1. Résumé
L’Échelle de Jefferson de l’empathie médicale (Jefferson Scale of Physician Empathy, JSPE, renommée ultérieurement Jefferson Scale of Empathy ou JSE) constitue l’instrument psychométrique de référence internationale pour l’évaluation de l’empathie en contexte clinique et de formation médicale. Conçue au début des années 2000 par Mohammadreza Hojat et ses collègues du Center for Research in Medical Education and Health Care de l’Université Thomas Jefferson à Philadelphie, cette échelle opérationnalise l’empathie clinique comme un attribut cognitif prédominant plutôt qu’affectif. Elle appréhende la capacité du professionnel de santé à comprendre les expériences intérieures, les perspectives et la souffrance du patient, tout en maintenant la neutralité affective indispensable à un raisonnement clinique objectif et à une alliance thérapeutique optimale.
L’instrument se compose de 20 items auto-administrés, formulés sous la forme d’affirmations cotées sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree). Dix items sont libellés de manière positive et dix items sont inversés afin de limiter les biais d’acquiescement. Le score total oscille entre 20 et 140 points, les scores plus élevés reflétant une plus grande disposition à l’empathie clinique. L’architecture factorielle classique de l’échelle met en évidence trois dimensions principales : la prise de perspective (perspective taking), les soins bienveillants et compassionnels (compassionate care), et la capacité à se mettre à la place du patient (standing in the patient’s shoes).
Les propriétés psychométriques de la JSPE ont été validées auprès de dizaines de milliers de praticiens et d’étudiants à travers le monde. L’instrument présente une cohérence interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach généralement compris entre 0,78 et 0,89, ainsi qu’une excellente stabilité temporelle test-retest. La validité de construit, confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, s’accompagne d’une solide validité convergente et discriminante vis-à-vis d’autres inventaires de personnalité et d’échelles d’empathie générale telles que l’Interpersonal Reactivity Index (IRI). L’échelle a fait l’objet de déclinaisons spécifiques pour les médecins en exercice (version HP), les étudiants en médecine (version S) et les étudiants des autres professions de santé (version HPS).
2. Mots-clés
Empathie clinique, relation médecin-patient, Échelle de Jefferson, évaluation psychométrique, formation médicale, prise de perspective, soins compassionnels, alliance thérapeutique, compétences interpersonnelles, Mohammadreza Hojat.
3. Auteurs
L’échelle a été développée par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs en psychométrie, en pédagogie médicale et de cliniciens rattachés à la Sidney Kimmel Medical College de l’Université Thomas Jefferson (Philadelphie, Pennsylvanie, États-Unis) :
- Mohammadreza Hojat, Ph.D. : Professeur de psychiatrie et de comportement humain, directeur de recherche au Center for Research in Medical Education and Health Care (CRMEHC), Sidney Kimmel Medical College, Thomas Jefferson University. Chercheur principal et concepteur de l’échelle.
- Salvatore Mangione, M.D. : Professeur associé de médecine, clinicien et éducateur médical réputé pour ses travaux sur les humanités médicales et la communication clinique, Sidney Kimmel Medical College.
- Thomas J. Nasca, M.D., MACP : Ancien doyen du Sidney Kimmel Medical College et ultérieurement directeur général de l’Accreditation Council for Graduate Medical Education (ACGME).
- Michael J. Cohen, M.D. : Clinicien et chercheur en éducation médicale, Thomas Jefferson University.
- Joseph S. Gonnella, M.D. : Doyen émérite et fondateur du CRMEHC, pionnier de l’évaluation standardisée de la compétence clinique et de la qualité des soins médicaux.
- J. Jon Veloski, M.S. et James B. Erdmann, Ph.D. : Psychométriciens et directeurs de programmes d’évaluation de la formation médicale au CRMEHC.
4. Objectif
L’objectif fondamental de l’Échelle de Jefferson de l’empathie médicale est de fournir un instrument standardisé, fiable et valide, expressément conçu pour quantifier l’empathie telle qu’elle se manifeste dans le contexte particulier de la pratique des soins de santé et de la relation médecin-patient. Avant la création de la JSPE en 2001, la majorité des recherches évaluant l’empathie chez les soignants recouraient à des instruments de psychologie générale, tels que l’Interpersonal Reactivity Index de Davis ou le Balanced Emotional Empathy Scale de Mehrabian. Bien que théoriquement riches, ces inventaires n’étaient pas contextualisés pour les exigences singulières de l’exercice clinique, où une contagion émotionnelle excessive peut induire une détresse personnelle, une perte de lucidité diagnostique et un épuisement professionnel rapide.
Sur le plan de la recherche empirique, la JSPE permet d’examiner l’évolution de l’empathie tout au long du cursus médical et paramédical. Des études longitudinales majeures ont utilisé l’instrument pour identifier le phénomène critique d’« érosion empathique » qui survient classiquement lors de la troisième année d’études médicales, au moment de l’entrée dans les stages cliniques hospitaliers. L’échelle est également employée pour mesurer l’efficacité des interventions pédagogiques, telles que les ateliers de simulation de consultations, l’apprentissage par les humanités médicales, la pleine conscience et la formation aux techniques de communication centrée sur le patient.
Sur le plan clinique et institutionnel, la JSPE répond à la nécessité d’objectiver les compétences non techniques (soft skills) associées à l’amélioration démontrée de la qualité des soins. La littérature médicale contemporaine établit un lien direct entre des scores élevés à la JSPE et une meilleure observance thérapeutique des patients, une réduction significative des complications chez les patients chroniques (notamment dans le contrôle glycémique du diabète de type 2), une moindre anxiété préopératoire, une satisfaction accrue des usagers et une diminution des plaintes pour faute médicale. L’échelle sert donc d’outil diagnostique pédagogique pour repérer les étudiants ou résidents en difficulté relationnelle et guider le mentorat personnalisé.
5. Construit psychologique
Le construit mesuré par la JSPE est l’empathie clinique. Selon la conceptualisation rigoureuse de Mohammadreza Hojat (2001, 2007), l’empathie en médecine se distingue nettement de la sympathie, de la compassion pure ou de la contagion émotionnelle. Elle est définie comme un « attribut principalement cognitif (plutôt qu’affectif) impliquant une compréhension des expériences intérieures et des perspectives du patient, associée à une capacité à communiquer cette compréhension et à une intention d’aider ».
Le modèle sous-jacent repose sur trois facettes principales interconnectées :
A. La prise de perspective (Perspective Taking)
Cette dimension cognitive constitue le cœur névralgique de l’empathie clinique. Elle renvoie à la capacité intellectuelle du médecin à adopter le cadre de référence interne du patient, à décoder son point de vue sans porter de jugement de valeur moralisateur et à saisir le sens que le malade attribue à ses symptômes et à sa pathologie. Elle implique une curiosité clinique envers l’expérience vécue du patient au-delà de la sémiologie brute. Par exemple, l’item 8 (« I try to imagine myself in my patients’ shoes when providing care to them ») et l’item 10 (« I try to think like my patients in order to render better care ») incarnent cet effort actif de décentration cognitive nécessaire pour ajuster la décision médicale aux valeurs du patient.
B. Les soins bienveillants et compassionnels (Compassionate Care)
Cette sous-dimension englobe la reconnaissance par le clinicien de la valeur thérapeutique inhérente aux aspects émotionnels et relationnels du soin. Contrairement à une vision biomédicale réductrice où seule l’intervention pharmacologique ou chirurgicale est jugée efficiente, les soins compassionnels reconnaissent que l’expression d’une présence attentive, l’écoute des émotions de la famille et l’usage adapté de l’humour participent directement à la guérison. Les items inversés tels que l’item 14 (« I believe that emotion has no place in the treatment of medical illness ») ou l’item 11 mesurent le rejet des postures de détachement cynique ou de déshumanisation défensive.
C. La capacité à se mettre à la place du patient (Standing in the Patient’s Shoes)
Identifiée dans de multiples analyses factorielles comme un facteur distinct ou un sous-élément de la prise de perspective, cette dimension mesure la capacité à appréhender la réalité subjective du malade en surmontant les barrières d’altérité socioculturelle ou psychologique. Les items 19 et 20 (« Because people are different, it is almost impossible for me to see things from my patients’ perspectives ») ciblent précisément cette croyance limitante : le soignant empathique reconnaît que malgré la divergence d’expériences ou d’origines, un pont communicationnel et interprétatif reste accessible et cliniquement indispensable.
6. Cadre théorique
Le cadre théorique de la JSPE s’enracine dans la convergence de la psychologie humaniste de Carl Rogers, des théories du développement cognitif et sociocognitif de la théorie de l’esprit (Theory of Mind), et des concepts contemporains de la médecine centrée sur la personne théorisée par Moira Stewart et Ian McWhinney.
Carl Rogers (1957, 1975) a postulé que l’empathie constitue l’une des conditions nécessaires et suffisantes au changement thérapeutique. Rogers la décrivait comme la perception précise du cadre de référence interne d’autrui avec les composantes émotionnelles et les significations qui s’y rattachent, « comme si » l’on était cette personne, mais sans jamais perdre de vue la condition du « comme si ». Hojat a transposé cette condition du « comme si » au paradigme médical en insistant sur la frontière nette entre empathie et sympathie :
- La sympathie est un état affectif de partage émotionnel (« je souffre avec vous ») caractérisé par une résonance viscérale non modulée. En médecine, une sympathie non contenue épuise le praticien, obscurcit son jugement diagnostique et risque de provoquer une identification projective délétère.
- L’empathie clinique est une opération cognitive de compréhension (« je comprends ce que vous ressentez ») qui maintient une distance épistémique saine. Elle préserve l’objectivité clinique tout en procurant au patient le sentiment d’être pleinement entendu et validé dans son humanité.
Sur le plan sociocognitif, l’empathie clinique mobilise la théorie de l’esprit, c’est-à-dire l’aptitude à imputer des états mentaux (croyances, désirs, intentions, souffrances) à soi-même et à autrui. Elle fait également appel aux neurosciences sociales, notamment au fonctionnement du système des neurones miroirs régulé par le cortex préfrontal ventromédian et le cortex cingulaire antérieur, qui permettent de décoder le comportement verbal et non verbal du patient tout en exerçant un contrôle inhibiteur sur la détresse personnelle de substitution.
7. Validité
La validité psychométrique de l’Échelle de Jefferson a fait l’objet de vérifications approfondies dans de nombreuses études transnationales :
Validité de contenu et d’apparence
Lors de la phase de création initiale (Hojat et al., 2001), 90 items potentiels ont été générés à partir d’une revue systématique de la littérature et d’entretiens avec des cliniciens, des résidents et des étudiants en médecine. Un comité d’experts en psychométrie et en médecine clinique a évalué chaque proposition pour ne retenir que les items présentant une validité de contenu irréprochable et une adéquation parfaite avec la réalité des consultations médicales. Ce processus a réduit la version finale à 20 items épurés.
Validité convergente et divergente
Dans l’étude princeps et les recherches comparatives ultérieures (notamment Hojat et al., 2005, 2015) :
- Validité convergente : Les scores à la JSPE corrèlent positivement et significativement avec la sous-échelle « Prise de perspective » (Perspective Taking) de l’IRI de Davis ($r = 0,40$ à $0,48$, $p < 0,001$) et avec la sous-échelle « Préoccupation empathique » (Empathic Concern) ($r = 0,34$ à $0,41$). Des corrélations positives significatives ont également été rapportées avec des mesures de chaleur humaine, de sociabilité et de flexibilité du test de personnalité de Jackson (PRF).
- Validité discriminante : La JSPE ne présente aucune corrélation statistiquement significative avec des construits non reliés tels que la détresse personnelle brute (sous-échelle Personal Distress de l’IRI, $r = -0,05$ à $0,08$), le dogmatisme ou la compétence purement biomédicale aux examens théoriques à choix multiples (USMLE Step 1), confirmant que l’outil isole spécifiquement la dimension relationnelle-cognitive.
Validité critériée et prédictive
Les scores de la JSPE démontrent une validité prédictive remarquable :
- Les évaluations des compétences cliniques globales et interpersonnelles réalisées par les maîtres de stage et les directeurs de programme de résidence corrèlent positivement avec les scores JSPE des candidats ($r = 0,28$ à $0,35$, $p < 0,01$).
- Dans les études mesurant la perception directe des patients (via la Jefferson Scale of Patient’s Perceptions of Physician Empathy, JSPPPE ; Kane et al., 2007), les praticiens obtenant des scores élevés à la JSPE sont perçus par leurs propres patients comme significativement plus à l’écoute, rassurants et compréhensifs.
- Des études épidémiologiques conduites en Italie et aux États-Unis ont mis en évidence qu’un score élevé des médecins traitants à la JSPE est associé de façon indépendante à un meilleur contrôle des paramètres biologiques de leurs patients diabétiques (HbA1c ≤ 7,0 % et cholestérol LDL ≤ 100 mg/dL).
8. Fidélité
La fidélité de l’échelle a été rigoureusement confirmée dans des cohortes variées :
Cohérence interne
Le coefficient alpha de Cronbach (α) de la JSPE se situe invariablement au-dessus du seuil psychométrique d’acceptabilité de 0,70. Dans l’échantillon initial de Hojat et al. (2001), l’alpha était de 0,89 chez les médecins spécialistes en médecine interne et de 0,87 chez les étudiants en médecine. Des validations ultérieures en contextes linguistiques et culturels diversifiés ont rapporté :
- Version française (médecins et étudiants) : α = 0,80 à 0,84.
- Version italienne : α = 0,85.
- Version espagnole (Mexique, Espagne) : α = 0,82 à 0,87.
- Version iranienne (Shariat et al., 2010) : α = 0,83.
- Version australienne paramédicale (Williams et al., 2013) : α = 0,78 à 0,86.
Stabilité test-retest
La stabilité temporelle a été documentée sur différents intervalles temporels. Sur une période de 3 à 4 mois chez des étudiants en médecine ne recevant pas d’intervention spécifique, le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) ou le coefficient de corrélation de Pearson test-retest varie de 0,65 à 0,75 ($p < 0,001$), indiquant une stabilité satisfaisante conforme à un trait de personnalité ou une disposition cognitive stable, tout en conservant une sensibilité au changement mesurable à la suite d'interventions ciblées.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle de la JSPE a été scrutée au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) par extraction en composantes principales avec rotation varimax ou promarx, puis consolidée par des modélisations en équations structurelles et analyses factorielles confirmatoires (AFC).
Structure à trois facteurs
La solution trifactorielle canonique identifiée par Hojat et al. (2001, 2002) rend compte d’environ 40 % à 48 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Prise de perspective (Perspective Taking) — Il s’agit du facteur dominant, expliquant la majorité de la variance (souvent 25 % à 30 %). Il regroupe principalement 10 items (items 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 12 inversé), caractérisés par des saturations factorielles solides comprises entre 0,45 et 0,74. Ce facteur reflète la démarche volontaire de comprendre l’état mental et les signaux non verbaux du patient.
- Facteur 2 : Soins bienveillants et compassionnels (Compassionate Care) — Expliquant environ 8 % à 12 % de la variance, il rassemble principalement les items inversés 11, 13, 14, 15, 16 et 18, avec des saturations factorielles oscillant entre 0,40 et 0,68. Il mesure la conviction que la sphère émotionnelle et humaine est indissociable de la pratique médicale efficace.
- Facteur 3 : Capacité à se mettre à la place du patient (Standing in the Patient’s Shoes) — Expliquant environ 4 % à 7 % de la variance, ce facteur plus restreint est défini par les items inversés 19 et 20 (saturations entre 0,55 et 0,78). Il capte la croyance spécifique selon laquelle les différences interindividuelles rendraient impossible l’adoption de la perspective du patient.
Ajustement des modèles confirmatoires (AFC)
Les analyses factorielles confirmatoires menées sur de vastes cohortes internationales confirment l’adéquation du modèle trifactoriel ou, selon certaines versions réduites, d’un modèle bifactoriel hiérarchique. Les indices d’ajustement respectent les standards psychométriques stricts : l’indice de comparaison de Bentler (CFI) dépasse régulièrement 0,90 à 0,93, le TLI dépasse 0,90, et l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) se situe entre 0,045 et 0,065 avec un SRMR inférieur à 0,06.
10. Instrument de mesure
- Nom complet de l’outil : Échelle de Jefferson de l’empathie médicale (Jefferson Scale of Physician Empathy / Jefferson Scale of Empathy).
- Versions disponibles :
- Version HP (Health Professionals) : Destinée aux médecins en exercice et professionnels de santé diplômés.
- Version S (Medical Students) : Destinée spécifiquement aux étudiants en médecine.
- Version HPS (Health Professions Students) : Destinée aux étudiants des autres filières sanitaires (sciences infirmières, pharmacie, kinésithérapie, odontologie, maïeutique).
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-questionnaire papier ou informatisé).
- Nombre d’items : 20 items.
- Format des réponses : Échelle de Likert à 7 échelons de désaccord/accord :
- 1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
- 2 = En désaccord (Disagree)
- 3 = Plutôt en désaccord (Moderately Disagree)
- 4 = Neutre / Indécis (Neither Agree nor Disagree)
- 5 = Plutôt d’accord (Moderately Agree)
- 6 = D’accord (Agree)
- 7 = Fortement d’accord (Strongly Agree)
- Cotation et calcul du score :
- Items directs (10 items) : Items 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10. Les scores sont comptabilisés tels quels (1 = 1 point, jusqu’à 7 = 7 points).
- Items inversés notés (R) (10 items) : Items 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20. Les scores sont inversés selon la formule : $\text{Score recalculé} = 8 – \text{Réponse brute}$. Ainsi : $1 to 7$, $2 to 6$, $3 to 5$, $4 to 4$, $5 to 3$, $6 to 2$, $7 to 1$.
- Score total : Somme de l’ensemble des 20 items recalculés. Le score minimal théorique est de 20 et le score maximal est de 140 points. Plus le score est élevé, plus le niveau d’empathie clinique mesuré est fort.
- Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
L’Échelle de Jefferson de l’empathie médicale a été publiée initialement en 2001 par Mohammadreza Hojat et son équipe à l’Université Thomas Jefferson. L’instrument est protégé par le droit d’auteur (copyright détenu par la Thomas Jefferson University, tous droits réservés).
Conditions d’accès et licence d’utilisation :
- L’utilisation de la JSE / JSPE pour des travaux de recherche universitaire, des thèses médicales ou des évaluations institutionnelles requiert une autorisation formelle préalable via le portail officiel de l’Université Thomas Jefferson (Center for Research in Medical Education and Health Care).
- L’accès est payant ou soumis à des frais administratifs de licence d’utilisation par participant/étudiant, incluant fréquemment le traitement des données et la génération de profils statistiques de groupe fournis par le centre de recherche. Des réductions ou exonérations partielles peuvent être accordées aux chercheurs indépendants ou étudiants sous réserve d’un protocole validé.
- Toute reproduction commerciale, diffusion publique intégrale des versions officielles ou modification non approuvée de l’instrument est strictement prohibée.
12. Références
Les références fondatrices suivantes établissent la structure psychométrique, la validité transculturelle et les applications cliniques de la JSPE :
- Hojat, M., Mangione, S., Nasca, T. J., Cohen, M. J., Gonnella, J. S., Erdmann, J. B., Veloski, J., & Magee, M. (2001). The Jefferson Scale of Physician Empathy: Development and preliminary psychometric data. Educational and Psychological Measurement, 61(2), 349–365. https://doi.org/10.1177/00131640121971158
- Hojat, M., Gonnella, J. S., Mangione, S., Nasca, T. J., Veloski, J. J., Erdmann, J. B., Callahan, C. A., & Magee, M. (2002). Empathy in medical students as related to academic performance, clinical competence and gender. Medical Education, 36(6), 522–527. https://doi.org/10.1046/j.1365-2923.2002.01234.x
- Hojat, M., Mangione, S., Kane, G. C., & Gonnella, J. S. (2005). Relationships between scores of the Jefferson Scale of Physician Empathy (JSPE) and the Interpersonal Reactivity Index (IRI). Medical Teacher, 27(7), 625–628. https://doi.org/10.1080/01421590500069744
- Hojat, M. (2007). Empathy in Patient Care: Antecedents, Development, Measurement, and Outcomes. Springer Science & Business Media. https://doi.org/10.1007/0-387-33608-7
- Kane, G. C., Gotto, J. L., Mangione, S., West, S., & Hojat, M. (2007). Jefferson Scale of Patient’s Perceptions of Physician Empathy: Preliminary psychometric data. Croatian Medical Journal, 48(1), 81–86. PMCID: PMC2080498
- Shariat, S. V., Eshtad, E., & Ansari, S. (2010). Empathy and its correlates in Iranian physicians: A preliminary psychometric study of the Jefferson Scale of Physician Empathy. Medical Teacher, 32(8), e317–e321. https://doi.org/10.3109/0142159x.2010.498488
- Williams, B., Brown, T., Boyle, M., & Dousek, S. (2013). Psychometric testing of the Jefferson Scale of Empathy Health Profession Students’ version with Australian paramedic students. Nursing & Health Sciences, 15(1), 45–50. https://doi.org/10.1111/nhs.12002
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale: 1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree. (R) indicates reverse-scored items.
- An important component of the relationship with my patients is my understanding of the emotional status of the patients and their families.
- I try to understand what is going on in my patients’ minds by paying attention to their nonverbal cues and body language.
- I believe that empathy is an important therapeutic factor in medical treatment.
- Empathy is a therapeutic skill without which my success as a physician would be limited.
- My understanding of my patients’ feelings gives them a sense of validation that is therapeutic in its own right.
- My patients feel better when I understand their feelings.
- I consider understanding my patients’ body language as important as verbal communication in physician-patient relationships.
- I try to imagine myself in my patients’ shoes when providing care to them.
- I have a good sense of humor‚ which I think contributes to a better clinical outcome.
- I try to think like my patients in order to render better care.
- Patients’ illnesses can be cured only by medical treatment; therefore‚ affectional ties to my patients cannot have a significant place in this endeavor. (R)
- Attentiveness to my patients’ personal experiences is irrelevant to treatment effectiveness. (R)
- I try not to pay attention to my patients’ emotions in interviewing and history taking. (R)
- I believe that emotion has no place in the treatment of medical illness. (R)
- I do not allow myself to be touched by intense emotional relationships among my patients and their family members. (R)
- My understanding of how my patients and their families feel is an irrelevant factor in medical treatment. (R)
- I do not enjoy reading nonmedical literature or experiencing the arts. (R)
- I consider asking patients about what is happening in their lives an unimportant factor in understanding their physical complaints. (R)
- It is difficult for me to view things from my patients’ perspectives. (R)
- Because people are different‚ it is almost impossible for me to see things from my patients’ perspectives. (R)