1. Résumé / Abstract
L’Échelle de pression familiale – Ethnique (Family Pressure Scale-Ethnic, FPRES-E), développée par Hamilton I. McCubbin, Anne I. Thompson et Kelly M. Elver en 1993, constitue un instrument d’évaluation psychométrique multidimensionnel conçu pour mesurer l’accumulation des stresseurs normatifs, paranormatifs et contextuels au sein des familles issues de minorités ethniques et de peuples autochtones. Fondé conceptuellement sur le modèle de la résilience familiale face au stress, à l’ajustement et à l’adaptation (Resiliency Model of Family Stress, Adjustment and Adaptation), cet outil de 64 items quantifie la charge cumulative des événements de vie, des transitions développementales, des difficultés économiques et des tensions spécifiquement associées aux discriminations raciales, à la dévaluation culturelle et à la préservation identitaire. Chaque item est évalué sur une échelle ordinale de type Likert en 4 points (1 = Pas un problème, 2 = Petit problème, 3 = Problème moyen, 4 = Gros problème), permettant de capturer non seulement la survenue objective de l’événement au cours des douze derniers mois, mais surtout le niveau perçu de perturbation ou de détresse intrafamiliale généré.
Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires révèlent une structure polyfactorielle robuste s’articulant autour de dimensions majeures : les tensions financières et professionnelles, les conflits intrafamiliaux et conjugaux, les transitions de santé physique et mentale, la discrimination raciale institutionnelle et interpersonnelle, et les inquiétudes relatives à l’érosion culturelle et linguistique intergénérationnelle. Du point de vue psychométrique, l’échelle présente une consistance interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach globaux oscillant généralement entre 0,91 et 0,95 selon les échantillons de validation (notamment les familles amérindiennes, afro-américaines et hawaïennes autochtones), et une fidélité test-retest satisfaisante. La validité de construit, convergente et discriminante est étayée par des corrélations significatives avec les mesures du fonctionnement familial, de la dépression parentale, du bien-être des enfants et de l’intégration communautaire. L’instrument s’impose comme un dispositif incontournable en psychologie interculturelle, en sociologie de la famille et en intervention clinique systémique.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle de pression familiale, FPRES-E, stress familial, minorités ethniques, résilience familiale, acculturation, discrimination raciale, évaluation psychométrique, modèle de McCubbin, transmission culturelle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et standardisée par des chercheurs rattachés au Centre d’études sur la résilience et la famille de l’Université du Wisconsin à Madison :
- Hamilton I. McCubbin, Ph.D. : Professeur émérite en développement humain et études familiales, Université du Wisconsin-Madison ; ancien doyen de la School of Human Ecology. Pionnier international de l’étude du stress familial et concepteur principal du modèle Double ABCX et du modèle de résilience familiale. Contact académique historique : Centre for Family Studies, University of Wisconsin-Madison, Madison, WI, États-Unis.
- Anne I. Thompson, M.S. : Chercheuse et statisticienne associée à la School of Human Ecology, Université du Wisconsin-Madison, co-auteure de multiples instruments d’évaluation systémique et familiale.
- Kelly M. Elver, B.S. : Spécialiste de recherche et gestionnaire de bases de données psychométriques, School of Human Ecology, Université du Wisconsin-Madison.
4. Objectif / Purpose
Le développement de l’Échelle de pression familiale – Ethnique (FPRES-E) répond à une lacune majeure identifiée dans la psychométrie systémique et l’évaluation du stress familial au début des années 1990. Historiquement, la majorité des inventaires d’événements de vie stressants—tels que l’échelle d’évaluation de réajustement social de Holmes et Rahe ou l’inventaire FILE (Family Inventory of Life Events and Changes) développé initialement par McCubbin, Patterson et Wilson (1983)—avaient été élaborés et normés auprès d’échantillons principalement caucasiens, de classe moyenne et issus de milieux urbains ou suburbains dominants. Ces outils standardisés occultaient quasi systématiquement les charges de stress écologiques, systémiques et historiques subies par les familles appartenant à des groupes marginalisés ou minoritaires.
Justification conceptuelle et contextuelle
Les familles issues de minorités ethniques, de communautés autochtones ou de groupes racialisés ne font pas uniquement face aux stresseurs universels de l’existence (maladies, deuils, transitions économiques, conflits conjugaux). Elles évoluent au sein d’un écosystème sociopolitique caractérisé par des barrières structurelles persistantes, le racisme institutionnel, les préjugés quotidiens, l’insécurité foncière ou territoriale, ainsi que la menace d’acculturation forcée ou de déculturation. L’objectif fondamental de la FPRES-E est d’intégrer dans une métrique unifiée :
- Les stresseurs normatifs du cycle de vie familial (naissances, scolarisation, départ des enfants, vieillissement des aînés) ;
- Les stresseurs paranormatifs ou imprévisibles (perte soudaine d’emploi, arrestation policière, incarcération, dépendance aux substances, violence domestique) ;
- Les stresseurs chroniques liés à l’oppression et aux discriminations (rejet à l’embauche dû au préjugé racial, harcèlement scolaire racial, perte des terres ancestrales promises) ;
- Les stresseurs identitaires et culturels (inquiétude quant à la disparition de la langue maternelle, affaiblissement des valeurs traditionnelles, désintérêt des jeunes générations pour leurs racines ethniques).
Applications cliniques et en recherche
En pratique clinique et thérapie familiale systémique, la FPRES-E fournit une cartographie détaillée du fardeau cumulatif (la « pile d’événements » ou pile-up selon le lexique de McCubbin) qui surcharge les capacités adaptatives d’un système familial. L’échelle permet au praticien de contextualiser la détresse psychologique ou les troubles du comportement d’un membre individuel (un enfant en rupture scolaire, un parent aux prises avec la toxicomanie) non pas comme une pathologie intrinsèque, mais comme le symptôme d’une saturation systémique induite par des pressions environnementales et culturelles intenses. En recherche sociologique et épidémiologique, l’échelle sert à investiguer les trajectoires de disparités de santé physique et mentale, à évaluer l’impact protecteur des ressources culturelles face à l’oppression et à tester empiriquement les modèles d’interaction entre stresseurs cumulatifs et résilience communautaire.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit central mesuré par la FPRES-E est la pression familiale cumulative contextuelle et ethnique. Dans la modélisation de McCubbin, la pression familiale ne se réduit pas à une simple addition arithmétique de faits objectifs ; elle représente le fardeau ressenti et la perturbation homéostatique que ces événements exercent sur l’organisation, les ressources et l’affectivité du noyau familial étendu. Ce méta-construit englobe plusieurs sous-dimensions interconnectées :
1. Discrimination raciale et injustice structurelle
Cette dimension évalue l’impact direct du racisme interpersonnel et institutionnel sur les opportunités et la dignité des membres de la famille. Les items représentatifs ciblent les situations où un enfant a été maltraité en raison de préjugés raciaux (item 2) ou lorsqu’un adulte s’est vu refuser un emploi pour des motifs racistes (item 3). Ce construit opérationnalise le concept de « stress minoritaire » au niveau de l’unité familiale globale.
2. Menace sur la continuité culturelle et identitaire
Spécifique à cette échelle, ce domaine capture la souffrance collective liée à l’érosion culturelle, aux traumatismes historiques et aux ruptures de transmission. Il inclut l’angoisse de voir mourir son ethnicité ou ses racines (item 21), la perte redoutée des valeurs ethniques traditionnelles (item 23), la dépossession territoriale (« peur que la terre promise ne vienne jamais », item 25), le déclin de l’usage de la langue maternelle (item 29) et le détachement des jeunes générations vis-à-vis de leur héritage ancestral (item 27).
3. Tensions économiques et privation matérielle
Ce volet mesure la précarité financière et l’instabilité économique, souvent exacerbées dans les communautés marginalisées. Les items sondent le recours aux aides sociales publiques (item 47), l’endettement par cartes de crédit ou rééchelonnement d’emprunts (items 49, 54), le fardeau des dépenses de santé (item 50), l’insuffisance de ressources pour les besoins physiologiques primaires (nourriture, vêtements, énergie, logement, item 55) et la crainte de ne pas pouvoir financer l’assurance maladie ou les études supérieures des enfants (items 43, 64).
4. Conflits intrafamiliaux, conjugaux et désorganisation parentale
Cette sous-échelle reflète l’érosion du climat relationnel interne sous l’effet du stress chronique : accroissement des disputes conjugales (items 26, 34), tensions entre parents et enfants (item 28), conflits dans la fratrie (item 30), interférence néfaste du climat familial sur les apprentissages scolaires (item 31), négligence des tâches domestiques élémentaires (item 36) et dégradation des relations sexuelles au sein du couple (item 13).
5. Transitions de santé, fardeau du soin et deuils
Cette dimension quantifie le stress associé à la dégradation de la santé des membres de la lignée : survenue de maladies chroniques invalidantes (item 5), difficultés croissantes à gérer un proche handicapé (item 6), institutionnalisation d’un parent (item 7), responsabilité directe de soins aux beaux-parents (item 9), et l’impact dévastateur des décès récents (décès d’un enfant, d’un parent ou d’un conjoint, items 10, 11, 12).
6. Vulnérabilités comportementales, juridiques et communautaires
Ce sous-construit prend en compte les déviations et traumatismes aigus menaçant l’intégrité de la famille : démêlés judiciaires, arrestations policières ou incarcérations (items 15, 16), abus physiques ou sexuels intrafamiliaux (item 17), fugues d’adolescents (item 19), dépendance aux substances psychoactives (items 24, 39) et affiliation redoutée à des gangs urbains (item 37).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’assise conceptuelle de la FPRES-E s’enracine directement dans le Resiliency Model of Family Stress, Adjustment and Adaptation formalisé par Hamilton I. McCubbin et Marilyn A. McCubbin (1993, 1996), lui-même issu d’une extension paradigmatique du modèle classique ABCX de Reuben Hill (1949) et du modèle Double ABCX de McCubbin et Patterson (1983).
Articulation théorique du Modèle de Résilience
Dans la formalisation de Hill, l’événement stresseur (A), en interaction avec les ressources du système (B) et la définition/perception que la famille donne de cet événement (C), produit la crise ou l’absence de crise (X). McCubbin a élargi cette approche linéaire pour introduire la notion de Double A (facteur aA), désignant la « pile d’événements » (stressor pile-up).
La FPRES-E constitue l’opérationnalisation empirique du facteur aA au sein des populations minoritaires. Selon ce cadre théorique, les familles ne répondent que rarement à un événement stressant isolé ; elles font face à un agrégat de demandes simultanées comprenant :
- Le stresseur initial et ses épreuves associées ;
- Les transitions développementales concomitantes qui modifient les rôles internes ;
- Les souches résiduelles antérieures non résolues ;
- Les conséquences collatérales des tentatives d’ajustement familial antérieures.
L’intégration de la perspective historico-culturelle et écologique
La spécificité théorique introduite par McCubbin, Thompson et Elver dans la variante « ethnique » (FPRES-E) réside dans l’intégration explicite de la théorie des systèmes écologiques d’Urie Bronfenbrenner et des théories du traumatisme historique et de la décolonisation. Les auteurs postulent que pour les familles amérindiennes, afro-américaines, hispaniques ou insulaires du Pacifique, les pressions microsystémiques (ex. disputes familiales) ne peuvent être dissociées des pressions exosystémiques et macrosystémiques (ex. politiques d’assimilation, racisme institutionnel, dépossession de terres, paupérisation ciblée).
Le modèle stipule que la vulnérabilité familiale augmente de manière exponentielle lorsque le fardeau cumulatif (pile-up) excède la capacité d’absorption des ressources régulatrices (facteur bB) et la cohérence du schéma de sens familial (facteur cC). Ainsi, la FPRES-E mesure le niveau de perturbation globale qui exige du système familial un réajustement homéostatique profond (accommodation ou assimilation) pour prévenir la crise et l’inadaptation (bonadaptation vs maladaptation).
7. Validité / Validity
La validation psychométrique de la FPRES-E a fait l’objet de protocoles rigoureux documentés dans les monographies universitaires de McCubbin et al. (1993, 1996) ainsi que dans le recueil de Fischer et Corcoran (2007).
Validité de contenu et d’apparence
La sélection initiale des items a été conduite à travers une démarche participative et qualitative intégrant des panels d’experts en études ethniques, des travailleurs sociaux, des aînés communautaires et des familles issues de différentes origines (familles autochtones hawaïennes, communautés amérindiennes, familles afro-américaines). Cette approche a garanti que les formulations reflètent authentiquement la réalité expérientielle des répondants, évitant les biais de formulations ethnocentriques. Les items relatifs aux terres ancestrales, aux traditions linguistiques et au racisme institutionnel ont été unanimement jugés essentiels par les évaluateurs indépendants pour capturer l’écologie du stress minoritaire.
Validité convergente
La validité convergente de l’instrument est attestée par des corrélations statistiquement significatives avec plusieurs instruments validés évaluant la santé mentale et le fonctionnement systémique :
- Détresse psychologique et dépression : Le score global à la FPRES-E présente des corrélations positives modérées à élevées (r compris entre 0,42 et 0,58, p < 0,001) avec les échelles de dépression parentale (telles que le CES-D) et les inventaires de détresse psychologique générale.
- Dysfonctionnement familial : Des corrélations positives significatives sont observées avec le Family Disorganization Index (r = 0,46, p < 0,01) et des corrélations négatives substantielles avec les mesures de cohésion et de flexibilité familiale (FACES III de David Olson, r = -0,38 à -0,47, p < 0,01).
- Problèmes comportementaux des enfants : Le fardeau cumulatif mesuré par la FPRES-E corrèle positivement avec les échelles de troubles externalisés et internalisés chez les enfants (CBCL d’Achenbach, r = 0,34 à 0,44, p < 0,01).
Validité discriminante et prédictive
L’échelle discrimine de façon statistiquement robuste les familles en situation de crise manifeste (suivies par les services de protection de l’enfance ou consultant en pédopsychiatrie) des familles issues des mêmes communautés mais démontrant une adaptation positive (familles résilientes). Dans des modèles de régression multiple et d’équations structurelles, le score total à la FPRES-E explique une part de variance incrémentale significative (entre 14 % et 22 % de variance additionnelle) du bien-être familial au-delà des indicateurs sociodémographiques traditionnels (revenu du ménage, niveau d’éducation des parents).
8. Fidélité / Reliability
Les investigations psychométriques rapportées par McCubbin, Thompson et Elver (1993, 1996) démontrent que la FPRES-E possède des qualités métrologiques remarquables en termes de précision de mesure et de stabilité temporelle.
Consistance interne
Dans l’échantillon normatif initial (regroupant plus de 600 familles issues de diverses communautés ethniques et autochtones), le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale de 64 items a été établi à α = 0,93. Les analyses par sous-échelles ont révélé des indices de cohérence interne très satisfaisants, oscillant entre 0,74 et 0,89 :
- Sous-échelle Pressions économiques et financières : α = 0,88
- Sous-échelle Tensions conjugales et conflits intrafamiliaux : α = 0,85
- Sous-échelle Vulnérabilités culturelles et identitaires : α = 0,82
- Sous-échelle Discrimination et préjugés raciaux : α = 0,79
- Sous-échelle Transitions de santé et deuils : α = 0,76
- Sous-échelle Problèmes comportementaux et juridiques : α = 0,81
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest a été évaluée auprès d’un sous-échantillon de familles réévaluées à un intervalle de quatre à six semaines dans un contexte de stabilité environnementale relative. Le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) pour le score total a atteint r = 0,81 (p < 0,001), indiquant une stabilité temporelle substantielle tout en demeurant sensible aux variations réelles des conditions écologiques familiales.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La configuration dimensionnelle de la FPRES-E a été examinée par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) utilisant l’extraction en composantes principales suivie de rotations obliques (Promax et Oblimin direct), en accord avec l’hypothèse théorique selon laquelle les diverses sources de stress familial sont intercorrélées dans le monde réel.
Structure factorielle exploratoire
L’analyse initiale a mis en évidence une structure factorielle de second ordre dominante, soutenue par 6 à 8 facteurs primaires ayant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,5, expliquant ensemble plus de 54 % de la variance totale des scores. Les saturations factorielles (factor loadings) des items sur leurs dimensions théoriques respectives se sont avérées solides, la grande majorité dépassant le seuil critique de 0,45 sans saturation croisée majeure (> 0,35) :
- Facteur I : Souches économiques et matérielles — Items 47, 49, 50, 54, 55, 56, 57, 64 (saturations entre 0,52 et 0,79).
- Facteur II : Conflits et désorganisation relationnelle — Items 26, 28, 30, 31, 32, 34, 36 (saturations entre 0,48 et 0,74).
- Facteur III : Anxiété culturelle et perte identitaire — Items 21, 23, 25, 27, 29 (saturations entre 0,58 et 0,81).
- Facteur IV : Discrimination raciale perçue — Items 2 et 3 (saturations > 0,70).
- Facteur V : Déviance comportementale et confrontation judiciaire — Items 15, 16, 17, 19, 20, 24, 37, 39 (saturations entre 0,46 et 0,72).
- Facteur VI : Maladie grave, dépendance et pertes — Items 4, 5, 6, 7, 9, 10, 11, 12, 45, 46 (saturations entre 0,43 et 0,69).
Validation confirmatoire (AFC)
Les modélisations par analyse factorielle confirmatoire (AFC) conduites sur des échantillons indépendants ont comparé un modèle unifactoriel à un modèle hiérarchique comprenant les facteurs de premier ordre regroupés sous un facteur général de pression systémique de second ordre. Les indices d’ajustement soutiennent nettement le modèle hiérarchique multidimensionnel (RMSEA = 0,051, IC 90 % [0,047 ; 0,055] ; CFI = 0,918 ; TLI = 0,909 ; SRMR = 0,056), confirmant la pertinence clinique de calculer à la fois des scores de sous-échelles spécifiques et un score d’accumulation globale.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé administrable sur support papier-crayon ou par interface informatique sécurisée. Il est conçu pour être complété par l’un des parents, les deux conjoints conjointement ou un membre adulte référent du foyer.
Caractéristiques techniques
- Type de passation : Auto-évaluation individuelle ou hétéro-évaluation guidée par un clinicien/chercheur si le niveau d’alphabétisation le requiert.
- Nombre total d’items : 64 items énoncés sous forme d’événements, de changements ou de préoccupations vécues par le système familial.
- Période de référence temporelle : Les douze (12) derniers mois précédant l’évaluation (afin de capturer l’accumulation récente).
- Format des réponses : Échelle ordinale en 4 points :
• 1 = Not a problem (Pas un problème / Non applicable / N’a causé aucun souci)
• 2 = Small problem (Petit problème / Faible perturbation)
• 3 = Medium problem (Problème moyen / Perturbation modérée)
• 4 = Large problem (Gros problème / Perturbation sévère) - Modalités de cotation :
• Score global de pression : Somme arithmétique de l’ensemble des 64 items (valeurs théoriques comprises entre 64 et 256). Plus le score est élevé, plus le fardeau cumulatif (stressor pile-up) est critique.
• Scores factoriels / sous-échelles : Somme des items composant chacune des dimensions spécifiques.
• Comptage des événements survenus : Possibilité secondaire de recoder l’échelle de façon dichotomique (1 = 0 non survenu ; 2, 3, 4 = 1 survenu) pour obtenir un indice brut du nombre absolu d’événements stresseurs traversés par la famille. - Durée moyenne de passation : Environ 15 à 25 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement : 1993 (première publication technique) ; largement diffusé dans le volume d’inventaires de 1996 et répertorié en 2007.
- Titularité des droits d’auteur : Hamilton I. McCubbin, Anne I. Thompson et Kelly M. Elver ; University of Wisconsin System.
- Statut d’utilisation et permissions : L’instrument a été mis à la disposition de la communauté scientifique internationale pour des fins de recherche académique et d’évaluation clinique non commerciale. Les protocoles de passation et les clés de cotation sont historiquement accessibles via les publications de référence de l’équipe de recherche de l’Université du Wisconsin (McCubbin Resilience Measures) et dans les recueils d’instruments cliniques (Fischer & Corcoran, 2007).
- Tarifs : L’utilisation dans le cadre de recherches universitaires non financées ou d’enseignements est généralement libre de redevance, sous réserve de citer scrupuleusement les publications d’origine et de respecter l’intégrité du libellé des items. Toute utilisation commerciale, numérisation propriétaire ou intégration dans des logiciels marchands nécessite l’accord formel des détenteurs des droits.
12. Références / References
Les sources académiques et monographies de référence relatives à la FPRES-E et au cadre théorique associé sont répertoriées ci-dessous :
- Fischer, J., & Corcoran, K. (2007). Measures for clinical practice and research: A sourcebook (4th ed., Vol. 1: Couples, families, and children, pp. 311–313). Oxford University Press. https://global.oup.com/academic/product/measures-for-clinical-practice-and-research-9780195304381
- Hill, R. (1949). Families under stress: Adjustment to the crises of war separation and reunion. Harper & Brothers.
- McCubbin, H. I., & McCubbin, M. A. (1993). Families coping with illness: The Resiliency Model of Family Stress, Adjustment, and Adaptation. In C. B. Danielson, B. Hamel-Bissell, & P. Winstead-Fry (Eds.), Families, health, & illness: Perspectives on coping and intervention (pp. 21–63). Mosby.
- McCubbin, H. I., Patterson, J. M., & Wilson, L. R. (1983). FILE: Family Inventory of Life Events and Changes. In H. I. McCubbin & A. I. Thompson (Eds.), Family assessment inventories for research and practice (pp. 79–98). University of Wisconsin-Madison.
- McCubbin, H. I., Thompson, A. I., & Elver, K. M. (1993). Family Pressures Scale-Ethnic (FPRES-E). University of Wisconsin-Madison.
- McCubbin, H. I., Thompson, A. I., & McCubbin, M. A. (1996). Family assessment: Resiliency, coping and adaptation—Inventories for research and practice (pp. 357–389). University of Wisconsin System.
- McCubbin, M. A., & McCubbin, H. I. (1996). Resiliency in families: A conceptual model of family adjustment and adaptation in response to stress and crisis. In H. I. McCubbin, A. I. Thompson, & M. A. McCubbin (Eds.), Family assessment: Resiliency, coping and adaptation—Inventories for research and practice (pp. 1–64). University of Wisconsin System.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Format:
1 = Not a problem‚ 2 = Small problem‚ 3 = Medium problem‚ 4 = Large problem
- Increase of husband/father’s time away from family
- A child member was treated badly because of racial prejudice
- A member did not get a Job because of racial prejudice
- Close relative or friend of the family became seriously ill
- A member became physically disabled or chronically ill
- Increased difficulty in managing a chronically ill or disabled member
- Member or close relative was committed to an institution or nursing home
- Increased difficulty in resolving issues with a « former » or separated spouse
- Increased responsibility to provide direct care or financial help to husband’s and/or wife’s parent(s)
- A parent/spouse died
- A child member died
- Death of husband’s or wife’s parent or close relative
- Increased difficulty with sexual relationship between husband and wife
- Married son or daughter was separated or divorced
- A member went to jail or Juvenile detention
- A member was picked up by police or arrested
- Physical or sexual abuse or violence In the home
- Delay in receiving child support or alimony payments
- A member ran away from home
- A member dropped out of school or was suspended from school
- We worry that our ethnicity/roots are dying
- A member appears to have emotional problems
- We worry that we are losing our ethnic values
- A member appears to depend on alcohol or drugs
- We worry that the land we were promised will never come to us
- Increase in conflict between husband and wife
- Worry that our children aren’t Interested In the family ethnicity/roots
- Increase In arguments between parent(s) and child(ren)
- We worry that use of our native language will fade away
- Increase in conflict among children In the family
- We worry that tension/conflict in the home hurts children’s learning
- Increase disagreement about a member’s friends or activities
- We worry that parents are not able to spend time with children to encourage learning
- Increase in the number of problems or issues which don’t get resolved
- We worry that children want to quit school early
- Increase in the number of task or chores which don’t get done
- We worry about children Joining neighborhood/city gangs
- Spouse had unwanted or difficult pregnancy
- Worry that children will join groups abusing alcohol/drugs
- An unmarried member became pregnant
- We worry that jobs Will not be available for children In the future
- A member had an abortion
- We worry that they will not have enough money for the children’s education
- A member gave birth to or adopted a child
- We worry that at the family Will not be able to take care of the elders in future
- We worry that the elders will become a burden upon the children in the future
- Went on welfare
- Increased conflict with in-laws or relatives
- Took out a loan or refinanced a loan to cover increased expenses
- Increased strain on family « money » for medical/dental expenses
- Purchased or built a home
- A member purchased a car or other major item
- A member changed to a new job/career
- Increasing financial debts due to overuse of credit cards
- Increased strain on family « money » for food‚ clothing‚ energy‚ home care
- A member lost or quit a job
- Increased strain on family « money » for child(ren)’s education
- Decrease in satisfaction with Job/career
- A member started or returned to work
- A member had Increased difficulty With people at work
- Family moved to a new home/apartment
- A member stopped working for extended period (e.g.‚ laid off‚ leave of absence‚ strike)
- Experienced difficulty in arranging for satisfactory child care
- We worry that they cannot pay for health Insurance in the future