1. Résumé
L’Échelle de persistance motivationnelle (Motivational Persistence Scale, MPS ou PS) est un instrument psychométrique développé par Ticu Constantin, Andrei Holman et Ana Maria Hojbotă (2011, 2012) à l’Université Alexandru Ioan Cuza de Iași. Cet outil vise à évaluer la capacité d’un individu à maintenir ses efforts et sa motivation orientés vers des objectifs précis, en dépit des obstacles, de la fatigue, de la démotivation passagère ou des délais temporels prolongés. Contrairement aux approches traditionnelles qui appréhendent la persévérance comme un trait unidimensionnel et statique, la MPS conceptualise la persistance motivationnelle comme un construit multidimensionnel dynamique articulé autour de trois composantes distinctes mais interdépendantes : la poursuite des buts à long terme (Long-term purposes pursuing), la poursuite des buts actuels (Current purposes pursuing) et la récurrence des buts non atteints (Recurrence of unattained purposes).
Composée de 13 items mesurés sur une échelle de réponse de type Likert en 5 points allant de 1 (« degré très faible » / very low degree) à 5 (« degré très élevé » / very high degree), l’échelle offre une mesure économique, rapide et robuste. Sur le plan psychométrique, les analyses factorielles confirmatoires appuient la validité de la structure trifactorielle hiérarchique. Les indices de consistance interne sont satisfaisants, avec des coefficients alpha de Cronbach se situant généralement autour de 0,79 pour le score global, et oscillant entre 0,72 et 0,76 pour les trois sous-échelles dans les échantillons normatifs initiaux. L’instrument présente une validité convergente et prédictive solide, corrélant de manière positive avec la conscienciosité, le sentiment d’auto-efficacité, la ténacité (grit) et la performance académique et professionnelle, tout en fournissant une perspective novatrice sur la rumination productive liée aux objectifs inachevés (effet Zeigarnik).
2. Mots-clés
persistance motivationnelle, autorégulation, poursuite d’objectifs, psychométrie, motivation d’accomplissement, ténacité, constance de l’effort, récurrence des buts, psychologie organisationnelle, évaluation psychologique
3. Auteurs
L’Échelle de persistance motivationnelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs roumains spécialisés en psychologie du travail, psychologie organisationnelle et psychométrie cognitive :
- Ticu Constantin : Professeur des universités, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation, Université Alexandru Ioan Cuza de Iași, Roumanie. Spécialiste de la motivation au travail, de l’évaluation du personnel et des dynamiques organisationnelles.
- Andrei Holman : Professeur associé, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation, Université Alexandru Ioan Cuza de Iași, Roumanie. Spécialiste de la cognition sociale, de la prise de décision et de la modélisation psychométrique.
- Ana Maria Hojbotă : Chercheuse et psychologue organisationnelle, affiliée à l’Université Alexandru Ioan Cuza de Iași, Roumanie, travaillant sur les processus d’accomplissement et de persévérance professionnelle.
4. Objectif
L’objectif principal de l’Échelle de persistance motivationnelle est de fournir aux chercheurs et aux praticiens une mesure standardisée, fiable et théoriquement fondée des mécanismes motivationnels sous-tendant la poursuite continue d’activités dirigées vers des buts. Alors que de nombreuses théories de la motivation s’intéressent prioritairement à l’initiation de l’action ou au choix d’un comportement (la direction et l’intensité initiale), la phase volitive — c’est-à-dire le maintien de l’énergie et la protection de l’intention face aux interférences concurrentes et aux échecs répétés — demeure un déterminant critique de la réussite à long terme.
Dans le domaine de la recherche fondamentale, la MPS permet d’étudier la mécanique fine de la régulation de l’action (Kuhl, 1984) et de dissocier la persévérance exécutive immédiate de la fidélité aux idéaux stratégiques lointains. Elle répond également à la nécessité d’examiner le statut des buts abandonnés ou suspendus : comment l’esprit humain traite-t-il les projets interrompus, et dans quelle mesure cette réactivation cognitive sert-elle de catalyseur ou d’entrave à de nouveaux apprentissages ?
Dans le secteur de la psychologie organisationnelle et du travail, l’outil trouve des applications directes dans les processus de sélection, de bilan de compétences, de développement du leadership et de prévention de l’épuisement professionnel. Il permet d’identifier les collaborateurs capables de persévérer sur des projets pluriannuels complexes, d’évaluer la résilience face aux obstacles opérationnels immédiats, et de détecter d’éventuels schémas de fixation dysfonctionnelle sur des objectifs caducs. Dans le cadre académique et scolaire, la MPS est employée pour diagnostiquer les risques de décrochage, prédire l’achèvement des cursus universitaires exigeants et structurer des interventions de remédiation volitionnelle.
5. Construit psychologique
La persistance motivationnelle est conceptualisée dans ce modèle non pas comme un simple équivalent de l’entêtement ou de la rigidité comportementale, mais comme une compétence d’autorégulation flexible et prospective. L’architecture du construit repose sur trois dimensions distinctes :
1. Poursuite des buts à long terme (Long-term purposes pursuing)
Cette dimension reflète la disposition de l’individu à s’engager de manière durable et constante dans des projets dont l’aboutissement nécessite des mois, voire des années d’investissement soutenu. Elle capture la capacité à tolérer la gratification différée, à maintenir une vision téléologique claire par-delà les vicissitudes du quotidien et à réinvestir continuellement des ressources cognitives et physiques dans des aspirations fondamentales. Les individus obtenant un score élevé sur cette sous-échelle conçoivent leurs efforts actuels comme des jalons indispensables d’un plan global, ce qui immunise leur motivation contre les fluctuations d’humeur ou les revers transitoires.
2. Poursuite des buts actuels (Current purposes pursuing)
Cette composante opérationnelle renvoie à la ténacité de court et moyen terme, mobilisée dans l’arène immédiate de l’action quotidienne. Elle caractérise la résistance aux distractions, la concentration sur les tâches en cours, le refus d’abandonner face à une difficulté technique impromptue et une détermination comparable à celle d’un « bouledogue » qui refuse de lâcher prise avant d’avoir atteint la cible fixée. Alors que la première dimension est d’ordre stratégique et temporellement distale, cette sous-échelle est d’ordre tactique et proximale ; elle mesure l’intensité de l’effort déployé ici et maintenant pour surmonter les frictions inhérentes à l’exécution de la tâche.
3. Récurrence des buts non atteints (Recurrence of unattained purposes)
Caractéristique la plus novatrice du modèle de Constantin et de ses collègues, cette dimension mesure la tendance cognitive spontanée à réexaminer, réévaluer et réactiver des projets ou des opportunités antérieurement suspendus ou abandonnés. Ancrée dans l’héritage des travaux sur l’effet Zeigarnik, cette facette ne traduit pas nécessairement une rumination névrotique stérile, mais plutôt une veille cognitive constructive. L’individu continue de chercher de nouveaux angles d’attaque pour d’anciens problèmes, refuse l’abandon définitif des idéaux qui lui tenaient à cœur et conserve un répertoire latent d’intentions susceptibles d’être réactivées dès lors que les circonstances contextuelles deviennent plus favorables.
6. Cadre théorique
L’Échelle de persistance motivationnelle s’inscrit au carrefour de plusieurs paradigmes majeurs de la psychologie contemporaine de la motivation et de l’autorégulation :
La théorie du contrôle de l’action de Julius Kuhl
La distinction opérée par Julius Kuhl entre la phase pré-décisionnelle (motivationnelle) et la phase post-décisionnelle (volitive) constitue le fondement direct de l’outil. Selon Kuhl, former une intention ne suffit pas à garantir son exécution ; des mécanismes de contrôle de l’attention, de contrôle des émotions et de contrôle des impulsions doivent intervenir pour protéger l’intention dominante contre les tentations concurrentes. La persistance motivationnelle représente l’expression comportementale et cognitive de cette efficacité volitive.
La théorie de la fixation des buts de Locke et Latham
Edwin Locke et Gary Latham ont démontré que les buts spécifiques et difficiles conduisent à des niveaux de performance supérieurs, à condition que l’individu maintienne son engagement envers l’objectif (goal commitment). La persistance mesurée par la MPS opérationnalise la dimension temporelle de cet engagement, montrant comment la clarté téléologique alimente l’énergie mobilisable pour franchir les obstacles séquentiels.
La boucle cybernétique de régulation de Carver et Scheier
Selon Charles Carver et Michael Scheier, l’autorégulation repose sur des boucles de rétroaction comparant l’état actuel à l’état désiré. Lorsque des obstacles surgissent, la persévérance dépend des attentes d’efficacité (expectancies). La persistance motivationnelle reflète le refus d’un désengagement comportemental ou psychologique prématuré face aux écarts négatifs entre la situation présente et le standard visé.
L’effet Zeigarnik et la rémanence des tensions cognitives
Bluma Zeigarnik (1927) avait établi que les tâches inachevées demeurent plus accessibles en mémoire que les tâches accomplies, en raison d’un état de tension mnésique non résolu. La dimension « Récurrence des buts non atteints » capitalise directement sur ce phénomène en le replaçant dans une perspective fonctionnelle : l’inachèvement n’est pas une simple trace passive, mais un processus actif d’exploration mentale orienté vers de futures solutions.
7. Validité
Les propriétés métrologiques de la MPS ont été établies à travers une série d’études rigoureuses menées auprès de populations diversifiées (étudiants de premier et second cycles, employés, cadres du secteur privé et public) représentant plus de 1 200 participants lors des phases initiales de validation.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives avec des instruments mesurant des construits connexes :
- Conscienciosité (Big Five) : Corrélations positives substantielles (r oscillant entre 0,42 et 0,55, p < 0,001), attestant que la persistance partage une part de variance avec l’organisation et le sens du devoir, tout en conservant une spécificité motivationnelle propre.
- Sentiment d’efficacité personnelle générale (GSE de Schwarzer & Jerusalem) : Corrélations positives modérées à fortes (r = 0,38 à 0,48), confirmant que la croyance en ses propres compétences soutient l’effort continu.
- Ténacité (Grit Scale de Duckworth) : Convergence forte avec la composante « persévérance de l’effort » (r > 0,60), validant le cœur du construit de persistance.
- Orientation vers l’accomplissement : Corrélations positives avec le besoin d’accomplissement (Need for Achievement) de McClelland.
Validité discriminante
La MPS se distingue nettement du perfectionnisme névrotique et de la rigidité cognitive. Les corrélations avec le névrosisme sont globalement non significatives ou faiblement négatives pour les deux premières sous-échelles. La sous-échelle de Récurrence des buts non atteints montre des corrélations faibles avec les mesures d’anxiété, prouvant qu’elle mesure une réévaluation stratégique et non une rumination dépressive ou obsessionnelle.
Validité prédictive et incrémentielle
Dans des contextes académiques, la persistance motivationnelle prédit de manière significative la moyenne générale des notes (GPA) au-delà des capacités cognitives générales et des traits de personnalité du modèle à cinq facteurs. En milieu organisationnel, elle explique une part significative de la variance de la performance objective des commerciaux et des évaluations de la performance globale établies par les supérieurs hiérarchiques.
8. Fidélité
Les études empiriques confirment la fidélité de l’Échelle de persistance motivationnelle tant sur le plan de la consistance interne que de la stabilité temporelle :
Consistance interne
Les coefficients de cohérence interne calculés via l’alpha de Cronbach présentent des valeurs homogènes et robustes à travers les différents échantillons d’étalonnage :
- Échelle globale (13 items) : α = 0,79 à 0,83
- Poursuite des buts à long terme (4 items) : α = 0,75 à 0,79
- Poursuite des buts actuels (4 items) : α = 0,76 à 0,78
- Récurrence des buts non atteints (5 items) : α = 0,72 à 0,74
Ces coefficients dépassent largement le seuil standard de 0,70 recommandé par Nunnally pour la recherche fondamentale et appliquée, attestant d’une excellente cohésion des items au sein de leurs dimensions respectives.
Stabilité test-retest
Des évaluations de la fidélité test-retest menées sur un intervalle de quatre à six semaines auprès d’un sous-échantillon d’étudiants ont révélé des coefficients de corrélation intra-classe (ICC) et de Pearson compris entre 0,74 et 0,81 pour l’ensemble des dimensions. Ces données confirment que la persistance motivationnelle fonctionne comme une disposition relativement stable dans le temps, tout en demeurant sensible aux interventions d’entraînement ou de développement personnel.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle de la MPS a été vérifiée par une combinaison séquentielle d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) conformément aux standards méthodologiques actuels :
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Les analyses initiales sur matrice de corrélation de Pearson avec extraction par axes principaux et rotation oblique (Promax) ont fait émerger sans ambiguïté trois facteurs distincts expliquant plus de 52 % de la variance totale des scores. Chaque item s’est révélé saturer principalement sur son facteur théorique cible (saturations factorielles oscillant entre 0,51 et 0,82), sans double saturation substantielle (saturation secondaire inférieure à 0,25 dans tous les cas).
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modèles rivaux ont été comparés à l’aide de l’estimation du maximum de vraisemblance (ML). Le modèle trifactoriel corrélé et le modèle hiérarchique de second ordre (où un facteur général de « Persistance motivationnelle » sous-tend les trois facteurs primaires) ont démontré des indices d’adéquation nettement supérieurs à ceux d’un modèle unidimensionnel :
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : > 0,93
- Indice d’ajustement comparatif (CFI) : > 0,95
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : < 0,055 (intervalle de confiance à 90 % : [0,041 ; 0,068])
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : < 0,050
Les corrélations inter-factorielles entre la « Poursuite des buts à long terme » et la « Poursuite des buts actuels » sont positives et modérément élevées (r ≈ 0,55), tandis que leurs corrélations respectives avec la « Récurrence des buts non atteints » sont plus modérées (r ≈ 0,30 à 0,38), confirmant la pertinence de maintenir cette troisième composante séparée des deux premières.
10. Instrument de mesure
- Nom complet de l’instrument : Échelle de persistance motivationnelle (Motivational Persistence Scale – MPS / PS)
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique (auto-évaluation)
- Nombre total d’items : 13 items formulés sous forme d’énoncés affirmatifs
- Format des réponses : Échelle de Likert à 5 points (1 = very low degree / degré très faible ; 2 = faible degré ; 3 = degré moyen ; 4 = degré élevé ; 5 = very high degree / degré très élevé)
- Structure des sous-échelles :
- Poursuite des buts à long terme (Long-term purposes pursuing) : 4 items (Items 2, 5, 8, 11)
- Poursuite des buts actuels (Current purposes pursuing) : 4 items (Items 3, 6, 9, 12)
- Récurrence des buts non atteints (Recurrence of unattained purposes) : 5 items (Items 1, 4, 7, 10, 13)
- Cotation et calcul des scores : Aucun item inversé. Les scores de chaque sous-échelle s’obtiennent par la somme ou la moyenne arithmétique des items correspondants (score moyen par sous-échelle compris entre 1 et 5). Un score global de persistance motivationnelle peut être calculé par la moyenne des 13 items.
- Temps moyen de passation : Environ 3 à 5 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de conception initiale : 2008 (thèse et monographie de Ticu Constantin) ; publication et validation formelle : 2011/2012.
- Statut du droit d’auteur : Propriété intellectuelle des auteurs (T. Constantin, A. Holman, A. M. Hojbotă).
- Tarif et licence : L’instrument est disponible en libre accès (Open Access) pour un usage scientifique, éducatif et académique à des fins non commerciales.
- Permissions commerciales : Toute utilisation commerciale, intégration dans des plateformes logicielles privées d’évaluation RH ou prestation payante de conseil nécessite l’accord explicite préalable de l’auteur principal (Ticu Constantin, Université Alexandru Ioan Cuza de Iași).
12. Références
Constantin, T. (2008). Determinanți ai motivației în muncă: de la teorie la analiza realității organizaționale [Déterminants de la motivation au travail : de la théorie à l’analyse de la réalité organisationnelle]. Editura Universității „Alexandru Ioan Cuza”.
Constantin, T., Holman, A., & Hojbotă, A. M. (2012). Development and validation of a Motivational Persistence Scale. Psihologija, 45(2), 99–120. https://doi.org/10.2298/PSI1202099C
Carver, C. S., & Scheier, M. F. (1998). On the self-regulation of behavior. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9781139174794
Duckworth, A. L., Peterson, C., Matthews, M. D., & Kelly, D. R. (2007). Grit: Perseverance and passion for long-term goals. Journal of Personality and Social Psychology, 92(6), 1087–1101. https://doi.org/10.1037/0022-3514.92.6.1087
Kuhl, J. (1984). Volitional aspects of achievement motivation and beyond: Toward a comprehensive theory of action control. Dans B. A. Maher & W. B. Maher (Eds.), Progress in experimental personality research (Vol. 13, pp. 99–159). Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-541413-5.50007-3
Locke, E. A., & Latham, G. P. (2002). Building a practically useful theory of goal setting and task motivation: A 35-year odyssey. American Psychologist, 57(9), 705–717. https://doi.org/10.1037/0003-066X.57.9.705
Zeigarnik, B. (1927). Das Behalten erledigter und unerledigter Handlungen [Le souvenir des actions achevées et inachevées]. Psychologische Forschung, 9(1), 1–85. https://doi.org/10.1007/BF02409755
13. Questions et items du questionnaire
Response format:
1 = very low degree to 5 = very high degree
- I often come up with new ideas on an older problem or project.
- I remain motivated even in activities that spread on several months.
- I have a good capacity to focus on daily tasks.
- From time to time I imagine ways to use opportunities that I have given up.
- Long term purposes motivate me to surmount day to day difficulties.
- Once I decide to do something, I am like a bulldog: I don’t give up until I reach the goal.
- Even though it doesn’t matter anymore, I keep thinking of personal aims that I had to give up.
- I purposefully pursue the achievement of the projects that I believe in.
- I continue a difficult task even when the others have already given up on it.
- I often find myself thinking about older initiatives that I had abandoned.
- I keep on investing time and effort in ideas and projects that require years of work and patience.
- The more difficult a task is, the more determined I am to finish it.
- It’s hard for me to detach from an important project that I had given up in favor of others.