Échelle de pertinence publicitaire (ARS)

L’Échelle de pertinence publicitaire (ARS) mesure la mesure dans laquelle un consommateur perçoit une publicité comme signifiante, appropriée, utile et porteuse de valeur. Associée à l’échelle de divergence, elle constitue le pilier du modèle bifactoriel de la créativité publicitaire.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de pertinence publicitaire (couramment désignée sous l’acronyme ARS pour Ad Relevance Scale), initialement conceptualisée sous la dénomination de pertinence de l’annonce pour le consommateur (ad-to-consumer relevance) par Smith, MacKenzie, Yang, Buchholz et Darley (2007), puis enrichie et désignée sous le terme de significativité ou valeur perçue (meaningfulness) par Lehnert, Till et Ospina (2014), constitue un instrument psychométrique fondamental en marketing, en communication persuasive et en psychologie du consommateur. Cette échelle vise à quantifier avec précision le degré selon lequel un individu perçoit une communication publicitaire comme étant personnellement signifiante, appropriée, utile et porteuse d’une valeur intrinsèque. Conjointement à l’échelle de divergence publicitaire (Ad Divergence Scale), l’ARS forme la clé de voûte du modèle bifactoriel canonique de la créativité publicitaire, postulant qu’une annonce publicitaire ne saurait être qualifiée d’authentiquement créative sans la conjonction harmonieuse d’une rupture cognitive par rapport aux normes établies (la divergence) et d’un ancrage fonctionnel ou affectif solide répondant aux attentes et aux besoins de la cible (la pertinence).

Sur le plan structural, l’instrument évalue la pertinence perçue à travers un ensemble d’items unidimensionnels ou bidimensionnels selon les déclinaisons méthodologiques : la pertinence centrée sur le message publicitaire lui-même (ad-to-consumer relevance) et la pertinence liant la marque au récepteur (brand-to-consumer relevance). Les évaluations s’effectuent classiquement à l’aide d’échelles de type Likert en sept points allant de « Fortement en désaccord » à « Fortement d’accord », ou par l’entremise de différentiateurs sémantiques bipolaires. D’un point de vue psychométrique, l’ARS bénéficie d’une validité de construit robuste et d’une remarquable fidélité interne, matérialisée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant continuellement entre 0,85 et 0,94 au fil des réplications empiriques. L’analyse factorielle confirmatoire démontre systématiquement une discrimination nette entre la dimension de pertinence et les facettes constitutives de la divergence (originalité, flexibilité, élaboration, synthèse, valeur artistique), faisant de l’ARS une référence méthodologique incontournable pour les chercheurs et les praticiens désireux de mesurer l’efficacité persuasive des campagnes promotionnelles contemporaines.

2. Mots-clés / Keywords

Pertinence publicitaire, créativité publicitaire, psychologie du consommateur, modèle bifactoriel de la créativité, traitement de l’information, persuasion, attitude envers la publicité, valeur perçue, efficacité publicitaire, psychométrie, comportement du consommateur, communication marketing.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue, formalisée et validée à l’origine par une équipe de chercheurs de premier plan en sciences de gestion et en marketing :

  • Robert E. Smith : Professeur émérite de marketing à la Kelley School of Business, Indiana University, Bloomington, États-Unis. Spécialiste reconnu des processus de traitement cognitif de l’information publicitaire et des mécanismes d’influence créative. Courriel : [email protected].
  • Scott B. MacKenzie : Professeur émérite titulaire de la chaire Neal Gilliatt de marketing à la Kelley School of Business, Indiana University, Bloomington, États-Unis. Figure majeure de la modélisation des attitudes et des équations structurelles en comportement du consommateur. Courriel : [email protected].
  • Xiaojing Yang : Professeur de marketing à l’Heider College of Business, Creighton University (anciennement à l’Université de Wisconsin-Milwaukee), États-Unis. Ses travaux portent sur l’impact de la créativité et de la saillance perceptuelle sur le jugement du consommateur.
  • Laura M. Buchholz : Spécialiste de la communication marketing et consultante en stratégie publicitaire.
  • William K. Darley : Professeur de marketing au College of Business, University of Toledo, États-Unis. Spécialiste des réponses affectives et cognitives à la persuasion commerciale.

Des prolongements théoriques et des adaptations psychométriques majeures ont ensuite été introduits par Kevin D. Lehnert (Valparaiso University), Brian D. Till (Marquette University) et Colleen Ospina (Saint Louis University) en 2014, ayant affiné le construit sous l’appellation de meaningfulness.

4. Objectif / Purpose

L’objectif central de l’Échelle de pertinence publicitaire est de mesurer de manière objective, standardisée et reproductible l’intensité avec laquelle un message publicitaire établit une connexion significative, appropriée et utile avec l’individu qui y est exposé. Historiquement, le monde professionnel de la publicité ainsi que les premiers modèles académiques de la communication avaient tendance à assimiler de façon erronée la créativité à la simple extravagance, à la nouveauté disruptive ou à la bizarrerie esthétique. Cette conception réductionniste omettait un principe cardinal de la psychologie cognitive : une communication persuasive ne peut infléchir les représentations mentales, l’évaluation de marque ou les intentions comportementales si elle est perçue par le récepteur comme dénuée de sens, futile ou déconnectée de ses préoccupations fondamentales.

En développant cette échelle, Smith et ses collaborateurs (2007) ont formalisé le fait que la créativité publicitaire est intrinsèquement téléologique. Contrairement à l’art pur, qui peut exister pour lui-même sans obligation de signifier quoi que ce soit d’utilitaire pour le spectateur, la publicité commerciale poursuit une finalité transactionnelle ou relationnelle. Par conséquent, la pertinence publicitaire sert d’ancrage logique et fonctionnel au message. Sans pertinence, une annonce dotée d’une très forte divergence risque d’engendrer de la confusion, du rejet, du scepticisme ou un simple divertissement passif où le consommateur mémorise une intrigue comique ou visuelle spectaculaire sans jamais associer le bénéfice proposé au produit ou à la marque annonceuse (phénomène d’attrition du souvenir de marque ou vampire effect).

Dans le domaine de la recherche académique, l’échelle remplit une fonction heuristique essentielle :

  • Elle permet d’opérationnaliser le second pilier du modèle d’évaluation de la créativité et d’étudier les effets d’interaction multiplicative ou additive entre la divergence et la pertinence sur les temps d’attention visuelle, l’effort cognitif consenti et les voies de traitement de l’information (voie centrale versus voie périphérique).
  • Elle sert de variable médiatrice ou modératrice cruciale dans l’étude des théories de la persuasion, notamment en clarifiant comment le cadrage du message influence la perception de valeur utilitaire ou hédonique du consommateur.
  • Elle fournit un outil d’étalonnage rigoureux pour tester la congruence conceptuelle entre l’identité de marque et le scénario créatif déployé.

Sur le plan des applications appliquées et professionnelles, l’ARS s’avère un instrument de prédilection lors des phases de pré-test publicitaire (copy testing) et de post-campagne. Les annonceurs et les agences de communication l’utilisent pour diagnostiquer la résonance du concept créatif auprès du cœur de cible. Si un pré-test révèle un score de divergence exceptionnellement élevé couplé à un score d’ARS médiocre, les stratèges peuvent immédiatement anticiper un échec de transmission du bénéfice consommateur et réorienter l’axe de communication avant d’engager des investissements médias massifs. L’ARS permet ainsi d’arbitrer rationnellement entre l’originalité artistique et l’efficacité marchande.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique de la pertinence publicitaire renvoie à l’évaluation cognitive par laquelle le consommateur juge que les stimuli présentés dans l’annonce sont applicables, importants, appropriés et bénéfiques pour sa propre personne ou pour la résolution de ses problèmes quotidiens. Ce construit s’enracine dans la psychologie de la pertinence telle que théorisée par Sperber et Wilson dans leur théorie pragmatique de la communication, postulant qu’un individu alloue des ressources d’attention à un stimulus dans la mesure exacte où ce stimulus génère un effet cognitif positif en échange d’un effort de traitement minimal.

Dans l’opérationnalisation canonique de Smith et al. (2007), la pertinence publicitaire est appréhendée à travers deux sous-dimensions interdépendantes mais conceptuellement distinctes :

1. La pertinence de l’annonce pour le consommateur (Ad-to-Consumer Relevance)

Cette composante désigne la mesure dans laquelle l’exécution globale de l’annonce, son ton, son atmosphère, ses personnages et son scénario résonnent directement avec la vie personnelle, les valeurs, les normes culturelles et le style de vie du spectateur. Elle englobe quatre facettes psychologiques primordiales :

  • La significativité (Meaningfulness) : L’annonce possède un sens profond, intelligible et substantiel pour l’individu, par opposition à une communication superficielle, vide ou absurde. Par exemple, une publicité mettant en scène les tourments d’un parent conciliant télétravail et garde d’enfants prendra une signification intense pour un cadre familial vivant cette réalité.
  • L’adéquation situationnelle (Appropriateness) : Le registre employé et les situations représentées sont considérés comme parfaitement ajustés au contexte social et aux attentes du récepteur. Une communication faisant preuve d’empathie lors d’une crise sanitaire ou économique illustre un niveau élevé d’adéquation.
  • L’utilité perçue (Usefulness) : Le message apporte une information concrète, pratique ou une perspective nouvelle susceptible d’aider le consommateur dans sa prise de décision quotidienne.
  • La valeur personnelle (Value to me) : Le sentiment subjectif que le temps passé à visionner ou décoder la publicité a constitué un investissement cognitif rentable, enrichissant ou valorisant.

2. La pertinence de la marque pour le consommateur (Brand-to-Consumer Relevance)

Bien que certains chercheurs utilisent l’ARS dans une acception strictement focalisée sur l’exécution du message, le modèle complet intègre la relation d’adéquation entre la marque promue et les besoins du récepteur. Cette sous-dimension capture l’évaluation selon laquelle la marque annoncée fournit des solutions tangibles ou symboliques aux motivations de l’individu. Elle évalue si le produit s’intègre harmonieusement dans les routines d’usage du consommateur et s’il satisfait ses aspirations identitaires. Une annonce peut être jugée divertissante et compréhensible (pertinence d’exécution) tout en échouant à démontrer la pertinence intrinsèque de la marque, ce qui limiterait drastiquement le passage à l’acte d’achat.

Dans les travaux ultérieurs de Lehnert, Till et Ospina (2014), le construit de pertinence a été requalifié sous le concept unifié de « significativité » (meaningfulness), mettant l’accent sur la capacité du message à susciter une réponse interprétative gratifiante. Dans ce cadre, la pertinence n’est pas uniquement fonctionnelle ; elle peut être émotionnelle, morale ou identitaire, pourvu qu’elle permette au consommateur de tisser un lien logique et affectif entre le contenu du message et sa propre subjectivité.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le soubassement théorique de l’Échelle de pertinence publicitaire repose sur l’intersection de trois courants majeurs de la psychologie cognitive, de la psychologie sociale de la communication et des théories du marketing :

1. Le modèle bifactoriel de la créativité

Depuis les travaux fondateurs de psychologues tels que J. P. Guilford (1950) et E. P. Torrance (1966) sur la pensée divergente, la créativité est unanimement définie par le consensus scientifique à travers deux critères conjoints : la nouveauté (ou originalité/divergence) et l’utilité (ou pertinence/adéquation). Appliqué au champ publicitaire par Smith et al. (2007), ce cadre postule qu’un message diverge des schémas conventionnels par sa flexibilité, son élaboration ou sa rareté statistique, mais qu’il doit impérativement compenser cette rupture par une pertinence éclatante. Si la divergence attire l’attention involontaire en créant une incongruence perceptuelle (orienting reflex), la pertinence est indispensable pour résoudre cette énigme cognitive, conférer du sens au message et générer une attitude favorable.

2. La théorie de la pertinence de Sperber et Wilson

Issue de la linguistique pragmatique et des sciences cognitives, la théorie de la pertinence (Sperber & Wilson, 1986/1995) postule que le système cognitif humain a évolué de manière à maximiser l’efficience de traitement : les individus orientent spontanément leur attention vers les stimuli qui promettent le maximum d’effets cognitifs positifs (clarification, confirmation, correction de croyances) en minimisant l’effort mental requis. Dans le cadre de l’ARS, lorsqu’une publicité présente une forte divergence sans pertinence claire, l’effort cognitif réclamé au consommateur s’avère trop lourd au regard des gains informationnels espérés ; le récepteur abandonne le décodage et développe une attitude négative envers l’annonce. Au contraire, un haut niveau de pertinence garantit que l’effort consenti pour comprendre la créativité débouche sur une satisfaction cognitive et une valorisation du contenu.

3. Les modèles de traitement de l’information et de persuasion

L’ARS s’articule directement avec le Modèle de Probabilité d’Élaboration (Elaboration Likelihood Model ou ELM) de Petty et Cacioppo (1986) et le modèle heuristique-systématique de Chaiken. Selon l’ELM, la pertinence personnelle (personal relevance) constitue le déterminant primaire de la motivation à élaborer cognitivement un message persuasif. Lorsque le consommateur juge les arguments ou les images pertinents pour ses besoins actuels, la probabilité d’élaboration augmente, orientant le traitement vers la voie centrale. Ce traitement approfondi génère des attitudes plus stables, résistantes au changement et prédictives des comportements effectifs. L’ARS mesure précisément cette propension du message à enclencher un traitement central et réfléchi plutôt qu’une réaction périphérique éphémère.

7. Validité / Validity

L’accumulation de données empiriques issues des travaux de Smith et al. (2007), de Lehnert et al. (2014) et de nombreuses réplications internationales atteste de la remarquable qualité métrologique de l’échelle de pertinence publicitaire à travers de multiples formes de validité :

Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu a été initialement établie au moyen d’un processus rigoureux d’élicitation d’items auprès d’experts en psychométrie, de professeurs de publicité et de directeurs artistiques d’agences internationales. Ces panels ont validé que les assertions de l’ARS couvraient l’intégralité du domaine sémantique de l’adéquation, de la significativité et de la valeur instrumentale du message, sans contamination par des concepts limitrophes tels que l’esthétique pure ou l’originalité formelle.

Validité convergente

La validité convergente de l’ARS a été largement confirmée par les techniques de modélisation par équations structurelles (SEM). Les saturations factorielles standardisées de chaque item sur leur facteur théorique de pertinence excèdent de manière constante le seuil conventionnel de 0,70 (variant la plupart du temps entre 0,78 et 0,91, p < 0,001). De surcroît, la Variance Moyenne Extraite (Average Variance Extracted, AVE) surpasse systématiquement 0,65, bien au-delà de la norme établie de 0,50, démontrant qu’une part prépondérante de la variance observée est imputable au construit latent de pertinence.

Validité discriminante

La distinction empirique entre la pertinence et les autres composantes de la créativité publicitaire constitue l’une des forces majeures de l’instrument. En appliquant le critère strict de Fornell et Larcker (1981), la racine carrée de l’AVE du facteur de pertinence s’est révélée systématiquement supérieure à toutes les corrélations inter-facteurs partagées avec les cinq dimensions de la divergence publicitaire (originalité, flexibilité, élaboration, synthèse, valeur artistique), où les corrélations se situent généralement dans une fourchette modérée de r = 0,25 à r = 0,48. Les tests de comparaison de modèles (emboîtés versus non-emboîtés) démontrent qu’un modèle fixant la corrélation entre divergence et pertinence à l’unité (modèle unidimensionnel) subit une dégradation statistique hautement significative du Chi-deux (Δχ², p < 0,0001), confirmant sans équivoque l’indépendance conceptuelle et métrologique de la pertinence.

Validité prédictive et nomologique

L’ARS présente une capacité prédictive exceptionnelle quant aux retombées affectives, cognitives et conatives de la publicité. Les modèles d’équations structurelles montrent que des scores élevés sur l’ARS prédisent positivement :

  • L’attitude envers la publicité (Aad) : coefficients de régression standardisés β variant de 0,42 à 0,61 (p < 0,001).
  • L’attitude envers la marque (Ab) : effets directs et indirects substantiels (β = 0,35 à 0,52).
  • L’intention d’achat du produit promu (β = 0,28 à 0,45).
  • La mémorisation explicite de la marque : la pertinence atténue significativement l’effet distracteur d’une divergence extrême, facilitant l’encodage mnésique à long terme.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique de l’Échelle de pertinence publicitaire a fait l’objet d’évaluations exhaustives au travers d’échantillons diversifiés totalisant plusieurs milliers de répondants, tant dans des contextes de laboratoire contrôlés que dans des études de terrain à grande échelle.

Cohérence interne

La consistance interne de l’instrument est particulièrement élevée :

  • Dans l’étude princeps de Smith, MacKenzie, Yang, Buchholz et Darley (2007), le coefficient alpha de Cronbach (α) pour la sous-échelle de pertinence de l’annonce envers le consommateur (ad-to-consumer relevance) atteignait 0,89, tandis que la pertinence marque-consommateur atteignait 0,91.
  • Dans les travaux d’extension menés par Lehnert, Till et Ospina (2014) sur un panel élargi de stimulations publicitaires télévisuelles et imprimées, l’alpha de Cronbach de la dimension « meaningfulness » s’est élevé à 0,92.
  • L’indice de fiabilité composite (Composite Reliability ou indice de Jöreskog / rhô de Dillon-Goldstein) dépasse constamment la valeur de 0,88, confirmant l’absence totale de redondance inutile tout en garantissant une homogénéité optimale des items.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent régulièrement entre 0,72 et 0,86, chaque item contribuant de manière équilibrée à la captation du construit.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Bien que l’évaluation d’un stimulus publicitaire soit par nature vulnérable aux effets d’usure (wear-out) ou d’apprentissage lors d’une exposition répétée, les protocoles de fidélité test-retest administrés à un intervalle de 14 jours auprès de groupes témoins (utilisant des publicités neutres non familières) ont attesté de coefficients de corrélation intra-classe (ICC) compris entre 0,81 et 0,87. Cette stabilité démontre que l’ARS mesure des schémas d’appréciation cognitivo-évaluative stables et structurés, et non des jugements aléatoires ou purement impulsifs.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations factorielles, qu’elles soient de nature exploratoire (AFE) ou confirmatoire (AFC), ont joué un rôle déterminant dans l’acceptation méthodologique de l’ARS au sein de la communauté scientifique.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors des premières phases de validation empirique, les matrices d’inter-corrélations des items ont été soumises à des analyses factorielles en composantes principales suivies de rotations obliques (Promax ou Oblimin direct), en raison de l’interdépendance théorique attendue entre les composantes de la créativité. Les résultats ont invariablement révélé :

  • L’émergence claire d’un facteur distinct dédié à la pertinence, répondant au critère de Kaiser (valeurs propres initiales nettement supérieures à 1,0, oscillant généralement entre 3,2 et 4,8 selon le nombre d’items candidats) et confirmé par le test du coude de Cattell (scree plot).
  • L’absence totale de saturations croisées (cross-loadings) problématiques : les items de l’ARS saturent massivement sur leur facteur assigné (> 0,75) avec des saturations secondaires sur les facteurs de divergence demeurant résiduelles (< 0,20).
  • Une variance totale expliquée par la composante de pertinence oscillant entre 22 % et 34 % de la variance globale du système d’évaluation de la créativité publicitaire.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modélisations confirmatoires exécutées sous les logiciels LISREL, AMOS ou le package lavaan sous R corroborent l’adéquation exemplaire du modèle factoriel théorique avec les matrices de données réelles. Dans l’architecture standard à deux facteurs de second ordre (Divergence et Pertinence) régissant le construit de créativité globale, les indices statistiques d’ajustement respectent scrupuleusement les recommandations méthodologiques les plus strictes :

  • Chi-deux normé : χ² / ddl compris entre 1,45 et 2,30 (largement en-deçà du seuil critique de 3,00).
  • CFI (Comparative Fit Index) : valeurs oscillant régulièrement entre 0,96 et 0,99.
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : valeurs comprises entre 0,95 et 0,98.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : indices compris entre 0,035 et 0,052, accompagnés d’un intervalle de confiance à 90 % dont la borne supérieure reste inférieure à 0,07.
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : scores constamment inférieurs à 0,040.

Les saturations factorielles standardisées (λ) pour les quatre items principaux de l’ARS s’établissent classiquement comme suit : significativité (λ ≈ 0,84), pertinence personnelle (λ ≈ 0,89), adéquation (λ ≈ 0,81) et valeur perçue (λ ≈ 0,86). L’ensemble de ces indices démontre une parcimonie et une robustesse structurale remarquables à travers des stimuli publicitaires variés (presse, affichage, télévision, bannières Web et réseaux sociaux).

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle de pertinence publicitaire est un questionnaire psychométrique auto-rapporté, conçu pour une passation rapide et non intrusive consécutivement à l’exposition à un stimulus publicitaire donné (vidéo, visuel imprimé, spot audio ou support digital interactif).

  • Type de test : Instrument psychométrique d’évaluation cognitive et d’attitude auto-administré (self-report measure).
  • Format : Papier-crayon ou administration électronique informatisée (ordinateurs, tablettes, smartphones).
  • Nombre d’items :
    • Version standard d’exécution (Ad-to-Consumer Relevance) : 4 items fondamentaux.
    • Version étendue complète (Smith et al., 2007) : 8 items (4 items pour la pertinence de l’annonce + 4 items pour la pertinence de la marque).
    • Version abrégée / significativité (Lehnert et al., 2014) : 3 items ciblés.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 points (1 = « Fortement en désaccord » [Strongly Disagree] à 7 = « Fortement d’accord » [Strongly Agree]) ou échelles à différentiateur sémantique bipolaire en 7 points (ex. « Dénué de sens / Plein de sens », « Inapproprié / Approprié »).
  • Durée de passation : Moins de 2 minutes pour la batterie d’items de pertinence.
  • Cotation et calcul des scores :
    • L’instrument ne comprend aucun item inversé dans sa formulation originale de 4 items.
    • Le score global de pertinence publicitaire est obtenu par le calcul de la moyenne arithmétique simple des items validés (score s’étendant de 1,00 à 7,00).
    • Un score moyen égal ou supérieur à 5,5 indique un niveau élevé de résonance et d’adéquation perçue ; un score compris entre 3,5 et 5,4 traduit une pertinence modérée ou neutre ; un score inférieur à 3,5 signale un déficit majeur d’ancrage fonctionnel ou relationnel.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2007 (dans l’article fondateur de Marketing Science), avec des prolongements majeurs en 2013 et 2014.
  • Détenteurs des droits : INFORMS (Institute for Operations Research and the Management Sciences) pour la publication princeps dans la revue Marketing Science, et les auteurs originaux (Smith, MacKenzie, Yang, Buchholz, Darley).
  • Permissions et accès pour la recherche académique : L’utilisation de l’échelle à des fins exclusives de recherche scientifique non commerciale, de thèses universitaires ou d’enseignement est généralement libre et gratuite, sous réserve d’une citation bibliographique formelle et rigoureuse de l’article princeps de Smith et al. (2007) conformément aux règles du droit de courte citation académique.
  • Utilisation commerciale et pré-tests en entreprise : Toute intégration de l’instrument ou de ses variantes dans des suites logicielles propriétaires d’études de marché commerciales, de panels de test publicitaire payants ou d’outils d’optimisation publicitaire automatisés requiert une autorisation écrite préalable auprès des éditeurs détenteurs des droits de reproduction ou des auteurs correspondants.
  • Tarifs : Aucun coût d’accès direct n’est exigé pour les chercheurs individuels accédant à l’article via leurs abonnements universitaires ou bibliothécaires.

12. Références / References

Les fondements théoriques, psychométriques et empiriques de l’Échelle de pertinence publicitaire reposent sur les publications majeures suivantes :

  • Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
  • Guilford, J. P. (1950). Creativity. American Psychologist, 5(9), 444–454. https://doi.org/10.1037/h0063487
  • Lehnert, K., Till, B. D., & Ospina, C. (2014). Advertising creativity: More than meets the eye. International Journal of Advertising, 33(3), 511–536. https://doi.org/10.2501/IJA-33-3-511-536
  • Petty, R. E., & Cacioppo, J. T. (1986). The Elaboration Likelihood Model of persuasion. Advances in Experimental Social Psychology, 19, 123–205. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60214-2
  • Smith, R. E., MacKenzie, S. B., Yang, X., Buchholz, L. M., & Darley, W. K. (2007). Modeling the determinants and effects of creativity in advertising. Marketing Science, 26(6), 819–833. https://doi.org/10.1287/mksc.1070.0272
  • Smith, R. E., & Yang, X. (2004). Toward a general theory of creativity in advertising: Examining the role of divergence. Marketing Theory, 4(1–2), 31–58. https://doi.org/10.1177/1470593104044086
  • Sperber, D., & Wilson, D. (1995). Relevance: Communication and cognition (2nd ed.). Blackwell Publishers.
  • Torrance, E. P. (1966). Torrance Tests of Creative Thinking: Norms-technical manual. Personnel Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Les items de l’Échelle de pertinence publicitaire (Ad Relevance Scale, ARS) sont présentés ci-dessous dans leur formulation originale en langue anglaise telle qu’administrée aux participants dans les protocoles de recherche expérimentale, accompagnés des options de cotation associées.

Instructions to participants:

Please indicate your level of agreement with each of the following statements regarding the advertisement you have just viewed. Use the 7-point scale below where 1 means « Strongly Disagree » and 7 means « Strongly Agree ».

1 = Strongly Disagree | 2 = Disagree | 3 = Somewhat Disagree | 4 = Neither Agree nor Disagree | 5 = Somewhat Agree | 6 = Agree | 7 = Strongly Agree

Dimension 1: Ad-to-Consumer Relevance (Perceived Meaningfulness of the Ad)

  1. The ad was meaningful to me.
  2. The ad was relevant to me.
  3. The ad was appropriate for me.
  4. The ad was valuable to me.

Dimension 2: Brand-to-Consumer Relevance (Product and Solution Fit)

  1. The product in the ad meets my personal needs.
  2. The advertised brand is relevant to my lifestyle.
  3. The benefits presented in the ad are useful to me.
  4. The solution provided by the brand is meaningful to me.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 24). Échelle de pertinence publicitaire (ARS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-pertinence-publicitaire-ars/
Looti, Mohammed. “Échelle de pertinence publicitaire (ARS).” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-pertinence-publicitaire-ars/.
Looti, Mohammed. “Échelle de pertinence publicitaire (ARS).” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-pertinence-publicitaire-ars/.