Échelle de misanthropie révisée

Examen psychométrique complet de l’Échelle de misanthropie révisée (MS-R) de Sullivan et Adelson (1954) : cadre théorique, validité, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de misanthropie révisée (Misanthropy Scale – Revised, MS-R), initialement conceptualisée et développée par les psychologues Joseph Adelson et Patrick L. Sullivan en 1954, constitue l’un des instruments psychométriques pionniers conçus pour évaluer de façon systématique la misanthropie généralisée. Cet outil quantifie le degré d’hostilité, de méfiance, de dévaluation morale et de cynisme qu’un individu manifeste à l’égard de l’espèce humaine et de ses semblables pris dans leur globalité. Ancrée dans la lignée des travaux fondateurs sur la personnalité autoritaire initiés par Theodor W. Adorno, Else Frenkel-Brunswik, Daniel Levinson et R. Nevitt Sanford (1950), cette échelle a été construite pour isoler le mépris universel d’autrui de l’ethnocentrisme ciblé sur des minorités spécifiques.

Dans sa forme révisée à 29 items, l’échelle opérationnalise une vision sombre, dégradée et désabusée de la nature humaine, postulant que les individus sont intrinsèquement égoïstes, manipulateurs, corrompus, opportunistes et moralement déficients. Les participants répondent à chaque énoncé par le biais d’un format de réponse bipolaire gradué en 7 points, s’étendant de l’accord total (+3) au désaccord total (-3), permettant de capturer des nuances fines d’adhésion idéologique sans offrir de point médian équivoque. D’un point de vue psychométrique, l’instrument présente une cohérence interne satisfaisante avec des coefficients de fidélité par bissection (split-half reliability) et un alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,86 selon les échantillons universitaires et communautaires documentés dans la littérature classique (notamment par Zagona, 1959, et Robinson & Shaver, 1969).

La validité de construit de la MS-R est solidement étayée par des corrélations positives substantielles avec l’échelle F de fascisme potentiel, l’autoritarisme de droite, le dogmatisme de Rokeach, ainsi que par des associations négatives avec la confiance interpersonnelle, l’empathie dispositionnelle et la bienveillance humaniste. Cet article propose un examen exhaustif de ses fondements théoriques, de ses propriétés psychométriques, de ses dimensions sous-jacentes et de ses applications contemporaines en psychologie sociale et en évaluation de la personnalité.

2. Mots-clés / Keywords

Misanthropie, cynisme social, hostilité généralisée, échelle de misanthropie révisée, personnalité autoritaire, ethnocentrisme, psychométrie, évaluation d’attitudes, défiance sociale, Adelson et Sullivan.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et standardisée par :

  • Patrick L. Sullivan, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur en psychologie sociale et de la personnalité, associé aux travaux d’évaluation de la Veterans Administration et de l’Université de Californie à Berkeley dans l’immédiat après-guerre. Ses recherches ont porté sur l’agressivité interpersonnelle, la pathologie sociale et la mesure des biais perceptifs.
  • Joseph Adelson, Ph.D. (1925–2014) : Professeur émérite de psychologie à l’Université du Michigan (Ann Arbor), figure majeure de la psychologie clinique et de la recherche sur l’adolescence, la formation de l’identité politique et les structures de croyances sociales. Adelson a également été directeur de la clinique psychologique de l’Université du Michigan.

L’instrument a ensuite été réexaminé, archivé et révisé dans le cadre des programmes d’analyse des attitudes sociopolitiques de l’Institute for Social Research (ISR) de l’Université du Michigan, notamment par John P. Robinson et Phillip R. Shaver, ainsi que dans les recherches doctorales de Salvatore V. Zagona à l’Université de l’Arizona.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de misanthropie révisée est de quantifier une orientation évaluative et cognitive globale : la tendance chronique à percevoir l’humanité de manière négative, malveillante, indigne de confiance et intrinsèquement défectueuse. Lorsque Sullivan et Adelson ont développé leur protocole en 1954, les sciences sociales étaient dominées par la théorie de la personnalité autoritaire (Adorno et al., 1950). Ces modèles expliquaient les préjugés et l’antisémitisme par l’ethnocentrisme, c’est-à-dire une dichotomie rigide entre l’endogroupe (idéalisé, pur, vertueux) et les exogroupes (dévalués, menaçants, inférieurs). Sullivan et Adelson ont toutefois formulé l’hypothèse clinique et empirique novatrice selon laquelle l’hostilité intergroupe ne découle pas uniquement d’une préférence narcissique pour son propre groupe, mais peut s’enraciner dans un dégoût et une animosité universels dirigés contre tous les êtres humains indistinctement : la misanthropie.

L’outil répond à plusieurs impératifs méthodologiques et cliniques précis :

  • Différenciation conceptuelle entre préjugé ciblé et hostilité universelle : L’échelle permet de déterminer si le rejet manifesté par un participant relève d’une idéologie discriminatoire spécifique (racisme, antisémitisme, xénophobie) ou d’un mépris anthropologique global s’appliquant aussi bien aux membres de son propre groupe qu’aux membres extérieurs.
  • Compréhension des racines de l’aliénation démocratique : La misanthropie mesurée par la MS-R capture un sentiment aigu de désespoir politique. Les individus obtenant des scores élevés considèrent que les méthodes démocratiques, délibératives et participatives sont futiles face à la corruption et à la bêtise inhérentes aux êtres humains.
  • Recherche fondamentale en personnalité et psychopathologie sociale : En contexte universitaire et expérimental, l’instrument sert à modéliser la triade noire (machiavélisme, narcissisme, psychopathie subclinique), le cynisme organisationnel, l’évitement relationnel et la propension à adopter des comportements agressifs préventifs fondés sur l’idée que « les autres feront de même en premier » (paradigme de l’arroseur arrosé, comme l’illustre l’item 18 : « meet fire with fire »).

En somme, la MS-R permet de sonder les croyances ontologiques fondamentales d’un sujet relatives à la moralité, à la compétence et à la loyauté de ses pairs, fournissant un indice robuste de paranoïa sociale et d’amertume existentielle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique de misanthropie, tel qu’opérationnalisé dans l’échelle de Sullivan et Adelson (1954), ne se résume pas à une simple timidité sociale ou à une introversion comportementale. Il s’agit d’un système articulé d’attitudes, de schémas cognitifs négatifs et d’affects aversifs orientés vers l’ensemble de l’espèce humaine. Ce construit multiforme s’articule autour de cinq dimensions thématiques interconnectées :

1. Cynisme moral et exploitation interpersonnelle

Cette dimension postule que la moralité humaine n’est qu’un vernis hypocrite et superficiel. Sous le couvert de la civilité, la majorité des individus sont perçus comme sans scrupules, impitoyables, opportunistes et prêts à toutes les compromissions pour de l’argent ou du statut social (ex. : item 11, item 16). L’altruisme sincère est réfuté catégoriquement : toute action philanthropique ou scientifique d’envergure est réinterprétée à travers le prisme de la soif de gloire, d’apparence et de gloriole personnelle (item 25).

2. Parasitisme, paresse et hédonisme dégradé

Le misanthrope perçoit ses congénères comme des parasites sociaux cherchant à fuir l’effort honnête et laborieux au profit de sinécures improductives et faciles (item 19). Cette facette s’accompagne d’un dégoût moralisant face à ce qui est perçu comme une quête vulgaire du luxe, de la sensualité débridée et de l’extravagance (item 1), révélant un lien structurel entre la misanthropie et le puritanisme punitif mis en évidence dans l’autoritarisme.

3. Défiance, opacité et machiavélisme perçu chez autrui

Autrui est envisagé comme fondamentalement imprévisible, impénétrable et potentiellement malveillant (item 15 : « one never knows what they are thinking or planning »). Les dynamiques collectives et associatives ne sont pas perçues comme des lieux de solidarité, mais comme des coteries comploteuses et exclusives visant à fausser la concurrence loyale (item 6, item 10). Cette composante reflète un sentiment paranoïde de persécution sociale diffuse.

4. Déterminisme biologique, primitivisme et incurabilité des défauts humains

Une caractéristique centrale de la misanthropie mesurée par la MS-R est son fatalisme biologique. Les tares de l’humanité ne sont pas attribuées à un manque d’éducation, à des structures économiques inégales ou à des traumatismes historiques, mais à une corruption intrinsèque logée « dans le sang » (item 23 : « these defects are simply in the blood »). L’être humain est dépeint comme porteur d’une agressivité primitive, archaïque et non civilisée (item 28), rendant illusoire toute réhabilitation sociale et justifiant le fatalisme quant à la perpétuation inéluctable des conflits armés (item 29).

5. Rejet social, ségrégationnisme et autoritarisme répressif

La conséquence logique des prémisses misanthropiques est l’approbation de mesures coercitives, restrictives et ségrégationnistes destinées à contenir la nocivité supposée du genre humain. Cela inclut le plafonnement drastique de l’accès à l’éducation supérieure (item 27), l’instauration de quotas limitatifs (item 4), l’exclusion géographique des quartiers résidentiels (item 2) et le recours assumé à des méthodes brutales pour contrer autrui (item 18).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique de l’Échelle de misanthropie révisée s’enracine à la croisée de la psychanalyse freudienne révisée, de la théorie critique de l’École de Francfort et de la psychologie sociale des attitudes de l’après-Seconde Guerre mondiale.

Le modèle fondamental repose sur l’ouvrage séminal The Authoritarian Personality (Adorno et al., 1950). Selon ce paradigme psychodynamique, l’hostilité envers autrui provient de mécanismes de défense inconscients, au premier rang desquels figurent la projection et le déplacement. Les impulsions inacceptables pour le moi (agressivité, pulsions destructrices, désirs égoïstes) sont refoulées en raison d’une discipline parentale punitive, puis externalisées sur le monde extérieur : l’individu ne se reconnaît pas comme agressif ou égoïste, mais perçoit la totalité de l’humanité comme vicieuse, corrompue et malfaisante. Sullivan et Adelson (1954) ont prolongé cette théorie en contestant une hypothèse implicite d’Adorno : l’idée que l’hostilité est exclusivement canalisée vers des boucs émissaires minoritaires désignés par la culture.

Dans la perspective de Sullivan et Adelson, la misanthropie représente la forme la plus radicale et la plus dédifférenciée de la pulsion destructrice généralisée (ce que Gordon Allport nommera plus tard la « haine généralisée »). L’individu misanthrope n’a pas besoin de catégories raciales, ethniques ou religieuses pour détester son prochain : l’appartenance à la condition humaine suffit à justifier son dégoût. Le cadre théorique s’articule ainsi autour de la théorie de l’évaluation sociale et du désengagement normatif :

  • Théorie de la méfiance généralisée (Philosophie de la nature humaine) : Plus tard formalisée par Lawrence Wrightsman (1964, 1974), cette approche postule que les individus possèdent des « philosophies implicites de la nature humaine » (Wrightsman’s Philosophy of Human Nature Scale) se déployant sur un continuum allant de l’optimisme humaniste (croyance en l’altruisme et la perfectibilité) au cynisme misanthropique (croyance en la duplicité et l’incompétence native).
  • Hypothèse du réalisme cynique défensif : Le misanthrope adopte une posture intellectuelle de « réalisme désabusé » afin de se prémunir contre la déception interpersonnelle. Prédire la trahison d’autrui permet de neutraliser l’impact traumatique potentiel de cette trahison.

7. Validité / Validity

Les études empiriques consacrées à l’évaluation de la validité de l’Échelle de misanthropie révisée ont démontré d’excellentes qualités de mesure, tant sur le plan de la validité de construit que sur celui des validités convergente et discriminante.

Validité convergente

Dans l’étude princeps de Sullivan et Adelson (1954) menée auprès d’étudiants de premier cycle universitaire, les scores à l’échelle de misanthropie ont présenté des corrélations positives et hautement significatives avec :

  • L’Échelle d’ethnocentrisme (Échelle E) du groupe de Berkeley (r variant de 0,43 à 0,58, p < 0,001), confirmant que les préjugés xénophobes coexistent fréquemment avec une haine plus vaste du genre humain.
  • L’Échelle F de fascisme potentiel (r compris entre 0,48 et 0,62), soulignant la convergence avec les traits de rigidité cognitive, de superstition, de destructivité et de cynisme autoritaire.
  • L’Échelle de dogmatisme de Rokeach (Zagona, 1959), avec des corrélations moyennes de r = 0,51, démontrant que la fermeture d’esprit et l’intolérance à l’ambiguïté s’associent étroitement à une lecture misanthropique du corps social.

Validité discriminante

Malgré sa forte corrélation avec l’ethnocentrisme, l’échelle a prouvé sa spécificité conceptuelle. Sullivan et Adelson ont démontré, par des analyses de régression et des corrélations partielles, que la misanthropie explique une part de variance unique non capturée par l’adhésion aux stéréotypes raciaux. En contrôlant le niveau d’ethnocentrisme, la misanthropie demeure un prédicteur robuste du pessimisme sociopolitique, du rejet des institutions démocratiques et de l’isolement social volontaire.

Validité de critère et prédictive

Au niveau comportemental et décisionnel, des scores élevés à la MS-R prédisent de manière fiable :

  • Une réticence marquée à coopérer dans des jeux expérimentaux de dilemme du prisonnier (dilemme du prisonnier), les individus anticipant systématiquement la défection de leur partenaire.
  • Une adhésion renforcée aux sanctions pénales punitives et à la peine de mort, corrélée à la croyance que les criminels sont intrinsèquement irrécupérables en raison de « défauts logés dans le sang » (item 23).
  • Une méfiance accrue à l’égard des campagnes de santé publique, des vaccins ou de la recherche biomédicale financée par l’État ou des fondations (faisant écho à l’item 25).

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés métrologiques relatives à la précision et à la reproductibilité de l’Échelle de misanthropie révisée ont été établies dans plusieurs vagues d’enquêtes psychologiques :

  • Cohérence interne : Dans l’échantillon initial de Sullivan et Adelson (1954), la fidélité par la méthode de bissection (split-half, corrigée par la formule de Spearman-Brown) s’élevait à 0,84. Dans les réplications ultérieures recensées par Robinson et Shaver (1969), le coefficient alpha de Cronbach oscillait entre 0,81 et 0,86, ce qui témoigne d’une excellente consistance interne pour une échelle mesurant une attitude socio-affective complexe.
  • Corrélations item-total : Les corrélations entre les items individuels et le score total corrigé s’échelonnent majoritairement entre 0,32 et 0,61. Les items les plus fortement corrélés au score global sont ceux relatifs à l’incurabilité de la nature humaine (item 23), à l’hypocrisie morale (item 16) et au cynisme face au prétendu désintéressement humain (item 25).
  • Stabilité temporelle (test-retest) : Bien que les attitudes sociales puissent évoluer au fil des événements de vie majeurs, les évaluations de stabilité temporelle sur des intervalles de 4 à 8 semaines auprès d’échantillons d’étudiants (Zagona, 1959) ont mis en évidence un coefficient de corrélation test-retest de r = 0,77 (p < 0,001), confirmant que l’instrument capture une orientation dispositionnelle relativement stable assimilable à un trait de personnalité idéologique plutôt qu’à un simple état d’humeur transitoire.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les premières études conduites dans les années 1950 et 1960 reposaient sur des calculs d’agrégation d’items univariés inspirés de l’approche de Likert. Néanmoins, les analyses factorielles exploratoires subséquentes (notamment par extraction en composantes principales avec rotation varimax) conduites sur la MS-R ont mis en évidence une structure multidimensionnelle dominée par un facteur général de second ordre.

Structure factorielle exploratoire (AFE)

L’analyse dégage habituellement un grand facteur général (rendant compte de 24 % à 30 % de la variance totale), étayant l’utilisation légitime d’un score composite global, suivi de trois à quatre facteurs de premier ordre interprétables :

  • Facteur 1 : Duplicité et immoralité perçue (Variance expliquée ~ 14 %) — Saturé fortement par les items 3, 6, 11, 16 et 25 (saturations > 0,50). Ce facteur représente le noyau dur du cynisme : l’idée que les êtres humains sont dissimulateurs, cupides et égocentriques.
  • Facteur 2 : Hostilité sociale et coercition autoritaire (Variance expliquée ~ 9 %) — Saturé par les items 2, 4, 5, 18 et 27. Ce facteur regroupe les propositions visant à restreindre les droits, l’éducation ou le statut d’autrui pour protéger la société.
  • Facteur 3 : Déterminisme biologique et incurabilité (Variance expliquée ~ 7 %) — Fortes saturations sur les items 21, 23 et 28. Ce facteur isole la croyance essentialiste selon laquelle les défauts humains sont génétiques, primitifs et inaltérables.
  • Facteur 4 : Désaffiliation et répugnance corporelle/hygiénique (Variance expliquée ~ 5 %) — Saturé par les items 8, 20 et 22, reflétant un mépris viscéral pour les manières, l’apparence physique et la propreté d’autrui.

Modélisation confirmatoire (AFC)

Dans les réévaluations contemporaines des échelles d’attitudes d’après-guerre, un modèle bifactoriel (un facteur général de misanthropie couplé à des facteurs spécifiques) présente généralement de meilleurs indices d’ajustement (RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,90) qu’un modèle unidimensionnel strict, démontrant la richesse conceptuelle du pool d’items de Sullivan et Adelson.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle de misanthropie révisée est un questionnaire auto-rapporté composé de 29 propositions déclaratives. Les modalités d’administration et de cotation sont les suivantes :

  • Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation individuelle ou collective (crayon-papier ou numérique).
  • Nombre d’items : 29 items.
  • Format et échelle de réponse : Échelle de réponse de type Likert en 7 points sans point neutre, s’étendant de :
    Complete agreement (+3) à complete disagreement (-3).
    Les sept degrés de réponse sont : +3 (Accord total), +2 (Accord modéré), +1 (Accord léger), -1 (Désaccord léger), -2 (Désaccord modéré), -3 (Désaccord total).
  • Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Cotation et calcul du score :
    • Pour éliminer les valeurs négatives, une constante de 4 est couramment ajoutée à chaque score lors de la saisie (transformant les scores bruts de -3 à +3 en une échelle de 1 à 7 : -3 = 1 ; -2 = 2 ; -1 = 3 ; +1 = 5 ; +2 = 6 ; +3 = 7 ; le score 4 n’étant pas disponible en modalité directe). Alternativement, une simple conversion linéaire 1 à 7 est appliquée.
    • Tous les 29 items sont formulés dans le sens de la misanthropie (items directs), ce qui signifie qu’aucun item inversé n’est inclus dans la version originale, reflétant la méthodologie de l’époque qui visait à saturer l’accord idéologique (attention au biais d’acquiescement).
    • Le score global s’obtient par la somme ou la moyenne arithmétique des items. Un score élevé reflète un degré extrême de misanthropie, d’amertume sociale et de cynisme à l’égard de la nature humaine.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1954 (dans le Journal of Abnormal and Social Psychology).
  • Révisions et archives de référence : Zagona (1959) ; Robinson & Shaver (1969, Measures of Social Psychological Attitudes, Institute for Social Research, Université du Michigan).
  • Statut du droit d’auteur et permissions : L’instrument appartient au domaine public académique. Conformément aux usages pour les outils publiés dans les revues de l’American Psychological Association (APA) avant 1964 et reproduits dans les anthologies gouvernementales ou universitaires de l’ISR (Institute for Social Research), l’échelle peut être utilisée librement à des fins de recherche scientifique non commerciale et d’enseignement, sans paiement de redevance ni obligation de licence payante, sous réserve de citer scrupuleusement les publications d’origine.
  • Tarif d’utilisation : Gratuit (accès libre pour les chercheurs et praticiens).

12. Références / References

  • Adorno, T. W., Frenkel-Brunswik, E., Levinson, D. J., & Sanford, R. N. (1950). The authoritarian personality. Harper & Row.
  • Allport, G. W. (1954). The nature of prejudice. Addison-Wesley.
  • Robinson, J. P., & Shaver, P. R. (1969). Measures of social psychological attitudes. Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan. https://www.psc.isr.umich.edu/dis/infoserv/isrpub/pdf/Measuresofsocialpsychologicalattitudes_2928_.PDF
  • Sullivan, P. L., & Adelson, J. (1954). Ethnocentrism and misanthropy. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 49(2), 246–250. https://doi.org/10.1037/h0061266
  • Wrightsman, L. S. (1964). Measurement of philosophies of human nature. Psychological Reports, 14(3), 743–751. https://doi.org/10.2466/pr0.1964.14.3.743
  • Zagona, S. V. (1959). Dogmatism and a theory of interdependence between libertarian and equalitarian processes: A study in reciprocal evaluation (Doctoral dissertation, University of Arizona). University of Arizona Libraries.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: Complete agreement (+3) to complete disagreement (-3)

  1. People seem to prefer the most luxurious‚ extravagant‚ and sensual way of living .
  2. In order to maintain a nice residential neighborhood it is best to prevent most people from living in it.
  3. A major fault of most people is their conceit.
  4. Colleges should adopt a quota system by which they may limit the number of people in fields which have too many now.
  5. A step toward solving social problems would be to prevent people from getting in to superior‚ profit able positions in society‚ for a while at least.
  6. One trouble with most people is that they stick together and connive‚ so that others don’t have a fair chance in competition.
  7. Our social problems are so general and deep that one often doubts that democratic methods can ever solve them.
  8. Most people tend to lower the general standard of living by their willingness to do the most menial work and to live under standards that are far below average.
  9. Most people should not pry so much in to others’ activities and organizations nor seek so much recognition and prestige.
  10. Much resentment against most people stems from their tending to keep apart and to exclude others from their social life.
  11. One big trouble with people is that they are never contented‚ but always try for the best jobs and the most money.
  12. People go too far in hiding their backgrounds‚ especially such extremes as changing their names and imitating others’ manner and customs.
  13. People should make sincere efforts to rid themselves of their conspicuous and irritating faults‚ if they really want to prevent themselves from being condemned.
  14. War shows up the fact that most people are not patriotic or willing to make sacrifices for their country.
  15. There i s something different and strange about most people; one never knows what they are thinking or planning‚ nor what makes them tick.
  16. People may have moral standards that they apply in their dealings with their friends‚ but with others most of them are unscrupulous‚ ruthless‚ and undependable.
  17. Most peoples’ first loyalty is to themselves rather than to their country.
  18. In order to handle social problems‚ one must meet fire with fire and use the same ruthless tactics with others that they use.
  19. Most people seem to have an aversion to plain hard work; they tend to be parasites on society by finding easy‚ nonproductive jobs.
  20. One general fault of people is their over aggressiveness‚ a strange tendency always to display their looks‚ manner‚ and breeding.
  21. There seems to be some revolutionary streak in the human makeup as shown by the fact that there are so many communists and agitators.
  22. People should be more concerned with their personal appearance‚ and not be so dirty and smelly and unkempt.
  23. There is little hope of correcting human defects‚ since these defects are simply in the blood.
  24. People keep too much to themselves‚ instead of taking the proper interest in community problems and good government.
  25. When people cr‎eate large funds for educational or scientific research it is mainly due to a desire for fame and public notice rather than a really sincere scientific interest.
  26. People would solve many of their social problems by not being so irresponsible‚ lazy‚ and ignorant.
  27. It would be best to limit most people to grammar and trade school education since more schooling just gives them ambition and desires which they are unable to fulfill in competition.
  28. There is something inherently primitive and uncivilized in most people‚ as shown in their musical tastes and extreme aggressiveness.
  29. There will always be wars because‚ for one thing ‚ there will always be people who ruthlessly try to grab for more than their share.
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Looti, M. (2026, octobre 1). Échelle de misanthropie révisée. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-misanthropie-revisee/
Looti, Mohammed. “Échelle de misanthropie révisée.” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-misanthropie-revisee/.
Looti, Mohammed. “Échelle de misanthropie révisée.” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-misanthropie-revisee/.