Échelle de l’indice de qualité de vie de l’aidant – Cancer (CQOLC)

L’Échelle de l’indice de qualité de vie de l’aidant – Cancer (CQOLC) est un instrument psychométrique de référence de 35 items évaluant le bien-être physique, émotionnel, social et économique des proches aidants en oncologie.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle de l’indice de qualité de vie de l’aidant – Cancer (Caregiver Quality of Life Index-Cancer ou CQOLC) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation multidimensionnel conçu spécifiquement pour évaluer la qualité de vie des proches aidants informels (conjoints, membres de la famille, partenaires) accompagnant des personnes atteintes d’un cancer. Développée à la fin des années 1990 par Michael A. Weitzner et ses collaborateurs au H. Lee Moffitt Cancer Center & Research Institute, cette échelle a été créée pour combler un vide méthodologique majeur : la plupart des instruments existants se focalisaient unilatéralement sur le fardeau objectif et subjectif de l’aidant (comme l’inventaire de Zarit) sans appréhender la complexité globale de son bien-être physique, psychologique, familial, social et financier.

Le questionnaire est composé de 35 items évaluant les répercussions de la maladie oncologique sur l’existence de l’aidant au cours des sept derniers jours. Les réponses sont recueillies sur une échelle de type Likert en cinq points, allant généralement de 0 (« Pas du tout ») à 4 (« Énormément »). Les analyses factorielles ont permis d’isoler quatre dimensions principales : le fardeau (Burden), la perturbation de la vie quotidienne (Disruptiveness), les préoccupations financières (Financial Concerns) et l’adaptation positive ou bien-être émotionnel (Positive Adaptation / Emotional Well-Being).

Sur le plan métrologique, le CQOLC démontre d’excellentes qualités psychométriques. L’échelle présente une consistance interne globale élevée, avec un coefficient alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,85 et 0,91 selon les échantillons de validation, ainsi qu’une fidélité test-retest robuste (coefficients de corrélation intraclasse généralement supérieurs à 0,80 sur des intervalles de 24 à 48 heures ou de quelques semaines). Sa validité convergente et discriminante a été confirmée par de multiples corrélations statistiquement significatives avec des échelles standardisées de détresse psychologique, d’anxiété, de dépression et d’évaluation globale de la santé (telles que le SF-36, le POMS ou le BDI). Aujourd’hui largement traduite et validée dans de nombreuses langues à travers le monde, cette échelle constitue l’un des outils de référence incontournables en psycho-oncologie clinique et en recherche interventionnelle axée sur la dyade patient-aidant.

2. Mots-clés

CQOLC, proche aidant, qualité de vie, psycho-oncologie, cancer, fardeau de l’aidant, évaluation psychométrique, validité de construit, fidélité test-retest, détresse psychologique, dyade patient-aidant.

3. Auteurs

L’échelle a été développée et validée par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs et cliniciens spécialisés en psychiatrie de liaison, oncologie médicale, soins palliatifs et biostatistique :

  • Michael A. Weitzner, M.D. : Psychiatre et chercheur en psycho-oncologie, affilié au Psychosocial and Palliative Care Program du H. Lee Moffitt Cancer Center & Research Institute, ainsi qu’au Département de Psychiatrie et des Neurosciences du Comportement de la University of South Florida College of Medicine (Tampa, Floride, États-Unis).
  • Paul B. Jacobsen, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur en santé comportementale, Moffitt Cancer Center & Research Institute, University of South Florida (Tampa, États-Unis) ; ultérieurement directeur associé au National Cancer Institute (NCI).
  • Henry Wagner Jr., M.D. : Oncologue radiothérapeute et clinicien-chercheur, Moffitt Cancer Center & Research Institute (Tampa, États-Unis).
  • J. Friedland, B.S. : Statisticien et coordinateur de recherche clinique, Moffitt Cancer Center & Research Institute (Tampa, États-Unis).
  • C. Cox, M.S. : Biostatisticien, Moffitt Cancer Center & Research Institute (Tampa, États-Unis).

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle de l’indice de qualité de vie de l’aidant – Cancer (CQOLC) est d’offrir une mesure quantitative valide, reproductible et cliniquement sensible de la qualité de vie globale vécue par les membres de l’entourage immédiat qui assument la charge des soins d’un patient cancéreux. L’expérience du cancer n’affecte pas l’individu de manière isolée ; elle bouleverse profondément l’écosystème familial et relationnel. Historiquement, la littérature médicale a mis l’accent quasi exclusif sur le patient, reléguant les aidants naturels à un rôle de soutien invisible. Lorsque la recherche s’est penchée sur ces derniers, elle s’est initialement concentrée sur la notion de « fardeau » (caregiver burden), conceptualisée comme l’ensemble des difficultés objectives et subjectives subies par l’aidant, à l’instar des travaux pionniers de Zarit et al. (1980).

Toutefois, le concept de fardeau s’est révélé insuffisant pour saisir l’amplitude des bouleversements existentiels engendrés par le cancer. La qualité de vie, telle que définie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), englobe un spectre bien plus vaste comprenant l’état physique, l’humeur, les relations interpersonnelles, la spiritualité, la gestion du temps, ainsi que l’impact financier direct et indirect. Le CQOLC a été construit précisément pour transcender la simple mesure de la surcharge de travail et évaluer comment le cancer modifie la trajectoire de vie de l’aidant dans ses multiples facettes.

Sur le plan des applications cliniques, l’instrument permet :

  • Le dépistage systématique précoce de la détresse émotionnelle, de l’épuisement physique et de la vulnérabilité psychosociale chez les proches aidants au sein des centres de lutte contre le cancer et des services de soins palliatifs.
  • L’identification ciblée des besoins non satisfaits (par exemple, le manque d’information sur la maladie, l’isolement social, l’angoisse financière ou l’altération de la vie conjugale et sexuelle), permettant d’orienter les aidants vers des interventions de soutien adaptées (groupes de parole, consultations psychologiques, assistance sociale, répit).
  • L’évaluation longitudinale de la trajectoire d’adaptation de l’aidant au fil des phases critiques de la maladie : annonce du diagnostic, traitements intensifs (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie), rémission, rechute ou transition vers les soins de fin de vie.

Dans le domaine de la recherche, le CQOLC sert d’outil de mesure d’efficacité (outcome measure) de premier plan pour quantifier les retombées d’interventions psycho-éducatives, de thérapies cognitivo-comportementales, de programmes de gestion du stress ou d’interventions infirmières de répit destinées aux familles de patients oncologiques.

5. Construit psychologique

Le CQOLC opérationnalise la qualité de vie de l’aidant comme un construit latent multidimensionnel reflétant la perception subjective qu’a l’aidant de son fonctionnement et de son bien-être global en regard de son rôle d’assistance auprès d’un patient atteint de cancer. Contrairement aux échelles génériques de santé (comme le SF-36 ou le Nottingham Health Profile), le CQOLC intègre des aspects contextuels intrinsèques à la pathologie cancéreuse, tels que la gestion de la douleur induite par les tumeurs, les effets secondaires des traitements cytotoxiques, l’anxiété liée à l’évolution péjorative de la maladie et l’anticipation de la mort du proche.

Bien que le score global reflète la qualité de vie générale de l’aidant, la littérature psychométrique et les études factorielles identifient plusieurs dimensions sous-jacentes interconnectées :

1. Le fardeau physique et mental (Burden)

Cette dimension capture l’épuisement direct provoqué par l’accumulation des responsabilités associées aux soins quotidiens. Elle comprend la fatigue chronique, les perturbations majeures du sommeil consécutives à la surveillance nocturne ou aux réveils fréquents, ainsi que la tension psychique constante liée à la nécessité d’assumer de multiples tâches physiques (mobilisation, hygiène, alimentation, gestion des transports). L’aidant éprouve fréquemment un sentiment d’écrasement sous le poids des obligations, ce qui altère significativement sa santé somatique et ses réserves énergétiques.

2. La perturbation de la vie quotidienne et sociale (Disruptiveness)

Cette composante évalue la mesure dans laquelle le rôle d’aidant empiète sur les activités ordinaires de la vie quotidienne, la vie professionnelle, les loisirs et la vie relationnelle élargie. Le cancer impose une restructuration forcée de l’emploi du temps, amenant souvent l’aidant à réduire son temps de travail, à renoncer à des sorties sociales ou à abandonner des centres d’intérêt personnels. Cette perturbation entraîne une désynchronisation des routines domestiques et un sentiment progressif d’enfermement ou d’isolement social.

3. L’impact financier et les préoccupations matérielles (Financial Concerns)

Le cancer engendre un fardeau économique substantiel. Cette sous-échelle cible les inquiétudes aiguës liées aux coûts directs des traitements, aux dépenses de transport non remboursées, à la perte de revenus professionnels (tant du patient que de l’aidant) et à l’incertitude quant à la couverture des assurances santé et à l’avenir économique du foyer. La toxicité financière agit comme un facteur de stress chronique amplifiant la détresse psychologique globale.

4. Le bien-être émotionnel, l’adaptation et la relation dyadique (Emotional Well-Being / Dyadic Focus)

Cette dimension explore la palette affective complexe de l’aidant, marquée par la tristesse, la culpabilité (sentiment de ne pas en faire assez ou d’aspirer à un répit personnel), la frustration, l’irritabilité et l’angoisse face à la détérioration de l’état de santé du proche et à l’éventualité de son décès. Simultanément, elle explore la dynamique relationnelle avec le patient, les modifications de la communication conjugale et intime (y compris la vie sexuelle) ainsi que les mécanismes de régulation émotionnelle tels que la spiritualité, la redéfinition des priorités existentielles et la capacité à focaliser son attention au jour le jour.

6. Cadre théorique

L’architecture conceptuelle du CQOLC s’enracine au croisement de deux modèles théoriques majeurs de la psychologie de la santé : le modèle transactionnel du stress et du coping de Richard Lazarus et Susan Folkman (1984), et le modèle de stress de l’aidant (Caregiver Stress Model) conceptualisé par Leonard Pearlin et ses collègues (1990).

Le modèle transactionnel de Lazarus et Folkman

Selon l’approche cognitive et transactionnelle, le stress n’est pas une simple caractéristique de l’environnement ou une simple réponse physiologique, mais le résultat d’une transaction dynamique entre l’individu et son milieu. Dans le contexte de l’accompagnement d’un patient cancéreux, l’aidant s’engage continuellement dans deux processus cognitifs :

  • L’évaluation primaire : L’aidant évalue la gravité des stresseurs liés au cancer (pronostic réservé, détérioration visible de l’état physique du proche, épisodes de douleur aiguë). La situation est-elle perçue comme une menace, une perte irréversible ou un défi ?
  • L’évaluation secondaire : L’aidant analyse ses propres ressources pour faire face à la situation (compétences de soins, soutien social disponible, temps, ressources financières, santé personnelle).

La qualité de vie dépend de l’équilibre entre ces exigences perçues et les ressources d’adaptation mobilisables. Lorsque les exigences dépassent durablement les capacités d’ajustement (coping), la détresse psychologique s’installe et la qualité de vie globale s’effondre.

Le modèle de stress de l’aidant de Pearlin (1990)

Le cadre théorique de Pearlin formalise la trajectoire de l’aidant en distinguant plusieurs catégories de variables :

  • Les stresseurs primaires : Directement issus de la pathologie du malade, ils regroupent les exigences de soins objectifs (assistance physique, accompagnement médical, gestion des médicaments) et subjectifs (souffrance psychologique face au déclin cognitif ou corporel du malade).
  • Les stresseurs secondaires : Conséquences indirectes des stresseurs primaires, ils incluent les conflits intra-familiaux, les tensions professionnelles, l’isolement social et la détérioration de l’estime de soi ou du rôle social de l’aidant.
  • Les médiateurs et modérateurs : Le soutien social perçu, les mécanismes de coping (centrés sur le problème ou sur l’émotion) et les ressources matérielles modulent l’impact de ces stresseurs sur les issues de santé de l’aidant.

Weitzner et son équipe ont conçu le CQOLC pour opérationnaliser précisément ces interactions systémiques au sein du champ oncologique, en reconnaissant que la qualité de vie de l’aidant résulte de l’imbrication des stresseurs primaires liés à la maladie tumorale et des stresseurs secondaires touchant la vie sociale, économique et affective.

7. Validité

La validité psychométrique du CQOLC a fait l’objet d’études rigoureuses dès sa publication princeps (Weitzner et al., 1999) et a été réexaminée dans de multiples cohortes internationales (validations transculturelles en français, coréen, turc, espagnol, persan, mandarin, etc.).

Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu a été établie à partir d’une revue critique des instruments antérieurs, notamment l’échelle de qualité de vie de l’aidant de McMillan (1996), complétée par des entretiens qualitatifs approfondis menés auprès de proches aidants de patients atteints de néoplasies diverses et d’un panel d’experts en psycho-oncologie. Ce processus a garanti que les 35 items reflètent exhaustivement les défis concrets, physiologiques et existentiels rencontrés par les soignants familiaux.

Validité de construit et validité convergente

La validité de construit a été documentée par l’observation de corrélations statistiquement significatives avec de multiples instruments de mesure validés :

  • Détresse psychologique et humeur : Des corrélations négatives robustes ont été établies entre le score global du CQOLC et l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI) (r compris entre -0,50 et -0,65), ainsi qu’avec l’échelle d’anxiété Spielberger (STAI) et le score de perturbation totale de l’humeur du Profile of Mood States (POMS). Une altération de la qualité de vie de l’aidant est étroitement liée à une augmentation de sa symptomatologie anxiodépressive.
  • Santé perçue globale : Le CQOLC présente des corrélations positives significatives avec les sous-échelles de santé mentale (MCS) et de santé physique (PCS) du questionnaire générique MOS SF-36 (r ≈ 0,40 à 0,60).
  • Fardeau de l’aidant : Des corrélations inverses fortes ont été démontrées avec le Zarit Burden Interview (ZBI), attestant que les niveaux élevés de fardeau mesurés par Zarit se traduisent fidèlement par une diminution de la qualité de vie globale mesurée par le CQOLC.

Validité discriminante et sensibilité au changement

Le CQOLC fait preuve d’une excellente validité différentielle : l’instrument parvient à distinguer significativement les aidants selon l’indice de performance fonctionnelle du patient (mesuré par l’indice de Karnofsky ou le score ECOG). Les aidants dont le proche présente un statut de performance très dégradé (Karnofsky < 60) affichent des scores de qualité de vie significativement inférieurs à ceux accompagnant des patients autonomes. De plus, des études longitudinales ont confirmé la réactivité (responsiveness) de l’outil, ses scores évoluant de manière sensible lors des phases d’aggravation clinique ou, à l’inverse, à la suite d’interventions de répit ou de psychoéducation structurées.

8. Fidélité

L’analyse des propriétés de fidélité du CQOLC atteste d’une grande stabilité métrologique et d’une remarquable homogénéité interne à travers divers contextes cliniques.

Consistance interne

Dans l’étude princeps menée par Weitzner et al. (1999) auprès de 241 aidants de patients atteints de cancer, le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle globale de 35 items atteignait 0,91, témoignant d’une excellente consistance interne sans redondance excessive entre les items. Les études ultérieures de validation transculturelle ont confirmé cette robustesse :

  • Adaptation française (Karsenti et al.) : alpha global de 0,89.
  • Adaptation turque (Aydemir et al.) : alpha global de 0,90.
  • Adaptation coréenne (Han et al.) : alpha global de 0,91.
  • Adaptation iranienne / persane (Khalili et al.) : alpha global de 0,88.

Les sous-échelles factorielles présentent des indices de consistance interne acceptables à très satisfaisants, généralement situés entre 0,70 et 0,86 pour les dimensions « Fardeau » et « Perturbation », et entre 0,65 et 0,78 pour les dimensions plus courtes comme « Préoccupations financières ».

Fidélité test-retest

La reproductibilité temporelle de l’instrument a été évaluée auprès d’aidants dont l’état clinique du patient soigné demeurait stable. Dans la cohorte d’origine de Weitzner et al., un sous-échantillon testé à un intervalle de 24 à 48 heures a révélé un coefficient de corrélation test-retest de r = 0,95 (p < 0,001), indiquant une très faible variabilité liée aux fluctuations aléatoires de passation. D’autres travaux évaluant la stabilité sur un intervalle de 2 à 4 semaines ont rapporté des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) robustes oscillant entre 0,76 et 0,85, démontrant la stabilité de la mesure dans un contexte clinique non perturbé.

9. Analyse factorielle

L’exploration de la structure latente du CQOLC a fait l’objet de nombreuses analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), mettant en lumière tant la solidité de sa variance sous-jacente que certaines variations dimensionnelles selon les contextes culturels.

Analyse factorielle exploratoire (AFE princeps)

Dans la publication originale de Weitzner et al. (1999), une analyse factorielle par extraction des composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) a été conduite. Cette analyse a initialement identifié une solution à quatre facteurs principaux expliquant une part substantielle de la variance totale :

  • Facteur 1 : Fardeau (Burden) — Ce facteur regroupe les items relatifs à l’effort physique et mental, aux contraintes journalières, au niveau de stress et à la gestion de la douleur ou de la dégradation physique du patient (saturations factorielles typiquement situées entre 0,45 et 0,78).
  • Facteur 2 : Perturbation du quotidien (Disruptiveness) — Il rassemble les items liés à la désorganisation des routines personnelles, à l’impact sur l’emploi du temps, à l’interruption des activités extérieures et aux contraintes logistiques de transport.
  • Facteur 3 : Préoccupations financières (Financial Concerns) — Fortement caractérisé par des saturations élevées (> 0,65) sur les items relatifs aux difficultés financières, à l’assurance maladie et à la sécurité économique future de la famille.
  • Facteur 4 : Adaptation positive / Intimité (Positive Adaptation / Personal Well-Being) — Ce facteur intègre les items portant sur la qualité de la communication familiale, le soutien mutuel, la satisfaction sexuelle et la spiritualité.

Analyses factorielles confirmatoires et modèles alternatifs

Au fil des réplications internationales, plusieurs chercheurs ont relevé que certains items (tels que ceux relatifs à l’alimentation du patient, à l’information médicale ou à la spiritualité) présentaient des saturations croisées sur plusieurs facteurs. Certaines analyses factorielles confirmatoires ont soutenu des modèles alternatifs à 4 ou 5 facteurs hiérarchisés sous un facteur général de second ordre (« Qualité de vie globale de l’aidant »). L’utilisation d’indices d’ajustement standardisés (CFI > 0,90, TLI > 0,90 et RMSEA < 0,06) a confirmé l’adéquation globale d’une structure multidimensionnelle où le score total agrégé conserve une validité statistique et conceptuelle prépondérante pour les applications cliniques.

10. Instrument de mesure

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (hétéro-évaluation possible par un clinicien ou un enquêteur si l’aidant présente des troubles visuels ou une fatigue extrême).
  • Population cible : Proches aidants informels (conjoint, famille, amis proches) accompagnant un patient adulte atteint d’un cancer, quel que soit le stade de la pathologie (stades précoces, chimiothérapie adjuvante, récidive, soins palliatifs).
  • Nombre total d’items : 35 items spécifiques rédigés sous forme d’énoncés concis.
  • Période de référence : L’état de santé, le fonctionnement et le ressenti vécus au cours des 7 derniers jours écoulés.
  • Format des réponses : Échelle de type Likert en 5 points ancrée de 0 à 4 :
    • 0 = Not at all (Pas du tout)
    • 1 = A little bit (Un peu)
    • 2 = Somewhat (Moyennement / Quelque peu)
    • 3 = Quite a bit (Beaucoup)
    • 4 = Very much (Énormément)
  • Consignes de cotation (Scoring) :
    • L’instrument mesure la qualité de vie globale : un score plus élevé reflète une meilleure qualité de vie.
    • Inversion des items (Reverse Scoring) : La majorité des items décrivent des conséquences négatives ou des manifestations de détresse (fardeau, stress, fardeau financier, tristesse, fatigue). Ces items doivent être impérativement inversés (0 devient 4, 1 devient 3, 2 reste 2, 3 devient 1, 4 devient 0).
    • Les items formulés de manière positive (par exemple, la satisfaction sexuelle, le soutien social ou le maintien d’une perspective d’avenir favorable) conservent leur score brut direct.
    • Le score total est obtenu par la somme des 35 items après inversion idoine. Il s’échelonne de 0 à 140 points.
    • Des scores factoriels sous-jacents peuvent être calculés par sommation des items composant chaque dimension spécifique afin d’affiner le profil psychologique individuel.
  • Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 1999 (travaux préliminaires initiés à partir de 1996 sur la base des recherches de McMillan).
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Le CQOLC est protégé par le droit d’auteur. La propriété intellectuelle appartient historiquement aux auteurs (Michael A. Weitzner et collaborateurs) et au H. Lee Moffitt Cancer Center & Research Institute.
  • Conditions d’accès et d’utilisation : Pour la recherche académique non commerciale, l’enseignement et la pratique clinique courante en milieu hospitalier public, l’utilisation de l’échelle est généralement accordée à titre gracieux. Les utilisateurs doivent obligatoirement obtenir une autorisation formelle auprès des titulaires des droits ou du département de transfert technologique de l’institution détentrice avant d’entamer une collecte de données.
  • Utilisation commerciale et essais industriels : Toute utilisation dans le cadre d’études promues par des laboratoires pharmaceutiques ou des entreprises commerciales nécessite l’acquisition d’une licence d’exploitation payante et un contrat d’autorisation officiel.

12. Références

Aydemir, Ö., Güvenir, T., Küey, L., & Kültür, S. (2006). Kanserli Hasta Yakınları Yaşam Kalitesi Ölçeği’nin (CQOLC) Türkçe uyarlamasının geçerlilik ve güvenilirliği [Validity and reliability of Turkish version of Caregiver Quality of Life Index-Cancer]. Türk Psikiyatri Dergisi, 17(2), 96–104.

Han, K. S., Lee, P. S., Lee, Y. M., Park, E. S., Park, Y. J., Kim, S. Y., & Weitzner, M. A. (2003). Validation of the Korean version of the Caregiver Quality of Life Index-Cancer (CQOLC-K). Journal of Korean Academy of Nursing, 33(5), 652–660. https://doi.org/10.4040/jkan.2003.33.5.652

Karsenti, D., Auquier, P., Weitzner, M., & Gaucher, M. (2004). Validation transculturelle de l’échelle de qualité de vie de l’aidant en cancérologie (CQOLC). Bulletin du Cancer, 91(10), 803–811.

Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.

McMillan, S. C. (1996). Quality of life of primary caregivers of hospice patients with cancer. Cancer Practice, 4(4), 191–198.

Pearlin, L. I., Mullan, J. T., Semple, S. J., & Skaff, M. M. (1990). Caregiving and the stress process: An overview of concepts and their measures. The Gerontologist, 30(5), 583–594. https://doi.org/10.1093/geront/30.5.583

Weitzner, M. A., Jacobsen, P. B., Wagner, H., Friedland, J., & Cox, C. (1999). The Caregiver Quality of Life Index–Cancer (CQOLC) Scale: Development and validation of an instrument to measure quality of life of the family caregiver of patients with cancer. Quality of Life Research, 8(1), 55–63. https://doi.org/10.1023/A:1026407010614

Weitzner, M. A., McMillan, S. C., & Jacobsen, P. B. (1999). Family caregiver quality of life. In J. C. Holland (Ed.), Psycho-oncology (pp. 895–907). Oxford University Press.

Zarit, S. H., Reever, K. E., & Bach-Peterson, J. (1980). Relatives of the impaired elderly: Correlates of feelings of burden. The Gerontologist, 20(6), 649–655. https://doi.org/10.1093/geront/20.6.649

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
  1. Alteration in daily routine
  2. Disruption of sleep
  3. Impact on daily schedule
  4. Satisfaction with sexual functioning
  5. Maintenance of outside activities
  6. Financial strain
  7. Concern about insurance
  8. Economic future
  9. Death of patient
  10. Outlook on life
  11. Level of stress
  12. Spirituality
  13. Day-to-day focus
  14. Sadness
  15. Mental strain
  16. Social support
  17. Guilt
  18. Frustration
  19. Nervousness
  20. Impact of illness on family
  21. Patient’s eating habits
  22. Relationship with patient
  23. Informed about illness
  24. Transportation
  25. Adverse effects of treatment
  26. Responsibility for patient’s care
  27. Focus of caregiving
  28. Family communication
  29. Change in priorities
  30. Protection of patient
  31. Deterioration of patient
  32. Management of patient’s pain
  33. Future outlook
  34. Family support
  35. Family interest in caregiving
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Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle de l’indice de qualité de vie de l’aidant – Cancer (CQOLC). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-l-indice-de-qualite-de-vie-de-l-aidant-cancer-cqolc/
Looti, Mohammed. “Échelle de l’indice de qualité de vie de l’aidant – Cancer (CQOLC).” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-l-indice-de-qualite-de-vie-de-l-aidant-cancer-cqolc/.
Looti, Mohammed. “Échelle de l’indice de qualité de vie de l’aidant – Cancer (CQOLC).” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-l-indice-de-qualite-de-vie-de-l-aidant-cancer-cqolc/.