1. Résumé / Abstract
L’Échelle de perspective spirituelle (Spirituality Perspective Scale, SPS), initialement conceptualisée et validée par la chercheuse en sciences infirmières Pamela G. Reed (1986a, 1986b, 1987) sur la base de travaux sociologiques et théologiques antérieurs (King & Hunt, 1975), constitue un instrument psychométrique auto-rapporté de premier plan conçu pour évaluer l’étendue avec laquelle un individu intègre la spiritualité dans sa vie quotidienne et la mesure dans laquelle ses perspectives spirituelles influencent son existence. Structuré sous la forme d’un questionnaire court de 10 items, l’outil examine à la fois les comportements spirituels concrets et ouverts (items 1 à 4, mesurés sur une échelle de fréquence ordinale en six points allant de « Pas du tout » à « Environ une fois par jour ») et les croyances ou attitudes spirituelles intrinsèques (items 5 à 10, quantifiés à l’aide d’une échelle de liaison de type Likert en six points allant de « Fortement en désaccord » à « Fortement d’accord »).
D’un point de vue psychométrique, la SPS a été rigoureusement testée auprès d’un large éventail de populations cliniques et non cliniques, incluant des patients en phase terminale, des adultes âgés résidant en communauté, des individus atteints de pathologies chroniques (cancer, insuffisance rénale, infection par le VIH), ainsi que des soignants familiaux et des professionnels de santé. Les études rapportent de manière constante une consistance interne exceptionnelle, attestée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,86 et 0,95, ainsi qu’une remarquable stabilité test-retest. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires soutiennent majoritairement une conceptualisation unidimensionnelle robuste de la perspective spirituelle globale, tout en distinguant, dans certains modèles de second ordre, une composante comportementale (pratiques spirituelles) et une composante cognitive/expérientielle (croyances et valeurs spirituelles). L’échelle démontre une excellente validité convergente avec des construits connexes tels que l’auto-transcendance, le bien-être psychologique et l’adaptation à la maladie, tout en conservant une validité discriminante nette vis-à-vis de la religiosité doctrinale stricte et de la détresse émotionnelle.
2. Mots-clés / Keywords
Perspective spirituelle, Spiritualité, Pamela G. Reed, Échelle de perspective spirituelle, SPS, Auto-transcendance, Psychométrie, Bien-être psychologique, Soins infirmiers holistiques, Fin de vie, Adaptation à la maladie chronologique, Croyances existentielles.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle de perspective spirituelle a été développée et formalisée par :
- Pamela G. Reed, PhD, RN, FAAN — Professeure émérite à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de l’Arizona (Tucson, Arizona, États-Unis). Chercheuse pionnière dans le domaine de la théorie infirmière, elle est mondialement reconnue pour avoir formulé la Théorie de l’auto-transcendance (Self-Transcendence Theory) et pour ses investigations approfondies sur le rôle de la spiritualité dans les processus de santé et de vieillissement. Courriel institutionnel : [email protected].
- Morton B. King & Richard A. Hunt — Chercheurs et sociologues des religions, dont les travaux précurseurs de 1975 sur la multidimensionnalité des variables religieuses et spirituelles ont servi de matrice empirique initiale pour certains énoncés comportementaux et doctrinaux adaptés ultérieurement par Reed dans une visée clinique et transculturelle sécularisée.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Spirituality Perspective Scale (SPS) est de mesurer l’importance relative, l’engagement et l’influence des perspectives spirituelles dans l’existence d’une personne, indépendamment de toute affiliation religieuse confessionnelle ou institutionnelle rigide. Pamela G. Reed a conçu cet instrument pour répondre à une lacune épistémologique et méthodologique majeure dans les sciences de la santé et la psychologie clinique des années 1980 : la confusion récurrente entre religiosité formelle (fréquentation d’un lieu de culte, observance de dogmes spécifiques) et spiritualité au sens large, définie comme une dimension inhérente au développement humain impliquant une recherche de sens, de connexion et de transcendance.
Sur le plan de la justification théorique, la SPS repose sur l’idée que les individus confrontés à des crises existentielles, à la finitude corporelle ou aux défis du grand âge mobilisent des ressources intérieures de nature spirituelle pour préserver leur intégrité psychologique et leur bien-être. Dès lors, l’instrument vise spécifiquement à quantifier deux manifestations complémentaires de la perspective spirituelle :
- L’expression comportementale de la spiritualité : La fréquence à laquelle un sujet s’engage dans des conduites privées ou interpersonnelles alignées sur sa dimension spirituelle (prière, méditation solitaire, lectures orientées vers l’intériorité, discussions existentielles et partage des peines ou joies spirituelles avec son entourage).
- La centralité cognitive et expérientielle de la spiritualité : Le degré auquel la spiritualité oriente la prise de décision, confère un sens ultime à la vie, procure un sentiment de reliance à une entité supérieure ou transcendante (Dieu, puissance supérieure ou ordre universel) et guide les valeurs fondamentales, telles que le pardon.
En pratique clinique, la SPS est largement utilisée en oncologie, en soins palliatifs, en gériatrie et en réadaptation fonctionnelle. Elle permet aux cliniciens d’identifier les ressources spirituelles disponibles chez le patient, de dépister une éventuelle détresse spirituelle (marquée par un désinvestissement ou une rupture du sens) et de personnaliser les interventions thérapeutiques de soutien psychosocial. Dans le champ de la recherche empirique, l’échelle offre un moyen standardisé, concis et psychométriquement robuste pour tester des modèles théoriques médiateurs et modérateurs reliant la spiritualité à l’observance thérapeutique, à la diminution de l’anxiété de mort, à la résilience face à la douleur chronique et à la qualité de vie globale des patients et de leurs aidants naturels (Kim, 2008).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la SPS, conceptualisé sous le vocable de spiritual perspective (perspective spirituelle), est articulé par Reed comme la conscience et l’affirmation d’une dimension transcendante ou sacrée dans l’existence, qui imprègne les modes de pensée, les attitudes évaluatives et les actions concrètes d’une personne. Contrairement aux mesures d’orthodoxie religieuse, ce construit se veut inclusif et applicable aussi bien aux croyants traditionnels qu’aux individus se décrivant comme « spirituels mais non religieux » (spiritual but not religious). Le spectre conceptuel de la SPS englobe plusieurs composantes interdépendantes :
1. L’engagement comportemental et relationnel (Pratiques spirituelles)
Cette dimension renvoie à la matérialisation de la vie intérieure à travers des actes réguliers. Elle comprend des conduites d’introspection silencieuse et des conduites de reliance sociale :
- Pratiques privées et réflexives : Évaluées par des activités comme la prière intime, la méditation, la contemplation contemplative ou la lecture d’écrits nourrissant l’esprit (items 3 et 4). Par exemple, un patient qui recourt quotidiennement à la méditation de pleine conscience ou à la récitation contemplative d’un psaume pour traverser une séance de chimiothérapie illustre un score élevé dans cette sphère.
- Partage interpersonnel : Évalué par la propension à discuter de questions spirituelles et à échanger avec ses pairs ou ses proches au sujet des difficultés et des bonheurs vécus en accord avec ses idéaux spirituels (items 1 et 2). Cette sous-dimension capture le besoin de congruence entre le monde interne et l’écosystème relationnel.
2. L’orientation existentielle et téléologique (Sens de la vie et prise de décision)
La spiritualité opère comme un méta-cadre interprétatif fournissant des réponses cohérentes aux interrogations fondamentales portant sur le sens de la vie, de la souffrance et de la mortalité (item 10). Elle sert également de boussole éthique et heuristique lors des dilemmes quotidiens : l’individu consulte ses repères spirituels pour orienter ses choix de vie majeurs ou mineurs (item 6), faisant de la transcendance un principe régulateur de l’agentivité humaine.
3. La reliance transcendante et affective (Sentiment de proximité avec une force supérieure)
Cette dimension saisit la résonance émotionnelle et mystique de la spiritualité. Elle traduit le sentiment subjectif d’être relié, protégé ou guidé par un ordre supérieur (« Dieu » ou une « puissance supérieure », selon les termes de l’item 8), que ce soit lors de moments solennels de recueillement communautaire ou au cœur de la banalité quotidienne. Cette reliance affective protège le sujet contre l’isolement ontologique face à la maladie ou à l’approche de la mort.
4. L’intégration morale et transformationnelle (Le pardon et l’impact de vie)
L’échelle évalue également à quel point les croyances spirituelles exercent un pouvoir transformateur sur le comportement moral du sujet, notamment à travers la capacité de pardon (item 5) et la reconnaissance explicite que les convictions spirituelles ont profondément infléchi la trajectoire de vie de l’individu (items 7 et 9). Le pardon est ici conceptualisé non pas comme une simple concession sociale, mais comme une démarche libératoire spirituellement ancrée, indispensable à la paix intérieure.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’ancrage théorique prééminent de la SPS se situe au confluent de la psychologie du développement tout au long de la vie (life-span developmental psychology) et de la Théorie de l’auto-transcendance formulée par Pamela G. Reed au milieu des années 1980 et affinée dans les décennies suivantes (Reed, 1986a, 1987, 1991, 2014).
Cette théorie prend racine dans les postulats de théoriciens développementaux et humanistes majeurs, notamment Erik Erikson (concernant le stade ultime de l’intégrité du moi face au désespoir), Abraham Maslow (sur le concept de dépassement de soi et d’expériences paroxystiques ou peak experiences), ainsi que Viktor Frankl et sa logothérapie centrée sur la quête fondamentale de sens. Reed soutient que la spiritualité n’est pas une simple réaction de défense pathologique ou une régression infantile face à la peur de la mort, mais au contraire un processus développemental mature et dynamique qui s’intensifie précisément lorsque l’être humain se trouve confronté aux frontières ultimes de sa vulnérabilité biologique (phase terminale d’une maladie, déclin physique sénile, pertes relationnelles massives).
Au sein de ce cadre théorique, trois concepts centraux s’articulent de manière interdépendante :
- La vulnérabilité : La prise de conscience de la finitude personnelle, de la fragilité corporelle et des limites existentielles inhérentes aux périodes de crise de santé ou de vieillissement avancé.
- L’auto-transcendance : La capacité de repousser les frontières intrapersonnelles (vers une plus grande acceptation de soi et un renouvellement du sens), interpersonnelles (vers les autres et la communauté), temporelles (intégration du passé et du futur dans le présent) et transpersonnelles (reliance avec le cosmos, Dieu ou une force invisible dépassant le monde physique).
- Le bien-être (Well-being) : Le sentiment global de plénitude, d’harmonie et d’intégrité psycho-spirituelle, défini par l’individu dans son propre contexte de vie.
Dans ce modèle conceptuel, la perspective spirituelle (mesurée par la SPS) opère comme un ensemble structuré de « ressources développementales » (developmental resources). Reed a démontré que ces ressources médiatisent la relation entre la vulnérabilité imposée par la maladie grave et le maintien d’un niveau optimal de bien-être psychologique. Ainsi, la perspective spirituelle permet une reconstruction cognitive du sens de l’existence, agissant comme un bouclier contre les symptômes dépressifs et la détresse existentielle en phase critique de l’existence (Reed, 1986a, 1987).
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’Échelle de perspective spirituelle a fait l’objet d’évaluations exhaustives dans de multiples cohortes et contextes culturels internationaux, démontrant une solidité métrologique exemplaire :
Validité de contenu et apparente
La validité de contenu initiale a été établie par Pamela G. Reed via une revue de la littérature théologique, sociologique et psychologique, combinée à l’expertise de panels de spécialistes en sciences infirmières, psychologie de la santé et aumônerie hospitalière. Les items ont été formulés pour capturer la spiritualité sans imposer un vocabulaire exclusivement chrétien ou dogmatique, en privilégiant des formulations ouvertes telles que « Dieu ou une puissance supérieure » (item 8), garantissant une applicabilité élargie à des profils philosophiques et religieux divers.
Validité convergente et concourante
De nombreuses études corrélationnelles ont documenté des associations positives statistiquement très significatives entre la SPS et d’autres instruments psychologiques validés :
- Une corrélation positive forte avec l’Échelle d’auto-transcendance (Self-Transcendence Scale, STS) de Reed, les coefficients $r$ oscillant usuellement entre 0,55 et 0,72 ($p < 0{,}001$), confirmant que la perspective spirituelle est un vecteur prépondérant de l’expansion des frontières de soi.
- Des corrélations modérées à fortes ($r = 0{,}50$ à $0{,}68$) avec la sous-échelle de bien-être existentiel de l’Index de bien-être spirituel (Spiritual Well-Being Scale, SWBS) d’Ellison et Paloutzian.
- Des associations significatives avec des indicateurs de résilience psychologique, d’espoir (mesuré par l’échelle de Herth) et de qualité de vie globale chez les patients atteints de cancer ou de démence débutante.
Validité discriminante
La SPS se distingue nettement des mesures d’adhésion religieuse extrinsèque (telle que la simple assiduité aux cérémonies rituelles) et des échelles de psychopathologie. Les corrélations avec les inventaires de dépression (comme l’inventaire de dépression de Beck ou l’échelle CES-D) sont systématiquement négatives et significatives (variant de $r = -0{,}30$ à $-0{,}52$), indiquant que des scores élevés de perspective spirituelle sont protecteurs contre le désespoir, sans pour autant se confondre avec un déni maniaque ou une désirabilité sociale exacerbée.
Validité prédictive et de critère
Dans ses travaux fondateurs auprès de patients hospitalisés en phase terminale comparés à des adultes sains appariés (Reed, 1986b, 1987), l’auteure a démontré que les patients en phase terminale présentaient des scores de perspective spirituelle significativement plus élevés que les individus bien portants ($t = 3{,}14$, $p < 0{,}01$). Cette différence corrobore l’hypothèse centrale de la théorie du développement selon laquelle la confrontation imminente avec la mort intensifie l’activation des ressources spirituelles intérieures.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de la SPS a été confirmée de façon constante à travers quatre décennies de recherches empiriques :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans les premières études menées par Reed (1986a, 1986b, 1987), le coefficient alpha de Cronbach variait entre 0,90 et 0,95 au sein d’échantillons d’adultes âgés, de patients hospitalisés en oncologie et d’adultes en bonne santé. Dans l’étude de Suk-Sun Kim (2008) portant sur l’interdépendance de la spiritualité et du bien-être chez des personnes âgées d’origine coréenne et leurs soignants familiaux, l’alpha atteignait 0,89 pour les aînés et 0,91 pour les proches aidants, démontrant la stabilité de la consistance interne à travers les barrières linguistiques et culturelles.
D’autres réplications internationales (au Brésil, en Espagne, à Taïwan et en Iran) rapportent continuellement des valeurs d’alpha de Cronbach supérieures au seuil conventionnel de 0,85, avec des corrélations item-total corrigées s’échelonnant majoritairement entre 0,52 et 0,81, ce qui prouve l’homogénéité psychométrique robuste des 10 énoncés.
Fidélité test-retest
L’évaluation de la stabilité temporelle par test-retest à un intervalle de 1 à 4 semaines auprès d’échantillons stables révèle des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) ou des coefficients de corrélation de Pearson compris entre 0,78 et 0,92, soulignant que la perspective spirituelle mesurée par l’instrument reflète un trait existentiel stable dans le temps plutôt qu’un état d’humeur purement passager, tout en demeurant sensible aux évolutions développementales longitudinales.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la SPS a suscité d’importantes investigations par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) :
Modèle unidimensionnel original
Pamela G. Reed a initialement conçu et validé la SPS comme un instrument fondamentalement unidimensionnel. Dans ses analyses en composantes principales (ACP) initiales, un seul facteur dominant émergeait systématiquement avec une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure à 1 (souvent supérieure à 5,2), expliquant entre 55 % et 65 % de la variance totale de l’instrument. L’ensemble des 10 items présentait des saturations factorielles très élevées sur ce facteur unitaire, variant de 0,63 à 0,88, justifiant l’usage préférentiel d’un score moyen global unique pour représenter la perspective spirituelle.
Modèle bidimensionnel (Comportements vs Croyances)
Toutefois, en raison de la scission structurelle du format de réponse entre les items 1-4 (fréquence des actions) et les items 5-10 (accord avec les attitudes/croyances), plusieurs études psychométriques ultérieures (notamment Kim, 2008) ont testé une solution factorielle oblique à deux dimensions corrélées :
- Facteur 1 : Pratiques ou comportements spirituels (Items 1 à 4) — Les saturations factorielles de ces items varient typiquement entre 0,68 et 0,84. Ce facteur regroupe les expressions interactionnelles et rituelles privées de la spiritualité.
- Facteur 2 : Croyances et valeurs spirituelles (Items 5 à 10) — Les saturations factorielles s’échelonnent entre 0,71 et 0,89. Ce facteur intègre les attitudes envers le sens de la vie, la transcendance, le pardon et l’influence globale de la spiritualité sur les choix d’existence.
Les analyses confirmatoires comparant le modèle unidimensionnel strict et le modèle à deux facteurs hiérarchisés démontrent que le modèle à deux facteurs corrélés (avec un $r$ inter-facteurs supérieur à 0,65) ou un modèle bifactoriel offre d’excellents indices d’ajustement global dans les échantillons hétérogènes : $\chi^2/\mathrm{dl} < 2{,}5$, Comparative Fit Index (CFI) $ge 0{,}96$, Tucker-Lewis Index (TLI) $ge 0{,}95$, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $le 0{,}06$. En pratique, bien que la distinction à deux dimensions soit utile pour des analyses fines de recherche, la communauté scientifique retient principalement le score total unifié, compte tenu de la forte covariance entre les conduites spirituelles et les croyances intériorisées.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Spirituality Perspective Scale (SPS) / Échelle de perspective spirituelle.
- Auteure principale : Pamela G. Reed, PhD, RN, FAAN.
- Nature et administration : Questionnaire psychométrique auto-rapporté sur support papier-crayon ou numérique ; peut être complété en auto-administration ou administré sous forme d’entretien direct si le participant présente des déficiences visuelles ou cognitives légères.
- Nombre d’items : 10 items quantitatifs, accompagnés d’une consigne qualitative terminale optionnelle (« Si possible, veuillez décrire au verso de cette page votre propre définition de la spiritualité, ou fournir tout autre commentaire que vous jugez utile pour le chercheur »).
- Format des échelles de réponse : L’instrument utilise deux échelles d’évaluation distinctes en 6 points, sans point neutre, afin d’obliger le répondant à une position claire :
- Items 1 à 4 (Fréquence des comportements spirituels) :
- 1 = Not at all (Pas du tout)
- 2 = Less than once a year (Moins d’une fois par an)
- 3 = About once a year (Environ une fois par an)
- 4 = About once a month (Environ une fois par mois)
- 5 = About once a week (Environ une fois par semaine)
- 6 = About once a day (Environ une fois par jour)
- Items 5 à 10 (Adhésion aux croyances et perspectives spirituelles) :
- 1 = Strongly Disagree (Fortement en désaccord)
- 2 = Disagree (En désaccord)
- 3 = Disagree more than agree (Plutôt en désaccord qu’en accord)
- 4 = Agree more than disagree (Plutôt en accord qu’en désaccord)
- 5 = Agree (D’accord)
- 6 = Strongly Agree (Fortement d’accord)
- Calcul des scores (Scoring) :
- Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans le sens direct du construit).
- Score total sommatif : Somme arithmétique brute des 10 items, comprise entre 10 et 60 points.
- Score moyen global (méthode privilégiée par l’auteure) : Somme des réponses divisée par 10 (nombre total d’items), produisant un score continu de 1,00 à 6,00. Un score moyen plus élevé indique une perspective spirituelle plus forte et une plus grande intégration de la spiritualité dans le fonctionnement quotidien du sujet.
- Temps d’administration : Environ 3 à 5 minutes pour compléter les 10 items quantitatifs.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement et de publication princeps : 1986 (Reed, 1986a, 1986b), avec publication formelle complète en 1987 (Reed, 1987).
- Statut du droit d’auteur : Propriété intellectuelle du Dr Pamela G. Reed, College of Nursing, University of Arizona.
- Conditions d’utilisation et permissions : L’Échelle de perspective spirituelle est mise à la disposition des chercheurs, cliniciens et étudiants universitaires pour des projets scientifiques et cliniques à but non lucratif. L’utilisation nécessite généralement l’obtention d’une permission formelle écrite de l’auteure ou l’acquisition de son protocole officiel d’instrumentation distribué par l’Université de l’Arizona. Les utilisateurs s’engagent à respecter l’intégrité du libellé des items et à citer convenablement les travaux fondateurs de Reed.
- Frais d’utilisation (Fees) : Généralement gratuite ou soumise à un coût administratif minime (frais de dossier symboliques pour l’envoi du livret de consignes psychométriques) pour la recherche académique et les thèses de doctorat. Toute utilisation commerciale dans le cadre d’essais cliniques financés par l’industrie pharmaceutique ou de programmes d’entreprises privées requiert un accord de licence contractuel spécifique.
12. Références / References
Les sources bibliographiques clés relatives à la genèse, à la validation et à l’application empirique de la Spirituality Perspective Scale sont listées ci-dessous en style APA (7e édition) :
- Kim, S.-S. (2008). Interdependence of spirituality and well-being among Korean elders and family caregivers (Doctoral dissertation, The University of Arizona). University of Arizona Campus Repository. https://www.nursing.arizona.edu/Library/081_Kim_Suk-Sun.pdf
- King, M. B., & Hunt, R. A. (1975). Measuring the religious variable: National replication. Journal for the Scientific Study of Religion, 14(1), 13–22. https://doi.org/10.2307/1384497
- Reed, P. G. (1986a). Developmental resources and depression in the elderly: A longitudinal study. Nursing Research, 35(2), 368–374. https://doi.org/10.1097/00006199-198611000-00014
- Reed, P. G. (1986b). Religiousness among terminally ill and healthy adults. Research in Nursing & Health, 9(1), 35–41. https://doi.org/10.1002/nur.4770090107
- Reed, P. G. (1987). Spirituality and well-being in terminally ill hospitalized adults. Research in Nursing & Health, 10(5), 335–344. https://doi.org/10.1002/nur.4770100508
- Reed, P. G. (1991). Toward a nursing theory of self-transcendence: Deductive reformulation using developmental theories. Advances in Nursing Science, 13(4), 64–77. https://doi.org/10.1097/00012272-199106000-00008
- Reed, P. G. (2014). Theory of self-transcendence. In M. J. Smith & P. R. Liehr (Eds.), Middle range theory for nursing (3rd ed., pp. 109–139). Springer Publishing Company.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response format for Items 1 to 4:
2 = Less than once a year
3 = About once a year
4 = About once a month
5 = About once a week
6 = About once a day
Response format for Items 5 to 10:
2 = Disagree
3 = Disagree more than agree
4 = Agree more than disagree
5 = Agree
6 = Strongly Agree
Scale Items:
- In talking with your family or friends, how often do you mention spiritual matters?
- How often do you share with others the problems and joys of living according to your spiritual beliefs?
- How often do you read spiritually-related material?
- How often do you engage in private prayer or meditation?
- Forgiveness is an important part of my spirituality.
- I seek spiritual guidance in making decisions in my everyday life.
- My spirituality is a significant part of my life.
- I frequently feel very close to God or a “higher power” in prayer, during public worship or at important moments in my daily life.
- My spiritual views have had an influence upon my life.
- My spirituality is especially important to me because it answers many questions about the meaning of life.