-6676.1991.tb02638.x

Hong, S.-M., & Faedda, S. (1996). Refinement of the Hong psychological reactance scale. European Journal of Personality, 10(1), 19–29. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.2007.00297.x

Rains, S. A. (2013). The nature of psychological reactance revisited: A meta-analytic review of the cognitive and affective processes associated with reactance. Human Communication Research, 39(1), 47–73. https://doi.org/10.1111/j.1468-2958.2012.01443.x

Shen, L., & Dillard, J. P. (2005). Psychometric properties of the Hong Psychological Reactance Scale. Journal of Personality Assessment, 85(1), 74–81. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa8501_07

Thomas, A., Donnell, A. J., & Buboltz, W. C. (2001). The Hong Psychological Reactance Scale: A confirmatory factor analysis. Journal of Personality Assessment, 77(2), 374–376. https://doi.org/10.1207/S15327752JPA7702_16

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici l’inventaire complet des 14 items constituant l’Échelle de réactance psychologique de Hong (HPRS) tels qu’ils sont présentés aux participants dans leur protocole d’auto-évaluation. Chaque énoncé est noté de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 5 (« Tout à fait d’accord »).

  1. I become frustrated when I am unable to make free and independent decisions.
    (Je deviens frustré(e) lorsque je suis incapable de prendre des décisions libres et indépendantes.)
  2. I become angry when my freedom of choice is restricted.
    (Je me mets en colère lorsque ma liberté de choix est restreinte.)
  3. It irritates me when someone points out things which are obvious to me.
    (Cela m’irrite quand quelqu’un me fait remarquer des choses qui sont évidentes pour moi.)
  4. I resist the attempts of others to influence me.
    (Je résiste aux tentatives des autres de m’influencer.)
  5. It makes me angry when another person is held up as a model for me to follow.
    (Cela me met en colère lorsqu’on me présente une autre personne comme un modèle à suivre.)
  6. When someone forces me to do something, I feel like doing the opposite.
    (Quand quelqu’un me force à faire quelque chose, j’ai envie de faire exactement le contraire.)
  7. I consider advice from others to be an intrusion.
    (Je considère les conseils des autres comme une intrusion.)
  8. I find contradicting others stimulating.
    (Je trouve stimulant de contredire les autres.)
  9. When something is prohibited, I usually think, ‘That’s exactly what I am going to do.’
    (Quand quelque chose est interdit, je me dis généralement : « C’est exactement ce que je vais faire. »)
  10. Regulations trigger a sense of resistance in me.
    (Les règlements déclenchent en moi un sentiment de résistance.)
  11. I find it difficult to accept another person’s advice.
    (J’ai du mal à accepter les conseils d’une autre personne.)
  12. I dislike it when others try to manipulate my thoughts or decisions.
    (Je n’aime pas que les autres tentent de manipuler mes pensées ou mes décisions.)
  13. Advice from others often prompts me to do the opposite.
    (Les conseils des autres m’incitent souvent à faire le contraire.)
  14. I feel an urge to defend my point of view when someone challenges it.
    (Je ressens le besoin impérieux de défendre mon point de vue quand quelqu’un le conteste.)
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle de réactance psychologique de Hong (HPRS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-reactance-psychologique-de-hong-hprs/
Looti, Mohammed. “Échelle de réactance psychologique de Hong (HPRS).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-reactance-psychologique-de-hong-hprs/.
Looti, Mohammed. “Échelle de réactance psychologique de Hong (HPRS).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-reactance-psychologique-de-hong-hprs/.