1. Résumé
L’Échelle de parentalité (en anglais, Parenting Scale ou PS), développée par David S. Arnold, Susan G. O’Leary, Lisa S. Wolff et Maureen M. Acker (1993) à l’Université d’État de New York à Stony Brook, est un instrument d’évaluation psychométrique auto-rapporté conçu pour quantifier les pratiques éducatives parentales inadaptées ou dysfonctionnelles face aux comportements indisciplinés ou perturbateurs de l’enfant. Composé de 30 items présentés sous la forme d’un différentiel sémantique à 7 points décrivant des réponses disciplinaires opposées (allant d’une pratique adaptée ou efficace à une pratique inadéquate), le questionnaire mesure principalement trois dimensions cliniques critiques : le laxisme (Laxness, 11 items), caractérisé par l’incohérence, le manque de fermeté, la capitulation et l’absence de mise à exécution des conséquences annoncées ; la surréactivité (Overreactivity, 10 items), qui renvoie à des explosions affectives négatives, des réactions émotionnelles impulsives, la colère verbale, les cris, les insultes ou le recours aux châtiments corporels ; et la verbosité (Verbosity, 7 items), correspondant à des discours explicatifs excessifs, de longues négociations, des réprimandes verbeuses ou l’insistance sur la persuasion verbale au détriment de l’action disciplinaire concrète. Quatre items additionnels évaluent des conduites périphériques sans être rattachés aux facteurs principaux lors des analyses factorielles exploratoires initiales.
Les propriétés psychométriques établies dans la littérature internationale démontrent une consistance interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach s’échelonnant généralement entre 0,78 et 0,84 pour l’échelle totale, 0,77 à 0,83 pour la sous-échelle de laxisme, et 0,76 à 0,82 pour la sous-échelle de surréactivité, bien que la sous-échelle de verbosité affiche une fidélité plus modeste oscillant entre 0,58 et 0,66 selon les échantillons. La stabilité temporelle test-retest sur un intervalle de deux à quatre semaines est robuste (r = 0,79 à 0,84 pour le score global). Les analyses de validité de construit, de critère et différentielle démontrent que la PS discrimine avec acuité les familles d’enfants présentant un trouble oppositionnel avec provocation (TOP) ou un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) des familles tout-venant. L’échelle est largement mobilisée dans l’évaluation des programmes d’entraînement aux habiletés parentales (Parent Management Training), à l’instar des programmes Triple P (Positive Parenting Program) ou Incredible Years.
2. Mots-clés
Parenting Scale, pratiques parentales dysfonctionnelles, laxisme parental, surréactivité parentale, verbosité, discipline coercitive, psychométrie clinique, évaluation comportementale, trouble oppositionnel avec provocation, entraînement aux habiletés parentales, analyse factorielle, psychologie de l’enfant.
3. Auteurs
L’Échelle de parentalité a été conçue et standardisée par une équipe de chercheurs du Département de psychologie de l’Université d’État de New York à Stony Brook (State University of New York at Stony Brook) :
- David S. Arnold, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur en psychologie du développement et de la famille, affilié au Département de psychologie de SUNY Stony Brook au moment des travaux princeps, spécialisé dans les dynamiques coercitives intrafamiliales et l’évaluation des interventions comportementales parentales.
- Susan G. O’Leary, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie à SUNY Stony Brook, sommité internationale dans le domaine de la discipline parentale, de l’agressivité infantile, de l’inefficacité disciplinaire et des thérapies comportementales familiales.
- Lisa S. Wolff, Ph.D. : Chercheuse et psychologue clinicienne affiliée à SUNY Stony Brook, spécialisée dans les interactions parent-enfant et l’évaluation méthodologique des interventions cliniques auprès des jeunes enfants.
- Maureen M. Acker, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse en psychopathologie du développement, ayant largement contribué aux protocoles expérimentaux d’observation directe des contingences disciplinaires au sein de SUNY Stony Brook.
4. Objectif
L’objectif fondamental de la Parenting Scale (PS) est de fournir aux cliniciens, aux thérapeutes familiaux et aux chercheurs un instrument standardisé, sensible au changement et rapide à administrer pour mesurer spécifiquement les erreurs de discipline parentale susceptibles d’initier, d’aggraver ou d’entretenir des troubles externalisés du comportement chez les enfants d’âge préscolaire et scolaire (typiquement de 2 à 12 ans). Les auteurs ont développé cet outil pour combler une lacune méthodologique majeure de la fin du XXe siècle : jusqu’alors, la majorité des questionnaires parentaux se focalisaient sur des dimensions affectives très générales et abstraites (telles que le soutien émotionnel global, le rejet ou l’acceptation perçue) sans capturer les comportements spécifiques et concrets déployés par les parents lors des épisodes critiques de non-conformité, de provocation ou de crise chez l’enfant.
Applications cliniques
En pratique clinique, la PS remplit plusieurs missions déterminantes :
- Évaluation initiale diagnostique et fonctionnelle : Elle permet d’établir le profil disciplinaire de base d’un parent consultant pour des difficultés comportementales chez son enfant (trouble des conduites, colères explosives, refus de consigne, agressivité physique ou verbale). Elle met en lumière si l’incompétence disciplinaire perçue relève d’une capitulation passive (laxisme), d’une escalade émotionnelle agressive (surréactivité) ou d’une tentative inefficace de négociation cognitive prolongée (verbosité).
- Personnalisation de la prise en charge thérapeutique : Les résultats aux sous-échelles guident le clinicien dans le choix des modules prioritaires des programmes d’entraînement aux compétences parentales (PECP / PMT). Un parent obtenant un score pathologique en surréactivité bénéficiera en premier lieu de techniques de régulation émotionnelle, de temps d’arrêt parental (parental time-out) et de restructuration cognitive de la colère. Inversement, un score élevé en laxisme appellera un travail intensif sur le suivi des règles, la constance de la punition non corporelle et l’extinction comportementale.
- Mesure de l’efficacité thérapeutique (sensibilité au changement) : Administrée avant et après intervention, ainsi qu’en suivi longitudinal (follow-up), l’échelle permet de quantifier de manière objective la réduction des pratiques disciplinaires inappropriées et le maintien des acquis éducatifs.
Applications en recherche
Dans les champs de la psychologie du développement, de la psychopathologie évolutive et de l’épidémiologie clinique, l’échelle est mobilisée comme variable médiatrice ou modératrice dans les modèles liant le stress parental, la psychopathologie parentale (dépression maternelle, impulsivité paternelle), les conflits conjugaux et les trajectoires développementales des enfants à risque. Elle sert d’étalon-or (gold standard) pour comparer l’efficacité relative de différentes modalités d’intervention psychosociale.
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par la Parenting Scale est la parentalité dysfonctionnelle en situation de discipline (dysfunctional discipline). Ce concept postule que l’inadéquation de la réponse de l’adulte face à la transgression de l’enfant renforce paradoxalement les comportements inappropriés et mine le sentiment d’efficacité personnelle parentale. Contrairement aux approches basées sur les typologies globales de style d’autorité de Diana Baumrind (autoritaire, permissif, démocratique), la PS décompose les réponses disciplinaires microscopiques en trois sous-dimensions distinctes :
1. Le Laxisme (Laxness)
Cette dimension (11 items : 7, 8, 12, 15, 16, 19, 20, 21, 24, 26, 30) mesure l’incapacité du parent à poser des limites claires et à les maintenir fermement face à la résistance de l’enfant. Elle reflète des conduites permissives, passives ou incohérentes, caractérisées par :
- La profération de menaces ou d’avertissements creux jamais mis à exécution (Item 7 : menacer de sanctions irréalistes ; Item 20 : ne pas appliquer ce que l’on a annoncé).
- La capitulation face aux protestations, pleurs ou crises de colère de l’enfant (Item 30 : céder quand l’enfant s’énerve face à un refus).
- L’usage de la supplication ou de la corruption matérielle pour obtenir l’obéissance (Item 12 : cajoler ou supplier l’enfant d’arrêter ; Item 21 : offrir une friandise ou un cadeau pour qu’il se calme).
- L’abandon de la consigne (Item 19 : finir par faire la tâche soi-même plutôt que d’exiger de l’enfant qu’il la réalise).
2. La Surréactivité (Overreactivity)
La surréactivité (10 items : 3, 6, 9, 10, 14, 17, 18, 22, 25, 28) capture les réponses disciplinaires empreintes d’un débordement émotionnel aversif, d’autoritarisme arbitraire et d’hostilité. Le parent réagit de manière disproportionnée à la faute de l’enfant, sous l’effet de l’agacement, de l’anxiété ou de la colère :
- L’escalade verbale agressive (Item 10 : crier et hausser le ton ; Item 25 : utiliser un langage vulgaire ou jurer).
- Le recours à la punition corporelle ou à la contrainte physique dure (Item 18 : donner des fessées, gifler, empoigner ou frapper l’enfant).
- L’agression psychologique et la dévalorisation de l’enfant (Item 28 : insulter, dire des choses méchantes ou donner des surnoms humiliants).
- La rancœur et la perte de contrôle personnel (Item 14 : garder rancune longtemps après l’incident ; Item 17 : laisser monter la tension jusqu’à commettre des actes non désirés).
3. La Verbosité (Verbosity)
La verbosité (7 items : 2, 4, 7, 9, 11, 23, 29) représente une tendance à recourir de manière excessive et stérile au langage verbal face à l’inconduite de l’enfant. Bien que souvent motivée par une volonté de bien faire ou d’expliquer rationnellement les règles, cette pratique devient inopérante lorsqu’elle se substitue à des contingences comportementales directes :
- Les longs sermons moralisateurs et le rabâchage (Item 9 : faire un long discours moralisateur ; Item 4 : parler indéfiniment lors d’une interdiction).
- L’insistance à argumenter avec un enfant non coopératif (Item 11 : continuer à parler indéfiniment pour convaincre au lieu d’agir concrètement).
- L’exigence obsessionnelle de justifications cognitives chez un jeune enfant en crise (Item 23 : obliger l’enfant à expliquer verbalement le pourquoi de son acte avant toute intervention).
6. Cadre théorique
L’assise conceptuelle de la Parenting Scale s’enracine directement dans les théories béhavioristes de l’analyse appliquée du comportement, l’apprentissage social de Albert Bandura et, tout particulièrement, le modèle du cycle coercitif intrafamilial développé par Gerald Patterson (1982) à l’Institut de recherche de l’Oregon (Oregon Social Learning Center).
Le processus de coercition de Patterson
Selon la théorie de l’interaction coercitive de Patterson, les conduites antisociales et oppositionnelles des enfants ne sont pas de simples traits intrapsychiques innés, mais le produit de chaînes comportementales apprises et renforcées au sein de la dyade parent-enfant. Ce cycle fonctionne selon les principes du conditionnement opérant :
- Le parent formule une demande ou une réprimande.
- L’enfant répond par une conduite aversive (cris, refus, pleurs, agressivité).
- Face à cette réaction aversive insupportable, le parent fait preuve de laxisme : il capitule, retire sa demande initiale ou tente de corrompre l’enfant pour stopper la crise. L’enfant fait alors l’expérience d’un renforcement négatif immédiat (la suppression de la contrainte éducative par le comportement d’opposition) et le parent expérimente également un renforcement négatif temporaire (l’arrêt des cris de l’enfant).
- Lorsque le parent ne cède pas immédiatement, la tension monte et il bascule dans la surréactivité : il crie plus fort que l’enfant, l’insulte ou a recours à la violence physique. Si l’enfant cède temporairement à cette explosion, la surréactivité du parent est à son tour renforcée négativement.
L’apport crucial d’Arnold et de ses collègues (1993) a été d’opérationnaliser ces dynamiques coercitives sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé. La sous-échelle de laxisme évalue le versant de l’abandon du contrôle comportemental (renforçant l’escalade de l’enfant par l’impunité), tandis que la surréactivité évalue le modèle punitif hostile qui modélise l’agressivité et génère un climat d’insécurité affective.
La perspective cognitive et la verbosité
Le cadre théorique intègre également les modèles du traitement de l’information sociale. Face à un jeune enfant, les explications verbales complexes et répétées (verbosité) dépassent les capacités de mémoire de travail et d’inhibition métacognitive de l’enfant. De surcroît, dans une perspective comportementale, une longue tirade parentale fournit une attention sociale massive et continue à l’enfant au moment précis où il enfreint une règle, ce qui constitue paradoxalement un renforcement positif du comportement indiscipliné.
7. Validité
Depuis sa publication en 1993 dans la revue Psychological Assessment, la Parenting Scale a fait l’objet de nombreuses validations empiriques confirmant sa robustesse métrologique.
Validité de construit et validité discriminante
L’étude princeps d’Arnold et al. (1993), menée auprès de mères d’enfants tout-venant et de mères d’enfants référés en clinique pour des troubles du comportement, a démontré une validité discriminante exceptionnelle :
- Les mères d’enfants du groupe clinique ont obtenu des scores significativement plus élevés à l’échelle totale (p < 0,001), à la sous-échelle de laxisme (t = 6,85, p < 0,001) et à la sous-échelle de surréactivité (t = 8,12, p < 0,001) comparativement aux mères du groupe contrôle.
- La taille d’effet (d de Cohen) dépasse 1,10 pour la surréactivité et 0,95 pour le laxisme, illustrant une capacité de discrimination diagnostique très nette.
Validité convergente et corrélationnelle
La validité convergente a été démontrée par des corrélations modérées à fortes avec des mesures observationnelles directes standardisées des interactions dyadiques en laboratoire ou au domicile :
- Le score de surréactivité de la PS est positivement corrélé avec les taux d’observations directes d’émissions verbales négatives des parents (critiques, ordres directs agressifs, r = 0,42 à 0,55).
- Le score de laxisme est corrélé avec l’inconsistance observée des consignes et le taux d’abandon des temps de retrait disciplinaire (r = 0,38 à 0,48).
- L’échelle totale et la surréactivité sont fortement corrélées avec les scores de problèmes de comportement sur la Child Behavior Checklist (CBCL) d’Achenbach et sur l’Eyberg Child Behavior Inventory (ECBI) (corrélations s’étendant de r = 0,45 à r = 0,62).
Sensibilité au changement
Dans les essais contrôlés randomisés évaluant des interventions telles que le Parent-Child Interaction Therapy (PCIT) et le Triple P, la PS démontre une sensibilité thérapeutique élevée. Les diminutions des scores de laxisme et de surréactivité médiatisent statistiquement l’amélioration des symptômes comportementaux chez l’enfant au terme des interventions.
8. Fidélité
Les études de reproductibilité et de cohérence interne confirment la stabilité des scores obtenus à la Parenting Scale :
Consistance interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’échantillon de dérivation original d’Arnold et al. (1993) :
- Score Total (PS Total) : α = 0,84, indiquant une excellente homogénéité globale des items d’évaluation disciplinaire.
- Sous-échelle Laxisme : α = 0,83, attestant d’une cohésion robuste des items mesurant le renoncement disciplinaire.
- Sous-échelle Surréactivité : α = 0,82, reflétant une très bonne cohérence interne de la dimension d’escalade émotionnelle.
- Sous-échelle Verbosité : α = 0,63, un coefficient plus modeste attribuable au nombre restreint d’items (7 items) et à une variance plus hétérogène dans la formulation des énoncés.
Des réplications ultérieures dans des échantillons multiculturels (par exemple, Salari et al., 2012 ; Prinzie et al., 2007 en Europe) rapportent des coefficients alpha comparables, généralement situés entre 0,78 et 0,86 pour l’échelle globale, entre 0,75 et 0,84 pour le laxisme, et entre 0,74 et 0,83 pour la surréactivité.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un échantillon de mères réévaluées à un intervalle de 2 à 3 semaines sans intervention thérapeutique intermédiaire :
- Coefficient de corrélation test-retest pour le Score Total : r = 0,84 (p < 0,001).
- Fidélité test-retest pour le Laxisme : r = 0,83.
- Fidélité test-retest pour la Surréactivité : r = 0,82.
- Fidélité test-retest pour la Verbosité : r = 0,79.
Ces données démontrent que, sans prise en charge clinique ciblée, les schémas de réponse disciplinaire mesurés par la PS demeurent stables dans le temps.
9. Analyse factorielle
L’architecture multidimensionnelle originale de la Parenting Scale a été établie au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation oblique (Promax), reflétant l’interdépendance théorique des différentes erreurs disciplinaires.
Structure originale à trois facteurs (Arnold et al., 1993)
L’AFE princeps a extrait trois facteurs distincts rendant compte d’une part substantielle de la variance totale :
- Facteur 1 : Laxisme (Laxness) — Comprend 11 items (7, 8, 12, 15, 16, 19, 20, 21, 24, 26, 30). Les saturations factorielles s’échelonnent de 0,38 à 0,71. L’item 8 (« fixe des limites » vs « laisse l’enfant faire ce qu’il veut ») et l’item 20 (« n’applique pas les avertissements » vs « applique systématiquement ») présentent les poids factoriels les plus élevés (> 0,65).
- Facteur 2 : Surréactivité (Overreactivity) — Comprend 10 items (3, 6, 9, 10, 14, 17, 18, 22, 25, 28). Les saturations oscillent entre 0,40 et 0,74. L’item 10 (« crie / hausse le ton ») et l’item 22 (« perd son calme / se met en colère ») saturent très lourdement sur cette dimension.
- Facteur 3 : Verbosité (Verbosity) — Comprend 7 items (2, 4, 7, 9, 11, 23, 29). On note que les items 7 et 9 présentent des saturations croisées secondaires sur d’autres dimensions dans certaines analyses.
- Items non factorisés : Les items 1, 5, 13 et 27 n’atteignaient pas le critère minimal d’inclusion factorielle (saturation ≥ 0,35 sur un facteur unique sans saturation croisée majeure) et ne sont donc incorporés dans aucune des trois sous-échelles, mais sont conservés dans le calcul du Score Total.
Débats et structures factorielles alternatives (AFC)
Des travaux psychométriques ultérieurs utilisant l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) (notamment Irvine et al., 1999 ; Rhoades & O’Leary, 2007 ; Prinzie et al., 2007) ont souvent souligné des faiblesses psychométriques inhérentes au facteur « Verbosité », dont plusieurs items présentent des saturations instables selon les cultures ou les tranches d’âge de l’enfant. En conséquence :
- De nombreux chercheurs et praticiens privilégient une structure bidimensionnelle robuste à deux facteurs (Laxisme et Surréactivité), excluant la sous-échelle de verbosité pour maximiser les indices d’ajustement du modèle (CFI > 0,90, RMSEA < 0,06).
- Une version courte validée par Rhoades et O’Leary (2007), la Parenting Scale-Short Form (PS-SF), retient 13 items répartis en deux facteurs orthogonaux ou faiblement corrélés (Laxisme à 5 items et Surréactivité à 8 items), offrant des qualités métrologiques optimales et une brièveté adaptée au dépistage à large échelle.
10. Instrument de mesure
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique comportemental rempli par le parent ou le tuteur légal (mère, père, éducateur référent).
- Nombre total d’items : 30 items indépendants.
- Format des réponses : Échelle de type différentiel sémantique en 7 points. Pour chaque item, deux affirmations antithétiques sont disposées aux extrémités de l’échelle (la réponse 1 représentant un pôle et la réponse 7 représentant le pôle opposé). Les points intermédiaires (2, 3, 4, 5, 6) traduisent des degrés de fréquence ou d’intensité entre ces deux comportements extrêmes.
- Items à cotation inversée (Reverse-scored items) : 14 items au total sont inversés de manière à ce qu’une note élevée reflète systématiquement une pratique parentale plus inefficace ou dysfonctionnelle. Il s’agit des items : 2, 3, 6, 9, 10, 13, 14, 17, 19, 20, 23, 26, 27, et 29. Pour ces items, la note est recalculée selon la formule :
Note inversée = 8 - Note brute. - Calcul des scores par sous-échelle :
- Score Total (PS Total) : Moyenne arithmétique des 30 items (somme de tous les items recodés divisée par 30). L’étendue possible est de 1,00 à 7,00.
- Laxisme (Laxness) : Moyenne des 11 items composant la sous-échelle : 7, 8, 12, 15, 16, 19 (inversé), 20 (inversé), 21, 24, 26 (inversé), 30. (Somme divisée par 11).
- Surréactivité (Overreactivity) : Moyenne des 10 items composant la sous-échelle : 3 (inversé), 6 (inversé), 9 (inversé), 10 (inversé), 14 (inversé), 17 (inversé), 18, 22, 25, 28. (Somme divisée par 10).
- Verbosité (Verbosity) : Moyenne des 7 items composant la sous-échelle : 2 (inversé), 4, 7, 9 (inversé), 11, 23 (inversé), 29 (inversé). (Somme divisée par 7).
- Interprétation des scores : Un score plus élevé indique un niveau plus critique de dysfonctionnement disciplinaire. Des scores moyens supérieurs à 3,2 pour le Laxisme ou supérieurs à 3,1 pour la Surréactivité suggèrent fréquemment une sévérité clinique nécessitant une intervention spécialisée selon les normes établies par Arnold et al. (1993).
- Durée d’administration : Environ 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 1993 dans la revue scientifique à comité de lecture Psychological Assessment (Volume 5, Numéro 2, pages 137–144).
- Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les droits d’auteur initiaux de l’article de dérivation sont détenus par l’American Psychological Association (APA). Les auteurs originaux (David S. Arnold, Susan G. O’Leary et collègues) ont mis l’échelle à disposition du milieu universitaire et clinique dans un but non commercial.
- Tarifs et accessibilité : L’instrument est dans le domaine académique public (open access for research and clinical practice) et ne requiert pas le paiement de redevances commerciales pour une utilisation clinique standard ou pour des protocoles de recherche non lucratifs. L’intégralité des items a également été reproduite dans des ouvrages de référence clinique tels que Measures for Clinical Practice and Research: A Sourcebook de Fischer et Corcoran (2007, Oxford University Press).
- Conditions d’utilisation : Toute utilisation dans le cadre d’études publiées ou d’essais cliniques nécessite la citation formelle de l’article original d’Arnold et al. (1993). Les versions modifiées ou traduites doivent faire l’objet de protocoles de validation transculturelle rigoureux.
12. Références
- Arnold, D. S., O’Leary, S. G., Wolff, L. S., & Acker, M. M. (1993). The Parenting Scale: A measure of dysfunctional parenting in discipline situations. Psychological Assessment, 5(2), 137–144. https://doi.org/10.1037/1040-3590.5.2.137
- Fischer, J., & Corcoran, K. J. (2007). Measures for clinical practice and research: A sourcebook (4th ed., Vol. 1, pp. 400–404). Oxford University Press. https://global.oup.com/academic/product/measures-for-clinical-practice-and-research-9780195304381
- Irvine, A. B., Biglan, A., Smolkowski, K., & Ary, D. V. (1999). The value of the Parenting Scale for measuring the discipline practices of parents of middle school children. Behaviour Research and Therapy, 37(2), 127–142. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(98)00115-0
- Patterson, G. R. (1982). Coercive family process. Castalia Publishing Company. https://en.wikipedia.org/wiki/Gerald_Patterson
- Prinzie, P., Onghena, P., & Hellinckx, W. (2007). Re-examining the Parenting Scale: Factor structure, internal consistency, and concurrent validity in a Flemish sample. European Journal of Psychological Assessment, 23(1), 24–31. https://doi.org/10.1027/1015-5759.23.1.24
- Rhoades, K. A., & O’Leary, S. G. (2007). Factor structure and validity of the Parenting Scale. Journal of Clinical Child and Adolescent Psychology, 36(2), 137–146. https://doi.org/10.1080/15374410701274092
- Salari, R., Fabian, H., Prinz, R., Lucas, S., Nygren, M., & Sarkadi, A. (2012). The Parenting Scale: Psychometric properties and equivalence of Swedish and English versions. Child & Family Behavior Therapy, 34(3), 195–216. https://doi.org/10.1080/07317107.2012.707073
13. Questions et items du questionnaire
Response format: Rate each situation on the 7-point scale between the two contrasting responses.
-
When my child misbehaves…
I do something right away. 1 2 3 4 5 6 7 I do something about it later. -
Before I do something about a problem…
I give my child several reminders or warnings. 1 2 3 4 5 6 7 I use only one reminder or warning. -
When I’m upset or under stress…
I am picky and on my child’s back. 1 2 3 4 5 6 7 I am no more picky than usual. -
When I tell my child not to do something…
I say very little. 1 2 3 4 5 6 7 I say a lot. -
When my child pesters me…
I can ignore the pestering. 1 2 3 4 5 6 7 I can’t ignore the pestering. -
When my child misbehaves…
I usually get into a long argument with my child. 1 2 3 4 5 6 7 I don’t get into an argument. -
I threaten to do things that…
I am sure I can carry out. 1 2 3 4 5 6 7 I know I won’t actually do. -
I am the kind of parent that…
sets limits on what my child is allowed to do. 1 2 3 4 5 6 7 lets my child do whatever he or she wants. -
When my child misbehaves…
I give my child a long lecture. 1 2 3 4 5 6 7 I keep my talks short and to the point. -
When my child misbehaves…
I raise my voice or yell. 1 2 3 4 5 6 7 I speak to my child calmly. -
If saying no doesn’t work right away…
I take some other kind of action. 1 2 3 4 5 6 7 I keep talking and trying to get through to my child. -
When I want my child to stop doing something…
I firmly tell my child to stop. 1 2 3 4 5 6 7 I coax or beg my child to stop. -
When my child is out of my sight…
I often don’t know what my child is doing. 1 2 3 4 5 6 7 I always have a good idea of what my child is doing. -
After there’s been a problem with my child…
I often hold a grudge. 1 2 3 4 5 6 7 things get back to normal quickly. -
When we’re not at home…
I handle my child the way I do at home. 1 2 3 4 5 6 7 I let my child get away with a lot more. -
When my child does something I don’t like…
I do something about it every time it happens. 1 2 3 4 5 6 7 I often let it go. -
When there’s a problem with my child…
things build up and I do things I don’t mean to do. 1 2 3 4 5 6 7 things don’t get out of hand. -
When my child misbehaves, I spank, slap, grab, or hit my child…
never or rarely. 1 2 3 4 5 6 7 most of the time. -
When my child doesn’t do what I ask…
I often let it go or end up doing it myself. 1 2 3 4 5 6 7 I take some other action. -
When I give a fair threat or warning…
I often don’t carry it out. 1 2 3 4 5 6 7 I always do what I said. -
If saying “No” doesn’t work…
I take some other kind of action. 1 2 3 4 5 6 7 I offer my child something nice so he/she will behave. -
When my child misbehaves…
I handle it without getting upset. 1 2 3 4 5 6 7 I get so frustrated or angry that my child can see I’m upset. -
When my child misbehaves…
I make my child tell me why he/she did it. 1 2 3 4 5 6 7 I say “No” or take some other action. -
If my child misbehaves and then acts sorry…
I handle the problem like I usually would. 1 2 3 4 5 6 7 I let it go that time. -
When my child misbehaves…
I rarely use bad language or curse. 1 2 3 4 5 6 7 I almost always use bad language. -
When I say my child can’t do something…
I let my child do it anyway. 1 2 3 4 5 6 7 I stick to what I said. -
When I have to handle a problem…
I tell my child I am sorry about it. 1 2 3 4 5 6 7 I don’t say I’m sorry. -
When my child does something I don’t like, I insult my child, say mean things, or call my child names…
never or rarely. 1 2 3 4 5 6 7 most of the time. -
If my child talks back or complains when I handle a problem…
I ignore the complaining and stick to what I said. 1 2 3 4 5 6 7 I give my child a talk about not complaining. -
If my child gets upset when I say “No”…
I back down and give in to my child. 1 2 3 4 5 6 7 I stick to what I said.