1. Résumé / Abstract
L’Échelle de pleine conscience de Philadelphie (Philadelphia Mindfulness Scale, ou PHLMS) est un instrument psychométrique bidimensionnel conçu pour évaluer deux composantes fondamentales et distinctes de la pleine conscience : la conscience du moment présent (Awareness) et l’acceptation sans jugement de l’expérience (Acceptance). Développée initialement par LeeAnn Cardaciotto et ses collaborateurs en 2005 puis validée formellement dans une publication de référence en 2008, la PHLMS a été élaborée afin de pallier les limitations conceptuelles et psychométriques observées dans d’autres outils auto-rapportés évaluant la pleine conscience. Contrairement à des échelles unidimensionnelles ou à des instruments qui agrègent l’attention, l’absence de réactivité et des attitudes éthiques ou cognitives diverses dans un score composite indifférencié, la PHLMS postule que l’attention vigilante et l’attitude d’ouverture/non-évitement sont fonctionnellement indépendantes et doivent être opérationnalisées de façon distincte.
L’instrument est composé de 20 items répartis rigoureusement en deux sous-échelles équilibrées de 10 items chacune. Les répondants évaluent la fréquence de leurs expériences intérieures au cours de la vie quotidienne au moyen d’une échelle de type Likert en 5 points, allant de 1 (« never » / jamais) à 5 (« very often » / très souvent). Les analyses psychométriques démontrent une excellente consistance interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,75 et 0,86 pour la sous-échelle Conscience, et entre 0,77 et 0,87 pour la sous-échelle Acceptation, aussi bien au sein d’échantillons universitaires que dans des populations cliniques psychiatriques. Les analyses factorielles confirmatoires appuient de manière robuste une structure à deux facteurs quasi-orthogonaux, confirmant que le fait d’être attentif à ses sensations et pensées ne préjuge en rien de la capacité à les accueillir sans tentative d’évitement ou de contrôle coercitif. L’échelle démontre une validité convergente et discriminante robuste vis-à-vis des mesures d’anxiété, de dépression, d’évitement expérientiel et de dissociation psychologique.
2. Mots-clés / Keywords
Pleine conscience, PHLMS, conscience du moment présent, acceptation psychologique, évaluation psychométrique, évitement expérientiel, thérapies cognitives et comportementales de troisième vague, métacognition, régulation émotionnelle, validité factorielle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée au sein du Département de psychologie de l’Université Drexel (Philadelphie, Pennsylvanie, États-Unis) par une équipe de chercheurs spécialisés en psychologie clinique, en thérapies comportementales et cognitives (TCC) et en thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) :
- LeeAnn Cardaciotto, Ph.D. — Département de psychologie, Drexel University ; actuellement professeure associée au Département de psychologie de l’Université La Salle (Philadelphie, PA, États-Unis). Courriel institutionnel : [email protected].
- James D. Herbert, Ph.D. — Professeur de psychologie, Département de psychologie, Drexel University ; ultérieurement président de l’Université de New England (Maine, États-Unis).
- Evan M. Forman, Ph.D. — Professeur de psychologie clinique, directeur du Center for Weight, Eating, and Lifestyle Science (WELL Center), Département de psychologie, Drexel University (Philadelphie, PA, États-Unis).
- Ebonee Moitra, Ph.D. — Chercheuse et professeure associée au Département de psychiatrie et de comportement humain, Alpert Medical School de l’Université Brown (Providence, RI, États-Unis).
- Valerie Farrow, Ph.D. — Chercheuse en psychologie clinique, Drexel University (Philadelphie, PA, États-Unis).
4. Objectif / Purpose
Le développement de la Philadelphia Mindfulness Scale est né d’un constat critique formulé au début des années 2000 concernant l’opérationnalisation empirique du concept de pleine conscience. La majorité des instruments préexistants, tels que le Mindful Attention Awareness Scale (MAAS ; Brown & Ryan, 2003) ou le Freiburg Mindfulness Inventory (FMI ; Buchheld et al., 2001), mesuraient soit une seule composante attentionnelle (la propension à être attentif aux actions quotidiennes versus le vagabondage mental involontaire), soit mélangeaient indistinctement des notions d’attention, de régulation affective, d’ouverture spirituelle et de distanciation cognitive au sein d’un score unifié. Cardaciotto et ses collègues (2008) ont souligné que l’utilisation d’un score composite global masquait les interactions complexes existant entre le fait de remarquer un stimulus intérieur et la façon dont l’individu y réagit.
L’objectif fondamental de la PHLMS est donc d’isoler expérimentalement et cliniquement les deux piliers centraux dégagés par le consensus opérationnel formulé par Jon Kabat-Zinn et formalisé par Bishop et ses collaborateurs (2004) :
- La régulation soutenue de l’attention orientée vers l’expérience immédiate (Conscience).
- Une posture expérientielle de curiosité, d’ouverture et de non-jugement vis-à-vis de cette expérience (Acceptation).
En pratique clinique, cette séparation est d’une portée diagnostique et thérapeutique majeure. Par exemple, de nombreux patients souffrant de troubles paniques, d’anxiété sociale ou d’hypocondrie présentent un niveau extrêmement élevé de conscience intéroceptive ou de surveillance attentionnelle dirigée vers leurs battements cardiaques, leurs tensions musculaires ou leurs pensées intrusives. Cependant, cette conscience accrue s’accompagne d’une non-acceptation massive, se traduisant par des tentatives désespérées de neutralisation, d’évitement cognitif ou de contrôle comportemental. Si un thérapeute emploie une échelle évaluant la pleine conscience sous un format global, ces profils cliniques présentent des scores ambigus qui ne permettent pas d’identifier la dynamique psychopathologique sous-jacente.
La PHLMS permet donc aux cliniciens d’évaluer de façon granulaire si les interventions basées sur la pleine conscience (telles que le protocole MBSR de réduction du stress, la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience MBCT, ou l’ACT) augmentent la conscience, favorisent l’acceptation, ou modulent simultanément les deux registres. Dans le champ de la recherche en psychologie clinique et en neurosciences affectives, la PHLMS est largement utilisée pour tester des modèles de médiation, en vérifiant si les bénéfices thérapeutiques observés sur la détresse psychologique transitent prioritairement par le renforcement de l’acceptation plutôt que par la simple amplification de l’attention focalisée.
5. Construit psychologique / Construct
La PHLMS repose sur une modélisation théorique claire du construit de pleine conscience, structurée autour de deux dimensions distinctes, orthogonales et complémentaires.
1. La Conscience du Moment Présent (Awareness)
La dimension de Conscience renvoie au processus attentionnel continu consistant à observer, remarquer et être activement réceptif aux stimuli internes et externes au moment même où ils se produisent. Elle inclut :
- La conscience intéroceptive et somatosensorielle : Capacité à détecter les sensations physiologiques corporelles (ex. item 15 : « I notice changes inside my body, like my heart beating faster or my muscles getting tense », item 5 : sensations tactiles de l’eau pendant la douche).
- La conscience extéroceptive : Réceptivité sensorielle aux éléments de l’environnement immédiat tels que les odeurs, le contact de l’air ou la température (ex. item 9 : « When I walk outside, I am aware of smells or how the air feels against my face »).
- La conscience relationnelle et interpersonnelle : Attention portée aux manifestations corporelles et expressives d’autrui lors des interactions sociales (ex. item 3 : « When talking with other people, I am aware of their facial and body expressions »).
- La métaconscience cognitive et émotionnelle : Capacité à observer le flux incessant des pensées et à repérer l’émergence des transitions affectives dès leur apparition (ex. item 1 : « I am aware that thoughts are passing through my mind », item 13 : conscience des pensées associées aux changements d’humeur, item 17 : identification immédiate des variations émotionnelles).
Dans la PHLMS, la conscience est intentionnellement mesurée sous un angle neutre et descriptif, sans introduire de valence émotionnelle positive ou négative, afin de déterminer si le canal perceptif et métacognitif est opérationnel.
2. L’Acceptation (Acceptance)
La dimension d’Acceptation désigne une attitude psychologique fondamentale caractérisée par l’absence de jugement dépréciatif, l’absence de lutte interne et le renoncement aux manœuvres d’évitement expérientiel face aux sensations, pensées et affects désagréables. Au plan opérationnel, l’acceptation est conceptualisée dans la PHLMS comme l’inverse de la non-acceptation et de la suppression émotionnelle. De ce fait, les 10 items composant cette sous-échelle sont formulés négativement (c’est-à-dire orientés vers le déni, la distraction forcée, la culpabilisation ou le contrôle volontaire) :
- L’évitement cognitivo-comportemental : Tentatives actives de chasser les pensées désagréables ou de s’occuper pour ne pas ressentir (ex. item 2 : « I try to distract myself when I feel unpleasant emotions », item 6 : « I try to stay busy to keep thoughts or feelings from coming to mind », item 18 : « I try to put my problems out of my mind »).
- La non-acceptation des affects négatifs : Injonctions normatives rejetant l’expérience de la souffrance ou de la tristesse (ex. item 10 : « I tell myself that I shouldn’t have certain thoughts », item 14 : « I tell myself that I shouldn’t feel sad »).
- L’illusion de contrôle et la suppression expérientielle : Volonté rigide de dominer la vie affective plutôt que de l’accueillir avec bienveillance (ex. item 8 : « I wish I could control my emotions more easily », item 20 : tentative de faire disparaître les souvenirs douloureux).
Après inversion du codage lors du calcul des scores, une note élevée sur cette sous-échelle reflète un niveau supérieur d’acceptation inconditionnelle, c’est-à-dire une disposition psychologique à permettre aux événements privés de se manifester tels qu’ils sont, sans tentative futile de les supprimer ou de les modifier prématurément.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre conceptuel de la PHLMS s’inscrit au carrefour des traditions méditatives orientales et de la psychologie clinique contemporaine, plus précisément dans le paradigme des thérapies de troisième vague issues des sciences comportementales et contextuelles (Hayes, Strosahl, & Wilson, 1999).
Sur le plan théorique, les auteurs se sont appuyés sur le modèle opérationnel consensuel élaboré par Bishop et al. (2004). Ce modèle postule que la pleine conscience n’est ni un simple trait de personnalité figé, ni une technique d’illumination spirituelle, mais une compétence psychologique métacognitive articulée en deux composantes dynamiques interdépendantes mais structurellement indépendantes :
- L’auto-régulation de l’attention : Maintien de l’attention sur l’expérience immédiate, favorisant la reconnaissance des événements mentaux dans le moment présent par un processus d’inhibition des élaborations cognitives ruminatives.
- L’orientation vers l’expérience : Posture d’ouverture, de réceptivité bienveillante et de non-défensivité, autorisant chaque sensation ou pensée à émerger sans tentative de contrôle ou d’évitement.
Ce cadre théorique entre en résonance directe avec le modèle de la flexibilité psychologique développé dans l’Acceptance and Commitment Therapy (ACT). Selon Hayes et al. (2004), la psychopathologie est largement maintenue par l’évitement expérientiel, défini comme le refus d’entrer en contact avec des événements intérieurs aversifs (sensations corporelles de panique, affects dépressifs, souvenirs traumatiques) et la mise en œuvre de comportements visant à en modifier la forme ou la fréquence. L’attention sans acceptation se transforme fréquemment en hypervigilance pathologique, un phénomène bien documenté dans les modèles cognitifs de l’anxiété (Clark & Wells, 1995). Inversement, une acceptation authentique requiert une conscience claire de ce qui est présent pour pouvoir être déployée.
En conceptualisant la conscience et l’acceptation comme deux dimensions orthogonales plutôt que corrélées, Cardaciotto et ses collaborateurs ont rompu avec l’hypothèse simpliste selon laquelle toute prise de conscience induirait naturellement de l’acceptation. Leur cadre postule qu’un individu peut posséder un degré élevé de conscience intéroceptive tout en manifestant une non-acceptation extrême, ce qui correspond au tableau typique des troubles anxieux et de l’état de stress post-traumatique.
7. Validité / Validity
Les propriétés psychométriques de la PHLMS ont été initialement validées auprès de plusieurs cohortes diversifiées par Cardaciotto et al. (2008), comprenant des étudiants universitaires (N = 1 106) et des patients consultant en clinique externe de psychiatrie (N = 104). Ces travaux ont été ultérieurement répliqués dans de nombreuses études internationales et transculturelles.
Validité de construit et indépendance des facteurs
L’un des apports majeurs de la validation de la PHLMS réside dans la confirmation de la quasi-indépendance empirique des deux sous-échelles. Dans l’échantillon normatif initial, la corrélation entre le facteur Conscience et le facteur Acceptation était proche de zéro (r = -0,08, non significatif), confirmant que ces deux processus représentent des dimensions psychologiques distinctes et orthogonales, et non les deux versants d’un même facteur général.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des associations robustes et cohérentes avec de multiples construits théoriquement apparentés :
- La sous-échelle Conscience est corrélée positivement et significativement avec l’échelle d’attention et de conscience de la pleine conscience (MAAS, r = 0,33 à 0,42, p < 0,001) et avec la sous-échelle d’observation du Kentucky Inventory of Mindfulness Skills (KIMS ; Baer et al., 2004, r = 0,67, p < 0,001). Elle est également associée à la conscience de soi privée (Private Self-Consciousness ; Fenigstein et al., 1975).
- La sous-échelle Acceptation présente une très forte corrélation négative avec l’évitement expérientiel mesuré par l’Acceptance and Action Questionnaire (AAQ ; Hayes et al., 2004), avec des coefficients atteignant r = -0,60 à -0,71 (p < 0,001), et une corrélation positive élevée avec la dimension « Accepter sans jugement » du KIMS (r = 0,65, p < 0,001).
Validité discriminante et prédictive
La validité différentielle de la PHLMS met en lumière la pertinence de la structure bidimensionnelle face aux indicateurs de détresse psychologique :
- L’Acceptation prédit de manière puissante et négative la dépression mesurée par le Beck Depression Inventory-II (BDI-II, r = -0,48, p < 0,001), l’anxiété générale évaluée par le Beck Anxiety Inventory (BAI, r = -0,44, p < 0,001) et le stress perçu.
- La Conscience, en revanche, n’est pas ou peu corrélée avec la détresse émotionnelle globale (r oscillant entre -0,05 et 0,08, non significatif), mais est positivement associée à l’intelligence émotionnelle perçue, à la clarté émotionnelle (mesurée par la TMMS) et à la curiosité intellectuelle.
Dans les populations cliniques souffrant de troubles des conduites alimentaires ou de troubles borderline, l’acceptation montre un déficit sévère, tandis que la conscience peut se situer dans la moyenne normative, validant l’utilité clinique discriminante de l’outil.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique de la PHLMS a été examinée à travers des estimations rigoureuses de consistance interne et de stabilité temporelle (test-retest).
Consistance interne (Cohérence)
Les études de validation initiales et ultérieures rapportent d’excellents indices de cohérence interne pour les deux dimensions :
- Sous-échelle Conscience (Awareness) : L’alpha de Cronbach (α) s’élève à 0,81 dans le grand échantillon universitaire de développement (Cardaciotto et al., 2008) et à 0,86 dans l’échantillon clinique. Dans les adaptations transculturelles (notamment en versions française, espagnole et allemande), les coefficients rapportés oscillent constamment entre 0,78 et 0,85.
- Sous-échelle Acceptation (Acceptance) : L’alpha de Cronbach s’élève à 0,85 dans l’échantillon d’étudiants et à 0,87 dans l’échantillon clinique de psychiatrie ambulatoire. Dans les études de réplication indépendantes, il demeure généralement compris entre 0,82 et 0,88.
Les corrélations inter-items corrigées se situent toutes à des niveaux satisfaisants (généralement supérieures à 0,40), indiquant une homogénéité remarquable sans redondance sémantique excessive.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon d’étudiants non cliniques réévalués après un intervalle d’une semaine :
- Le coefficient de corrélation test-retest de Pearson pour la sous-échelle Conscience est de r = 0,85 (p < 0,001).
- Le coefficient de corrélation test-retest pour la sous-échelle Acceptation est de r = 0,84 (p < 0,001).
Ces résultats attestent d’une remarquable stabilité des scores en l’absence d’intervention psychothérapeutique ou méditative ciblée, tout en restant sensibles aux modifications induites par les protocoles cliniques de pleine conscience de 8 semaines.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La validation factorielle de la PHLMS a suivi une démarche méthodologique rigoureuse combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyses factorielles confirmatoires (AFC) sur des échantillons indépendants.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de la phase initiale d’élaboration, un pool initial de 104 items potentiels a été administré à un groupe exploratoire. Une analyse en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax) a clairement extrait deux facteurs majeurs expliquant la majeure partie de la variance commune. L’inspection du graphique d’éboulis de Cattell (scree plot) a confirmé sans ambiguïté une solution bidimensionnelle. Les items présentant des saturations croisées élevées (cross-loadings > 0,30) ou des saturations primaires insuffisantes (< 0,40) ont été systématiquement éliminés pour aboutir aux 20 items finaux (10 items par facteur).
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Dans la phase de validation confirmatoire menée sur un échantillon distinct d’étudiants (N = 553) puis reproduite sur l’échantillon clinique (N = 104), plusieurs modèles théoriques concurrents ont été formellement comparés :
- Modèle 1 : Modèle unidimensionnel (un facteur global de pleine conscience intégrant l’ensemble des 20 items).
- Modèle 2 : Modèle bidimensionnel avec deux facteurs corrélés (Conscience et Acceptation).
- Modèle 3 : Modèle bidimensionnel avec deux facteurs orthogonaux (corrélation fixée à 0).
Les résultats ont démontré la supériorité statistique indiscutable du modèle bidimensionnel par rapport au modèle unidimensionnel, ce dernier affichant un ajustement médiocre. Les indices d’ajustement du modèle à deux facteurs étaient remarquablement robustes :
- Chi-deux normé (χ²/ddl) : inférieur à 2,5.
- CFI (Comparative Fit Index) : > 0,92 (échantillon étudiant) et > 0,90 (échantillon clinique).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : > 0,91.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,051 (intervalle de confiance à 90 % : [0,045 ; 0,057]).
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : 0,056.
Toutes les saturations factorielles standardisées (factor loadings) des items sur leur facteur respectif étaient hautement significatives (p < 0,001), variant de 0,45 à 0,78 pour la Conscience, et de 0,51 à 0,81 pour l’Acceptation. La corrélation inter-factorielle estimée dans l’AFC était négligeable (r = -0,03 à -0,07), apportant une confirmation empirique décisive à l’hypothèse de deux dimensions orthogonales indépendantes.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom du test : Philadelphia Mindfulness Scale (PHLMS).
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique auto-rapporté (self-report questionnaire).
- Nombre d’items : 20 items indépendants.
- Structure factorielle :
- Sous-échelle Conscience (Awareness) : 10 items (items 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19).
- Sous-échelle Acceptation (Acceptance) : 10 items (items 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20).
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :
- 1 = Never (Jamais)
- 2 = Rarely (Rarement)
- 3 = Sometimes (Parfois)
- 4 = Often (Souvent)
- 5 = Very often (Très souvent)
- Procédure de cotation et calcul des scores :
- Sous-échelle Conscience : Additionner directement les scores bruts des items 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17 et 19. Le score total de Conscience est compris entre 10 et 50. Un score plus élevé indique une capacité accrue à remarquer les sensations corporelles, les perceptions sensorielles et les pensées dans le moment présent.
- Sous-échelle Acceptation : Tous les items d’acceptation (2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18 et 20) étant rédigés dans le sens d’un évitement expérientiel ou d’une non-acceptation, ils doivent être inversés préalablement au calcul : 1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, et 5 devient 1 (Formule de transformation : Score inversé = 6 – Réponse brute). Le score total d’Acceptation est obtenu en sommant ces 10 items inversés. Le score varie entre 10 et 50. Un score plus élevé reflète un haut niveau d’acceptation sans jugement et une faible propension à l’évitement expérientiel.
- Score global : Les auteurs recommandent formellement de ne pas calculer de score total combiné (somme des 20 items), car la corrélation quasi-nulle entre les deux dimensions rendrait un score unifié conceptuellement vide de sens et trompeur au niveau clinique. Les deux sous-échelles doivent être interprétées séparément.
- Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception originale : 2005 (Dissertation doctorale de LeeAnn Cardaciotto).
- Année de publication princeps : 2008 (revue Assessment).
- Statut des droits et conditions d’utilisation : L’Échelle de pleine conscience de Philadelphie (PHLMS) est un instrument relevant du domaine public académique. Les auteurs autorisent librement et gratuitement son utilisation à des fins de recherche scientifique non commerciale, d’enseignement universitaire et de pratique clinique individuelle.
- Tarification : Accès entièrement gratuit (free of charge). Aucun paiement de redevance ni coût de licence commerciale n’est requis pour reproduire ou administrer le questionnaire dans le cadre d’études universitaires ou de prises en charge thérapeutiques.
- Obligation éthique : Les utilisateurs ont l’obligation légale et académique de citer explicitement l’article original de référence (Cardaciotto et al., 2008) dans toute publication, mémoire, thèse ou communication scientifique exploitant les données issues de la PHLMS.
12. Références / References
- Baer, R. A., Smith, G. T., & Allen, K. B. (2004). Assessment of mindfulness by self-report: The Kentucky Inventory of Mindfulness Skills. Assessment, 11(3), 191–206. https://doi.org/10.1177/1073191104268029
- Bishop, S. R., Lau, M., Shapiro, S., Carlson, L., Anderson, N. D., Carmody, J., Segal, Z. V., Abbey, S., Speca, M., Velting, D., & Devins, G. (2004). Mindfulness: A proposed operational definition. Clinical Psychology: Science and Practice, 11(3), 230–241. https://doi.org/10.1093/clipsy.bph077
- Brown, K. W., & Ryan, R. M. (2003). The benefits of being present: Mindfulness and its role in psychological well-being. Journal of Personality and Social Psychology, 84(4), 822–848. https://doi.org/10.1037/0022-3514.84.4.822
- Buchheld, N., Grossman, P., & Walach, H. (2001). Measuring mindfulness in insight meditation (Vipassana) and meditation-based psychotherapy: The development of the Freiburg Mindfulness Inventory (FMI). Journal for Meditation and Meditation Research, 1(1), 11–34.
- Cardaciotto, L. (2005). Assessing mindfulness: The development of a bi-dimensional measure of awareness and acceptance (Doctoral dissertation, Drexel University). Dissertation Abstracts International, 66(06-B), 3402.
- Cardaciotto, L., Herbert, J. D., Forman, E. M., Moitra, E., & Farrow, V. (2008). The assessment of present-moment awareness and acceptance: The Philadelphia Mindfulness Scale. Assessment, 15(2), 204–223. https://doi.org/10.1177/1073191107311461
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- Fenigstein, A., Scheier, M. F., & Buss, A. H. (1975). Public and private self-consciousness: Assessment and theory. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 43(4), 522–527. https://doi.org/10.1037/h0076760
- Hayes, S. C., Strosahl, K. D., & Wilson, K. G. (1999). Acceptance and commitment therapy: An experiential approach to behavior change. Guilford Press.
- Hayes, S. C., Strosahl, K. D., Wilson, K. G., Bissett, R. T., Pistorello, J., Toarmino, D., Polusny, M. A., Dykstra, T. A., Batten, S. V., Bergan, J., Stewart, S. H., Zvolensky, M. J., Eifert, G. H., Bond, F. W., Forsyth, J. P., Karekla, M., & McCurry, S. M. (2004). Measuring experiential avoidance: A preliminary test of a working model. The Psychological Record, 54(4), 553–578. https://doi.org/10.1007/BF03395493
- Kabat-Zinn, J. (1990). Full catastrophe living: Using the wisdom of your body and mind to face stress, pain, and illness. Delacorte Press.
- Simmons, C. A., & Lehmann, P. (Eds.). (2013). Tools for strengths-based assessment and evaluation. Springer Publishing Company.