Échelle de propension au pardon

L’Échelle de propension au pardon (Trait Forgivingness Scale – TFS), conçue par Berry et al. (2005), est un instrument psychométrique de 10 items mesurant la disposition durable et globale d’un individu à pardonner les offenses et à surmonter le ressentiment.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de propension au pardon (en anglais, Trait Forgivingness Scale ou TFS), développée et validée par Jack W. Berry, Everett L. Worthington Jr., Lynn E. O’Connor, Les Parrott III et Nathaniel G. Wade en 2005, constitue l’un des instruments psychométriques de référence pour évaluer la disposition globale et durable d’un individu à accorder son pardon à autrui à la suite d’une offense ou d’une transgression interpersonnelle. Contrairement aux mesures évaluant le pardon épisodique ou situationnel (qui ciblent une offense singulière et contextualisée dans le temps, telle que l’échelle Transgression-Related Interpersonal Motivations Inventory [TRIM]), la TFS conceptualise le pardon comme un trait de personnalité stable, transcendant les situations, les coupables et la nature des torts subis.

L’instrument se compose de 10 items formulés sous forme d’énoncés auto-rapportés, cotés sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 5 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree). Cinq de ces items sont rédigés selon une polarité positive traduisant une facilité à pardonner, tandis que cinq autres sont inversés afin de refléter la rancœur chronique, la rumination rancunière, le désir de représailles réciproques ou l’amertume relationnelle. D’un point de vue structurel, la TFS démontre une organisation unifactorielle solide, isolant un facteur général de propension au pardon qui sous-tend l’ensemble des réponses.

Les études de validation psychométrique originales et subséquentes mettent en évidence d’excellentes qualités métrologiques : une consistance interne robuste avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,74 et 0,83 dans des échantillons diversifiés (universitaires, communautaires, cliniques), une stabilité temporelle satisfaisante lors de passations test-retest (corrélations de l’ordre de 0,70 à 0,79 sur des intervalles de plusieurs semaines), ainsi qu’une validité convergente et discriminante bien établie. La TFS corrèle positivement avec l’agréabilité, l’empathie, l’estime de soi et le bien-être subjectif, tandis qu’elle corrèle négativement de manière substantielle avec le névrosisme, la rumination vengeresse, l’affectivité négative, la colère-trait, la dépression et l’anxiété. L’échelle est largement exploitée en psychologie de la personnalité, en psychologie sociale, en psychopathologie ainsi qu’en psychothérapie d’inspiration humaniste et cognitivo-comportementale.

2. Mots-clés / Keywords

Propension au pardon, trait de personnalité, pardon interpersonnel, rumination vengeresse, rancœur, régulation émotionnelle, modèle des Big Five, psychométrie, bien-être psychologique, échelle de Berry.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés dans l’étude scientifique du pardon, des émotions morales et des relations interpersonnelles :

  • Jack W. Berry, Ph.D. : Professeur émérite au Département de psychologie de l’Université Samford (Birmingham, Alabama, États-Unis). Ses travaux de recherche se concentrent sur la psychométrie, les processus émotionnels et les composantes socio-affectives du pardon.
  • Everett L. Worthington Jr., Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à la Virginia Commonwealth University (VCU, Richmond, Virginie, États-Unis). Autorité mondiale sur la psychologie du pardon, auteur du modèle interventionnel REACH Forgiveness et de nombreuses contributions théoriques sur le pardon émotionnel versus décisionnel.
  • Lynn E. O’Connor, Ph.D. : Professeure et chercheuse clinicienne affiliée au The Wright Institute (Berkeley, Californie, États-Unis), réputée pour ses travaux novateurs sur la culpabilité altruiste, l’empathie et la psychopathologie évolutionniste.
  • Les Parrott III, Ph.D. : Professeur de psychologie clinique à la Seattle Pacific University (Seattle, Washington, États-Unis), auteur et clinicien spécialisé dans la dynamique des relations de couple et la résolution de conflits.
  • Nathaniel G. Wade, Ph.D. : Professeur de psychologie au Département de psychologie de l’Iowa State University (Ames, Iowa, États-Unis), chercheur spécialisé dans l’efficacité des thérapies de groupe axées sur le pardon et l’acceptation.

4. Objectif / Purpose

Conceptualisation et justification scientifique

L’objectif fondamental de la Trait Forgivingness Scale est de fournir une évaluation brève, fiable et psychométriquement rigoureuse de la disposition globale à pardonner en tant que variable dispositionnelle stable de la personnalité. Avant le début des années 2000, la majorité des recherches quantitatives sur le pardon s’était polarisée autour du « pardon d’état » (state forgiveness), mesurant la manière dont une personne réagit émotionnellement et motivationnellement face à une infraction bien précise commise par un agresseur identifié (par exemple via le TRIM de McCullough et al., 1998). Bien que cette approche situationnelle soit cruciale pour étudier les dynamiques interpersonnelles immédiates, elle laissait en suspens l’existence d’une propension globale, ancrée dans la structure caractérielle de l’individu, à réagir aux transgressions par le pardon plutôt que par la rancœur, l’amertume ou la vendetta.

Berry et ses collègues (2005) ont soutenu que, de même que l’anxiété ou la colère peuvent être appréhendées à la fois sous forme d’état transitoire et de trait dispositionnel, le pardon possède une composante de trait hautement prédictive des réactions affectives et comportementales face aux vicissitudes de l’existence. La TFS a été précisément formulée pour capturer ce construit générique sans l’ancrer dans un événement unique ou dans une typologie exclusive de relation (conjoint, collègue, ami ou étranger).

Applications en recherche et en pratique clinique

Dans le domaine de la recherche fondamentale, la TFS est largement mobilisée pour disséquer les liens unissant la personnalité et la santé globale. Elle sert d’instrument pivot pour tester des modèles médiateurs ou modérateurs liant la vulnérabilité affective (telle que le neuroticisme ou la dépression clinique) aux issues somatiques, notamment la régulation cardiovasculaire, la réponse immunitaire et la réactivité de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien face au stress interpersonnel. La propension au pardon agit fréquemment comme un puissant bouclier tampon contre les ravages physiologiques du stress chronique induit par la rancune.

Sur le plan clinique et thérapeutique, la TFS offre aux psychologues et psychothérapeutes un outil de diagnostic fonctionnel et d’évaluation pré- et post-intervention. Par exemple, dans les thérapies de couple ou les prises en charge spécialisées en alcoologie et toxicomanie — où les antécédents de ressentiments toxiques et de culpabilité non résolue alimentent fréquemment les cycles de rechute —, la TFS permet de mesurer l’évolution de la posture globale du patient face aux offenses. Elle aide le praticien à identifier les schémas cognitifs dysfonctionnels orientés vers la vengeance (ex. l’adhésion rigide à la réciprocité négative de la loi du talion) et à évaluer si les programmes psychoéducatifs (tels que le protocole REACH) favorisent une transformation durable de la personnalité morale du patient.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’échelle est la propension au pardon (trait forgivingness), définie de manière opérationnelle par Berry et al. (2005) comme « la tendance dispositionnelle durable et généralisée d’un individu à pardonner les offenses interpersonnelles à travers une grande variété de situations relationnelles et de contextes temporels ». Bien que la TFS produise un score global unifactoriel, l’analyse théorique de son contenu révèle l’articulation de plusieurs facettes interconnectées qui délimitent avec précision ce construit psychologique :

1. L’atténuation de l’amertume et le renoncement au ressentiment

Le pardon en tant que trait ne se résume pas à un acte d’acquittement purement intellectuel ; il implique une modification fondamentale du paysage affectif interne. Les individus présentant un score élevé sur la TFS manifestent une incapacité chronique à maintenir active une rancœur destructrice. À l’inverse, un score faible reflète ce que les auteurs qualifient d’« amertume relationnelle diffuse » (illustrée par l’item 6 : « I feel bitter about many of my relationships ») et de « persistance du ressentiment intrusif » (item 7 : « Even after I forgive someone, things often come back to me that I resent »). Ce volet capture la dimension de rumination émotionnelle négative qui réactive continuellement la douleur de la trahison.

2. Le découplage entre l’offense et la rétorsion (renoncement à la réciprocité négative)

Une composante maîtresse du trait réside dans le rejet de la rétribution symétrique. Les personnes caractérisées par une faible propension au pardon adhèrent systématiquement à une norme de réciprocité négative punitive : traiter autrui avec la même dureté que celle reçue (item 3 : « If someone treats me badly, I treat him or her the same »). La propension au pardon implique au contraire la rupture de cette chaîne de rétorsion, le sujet décidant délibérément de désamorcer l’escalade d’agressivité.

3. L’inconditionnalité relative et la bienveillance proactive

La TFS sonde également le degré d’ouverture du sujet à accorder son pardon même en l’absence des signaux interpersonnels habituels facilitant ce processus, tels que les excuses, la contrition ou la réparation par l’offenseur. L’item 4 (« I try to forgive others even when they don’t feel guilty for what they did ») incarne cette démarche proactive où le pardon devient un acte autonome d’affranchissement émotionnel plutôt qu’une transaction conditionnée par le remords d’autrui.

4. L’auto-perception identitaire de mansuétude

Enfin, la propension au pardon s’intègre profondément dans le concept de soi et l’identité morale de l’individu. Les items 2, 5, 9 et 10 (ex. « I am a forgiving person » ; « I can forgive a friend for almost anything ») explorent la conviction intrinsèque du sujet d’incarner une personne clémente, capable d’oublier les offenses mineures du quotidien et de préserver les liens sociaux fondamentaux malgré les défaillances d’autrui.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle émotionnel versus décisionnel du pardon

L’élaboration de la TFS s’enracine directement dans les modélisations théoriques formulées par Everett L. Worthington Jr., qui distingue conceptuellement le pardon décisionnel (decisional forgiveness) du pardon émotionnel (emotional forgiveness). Le pardon décisionnel est un engagement conscient et intentionnel de ne plus chercher à se venger et de traiter l’autre comme une personne valable. En revanche, le pardon émotionnel correspond au remplacement effectif des émotions amères et hostiles (colère, haine, mépris, peur) par des émotions prosociales et positives (compassion, sympathie, amour altruiste ou neutralité apaisée).

Dans ce cadre, la propension au pardon en tant que trait représente la vitesse, la fréquence et l’efficacité avec lesquelles un individu parvient à opérer cette transmutation émotionnelle. Les individus dotés d’une forte propension au pardon possèdent des seuils de déclenchement de la rumination vengeresse beaucoup plus élevés et mobilisent spontanément des schémas d’attribution bienveillants vis-à-vis des intentions d’autrui.

Articulation avec le modèle des Big Five de la personnalité

D’un point de vue structural, les auteurs articulent la propension au pardon au modèle classique des cinq facteurs de la personnalité (Big Five de McCrae & Costa) :

  • Agréabilité (Agréabilité / Amabilité) : La propension au pardon constitue le cœur moral et interpersonnel de l’agréabilité. Les individus agréables ont un besoin intrinsèque de communion, d’harmonie relationnelle et de coopération, ce qui les prédispose naturellement à apaiser les conflits et à réhabiliter le transgresseur.
  • Névrosisme (Stabilité émotionnelle versus Névrosisme) : Le pardon dispositionnel s’oppose directement aux facettes centrales du névrosisme, tout particulièrement l’hostilité et la vulnérabilité anxieuse. Une personne à haut niveau de névrosisme est prédisposée à la rumination mentale intrusive, prolongeant indéfiniment l’impact affectif de la blessure.

Approche socio-cognitive et évolutionniste

Sur le plan évolutionniste et socio-cognitif (McCullough, Berry et al.), le pardon est conceptualisé comme un mécanisme adaptatif universel ayant évolué pour restaurer des alliances interpersonnelles précieuses au sein des groupes humains ancestraux. Le trait de pardon permet d’éviter les coûts exorbitants de la vendetta et de la rancune chronique (dépense énergétique, risques de blessures physiques, exclusion sociale), tout en maintenant un équilibre fonctionnel pour ne pas devenir la proie d’exploitations répétées.

7. Validité / Validity

Les études empiriques initiales de Berry et al. (2005), ainsi que de nombreuses réplications internationales indépendantes, ont établi un profil psychométrique solide pour la TFS.

Validité convergente

La validité convergente de l’échelle a été démontrée par des associations théoriquement cohérentes et statistiquement significatives avec de multiples construits psychologiques :

  • Traits de personnalité majeurs : Dans l’étude princeps (Berry et al., 2005), la TFS a révélé une corrélation positive marquée avec l’agréabilité mesurée par le NEO-PI-R ou le BFI ($r = 0{,}40$ à $0{,}50, p < 0{,}001$) et une corrélation négative robuste avec le névrosisme ($r = -0{,}35$ à $-0{,}46, p < 0{,}001$).
  • Affectivité et rumination : L’échelle montre des corrélations négatives très élevées avec la rumination vengeresse (Vengeful Rumination Scale, $r = -0{,}55$ à $-0{,}65$) et avec l’affectivité négative générale mesurée par le PANAS ($r = -0{,}30$ à $-0{,}42$).
  • Empathie dispositionnelle : Des corrélations positives significatives sont systématiquement observées avec l’empathie globale mesurée par l’Interpersonal Reactivity Index (IRI), notamment avec la prise de perspective ($r pprox 0{,}30$) et la préoccupation empathique ($r pprox 0{,}35$).
  • Mesures concurrentes du pardon : La TFS converge fortement avec d’autres outils dispositionnels, tels que la Tendency to Forgive Scale (TTF ; Brown, 2003, $r > 0{,}65$) et le Transgression Narrative Test of Forgivingness (TNTF ; Berry et al., 2001, $r pprox 0{,}45$).

Validité discriminante

La TFS se distingue nettement de concepts connexes mais non équivalents :

  • Elle démontre une corrélation faible à modérée avec la désirabilité sociale (évaluée par l’échelle de Marlowe-Crowne, $r pprox 0{,}15$ à $0{,}22$), confirmant que les réponses ne reflètent pas un simple biais d’auto-présentation complaisante.
  • L’analyse discriminante montre que la TFS n’est pas réductible à une simple absence d’affect négatif : dans des modèles de régression multiple, la propension au pardon continue de prédire des comportements d’apaisement relationnel même après contrôle statistique complet de la dépression, de l’anxiété et du névrosisme.

Validité prédictive

La TFS prédit avec succès le pardon d’état lors d’expérimentations en laboratoire ou d’études longitudinales. Les participants ayant un score élevé sur la TFS réagissent à des transgressions réelles ou simulées par des niveaux nettement inférieurs d’évitement et de vengeance sur l’échelle TRIM ($r pprox -0{,}35$ à $-0{,}45$), et manifestent une baisse plus rapide du cortisol salivaire et de la pression artérielle après avoir évoqué un souvenir douloureux.

8. Fidélité / Reliability

Consistance interne

La consistance interne de la Trait Forgivingness Scale a été éprouvée sur une large variété d’échantillons démographiques et cliniques :

  • Dans la publication princeps de Berry et al. (2005), comprenant plusieurs études successives auprès d’étudiants et d’adultes en population générale (échantillons variant de $N = 143$ à $N = 387$), les coefficients alpha de Cronbach ($lpha$) se sont échelonnés entre 0,74 et 0,80.
  • Dans des études subséquentes (par exemple Scherer, 2010 dans le cadre d’études sur l’abus de substances, ou Wade et al., 2008), le coefficient de fidélité composite a régulièrement atteint des valeurs comprises entre 0,77 et 0,83, ce qui démontre une excellente homogénéité des items pour une échelle courte de 10 énoncés.
  • Les corrélations item-total corrigées oscillent pour la quasi-totalité des items entre 0,35 et 0,62, confirmant que chaque item contribue positivement et significativement à la mesure du construit global.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Conformément au statut théorique de « trait » de personnalité, la propension au pardon mesurée par la TFS doit présenter une stabilité substantielle dans le temps en l’absence d’interventions ciblées :

  • Sur un intervalle de deux à trois semaines, les coefficients de corrélation test-retest rapportés par Berry et al. (2005) s’élèvent à $r = 0{,}79$ ($p < 0{,}001$), indiquant une remarquable constance des scores.
  • Sur un intervalle plus long de six à huit semaines, la corrélation intra-classe demeure robuste ($r pprox 0{,}71$), témoignant d’une stabilité temporelle analogue à celle mesurée pour les sous-échelles de base du modèle des Big Five.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyses factorielles exploratoires (AFE)

Lors de la phase de création et de raffinement de l’échelle, Berry, Worthington et leurs collaborateurs ont soumis un pool initial d’items à des analyses factorielles exploratoires (extraction par axes principaux avec rotation oblique Promax et orthogonale Varimax) :

  • L’examen des valeurs propres (eigenvalues) selon le critère de Kaiser-Guttman (> 1,0) et l’inspection visuelle du diagramme de sédimentation (scree plot de Cattell) ont clairement indiqué la prédominance d’un facteur dominant unique expliquant entre 33 % et 42 % de la variance totale des réponses selon les échantillons.
  • Tous les items finaux présentent des saturations factorielles substantielles sur ce facteur général, allant de 0,41 à 0,72. Bien que les cinq items inversés (items 1, 3, 6, 7, 8) puissent parfois faire émerger un artefact de méthode mineur lié à la polarité des énoncés (méthode de formulation négative), ce sous-regroupement ne justifie pas la scission de l’échelle en dimensions indépendantes.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Les modélisations par équations structurelles menées par la suite pour tester l’adéquation du modèle unifactoriel ont corroboré cette architecture :

  • Le modèle unidimensionnel à 1 facteur global montre des indices d’ajustement satisfaisants lorsque les erreurs résiduelles de certains items inversés très proches sémantiquement sont autorisées à covarier : $\chi^2/ ext{ddl} < 2{,}5$, CFI (Comparative Fit Index) $ge 0{,}94$, TLI (Tucker-Lewis Index) $ge 0{,}92$, et RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) $le 0{,}06$ (intervalle de confiance à 90 % : [0,04 ; 0,08]).
  • Ces paramètres confirment la validité de l’utilisation d’un score global sommatoire unifié pour représenter la propension globale d’une personne au pardon.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Échelle de propension au pardon (Trait Forgivingness Scale — TFS)
  • Auteurs : Jack W. Berry, Everett L. Worthington, Jr., Lynn E. O’Connor, Les Parrott III, & Nathaniel G. Wade (2005)
  • Format d’administration : Questionnaire auto-rapporté papier-crayon, formulaire informatisé ou évaluation interactive en ligne
  • Population cible : Adultes et grands adolescents (dès 16 ans) en population générale, étudiante ou clinique
  • Durée approximative de passation : 2 à 4 minutes
  • Nombre total d’items : 10 énoncés courts
  • Échelle de réponse (Format de Likert en 5 points) :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly Disagree)
    • 2 = Plutôt pas d’accord (Mildly Disagree)
    • 3 = Neutre / Autant d’accord que pas d’accord (Agree and Disagree Equally)
    • 4 = Plutôt d’accord (Mildly Agree)
    • 5 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
  • Procédure de cotation et de calcul des scores :
    • Inversion obligatoire : Les items 1, 3, 6, 7 et 8 sont formulés négativement et doivent impérativement être inversés avant tout calcul selon la formule : $ ext{Score inversé} = 6 – ext{Réponse initiale}$ (ainsi, 1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, et 5 devient 1).
    • Items directs : Les items 2, 4, 5, 9 et 10 conservent leur valeur directe (1 à 5).
    • Score total : On additionne l’ensemble des 10 items (après inversion des items 1, 3, 6, 7 et 8). L’étendue du score total varie de 10 à 50 points.
    • Alternativement, un score moyen global peut être calculé en divisant le total par 10 (fournissant un score indicatif allant de 1,0 à 5,0).
  • Interprétation clinique et normative des scores :
    • 10 à 25 : Propension au pardon très faible. Tendance marquée à la rancune chronique, à la rumination hostile, à l’amertume relationnelle et au désir de représailles.
    • 26 à 35 : Propension au pardon modérée / moyenne. Capacité à pardonner variable selon les contextes relationnels et l’intensité du préjudice.
    • 36 à 50 : Forte propension au pardon. Facilité dispositionnelle à l’apaisement émotionnel, désengagement rapide du ressentiment et maintien de liens bienveillants.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2005 (travaux préliminaires présentés dès 2001-2003).
  • Statut du droit d’auteur et permissions : L’article fondateur est publié sous copyright de l’éditeur scientifique Blackwell Publishing / John Wiley & Sons, Inc. dans le Journal of Personality. Toutefois, l’instrument lui-même a été mis à disposition par les auteurs pour un usage académique, clinique et de recherche non commercial sans frais (libre de droits à des fins de recherche). Les praticiens et chercheurs sont autorisés à reproduire et employer l’échelle sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence originale (Berry et al., 2005).
  • Tarifs / Coût d’accès : L’accès au questionnaire et son utilisation sont gratuits pour les étudiants, chercheurs et cliniciens dans le cadre d’études non lucratives ou d’évaluations individuelles. Les reproductions commerciales ou intégrations logicielles payantes requièrent une autorisation formelle préalable de l’auteur principal ou de l’éditeur du journal.
  • Disponibilité documentaire : L’échelle complète est accessible dans l’article de Berry et al. (2005) ainsi que dans divers dépôts universitaires ouverts (par exemple la thèse de Michael Scherer, 2010, Virginia Commonwealth University, page 112).

12. Références / References

Voici les références scientifiques fondamentales en format APA 7e édition associées à la conception, la validation et l’application de la TFS :

  • Berry, J. W., Worthington, E. L., Jr., O’Connor, L. E., Parrott, L., III, & Wade, N. G. (2005). Forgivingness, vengeful rumination, and affective traits. Journal of Personality, 73(1), 183–225. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.2004.00308.x
  • Berry, J. W., Worthington, E. L., Jr., Parrott, L., III, O’Connor, L. E., & Wade, N. G. (2001). Dispositional forgivingness: Development and construct validity of the Transgression Narrative Test of Forgivingness (TNTF). Personality and Social Psychology Bulletin, 27(10), 1277–1290. https://doi.org/10.1177/01461672012710004
  • Brown, R. P. (2003). Measuring individual differences in forgivingness: The Tendency to Forgive Scale and the Attitudes Toward Forgiveness Scale. Journal of Personality Assessment, 81(3), 236–248. https://doi.org/10.1207/S15327752JPA8103_06
  • McCullough, M. E., Rachal, K. C., Sandage, S. J., Worthington, E. L., Jr., Brown, S. W., & Hight, T. L. (1998). Interpersonal forgiving in close relationships: II. Theoretical elaboration and measurement. Journal of Personality and Social Psychology, 75(6), 1586–1603. https://doi.org/10.1037/0022-3514.75.6.1586
  • Scherer, M. (2010). Forgiveness and the bottle: Promoting self-forgiveness with alcohol misuse (Doctoral dissertation, Virginia Commonwealth University). VCU Scholars Compass, Paper 2109. https://scholarscompass.vcu.edu/etd/2109/
  • Wade, N. G., Worthington, E. L., Jr., & Meyer, J. E. (2005). But do they forgive? A meta-analysis of group interventions to promote forgiveness. Journal of Counseling & Development, 83(2), 160–177. https://doi.org/10.1002/j.1556-6678.2005.tb00593.x
  • Worthington, E. L., Jr. (2006). Forgiveness and reconciliation: Theory and application. Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203955673

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring / Reverse Items: Reverse score items 1‚ 3‚ 6‚ 7‚ and 8
1

People close to me probably think I hold a grudge too long.
2

I can forgive a friend for almost anything.
3

If someone treats me badly‚ I treat him or her the same.
4

I try to forgive others even when they don’t feel guilty for what they did.
5

I can usually forgive and forget an insult.
6

I feel bitter about many of my relationships.
7

Even after I forgive someone‚ things often come back to me that I resent.
8

There are some things for which I could never forgive even a loved one.
9

I have always forgiven those who have hurt me.
10

I am a forgiving person.
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Looti, M. (2026, septembre 30). Échelle de propension au pardon. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-propension-au-pardon-trait-forgivingness-scale/
Looti, Mohammed. “Échelle de propension au pardon.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-propension-au-pardon-trait-forgivingness-scale/.
Looti, Mohammed. “Échelle de propension au pardon.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-propension-au-pardon-trait-forgivingness-scale/.