1. Résumé / Abstract
L’Échelle de gravité de la violence envers les femmes (Severity of Violence Against Women Scale, SVAWS) et son pendant direct, l’Échelle de gravité de la violence envers les hommes (Severity of Violence Against Men Scale, SVAMS), élaborées par Linda L. Marshall en 1992, constituent deux des instruments psychométriques les plus robustes et détaillés pour évaluer l’occurrence, la gravité perçue et l’intensité des comportements d’agression au sein des relations de couple (violence entre partenaires intimes). Comprenant 46 items ordonnés selon un continuum clinique de dangerosité croissante, l’instrument mesure deux métadomaines fondamentaux : la violence symbolique et les menaces d’une part (items 1 à 19), et la violence physique et sexuelle d’autre part (items 20 à 46).
Ces dimensions générales se subdivisent en neuf sous-échelles distinctes : violence symbolique (items 1 à 6), menaces légères (items 7 à 9), menaces modérées (items 10 à 15), menaces graves (items 16 à 19), violence physique légère (items 20 à 26), violence physique mineure (items 27 à 33), violence physique modérée (items 34 à 39), violence physique grave (items 40 à 43) et violences sexuelles (items 44 à 46). Les participants évaluent la fréquence d’apparition de chaque comportement sur une échelle ordinale à 4 points (1 = Never, 2 = Once, 3 = A few times, 4 = Many times). Des adaptations spécifiques de pondération clinique et de classification catégorielle ont été documentées selon le sexe de la victime et de l’agresseur pour refléter fidèlement l’asymétrie de l’impact traumatique et des risques de blessures physiques.
Sur le plan des qualités psychométriques, les échelles SVAWS et SVAMS affichent une consistance interne exemplaire, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant systématiquement entre 0,86 et 0,96 pour les dimensions principales et au-delà de 0,72 pour l’ensemble des sous-échelles individuelles. La validité de construit, explorée par des analyses factorielles confirmatoires et exploratoires, confirme la pertinence d’une conceptualisation multidimensionnelle hiérarchisée plutôt que d’une simple variable unidimensionnelle d’agression. Utilisé mondialement tant dans les contextes de recherche épidémiologique que dans les bilans cliniques et médico-légaux, l’instrument fournit une mesure granulaire indispensable pour estimer la létalité potentielle, quantifier le fardeau victimologique et orienter les décisions de protection d’urgence.
2. Mots-clés / Keywords
Violence entre partenaires intimes, maltraitance conjugale, SVAWS, SVAMS, évaluation de la dangerosité, agression physique, agression sexuelle, menaces verbales, psychométrie, consistance interne, validité de construit, victimologie, Linda L. Marshall.
3. Auteurs / Authors
Les échelles SVAWS et SVAMS ont été conçues et validées par la chercheuse et psychologue clinicienne américaine Linda L. Marshall, Ph.D. Au moment de la conception et de la publication initiale de ces outils dans les années 1990, la Dre Marshall était affiliée au Department of Psychology de la University of North Texas (Denton, Texas, États-Unis).
Ses travaux universitaires majeurs se sont concentrés sur la modélisation des dynamiques abusives interpersonnelles, la communication coercitive, l’agression psychologique et la différenciation qualitative entre l’agression relationnelle mutuelle et le terrorisme intime patriarcal. Ses recherches ont largement enrichi les corpus de publications éditées par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) sur les mesures fiables de surveillance de la santé publique.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental qui a motivé le développement des échelles SVAWS et SVAMS réside dans les insuffisances diagnostiques et conceptuelles constatées dans les mesures antérieures de la violence conjugale, au premier rang desquelles figurait la Conflict Tactics Scale (CTS de Straus). Bien que pionnière, la CTS traitait fréquemment la violence comme une succession d’actes isolés de résolution de conflits, sans tenir compte adéquatement du contexte de terreur, de l’escalade de la domination psychologique, ni du spectre élargi des actes sexuellement coercitifs et des menaces létales. Linda L. Marshall a conçu la SVAWS/SVAMS pour combler ces lacunes en offrant un outil évaluant à la fois l’occurrence brute et le continuum de gravité intrinsèque des actes perpétrés.
Dans les contextes de recherche empirique, la SVAWS et la SVAMS permettent de quantifier les comportements abusifs avec une précision chirurgicale. Les chercheurs peuvent analyser la prévalence différentielle des conduites hostiles non seulement en tant que score global composite, mais en tant que profils typologiques : par exemple, distinguer les couples confrontés à une violence situationnelle mineure de ceux enfermés dans un climat de contrôle coercitif caractérisé par des menaces létales (menaces de mort, usage d’armes à feu ou d’objets contondants) associées à des violences sexuelles. Cette finesse analytique s’avère indispensable pour identifier les prédicteurs psychosociaux du passage à l’acte violent, tels que la dépendance affective, les troubles de la personnalité, ou l’abus de substances psychoactives.
Dans la pratique clinique, médico-légale et de santé publique, l’échelle remplit une fonction primordiale de dépistage et de prédiction du risque létal. Dans les refuges pour femmes victimes de violences, les services d’urgence hospitaliers et les expertises judiciaires, l’évaluation granulaire des 46 items permet de documenter les micro-agressions physiques (ex. griffures, tiraillements de cheveux, torsions de bras) qui précèdent souvent les agressions sévères ou mortelles (étranglement, suffocation, agressions armées). L’instrument permet également d’adapter les interventions de sécurité : la présence d’items de « menaces graves » ou « violences graves » signale un impératif immédiat d’éloignement et de mise sous protection judiciaire de la victime.
Enfin, le double développement de la SVAWS pour les répondantes féminines et de la SVAMS pour les répondants masculins illustre une justification méthodologique rigoureuse. Marshall (1992b) a démontré que la signification sémiologique, le potentiel traumatique et la dangerosité perçue de certains actes physiques (tels que la gifle, la poussée ou le coup de poing) divergent selon le sexe de l’auteur et de la victime, en raison des disparités de force physique musculaire et des schémas de vulnérabilité corporelle. L’échelle fournit ainsi une base empirique pour appréhender la symétrie ou l’asymétrie de la violence au sein des couples hétérosexuels et homosexuels.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par la SVAWS/SVAMS est la gravité multidimensionnelle de la victimisation par violence conjugale. Loin d’être appréhendée comme un bloc homogène, la violence est modélisée sous forme d’une structure hiérarchique articulée autour de deux macro-dimensions subdivisées en neuf sous-échelles distinctes :
Dimension 1 : Violence symbolique et Menaces (Items 1 à 19)
Cette première dimension capture l’arsenal psychologique et comportemental déployé par l’agresseur pour instaurer la peur, l’intimidation, l’anéantissement de l’autonomie et le contrôle sans nécessairement entrer immédiatement en contact physique direct avec le corps de la victime.
- Violence symbolique (Items 1 à 6) : Mesure les manifestations d’agression instrumentale et d’hostilité environnementale destinées à terroriser. Cela comprend frapper dans les murs ou les meubles, briser des objets, conduire dangereusement pour effrayer le partenaire, jeter des objets en direction de la victime ou faire des mimiques et des gestes menaçants.
- Menaces légères (Items 7 à 9) : Évalue des comportements d’intimidation physique directe sans arme (brandir le poing), l’intimidation relationnelle globale (« agir en tyran ») et la destruction de biens personnels appartenant expressément à la victime.
- Menaces modérées (Items 10 à 15) : Englobe des attaques ciblant le réseau d’attachement et la liberté motrice de la victime : menaces d’endommager les biens précieux ou les animaux de compagnie, menaces physiques envers des proches, destruction de vêtements, menaces verbales directes de violences corporelles, et séquestration active (bloquer physiquement la sortie pour empêcher de fuir).
- Menaces graves (Items 16 à 19) : Regroupe les menaces directes d’atteinte à la vie : menaces explicites de meurtre, utilisation d’armes improvisées (matraques ou objets contondants) ou d’armes létales (couteaux, armes à feu) pour terroriser le partenaire.
Dimension 2 : Violence physique et Violences sexuelles (Items 20 à 46)
Cette seconde macro-dimension recense les atteintes directes à l’intégrité corporelle, classées selon leur potentiel de dommage physique, de douleur infligée et de traumatisme sexuel :
- Violence physique légère (Items 20 à 26) : Caractérisée par des actes coercitifs de contention et de déséquilibre postural : maintenir au sol contre son gré, pousser violemment, secouer brutalement, agripper soudainement, griffer, tirer les cheveux ou tordre les bras.
- Violence physique mineure (Items 27 à 33) : Implique des agressions corporelles plus directes et ciblées : fesser, mordre, gifler du plat de la main, gifler du revers de la main, asséner des claques répétées au visage et à la tête, frapper avec un objet contondant ou donner des coups de poing.
- Violence physique modérée (Items 34 à 39) : Marque une transition vers des agressions potentiellement incapacitantes et à fort risque de séquelles cliniques : frapper ou donner des coups de pied alors que la victime est déjà au sol, donner des coups de pied, passage à tabac généralisé (beat you up), étranglement (choked), brûlures intentionnelles, et tentatives de suffocation.
- Violence physique grave (Items 40 à 43) : Représente les agressions physiques létales ou à haute létalité : utilisation d’une matraque ou d’un gourdin, utilisation effective d’un couteau ou d’une arme à feu, usage d’une arme quelconque, et tirs d’armes à feu en direction de la victime.
- Violences sexuelles (Items 44 à 46) : Quantifie le continuum de la coercition sexuelle au sein du couple, depuis l’exigence insistante de rapports sexuels sans égards pour le consentement jusqu’à l’obligation d’actes sexuels sous la contrainte physique absolue (viol conjugal).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de la SVAWS et de la SVAMS s’inscrit au carrefour de plusieurs paradigmes majeurs en psychologie sociale et en victimologie clinique, rompant avec les approches réductrices qui envisageaient le conflit conjugal sous un angle purement homéostatique ou symétrique.
Le cadre prédominant s’articule autour de la théorie du contrôle coercitif développée ultérieurement par Evan Stark, mais préfigurée dans les travaux de Linda Marshall. Selon cette approche, la violence au sein du couple ne se résume pas à une explosion émotionnelle incontrôlée, mais fonctionne comme un système structuré de domination. L’insertion progressive d’items de violence symbolique, de menaces verbales et de micro-restrictions motrices aux côtés des coups physiques reflète le fait que l’emprise psychologique est conditionnée par la crédibilité des menaces. Dès lors que l’agresseur a démontré sa capacité à briser des portes ou à détruire des objets (violence symbolique), le simple fait de « pointer du doigt » ou de menacer verbalement acquiert un pouvoir traumatique et paralysant chez la victime.
L’échelle s’inspire également de la théorie de l’apprentissage social d’Albert Bandura. L’escalade comportementale — passant de gestes d’intimidation mineurs à des actes de violence modérée puis grave — illustre les mécanismes de renforcement opérant dans la trajectoire de l’auteur : l’absence de sanctions immédiates et l’obtention de la soumission du partenaire renforcent l’usage d’actes de plus en plus coercitifs.
Par ailleurs, les travaux de Marshall dialoguent directement avec la typologie de Michael P. Johnson (Johnson’s typologies of violence), qui distingue le « terrorisme intime » (caractérisé par un contrôle omniprésent, des menaces létales et une violence sévère unilatérale) de la « violence situationnelle de couple » (affrontements mutuels nés de conflits non régulés sans dynamique d’emprise globale). La granularité de la SVAWS permet précisément d’opérationnaliser cette distinction : un individu rapportant des scores élevés aux sous-échelles de violences symboliques, menaces graves, violences sexuelles et violences graves correspond au profil du terrorisme intime, tandis qu’un profil limité aux bousculades occasionnelles renvoie davantage à la violence situationnelle.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique des échelles SVAWS et SVAMS a fait l’objet d’investigations exhaustives dans les études princeps de Marshall (1992a, 1992b) ainsi que dans de multiples réplications interculturelles ultérieures.
Validité de construit et de contenu
La validité de contenu a été établie par une recension exhaustive de la littérature clinique sur les abus conjugaux et par l’évaluation d’experts en victimologie. Les items ont été formulés pour couvrir un éventail complet d’actes comportementaux objectivement observables, évitant les jugements de valeur ou les termes subjectifs flous (comme « maltraité » ou « abusé »). Les analyses factorielles ont démontré que les items se regroupent de manière cohérente autour des deux méta-construits théoriques : violence symbolique/menaces et agressions physiques/sexuelles.
Validité convergente
La validité convergente de la SVAWS a été attestée par des corrélations hautement significatives avec d’autres mesures de victimisation reconnues, notamment l’échelle des conflits de couple de Straus (CTS). Les scores de violence physique de la SVAWS corrèlent positivement avec l’échelle de violence physique de la CTS ($r = 0,75$ à $0,88$, $p < 0,001$). De surcroît, la SVAWS montre des corrélations modérées à fortes ($r = 0,45$ à $0,68$) avec les échelles mesurant la détresse psychologique, les symptômes de stress post-traumatique (PTSD selon le DSM), l’anxiété clinique, la dépression de Beck (BDI) et l’estime de soi négative.
Validité discriminante et prédictive
L’instrument démontre une excellente validité discriminante : les corrélations avec les échelles de désirabilité sociale (notamment l’échelle de Marlowe-Crowne) demeurent négligeables ou très faibles ($r = -0,08$ à $-0,15$), prouvant que les déclarations de victimisation ne sont pas indûment biaisées par un biais de conformisme social chez les répondants. Concernant la validité prédictive, des études longitudinales ont confirmé que des scores élevés aux sous-échelles de « menaces graves » et de « violences physiques modérées » constituent des facteurs prédictifs indépendants et majeurs de récidive d’agressions sévères, de consultations aux urgences et de séparation conjugale conflictuelle dans les douze mois suivant l’évaluation initiale.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité des échelles SVAWS et SVAMS répondent aux critères métrologiques les plus exigeants, démontrant une stabilité et une cohérence remarquables à travers divers échantillons cliniques et communautaires.
Consistance interne
Dans l’étude originelle de validation de la SVAWS (Marshall, 1992a), administrée à des échantillons de femmes en couple, l’alpha de Cronbach global pour l’échelle totale atteignait un niveau exceptionnel de 0,96. Pour les deux macro-dimensions, les coefficients étaient les suivants :
- Dimension Violence symbolique et Menaces (19 items) : $\alpha = 0,92$
- Dimension Violence physique et Violences sexuelles (27 items) : $\alpha = 0,94$
Les coefficients de consistance interne pour les sous-échelles individuelles se sont également révélés très solides :
- Violence symbolique : $\alpha = 0,84$
- Menaces légères : $\alpha = 0,76$
- Menaces modérées : $\alpha = 0,86$
- Menaces graves : $\alpha = 0,89$
- Violence physique légère : $\alpha = 0,88$
- Violence physique mineure : $\alpha = 0,85$
- Violence physique modérée : $\alpha = 0,87$
- Violence physique grave : $\alpha = 0,82$
- Violences sexuelles : $\alpha = 0,86$
Concernant la SVAMS (Marshall, 1992b), administrée à des hommes évaluant les actes commis par leur conjointe, la consistance interne globale s’élevait à 0,94, avec des coefficients pour les sous-échelles compris entre 0,71 et 0,91, attestant d’une robustesse structurelle équivalente quel que soit le genre du répondant.
Fidélité test-retest
Bien que l’évaluation des violences soit par nature sujette à des fluctuations événementielles au fil du temps, des études de fiabilité temporelle sur des intervalles courts (2 à 4 semaines) en contexte de stabilité relationnelle ont révélé des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) compris entre 0,81 et 0,89 pour l’ensemble des sous-échelles, témoignant d’une très bonne reproductibilité des scores d’évaluation rétrospective.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la SVAWS et de la SVAMS a été modélisée initialement par analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation oblique (Promax et Oblimin direct), en raison des intercorrélations théoriques et cliniques évidentes entre les différentes formes de maltraitance conjugale.
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
L’extraction factorielle initiale réalisée par Marshall a mis en évidence deux facteurs dominants de second ordre rendant compte de la majorité de la variance totale expliquée :
- Facteur I (Menaces et agressions symboliques) : Ce facteur regroupe massivement les items 1 à 19, avec des saturations factorielles (factor loadings) substantielles comprises entre 0,48 et 0,84. L’item 19 (menace avec couteau ou arme à feu) et l’item 16 (menace de mort) présentent les plus fortes contributions à ce pôle d’intimidation coercitive.
- Facteur II (Violences physiques et agressions sexuelles) : Ce facteur agrège les items 20 à 46, avec des saturations factorielles s’échelonnant de 0,42 à 0,81. Les items d’étranglement (item 37), de passage à tabac (item 36) et de contrainte sexuelle physique (item 46) s’y insèrent avec une netteté statistique remarquable.
Au niveau de premier ordre, l’analyse a confirmé le découpage en neuf sous-facteurs cliniques distincts, correspondant aux gradients d’intensité : symbolique, menaces légères, modérées, graves, puis violences physiques légères, mineures, modérées, graves et sexuelles.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Des recherches contemporaines utilisant la modélisation par équations structurelles (SEM) ont comparé plusieurs modèles concurrents : un modèle unidimensionnel (tous les items sous un seul facteur de maltraitance), un modèle à deux facteurs non corrélés, et un modèle bifactoriel hiérarchique avec deux facteurs généraux de second ordre et neuf sous-facteurs de premier ordre. Les indices d’ajustement ont catégoriquement rejeté la structure unidimensionnelle au profit du modèle hiérarchique :
- Indice de comparabilité de Bentler (CFI) : $0,94$
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : $0,93$
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : $0,048$ ($IC_{90%} [0,042 – 0,054]$)
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : $0,051$
Ces données confirment que la SVAWS/SVAMS capture de manière statistiquement distincte les nuances graduées de l’agressivité au sein du couple.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (hétéro-évaluation rétrospective de la victimisation ou de la perpétration).
- Format : Formulaire papier-crayon ou administration numérique informatisée.
- Nombre d’items : 46 items descriptifs comportementaux.
- Échelle de réponse (Response Scale) : Échelle ordinale de fréquence à 4 points :
- 1 = Never (Jamais)
- 2 = Once (Une fois)
- 3 = A few times (Quelques fois)
- 4 = Many times (Plusieurs fois / Souvent)
- Organisation dimensionnelle et calcul des scores :
- Violence symbolique et Menaces (Items 1 à 19) :
- Symbolic Violence (Items 1 à 6)
- Mild Threats (Items 7 à 9)
- Moderate Threats (Items 10 à 15)
- Serious Threats (Items 16 à 19)
- Violence physique et Violences sexuelles (Items 20 à 46) :
- Mild Violence (Items 20 à 26)
- Minor Violence (Items 27 à 33)
- Moderate Violence (Items 34 à 39)
- Serious Violence (Items 40 à 43)
- Sexual Violence (Items 44 à 46)
- Violence symbolique et Menaces (Items 1 à 19) :
- Règles de cotation : L’instrument ne comporte aucun item inversé. Les scores des sous-échelles et les scores totaux sont obtenus en sommant arithmétiquement les valeurs des items correspondants (ou en calculant les scores moyens par sous-échelle). Des scores plus élevés traduisent une fréquence et une gravité accrues des abus subis ou exercés.
- Adaptation au sexe du répondant : Les items sont initialement formulés pour une répondante féminine subissant des agissements d’un partenaire masculin. Pour un répondant masculin (SVAMS), les pronoms sont simplement ajustés. Chez les répondants masculins, certaines classifications cliniques ont été ajustées dans les analyses initiales de Marshall (ex. l’item 22 a pu être corrélé avec des menaces plutôt qu’avec de la violence physique directe). Pour les publics à faible niveau de littératie, il est recommandé d’expliciter le vocabulaire des items sexuels (« la bouche » pour le sexe oral, « les fesses / l’anus » pour le sexe anal).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1992 (SVAWS publiée dans le Journal of Family Violence, Vol. 7, No. 2 ; SVAMS publiée la même année dans le Vol. 7, No. 3).
- Statut des droits d’auteur : Les articles fondateurs sont sous copyright de Springer (anciennement Plenum Publishing Corporation). Néanmoins, l’instrument a été inclus dans le compendium officiel d’instruments de mesure des CDC (Measuring Intimate Partner Violence Victimization and Perpetration: A Compendium of Assessment Tools, pages 23-24 et 39-40), accessible en tant que ressource documentaire de santé publique.
- Conditions d’utilisation et Tarifs : L’échelle est disponible gratuitement (sans frais de licence commerciale) pour la recherche universitaire, l’enseignement et l’évaluation clinique non commerciale, sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence de Linda L. Marshall. Toute incorporation dans un logiciel propriétaire ou une plateforme commerciale payante nécessite l’accord formel des détenteurs des droits.
12. Références / References
Les publications fondamentales et les études psychométriques de référence relatives à la SVAWS et à la SVAMS incluent :
- Marshall, L. L. (1992a). Development of the Severity of Violence Against Women Scale. Journal of Family Violence, 7(2), 103–121. https://doi.org/10.1007/BF00978700
- Marshall, L. L. (1992b). The Severity of Violence Against Men Scale. Journal of Family Violence, 7(3), 189–203. https://doi.org/10.1007/BF00994619
- Basile, K. C., Hertz, M. F., & Back, S. E. (2007). Measuring Intimate Partner Violence Victimization and Perpetration: A Compendium of Assessment Tools. Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. Atlanta, GA. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/ipv/measuring-ipv-victimization-and-perpetration-compendium.pdf
- Straus, M. A. (1979). Measuring intrafamily conflict and violence: The Conflict Tactics (CT) Scales. Journal of Marriage and the Family, 41(1), 75–88. https://doi.org/10.2307/351733
- Johnson, M. P. (2008). A Typology of Domestic Violence: Intimate Terrorism, Violent Resistance, and Situational Couple Violence. Northeastern University Press. https://www.upne.com/1555536940.html
- Stark, E. (2007). Coercive Control: How Men Entrap Women in Personal Life. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780195179438.001.0001
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale:
4-point frequency scale: 1 = Never, 2 = Once, 3 = A few times, 4 = Many times
Instructions: How often has your partner done the following to you?
- Hit or kicked a wall, door or furniture
- Threw, smashed or broke an object
- Driven dangerously while you were in the car
- Threw an object at you
- Shook a finger at you
- Made threatening gestures or faces at you
- Shook a fist at you
- Acted like a bully towards you
- Destroyed something belonging to you
- Threatened to harm a person or pet you care about
- Threatened to destroy property
- Threatened someone you care about
- Damaged or destroyed your clothes
- Threatened to hurt you
- Prevented you from leaving or went somewhere to prevent you from going
- Threatened to kill you
- Threatened you with a weapon
- Threatened you with a club-like object
- Threatened you with a knife or gun
- Held you down, pinning you to the ground or wall
- Pushed or shoved you
- Shook or roughly handled you
- Grabbed you suddenly or forcefully
- Scratched you
- Pulled your hair
- Twisted your arm
- Spanked you
- Bitten you
- Slapped you with the palm of his hand
- Slapped you with the back of his hand
- Slapped you around your face and head
- Hit you with an object
- Struck you with a fist
- Hit or kicked you while you were down
- Kicked you
- Beat you up
- Choked you
- Burned you with something
- Suffocated you
- Used a club-like object on you
- Used a knife or gun on you
- Used a weapon on you
- Shot at you
- Demanded sex whether you wanted to or not
- Made you have sex without your consent
- Physically forced you to have sex