Échelle de peur de l’envie

L’Échelle de peur de l’envie (Fear of Envy Scale / FES-GS) développée par Paul Gilbert, Lynn O’Connor et collaborateurs évalue l’inhibition du succès, la culpabilité interpersonnelle et l’angoisse d’éveiller la jalousie d’autrui dans le cadre du rang social et de la dépression.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de peur de l’envie (initialement documentée sous le nom de Fear of Envy Scale, souvent intégrée dans l’évaluation conjointe Fear of Envy Scale and Guilt Scale [FES-GS]) est un instrument psychométrique auto-rapporté conçu pour quantifier l’appréhension éprouvée par un individu à l’idée d’éveiller l’envie, la rancœur ou l’hostilité d’autrui en raison de ses réussites, de ses compétences perçues ou de ses privilèges personnels. Développée dans le cadre des recherches en psychologie évolutionniste et clinique menées notamment par Paul Gilbert et enrichie par les travaux sur la culpabilité interpersonnelle de Lynn E. O’Connor, Jack W. Berry et Joseph Weiss, cette échelle met en lumière les processus de soumission involontaire et d’inhibition sociale associés aux dynamiques de rang social et à la vulnérabilité dépressive.

L’instrument complet présenté comprend 21 items articulés autour de deux composantes interdépendantes : les manifestations directes de la peur de l’envie (items 1 à 10) et les manifestations de la culpabilité interpersonnelle et altruiste ou culpabilité du survivant (items 11 à 21). L’évaluation s’effectue sur une échelle de réponse de type Likert en 5 points allant de 1 (« Très faux pour moi ou fortement en désaccord » / Very untrue of me or strongly disagree) à 5 (« Très vrai pour moi ou fortement d’accord » / Very true of me or strongly agree). Les études psychométriques de référence, notamment publiées dans le Journal of Affective Disorders (O’Connor et al., 2002), attestent d’une consistance interne robuste (coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,78 et 0,86 pour les dimensions respectives), d’une structure factorielle bien individualisée et d’une remarquable validité convergente avec les mesures de dépression, d’anxiété sociale, de soumission comportementale et de culpabilité liée au sentiment de supériorité. Cet instrument constitue une modalité d’évaluation centrale tant pour la recherche empirique sur l’inhibition du succès que pour la psychothérapie centrée sur la compassion (CFT) et les thérapies cognitives et comportementales.

2. Mots-clés / Keywords

Peur de l’envie, culpabilité du survivant, culpabilité interpersonnelle, rang social, soumission involontaire, dépression, psychologie évolutionniste, psychopathologie cognitive, thérapie centrée sur la compassion, psychométrie, évaluation clinique, auto-inhibition.

3. Auteurs / Authors

L’échelle et ses adaptations dérivent des programmes de recherche conjoints conduits par des cliniciens et chercheurs de renommée internationale :

  • Paul Gilbert, Ph.D., FBPsS : Professeur émérite de psychologie clinique à l’Université de Derby (Royaume-Uni), fondateur de la Compassion Focused Therapy (CFT) et directeur du Mental Health Research Unit au Kingsway Hospital de Derby. Ses recherches pionnières ont formalisé l’application des théories évolutionnistes du rang social et de la compétition intraspécifique à la compréhension de la dépression, de la honte et de la soumission. Courriel de contact institutionnel : [email protected].
  • Lynn E. O’Connor, Ph.D. : Professeure et directrice exécutive de l’Emotion, Genetics and Psychopathology Laboratory à The Wright Institute, Berkeley, Californie (États-Unis). Spécialiste de premier plan de l’altruisme pathologique, de la culpabilité empathique et du syndrome de culpabilité du survivant. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Jack W. Berry, Ph.D. : Psychomètre et professeur associé au Département de psychologie de la Samford University, Birmingham, Alabama (États-Unis), spécialiste de l’analyse multivariée appliquée aux émotions morales.
  • Joseph Weiss, M.D. (décédé) : Psychiatre, psychanalyste et cofondateur avec Harold Sampson du San Francisco Psychotherapy Research Group (SFPRG), théoricien de la Control-Mastery Theory qui fournit la matrice conceptuelle de la culpabilité inconsciente liée au fait de surpasser autrui.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Fear of Envy Scale est de mesurer de façon standardisée la peur subjective d’être la cible de l’envie hostile d’autrui et la propension à s’auto-inhiber, à minimiser ses compétences ou à renoncer à des opportunités valorisantes pour éviter d’induire chez les pairs des sentiments d’infériorité, de ressentiment ou d’exclusion sociale. D’un point de vue clinique et théorique, cette échelle permet de lever le voile sur un paradoxe psychopathologique prégnant : pourquoi certains individus manifestent-ils une angoisse aiguë, un retrait comportemental ou une détresse dépressive lorsqu’ils réussissent ou lorsqu’ils jouissent d’une situation favorable ?

Applications en recherche

Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée en psychologie de la personnalité et en psychopathologie expérimentale, l’outil offre une opérationnalisation rigoureuse des concepts de théorie du rang social. Les chercheurs l’utilisent pour examiner comment l’anticipation de représailles sociales ou de rejet par le groupe module l’expression de l’ambition, l’affirmation de soi et l’adoption de stratégies de conciliation involontaires. Il s’agit également d’étudier l’interaction complexe entre empathie dispositionnelle, hyper-responsabilité morale et régulation des émotions affiliatives.

Applications cliniques

En pratique clinique, l’échelle s’avère un outil diagnostique et psychoéducatif précieux :

  • Diagnostic différentiel de l’inhibition du succès : Elle permet d’identifier si l’inhibition professionnelle, académique ou relationnelle résulte d’un déficit d’estime de soi, d’une véritable phobie sociale d’évaluation négative, ou spécifiquement d’une terreur des conséquences destructrices de l’envie des tiers.
  • Thérapie cognitive et thérapie centrée sur la compassion (CFT) : Dans ces approches, le clinicien utilise les scores obtenus pour mettre en évidence les croyances pathogènes inconscientes, telles que l’illusion que le succès individuel prive nécessairement autrui de bien-être (jeu à somme nulle interpersonnel).
  • Prise en charge de la dépression chronique et des troubles anxieux : De nombreux patients souffrant de dépression récurrente présentent des schémas d’auto-sabotage ancrés dans une tentative désespérée de désamorcer l’agressivité potentielle de l’entourage en adoptant une posture subordonnée et inoffensive.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’instrumentation conjointe de la peur de l’envie et de la culpabilité est multidimensionnel, s’articulant autour de la dialectique entre compétition pour le statut et préservation du lien affiliatif.

1. La peur d’éveiller l’envie (Fear of Being Envied)

Ce volet spécifique correspond à la crainte d’être perçu comme supérieur, arrogant ou privilégié, et à l’anticipation subséquente d’une hostilité déguisée ou ouverte de la part des tiers. L’envie d’autrui n’est pas perçue comme un simple compliment implicite, mais comme un signal de danger imminent de représailles ou d’exclusion. Par exemple, l’item 4 (« I think people would secretly resent me if they think I am better off than them ») et l’item 5 (« I play down my abilities in case this makes others envious of me ») mesurent directement cette stratégie d’atténuation tactique. L’individu préfère « jouer petit » (downplaying) pour neutraliser le risque de blesser narcissiquement son entourage.

2. L’appréhension du rejet et la désapprobation liée à l’arrogance

Cette dimension évalue l’anxiété sociale provoquée par l’expression visible de l’assurance ou du succès. Les individus craignent que montrer une confiance légitime soit interprété comme de la prétention ou du mépris (Item 1 : « I fear others will not like me if I show I am too confident » ; Item 2 : « I don’t want others to think I’m a show off or too cocky »). La personne anticipe une rupture du lien d’affection si elle se démarque trop favorablement de la norme groupale.

3. Culpabilité interpersonnelle et culpabilité du survivant (Survivor Guilt)

Directement dérivée des travaux de Lynn O’Connor et Joseph Weiss sur la culpabilité du survivant, cette dimension mesure la croyance erronée et pénible que son propre bonheur, sa sécurité ou son enrichissement se font mécaniquement au détriment d’autrui. Les individus présentant un score élevé sur ces items (ex. Item 11 : « I often worry that my gain may be someone else’s loss » ; Item 18 : « Knowing that there is so much suffering in the world reduces the pleasure I get out of any good fortune that comes my way ») expérimentent une incapacité chronique à savourer leurs réussites, se sentant obligés de redistribuer compulsivement leurs ressources ou de s’auto-punir par solidarité empathique dérégulée.

4. Altruisme auto-sacrificiel et sous-affirmation protectrice

Cette composante capture l’inclination à capituler face aux désirs d’autrui ou à sacrifier ses propres aspirations fondamentales pour préserver le confort psychologique des pairs (Item 13 : « I’d rather avoid hurting someone than stand up for my rights » ; Item 16 : « I would give up on what I wanted to do if I thought that to continue would make others unhappy »). Elle traduit une posture de déférente soumission conçue comme un devoir moral plutôt que comme un simple déficit comportemental.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle de peur de l’envie et de culpabilité repose sur une synthèse théorique intégrative articulant l’approche évolutionniste des bio-comportements sociaux et la théorie cognitive-psychanalytique de la régulation des croyances relationnelles.

La théorie évolutionniste du rang social de Paul Gilbert

Dans la perspective de la psychologie évolutionniste développée par Paul Gilbert, les êtres humains possèdent des systèmes archaïques dédiés à la négociation des hiérarchies de dominance et de rang (Social Attention Holding Power ou SAHP). Si l’accès à un rang élevé offre des privilèges adaptatifs, il expose simultanément l’individu à des défis constants, à la coalition des subordonnés mécontents et à l’agressivité de ceux qui se sentent déclassés. Pour survivre au sein du groupe, les organismes ont développé des mécanismes d’inhibition comportementale et de signalement de soumission (Involuntary Subordinate Defeat Strategy). La peur de l’envie fonctionne dès lors comme un système d’alarme : elle signale au sujet dominant qu’il est en train de franchir un seuil critique où son succès menace la cohésion du groupe ou humilie ses pairs, déclenchant des stratégies préventives d’auto-abaissement pour maintenir l’inclusion sociale.

La Control-Mastery Theory de Joseph Weiss et Harold Sampson

Sur le plan psychodynamique et cognitif, l’instrument s’ancre profondément dans la Control-Mastery Theory (Weiss, 1993). Cette théorie postule que les psychopathologies émergent souvent de « croyances pathogènes inconscientes » acquises dans l’enfance en réaction aux traumatismes relationnels. Parmi ces croyances, la culpabilité interpersonnelle joue un rôle prépondérant, en particulier :

  • La culpabilité du survivant : La conviction qu’être plus heureux, en meilleure santé ou plus accompli que les membres de sa famille ou de son groupe de référence est un acte de trahison destructeur.
  • La culpabilité de séparation : La terreur qu’accéder à l’indépendance ou à l’épanouissement personnel abandonne les proches dans la détresse.

Lynn O’Connor a brillamment démontré que cette culpabilité empathique, bien qu’enracinée dans des systèmes pro-sociaux hautement prosociaux d’altruisme et de compassion, devient source d’effondrement dépressif lorsqu’elle prend une tournure absolutiste et omnipotente.

7. Validité / Validity

Les propriétés métriques de la FES et de ses échelles associées ont été évaluées auprès de cohortes cliniques (patients souffrant d’épisodes dépressifs majeurs unifactoriels ou récurrents) et d’échantillons communautaires non cliniques (étudiants et adultes tout-venant), démontrant des qualités de validité remarquables.

Validité de construit

La validité de construit est étayée par des corrélations fortes et théoriquement congruentes entre les scores de peur de l’envie et les échelles mesurant le comportement de soumission involontaire (Submissive Behavior Scale de Gilbert et Allan, $r = 0,45$ à $0,58$, $p < 0,001$) ainsi que la honte intériorisée mesurée par l'Experience of Shame Scale ($r = 0,40$ à $0,52$, $p < 0,001$). Les participants qui craignent le plus d'éveiller l'envie sont précisément ceux qui manifestent le plus de conduites d'évitement affirmé et de docilité stratégique.

Validité convergente et corrélations cliniques

Dans l’étude princeps de référence menée par O’Connor, Berry, Weiss et Gilbert (2002) publiée dans le Journal of Affective Disorders, la peur de l’envie et la culpabilité interpersonnelle présentent des corrélations positives statistiquement très significatives avec les symptômes dépressifs évalués par le Beck Depression Inventory (BDI) :

  • Corrélation entre Peur de l’envie et BDI : $r = 0,38$ à $0,46$ ($p < 0,001$).
  • Corrélation entre Culpabilité du survivant et BDI : $r = 0,44$ à $0,53$ ($p < 0,001$).
  • Corrélations élevées avec les mesures de rumination auto-critique et le sentiment de piège social (Defeat and Entrapment).

Validité discriminante

La validité discriminante est confirmée par le fait que la peur de l’envie se distingue nettement de la simple timidité ou de l’introversion sociale générale : elle n’est pas corrélée de manière significative avec les dimensions d’amabilité du Big Five lorsqu’on contrôle l’anxiété névrotique, démontrant qu’elle ne mesure pas une simple gentillesse relationnelle mais bien une dynamique spécifique d’inhibition par anxiété d’hostilité en miroir.

8. Fidélité / Reliability

L’instrument démontre des indices de consistance interne et de reproductibilité temporelle solides dans l’ensemble des études empiriques disponibles :

  • Consistance interne (Alpha de Cronbach) :
    • Pour la sous-échelle Fear of Envy (items 1 à 10) : $\alpha = 0,81$ à $0,86$ selon les échantillons (cliniques et non-cliniques).
    • Pour la sous-échelle Guilt (items 11 à 21) : $\alpha = 0,78$ à $0,84$.
    • Pour l’instrument global combiné (21 items) : $\alpha = 0,87$ à $0,89$, attestant d’une excellente cohérence d’ensemble.
  • Fidélité test-retest : Les analyses de stabilité temporelle réalisées sur des intervalles de 4 à 6 semaines auprès d’échantillons universitaires indiquent un coefficient de corrélation intra-classe (ICC) compris entre 0,74 et 0,81, témoignant d’une stabilité digne d’une variable de type trait de personnalité émotionnelle plutôt que d’un simple état transitoire.
  • Corrélations moyennes inter-items : Les corrélations inter-items se situent dans la fourchette recommandée par Briggs et Cheek (0,20 à 0,45), écartant ainsi tout risque de redondance tautologique entre les propositions formulées.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) conduites sur la matrice des 21 items ont permis de dégager et de conforter une architecture bi-factorielle bien délimitée, tout en révélant une organisation hiérarchique sous-jacente.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors d’une extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin), deux facteurs majeurs émergent systématiquement avec des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,5, expliquant ensemble plus de 46 % de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 : Peur d’éveiller l’envie et auto-inhibition compétitive (Items 1 à 10) : Les saturations factorielles pour ce facteur s’échelonnent de 0,48 à 0,79. Les items les plus saturants sont l’item 4 (« I think people would secretly resent me… ») et l’item 5 (« I play down my abilities… »). L’item 9 présente parfois une double saturation mineure en raison de sa tonalité d’indignité personnelle.
  • Facteur 2 : Culpabilité altruiste et responsabilité interpersonnelle (Items 11 à 21) : Les saturations s’échelonnent de 0,42 à 0,76. L’item 11 (« I often worry that my gain may be someone else’s loss ») et l’item 18 (« Knowing that there is so much suffering… ») constituent les ancres structurales de ce pôle. L’item 12 présente une saturation inversée cohérente avec son libellé assertif.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modèles d’équations structurelles confirmatoires indiquent que le modèle à deux facteurs corrélés ($r \approx 0,42$) présente un ajustement significativement supérieur à un modèle unidimensionnel :

  • $chi^2/dl < 2,3$
  • Comparative Fit Index (CFI) $ge 0,93$
  • Tucker-Lewis Index (TLI) $ge 0,91$
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $le 0,058$ [IC 90% : 0,049 – 0,067]
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) $le 0,052$

Ces indices confirment que, bien que la peur de l’envie et la culpabilité interpersonnelle partagent un tronc commun de vulnérabilité prosociale dérégulée, elles représentent deux dimensions psychopathologiques distinctes méritant une cotation séparée.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé administrable sur support papier ou par voie numérique.

  • Nom complet de l’instrument : Fear of Envy Scale and Guilt Scale (FES-GS) / Échelle de peur de l’envie et échelle de culpabilité.
  • Format d’administration : Auto-évaluation individuelle (papier-crayon ou informatique).
  • Durée moyenne de passation : Environ 5 à 8 minutes.
  • Nombre total d’items : 21 items.
  • Organisation des dimensions :
    • Items 1 à 10 : Peur de l’envie (Fear of Envy Scale – FES).
    • Items 11 à 21 : Culpabilité interpersonnelle et altruiste (Guilt items).
  • Échelle de réponse (Format de cotation à 5 points) :
    • 1 = Very untrue of me or strongly disagree (Très faux pour moi ou fortement en désaccord)
    • 2 = Not true of me or disagree (Faux pour moi ou en désaccord)
    • 3 = Sometimes true‚ sometimes not true or undecided (Parfois vrai, parfois faux ou indécis)
    • 4 = True of me or agree (Vrai pour moi ou d’accord)
    • 5 = Very true of me or strongly agree (Très vrai pour moi ou fortement d’accord)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Le score de la sous-échelle Peur de l’envie s’obtient par la somme directe des items 1 à 10 (amplitude de 10 à 50).
    • Le score de la sous-échelle Culpabilité s’obtient par la somme des items 11 à 21 (amplitude de 11 à 55). À noter que l’item 12 (« Sometimes, in order to get on, you have to take the risk of hurting others ») est généralement inversé lors du calcul global ou traité comme un item discriminant d’assertivité non inhibée.
    • Un score total global peut être obtenu en sommant l’ensemble des 21 items (amplitude théorique de 21 à 105), les scores les plus élevés reflétant une inhibition sociale et une culpabilité interpersonnelle sévères.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de diffusion académique : 2002 (dans sa publication combinée de référence au sein du Journal of Affective Disorders). Les travaux originaux de Gilbert sur le rang social et d’O’Connor sur l’Interpersonal Guilt Questionnaire (IGQ) remontent respectivement à la fin des années 1990.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’échelle est disponible pour une utilisation libre dans le cadre de la recherche scientifique non commerciale et de l’enseignement académique (Open Access for Research). Les praticiens et chercheurs sont invités à citer formellement les auteurs originaux (Gilbert, O’Connor, Berry & Weiss, 2002).
  • Frais d’utilisation : Gratuit (aucun coût de licence pour la recherche universitaire ou l’usage clinique individuel).
  • Origine institutionnelle : Unité de recherche en santé mentale de l’Université de Derby (www.derby.ac.uk) et The Wright Institute, Berkeley.

12. Références / References

Les publications fondatrices et validations psychométriques de référence sont les suivantes :

  • Gilbert, P. (1992). Depression: The Evolution of Powerlessness. Lawrence Erlbaum Associates / Psychology Press.
  • Gilbert, P. (2000). The relationship of shame, social anxiety and depression: The role of the evaluation of social rank. Clinical Psychology & Psychotherapy, 7(3), 174–189. https://doi.org/10.1111/j.2044-8260.1994.tb01125.x
  • O’Connor, L. E., Berry, J. W., & Weiss, J. (1999). Interpersonal guilt, shame, and psychological problems. Journal of Social and Clinical Psychology, 18(2), 181–203. https://doi.org/10.1521/jscp.1999.18.2.181
  • O’Connor, L. E., Berry, J. W., Weiss, J., & Gilbert, P. (2002). Guilt, fear, submission, and empathy in depression. Journal of Affective Disorders, 71(1-3), 19–27. https://doi.org/10.1016/S0165-0327(01)00407-3
  • Weiss, J. (1993). How Psychotherapy Works: Process and Technique. Guilford Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale:

1 = Very untrue of me or strongly disagree

2 = Not true of me or disagree

3 = Sometimes true‚ sometimes not true or undecided

4 = True of me or agree

5 = Very true of me or strongly agree

  1. I fear others will not like me if I show I am too confident
  2. I don’t want others to think I’m a show off or too cocky
  3. People who have a lot are usually seen as selfish
  4. I think people would secretly resent me if they think I am better off than them
  5. I play down my abilities in case this makes others envious of me
  6. I don’t like to be seen as special in case others resent me for it
  7. People would not like me if they thought my life had been‚ or was much easier than theirs.
  8. If I show I am too confident this might show others up and be hurtful to them
  9. I often wonder if I deserve good things
  10. It can be hurtful to people to know they are not as talented as other people
  11. I often worry that my gain may be someone else’s loss
  12. Sometimes‚ in order to get on‚ you have to take the risk of hurting others
  13. I’d rather avoid hurting someone than stand up for my rights
  14. If I could help others I would‚ even if others around me thought I was silly or wasting my time
  15. Caring for others is more important to me than getting on
  16. I would give up on what I wanted to do if I thought that to continue would make others unhappy
  17. I often feel sad when I see others suffering and wish I could do more to help
  18. Knowing that there is so much suffering in the world reduces the pleasure I get out of any good fortune that comes my way
  19. If I won a fortune on the lottery‚ I would feel guilt unless I could do good work with it and give a lot of it away
  20. I can’t understand how people with a lot of money are not motivated to give to the less fortunate
  21. I am prone to feel guilt if I secretly keep things I have got to myself
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Looti, M. (2026, octobre 9). Échelle de peur de l’envie. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-peur-de-lenvie/
Looti, Mohammed. “Échelle de peur de l’envie.” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-peur-de-lenvie/.
Looti, Mohammed. “Échelle de peur de l’envie.” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-peur-de-lenvie/.