Échelle de personnalité altruiste

L’Échelle de personnalité altruiste (Self-Report Altruism Scale – SRA) développée par Rushton, Chrisjohn et Fekken (1981) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation de 20 items mesurant la fréquence des comportements prosociaux et altruistes concrets dans la vie quotidienne.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 8, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 8, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle de personnalité altruiste (souvent désignée dans la littérature scientifique anglophone sous le nom de Self-Report Altruism Scale ou SRA), développée initialement par J. Philippe Rushton, Roland D. Chrisjohn et G. Cynthia Fekken en 1981, constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la disposition générale d’un individu à adopter des comportements d’aide désintéressés, principalement envers des inconnus. Face aux débats théoriques des années 1970 opposant la perspective situationniste aux théories dispositionnelles de la personnalité, cet outil a été élaboré pour démontrer l’existence d’un trait stable de personnalité altruiste, caractérisé par une consistance transsituationnelle robuste.

L’instrument se compose de 20 items décrivant des actes prosociaux concrets et écologiquement valides de la vie quotidienne, tels que donner des indications routières, céder sa place dans les transports, faire don de son sang, aider à pousser une voiture en panne ou contribuer financièrement à des organisations caritatives. Les participants évaluent la fréquence passée de réalisation de chacun de ces comportements sur une échelle ordinale de type Likert en 5 points (allant de 1 = Jamais à 5 = Très souvent, ou cotée de 0 à 4 selon les variantes d’administration). La structure de l’échelle est fondamentalement unidimensionnelle, reflétant un facteur général de prosocialité comportementale.

Sur le plan des propriétés psychométriques, l’échelle démontre une cohérence interne élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,89 dans divers échantillons universitaires et communautaires, ainsi qu’une excellente stabilité temporelle test-retest (r > 0,80 sur des intervalles de plusieurs semaines). Sa validité de construit est étayée par des corrélations positives significatives avec l’empathie dispositionnelle, le raisonnement moral post-conventionnel et les évaluations par les pairs, tout en conservant une indépendance satisfaisante vis-à-vis des biais de désirabilité sociale. L’échelle demeure l’un des instruments les plus cités et utilisés en psychologie sociale et différentielle pour évaluer les tendances altruistes réelles.

2. Mots-clés

Altruisme, personnalité altruiste, comportement prosocial, psychométrie, évaluation de la personnalité, empathie, échelle d’auto-évaluation, consistance comportementale, psychologie sociale, validité transculturelle.

3. Auteurs

L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs du Département de psychologie de l’Université de Western Ontario (University of Western Ontario, London, Ontario, Canada) :

  • J. Philippe Rushton, Ph.D. (1943–2012) — Professeur titulaire de psychologie, Université de Western Ontario, Canada. Spécialiste de la psychologie différentielle, du développement social et des bases évolutionnistes des comportements prosociaux.
  • Roland D. Chrisjohn, Ph.D. — Chercheur associé et psychologue, Département de psychologie, Université de Western Ontario, Canada. Ses contributions portent sur les méthodes quantitatives et l’analyse dimensionnelle des traits prosociaux.
  • G. Cynthia Fekken, Ph.D. — Professeure de psychologie, Université Queen’s (Kingston, Ontario, Canada). Spécialiste reconnue de la psychométrie appliquée, de l’évaluation clinique de la personnalité et de la structure factorielle des tests psychologiques.

4. Objectif

L’objectif central de l’Échelle de personnalité altruiste est de mesurer de manière quantitative, standardisée et reproductible la propension d’un individu à accomplir des actes altruistes concrets dans son environnement naturel. Au moment de sa création en 1981, la psychologie sociale était dominée par un paradigme situationniste influencé par les travaux pionniers de Bibb Latané et John Darley sur l’effet du témoin, ainsi que par les critiques formulées par Walter Mischel à l’encontre de la validité prédictive des traits globaux de personnalité. De nombreux théoriciens postulaient que l’aide apportée à autrui dépendait quasi exclusivement des contingences environnementales immédiates (pression temporelle, présence d’autres observateurs, coût perçu de l’aide, ambiguïté de la situation critique) plutôt que de dispositions intrinsèques.

Rushton et ses collaborateurs ont développé cet instrument pour mettre à l’épreuve l’hypothèse de la consistance comportementale. En s’appuyant sur le principe psychométrique d’agrégation théorisé par Seymour Epstein, les auteurs ont postulé que si des actes d’aide isolés sont fortement soumis aux variations contextuelles, l’accumulation d’une grande variété de comportements prosociaux à travers le temps et les contextes révèle l’existence d’une structure dispositionnelle stable : la personnalité altruiste.

Dans le domaine de la recherche fondamentale, l’échelle permet :

  • D’explorer les antécédents développementaux, affectifs et cognitifs du comportement prosocial, en reliant le score global à des variables telles que le niveau de jugement moral de Kohlberg, l’empathie dispositionnelle et la prise de perspective cognitive.
  • De tester des modèles prédictifs liant les dispositions altruistes à des comportements réels en laboratoire ou sur le terrain (p. ex., la promptitude à participer à des études non rémunérées, le don réel de sang ou l’adhésion à des programmes de mentorat bénévole).
  • D’examiner les interactions gène-environnement et les trajectoires longitudinales de la prosocialité tout au long de la vie d’adulte.

Sur le plan des applications appliquées et organisationnelles, l’instrument fournit une base objective pour :

  • La sélection et l’évaluation du personnel dans les professions d’aide, les organisations non gouvernementales humanitaires et les services de secours d’urgence, où la motivation intrinsèque à secourir autrui constitue une compétence critique.
  • L’évaluation de l’efficacité d’interventions éducatives ou de programmes de développement de la citoyenneté visant à encourager les conduites solidaires au sein des communautés scolaires et universitaires.

5. Construit psychologique

Le construit mesuré par l’Échelle de personnalité altruiste est défini comme une propension motivationnelle et comportementale stable à procurer des bénéfices à autrui, souvent au détriment d’un coût personnel modéré en termes de temps, d’effort ou de ressources matérielles, et ce en l’absence de promesses de rétributions tangibles externes. Contrairement aux approches mesurant uniquement des intentions verbales ou des dispositions affectives (comme l’empathie pure), cette échelle ancre directement l’évaluation dans la fréquence déclarée de comportements effectifs passés.

Unidimensionnalité et agrégation comportementale

Bien que le score total soit calculé de manière globale pour refléter une dimension unique d’altruisme, l’analyse minutieuse des 20 items révèle que le construit englobe plusieurs sous-domaines comportementaux interconnectés :

  • Aide directe d’urgence ou de dépannage envers des inconnus : Ces comportements impliquent une intervention physique ou logistique immédiate face à une personne non familière en détresse ou en difficulté temporaire (p. ex., item 1 : aider à pousser la voiture d’un inconnu en panne d’essence ou en panne mécanique ; item 18 : proposer son aide à un piéton âgé ou handicapé pour traverser la rue ; item 9 : aider un inconnu à porter des paquets ou des livres).
  • Générosité financière et dons matériels : Cette facette implique l’abandon volontaire de ressources économiques au profit d’inconnus ou d’organisations philanthropiques (p. ex., item 4 : donner de l’argent à un organisme caritatif ; item 5 : donner de l’argent directement à un mendiant ou un inconnu qui en fait la demande ; item 6 : faire don de vêtements ou d’articles ménagers à une organisation d’entraide ; item 15 : acheter délibérément des cartes de vœux caritatives).
  • Don de soi et investissement temporel civique : Ces comportements se caractérisent par un investissement corporel ou un engagement soutenu dans le temps (p. ex., item 8 : faire don de son sang ; item 7 : s’engager comme bénévole pour une cause caritative). Le don du sang, en particulier, représente un indicateur psychométrique particulièrement pur de l’altruisme désintéressé, n’apportant aucune récompense matérielle et imposant un inconfort physique minime mais réel.
  • Courtoisie et concessions pro-sociales de la vie quotidienne : Ces items ciblent les micro-sacrifices de confort personnel en milieu urbain ou public (p. ex., item 10 : retenir la porte d’un ascenseur pour un inconnu ; item 11 : laisser passer quelqu’un devant soi dans une file d’attente de supermarché ou de restaurant rapide ; item 19 : céder sa place assise dans un autobus ou un train à un voyageur debout).
  • Honnêteté et intégrité morale réparatrice : L’item 13 (signaler une erreur d’encaissement commise en sa faveur par un caissier dans une banque ou un magasin) opérationnalise une facette cruciale du construit : la primauté accordée à l’équité et aux droits d’autrui au détriment d’un profit financier personnel indu.
  • Soutien communautaire et de voisinage : Les items 14 (prêter un objet de valeur à un voisin peu connu), 17 (garder bénévolement les enfants ou les animaux d’un voisin sans rémunération) et 20 (aider une connaissance à déménager) évaluent la volonté d’étendre la sphère de bienveillance à la communauté élargie au-delà du cercle des intimes.

6. Cadre théorique

L’échelle s’inscrit au carrefour de la théorie des traits de personnalité de Gordon Allport, du principe d’agrégation de Seymour Epstein et des approches sociobiologiques et évolutionnistes développées à la fin du XXe siècle par Robert Trivers (altruisme réciproque) et William D. Hamilton (sélection de parentèle).

Le principe d’agrégation d’Epstein et la réponse au situationnisme

Au cœur de la formulation de l’échelle réside la démonstration que les paradoxes apparents du situationnisme résultaient d’erreurs de mesure psychométrique. Epstein (1979) a démontré que la mesure d’un comportement isolé lors d’une seule occasion présente une fidélité proche de zéro car la variance spécifique de la situation domine. En revanche, lorsque les observations comportementales sont agrégées sur un large spectre d’occasions et de contextes, l’erreur de mesure non systématique s’annule, faisant émerger un coefficient de fidélité et une variance partagée stables reflétant un trait profond.

Rushton et ses collègues ont opérationnalisé ce principe : un individu peut très bien refuser de prendre un auto-stoppeur (item 12) pour des motifs légitimes de sécurité personnelle sans cesser d’être profondément altruiste, s’il compense par des dons de sang fréquents (item 8), du bénévolat associatif (item 7) et une courtoisie systématique dans les espaces publics (items 10, 11, 19). Le score agrégé capture le trait latent de manière beaucoup plus valide qu’un quelconque acte unique observé en laboratoire.

La théorie de la personnalité altruiste

Rushton a formalisé l’existence d’une « constellation altruiste » intégrant plusieurs composantes psychologiques :

  • Décentration cognitive et empathie : En référence aux travaux de C. Daniel Batson sur l’hypothèse empathie-altruisme, l’individu altruiste manifeste une facilité à adopter la perspective d’autrui, déclenchant une préoccupation empathique (plutôt qu’une détresse personnelle égocentrée).
  • Développement moral post-conventionnel : Dans la lignée de Lawrence Kohlberg, la personnalité altruiste est caractérisée par des principes éthiques intériorisés de justice universelle et de responsabilité sociale, transcendant la simple crainte des sanctions ou la recherche d’approbation extérieure.
  • Locus de contrôle interne : Les individus altruistes estiment que leurs actions ont un impact direct sur le bien-être d’autrui et qu’ils possèdent l’efficacité personnelle nécessaire pour modifier positivement le cours des événements.

7. Validité

Les études empiriques initiales menées par Rushton, Chrisjohn et Fekken (1981) ainsi que de multiples réplications internationales indépendantes ont établi des preuves rigoureuses quant aux différentes facettes de la validité de l’échelle.

Validité convergente

La validité convergente de la SRA a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives avec de multiples échelles psychologiques évaluant des construits apparentés :

  • Jugement moral : Corrélation modérée et positive (r = 0,23 à 0,35, p < 0,01) avec les scores du Defining Issues Test (DIT) de James Rest, mesurant le raisonnement moral de principe selon le modèle kohlbergien.
  • Empathie dispositionnelle : Associations positives significatives avec l’Interpersonal Reactivity Index (IRI) de Mark Davis, en particulier avec les sous-échelles de Préoccupation empathique (r = 0,34 à 0,46) et de Prise de perspective (r = 0,28 à 0,39).
  • Responsabilité sociale : Corrélations fortes avec l’échelle de responsabilité sociale de Berkowitz et Daniels (r = 0,39 à 0,44).
  • Modèle HEXACO de la personnalité : Dans les recherches contemporaines, l’échelle montre des corrélations très fortes avec la dimension Honnêteté-Humilité (r = 0,38 à 0,52) et la dimension Agréabilité (r = 0,32 à 0,45).

Validité de critère et comportementale

Pour éliminer le biais potentiel propre aux questionnaires auto-rapportés, Rushton et ses collègues ont soumis l’instrument à des validations de critère rigoureuses :

  • Évaluations par les pairs (Multi-trait Multi-méthode) : Dans une série d’études, les scores auto-rapportés des participants sur l’échelle ont été corrélés avec les évaluations de leur altruisme fournies indépendamment par leurs pairs et amis proches (r = 0,35 à 0,55, p < 0,001), prouvant que les individus auto-évalués comme altruistes sont également perçus comme tels par leur entourage.
  • Comportements effectifs observés en laboratoire : Les scores à l’échelle prédisent significativement la participation spontanée à des expériences futures non rémunérées, la signature de promesses de don d’organes, et la proportion d’argent gagné lors d’une tâche expérimentale reversée anonymement à une organisation caritative (r = 0,25 à 0,40).

Validité discriminante et contrôle de la désirabilité sociale

Un enjeu psychométrique majeur pour une échelle mesurant des conduites vertueuses réside dans sa résistance au travestissement positif des réponses. L’échelle a été confrontée à l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne (MC-SDS). Les corrélations obtenues se situent généralement entre r = 0,10 et r = 0,19 (non significatives ou très faibles), démontrant que la variance mesurée par l’instrument n’est pas réductible à un besoin d’approbation sociale ou à une tendance au mensonge systématique.

8. Fidélité

La fidélité de l’Échelle de personnalité altruiste a été abondamment documentée dans la publication originale de 1981 ainsi que dans des travaux ultérieurs menés sur des populations étudiantes, professionnelles et tout-venant à l’échelle internationale.

Cohérence interne

La consistance interne des 20 items a été évaluée au moyen du coefficient alpha de Cronbach à travers plusieurs études pilotes et échantillons de confirmation indépendants :

  • Dans l’échantillon initial d’étudiants universitaires canadiens (N = 416), Rushton, Chrisjohn et Fekken ont rapporté un coefficient alpha global de 0,89 pour la version finale à 20 items.
  • Dans un échantillon de réplication indépendant (N = 250), le coefficient s’est maintenu à 0,84.
  • Des études internationales ultérieures (adaptations en espagnol, allemand, turc et chinois) rapportent des valeurs d’alpha de Cronbach comprises entre 0,78 et 0,88, témoignant d’une excellente homogénéité du pool d’items.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,30 et 0,62, confirmant que chaque énoncé contribue de façon substantielle au score global sans qu’aucun item ne vienne affaiblir la fiabilité de l’instrument.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle a été documentée lors d’administrations répétées :

  • Sur un intervalle de réévaluation de deux à quatre semaines, le coefficient de corrélation test-retest atteint r = 0,84 à 0,89 (p < 0,001), attestant d’une excellente stabilité à court terme.
  • Des études longitudinales menées sur des intervalles allant de six mois à un an rapportent des coefficients de corrélation de stabilité oscillant entre r = 0,70 et 0,76, ce qui démontre la pérennité temporelle du trait mesuré, caractéristique essentielle d’un trait structural de personnalité.

9. Analyse factorielle

La structure factorielle de l’instrument a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies.

Structure unifactorielle primaire

Dans l’étude princeps de 1981, une analyse en composantes principales (ACP) sans rotation a révélé qu’un premier facteur général non tourné expliquait une part substantielle de la variance totale (environ 25 à 30 % de la variance), sur lequel l’ensemble des 20 items présentaient des saturations factorielles positives notables, majoritairement supérieures à 0,35. Ce résultat a fourni l’argument mathématique central soutenant l’utilisation d’un score composite unique sommé représentant la « personnalité altruiste globale ».

Sous-structures multidimensionnelles secondaires

Bien que l’unidimensionnalité au premier ordre soit la convention de cotation standard, des analyses factorielles exploratoires subséquentes avec rotation orthogonale (Varimax) ou oblique (Promax) réalisées par d’autres équipes psychométriques ont souvent mis en évidence une structure sous-jacente en trois ou quatre facteurs de second ordre :

  • Facteur 1 : Altruisme envers les étrangers et civisme public (Items 1, 2, 3, 9, 10, 11, 12, 18, 19). Ce facteur regroupe les actions d’aide physique spontanée et de courtoisie réalisées au bénéfice de personnes inconnues dans l’espace public (saturations entre 0,42 et 0,71).
  • Facteur 2 : Philanthropie financière et dons institutionnels (Items 4, 5, 6, 7, 8, 15). Ce pôle regroupe les dons monétaires, le don du sang, les dons de vêtements et le bénévolat associatif structuré (saturations entre 0,45 et 0,68).
  • Facteur 3 : Solidarité d’entraide communautaire et de proximité (Items 14, 16, 17, 20). Ce facteur s’articule autour de l’aide fournie à des voisins, des camarades de classe ou des connaissances immédiates (saturations entre 0,38 et 0,65).
  • Facteur 4 : Honnêteté et intégrité morale individuelle (Item 13). L’item concernant le signalement d’une erreur de monnaie sature parfois de manière isolée sur un facteur résiduel de droiture personnelle.

Les analyses factorielles confirmatoires contemporaines (AFC) indiquent qu’un modèle hiérarchique (modèle bifactoriel ou de second ordre), comportant un facteur général d’altruisme surplombant ces trois sous-dimensions de premier ordre, affiche des indices d’adéquation robustes (CFI > 0,92, TLI > 0,90, RMSEA < 0,06), ce qui justifie pleinement l’usage continue du score total univarié dans les protocoles de recherche standardisés.

10. Instrument de mesure

  • Type de mesure : Échelle psychométrique d’auto-évaluation comportementale standardisée (questionnaire papier-crayon ou numérique).
  • Nombre total d’items : 20 items rédigés à la première personne du singulier.
  • Format des réponses : Échelle ordinale de fréquence de type Likert en 5 points :
    • 1 = Jamais (Never)
    • 2 = Une fois (Once)
    • 3 = Plus d’une fois (More than once)
    • 4 = Souvent (Often)
    • 5 = Très souvent (Very Often)

    (Note : Certaines variantes attribuent les cotes de 0 à 4 ; le système d’origine de 1981 utilise les valeurs de 1 à 5).

  • Cotation et calcul du score :
    • Tous les items sont formulés dans le sens direct (aucun item inversé).
    • Le score global s’obtient en faisant la somme arithmétique simple des réponses aux 20 items.
    • Étendue théorique du score : de 20 à 100 (ou de 0 à 80 selon le codage 0-4).
    • Le score est interprété comme une mesure continue : plus le score global est élevé, plus le répondant manifeste une propension dispositionnelle élevée à s’engager dans des comportements altruistes et prosociaux.
  • Temps moyen de passation : Environ 5 à 8 minutes.
  • Population cible : Adultes et jeunes adultes (dès 16 ans) en population générale ou clinique.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication initiale : 1981, dans la revue internationale Personality and Individual Differences.
  • Statut des droits et conditions d’accès : L’Échelle de personnalité altruiste relève du domaine de la recherche académique ouverte. Elle a été publiée dans son intégralité avec sa matrice d’items dans l’article princeps de Rushton, Chrisjohn et Fekken (1981).
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour l’enseignement, la recherche scientifique et l’évaluation universitaire non commerciale. Aucune redevance n’est exigée pour son administration.
  • Exigence d’autorisation : Aucune autorisation formelle préalable n’est nécessaire pour une utilisation académique, sous réserve de citer scrupuleusement l’article original de référence dans toute communication ou publication scientifique découlant des travaux. Pour tout usage commercial ou intégration dans des progiciels propriétaires payants, les autorisations doivent être sollicitées auprès des ayants droit ou de l’éditeur de la revue source (Elsevier).

12. Références

  • Batson, C. D. (1991). The altruism question: Toward a social-psychological answer. Lawrence Erlbaum Associates. https://doi.org/10.4324/9781315808215
  • Berkowitz, L., & Daniels, L. R. (1964). Affecting the salience of the social responsibility norm: effects of past help on the response to dependency relationships. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 68(3), 275–281. https://doi.org/10.1037/h0040165
  • Epstein, S. (1979). The stability of behavior: I. On predicting most of the people much of the time. Journal of Personality and Social Psychology, 37(7), 1097–1126. https://doi.org/10.1037/0022-3514.37.7.1097
  • Kohlberg, L. (1984). The psychology of moral development: The nature and validity of moral stages. Harper & Row.
  • Penner, L. A., Fritzsche, B. A., Craiger, J. P., & Freifeld, T. S. (1995). Measuring the prosocial personality. Dans J. N. Butcher & C. D. Spielberger (Eds.), Advances in personality assessment (Vol. 10, pp. 147–163). Lawrence Erlbaum Associates.
  • Rushton, J. P., Chrisjohn, R. D., & Fekken, G. C. (1981). The altruistic personality and the self-report altruism scale. Personality and Individual Differences, 2(4), 293–302. https://doi.org/10.1016/0191-8869(81)90084-2
  • Rushton, J. P. (1984). The altruistic personality: Evidence from laboratory, naturalistic, and self-report perspectives. Dans E. Staub, D. Bar-Tal, J. Karylowski, & J. Reykowski (Eds.), Development and maintenance of prosocial behavior (pp. 271–290). Springer. https://doi.org/10.1007/978-1-4613-2645-8_17

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Using the following scale, please select the category that conforms to the frequency with which you have carried out the following acts:

1 = Never  | 
2 = Once  | 
3 = More than once  | 
4 = Often  | 
5 = Very Often

  1. I have helped push a stranger’s car that was broken down or out of gas.
  2. I have given directions to a stranger.
  3. I have made change for a stranger.
  4. I have given money to a charity.
  5. I have given money to a stranger who needed it (or asked me for it).
  6. I have donated goods or clothes to a charity.
  7. I have done volunteer work for a charity.
  8. I have donated blood.
  9. I have helped carry a stranger’s belongings (books, parcels, etc).
  10. I have delayed an elevator and held the door open for a stranger.
  11. I have allowed someone to go ahead of me in a lineup (in the supermarket, at a copy machine, at a fast-food restaurant).
  12. I have given a stranger a lift in my car.
  13. l have pointed out a clerk’s error (in a bank, at the supermarket) in undercharging me for an item.
  14. I have let a neighbor whom I didn’t know too well borrow an item of some value to me (eg, a dish, tools, etc).
  15. I have bought ‘charity’ holiday cards deliberately because I knew it was a good cause.
  16. I have helped a classmate who I did not know that well with an assignment when my knowledge was greater than his or hers.
  17. I have, before being asked, voluntarily looked after a neighbor’s pets or children without being paid for it.
  18. I have offered to help a handicapped or elderly stranger across a street.
  19. I have offered my seat on a bus or train to a stranger who was standing.
  20. I have helped an acquaintance to move households.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 8). Échelle de personnalité altruiste. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-personnalite-altruiste-2/
Looti, Mohammed. “Échelle de personnalité altruiste.” Base de données de psychologie en français, 8 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-personnalite-altruiste-2/.
Looti, Mohammed. “Échelle de personnalité altruiste.” Base de données de psychologie en français. octobre 8, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-personnalite-altruiste-2/.