Échelle de perception du quartier (PNS)

L’Échelle de perception du quartier (PNS), créée par Martinez, Black et Starr (2002), est un instrument psychométrique mesurant 4 dimensions de l’environnement résidentiel : insertion sociale, sentiment de communauté, satisfaction résidentielle et criminalité perçue.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de perception du quartier (Perceived Neighborhood Scale ou PNS), développée par M. Loreto Martinez, Maureen M. Black et Raymond H. Starr Jr. (2002), est un instrument psychométrique multidimensionnel conçu pour évaluer la manière dont les résidents appréhendent et vivent leur environnement résidentiel immédiat. L’échelle a été initialement élaborée dans le cadre de recherches longitudinales portant sur l’impact de l’écologie sociale et urbaine sur le bien-être familial, le développement de l’enfant et la santé mentale des mères au sein de contextes socio-économiques défavorisés. Composée de 34 items quantitatifs complétés par deux variables descriptives relatives à l’ancrage spatial (durée de résidence et dénomination du quartier), la PNS évalue quatre dimensions fondamentales : l’insertion sociale (Social Embeddedness, 9 items), le sentiment de communauté (Sense of Community, 7 items), la satisfaction à l’égard du quartier (Satisfaction with Neighborhood, 9 items) et la criminalité perçue (Perceived Crime, 9 items).

Le format de réponse varie selon les sous-échelles, combinant des échelles de vraisemblance en cinq points (allant de 1 = « Très probable » à 5 = « Très peu probable »), des échelles de fréquence comportementale temporelle (allant de 1 = « Très souvent / quotidiennement » à 5 = « Très rarement »), et des échelles d’accord de type Likert (allant de 1 = « Fortement d’accord » à 5 = « Fortement en désaccord »). L’instrument se distingue par une rigoureuse démonstration de son invariance factorielle longitudinale à travers plusieurs vagues d’évaluation temporelles, garantissant la stabilité de la mesure lors d’études de cohortes. Les propriétés psychométriques documentées indiquent une cohérence interne satisfaisante à excellente (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,72 et 0,91 selon les sous-échelles), ainsi qu’une validité de construit et une validité convergente étayées par de fortes corrélations avec des indices de stress parental, de soutien social et de bien-être psychologique.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle de perception du quartier, Perceived Neighborhood Scale, PNS, psychologie communautaire, environnement résidentiel, capital social, sentiment de communauté, désorganisation sociale, criminalité perçue, écologie du développement, invariance de mesure, psychométrie.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés en pédiatrie sociale, en psychologie communautaire et en écologie du développement :

  • M. Loreto Martinez, Ph.D. : Professeure et chercheuse en psychologie communautaire, affiliée à l’époque à l’Université du Maryland à Baltimore (University of Maryland School of Medicine) et ultérieurement à la Pontificia Universidad Católica de Chile. Ses travaux portent sur les réseaux de soutien social, le développement communautaire et la résilience chez les familles vulnérables.
  • Maureen M. Black, Ph.D. : Professeure émérite au Département de pédiatrie de l’Université du Maryland School of Medicine, Baltimore, MD, États-Unis. Spécialiste mondialement reconnue de la santé pédiatrique, de la nutrition infantile, du développement de la petite enfance et de l’impact des environnements de précarité sur la trajectoire des enfants. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Raymond H. Starr Jr., Ph.D. : Professeur émérite de psychologie au Département de psychologie de l’Université du Maryland, Baltimore County (UMBC), Baltimore, MD, États-Unis. Spécialiste de la maltraitance infantile, des traumatismes développementaux et de l’impact des facteurs environnementaux et écologiques sur les pratiques parentales.

4. Objectif / Purpose

La création de l’Échelle de perception du quartier découle d’une nécessité théorique et méthodologique fondamentale : dépasser les approches purement objectives ou géographiques du quartier (telles que le revenu médian par secteur de recensement, le taux de chômage censitaire ou les registres officiels de criminalité) pour appréhender l’impact psychologique direct de l’environnement subjectif vécu. En santé publique, en pédiatrie et en psychologie communautaire, les chercheurs ont longtemps été confrontés au constat que les indicateurs macro-structurels n’expliquent qu’imparfaitement la variabilité des comportements parentaux, des niveaux de stress et des trajectoires de développement cognitif ou socio-émotionnel des enfants.

L’objectif central de la PNS est d’offrir une mesure standardisée, quantitative et écologiquement valide des perceptions individuelles du climat social, de la sécurité et de la fonctionnalité des quartiers urbains. Plus spécifiquement, l’outil a été conçu pour :

  • Mesurer l’insertion sociale et la réciprocité de voisinage : quantifier les échanges concrets de biens et de services (garde d’enfants, dépannage alimentaire ou financier) et les interactions informelles régulières entre voisins, qui constituent la première ligne de défense contre le stress d’isolement en milieu urbain.
  • Évaluer le sentiment d’appartenance et de confiance collective : déterminer dans quelle mesure les individus se sentent intégrés, respectés et émotionnellement liés à leur communauté résidentielle, un prédicteur clé de l’auto-efficacité collective.
  • Diagnostiquer la satisfaction face aux infrastructures environnementales : apprécier la qualité perçue du cadre bâti, de l’accès aux transports en commun, des installations de jeux pour les enfants et de l’habitabilité générale du lieu.
  • Quantifier la menace et la délinquance perçues : mesurer l’exposition psychologique à la toxicomanie publique, aux actes de violence, aux agressions et au sentiment d’insécurité nocturne.

Sur le plan des applications cliniques et épidémiologiques, la PNS est largement utilisée dans les protocoles d’intervention précoce visant les familles à risque, les études évaluant l’efficacité des programmes de rénovation urbaine, ainsi que les recherches longitudinales examinant les biomarqueurs du stress chronique (par exemple, l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien) chez les parents et leurs jeunes enfants. Elle permet aux cliniciens et aux décideurs politiques de cibler précisément si un dysfonctionnement communautaire relève d’une carence de capital social, d’un déficit d’infrastructures ou d’une menace criminelle prédominante.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la PNS est la « perception écologique du quartier », une conceptualisation subjective multidimensionnelle intégrant à la fois des aspects relationnels, émotionnels, évaluatifs et sécuritaires. Contrairement à des outils unidimensionnels qui amalgameraient sécurité et sociabilité, Martinez et ses collaborateurs (2002) ont démontré que ces dimensions, bien qu’interconnectées, constituent des entités psychométriques distinctes opérant à différents niveaux du système social.

1. Insertion sociale (Social Embeddedness)

Cette dimension (items 1 à 9) capture le capital social fonctionnel et les réseaux d’échange réciproque informel. Elle se décompose conceptuellement en deux aspects :

  • L’aide mutuelle instrumentale et matérielle : La probabilité perçue de pouvoir solliciter un voisin pour un prêt financier d’urgence, de la nourriture ou une aide critique (garde d’enfant imprévue, surveillance du domicile lors d’une absence), ainsi que la réciprocité de ces demandes (items 1 à 4).
  • La sociabilité informelle et l’engagement communautaire : La fréquence réelle des salutations de courtoisie, des visites à domicile entre voisins, des discussions entre parents et de la participation aux activités collectives du quartier telles que les fêtes paroissiales ou les réunions de résidents (items 5 à 9).

2. Sentiment de communauté (Sense of Community)

Inspirée des travaux fondateurs de McMillan et Chavis, cette dimension (items 10 à 16) mesure la dimension affective, cognitive et morale du lien social au sein du voisinage. Elle ne mesure pas les comportements d’échange concrets, mais le climat de confiance et l’identité partagée :

  • La présence de voisins fiables sur lesquels on peut véritablement compter en cas d’épreuve (item 10).
  • Le sentiment fondamental de confiance mutuelle et d’appartenance collective (« I feel I belong in my neighborhood », items 11 et 12).
  • La sensibilité aux normes communautaires et au regard des pairs (item 13).
  • La chaleur relationnelle globale et la culture d’entraide spontanée (items 14, 15 et 16).

3. Satisfaction à l’égard du quartier (Satisfaction with Neighborhood)

Cette sous-échelle (items 17 à 25) évalue l’adéquation écologique et fonctionnelle de l’environnement physique et institutionnel aux besoins fondamentaux de la famille :

  • L’évaluation globale de la désirabilité résidentielle et de l’évolution temporelle du secteur (quartier en voie de dégradation ou lieu de vie de qualité, items 17 et 18).
  • L’accès aux ressources instrumentales de base, telles que les transports publics et les moyens de communication (items 19 et 22).
  • L’état de dégradation physique du bâti et des cours (item 20).
  • Le désir de déménagement comme indicateur d’aversion environnementale (item 21).
  • L’aptitude perçue du quartier à offrir un cadre sécurisant et enrichissant pour l’éducation des enfants, notamment par la présence d’aires de jeux adaptées (items 23, 24 et 25).

4. Criminalité perçue (Perceived Crime)

La quatrième dimension (items 26 à 34) mesure la perception de la violence, du désordre social visible et des menaces directes pesant sur l’intégrité physique des habitants :

  • Le désordre public visible : présence d’individus perturbateurs, consommation publique d’alcool et trafic/consommation ouverte de stupéfiants (items 26, 27 et 28).
  • L’entrave à la mobilité et à la liberté de mouvement : sentiment d’insécurité lors de déplacements pédestres nocturnes et réticence de l’entourage extérieur (amis et famille) à rendre visite par crainte du secteur (items 29 et 30).
  • La prévalence de la terreur face aux crimes violents : peur collective d’être volé, agressé physiquement, violé ou assassiné au sein du quartier (items 31, 32, 33 et 34).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de la PNS repose sur le croisement de trois grands courants théoriques de la psychologie et de la sociologie contemporaines : le modèle bioécologique du développement humain, la théorie de la désorganisation sociale et la théorie psychologique du sentiment de communauté.

Le modèle bioécologique d’Urie Bronfenbrenner

Selon Urie Bronfenbrenner (1979, 1989), le développement d’un individu est profondément influencé par une hiérarchie de systèmes imbriqués. Si le microsystème familial constitue l’environnement proximal immédiat de l’enfant, le quartier opère comme un exosystème déterminant, qui interagit avec le microsystème via le mésosystème (relations entre parents et pairs du voisinage). Selon cette perspective, les caractéristiques du quartier n’affectent pas uniquement les individus de manière directe, mais médiatisent et modulent les capacités parentales. Un environnement perçu comme violent ou dégradé force les parents à adopter des stratégies éducatives hautement restrictives, épuise leurs ressources psychologiques et augmente le stress parental, compromettant ainsi les processus proximaux d’attachement et de stimulation cognitive.

La théorie de la désorganisation sociale et de l’efficacité collective

Issue de l’École de sociologie de Chicago (Clifford Shaw & Henry McKay, 1942) et modernisée par Robert Sampson, Stephen Raudenbush et Felton Earls (1997), la théorie de la désorganisation sociale stipule que les barrières structurelles (pauvreté concentrée, instabilité résidentielle, hétérogénéité ethnique sans cohésion) entravent la capacité des résidents à maintenir un contrôle social informel. Sampson et ses collègues ont introduit le concept d’efficacité collective (collective efficacy), défini comme la conjonction d’une confiance mutuelle et de la volonté partagée d’intervenir pour le bien commun. La PNS opérationnalise ce cadre en articulant simultanément l’évaluation du désordre visible (théorie des carreaux cassés de Wilson et Kelling), la criminalité perçue et les réseaux d’échange de soutien.

Le modèle psychologique du sentiment de communauté (McMillan & Chavis)

Sur le plan psychologique individuel, David McMillan et David Chavis (1986) ont théorisé le sentiment de communauté (Sense of Community) à travers quatre composantes : l’appartenance (membership), l’influence réciproque (influence), l’intégration et la satisfaction des besoins (integration and fulfillment of needs), et le partage émotionnel (shared emotional connection). La PNS traduit ces composantes théoriques en indicateurs mesurables au niveau du voisinage, permettant d’évaluer dans quelle mesure l’espace géographique devient un espace d’identification positive et de protection psychosociale.

7. Validité / Validity

L’Échelle de perception du quartier a fait l’objet de protocoles de validation rigoureux, documentés initialement par Martinez, Black et Starr (2002) dans un article de référence publié dans le Journal of Community Psychology, et corroborés ultérieurement par plusieurs cohortes pédiatriques et épidémiologiques.

Validité de construit et invariance longitudinale

La contribution méthodologique majeure de l’étude de validation initiale repose sur l’évaluation de l’invariance factorielle longitudinale de l’instrument sur un échantillon de mères afro-américaines vivant dans des quartiers urbains à faibles revenus. L’invariance a été testée sur trois vagues temporelles correspondant à des étapes clés du développement de l’enfant (lorsque les enfants avaient 6 mois, 12 mois et 24 mois). L’invariance de configuration (configural invariance), l’invariance métrique (faible, contraignant les saturations factorielles à l’égalité à travers le temps) et l’invariance scalaire (forte, contraignant les ordonnées à l’origine) ont été confirmées à l’aide de la modélisation en équations structurelles (SEM). Ces analyses ont prouvé que la signification psychométrique des dimensions de la PNS demeure strictement comparable dans le temps, permettant des comparaisons longitudinales valides sans biais de mesure lié au vieillissement de la cohorte ou à l’usure de l’échantillon.

Validité convergente

La validité convergente de la PNS est établie par des associations théoriquement cohérentes et statistiquement significatives avec de multiples instruments psychologiques validés :

  • Soutien social global : La sous-échelle d’insertion sociale (Social Embeddedness) et celle du sentiment de communauté (Sense of Community) présentent des corrélations positives modérées à fortes (r = 0,45 à r = 0,62, p < 0,001) avec les scores du Multidimensional Scale of Perceived Social Support (MSPSS) et du Parenting Social Support Index.
  • Dépression et détresse psychologique maternelle : La dimension de criminalité perçue (Perceived Crime) montre des corrélations positives significatives avec les symptômes dépressifs évalués par la Center for Epidemiologic Studies Depression Scale (CES-D) (r = 0,31 à 0,44, p < 0,01), confirmant que l’exposition subjective à la violence de quartier est un puissant facteur de stress chronique.
  • Stress parental : Les mères rapportant une faible satisfaction à l’égard du quartier et une forte criminalité affichent des scores systématiquement plus élevés au Parenting Stress Index (PSI), en particulier sur les sous-échelles d’isolement social et de restriction de rôle.

Validité discriminante et différentielle

La PNS a démontré sa capacité à discriminer les perceptions intra-quartiers parmi des résidents partageant pourtant des données de recensement objectives identiques. Les analyses factorielles confirmatoires ont systématiquement montré qu’un modèle à quatre facteurs corrélés offrait un ajustement significativement supérieur à un modèle unidimensionnel global (test de différence de Chi-deux, Δχ² significatif à p < 0,001). Par ailleurs, la dimension de criminalité perçue se distingue nettement de l’insertion sociale (corrélations faibles à modérées, r ≈ -0,20 à -0,28), démontrant que des résidents peuvent percevoir des niveaux élevés de criminalité tout en maintenant des réseaux informels d’entraide serrés avec leurs voisins directs.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’Échelle de perception du quartier ont été évaluées sous l’angle de la cohérence interne (coefficients alpha de Cronbach) et de la stabilité temporelle au sein d’échantillons longitudinaux.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’étude longitudinale princeps de Martinez, Black et Starr (2002), les coefficients alpha de Cronbach calculés sur les différentes vagues d’évaluation (T1, T2, T3) ont révélé une fiabilité robuste pour l’ensemble des sous-échelles :

  • Perceived Crime (Criminalité perçue, 9 items) : α = 0,88 à 0,91 selon les vagues, démontrant une excellente homogénéité interne des énoncés relatifs aux menaces et à la délinquance.
  • Satisfaction with Neighborhood (Satisfaction, 9 items) : α = 0,78 à 0,83, reflétant une consistance solide pour l’évaluation globale des services, de la qualité du cadre de vie et de l’aptitude pour les enfants.
  • Sense of Community (Sentiment de communauté, 7 items) : α = 0,76 à 0,81, indiquant une bonne consistance interne pour la mesure de la cohésion affective et de la confiance mutuelle.
  • Social Embeddedness (Insertion sociale, 9 items) : α = 0,71 à 0,76. Ce coefficient légèrement plus modéré s’explique par la nature diversifiée des items, qui combinent à la fois des actes d’assistance financière/matérielle urgente et des interactions de sociabilité de surface (salutations de rue).

Stabilité test-retest et fidélité longitudinale

Les corrélations inter-vagues (stabilité temporelle à 6 mois et 12 mois d’intervalle) ont montré des coefficients de corrélation test-retest modérés à élevés (coefficients de corrélation intraclasse / coefficients de Pearson variant de 0,55 à 0,73, p < 0,001). Ces valeurs sont théoriquement congruentes : l’environnement urbain et la perception subjective d’un quartier doivent présenter une stabilité relative tout en demeurant sensibles aux événements de vie concrets (tels qu’une poussée de violence locale ou des travaux de réaménagement urbain), ce qui atteste que l’outil ne se limite pas à capter un trait de personnalité rigide mais réagit véritablement aux réalités environnementales.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle de la PNS a été rigoureusement modélisée à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales, suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) multi-groupes et longitudinales (Martinez et al., 2002).

Structure factorielle confirmatoire (AFC)

L’analyse factorielle confirmatoire a validé le modèle à quatre facteurs inter-corrélés de premier ordre :

  • Facteur 1 : Insertion sociale (Items 1 à 9) : Les saturations factorielles standardisées (λ) s’étendent de 0,42 à 0,74. Les items reflétant l’échange direct de garde d’enfants (item 8) et l’emprunt d’argent ou de nourriture (items 1 et 2) saturent le plus fortement sur ce facteur.
  • Facteur 2 : Sentiment de communauté (Items 10 à 16) : Les saturations standardisées oscillent entre 0,54 et 0,81. Les items mesurant la présence de personnes sur qui compter (item 10) et la confiance mutuelle (item 11) constituent les indicateurs les plus prégnants du construit.
  • Facteur 3 : Satisfaction à l’égard du quartier (Items 17 à 25) : Les saturations standardisées varient entre 0,46 et 0,78. Les assertions évaluant le quartier comme un endroit idéal pour élever une famille (item 24) et un lieu où il fait bon vivre (item 17) présentent les saturations les plus élevées. L’item portant sur la dégradation du bâti (item 20) et le désir de partir (item 21) y saturent négativement (ou positivement après inversion).
  • Facteur 4 : Criminalité perçue (Items 26 à 34) : Les saturations factorielles sont particulièrement élevées, s’échelonnant de 0,62 à 0,89. Les items relatifs à la peur du meurtre (item 34), de l’agression (item 33) et du viol (item 32) forment un noyau factoriel d’une remarquable cohésion.

Indices d’ajustement structurel

Dans les modèles d’équations structurelles longitudinaux testés par Martinez et al. (2002), les indices d’ajustement ont attesté de la robustesse de cette solution à quatre facteurs :

  • Ratio Chi-deux / Degrés de liberté (χ²/df) < 2,0.
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) ≥ 0,90.
  • Indice de comparaison de Bentler (CFI) ≥ 0,91.
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < 0,055 (avec intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,042 et 0,064), confirmant un ajustement empirique étroit avec les données observées.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’administration, le format et les règles de cotation de l’Échelle de perception du quartier obéissent à un protocole standardisé :

  • Type de passation : Questionnaire auto-administré ou administré sous forme d’entretien direct par un enquêteur formé (cette dernière méthode étant fortement recommandée auprès de populations vulnérables ou présentant de faibles niveaux de littératie).
  • Nombre total d’items : 34 items quantitatifs, précédés de deux questions contextuelles qualitatives et descriptives : la durée de résidence (en années et mois) et le nom spécifique attribué au quartier par le résident.
  • Temps de passation : Environ 15 à 20 minutes.
  • Formats de réponse :
    • Items 1 à 4 (Probabilité de réciprocité) : Échelle en 5 points : 1 = Très probable (Very Likely), 2 = Probable (Likely), 3 = Incertain / Pas sûr (Not Sure), 4 = Peu probable (Unlikely), 5 = Très peu probable (Very Unlikely).
    • Items 5 à 9 (Fréquence comportementale) : Échelle ordinale en 5 points : 1 = Très souvent (quotidiennement) [Very Often (daily)], 2 = Souvent (1 fois par semaine) [Often (1/week)], 3 = Parfois (1 fois par mois) [Sometimes (1/month)], 4 = Rarement (1 fois tous les 3 mois) [Seldom (1/3 month)], 5 = Très rarement [Very Seldom].
    • Items 10 à 34 (Degré d’accord) : Échelle de type Likert en 5 points : 1 = Fortement d’accord (Strongly Agree), 2 = D’accord (Agree), 3 = Incertain / Pas sûr (Not Sure), 4 = Pas d’accord (Disagree), 5 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree).
  • Procédure de cotation et scores composites :
    • Sens du codage : Dans sa version originale de collecte de données, le chiffre 1 correspond à une forte probabilité, une fréquence élevée ou un accord maximal. Les praticiens et chercheurs procèdent classiquement à une inversion de codage (reverse coding) lors de la saisie (ex. : transformer l’échelle 1-5 afin que 5 = accord maximal ou fréquence maximale) pour faciliter l’interprétation linéaire : un score élevé reflétant alors un niveau supérieur du construit (plus d’insertion sociale, plus de cohésion, plus de satisfaction ou plus de criminalité perçue).
    • Inversion d’items spécifiques au sein des sous-échelles : Au sein de la sous-échelle Satisfaction with Neighborhood, certains items sont formulés négativement (ex. : item 18 « le quartier s’est détérioré », item 20 « bâtiments délabrés », item 21 « déménagerait si possible ») et requièrent une inversion par rapport aux items positifs (items 17, 19, 22, 23, 24, 25). De même, pour la sous-échelle Perceived Crime, l’item 29 (« marcher seul la nuit en toute sécurité ») doit être inversé pour s’aligner sur les autres items mesurant la dangerosité perçue.
    • Calcul des scores de sous-échelles : Il est préconisé de calculer la moyenne des items de chaque sous-échelle (score compris entre 1 et 5) plutôt qu’un score global indifférencié, la PNS étant conceptuellement structurée en quatre facteurs autonomes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2002.
  • Copyright et propriété intellectuelle : © 2002 John Wiley & Sons, Inc. Tous droits réservés. L’instrument a été formellement diffusé dans les annexes de l’article de recherche publié dans le Journal of Community Psychology.
  • Tarifs et conditions d’accès : L’utilisation de l’échelle à des fins de recherche académique, de travaux universitaires, de thèses ou d’évaluations cliniques non lucratives est gratuite. Les auteurs ont rendu le questionnaire public dans la littérature scientifique pour stimuler la recherche en écologie communautaire.
  • Permissions et autorisations : Pour les utilisations commerciales, l’inclusion dans des batteries de tests distribuées par des éditeurs privés ou les traductions/adaptations transculturelles formelles destinées à la publication, il convient de solliciter l’autorisation de l’éditeur (John Wiley & Sons) via la plateforme RightsLink ou auprès des auteurs correspondants.

12. Références / References

  • Bronfenbrenner, U. (1979). The ecology of human development: Experiments by nature and design. Harvard University Press. https://doi.org/10.4159/9780674028845
  • Bronfenbrenner, U. (1989). Ecological systems theory. In R. Vasta (Ed.), Annals of child development: Vol. 6. Six theories of child development: Revised formulations and current issues (pp. 187–249). JAI Press.
  • Martinez, M. L., Black, M. M., & Starr, R. H. (2002). Factorial structure of the Perceived Neighborhood Scale (PNS): A test of longitudinal invariance. Journal of Community Psychology, 30(1), 23–43. https://doi.org/10.1002/jcop.1048
  • McMillan, D. W., & Chavis, D. M. (1986). Sense of community: A definition and theory. Journal of Community Psychology, 14(1), 6–23. https://doi.org/10.1126/science.277.5328.918
  • Shaw, C. R., & McKay, H. D. (1942). Juvenile delinquency and urban areas. University of Chicago Press.
  • Wilson, J. Q., & Kelling, G. L. (1982). Broken windows: The police and neighborhood safety. The Atlantic Monthly, 249(3), 29–38.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions to Participant:

I’d like you to think about the neighborhood you live in. I am going to read you some general statements about neighborhoods. Please tell me how each statement fits the way you feel about your neighborhood.

How long have you lived in your neighborhood? ______ years ______ months

Does your neighborhood have a name? If yes, ___________________

Social Embeddedness

Items 1-4: Response Scale: Very Likely = 1, Likely = 2, Not Sure = 3, Unlikely = 4, Very Unlikely = 5

  1. How likely is it that you could ask a neighbor to loan you a few dollars or some food?
  2. How likely is it that a neighbor could ask you to borrow a few dollars or some food?
  3. How likely is it that you get help from a neighbor (e.g., watch your place if you’re away, take care of your child when you’re sick)?
  4. How likely is it that you help a neighbor (e.g., watching their place if they’re away, taking care of their child if they are sick)?

Items 5-9: Response Scale: Very Often (daily) = 1, Often (1/week) = 2, Sometimes (1/month) = 3, Seldom (1/3 month) = 4, Very Seldom = 5

  1. How often do you greet your neighbors when you see them?
  2. How often do you casually visit with neighbors, either going over to their place or their coming over to yours?
  3. How often do you go to neighborhood activities (e.g., church fair, neighborhood meetings, sports events)?
  4. How often do you exchange/share child care with a neighbor?
  5. How often do you talk to neighbors who are also parents?

Sense of Community

Items 10-16: Response Scale: Strongly Agree = 1, Agree = 2, Not Sure = 3, Disagree = 4, Strongly Disagree = 5

  1. There are people I can rely on among my neighbors
  2. People trust each other in my neighborhood
  3. I feel I belong in my neighborhood
  4. I care about what my neighbors think of my actions (e.g., how I dress, how I treat my child)
  5. I feel close to some of my neighbors
  6. People in my neighborhood are usually warm and friendly
  7. We help each other out in my neighborhood

Satisfaction with Neighborhood

Items 17-25: Response Scale: Strongly Agree = 1, Agree = 2, Not Sure = 3, Disagree = 4, Strongly Disagree = 5

  1. My neighborhood is a good place to live
  2. My neighborhood has been getting worse recently
  3. I have good access to public transportation in my neighborhood
  4. The building and yards in my neighborhood are really run down
  5. I would move out of my neighborhood if I could
  6. I have easy access to a telephone (e.g., pay phone close by, neighbor with phone, etc.)
  7. There is a good place (e.g., playground) For children to play in my neighborhood
  8. My neighborhood is a good place to raise a family
  9. It’s safe for my child to play outside (If 4 or 5, ask why?)

Perceived Crime

Items 26-34: Response Scale: Strongly Agree = 1, Agree = 2, Not Sure = 3, Disagree = 4, Strongly Disagree = 5

  1. There are troublemakers hanging around in my neighborhood
  2. There is public drinking in my neighborhood
  3. There is open drug abuse0dealing in my neighborhood
  4. It’s safe to walk alone in my neighborhood at night
  5. Some friends and relatives don’t visit me at home because they don’t feel safe
  6. People are scared of being robbed in my neighborhood
  7. People are scared of being raped in my neighborhood
  8. People are scared of being mugged in my neighborhood
  9. People are scared of being murdered in my neighborhood
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 2). Échelle de perception du quartier (PNS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-perception-du-quartier-pns/
Looti, Mohammed. “Échelle de perception du quartier (PNS).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-perception-du-quartier-pns/.
Looti, Mohammed. “Échelle de perception du quartier (PNS).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-perception-du-quartier-pns/.