Échelle de pouvoir dans les relations sexuelles

L’Échelle de pouvoir dans les relations sexuelles (Sexual Relationship Power Scale – SRPS) mesure le pouvoir relationnel, le contrôle coercitif et l’autorité décisionnelle au sein du couple intime.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de pouvoir dans les relations sexuelles (en anglais, Sexual Relationship Power Scale ou SRPS), développée par Julie Pulerwitz, Steven L. Gortmaker et William DeJong en 2000, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents et rigoureux conçus pour opérationnaliser et quantifier la dynamique du pouvoir interpersonnel au sein des couples hétérosexuels et intimes. Initialement formulée dans le contexte de la recherche sur la prévention de l’infection par le VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST), la SRPS aborde le pouvoir non pas comme un attribut statique ou purement individuel, mais comme une construction relationnelle dynamique façonnée par les normes de genre, le contrôle coercitif et l’autorité décisionnelle.

L’instrument se compose classiquement de 23 items répartis en deux sous-échelles distinctes mais conceptuellement interconnectées : le Contrôle relationnel (Relationship Control, 15 items) et la Dominance décisionnelle (Decision-Making Dominance, 8 items). Quatre items abordent explicitement l’utilisation du préservatif et peuvent être exclus ou adaptés selon les populations étudiées, ramenant l’outil à 19 items dans certaines configurations. Les items de la dimension « Contrôle relationnel » emploient une échelle de Likert à 4 points (allant de 1 = « Fortement d’accord » à 4 = « Fortement en désaccord »), tandis que les items de la dimension « Dominance décisionnelle » utilisent une échelle de choix tripartite (1 = « Votre partenaire », 2 = « Vous deux à égalité », 3 = « Vous-même »).

D’un point de vue psychométrique, la SRPS présente des qualités remarquables documentées à l’échelle internationale. Sa cohérence interne est robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,83 et 0,88 pour l’échelle globale, entre 0,81 et 0,86 pour le contrôle relationnel, et entre 0,68 et 0,79 pour la dominance décisionnelle. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires corroborent de façon convergente cette architecture bidimensionnelle. De surcroît, la validité prédictive de l’échelle est solidement établie : des scores faibles de pouvoir au sein de la relation prédisent fortement l’absence d’utilisation systématique du préservatif, une faible auto-efficacité en matière de négociation sexuelle, une vulnérabilité accrue aux violences conjugales physiques et psychologiques, ainsi que des risques accrus de coercition reproductive.

2. Mots-clés / Keywords

Pouvoir relationnel, relations sexuelles, dynamique de genre, négociation du préservatif, VIH/SIDA, violences entre partenaires intimes, dominance décisionnelle, contrôle coercitif, psychométrie, santé sexuelle et reproductive, théorie du genre et du pouvoir, coercition sexuelle.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de pouvoir dans les relations sexuelles a été conçue par une équipe multidisciplinaire de chercheurs en santé publique, sociologie comportementale et épidémiologie sociale :

  • Julie Pulerwitz, Sc.D. : Directrice de recherche senior et spécialiste des questions de genre et de santé reproductive. Longtemps affiliée au Population Council (Washington, D.C., États-Unis) et associée à l’Université Johns Hopkins (Bloomberg School of Public Health), elle est une figure pionnière dans l’évaluation quantitative des normes d’équité de genre et des interventions de santé publique mondiales.
  • Steven L. Gortmaker, Ph.D. : Professeur émérite en sociologie de la santé et directeur du Harvard Prevention Research Center à la Harvard T.H. Chan School of Public Health (Boston, Massachusetts, États-Unis). Ses travaux portent sur les méthodologies quantitatives appliquées à la prévention des maladies chroniques et à la santé maternelle et infantile.
  • William DeJong, Ph.D. : Professeur émérite au département des sciences de la santé communautaire de la Boston University School of Public Health (Boston, Massachusetts, États-Unis). Ses recherches portent sur le changement comportemental, la communication persuasive et les interventions préventives ciblées.

4. Objectif / Purpose

Le développement de la Sexual Relationship Power Scale répond à un impératif épistémologique et épidémiologique majeur identifié à la fin des années 1990 : l’échec relatif des modèles cognitifs individuels (tels que le Health Belief Model ou la théorie de l’action raisonnée) à expliquer les comportements sexuels préventifs chez les femmes, en particulier dans les contextes marqués par la pauvreté, la dépendance économique et la subordination de genre. Alors que les programmes de santé publique préconisaient l’utilisation systématique des préservatifs pour enrayer l’épidémie de VIH, les praticiens constataient que l’adoption de ces comportements n’était pas tributaire du seul savoir ou de la volonté individuelle des femmes, mais de leur capacité réelle à négocier et à imposer ces mesures dans l’intimité du couple.

La SRPS a donc été spécifiquement élaborée pour :

  • Opérationnaliser le pouvoir relationnel en tant que variable quantitative standardisée, transformant un concept sociologique complexe en un indicateur psychométrique manipulable dans les modèles épidémiologiques et psychosociaux.
  • Identifier les disparités de pouvoir intra-couple qui exposent les femmes à un risque accru d’IST, de transmission du VIH et de grossesses non planifiées, en captant les mécanismes d’asymétrie relationnelle.
  • Mesurer le contrôle coercitif et l’emprise psychologique exercés par le partenaire masculin, incluant la surveillance constante, la limitation des libertés individuelles, la peur de représailles violentes et la manipulation émotionnelle.
  • Évaluer l’efficacité des programmes d’intervention structurelle et d’autonomisation (tels que les programmes d’autonomisation économique des femmes, les interventions de transformation des normes de masculinité ou les thérapies de couple axées sur l’équité relationnelle).

Sur le plan clinique et communautaire, l’instrument fournit aux intervenants sociaux et aux professionnels de santé un cadre d’anamnèse précis permettant de détecter la vulnérabilité relationnelle, le risque de coercition reproductive et la présence sous-jacente de violences conjugales, autorisant ainsi des prises en charge sur mesure adaptées aux marges réelles de manœuvre du patient.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par la SRPS est le pouvoir au sein de la relation sexuelle. Dans la modélisation de Pulerwitz et de ses collaborateurs, le pouvoir relationnel n’est pas réductible à la simple domination physique ; il est défini comme la capacité relative d’un partenaire à exercer son autonomie, à poursuivre ses propres objectifs stratégiques, à participer équitablement aux prises de décision et à résister à la volonté imposée de l’autre partenaire. Ce macro-construit se subdivise en deux dimensions opérationnelles fondamentales :

1. Le Contrôle relationnel (Relationship Control – RC)

La dimension de Contrôle relationnel évalue le degré auquel l’un des partenaires (généralement masculin dans la structure d’origine) domine, surveille, restreint ou monopolise la liberté d’action et le bien-être émotionnel de l’autre partenaire. Ce facteur comprend 15 énoncés qui appréhendent plusieurs facettes cliniques :

  • Le contrôle coercitif et la surveillance : Mesuré par des comportements intrusifs (par exemple, exiger systématiquement de savoir où se trouve la partenaire, restreindre le choix vestimentaire, dicter les personnes fréquentables).
  • L’intimidation et la peur de représailles violentes : L’anticipation d’une réaction violente ou agressive face à une requête d’autonomie corporelle, spécifiquement l’utilisation d’un préservatif (items 1 et 2).
  • L’asymétrie de l’investissement affectif et de l’emprise : Le sentiment d’être piégé(e) ou coincé(e) dans la relation, la perception que le partenaire tire un plus grand bénéfice de l’union ou s’investit moins, générant un déséquilibre d’engagement favorable à la domination.
  • L’inhibition de soi et la soumission : L’effacement verbal et l’évitement du conflit résultant de la prédominance des désirs du partenaire (« la plupart du temps, nous faisons ce qu’il veut faire »).

2. La Dominance décisionnelle (Decision-Making Dominance – DMD)

La dimension de Dominance décisionnelle examine l’exercice explicite de l’autorité dans la gouvernance des choix quotidiens et stratégiques du couple. Constituée de 8 items, elle évalue l’équilibre relatif du pouvoir dans les arbitrages relationnels :

  • Les décisions de la sphère sociale et temporelle : Qui décide des cercles d’amis à fréquenter, des activités communes et de la fréquence des rencontres.
  • Les décisions de communication intime : Qui dicte le moment opportun pour aborder des sujets sérieux ou conflictuels.
  • Les décisions sexuelles et reproductives : L’autorité relative quant au fait d’avoir des relations sexuelles, aux types de pratiques sexuelles adoptées et à l’imposition ou non de méthodes barrières (préservatifs).
  • La perception globale du pouvoir : Une auto-évaluation sommative identifiant lequel des deux partenaires détient la plus grande autorité globale au sein du couple.

Une caractéristique théorique essentielle de ce construit réside dans l’interaction entre ces deux composantes : une personne peut théoriquement jouir d’une certaine influence décisionnelle apparente tout en subissant un contrôle relationnel implicite sévère fondé sur la terreur de la discorde ou de l’abandon.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de la SRPS s’ancre principalement dans deux paradigmes sociologiques et psychologiques majeurs : la Théorie du genre et du pouvoir et les Théories de l’échange social.

La Théorie du genre et du pouvoir (Theory of Gender and Power)

Formulée initialement par le sociologue australien Raewyn Connell (1987) puis adaptée aux comportements de santé sexuelle par Wingood et DiClemente (2000), cette théorie postule que les relations hétérosexuelles sont structurées par trois structures sociales asymétriques :

  • La division sexuelle du travail : Les disparités matérielles et économiques créent une dépendance financière des femmes envers les hommes, affaiblissant leur levier de négociation.
  • La division sexuelle du pouvoir : La concentration de l’autorité légitime, du pouvoir physique et du contrôle social entre les mains des hommes institutionnalise la soumission féminine et normalise la coercition.
  • La structure du cathéchisme affectif et des normes sociales : Les attentes normatives prescrivent la passivité sexuelle aux femmes et la conquête proactive aux hommes, stigmatisant les femmes qui initient la prévention sexuelle en les exposant à des soupçons d’infidélité ou d’inconduite (cf. item 8 de la SRPS).

La SRPS traduit cette grille d’analyse macro-sociale au niveau micro-relationnel de la dyade amoureuse.

La Théorie de l’échange social et le principe du moindre intérêt

Au niveau de la psychologie sociale des interactions, l’échelle s’inspire des travaux de Thibaut et Kelley (1959) ainsi que de Willard Waller sur le principe du moindre intérêt (Principle of Least Interest). Selon cette loi empirique, le partenaire le moins investi émotionnellement dans la continuité de la relation dispose d’une plus grande marge de manœuvre et d’un pouvoir supérieur pour dicter les règles dyadiques. Lorsque l’un des partenaires ressent une forte dépendance (dépendance affective ou économique) combinée à un sentiment d’emprisonnement relationnel (item 9), son pouvoir de négociation sexuelle s’effondre.

Le concept de contrôle coercitif

L’instrument préfigure également la conceptualisation du contrôle coercitif développée plus tard par le sociologue Evan Stark (2007). Le contrôle coercitif décrit une dynamique cumulative d’intimidation, d’isolement, de surveillance et de micro-régulation des conduites quotidiennes qui dépouille la victime de son agentivité bien plus insidieusement que des épisodes isolés d’agression physique.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la SRPS a été documentée à travers un corpus étendu d’enquêtes empiriques menées auprès de populations diversifiées (adolescentes, femmes adultes en situation de précarité, populations hispanophones, afro-américaines, sud-africaines et latino-américaines) :

Validité de construit et validité factorielle

Dans l’étude princeps de Pulerwitz, Gortmaker et DeJong (2000), conduite auprès de 388 femmes d’origine latino-américaine fréquentant des centres de santé communautaires à Boston, l’analyse en composantes principales avec rotation oblique a permis d’extraire de manière nette les deux facteurs théoriques. Les corrélations entre les deux sous-échelles se sont avérées modérées (généralement situées entre r = 0,35 et r = 0,52), confirmant que bien qu’appartenant au même construit de haut niveau, le contrôle relationnel et la dominance décisionnelle capturent des processus relationnels non redondants.

Validité convergente

La SRPS présente de fortes corrélations théoriquement attendues avec divers instruments mesurant des construits connexes :

  • Violences conjugales : Une corrélation négative robuste est systématiquement retrouvée entre les scores de pouvoir de la SRPS et les sous-échelles d’agression physique, verbale et de coercition sexuelle de la Conflict Tactics Scale (CTS / CTS-2). Les femmes rapportant un faible pouvoir relationnel sont 3 à 5 fois plus susceptibles de subir des violences physiques et sexuelles de la part de leur partenaire.
  • Auto-efficacité liée au préservatif : Les scores de pouvoir sont positivement corrélés avec les échelles d’auto-efficacité dans la négociation du préservatif (Condom Use Self-Efficacy Scale).
  • Attitudes envers les rôles de genre : Une forte corrélation positive existe entre des scores élevés à la SRPS et des attitudes équitaires envers le genre (mesurées par exemple via la Gender Equitable Men Scale ou l’échelle AWS).

Validité discriminante

Les analyses démontrent que la SRPS se distingue nettement de l’estime de soi générale (mesurée par l’échelle de Rosenberg) et de l’affect négatif ou de la dépression générale (CES-D). Bien qu’un faible pouvoir relationnel puisse induire une détresse psychologique, la variance partagée reste modérée, indiquant que l’outil capte bien les attributs relationnels de la dyade plutôt qu’un état dépressif ou une faible estime de soi intra-psychique.

Validité prédictive

La validité critériée et prédictive de la SRPS constitue l’un de ses atouts majeurs. Dans l’étude inaugurale de 2000, après contrôle des variables sociodémographiques (âge, durée de la relation, statut marital), les femmes situées dans le tertile inférieur de pouvoir (faible pouvoir) affichaient une probabilité cinq fois inférieure (Odds Ratio ajusté ≈ 0,20) de rapporter une utilisation régulière ou systématique du préservatif par rapport aux femmes du tertile supérieur. Des études longitudinales subséquentes en Afrique subsaharienne (notamment en Afrique du Sud par Jewkes et al., 2006) ont confirmé que des scores bas à la SRPS prédisaient de manière prospective des taux d’incidence accrus d’infections à VIH et de grossesses adolescentes non désirées.

8. Fidélité / Reliability

Les études d’évaluation de la consistance interne et de la stabilité temporelle de la SRPS démontrent d’excellentes qualités métrologiques à travers diverses cohortes démographiques :

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

  • Échelle globale (SRPS Totale) : Le coefficient $\alpha$ de Cronbach se situe constamment entre 0,84 et 0,89, dénotant une homogénéité élevée de l’ensemble des items composant l’instrument.
  • Sous-échelle Contrôle relationnel (RC) : Avec ses 15 items, cette dimension affiche une consistance interne comprise entre 0,81 et 0,87 selon les échantillons. L’exclusion des trois items conditionnels relatifs au préservatif (items 1, 2 et 8) n’altère que marginalement la consistance ( $\alpha$ $\approx$ 0,80 – 0,84).
  • Sous-échelle Dominance décisionnelle (DMD) : Avec 8 items (ou 7 sans l’item 22), l’indice $\alpha$ oscille entre 0,68 et 0,79. Cette amplitude légèrement plus modeste s’explique par le nombre plus restreint d’items et par le format d’évaluation catégoriel en trois modalités de réponse (partenaire / égalité / soi).

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Dans les cohortes où la fidélité test-retest a été quantifiée sur des intervalles de deux à quatre semaines en l’absence d’interventions conjugales, les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et les coefficients de Pearson ont oscillé entre 0,78 et 0,85, attestant d’une stabilité temporelle remarquable de l’évaluation du climat de pouvoir conjugal. Sur des périodes longitudinales plus étendues (6 à 12 mois), l’échelle démontre une sensibilité au changement avérée lorsqu’elle est soumise à des programmes d’intervention dyadiques ou d’autonomisation économique et sociale.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture multidimensionnelle de la SRPS a fait l’objet de plusieurs vagues d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) et exploratoires (AFE) dans la littérature internationale :

Modélisation originale (Pulerwitz et al., 2000)

Lors de la validation initiale, une analyse factorielle exploratoire par extraction des facteurs principaux suivie d’une rotation oblique (Promax) a été menée. Les critères de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1) et l’examen du graphique des éboulis de Cattell ont clairement désigné une solution à deux facteurs dominants :

  • Facteur 1 (Contrôle relationnel) : Expliquait environ 24 % de la variance totale avant rotation. Les saturations factorielles (factor loadings) des items s’étalaient de 0,42 à 0,78. Les items 3, 6, 10 et 12 (liés au fait que le partenaire impose sa volonté) présentaient les saturations les plus élevées.
  • Facteur 2 (Dominance décisionnelle) : Expliquait environ 11 % de la variance totale. Les saturations factorielles variaient entre 0,41 et 0,75, les items portant sur les sorties sociales et les décisions d’activités communes saturant le plus vigoureusement.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et réplications transculturelles

Des travaux ultérieurs (notamment dans les adaptations latino-américaines, brésiliennes et sud-africaines) ont soumis la structure bidimensionnelle à l’AFC :

  • Les indices d’ajustement global confirment la supériorité d’un modèle à deux facteurs corrélés par rapport à un modèle unifactoriel unidimensionnel : l’indice de Silverman-Bentler, le Comparative Fit Index (CFI > 0,91), le Tucker-Lewis Index (TLI > 0,90) et le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA $le$ 0,055, avec intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,042 et 0,064) démontrent un ajustement satisfaisant aux données empiriques.
  • La corrélation latente entre les deux facteurs oscille de façon cohérente autour de $phi = 0,45$ à $0,55$, validant la pertinence de concevoir le pouvoir comme un construit hiérarchique composé de deux branches distinctes mais interconnectées.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’administration et la cotation de la SRPS répondent à un protocole standardisé :

  • Format d’administration : Questionnaire auto-administré (sur papier ou support numérique) ou administré par un enquêteur formé lors d’entretiens individuels en face-à-face confidentiels (modalité particulièrement recommandée auprès de populations analphabètes ou vulnérables).
  • Nombre total d’items : 23 items au total (15 items pour la sous-échelle Contrôle relationnel et 8 items pour la sous-échelle Dominance décisionnelle).
  • Items modulables liés au préservatif : Quatre items identifiés par deux astérisques (**), soit les items 1, 2, 8 et 22, abordent spécifiquement la négociation du préservatif. Ces items peuvent être légitimement retranchés si la recherche concerne des populations stables stérilisées, des couples cherchant activement une procréation, ou des recherches non centrées sur la santé sexuelle stricto sensu, réduisant l’instrument à 19 items.
  • Échelles de réponse :
    • Items 1 à 15 (Contrôle relationnel) : Échelle de Likert en 4 points : 1 = Fortement d’accord (Strongly Agree), 2 = D’accord (Agree), 3 = En désaccord (Disagree), 4 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree).
    • Items 16 à 23 (Dominance décisionnelle) : Échelle catégorielle ordonnée en 3 points : 1 = Votre partenaire (Your Partner), 2 = Vous deux à égalité (Both of You Equally), 3 = Vous (You).
  • Procédure de calcul des scores et cotation :
    • Sous-échelle Contrôle relationnel : Dans la formulation d’origine, tous les items expriment une absence de pouvoir ou une soumission au partenaire masculin. Par conséquent, un accord (« Fortement d’accord » = 1) traduit un faible pouvoir, tandis qu’un désaccord (« Fortement en désaccord » = 4) dénote un pouvoir relationnel élevé. Le score moyen de la sous-échelle est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des 15 (ou 12) items, produisant un score variant de 1,0 à 4,0.
    • Sous-échelle Dominance décisionnelle : Pour les items 16 à 23, les réponses sont codées de 1 (domination du partenaire) à 3 (domination du participant), une valeur de 2 représentant une décision conjointe équitaire. Le score moyen de dominance décisionnelle est la moyenne arithmétique de ces items, produisant un score continu de 1,0 à 3,0.
    • Score global SRPS : Pour créer un score cumulé standardisé sur une métrique commune de 1 à 4, les scores de la sous-échelle de dominance décisionnelle peuvent être recodés ou transformés linéairement (par exemple : $[(Score_{DMD} – 1) / 2] \times 3 + 1$), puis combinés avec la moyenne de la sous-échelle de contrôle relationnel.
    • Catégorisation épidémiologique : Il est usuel en santé publique de segmenter l’échantillon en tertiles de pouvoir : Pouvoir faible (tertile 1), Pouvoir modéré (tertile 2) et Pouvoir élevé (tertile 3).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication : 2000.
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : La Sexual Relationship Power Scale est un instrument du domaine public académique. Les auteurs l’ont mise à la disposition intégrale de la communauté scientifique dans leur article princeps de 2000 afin de stimuler la recherche mondiale sur la santé sexuelle et les violences de genre.
  • Frais d’utilisation : Aucun droit pécuniaire ni redevance (royalty-free) n’est exigé pour son usage dans un cadre de recherche académique, clinique non commerciale ou d’évaluation de programmes humanitaires et de santé publique.
  • Conditions d’utilisation : L’utilisation requiert uniquement la citation formelle de la publication princeps de Pulerwitz, Gortmaker et DeJong (2000) dans tout rapport, mémoire ou publication qui en découle. Les adaptations culturelles ou linguistiques doivent faire l’objet de procédures standardisées de rétro-traduction.

12. Références / References

Les publications de référence fondant l’assise conceptuelle et psychométrique de la SRPS sont les suivantes :

  • Connell, R. W. (1987). Gender and power: Society, the person and sexual politics. Stanford University Press.
  • Flood, M. (2008). Measures for the assessment of dimensions of violence against women: A compendium. Sexual Violence Research Initiative (SVRI). https://www.svri.org/sites/default/files/attachments/2016-01-13/Measures.pdf
  • Harvey, S. M., Bird, S. T., Galavotti, C., Duncan, E. A., & Riesch-Measell, D. (2002). Relationship power, decision making, and condom use among couples at risk for HIV/STDs. Health Education & Behavior, 29(4), 438-453. https://doi.org/10.1177/109019810202900405
  • Jewkes, R. K., Dunkle, K., Nduna, M., & Shai, N. (2006). Intimate partner violence, relationship power inequity, and incidence of HIV infection in young women in South Africa: A cohort study. The Lancet, 368(9551), 1977-1983. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(06)69738-4
  • Pulerwitz, J., Gortmaker, S. L., & DeJong, W. (2000). Measuring sexual relationship power in HIV/STD research. Sex Roles, 42(7-8), 637-660. https://doi.org/10.1023/A:1007051506972
  • Stark, E. (2007). Coercive control: The entrapment of women in personal life. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195124033.001.0001
  • Teitelman, A. M., Ratcliffe, S. J., Morales, K. H., & Brawner, B. M. (2008). Sexual relationship power, intimate partner violence, and condom use among young African American women. AIDS and Behavior, 12(6), 882-893. https://doi.org/10.1007/s10461-007-9328-9
  • Wingood, G. M., & DiClemente, R. J. (2000). Application of the theory of gender and power to examine HIV-related exposures, risk factors, and interventions for women. Health Education & Behavior, 27(5), 539-565. https://doi.org/10.1177/109019810002700502

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Relationship Control Factor/Subscale

Response format for items 1 to 15:
1 = Strongly Agree, 2 = Agree, 3 = Disagree, and 4 = Strongly Disagree.

  1. If I asked my partner to use a condom‚ he would get violent.**
  2. If I asked my partner to use a condom‚ he would get angry.**
  3. Most of the time‚ we do what my partner wants to do.
  4. My partner won’t let me wear certain things.
  5. When my partner and I are together‚ I’m pretty quiet.
  6. My partner has more say than I do about important decisions that affect us.
  7. My partner tells me who I can spend time with.
  8. If I asked my partner to use a condom‚ he would think I’m having sex with other people.**
  9. I feel trapped or stuck in our relationship.
  10. My partner does what he wants‚ even if I do not want him to.
  11. I am more committed to our relationship than my partner is.
  12. When my partner and I disagree‚ he gets his way most of the time.
  13. My partner gets more out of our relationship than I do.
  14. My partner always wants to know where I am.
  15. My partner might be having sex with someone else.

Decision-Making Dominance Factor/Subscale

Response format for items 16 to 23:
1 = Your Partner, 2 = Both of You Equally, and 3 = You

  1. Who usually has more say about whose friends to go out with?
  2. Who usually has more say about whether you have sex?
  3. Who usually has more say about what you do together?
  4. Who usually has more say about how often you see one another?
  5. Who usually has more say about when you talk about serious things?
  6. In general‚ who do you think has more power in your relationship?
  7. Who usually has more say about whether you use condoms?**
  8. Who usually has more say about what types of sexual acts you do?

Note: Items marked ** concern condom use and can be eliminated if this is not a focus.

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Échelle de pouvoir dans les relations sexuelles. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-pouvoir-dans-les-relations-sexuelles-srps/
Looti, Mohammed. “Échelle de pouvoir dans les relations sexuelles.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-pouvoir-dans-les-relations-sexuelles-srps/.
Looti, Mohammed. “Échelle de pouvoir dans les relations sexuelles.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-pouvoir-dans-les-relations-sexuelles-srps/.