- 1. Résumé / Abstract
- 2. Mots-clés / Keywords
- 3. Auteurs / Authors
- 4. Objectif / Purpose
- 5. Construit psychologique / Construct
- 6. Cadre théorique / Theoretical Framework
- 7. Validité / Validity
- 8. Fidélité / Reliability
- 9. Analyse factorielle / Factor Analysis
- 10. Instrument de mesure / Instrument
- 11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- 12. Références / References
- 13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
1. Résumé / Abstract
L’Échelle de personnalité de type D (Type D Scale-14 ou DS14) est un instrument psychométrique bref, standardisé et auto-administré conçu par le psychologue médical Johan Denollet en 2005 au sein du Center of Research on Psychology in Somatic diseases (CoRPS) de l’Université de Tilbourg. Cet outil mesure le profil de personnalité « distressed » (détresse psychologique ou Type D), défini par la conjonction conjointe de deux traits de personnalité globaux, stables et interdépendants : l’Affectivité Négative (Negative Affectivity – NA) et l’Inhibition Sociale (Social Inhibition – SI). L’échelle comprend 14 items, répartis équitablement en deux sous-échelles de 7 items chacune, évalués selon une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points allant de 0 (« Faux ») à 4 (« Vrai »).
Sur le plan métrologique, le DS14 présente d’excellentes qualités psychométriques établies dans de multiples populations cliniques (notamment en coronaropathie, insuffisance cardiaque et hypertension artérielle) et au sein de cohortes de la population générale à travers le monde. La cohérence interne est robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,86 et 0,89 pour la sous-échelle d’affectivité négative et entre 0,82 et 0,88 pour l’inhibition sociale, accompagnés d’une remarquable stabilité temporelle à court et long termes (coefficients de fidélité test-retest compris entre 0,72 et 0,87). L’analyse factorielle confirmatoire démontre invariablement une structure bidimensionnelle orthogonale claire, exempte de contamination croisée substantielle entre les facteurs. La classification en personnalité de Type D s’effectue au moyen d’un double seuil prédéfini (NA ≥ 10 et SI ≥ 10), identifiant les individus à haut risque de morbidité cardiovasculaire, d’adhérence thérapeutique déficiente, d’altération majeure de la qualité de vie liée à la santé et de mortalité prématurée toutes causes confondues.
2. Mots-clés / Keywords
Personnalité de type D, DS14, affectivité négative, inhibition sociale, cardiologie comportementale, psychométrie, détresse psychologique, validité de construit, fidélité test-retest, pronostic cardiovasculaire, Johan Denollet, évaluation psychologique.
3. Auteurs / Authors
L’échelle DS14 a été conceptualisée, validée et publiée par le Professeur Johan Denollet, PhD (1959–2021). Johan Denollet était professeur titulaire de psychologie médicale et directeur fondateur du Center of Research on Psychology in Somatic diseases (CoRPS) au sein du Département de psychologie médicale et clinique de l’Université de Tilbourg (Tilburg University), située à Tilbourg aux Pays-Bas. Reconnu mondialement comme le pionnier de la cardiologie comportementale moderne, il a consacré plus de trois décennies à l’investigation des interactions psycho-immunologiques et neuro-endocriniennes liant les traits de personnalité chroniques à la progression de l’athérosclérose coronaire et aux événements coronariens majeurs.
Les demandes académiques et le suivi des travaux de standardisation internationale de l’inventaire sont historiquement coordonnés via le secrétariat du laboratoire CoRPS (Department of Medical and Clinical Psychology, Tilburg University, Warandelaan 2, 5037 AB Tilburg, Pays-Bas ; correspondance institutionnelle consultable sur le portail universitaire officiel de l’établissement).
4. Objectif / Purpose
L’objectif premier du DS14 est de fournir un instrument psychométrique concis, fiable, théoriquement ancré et directement opérationnalisable pour identifier la présence d’une personnalité de Type D en milieu médical, épidémiologique et psychiatrique. Historiquement, la recherche en médecine psychosomatique et en cardiologie s’était focalisée sur le comportement de Type A (caractérisé par l’hostilité, la compétitivité effrénée et l’urgence temporelle), conceptualisé dans les années 1950 par Friedman et Rosenman. Cependant, les décennies ultérieures d’investigations ont révélé des inconsistances méthodologiques majeures, des échecs de réplication et une dilution prédictive substantielle du Type A. Johan Denollet a postulé que la vulnérabilité émotionnelle cardiotoxique ne résidait pas dans l’énergie extravertie ou l’agressivité ouverte, mais plutôt dans la détresse silencieuse et contenue, à savoir la tendance à éprouver des émotions négatives chroniques sans possibilité de les exprimer ou de mobiliser un soutien social régulateur.
En pratique clinique, le DS14 sert d’instrument de dépistage et de stratification pronostique chez les patients souffrant de maladies cardiovasculaires avérées, telles que l’infarctus aigu du myocarde, l’angor instable, l’insuffisance cardiaque congestive, ou ayant bénéficié d’une revascularisation par angioplastie transluminale coronaire ou pontage aorto-coronarien. Les individus présentant un profil Type D courent un risque multiplié par un facteur de 2 à 4 de récidive coronarienne, d’arythmies ventriculaires malignes et de mortalité cardiaque à 5 et 10 ans, indépendamment des facteurs de risque biomédicaux conventionnels (tels que la fraction d’éjection ventriculaire gauche, le statut tabagique, l’étendue anatomique des lésions coronaires ou le diabète de type 2).
Dans le domaine de la recherche, l’échelle permet d’élucider les mécanismes biologiques, physiopathologiques et comportementaux intermédiaires qui sous-tendent ce sur-risque. Parmi les cibles biologiques identifiées figurent une hyperréactivité de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) avec dérégulation du cortisol, une diminution de la variabilité de la fréquence cardiaque (reflétant une hyporéactivité vagale et une suractivation sympathique), une activation plaquettaire accrue et des concentrations plasmatiques élevées de marqueurs pro-inflammatoires tels que l’interleukine-6 (IL-6), le facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α) et la protéine C-réactive ultrasensible (hs-CRP). Sur le versant comportemental, le DS14 permet de repérer les sujets plus susceptibles d’adopter un mode de vie sédentaire, de négliger leur observance médicamenteuse, d’omettre les consultations de suivi, de différer dramatiquement le recours aux urgences lors de l’apparition de prodromes thoraciques aigus et de rapporter une perception dramatiquement altérée de leur état de santé subjectif.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique de la personnalité de Type D repose sur l’interaction synergique entre deux dimensions fondamentales de la personnalité humaine, solidement ancrées dans la taxonomie contemporaine des traits :
Affectivité Négative (Negative Affectivity – NA)
L’Affectivité Négative représente la tendance dispositionnelle stable à éprouver des affects aversifs, des états émotionnels dysphoriques et un sentiment subjectif de détresse à travers le temps et indépendamment des contextes situationnels. Cette dimension s’apparente étroitement au trait de Névrosisme (Neuroticism) du modèle des Big Five développé par Costa et McCrae, ou au facteur d’émotivité négative de Tellegen. Les individus présentant des scores élevés sur la sous-échelle NA perçoivent le monde à travers un prisme sombre, ont une inclination marquée à l’auto-dépréciation, anticipent de manière récurrente des événements catastrophiques, s’irritent facilement face à des contrariétés mineures de la vie quotidienne et rapportent fréquemment des symptômes d’anxiété flottante, de tristesse, de dysphorie et de labilité émotionnelle. Au sein du DS14, cette dimension est illustrée par des items évaluant le sentiment régulier de mécontentement, la tendance à s’inquiéter de manière disproportionnée, l’irritabilité chronique ou la propension à dramatiser des détails insignifiants.
Inhibition Sociale (Social Inhibition – SI)
L’Inhibition Sociale renvoie à la tendance dispositionnelle à inhiber consciemment et activement l’expression de ses émotions, de ses opinions, de ses désirs et de ses comportements lors des interactions interpersonnelles. Cette retenue n’est pas le fruit d’un désintérêt social, mais découle d’une crainte diffuse et persistante du jugement négatif, de la désapprobation d’autrui, du ridicule, du rejet ou de la confrontation relationnelle. Conceptuellement, cette composante présente des corrélations négatives modérées à fortes avec le trait d’Extraversion des Big Five et partage des caractéristiques avec l’inhibition comportementale et l’anxiété d’évaluation sociale. Les personnes ayant un score SI élevé se décrivent comme fermées, distantes, réservées et éprouvent un malaise tangible à engager ou maintenir une conversation avec des inconnus. Elles érigent une barrière interpersonnelle rigide, dissimulant méticuleusement leur vulnérabilité intérieure, ce qui les prive mécaniquement de l’effet tampon régulateur que procure le soutien social perçu.
La synergie toxicologique du Type D
La prémisse fondamentale du construit de Denollet postule que la nocivité somatique et psychologique émerge précisément de la confluence de ces deux dimensions. Un individu manifestant une forte Affectivité Négative mais une faible Inhibition Sociale verbalisera sa détresse, extériorisera ses affects, recherchera activement de l’aide et obtiendra un apaisement par la régulation sociale ou la catharsis émotionnelle. Inversement, un sujet caractérisé par une forte Inhibition Sociale sans Affectivité Négative n’éprouve pas de détresse interne substantielle à juguler. En revanche, lorsque des niveaux élevés de NA et de SI coexistent chez un même individu, la détresse émotionnelle chronique demeure confinée et intériorisée, générant un état d’activation neurobiologique délétère et permanent. Par conséquent, le Type D n’est pas défini par une relation additive linéaire isolée, mais par une typologie catégorielle ou une interaction multiplicatrice (NA × SI) représentant une entité clinique et pronostique distincte.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre conceptuel du DS14 s’enracine dans la psychologie de la personnalité dispositionnelle, la médecine psychosomatique et les modèles psychobiologiques du stress chronique. Historiquement, Denollet a articulé son modèle en réaction directe contre les faiblesses conceptuelles du comportement de Type A de Friedman et Rosenman, ainsi que du comportement de Type C (décrit par Temoshok dans le champ de l’oncologie comme une répression passive et une docilité pathologique). Alors que les outils d’évaluation antérieurs capturaient des styles comportementaux hétérogènes, instables et souvent dépendants du contexte socioprofessionnel, le DS14 s’appuie sur la théorie des traits généraux de personnalité développée par des théoriciens fondamentaux tels que Hans Eysenck, Jeffrey Gray, Paul Costa et Robert McCrae.
Selon l’approche psychobiologique d’Eysenck, la personnalité est structurée autour de super-facteurs stables sous-tendus par des substrats neurophysiologiques spécifiques. Denollet a rattaché l’Affectivité Négative au système d’activation limbique et au Névrosisme, tandis que l’Inhibition Sociale a été reliée à la fois à l’introversion sociale et au système d’inhibition comportementale (Behavioral Inhibition System – BIS) de Jeffrey Gray. Le BIS est un réseau neurobiologique impliquant la formation hippocampique, le septum et les projections sérotoninergiques et noradrénergiques, dont l’activation excessive face à des signaux de punition potentielle ou de nouveauté sociale engendre un comportement d’évitement passif, une hypervigilance et une rétention motrice.
Sur le plan psychosomatique, le modèle théorique sous-jacent s’articule autour du paradigme de la charge allostatique formalisé par Bruce McEwen. La charge allostatique désigne l’usure cumulative que subissent les organes et les systèmes physiologiques à la suite d’une suractivation répétée ou chronique des systèmes d’adaptation au stress (l’axe corticotrope et le système nerveux autonome sympathique). Chez l’individu de Type D, l’expérience d’une détresse continue (NA) couplée à l’impossibilité d’évacuer cette tension par l’affiliation ou l’expression interpersonnelle (SI) crée une situation d’allostasie inadaptée. Le modèle prédit que cette charge allostatique chronique induit une cascade physiopathologique cardiotoxique caractérisée par :
- Une hypercortisolémie soutenue entraînant une résistance périphérique aux glucocorticoïdes ;
- Une sursécrétion de catécholamines pro-arythmogènes et vasoconstrictrices ;
- Une prolifération des cytokines pro-inflammatoires accélérant l’instabilité de la plaque d’athérome ;
- Une dysfonction de l’endothélium vasculaire par altération de la biodisponibilité du monoxyde d’azote (NO).
Ce cadre intègre également la théorie transactionnelle du stress de Richard Lazarus et Susan Folkman : les individus de Type D ont tendance à évaluer les interactions ordinaires comme menaçantes et adoptent préférentiellement des stratégies de coping passives, évitantes ou centrées sur l’émotion négative intériorisée, au détriment d’un coping actif orienté vers la résolution du problème.
7. Validité / Validity
L’évaluation psychométrique du DS14 a fait l’objet de centaines d’études empiriques internationales démontrant une remarquable robustesse de ses différentes facettes de validité :
Validité de construit
Dans l’étude princeps de standardisation menée par Johan Denollet en 2005 auprès de 3 678 sujets (comprenant des patients coronariens, des participants en réadaptation cardiaque, des personnes hypertendues et des témoins issus de la population générale), l’analyse factorielle a confirmé que les 14 items se regroupaient sans équivoque autour de deux dimensions orthogonales latentes distinctes. Les saturations factorielles étaient toutes hautement significatives (généralement > 0,60), sans contamination croisée (saturations secondaires systématiquement < 0,25). Cette structure a été répliquée dans des dizaines de pays, validant la transposition transculturelle de l’échelle (versions allemande, française, italienne, chinoise, coréenne, russe, etc.).
Validité convergente et discriminante
La validité convergente de la sous-échelle d’Affectivité Négative est attestée par des corrélations positives élevées avec le score de Névrosisme du NEO Personality Inventory (NEO-PI-R ; r compris entre 0,68 et 0,75), l’échelle d’anxiété-trait du STAI de Spielberger (r ≈ 0,65 à 0,72) et l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI ; r ≈ 0,55 à 0,64). Pour la sous-échelle d’Inhibition Sociale, la validité convergente s’exprime par des corrélations négatives robustes avec l’Extraversion du NEO-PI-R (r entre -0,52 et -0,65) et des corrélations positives marquées avec l’échelle d’évitement et d’inhibition sociale de Watson et Friend (r ≈ 0,60 à 0,70).
La validité discriminante a été rigoureusement démontrée vis-à-vis des troubles psychiatriques caractérisés : le Type D ne se confond pas avec un épisode dépressif majeur ou un trouble anxieux généralisé. Bien qu’il existe un chevauchement partiel, le Type D demeure une structure dispositionnelle stable tout au long de la vie, tandis que la dépression et l’anxiété constituent des états cliniques fluctuants. De surcroît, le DS14 montre une indépendance statistique vis-à-vis des variables démographiques classiques (âge, sexe, niveau socio-éducatif) et des marqueurs de sévérité de la dysfonction ventriculaire gauche.
Validité prédictive et pronostique
La validité prédictive du DS14 est l’une des plus documentées en médecine cardiovasculaire. Dans des études longitudinales de cohortes prospectives, le statut de personnalité de Type D (NA ≥ 10 et SI ≥ 10) prédit de manière autonome et significative :
- Une augmentation de 2 à 3 fois du risque de décès toutes causes confondues et d’infarctus du myocarde non fatal chez les patients coronariens après ajustement multivarié (Hazard Ratio [HR] oscillant typiquement entre 1,85 et 3,87 selon les cohortes) ;
- Une incidence accrue d’arythmies ventriculaires létales chez les porteurs de défibrillateurs automatiques implantables (DAI) ;
- Une élévation significative des événements indésirables majeurs après angioplastie coronaire avec pose d’endoprothèse (stent) ;
- Une dégradation précoce de la qualité de vie liée à la santé (évaluée par le SF-36 ou le MacNew Heart Disease Health-Related Quality of Life Questionnaire).
8. Fidélité / Reliability
L’instrument DS14 se caractérise par des indices de fidélité et de précision métrologique particulièrement élevés, confirmés aussi bien dans l’échantillon de dérivation original que dans de multiples études indépendantes de validation transculturelle.
Cohérence interne
Dans l’étude princeps de Denollet (2005), la cohérence interne a été documentée pour l’ensemble des sous-groupes cliniques et sains :
- Affectivité Négative (NA) : Le coefficient alpha de Cronbach (α) s’élève à 0,88 dans la cohorte globale (n = 3 678), variant de 0,86 à 0,89 selon les sous-groupes (patients coronariens, sujets hypertendus, étudiants et population active) ;
- Inhibition Sociale (SI) : Le coefficient alpha de Cronbach (α) atteint 0,86 dans l’échantillon complet, avec une plage comprise entre 0,82 et 0,88 au sein des différentes sous-populations ;
- Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent de 0,55 à 0,72 pour la sous-échelle NA, et de 0,48 à 0,69 pour la sous-échelle SI, attestant que chaque item contribue de façon substantielle et homogène à son construit respectif sans redondance excessive.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Le DS14 a été conçu pour appréhender des traits dispositionnels durables plutôt que des états émotionnels transitoires. L’évaluation de la stabilité test-retest corrobore cette constance psychologique :
- À un intervalle de 3 mois, le coefficient de corrélation intraclasse / Pearson s’élève à r = 0,72 pour l’Affectivité Négative et à r = 0,82 pour l’Inhibition Sociale dans une cohorte de patients coronariens stables ;
- À long terme (intervalle de plusieurs années), le taux de concordance diagnostique de la classification Type D demeure hautement stable, avec un coefficient kappa de Cohen (κ) statistiquement significatif (> 0,60), démontrant une robustesse dispositionnelle qui contraste nettement avec la fluctuation des scores aux échelles d’anxiété et de dépression réactionnelles.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La clarification de la structure factorielle du DS14 a constitué l’étape pivot de son développement, permettant de synthétiser les échelles initiales plus longues de Denollet (notamment l’inventaire préliminaire à 24 items) en un modèle bidimensionnel parcimonieux et robuste à 14 items.
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors des premières phases de calibration conduites sur d’importants échantillons néerlandais, des analyses factorielles exploratoires en composantes principales suivies de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Promax) ont systématiquement extrait deux facteurs majeurs possédant des valeurs propres (eigenvalues) nettement supérieures à 1 (critère de Kaiser), expliquant ensemble plus de 50 à 58 % de la variance totale des scores :
- Le Facteur 1, correspondant à l’Affectivité Négative, affiche des saturations factorielles (factor loadings) primaires fortes comprises entre 0,62 et 0,82 sur ses 7 items assignés, sans saturation croisée notable sur le second facteur (< 0,18) ;
- Le Facteur 2, correspondant à l’Inhibition Sociale, regroupe ses 7 items dédiés avec des saturations primaires s’étalant entre 0,54 et 0,81, et des saturations secondaires négligeables (< 0,20) ;
- La corrélation entre les deux facteurs latents s’est avérée faible à négligeable (r = 0,10 à 0,15 dans l’échantillon général), confirmant que l’expérience d’affects négatifs et la retenue sociale opèrent comme deux dimensions indépendantes dans l’espace factoriel.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Les investigations confirmatoires modernes utilisant la modélisation par équations structurelles (SEM) ont formellement comparé plusieurs architectures factorielles concurrentes : un modèle unidimensionnel à facteur général unique, un modèle à deux facteurs corrélés et un modèle bifactoriel. Les résultats confirment invariablement la supériorité absolue du modèle bidimensionnel :
- Le ratio chi-carré / degrés de liberté (χ²/ddl) s’avère conforme aux seuils standards d’adéquation (< 3,0 dans la majorité des larges cohortes) ;
- L’indice de comparaison de Bentler (Comparative Fit Index – CFI) dépasse régulièrement le seuil d’excellence de 0,95 (variant usuellement de 0,94 à 0,98) ;
- Le Tucker-Lewis Index (TLI) excède également 0,95 ;
- L’erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation – RMSEA) se situe de manière consistante entre 0,042 et 0,061 (avec un intervalle de confiance à 90 % strictement inférieur à 0,08) ;
- Le résidu quadratique moyen standardisé (Standardized Root Mean Square Residual – SRMR) demeure inférieur à 0,050.
De surcroît, des études d’invariance de mesure multigroupe ont vérifié l’équivalence métrique, configurationnelle et scalaire du modèle à travers les sexes (hommes vs femmes), les classes d’âge (sujets jeunes vs personnes âgées) et les statuts pathologiques (patients coronariens vs témoins sains), garantissant que les différences de scores observées traduisent d’authentiques variations psychologiques et non des artéfacts instrumentaux.
10. Instrument de mesure / Instrument
Le DS14 présente un format rigoureux et ergonomique conçu pour une passation rapide sans surcharge cognitive pour le patient :
- Type de test : Questionnaire psychométrique standardisé d’auto-évaluation (auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé).
- Format : Inventaire auto-administré composé d’énoncés concis rédigés à la première personne du singulier.
- Nombre total d’items : 14 items.
- Répartition des sous-échelles :
- Affectivité Négative (NA) : 7 items (items 2, 4, 5, 7, 9, 12 et 13).
- Inhibition Sociale (SI) : 7 items (items 1, 3, 6, 8, 10, 11 et 14).
- Format des réponses : Échelle de Likert ordinale en 5 points graduée comme suit :
- 0 = Faux (False)
- 1 = Plutôt faux (Rather false)
- 2 = Neutre / Ni vrai ni faux (Neutral)
- 3 = Plutôt vrai (Rather true)
- 4 = Vrai (True)
- Inversion de cotation : Deux items appartenant à la sous-échelle d’Inhibition Sociale sont formulés de manière positive et requièrent une inversion obligatoire de leur score avant calcul (0 devient 4, 1 devient 3, 2 reste 2, 3 devient 1, 4 devient 0). Il s’agit des items 1 et 3.
- Calcul des scores continus : Le score de chaque sous-échelle s’obtient par la somme arithmétique simple de ses 7 items respectifs (après inversion des items 1 et 3). Les scores de NA et de SI s’échelonnent chacun de 0 à 28 points.
- Critères de classification catégorielle (Type D) : Un individu est classé comme présentant une personnalité de Type D s’il satisfait simultanément au double critère seuil standardisé :
- Score NA ≥ 10 ET Score SI ≥ 10.
Tout sujet n’atteignant pas l’un ou l’autre de ces deux seuils (par exemple, NA ≥ 10 mais SI < 10, ou inversement) est classé comme non-Type D.
- Temps moyen de passation : Environ 2 à 4 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2005 (version standardisée DS14 publiée dans la revue Psychosomatic Medicine).
- Auteur détenteur des droits : Johan Denollet (Tilburg University, CoRPS) / Wolters Kluwer Health – Lippincott Williams & Wilkins.
- Conditions d’utilisation et permissions : Dans sa publication originale de 2005, Johan Denollet a mis l’échelle à la disposition de la communauté médicale et scientifique pour un usage non commercial de recherche et de pratique clinique académique. L’instrument peut être utilisé sans frais de licence dans le cadre de protocoles d’investigation universitaires ou de soins hospitaliers, sous réserve d’une citation bibliographique formelle de l’article princeps de 2005.
- Utilisations commerciales : Tout usage dans le cadre d’essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique, d’applications logicielles commerciales lucratives ou de réimpression dans des manuels payants nécessite une autorisation préalable accordée par le détenteur légal des droits d’édition de la revue ou le département de transfert technologique de l’Université de Tilbourg.
- Tarifs : Gratuit pour les chercheurs académiques et les cliniciens du secteur public de santé.
12. Références / References
Les sources bibliographiques clés fondatrices du construit et des propriétés de l’échelle comprennent :
- Denollet, J. (2005). DS14: Standard assessment of negative affectivity, social inhibition, and Type D personality. Psychosomatic Medicine, 67(1), 89–97. https://doi.org/10.1097/01.psy.0000149256.81953.49
- Denollet, J., Sys, S. U., Stroobant, N., Rombouts, H., Gillebert, T. C., & Brutsaert, D. L. (1996). Personality as independent predictor of long-term mortality in patients with coronary heart disease. The Lancet, 347(8999), 417–421. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(96)90007-0
- Kupper, N., & Denollet, J. (2018). Type D personality as a risk factor in coronary heart disease: a review of current evidence. Current Cardiology Reports, 20(11), Article 104. https://doi.org/10.1007/s11886-018-1048-x
- Mols, F., & Denollet, J. (2010). Type D personality in the general population: a systematic review of health status, mechanisms of disease, and work-related problems. Health and Quality of Life Outcomes, 8(1), Article 9. https://doi.org/10.1186/1477-7525-8-9
- Grande, G., Romppel, M., & Barth, J. (2012). Association between type D personality and prognosis in patients with cardiovascular diseases: a systematic review and meta-analysis. Annals of Behavioral Medicine, 43(3), 299–310. https://doi.org/10.1007/s12160-011-9339-0
- Suls, J., & Bunde, J. (2005). Anger, anxiety, and depression as risk factors for cardiovascular disease: the problems and implications of overlapping affective dispositions. Psychological Bulletin, 131(2), 260–300. https://doi.org/10.1037/0033-2909.131.2.260
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items officiels de l’échelle DS14 sont protégés par le droit d’auteur détenu par l’éditeur scientifique de la publication originale (Psychosomatic Medicine / Wolters Kluwer Health) et le laboratoire CoRPS de l’Université de Tilbourg. Bien que l’outil soit largement diffusé dans le milieu académique, les items complets standardisés doivent être consultés dans l’article princeps de Johan Denollet (2005).
Response scale:
- 0 = False
- 1 = Rather false
- 2 = Neutral
- 3 = Rather true
- 4 = True
Items:
- I make contact easily when I meet people. (Social Inhibition — Reversed item)
- I often make a fuss about unimportant things. (Negative Affectivity)
- I often talk to strangers. (Social Inhibition — Reversed item)
- I often feel unhappy. (Negative Affectivity)
- I am often irritated. (Negative Affectivity)
- I find it hard to start a conversation. (Social Inhibition)
- I take a gloomy view of things. (Negative Affectivity)
- I find it difficult to talk to people. (Social Inhibition)
- I am often in a bad mood. (Negative Affectivity)
- I am a closed person. (Social Inhibition)
- I would rather keep people at a distance. (Social Inhibition)
- I often find myself worrying about something. (Negative Affectivity)
- I am often down in the dumps. (Negative Affectivity)
- When socializing, I don’t find it easy to talk about other things. (Social Inhibition)