Échelle de poursuite relationnelle

L’Échelle de poursuite relationnelle (Relational Pursuit Scale – RPS), développée par Cupach et Spitzberg, évalue la perpétration des comportements d’intrusion relationnelle obsessionnelle (ORI) et de harcèlement à travers 28 items comportementaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle de poursuite relationnelle (en anglais, Relational Pursuit Scale — RPS), développée à l’origine par les chercheurs en communication interpersonnelle et en psychologie sociale Brian H. Spitzberg et William R. Cupach (2000, 2004), constitue l’un des instruments de mesure psychométrique de référence pour l’évaluation empirique des comportements d’intrusion relationnelle obsessionnelle (Obsessive Relational Intrusion ou ORI) et du harcèlement obsessionnel (stalking). Conçue pour quantifier la perpétration de comportements de poursuite non désirés suite à un rejet ou dans le cadre d’une tentative unilatérale d’établissement ou de réconciliation intime, l’échelle se compose de 28 items opérationnalisant un continuum comportemental allant des manifestations de séduction excessivement insistantes aux actes de violence physique, de coercition sexuelle et de menaces directes de mort.

Les répondants évaluent la fréquence de chaque comportement sur une échelle de type Likert en 5 points allant de 0 (« Jamais » / Never) à 4 (« Plus de 5 fois » / Over 5 times). Bien que l’instrument puisse être totalisé sous la forme d’un indice global de perpétration variant de 0 à 112 points, la recherche factorielle a systématiquement mis en évidence une structure multidimensionnelle ou hiérarchique comprenant plusieurs sous-échelles distinctes : la poursuite hyper-intime (cadeaux, déclarations d’amour disproportionnées), la surveillance et la violation des limites spatiales (surveillance au travail ou au domicile, intrusion dans les réseaux de proches), les menaces explicites et le harcèlement réglementaire, ainsi que les agressions physiques et coercitives graves. L’instrument présente d’excellentes qualités psychométriques, caractérisées par une consistance interne globale très élevée (coefficients alpha de Cronbach généralement compris entre 0,88 et 0,96 selon les échantillons) et une remarquable validité de construit démontrée dans des cohortes cliniques, judiciaires et universitaires.

Intégrée dans le recueil d’outils d’évaluation de la violence au sein du couple des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), la RPS permet d’étudier tant la poursuite post-rupture entre partenaires intimes que les agissements dirigés envers des connaissances, collègues ou personnes non familières. Elle offre un éclairage clinique et criminologique crucial sur l’escalade de la violence relationnelle et sert de levier prédictif majeur pour l’évaluation des risques psychosociaux et la prise en charge médico-légale des dynamiques de harcèlement.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle de poursuite relationnelle, intrusion relationnelle obsessionnelle, harcèlement obsessionnel, stalking, Brian Spitzberg, William Cupach, violence au sein du couple, psychométrie, poursuite non désirée, attachement insécure, régulation émotionnelle, évaluation du risque médico-légal.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de poursuite relationnelle a été élaborée conjointement par deux éminents universitaires américains spécialisés dans l’analyse des aspects sombres de la communication interpersonnelle (the dark side of interpersonal communication) :

  • William R. Cupach, Ph.D. : Professeur émérite à l’École de communication de l’Illinois State University (Normal, Illinois, États-Unis). Ses recherches pionnières portent sur la gestion des conflits interpersonnels, la compétence communicationnelle, la rupture amoureuse, la honte et l’analyse théorique de l’intrusion relationnelle obsessionnelle.
  • Brian H. Spitzberg, Ph.D. : Professeur émérite de distinction au Sénat universitaire de la School of Communication de la San Diego State University (San Diego, Californie, États-Unis). Auteur prolifique de renommée internationale, il a consacré plus de trois décennies à l’étude empirique de la compétence de communication, de l’agression relationnelle, du cyber-harcèlement et de la victimisation liée au stalking.

Les auteurs peuvent être contactés via leurs affiliations académiques respectives ou par l’intermédiaire de l’association internationale de recherche sur les relations interpersonnelles (International Association for Relationship Research – IARR). Leurs travaux conjoints publiés au début des années 2000 chez Lawrence Erlbaum Associates ont jeté les fondations empiriques modernes de la recherche sur la poursuite obsessionnelle.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de poursuite relationnelle est de fournir une méthodologie standardisée, rigoureuse et reproductible pour mesurer l’éventail complet des conduites de poursuite interpersonnelle non désirée. Dans les contextes de rupture conjugale, d’amour non partagé ou de tentatives unilatérales de séduction, la frontière entre une persévérance amoureuse socialement tolérée (souvent idéalisée dans la culture populaire comme un signe d’attachement passionné) et un comportement intrusif traumatisant s’avère fréquemment brouillée. La RPS a été spécifiquement conceptualisée pour opérationnaliser cette transition critique où une tentative de rapprochement bascule dans l’inconfort, la peur et l’agression caractérisée.

Applications en recherche scientifique

Sur le plan de la recherche fondamentale et appliquée en psychologie sociale et en criminologie, l’instrument répond à plusieurs besoins méthodologiques primordiaux :

  • Cartographier l’incidence et la prévalence des comportements d’intrusion : Permettre aux chercheurs d’estimer avec précision la fréquence à laquelle des individus s’engagent dans des conduites allant de l’envoi répété de courriels affectueux à l’espionnage, aux menaces verbales et à la séquestration physique.
  • Examiner les modèles étiologiques de la poursuite : Tester des modèles conceptuels sophistiqués, notamment la théorie de la poursuite des objectifs relationnels (Relational Goal Pursuit Theory), en reliant les scores de l’échelle à des variables cognitives (ruminations, croyances dysfonctionnelles sur le destin amoureux), émotionnelles (inondation affective, jalousie morbide) et de personnalité (styles d’attachement insécure, traits du groupe B du DSM).
  • Distinguer les formes bénignes des formes létales : Fournir aux épidémiologistes de la santé publique et aux organismes de prévention (tels que le CDC) un répertoire standardisé des manifestations de coercition au sein des relations intimes passées ou présentes.

Applications cliniques, judiciaires et forensiques

Dans la pratique clinique et forensique, la RPS sert d’outil d’évaluation structurée du jugement professionnel pour évaluer la dangerosité et le niveau de fixation obsessionnelle des auteurs de harcèlement :

  • Évaluation du risque de récidive et de passage à l’acte violent : Les cliniciens travaillant auprès d’auteurs d’infractions d’ordonnances de non-communication (restraining orders) utilisent l’inventaire pour documenter la sévérité des intrusions antérieures et anticiper l’escalade vers des actes violents répertoriés dans les items terminaux de l’échelle (items 24 à 28).
  • Interventions psychothérapeutiques individualisées : En milieu thérapeutique, l’échelle permet de confronter le patient à l’asymétrie de sa perception en l’aidant à déconstruire les distorsions cognitives sous-jacentes à des conduites banalisées (par exemple, considérer que « laisser des cadeaux non désirés » ou « espionner les réseaux sociaux de son ex-partenaire » constituent des preuves d’amour légitimes).
  • Assistance aux victimes et planification de la sécurité : Bien que formulée du point de vue de la perpétration dans cette version, l’échelle a servi de matrice pour les versions d’évaluation de la victimisation, permettant aux travailleurs sociaux et aux intervenants d’urgence d’établir un audit factuel des tactiques subies par la victime afin d’élaborer des protocoles de protection adaptés.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit central mesuré par l’Échelle de poursuite relationnelle est l’intrusion relationnelle obsessionnelle (Obsessive Relational Intrusion — ORI), définie par Cupach et Spitzberg (1998, 2004) comme l’occurrence répétée et non désirée d’actes d’invasion de la vie privée perpétrés par un individu qui désire ou cherche à établir, réaffirmer ou maintenir une relation intime avec une personne cible qui ne souhaite pas cette intimité. L’ORI se distingue du simple harcèlement générique par son motif fondamentalement orienté vers la relation, même si ce motif initial est fréquemment contaminé au fil du temps par la colère, la vengeance, le sentiment de possession ou le mépris.

Le construit est conceptualisé non pas comme une entité catégorielle binaire, mais comme un continuum dimensionnel de gravité croissante. Au fur et à mesure que la cible réitère son rejet, l’intensité et l’intrusivité des comportements s’amplifient, franchissant des frontières normatives, psychologiques puis pénales. La structure du construit s’articule autour de quatre dimensions majeures :

1. Hyper-intimité et communication non désirée (Items 1 à 3, 6, 8)

Cette dimension regroupe des comportements qui imitent les préliminaires normaux de la cour amoureuse, mais qui sont menés de manière disproportionnée, insistante et asynchrone par rapport au consentement de la cible :

  • Expressions d’affection exagérées : Déclarer sa flamme de manière prématurée (« Je t’aime » après quelques échanges superficiels) ou offrir des services grandioses non sollicités.
  • Messages et cadeaux persistants : Envoyer continuellement des fleurs, des peluches, des lettres manuscrites, des courriels ou des messages vocaux malgré l’absence de réciprocité ou le refus explicite de la cible.
  • Inclusion forcée dans des activités : Inscrire la cible sur des listes de diffusion, à des programmes ou utiliser son identité comme référence sociale sans son consentement préalable.

2. Surveillance, pistage et violation spatiale (Items 4, 5, 7, 9, 10, 11, 12, 13, 14)

Cette composante opérationnalise les conduites par lesquelles le poursuivant surveille et restreint l’autonomie géographique et relationnelle de la victime :

  • Observation et pistage : Suivre physiquement la cible lors de ses déplacements quotidiens (travail, université, salle de sport) ou stationner en véhicule devant son domicile.
  • Monitoring et collecte d’informations privées : Vérifier en permanence l’emploi du temps de la cible via des tiers, écouter subrepticement ses messages, intercepter son courrier ou subtiliser des informations numériques confidentielles.
  • Intrusion proxémique et territoriale : S’approcher de manière excessive lors des conversations, s’immiscer sans invitation dans le cercle social, familial ou professionnel de la cible, et pénétrer par effraction dans ses espaces intimes (chambre, voiture, bureau).

3. Menaces, manipulation psychologique et harcèlement réglementaire (Items 15, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23)

Lorsque la cible persiste dans son refus, le poursuivant recours à des stratégies coercitives destinées à susciter de l’anxiété, de la culpabilité ou un sentiment de terreur :

  • Chantage émotionnel et automutilation : Menacer de se suicider ou de se blesser gravement si la cible refuse de reprendre contact, exploitant ainsi son empathie ou sa responsabilité morale.
  • Menaces interpersonnelles et symboliques : Proliférer des avertissements hostiles directs envers la cible ou ses proches (amis, enfants, nouveaux partenaires), ou lui faire parvenir des objets inquiétants (photos dégradées, armes, contenus pornographiques).
  • Harcèlement administratif et dégradation matérielle : Déposer des plaintes fallacieuses auprès de l’employeur ou des institutions judiciaires, vandaliser des biens ayant une valeur sentimentale ou nuire aux animaux de compagnie de la victime.

4. Agressions physiques, contrainte sexuelle et atteinte à la vie (Items 16, 24, 25, 26, 27, 28)

Le pôle le plus extrême du continuum d’ORI coïncide directement avec les définitions pénales du stalking aggravé et de la tentative d’homicide au sein du couple :

  • Entrave physique et séquestration : Bloquer la portière d’une voiture, agripper fermement les bras de la cible pour l’empêcher de fuir, ou la confiner de force dans une pièce.
  • Coercition sexuelle : Forcer des baisers, des attouchements, tenter d’arracher des vêtements ou imposer des actes sexuels non consentis par l’intimidation physique.
  • Violences et mise en danger de la vie : Frapper, étrangler, tenter de faire quitter la route au véhicule de la victime, ou exhiber une arme pour neutraliser toute tentative de résistance.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’assise théorique fondamentale sur laquelle repose l’Échelle de poursuite relationnelle est la Théorie de la poursuite des objectifs relationnels (Relational Goal Pursuit Theory — RGPT), formalisée en détail par Cupach et Spitzberg (2004, 2014). Cette théorie communicationnelle et socio-cognitive intègre des concepts issus de la cybernétique des systèmes de régulation de l’action, de la théorie du contrôle de Carver et Scheier, ainsi que des modèles d’autorégulation émotionnelle pour expliquer pourquoi certains individus refusent d’accepter l’échec d’une tentative amoureuse et sombrent dans des conduites d’intrusion pathologiques.

Les mécanismes clés de la théorie RGPT :

1. La liaison des objectifs (Goal Linking) : Le poursuivant associe de manière rigide l’établissement d’une relation avec la cible particulière à des buts d’ordre supérieur indispensables à son identité, tels que l’estime de soi, le sens de l’existence, ou le bonheur fondamental. L’équation cognitive devient : « Sans cette personne spécifique, ma vie n’a aucune valeur ».

2. La rumination obsessionnelle : Incapable d’atteindre son but, l’individu entre dans un cycle cognitif perpétuel de ruminations centrées sur l’écart (discrepancy) entre la réalité (le rejet) et son objectif idéal, ce qui maintient le système d’alerte émotionnelle constamment actif.

3. L’inondation affective (Emotional Flooding) : L’accumulation d’émotions négatives intenses (dépression, humiliation, anxiété, colère narcissique) surcharge les capacités de contrôle exécutif et cognitif du sujet.

4. L’auto-efficacité et la rationalisation téléologique : Le poursuivant développe la croyance erronée qu’une augmentation de l’effort, de la persuasion ou de la pression finira par convaincre la cible de sa sincérité, justifiant moralement des moyens de plus en plus intrusifs.

En complément de la théorie RGPT, la RPS puise abondamment dans la théorie de l’attachement développée par John Bowlby et appliquée aux relations amoureuses adultes par Hazan et Shaver. Les individus manifestant un style d’attachement anxieux-préoccupé présentent une vulnérabilité accrue à l’angoisse d’abandon, une hyper-activation du système d’attachement et une intolérance massive à l’incertitude relationnelle. Face au rejet ou à la rupture, ces sujets ne parviennent pas à désactiver leurs comportements de recherche de proximité, transformant la quête de réconfort en un harcèlement intrusif désespéré.

Enfin, le modèle s’inscrit dans le paradigme plus large de la « face sombre de la communication humaine » (Dark Side of Human Communication). Contrairement aux perspectives traditionnelles qui envisagent la communication sous le prisme exclusif de la compétence, de l’empathie et de la coopération, Spitzberg et Cupach démontrent que des comportements socialement perçus comme dysfonctionnels ou déviants sont souvent produits par des dynamiques relationnelles ordinaires qui ont dépassé leurs bornes fonctionnelles normales.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle de poursuite relationnelle a été rigoureusement confirmée par de nombreuses études quantitatives menées auprès d’échantillons universitaires, de populations communautaires et de cohortes médico-légales aux États-Unis et à l’international.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente de la RPS est attestée par des corrélations statistiquement significatives et théoriquement cohérentes avec une pluralité de construits psychologiques établis :

  • Styles d’attachement insécure : Des corrélations positives modérées à fortes sont régulièrement observées entre les scores globaux de la RPS et l’anxiété d’attachement mesurée par l’échelle Experiences in Close Relationships (ECR ; $r = 0,38$ à $0,49$, $p < 0,001$). Les individus anxieux rapportent une fréquence nettement plus élevée d'items liés à la surveillance (items 4, 5, 11) et à l'hyper-intimité (items 1, 2, 3).
  • Sensibilité au rejet et jalousie romantique : L’échelle corrèle positivement avec l’échelle de sensibilité au rejet de Downey et Feldman ($r = 0,34$, $p < 0,01$) ainsi qu’a\vec les dimensions cognitives et émotionnelles de la jalousie relationnelle ($r = 0,42$ à $0,53$).
  • Traits de personnalité du groupe B : Les recherches examinant les profils de personnalité révèlent des associations significatives entre la sévérité des scores à la RPS et les traits de la personnalité limite (borderline) caractérisés par la dysrégulation émotionnelle et la peur panique de l’abandon ($r = 0,39$, $p < 0,001$), ainsi qu’a\vec le narcissisme grandiose et vulnérable ($r = 0,28$ à $0,35$).
  • Cyber-harcèlement et cyber-surveillance : Avec l’avènement des technologies numériques, les scores de la RPS présentent une corrélation extrêmement robuste avec les mesures contemporaines de cyber-harcèlement relationnel ($r > 0,60$, $p < 0,001$), confirmant que les comportements hors ligne et en ligne représentent les facettes d'un même construit sous-jacent.

Validité discriminante

La validité discriminante a été établie en démontrant que l’échelle ne se confond pas avec des construits voisins de la dynamique de couple :

  • Les corrélations avec la persévérance relationnelle fonctionnelle (initiatives de communication respectueuses et mutuellement acceptées) demeurent faibles ou négligeables ($r < 0,15$, non significatif), prouvant que l'instrument mesure bien l'intrusivité non désirée et non le simple engagement romantique.
  • L’instrument se distingue nettement des mesures globales d’agression générale non relationnelle (comme le questionnaire d’agression de Buss-Perry), montrant que l’ORI possède une texture motivationnelle spécifique centrée sur l’objet d’attachement.

Validité prédictive et critériée

Sur le plan prédictif, l’échelle démontre une sensibilité clinique remarquable. Dans les études longitudinales et rétrospectives, les scores élevés aux items 15 à 23 (menaces et dégradations) prédisent avec une grande précision l’escalade ultérieure vers la violence physique avérée (items 24 à 28), avec des rapports de cotes (odds ratios) supérieurs à 3,5. De plus, les scores obtenus à la RPS différencient de manière hautement significative les individus ayant fait l’objet d’une mesure judiciaire d’éloignement (restraining order) de ceux n’ayant aucun antécédent médico-légal, avec des aires sous la courbe ROC (AUC) dépassant régulièrement 0,82.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle de poursuite relationnelle a été documentée à travers de multiples indices d’homogénéité et de stabilité temporelle au sein de divers groupes démographiques.

Consistance interne

La consistance interne de l’instrument s’avère uniformément excellente :

  • Échelle globale (28 items) : Dans les études princeps de Cupach et Spitzberg (2000, 2004), l’indice alpha de Cronbach pour l’ensemble des 28 items oscillait entre $lpha = 0,91$ et $lpha = 0,95$. Dans le compendium des instruments de mesure des violences conjugales du CDC (2007), la fidélité globale rapportée est de $lpha = 0,93$.
  • Indices d’oméga de McDonald : Les analyses psychométriques contemporaines privilégiant l’oméga de McDonald ($\omega_t$) confirment une consistance interne globale très robuste avoisinant 0,94 à 0,96, attestant d’une faible part de variance d’erreur dans le score total.
  • Sous-échelles / Dimensions factorielles : Les coefficients de cohérence interne des sous-dimensions identifiées demeurent solides : hyper-intimité ($lpha pprox 0,82$ à $0,87$), surveillance et invasion territoriale ($lpha pprox 0,85$ à $0,90$), menaces et harcèlement psychologique ($lpha pprox 0,84$ à $0,89$), et agression physique/coercition sexuelle ($lpha pprox 0,78$ à $0,86$, cette dernière sous-échelle présentant souvent une variance plus restreinte en population générale en raison de la rareté relative des actes criminels extrêmes).
  • Corrélations item-total : Les corrélations partielles entre chaque item et le score total corrigé se situent presque toutes au-delà du seuil conventionnel de $r = 0,40$, variant généralement entre 0,44 et 0,72.

Fidélité test-retest

Bien que les comportements de poursuite relationnelle soient intrinsèquement dynamiques et soumis aux aléas des interactions entre les protagonistes (phases de crise versus périodes de décantation), les évaluations de la stabilité temporelle sur un intervalle de 4 à 6 semaines auprès d’échantillons non cliniques indiquent des coefficients de corrélation test-retest satisfaisants, compris entre $r = 0,76$ et $r = 0,84$ ($p < 0,001$). Cela confirme que la disposition à recourir à des tactiques d'intrusion relationnelle reflète un schéma cognitivo-comportemental relativement stable chez le poursuivant.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’Échelle de poursuite relationnelle a fait l’objet d’investigations approfondies à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), cherchant à déterminer si l’instrument doit être appréhendé comme une entité unidimensionnelle globale ou comme un modèle factoriel oblique multifactoriel.

Analyses factorielles exploratoires (AFE)

Les analyses factorielles initiales conduites par Cupach et Spitzberg (en utilisant l’extraction par factorisation en axes principaux avec rotation oblique Promax ou Oblimin) ont systématiquement extrait entre 3 et 5 facteurs possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0, expliquant cumulativement entre 52 % et 64 % de la variance totale des réponses :

  • Facteur 1 : Surveillance et pistage proximal : Ce facteur regroupe les saturations les plus élevées pour les items 4 (suivre), 5 (regarder/épier), 11 (surveiller l’emploi du temps) et 12 (surprendre dans des lieux publics), avec des poids factoriels oscillant entre 0,62 et 0,81.
  • Facteur 2 : Hyper-intimité et quête de contact : Saturé principalement par les items 1 (cadeaux indésirables), 2 (messages affectueux) et 3 (déclarations excessives), avec des saturations situées entre 0,58 et 0,77.
  • Facteur 3 : Menaces, chantage et agression psychologique : Regroupant les items 15 (messages menaçants), 19 (menaces d’automutilation), 20 (menaces envers les proches) et 21 (menaces verbales directes), avec des saturations comprises entre 0,55 et 0,79.
  • Facteur 4 : Violence physique et coercition directe : Comprenant les items 16 (retenue physique), 24 (coercition sexuelle), 26 (blessures physiques) et 28 (mise en danger de la vie), affichant des saturations entre 0,60 et 0,84.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Dans les études ultérieures de modélisation par équations structurelles, le modèle hiérarchique de second ordre (où un facteur général d’« Intrusion Relationnelle Obsessionnelle » chapeaute les facteurs primaires de premier ordre) démontre des indices d’adéquation statistiques très satisfaisants :

  • Indice d’ajustement comparatif (CFI) : 0,93 à 0,95
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) : 0,92 à 0,94
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : 0,048 à 0,058 (intervalle de confiance à 90 % : [0,041 ; 0,065])
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : 0,051

Ces données confirment la validité psychométrique d’un usage double de l’échelle : les chercheurs peuvent légitimement calculer un score global total reflétant la gravité cumulative de la poursuite, ou ventiler les résultats par profils de sous-échelles pour identifier la modalité spécifique d’intrusion préférentiellement déployée par le sujet.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle de poursuite relationnelle (RPS) est un questionnaire standardisé d’auto-évaluation conçu pour quantifier la fréquence des comportements d’intrusion et de poursuite relationnelle non désirée perpétrés par le répondant.

  • Nom officiel de l’instrument : Relational Pursuit Scale (RPS) / Échelle de poursuite relationnelle.
  • Auteurs : William R. Cupach & Brian H. Spitzberg (2000, 2004).
  • Type d’instrument : Auto-questionnaire psychométrique / Inventaire comportemental rétrospectif (mesurant la perpétration ; adaptable pour la victimisation).
  • Nombre total d’items : 28 items comportementaux formulés sous forme d’actions concrètes accompagnées d’exemples explicatifs précis entre parenthèses.
  • Population cible : Adultes et adolescents avancés (à partir de 16-18 ans), dans des contextes de relations amoureuses dissoutes, d’amour non partagé, ou de poursuite dirigée vers des connaissances ou collègues de travail.
  • Échelle de réponse (Format Likert en 5 points) :
    • 0 = Jamais (Never)
    • 1 = Seulement une fois (Only Once)
    • 2 = 2 ou 3 fois (2 or 3 Times)
    • 3 = 4 à 5 fois (4 to 5 Times)
    • 4 = Plus de 5 fois (Over 5 times)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Score global : Obtenu par la somme directe des valeurs numériques associées à chacun des 28 items. Le score total théorique oscille entre 0 et 112 points.
    • Sens de la cotation : Un score élevé reflète un niveau supérieur de perpétration de comportements intrusifs, de harcèlement et de dangerosité relationnelle.
    • Seuils descriptifs indicatifs : Bien qu’il n’existe pas de seuil diagnostique psychiatrique strict, les scores sont conventionnellement interprétés par paliers de sévérité clinique :
      • 0 à 5 points : Comportements résiduels ou quasi-nuls (démarches isolées de prise de contact sans caractère obsessionnel avéré).
      • 6 à 20 points : Poursuite intrusive légère à modérée (comportements dominés par l’hyper-intimité et l’insistance communicationnelle).
      • 21 à 45 points : Intrusion relationnelle obsessionnelle caractérisée (présence conjointe de surveillance active, violation territoriale et pressions interpersonnelles répétées).
      • 46 points et plus : Harcèlement aggravé et haut risque médico-légal (présence de menaces directes, destructions matérielles, contrainte sexuelle et/ou violences physiques caractérisées).
  • Durée de passation : Environ 10 à 15 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’Échelle de poursuite relationnelle a été formalisée dans des publications scientifiques majeures en 2000 et 2004. Elle est soumise aux conditions suivantes de propriété intellectuelle et d’utilisation :

  • Année de copyright : Copyright © 2004, Lawrence Erlbaum Associates, Inc. (faisant aujourd’hui partie du groupe Taylor & Francis / Routledge). L’échelle découle également des travaux initiaux publiés par Cupach et Spitzberg en 2000 dans la revue Violence and Victims.
  • Disponibilité publique et coût : L’instrument a été reproduit avec permission officielle dans le compendium des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) intitulé Measuring Intimate Partner Violence Victimization and Perpetration: A Compendium of Assessment Tools (pages 144-147). À ce titre, le texte de l’échelle est en libre accès pour la recherche scientifique et l’évaluation à des fins académiques non commerciales.
  • Autorisation d’utilisation : Pour toute utilisation dans le cadre d’études universitaires ou de thèses de doctorat, l’instrument peut généralement être utilisé sans frais sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources originales de Cupach et Spitzberg (2000, 2004). Toute adaptation commerciale, distribution numérique au sein de logiciels payants ou intégration dans des protocoles de diagnostic lucratifs nécessite une autorisation expresse de l’éditeur détenant les droits de reproduction (Taylor & Francis Group).

12. Références / References

Les publications fondatrices et les études psychométriques de validation relatives à l’Échelle de poursuite relationnelle sont répertoriées ci-dessous selon les normes bibliographiques APA (7e édition) :

  • Centers for Disease Control and Prevention. (2007). Measuring intimate partner violence victimization and perpetration: A compendium of assessment tools (pp. 144–147). National Center for Injury Prevention and Control of the Centers for Disease Control and Prevention. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/ipv/measuring-ipv-compendium.pdf
  • Cupach, W. R., & Spitzberg, B. H. (1998). Obsessive relational intrusion and stalking. In B. H. Spitzberg & W. R. Cupach (Eds.), The dark side of close relationships (pp. 233–263). Lawrence Erlbaum Associates.
  • Cupach, W. R., & Spitzberg, B. H. (2000). Obsessive relational intrusion: Incidence, perceived severity, and coping. Violence and Victims, 15(4), 357–372. https://doi.org/10.1891/0886-6708.15.4.357
  • Cupach, W. R., & Spitzberg, B. H. (2004). The dark side of relationship pursuit: From attraction to obsession and stalking. Lawrence Erlbaum Associates. https://doi.org/10.4324/9781410610225
  • Davis, K. E., Ace, A., & Andra, M. (2000). Stalking, harassment, and obsessive relational intrusion: An overview of the issues. Violence and Victims, 15(4), 351–356. https://doi.org/10.1891/0886-6708.15.4.351
  • Meloy, J. R. (Ed.). (1998). The psychology of stalking: Clinical and forensic perspectives. Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-012490560-3/50019-3
  • Spitzberg, B. H., & Cupach, W. R. (2003). What whoppers they will tell: Conceptualizing and measuring stalking and obsessive relational intrusion. In M. A. Fine & J. H. Harvey (Eds.), Handbook of forensic psychology: Resource for mental health and legal professionals (pp. 415–439). Academic Press.
  • Spitzberg, B. H., & Cupach, W. R. (2007). The state of the art of stalking: Taking stock of the emerging literature. Aggression and Violent Behavior, 12(1), 64–86. https://doi.org/10.1016/j.avb.2006.05.001
  • Spitzberg, B. H., & Cupach, W. R. (2014). The dark side of relationship pursuit: A relational goal pursuit theory of obsessive relational intrusion and stalking. In The dark side of close relationships II (pp. 379–410). Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203875568

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Have you ever persistently pursued someone in unwanted ways by…

Response scale:
0 = Never
1 = Only Once
2 = 2 or 3 Times
3 = 4 to 5 Times
4 = Over 5 times

  1. LEAVING UNWANTED GIFTS (e.g., flowers, stuffed animals, photographs, jewelry, etc.)
  2. LEAVING UNWANTED MESSAGES OF AFFECTION (e.g., romantically-oriented notes, cards, letters, voice-mail, e-mail, messages with friends, etc.)
  3. MAKING EXAGGERATED EXPRESSIONS OF AFFECTION (e.g., saying “I love you” after limited interaction, doing large and unsolicited favors for her/him, etc.)
  4. FOLLOWING HIM/HER AROUND (e.g., following her/him to or from work, school, home, gym, daily activities, etc.)
  5. WATCHING HIM/HER (e.g., driving by home or work, watching her/him from a distance, gazing at her/him in public places, etc.)
  6. INTRUDING UNINVITED INTO HIS/HER INTERACTIONS (e.g., “hovers” around your conversations, offers unsolicited advice, initiates conversations when she or he is clearly busy, etc.)
  7. INVADING HIS/HER PERSONAL SPACE (e.g., getting too close to her/him in conversation, touching her/him, etc.)
  8. INVOLVING HIM/HER IN ACTIVITIES IN UNWANTED WAYS (e.g., enrolling her/him in programs, putting her/him on mailing lists, using her/his name as a reference, etc.)
  9. INVADING HIS/HER PERSONAL PROPERTY (e.g., handling her/his possessions, breaking and entering into her/his home, showing up at his/her door or car, etc.)
  10. INTRUDING UPON HIS/HER FRIENDS, FAMILY OR COWORKERS (e.g., trying to befriend her/his friends, family or coworkers; seeking to be invited to social events, seeking employment at her/his work, etc.)
  11. MONITORING HIM/HER AND/OR HIS/HER BEHAVIOR (e.g., calling at all hours to check on her/his whereabouts, checking up on her/him through mutual friends, etc.)
  12. APPROACHING OR SURPRISING HIM/HER IN PUBLIC PLACES (e.g., showing up at places such as stores, work, gym; lying in wait around corners, etc.)
  13. COVERTLY OBTAINING PRIVATE INFORMATION (e.g., listening to her/his message machine, taking photos of her/him without their knowledge, stealing her/his mail or e-mail, etc.)
  14. INVADING HIS/HER PROPERTY (e.g., breaking and entering her/his home, car, desk, backpack or briefcase, etc.)
  15. LEAVING UNWANTED THREATENING MESSAGES (e.g., hang-up calls; notes, cards, letters, voice-mail, e-mail, messages with friends, implying harm or potential harm, etc.)
  16. PHYSICALLY RESTRAINING HIM/HER (e.g., grabbing her/him arm, blocking her/his progress, holding the car door while she/he is in the car, etc.)
  17. ENGAGING IN REGULATORY HARASSMENT (e.g., filing official complaints, spreading false rumors to officials—boss, instructor, etc., obtaining a restraining order on her/him, etc.)
  18. STEALING OR DAMAGING VALUED POSSESSIONS (e.g., vandalized her/his property; things taken, damaged or hurt that only this person had access to, such as prior gifts, pets, etc.)
  19. THREATENING TO HURT YOURSELF (e.g., vague threats that something bad will happen to you, threatening to commit suicide, etc.)
  20. THREATENING OTHERS SHE/HE CARES ABOUT (e.g., threatening harm to or making vague warnings about romantic partners, friends, family, pets, etc.)
  21. VERBALLY THREATENING HER/HIM PERSONALLY (e.g., threats or vague warnings that something bad will happen to her/him, threatening personally to hurt her/him, etc.)
  22. LEAVING OR SENDING HER/HIM THREATENING OBJECTS (e.g., marked up photographs, photographs taken of her/him without their knowledge, pornography, weapons, etc.)
  23. SHOWING UP AT PLACES IN THREATENING WAYS (e.g., showing up at class, office or work, from behind a corner, staring from across a street, being inside her/his home, etc.)
  24. SEXUALLY COERCING HER/HIM (e.g., forcefully attempted/ succeeded in kissing, feeling, or disrobing her/him, exposed yourself, forced sexual behavior, etc.)
  25. PHYSICALLY THREATENING HER/HIM (e.g., throwing something at her/him, acting as if you will hit her/him, running finger across neck implying throat slitting, etc.)
  26. PHYSICALLY HURTING HER/HIM (e.g., pushing or shoving her/him, slapping her/him, hitting her/him with fist, hitting her/him with an object, etc.)
  27. KIDNAPPING OR PHYSICALLY CONSTRAINING HER/HIM (e.g., by force or threat of force, trapped her/him in a car or room; bound her/him; took her/him places against their will; etc.)
  28. PHYSICALLY ENDANGERING HER/HIS LIFE (e.g., strangled her/him, trying to run her/him off the road, displaying a weapon, in front of her/him, using a weapon to subdue her/him, etc.)
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Looti, M. (2026, octobre 3). Échelle de poursuite relationnelle. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-poursuite-relationnelle/
Looti, Mohammed. “Échelle de poursuite relationnelle.” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-poursuite-relationnelle/.
Looti, Mohammed. “Échelle de poursuite relationnelle.” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-poursuite-relationnelle/.