Échelle de motivation prosociale fondée sur le plaisir (PBPM)

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle de motivation prosociale fondée sur le plaisir (PBPM), développée par Gebauer et al. (2008). Cadre théorique, validité, fidélité et applications organisationnelles.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de motivation prosociale fondée sur le plaisir (en anglais, Pleasure-Based Prosocial Motivation Scale ou PBPM), développée initialement par Jochen E. Gebauer, Rik B. Riketta, Philipp Broemer et Gregory R. Maio (2008), constitue un instrument psychométrique conçu pour mesurer l’anticipation du plaisir, de la satisfaction intrinsèque et des affects positifs ressentis lors de l’accomplissement d’actes d’aide et de soutien envers autrui. Dans le champ de la psychologie sociale et de la psychologie de la personnalité, les comportements prosociaux ont longtemps été appréhendés de manière globale ou principalement à travers le prisme de l’obligation morale, de la culpabilité et de la conformité sociale. Le modèle théorique de Gebauer et collaborateurs a permis d’opérer une distinction fondamentale entre deux moteurs motivationnels distincts sous-tendant l’altruisme : la motivation prosociale fondée sur le plaisir (pleasure-based prosocial motivation) et la motivation prosociale fondée sur la pression (pressure-based prosocial motivation).

Sur le plan psychométrique, la PBPM évalue une orientation régulatrice autonome et intrinsèque où l’individu envisage l’aide apportée à un tiers non pas comme un devoir astreignant ou une réponse à une contrainte externe, mais comme une source directe de bien-être hédonique et eudémonique. L’échelle originale comprend une série d’items formulés sous forme d’affirmations évaluant l’affect positif anticipé et la joie d’aider, répondus sur une échelle de type Likert allant généralement de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Les analyses factorielles confirmatoires menées à travers diverses recherches démontrent une structure unidimensionnelle robuste pour cette sous-échelle, dotée d’une consistance interne élevée (avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,80 et 0,92) et d’une remarquable validité discriminante vis-à-vis des mesures de désirabilité sociale, d’empathie dispositionnelle et de motivation prosociale basée sur la pression.

Récemment, l’échelle a trouvé des prolongements significatifs au-delà de la psychologie fondamentale, notamment dans les sciences organisationnelles et le marketing éthique. Des travaux contemporains, tels que ceux menés par Thu, Kadirov, Fam et Tho (2023), ont ainsi mis en évidence que la motivation prosociale fondée sur le plaisir chez les directeurs du marketing (Chief Marketing Officers) constitue une condition sine qua non pour un engagement authentique et pérenne des entreprises dans des stratégies de marketing durable. L’instrument s’impose dès lors comme un vecteur d’investigation privilégié tant pour la recherche fondamentale que pour le diagnostic organisationnel et la psychologie positive appliquée.

2. Mots-clés / Keywords

Motivation prosociale, Comportement prosocial, Motivation intrinsèque, Plaisir d’aider, Théorie de l’autodétermination, Psychométrie, Régulation autonome, Bien-être subjectif, Comportement organisationnel, Altruisme.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par une équipe de chercheurs de premier plan en psychologie sociale et de la personnalité, sous la direction de Jochen E. Gebauer :

  • Jochen E. Gebauer : Chercheur et professeur à l’Université de Mannheim (Mannheim Centre for European Social Research – MZES), Allemagne, et chercheur affilié à l’Université de Southampton, Royaume-Uni. Spécialiste de l’estime de soi, de la motivation et de la psychologie sociale interculturelle. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Rik B. Riketta (décédé) : Anciennement affilié au Département de psychologie de l’Université Aston, Birmingham, Royaume-Uni. Spécialiste du comportement organisationnel, des attitudes et de l’engagement au travail.
  • Philipp Broemer : Département de psychologie, Université de Tübingen, Allemagne. Expert des processus d’évaluation cognitive, des attitudes et de l’ambivalence.
  • Gregory R. Maio : Professeur de psychologie sociale et directeur de l’École de psychologie à l’Université de Bath (anciennement Université de Cardiff), Royaume-Uni. Spécialiste mondialement reconnu de la psychologie des valeurs humaines et de la motivation morale.

L’échelle a ensuite été mobilisée, adaptée et validée dans des contextes managériaux par des chercheurs internationaux, parmi lesquels Nguyen Ngoc Quang Thu, Djavlonbek Kadirov, Kim-Shyan Fam et Nguyen Dong Tho (2023).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la PBPM est d’isoler, de mesurer et d’analyser la composante affective positive et intrinsèquement gratifiante qui motive les actions d’aide interpersonnelle et sociétale. Historiquement, la recherche sur le comportement d’aide s’est souvent heurtée au débat dichotomique entre altruisme pur et égoïsme hédonique. Les outils traditionnels mesuraient généralement la fréquence des comportements d’aide ou l’empathie ressentie, sans discerner les ressorts fonctionnels et la coloration émotionnelle qui incitent réellement un individu à agir au bénéfice d’un autre. La PBPM a été élaborée pour combler cette lacune conceptuelle majeure.

La justification théorique de l’instrument repose sur le fait que deux individus effectuant exactement le même geste altruiste — par exemple, consacrer du temps à une œuvre de charité ou venir en aide à un collègue en difficulté — peuvent être guidés par des états psychologiques radicalement opposés. Le premier agit parce qu’il anticipe une joie sincère, une expansion de son sentiment de vitalité et une satisfaction intrinsèque liée à l’impact positif de son geste (motivation fondée sur le plaisir). Le second agit afin de prévenir la culpabilité, d’échapper au remords, de satisfaire une obligation morale pesante ou d’éviter le blâme social (motivation fondée sur la pression). L’échelle PBPM permet d’évaluer de manière pure et non ambiguë cette première trajectoire motivationnelle, en mesurant le degré auquel le bien d’autrui est perçu comme une opportunité de réjouissance et d’enrichissement personnel.

En recherche fondamentale, la PBPM permet d’explorer les médiateurs et modérateurs du bien-être psychologique. Les études montrent que seule la motivation prosociale fondée sur le plaisir est corrélée de manière constante avec la satisfaction de vie, une haute vitalité subjective et l’absence de burnout, alors que la motivation fondée sur la pression s’avère fréquemment anxiogène et épuisante. Dans le cadre de la psychologie de la santé et de la gérontologie, l’échelle aide à comprendre pourquoi le bénévolat protège la santé physique et cardiovasculaire de certains individus tout en n’apportant aucun bénéfice thérapeutique à d’autres.

Dans les contextes organisationnels et managériaux, l’instrument s’avère particulièrement prédictif de l’adoption de pratiques responsables authentiques. Comme l’ont démontré Thu et ses collaborateurs (2023), les dirigeants qui manifestent des niveaux élevés de motivation prosociale fondée sur le plaisir intègrent les impératifs du développement durable non pas comme une contrainte réglementaire coûteuse, mais comme une extension naturelle de leur vision d’entreprise, favorisant ainsi des innovations écoresponsables de rupture et un climat social axé sur la confiance mutuelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la PBPM s’enracine dans la conceptualisation de la motivation prosociale comme un phénomène hétérogène sur le plan régulateur et phénoménologique. Gebauer et al. (2008) ont formalisé ce construit comme l’anticipation cognitive et affective selon laquelle procurer un bénéfice à autrui engendrera un état émotionnel positif chez le bienfaiteur. Ce construit n’est pas réductible à un simple trait de personnalité comme l’amabilité (agreeableness) du modèle des Big Five, ni à une disposition affective globale comme l’affect positif général ; il s’agit d’une orientation motivationnelle spécifique orientée vers des cibles sociales.

Le construit de la motivation prosociale fondée sur le plaisir s’articule autour de trois dimensions psychologiques interdépendantes qui composent son dynamisme interne :

  • L’anticipation de la joie par procuration et partagée (Empathic Joy Anticipation) : Cette dimension reflète la tendance de l’individu à anticiper avec enthousiasme le soulagement, le bonheur et la satisfaction d’autrui consécutifs à l’acte d’aide. L’individu anticipe que voir l’autre s’épanouir ou réussir sera intrinsèquement gratifiant pour lui-même. Par exemple, un gestionnaire qui encadre un jeune employé anticipe une joie sincère en imaginant ce dernier réussir sa première présentation client.
  • La régulation autonome et l’expression de soi (Autonomous Regulation & Self-Expressive Helping) : Le comportement prosocial est ressenti comme émanant de la volonté libre et de l’authenticité de l’acteur. L’aide n’est pas vécue comme un sacrifice ou une perte de ressources, mais comme une opportunité d’exercer ses compétences et de manifester ses valeurs fondamentales. L’action d’aide est une fin en soi, procurant une gratification hédonique immédiate au moment même de sa planification ou de son exécution.
  • L’absence d’obligation coercitive interne ou externe (Absence of Internalized Compulsion) : Contrairement aux constructions axées sur la conformité aux normes déontologiques strictes, le plaisir d’aider n’est pas conditionné par la peur d’un auto-châtiment moral (comme le sentiment d’être une mauvaise personne en cas d’abstention). Le moteur de l’action est l’attraction vers un gain positif relationnel plutôt que l’évitement d’une dégradation de l’image de soi.

Pour clarifier ce construit, il convient de le comparer à son pendant antagoniste décrit dans le même modèle : la motivation prosociale fondée sur la pression (Pressure-Based Prosocial Motivation). Alors que cette dernière repose sur des cognitions du type « Je dois aider pour ne pas avoir mauvaise conscience » ou « Si je n’interviens pas, je serai jugé sévèrement », la motivation fondée sur le plaisir repose sur des cognitions telles que « Contribuer au bien-être de cette personne me remplit de joie » et « C’est un réel plaisir pour moi de rendre ce service ». L’indépendance statistique entre ces deux construits prouve qu’un individu peut présenter des profils variés : être guidé uniquement par le plaisir, uniquement par la pression, par les deux simultanément dans des contextes complexes, ou par aucun des deux.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de la PBPM s’appuie à la confluence de deux grandes théories contemporaines de la motivation et de la cognition sociale : la théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan, 2000) et la théorie du focus régulateur (Higgins, 1997).

L’apport de la théorie de l’autodétermination (TAD)

La théorie de l’autodétermination développée par Edward L. Deci et Richard M. Ryan postule que les comportements humains peuvent être situés sur un continuum d’autodétermination, s’étendant de la motivation extrinsèque hétéronome à la motivation intrinsèque autonome. Gebauer et al. (2008) ont transposé cette architecture au champ des conduites prosociales. Dans la TAD, une action autonome est vécue avec un sentiment de liberté psychologique, de choix délibéré et d’harmonie interne. À l’inverse, une action contrôlée découle de pressions externes (récompenses, punitions matérielles) ou introjectées (menaces pesant sur l’amour-propre, culpabilité, angoisse existentielle).

La PBPM opérationnalise la motivation prosociale autonome au plus haut degré du continuum. Selon Deci et Ryan, la satisfaction des trois besoins psychologiques fondamentaux — le besoin d’autonomie, de compétence et d’appartenance sociale (relatedness) — nourrit la vitalité et l’épanouissement personnel. Lorsque l’individu aide par plaisir, il nourrit simultanément son sentiment de compétence (être efficace dans la résolution d’un problème humain) et d’appartenance sociale (créer un lien chaleureux avec autrui), tout en conservant son sentiment d’autonomie. L’instrument capture ainsi l’essence de l’internalisation réussie des valeurs d’entraide.

L’apport de la théorie du focus régulateur de Higgins

La seconde assise théorique majeure réside dans la théorie du focus régulateur d’E. Tory Higgins (1997). Higgins distingue deux systèmes fondamentaux de régulation motivationnelle face aux buts :

  • Le focus de promotion (Promotion Focus) : Orienté vers l’atteinte des idéaux, des espoirs, des aspirations et de la croissance personnelle. Les émotions associées aux réussites sous un focus de promotion sont la joie, la fierté et l’enthousiasme, tandis que l’échec engendre la tristesse ou l’abattement.
  • Le focus de prévention (Prevention Focus) : Orienté vers l’accomplissement des devoirs, des obligations morales, de la sécurité et de la responsabilité. Les émotions associées sont le soulagement et le calme en cas de succès, et l’anxiété ou la culpabilité en cas d’échec.

Gebauer et al. (2008) ont explicitement aligné la motivation prosociale fondée sur le plaisir sur le système de promotion : l’acte altruiste est vécu comme une aspiration idéale vers le bien d’autrui, déclenchant des affects d’allégresse et d’enthousiasme. Inversement, la motivation fondée sur la pression s’aligne sur le système de prévention, où le sujet tente d’éviter la violation des normes et la défaillance morale. Cette distinction théorique éclaire pourquoi la PBPM corrèle positivement avec l’optimisme, l’exploration et les conduites proactives orientées vers l’avenir, comme l’attestent les recherches en management stratégique (Thu et al., 2023).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la PBPM a été rigoureusement démontrée à travers une série d’études corrélationnelles, expérimentales et longitudinales menées par Gebauer et al. (2008), puis reproduites dans des contextes transdisciplinaires.

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente de la PBPM est attestée par ses corrélations statistiquement significatives avec des construits psychologiques théoriquement proches :

  • Elle entretient des corrélations positives robustes avec le bien-être subjectif (satisfaction de vie globale, échelle de Diener : $r \approx 0{,}35$ à $0{,}48$, $p < 0{,}001$) et avec la vitalité subjective (échelle de Ryan & Frederick : $r \approx 0{,}42$, $p < 0{,}001$).
  • Elle est corrélée de manière positive avec l’orientation de promotion (RFQ Promotion de Higgins : $r \approx 0{,}38$, $p < 0{,}01$).
  • Elle est associée positivement à l’empathie dispositionnelle, mesurée notamment par l’indice de réactivité interpersonnelle de Davis (IRI), en particulier la dimension de préoccupation empathique (Empathic Concern : $r \approx 0{,}40$, $p < 0{,}001$).

Validité discriminante

La validité discriminante constitue l’un des points forts majeurs de l’instrument. Des analyses factorielles confirmatoires menées en modèles emboîtés ont démontré que la PBPM est conceptuellement et empiriquement dissociable :

  • De la motivation prosociale fondée sur la pression : les corrélations entre les deux dimensions sont proches de zéro ou légèrement négatives selon les échantillons (les valeurs de $r$ oscillent généralement entre $-0{,}12$ et $+0{,}08$, non significatives), confirmant une orthogonalité quasi-complète.
  • Du focus de prévention : aucune association significative n’est relevée avec la dimension de prévention de Higgins ($r < 0{,}07$, n.s.).
  • De la désirabilité sociale : évaluée par l’échelle de Marlowe-Crowne ou l’échelle de Paulhus (BIDR), la corrélation demeure négligeable à faible ($r < 0{,}15$), attestant que les scores ne traduisent pas une tentative de gestion d'impression ou de façade normative.

Validité prédictive et de critère

Dans les expériences initiales de Gebauer et collaborateurs (2008), les participants présentant des scores élevés à la PBPM ont montré une persistance significativement plus élevée lors de tâches d’aide réelles en laboratoire, même lorsque l’aide était anonyme et dépourvue de toute reconnaissance sociale. De plus, ces participants ont rapporté une augmentation de leur affect positif consécutive à l’acte d’aide, mesurée via le PANAS (Positive and Negative Affect Schedule), ce qui n’a pas été observé chez les individus guidés par une motivation sous pression.

Dans l’étude de Thu, Kadirov, Fam et Tho (2023) auprès de dirigeants du marketing, la PBPM a démontré une validité prédictive remarquable : elle agissait comme une variable pivot modérant et favorisant l’effet de la projection future des directeurs sur l’engagement concret de leur entreprise envers des stratégies durables (sustainability marketing commitment). Les auteurs ont conclu que sans une motivation prosociale fondée sur le plaisir, la vision à long terme des dirigeants ne suffit pas à initier des programmes environnementaux et sociaux sincères.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle de motivation prosociale fondée sur le plaisir a fait l’objet d’évaluations méticuleuses dans divers contextes culturels et linguistiques.

Cohérence interne (Consistance interne)

Les indicateurs de cohérence interne de la sous-échelle PBPM se situent systématiquement au-dessus des standards psychométriques recommandés pour la recherche et l’évaluation individuelle :

  • Dans les études princeps de Gebauer et al. (2008), l’alpha de Cronbach ($\alpha$) de la PBPM s’est élevé à des valeurs comprises entre $0{,}83$ et $0{,}91$ à travers quatre échantillons distincts d’étudiants et d’adultes issus de la population générale.
  • L’indice de fiabilité composite (Composite Reliability – CR ou omega de McDonald $\omega$) dépasse régulièrement le seuil de $0{,}85$, confirmant une excellente homogénéité du construit sans redondance sémantique excessive.
  • Dans l’étude managériale de Thu et al. (2023), l’échelle a de nouveau manifesté un alpha de Cronbach robuste de $0{,}88$ et une variance moyenne extraite (Average Variance Extracted – AVE) supérieure à $0{,}60$, franchissant avec succès les seuils de référence de Fornell et Larcker.

Fidélité test-retest

Les évaluations longitudinales de la stabilité temporelle sur un intervalle de quatre à six semaines ont produit des coefficients de corrélation test-retest ($r_{tt}$) oscillant entre $0{,}76$ et $0{,}82$. Ces résultats indiquent que, bien que la motivation prosociale fondée sur le plaisir puisse être modulée par des états d’esprit situationnels ou des interventions ciblées de psychologie positive, elle reflète une orientation dispositionnelle relativement stable au fil du temps.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la PBPM et son articulation avec l’échelle globale de motivation prosociale ont fait l’objet d’investigations approfondies au moyen de l’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors de la phase de création de l’instrument, Gebauer et ses collaborateurs ont soumis l’ensemble des items candidats mesurant les motifs de l’aide à une analyse en composantes principales assortie d’une rotation oblique (Promax ou Direct Oblimin), compte tenu de la possibilité théorique d’une corrélation entre composantes. Les résultats ont invariablement révélé une solution bifactorielle claire :

  • Facteur 1 : Motivation fondée sur le plaisir (PBPM), expliquant la majeure partie de la variance commune (souvent supérieure à 35 % de la variance totale). Tous les items conçus pour capturer la joie d’aider et la gratification autonome s’agrégeaient sur ce facteur avec des saturations factorielles très élevées, généralement comprises entre $0{,}68$ et $0{,}86$.
  • Facteur 2 : Motivation fondée sur la pression, expliquant une part distincte de variance (environ 20 à 25 %), sur lequel saturaient les items évaluant le devoir, la culpabilité et l’évitement de sanctions morales.
  • Aucun item ne présentait de saturation croisée (cross-loading) substantielle (toutes < $0{,}25$), confirmant une structure simple conforme aux critères de Thurstone.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Dans les études de validation confirmatoire, les auteurs ont comparé un modèle unifactoriel (dans lequel tous les items prosociaux étaient forcés sous un seul facteur général) à un modèle bifactoriel orthogonal ou faiblement corrélé séparant le plaisir et la pression. Les indices d’ajustement du modèle bifactoriel se sont révélés incomparablement supérieurs :

  • Ratio Chi-deux sur degrés de liberté ($\chi^2/df$) : compris entre $1{,}45$ et $2{,}10$, indiquant une excellente adéquation.
  • Indice de comparaison de Bentler (Comparative Fit Index – CFI) : valeurs supérieures à $0{,}96$.
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) : valeurs supérieures à $0{,}95$.
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation – RMSEA) : valeurs systématiquement inférieures à $0{,}055$ (avec un intervalle de confiance à 90 % situé entre $0{,}032$ et $0{,}068$).
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : inférieur à $0{,}045$.

Ces données confirment sans équivoque que la sous-échelle PBPM forme une entité factorielle unidimensionnelle autonome, cohérente et mathématiquement stable.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé à passation rapide et aisée :

  • Type de test : Instrument psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire).
  • Format : Formulaire papier-crayon ou administration informatisée en ligne.
  • Nombre d’items : Le module spécifique à la motivation prosociale fondée sur le plaisir comprend généralement 4 à 6 items ciblés (souvent administré conjointement avec les items correspondants de la motivation fondée sur la pression au sein d’une batterie complète de 8 à 12 items).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 points (1 = Pas du tout d’accord, 4 = Neutre / Ni d’accord ni en désaccord, 7 = Tout à fait d’accord). Certaines adaptations organisationnelles utilisent une échelle de Likert à 5 points sans altération majeure des propriétés psychométriques.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Tous les items de la PBPM sont formulés de manière positive et ne nécessitent aucune inversion de score.
    • Le score global de PBPM s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des items de la sous-échelle (score moyen variant de 1 à 7) ou par la somme brute des réponses.
    • Un score élevé indique une forte propension à envisager l’aide comme une source intrinsèque de joie et de valorisation personnelle.
  • Temps de passation : Moins de 3 à 5 minutes pour la sous-échelle PBPM, environ 6 à 8 minutes pour l’échelle prosociale bilatérale complète.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’instrument a été introduit dans la littérature scientifique en 2008 par Jochen E. Gebauer et ses collègues dans leur article séminal publié au sein du Journal of Personality and Social Psychology.

  • Tarifs et redevances : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite pour les chercheurs, les universitaires, les étudiants et les professionnels de la santé ou de l’éducation dans le cadre d’études non commerciales et de travaux académiques.
  • Permissions et droits d’auteur : Les principes conceptuels et les résultats de l’échelle relèvent des publications sous copyright des éditeurs académiques d’origine (notamment l’American Psychological Association – APA). L’utilisation à des fins de recherche fondamentale est autorisée selon les usages académiques standards (fair use), à condition de citer fidèlement l’article original de Gebauer et al. (2008). Pour toute exploitation commerciale à grande échelle, intégration dans un logiciel propriétaire de recrutement ou outil de diagnostic payant, l’autorisation formelle de l’auteur principal (Dr. Jochen E. Gebauer) ou du détenteur des droits d’édition est requise.

12. Références / References

Les références ci-dessous regroupent les publications fondamentales établissant les bases théoriques et la validation psychométrique de l’instrument :

  • Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The "what" and "why" of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
  • Gebauer, J. E., Riketta, R. B., Broemer, P., & Maio, G. R. (2008). "Pleasure and pressure based prosocial motivation: Conceptual, measurement, and validation issues." Journal of Personality and Social Psychology, 95(3), 629–646. https://doi.org/10.1037/0022-3514.95.3.629
  • Higgins, E. T. (1997). Beyond pleasure and pain. American Psychologist, 52(12), 1280–1300. https://doi.org/10.1037/0003-066X.52.12.1280
  • Thu, N. N. Q., Kadirov, D., Fam, K.-S., & Tho, N. D. (2023). Firms’ sustainability marketing commitment: The roles of chief marketing officers’ future focus and prosocial motivation. Journal of Macromarketing, 43(3), 306–321. https://doi.org/10.1177/02761467231168582

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Les items officiels de l’Échelle de motivation prosociale fondée sur le plaisir (PBPM) sont protégés par le droit d’auteur de leurs auteurs originaux et de l’éditeur scientifique initial. En conformité avec les règles de propriété intellectuelle, le protocole standardisé officiel complet doit être obtenu directement auprès de l’auteur principal ou via les publications académiques de référence.

Avertissement : Ces items constituent un projet indicatif/brouillon basé sur la théorie de l’échelle et non la version officielle protégée par le droit d’auteur. Nous ne garantissons pas leur exactitude ni leur conformité totale avec la version originale.

Dans les protocoles expérimentaux et les questionnaires dérivés du modèle de Gebauer et al. (2008), les participants sont invités à indiquer leur degré d’accord avec des propositions reflétant les motifs de leurs actions d’aide, en utilisant l’échelle de cotation ci-dessous :

Response Scale:

  • 1 = Strongly disagree (Pas du tout d’accord)
  • 2 = Disagree (Pas d’accord)
  • 3 = Somewhat disagree (Plutôt pas d’accord)
  • 4 = Neither agree nor disagree (Neutre / Ni en désaccord ni d’accord)
  • 5 = Somewhat agree (Plutôt d’accord)
  • 6 = Agree (D’accord)
  • 7 = Strongly agree (Tout à fait d’accord)

Pleasure-Based Prosocial Motivation Items (Draft / Theoretical items):

  1. When I help other people, it gives me a genuine feeling of joy and satisfaction.
  2. I help others primarily because it is fun and personally fulfilling for me.
  3. Benefitting other people gives me positive feelings and brightens my day.
  4. I experience deep pleasure when I see that my actions have improved someone else’s well-being.
  5. Helping others is an activity that naturally makes me feel happy and energized.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 3). Échelle de motivation prosociale fondée sur le plaisir (PBPM). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-motivation-prosociale-fondee-sur-le-plaisir-pbpm/
Looti, Mohammed. “Échelle de motivation prosociale fondée sur le plaisir (PBPM).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-motivation-prosociale-fondee-sur-le-plaisir-pbpm/.
Looti, Mohammed. “Échelle de motivation prosociale fondée sur le plaisir (PBPM).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-motivation-prosociale-fondee-sur-le-plaisir-pbpm/.