1. Résumé
L’Échelle de lieu de contrôle économique (en anglais, Economic Locus of Control Scale – ELCS), développée initialement par le professeur Adrian Furnham en 1986, constitue un instrument psychométrique de référence conçu pour opérationnaliser et évaluer les attributions causales relatives aux phénomènes financiers et matériels. Transposant la théorie fondamentale du lieu de contrôle de Julian Rotter au champ spécifique de la psychologie économique, l’ELCS permet d’analyser la mesure dans laquelle les individus attribuent la richesse, la pauvreté, la mobilité financière et le succès matériel à leurs propres comportements (facteurs internes tels que l’effort, l’épargne et les compétences) ou à des forces échappant à leur emprise directe (facteurs externes tels que la chance, le destin, les aléas macroéconomiques ou l’influence d’autrui puissant).
Composée de 40 items évalués au moyen d’une échelle de type Likert en 7 points, l’échelle se structure classiquement autour de quatre dimensions factorielles majeures : le contrôle interne (effort personnel et compétences), la chance ou la fatalité (hasard et imprévisibilité), les autrui puissants (institutions, élites, décideurs politiques) et le fatalisme économique ou la négation de la pauvreté. Les études psychométriques démontrent une consistance interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,71 et 0,85 selon les sous-échelles et les échantillons étudiés, ainsi qu’une stabilité temporelle robuste lors des réévaluations test-retest. L’instrument présente une validité convergente et prédictive solide, corrélant de façon significative avec les comportements d’épargne, la tolérance au risque financier, l’endettement, l’éthique protestante du travail et les attitudes sociopolitiques envers la redistribution des richesses.
2. Mots-clés
Lieu de contrôle économique, psychologie économique, attributions causales, Adrian Furnham, comportement financier, croyances sur la richesse, pauvreté, psychométrie, échelle de Likert, autonomie financière, autrui puissants, fatalisme économique.
3. Auteurs
L’Échelle de lieu de contrôle économique a été conçue et validée par :
- Adrian Furnham, D.Phil., D.Sc., Fellow de la British Psychological Society, professeur de psychologie au Département de psychologie organisationnelle et appliquée de l’University College London (UCL), Royaume-Uni, et professeur émérite à la Norwegian Business School (BI), Oslo, Norvège. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif
L’objectif fondamental de l’Échelle de lieu de contrôle économique est de pallier les limites conceptuelles et empiriques des échelles généralistes de contrôle, telles que l’échelle unidimensionnelle d’I-E de Julian Rotter ou les échelles multidimensionnelles de Hanna Levenson. Si ces instruments classiques capturent des orientations généralisées de contrôle applicables à la vie quotidienne, ils échouent régulièrement à prédire avec précision les comportements économiques spécifiques, les décisions d’investissement et les représentations idéologiques liées à l’argent. L’ELCS a été élaborée selon l’hypothèse de la spécificité de domaine, stipulant que les croyances de contrôle contextualisées offrent une variance expliquée nettement supérieure face aux conduites socio-économiques complexes.
Sur le plan de la recherche, l’instrument vise à explorer les processus cognitifs et attributionnels qui sous-tendent les disparités de comportement financier. Il permet d’étudier comment les croyances individuelles quant à la causalité de la réussite ou de l’échec financier influencent l’adoption de comportements financiers prudents (comme la constitution d’une épargne de précaution, la souscription d’assurances ou l’investissement diversifié) par opposition à des comportements délétères (comme le surendettement, les dépenses impulsives ou le recours aux jeux de hasard). En outre, l’échelle constitue un outil d’investigation privilégié en sociologie économique et en psychologie politique pour analyser les explications profanes de la pauvreté et de la richesse, ainsi que le soutien individuel aux politiques de redistribution fiscale ou d’aide sociale de l’État-providence.
Dans les contextes appliqués, notamment en conseil financier, en coaching patrimonial et en intervention psycho-sociale auprès de ménages en situation de précarité, l’ELCS permet d’établir un diagnostic précis des schémas d’impuissance acquise ou de surconfiance économique. Les praticiens peuvent identifier si un client attribue ses difficultés financières à une incapacité intrinsèque, à l’injustice systémique ou au mauvais sort, facilitant la mise en place d’interventions ciblées visant à renforcer le sentiment d’auto-efficacité financière et la littératie économique.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique mesuré par l’ELCS repose sur une modélisation multidimensionnelle des croyances d’attribution causale appliquées à la sphère monétaire et matérielle. L’instrument postule que l’orientation économique d’un individu ne se résume pas à une dichotomie simpliste entre maîtrise de soi et déterminisme externe, mais s’organise selon quatre dimensions distinctes :
1. Facteur Interne (Effort personnel et Habileté)
Cette dimension évalue la croyance selon laquelle l’obtention de la richesse et l’évitement de la pauvreté résultent directement des compétences cognitives, du labeur individuel, de la persévérance, de la prévoyance et de la gestion budgétaire rigoureuse. Les individus obtenant un score élevé sur ce facteur adhèrent fortement à l’idée que le sort financier est autogéré. Par exemple, des assertions telles que l’item 2 (« Saving and careful investing is a key factor in becoming rich ») ou l’item 37 (« When I get what I want, it is usually because I worked hard for it ») incarnent ce construit, valorisant la responsabilité individuelle et la méritocratie.
2. Facteur Chance et Hasard (Fatalisme et Fortune)
Ce pôle mesure la perception de l’économie comme un environnement stochastique, imprévisible et chaotique, où la trajectoire financière dépend de la chance pure, de la loterie génétique ou contextuelle, et de la bonne fortune plutôt que de la planification rationnelle. Un score élevé reflète une posture d’externalité passive, illustrée par l’item 13 (« Whether or not people get rich is often a matter of chance ») ou l’item 32 (« Financial security is largely a matter of good fortune »). Cette dimension est souvent associée à une moindre propension à épargner à long terme.
3. Facteur Autrui Puissants (Forces Systémiques et Institutionnelles)
Cette sous-échelle évalue l’attribution de la destinée financière à l’influence déterminante de tiers dotés d’un pouvoir coercitif ou décisionnel prépondérant, tels que les élites économiques, les dirigeants d’entreprise, les institutions bancaires, les groupes de pression ou les figures hiérarchiques directes. L’individu estime que son avancement socio-économique est conditionné par la complaisance de ces figures d’autorité. Cette dimension est capturée par des propositions comme l’item 9 (« I feel that my finances are mostly determined by powerful people ») ou l’item 33 (« Getting what I want financially requires pleasing those people above me »).
4. Facteur Négation ou Fatalisme de la Pauvreté
Cette composante explore les représentations normatives relatives à la nature de la pauvreté dans la société contemporaine, combinant parfois la croyance que la pauvreté est inévitable et insurmontable à celle qu’elle est exagérée ou attribuable à l’oisiveté des individus. Ce facteur est illustré par des formulations comme l’item 7 (« People’s poverty results from their own idleness ») ou l’item 11 (« No matter what anyone does, there will always be poverty »), traduisant une idéologie socio-économique ancrée dans le fatalisme structurel ou le conservatisme économique.
6. Cadre théorique
L’Échelle de lieu de contrôle économique s’enracine au confluent de la théorie de l’apprentissage social de Julian B. Rotter (1954, 1966) et des théories modernes de l’attribution causale développées par Fritz Heider (1958) et Bernard Weiner (1979, 1985). Selon la formule rotterienne fondamentale, le potentiel de comportement dans une situation donnée est fonction de l’attente que le comportement mènera à un renforcement spécifique et de la valeur accordée à ce renforcement. Le lieu de contrôle est conceptualisé par Rotter comme une attente généralisée quant à la nature du lien de contingence entre les actions d’un agent et les résultats qu’il obtient.
Cependant, à la fin des années 1970 et au début des années 1980, plusieurs psychologues différentiels et sociaux, notamment Hanna Levenson (1981) et Adrian Furnham, ont démontré que les attentes généralisées de Rotter possédaient un pouvoir prédictif modeste lorsqu’elles étaient appliquées à des contextes socioculturels complexes et spécialisés. Levenson a déconstruit l’externalité en séparant les « autrui puissants » du « hasard ». Furnham a poussé cette logique plus loin en affirmant que l’argent et l’économie constituent un domaine symbolique hautement chargé d’affects, de normes morales et de mécanismes idéologiques spécifiques.
Le cadre théorique de l’ELCS s’articule également avec la théorie de l’éthique protestante du travail formalisée par Max Weber et opérationnalisée en psychologie par Furnham (1982). Selon ce courant, les individus internalisant fortement les valeurs d’effort, de frugalité et d’autonomie développent un locus de contrôle économique interne puissant, voyant dans la richesse une récompense morale et dans la pauvreté une défaillance de caractère. Inversement, les cadres théoriques inspirés de la théorie de la résignation acquise de Martin Seligman permettent d’interpréter les scores élevés d’externalité (chance et autrui puissants) comme l’expression d’un désarmement psychologique face aux forces du marché, où l’individu renonce à des stratégies proactives en raison de l’illusion d’une impossibilité d’agir.
7. Validité
La validité psychométrique de l’Échelle de lieu de contrôle économique a fait l’objet de multiples investigations empiriques menées auprès de populations diversifiées (étudiants, salariés, demandeurs d’emploi, investisseurs particuliers) :
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente de l’ELCS a été établie par la corrélation systématique de ses sous-échelles avec d’autres instruments psychologiques standardisés. Les scores d’internalité économique corrèlent positivement et significativement avec l’échelle d’éthique protestante du travail de Mirels et Garrett (r = 0,42 à 0,55, p < 0,001), l’orientation vers la réussite (besoin d’accomplissement de McClelland), et l’auto-efficacité financière générale. Inversement, l’internalité économique est corrélée négativement avec les scores d’anhédonie, de dépression et d’impuissance apprise.
Les dimensions d’externalité (chance et autrui puissants) affichent des corrélations positives modérées à fortes avec l’échelle IPC de Levenson (notamment la sous-échelle Chance avec le pôle Chance de Levenson, r = 0,58, et la sous-échelle Autrui Puissants avec le pôle Powerful Others, r = 0,61), attestant que l’ELCS mesure bien des facettes spécifiques d’un construit d’attribution externe préexistant.
Validité discriminante
L’ELCS montre une bonne différenciation par rapport aux traits de personnalité généraux du modèle en cinq facteurs (Big Five). Bien que de faibles corrélations soient observées entre l’internalité et la conscience (r ≈ 0,28) ou entre l’externalité et le névrosisme (r ≈ 0,22), l’ampleur de ces associations confirme que le lieu de contrôle économique ne constitue pas un simple décalque des traits de personnalité sous-jacents, mais capture une constellation d’attitudes cognitives autonomes.
Validité prédictive et critériée
L’instrument démontre une excellente validité prédictive des comportements financiers réels. Des études longitudinales et transversales (Furnham, 1986 ; Furnham & Argyle, 1998) indiquent que les individus présentant des scores d’internalité élevés possèdent un taux d’épargne significativement supérieur, un niveau d’endettement à la consommation plus faible, et recourent davantage aux services de planification patrimoniale et de budgétisation. À l’inverse, des scores élevés sur la dimension Chance prédisent de manière robuste l’achat compulsif de billets de loterie, le recours au crédit renouvelable et une absence d’assurance personnelle.
8. Fidélité
La fidélité de l’Échelle de lieu de contrôle économique a été rigoureusement évaluée à travers les indices de consistance interne et les protocoles de stabilité temporelle :
- Consistance interne : Dans l’étude princeps d’Adrian Furnham (1986), les coefficients alpha de Cronbach calculés pour les dimensions factorielles principales révélaient une homogénéité satisfaisante. Le facteur d’internalité présentait un alpha de Cronbach de 0,81, le facteur Chance un alpha de 0,78, le facteur Autrui Puissants un alpha de 0,74, et la dimension relative au fatalisme de la pauvreté un alpha de 0,70. Des réplications ultérieures menées dans des contextes transnationaux ont rapporté des coefficients globaux variant entre 0,75 et 0,86 pour l’ensemble des items retenus dans les formes canoniques.
- Fidélité test-retest : La stabilité temporelle de l’instrument a été évaluée sur des intervalles de quatre à six semaines auprès d’échantillons d’adultes actifs. Les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de Pearson test-retest s’élèvent à r = 0,79 pour le facteur Interne, r = 0,75 pour le facteur Chance, et r = 0,72 pour le facteur Autrui Puissants, indiquant une stabilité temporelle satisfaisante propre à un construit de croyance attitudinale semi-stable (traite-état).
9. Analyse factorielle
Dans les travaux initiaux de Furnham (1986), l’ensemble des 40 items a été soumis à une analyse factorielle exploratoire (AFE) par extraction en composantes principales, suivie d’une rotation orthogonale Varimax, puis oblique (Oblimin). L’analyse a mis en évidence une structure multifactorielle expliquant environ 38,5 % à 44,2 % de la variance totale des réponses.
La solution à quatre facteurs a été retenue en vertu du critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1,0) et de l’examen du graphique des éboulis de Cattell :
- Facteur 1 (Internalité / Effort personnel) : Saturé principalement par les items affirmant la primauté du travail, de l’épargne, de la planification et de l’habileté (ex. items 1, 2, 3, 5, 12, 19, 20, 35, 37, 38), avec des saturations factorielles comprises entre 0,42 et 0,71.
- Facteur 2 (Chance et Destin) : Regroupant les items où la richesse ou la pauvreté sont perçues comme l’effet exclusif de la chance, des aléas imprévisibles ou du destin aveugle (ex. items 6, 13, 14, 15, 18, 30, 32, 34, 39, 40), affichant des saturations entre 0,39 et 0,68.
- Facteur 3 (Autrui Puissants) : Dominé par les items formulant l’emprise des élites, des employeurs, des institutions politiques ou des groupes de pression sur le destin individuel (ex. items 9, 21, 27, 33), avec des saturations variant de 0,45 à 0,69.
- Facteur 4 (Attitudes et Déni de la pauvreté) : Comprenant des items touchant à l’inutilité de l’intervention sociale, à l’exagération de la pauvreté ou à son inéluctabilité (ex. items 4, 8, 10, 11, 16, 22, 28, 29), présentant des saturations modérées entre 0,35 et 0,58.
Des analyses factorielles confirmatoires (AFC) conduites dans des études ultérieures ont confirmé l’adéquation acceptable du modèle quadridimensionnel par rapport à un modèle unidimensionnel rotterien, avec des indices d’ajustement standardisés tels que RMSEA ≤ 0,06, CFI ≥ 0,91 et TLI ≥ 0,89, confirmant la pertinence de distinguer conceptuellement l’intervention de la chance de celle des autrui puissants dans la sphère économique.
10. Instrument de mesure
- Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (auto-rapport).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée / en ligne.
- Nombre d’items : 40 items affirmatifs.
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree).
- Cotation et calcul des scores :
- Chaque item est coté de 1 à 7 selon le degré d’adhésion du répondant.
- Certains items rédigés sous forme inversée par rapport à leur pôle théorique doivent faire l’objet d’une inversion de score (par exemple, un item niant la chance sur une échelle de chance doit être recodé selon la formule : Score inversé = 8 – Réponse brute).
- Les scores dimensionnels sont calculés en sommant ou en moyennant les items affiliés à chacun des sous-facteurs (Internalité, Chance, Autrui Puissants, Déni/Fatalisme de la pauvreté).
- Un profil d’attribution économique est ainsi généré, permettant d’identifier le profil dominant du sujet (Interne, Fataliste/Chance, ou Soumis aux autrui puissants).
- Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication originale : 1986.
- Auteur et copyright : Adrian Furnham.
- Statut d’accès et permissions : L’Échelle de lieu de contrôle économique est un instrument académique ouvert, mis à la disposition de la communauté scientifique internationale pour des fins de recherche fondamentale, d’enseignement universitaire et d’évaluation non commerciale. L’utilisation clinique ou expérimentale ne requiert généralement pas de paiement de redevance, sous réserve de citer scrupuleusement la publication princeps de 1986. Toute utilisation à visée lucrative, commerciale ou d’intégration dans une plateforme logicielle payante nécessite l’autorisation formelle expresse de l’auteur.
- Tarif : Gratuit pour la recherche académique et l’usage éducatif.
12. Références
Furnham, A. (1986). Economic locus of control. Human Relations, 39(1), 29–43. https://doi.org/10.1177/001872678603900102
Furnham, A., & Argyle, M. (1998). The Psychology of Money. Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203058862
Levenson, H. (1981). Differentiating among internality, powerful others, and chance. In H. M. Lefcourt (Ed.), Research with the Locus of Control Construct (Vol. 1, pp. 15–63). Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-443201-7.50006-3
Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
Weiner, B. (1985). An attributional theory of achievement motivation and emotion. Psychological Review, 92(4), 548–573. https://doi.org/10.1037/0033-295X.92.4.548
13. Questions et items du questionnaire
Answers are rated on a seven point Likert-type scale.
- Becoming rich has little or nothing to do with chance
- Saving and careful investing is a key factor in becoming rich.
- Whether or not I become wealthy depends mostly on my ability.
- Accountants can rarely do very much for people who are poor.
- Anyone can learn a few basic economic principles that can go a long way in preventing poverty.
- To a great extent my life is controlled by accidental happenings.
- People’s poverty results from their own idleness.
- Social workers relieve or cure only a few of the financial problems their clients have.
- I feel that my finances are mostly determined by powerful people.
- There is little one can do to prevent poverty.
- No matter what anyone does‚ there will always be poverty.
- When I make plans I am almost certain to make them work.
- Whether or not people get rich is often a matter of chance.
- People who never become poor are just plain lucky.
- There is no chance of protecting my savings from bad luck happenings.
- The seriousness of poverty is overstated.
- When it comes to wealth‚ there is no such thing as ¡¥bad luck’.
- When I get what I want‚ it is usually because I am lucky.
- In the long run‚ people who take care of their finances stay wealthy.
- Relief from poverty requires good hard work more than anything else.
- Although I might have the ability‚ I will not become better off without appealing to those in positions of power.
- In the Western world there is no such thing as poverty.
- Becoming rich has nothing to do with luck.
- How many friends I have depends on how generous I am.
- Most people are helped a great deal when they go to an accountant.
- There are a lot of financial problems that can be very serious indeed.
- People like myself have little chance in protecting our personal interests when they are kin conflict with those of strong pressure groups.
- Regarding money‚ there isn’t much you can do for yourself when you are poor.
- Politicians can do very little to prevent poverty.
- It’s not always wise for me to save because many things turn out to be a matter of good fortune or bad fortune.
- If I become poor‚ it is usually my own fault.
- Financial security is largely a matter of good fortune.
- Getting what I want financially requires pleasing those people above me.
- Whether or not I get to be well-off depends on whether I am lucky enough to be in the right place at the right time.
- I can pretty much determine what will happen to me financially.
- I am usually able to protect my personal interests.
- When I get what I want‚ it is usually because I worked hard for it.
- My life is determined by my own actions.
- It is chiefly a matter of fate whether I become rich or poor.
- Only those who inherit or win money can possibly become rich.