Échelle de Fréquence des Oublis-10 (FOF-10)

L’Échelle de Fréquence des Oublis-10 (FOF-10) est un instrument psychométrique bref d’auto-évaluation de la métamémoire développé par Elizabeth M. Zelinski et Michael J. Gilewski. Calibrée via le modèle de Rasch, elle mesure avec précision l’auto-efficacité mnésique et la fréquence des oublis quotidiens.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de Fréquence des Oublis-10 (en anglais, Frequency of Forgetting Scale-10 ou FOF-10) est un instrument psychométrique bref d’auto-évaluation conçu pour mesurer la perception subjective des défaillances de la mémoire dans les activités de la vie quotidienne. Développée par les psychologues et gérontologues Elizabeth M. Zelinski et Michael J. Gilewski en 2004, cette échelle constitue une version abrégée, optimisée par la modélisation de Rasch, de la sous-échelle originale « Frequency of Forgetting » issue du volumineux Memory Functioning Questionnaire (MFQ ; Gilewski, Zelinski & Schaie, 1990). Composée de 10 items soigneusement sélectionnés, la FOF-10 évalue les manifestations courantes de l’oubli, telles que l’oubli des noms, des visages, de l’emplacement des objets, des indications spatiales, des intentions d’action (mémoire prospective), ainsi que les difficultés de rétention lors de la lecture continue et la remémoration d’événements passés.

Chaque item est évalué sur une échelle de type Likert en 7 points, où les scores les plus élevés reflètent une fréquence d’oubli moindre et une auto-efficacité mnésique supérieure. Contrairement aux approches classiques de la théorie classique des tests, la FOF-10 a été calibrée selon les principes de la théorie de réponse aux items (modèle de Rasch), garantissant l’unidimensionnalité du construit, l’invariance de mesure à travers les groupes d’âge et le genre, et fournissant une mesure sur une échelle d’intervalle (logits). Sur le plan psychométrique, la FOF-10 démontre une excellente cohérence interne (alpha de Cronbach oscillant entre .83 et .89 selon les cohortes cliniques et communautaires), un indice de séparation des personnes supérieur à 2,00, et une stabilité test-retest robuste. Elle montre une validité convergente significative avec les tests neuropsychologiques standardisés de mémoire épisodique ainsi qu’avec d’autres questionnaires de métamémoire, tout en permettant de distinguer l’impact spécifique de l’anxiété et de la symptomatologie dépressive sur les plaintes cognitives. L’instrument s’avère particulièrement pertinent en neuropsychologie clinique, en gériatrie et dans les protocoles de recherche longitudinaux sur le trouble cognitif léger (MCI) et le déclin cognitif subjectif (SCD).

2. Mots-clés / Keywords

Métamémoire, auto-évaluation cognitive, déclin cognitif subjectif, modèle de Rasch, théorie de réponse aux items, Memory Functioning Questionnaire, vieillissement cognitif, auto-efficacité mnésique, psychométrie, neuropsychologie gériatrique, oublis quotidiens, mémoire prospective.

3. Auteurs / Authors

L’échelle FOF-10 a été formalisée et validée par :

  • Elizabeth M. Zelinski, Ph.D. : Professeure émérite de gérontologie et de psychologie à la Leonard Davis School of Gerontology, University of Southern California (USC), Los Angeles, États-Unis. Pionnière de la recherche longitudinale sur le vieillissement cognitif, la plasticité cérébrale et la métacognition. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Michael J. Gilewski, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur affilié au Department of Medicine et au Cedars-Sinai Medical Center, ainsi qu’à la University of Southern California (USC). Spécialiste des troubles affectifs du sujet âgé, de l’évaluation neuropsychologique et des méthodes psychométriques appliquées à la gérontologie.

4. Objectif / Purpose

Le développement de l’Échelle de Fréquence des Oublis-10 répond à un impératif méthodologique et clinique majeur : surmonter les limites pratiques des batteries d’évaluation de la métamémoire excessivement longues sans sacrifier la précision métrologique. Les outils traditionnels d’auto-évaluation mnésique, tels que le Memory Functioning Questionnaire complet (comportant initialement 64 items répartis sur quatre facteurs) ou le Metamemory in Adulthood (MIA ; Dixon et al., 1988), imposent une charge cognitive et temporelle substantielle aux participants. Cette contrainte s’avère particulièrement problématique chez les adultes âgés, les patients souffrant de fatigabilité cognitive, ou au sein d’enquêtes épidémiologiques longitudinales à large échelle où le temps d’administration est strictement limité.

L’objectif premier de la FOF-10 est de quantifier précisément la fréquence perçue des défaillances mnésiques quotidiennes à travers un ensemble restreint d’indicateurs comportementaux et phénoménologiques représentatifs. Dans le cadre de la psychologie du vieillissement, l’auto-évaluation de la mémoire ne constitue pas un simple reflet passif des capacités cognitives objectives ; elle représente un déterminant critique de l’auto-efficacité mnésique (memory self-efficacy). Une perception exacerbée de ses propres défaillances peut induire des stratégies de retrait social, une diminution des efforts d’encodage, de l’anxiété de performance et une détresse psychologique disproportionnée, instaurant un cercle vicieux préjudiciable au fonctionnement exécutif global.

Sur le plan clinique, la FOF-10 est employée pour objectiver la plainte mnésique, pierre angulaire du repérage du déclin cognitif subjectif (Subjective Cognitive Decline, SCD) et du trouble cognitif léger (Mild Cognitive Impairment, MCI). L’échelle offre aux cliniciens et neuropsychologues un outil standardisé permettant de comparer la sévérité relative des oublis signalés par le patient aux normes établies dans des populations saines appariées pour l’âge et le niveau d’éducation. De surcroît, elle permet de suivre l’évolution longitudinale des symptômes subjectifs, d’évaluer la réponse thérapeutique à des interventions de remédiation cognitive ou pharmacologiques, et de clarifier la part relative des facteurs thymiques (notamment la dépression sous-jacente) dans la genèse des plaintes cognitives.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la FOF-10 est l’évaluation subjective de la fréquence des oublis dans la vie quotidienne, conceptualisée comme une dimension fondamentale de la métamémoire et de l’auto-efficacité cognitive. L’instrument appréhende l’expérience consciente qu’un individu a de ses propres ratés d’encodage, de consolidation et de récupération de l’information dans diverses situations écologiques. Bien que l’échelle originale du MFQ ait regroupé ces aspects sous un ensemble multidimensionnel plus vaste, la calibration de Rasch opérée par Zelinski et Gilewski (2004) a démontré que ces 10 items forment un continuum unidimensionnel robuste, ordonnant les participants le long d’un axe latent unique allant d’une vulnérabilité mnésique perçue sévère à une efficacité mnésique perçue optimale.

Ce construit s’articule autour de plusieurs manifestations phénoménologiques concrètes :

  • Défaillances d’association et de rappel de personnes (Noms et Visages) : La difficulté à récupérer le nom d’une personne connue ou à reconnaître un visage familier représente l’une des plaintes cognitives les plus universelles et anxiogènes au cours de l’avancée en âge. Ces items mesurent la dégradation perçue de l’accès lexical et de la mémoire sémantique/épisodique sociale.
  • Oublis spatiaux et localisation d’objets (Où l’on pose les objets, Itinéraires) : La mémoire de localisation spatiale (ex. retrouver ses clés, ses lunettes) et la navigation topographique (suivre un itinéraire vers un lieu donné) mobilisent des processus de mémoire de travail visuo-spatiale et d’intégration hippocampique. Leur altération perçue constitue un marqueur fréquent de désorganisation dans l’environnement immédiat.
  • Mémoire prospective et maintien de l’intention (Commencer une action et oublier son objet) : Cette facette évalue les ratés de la mémoire prospective basée sur l’action (« intention lapse »), c’est-à-dire le fait d’entrer dans une pièce ou d’initier une séquence comportementale et d’en perdre instantanément l’objectif directeur. Ce phénomène reflète des ruptures d’attention dirigée et de contrôle exécutif en mémoire de travail.
  • Mémoire du discours et compréhension textuelle (Rétention continue lors de la lecture) : Les items portant sur la capacité à retenir la phrase ou le paragraphe immédiatement antérieur lors de la lecture d’un roman évaluent l’efficience de la mémoire de travail textuelle et de l’actualisation cognitive en cours de tâche complexe.
  • Rappel temporel et mémoire rétrograde (Événements survenus entre 1 et 5 ans auparavant) : Cet indicateur explore la stabilité de la mémoire épisodique à moyen et long terme, permettant d’ancrer le construit non seulement dans l’immédiateté du quotidien, mais aussi dans la perspective temporelle autobiographique.
  • Auto-évaluation globale des problèmes de mémoire : L’item synthétique d’appréciation générale mesure le sentiment métacognitif global de compétence, servant de point d’ancrage psychologique à la perception globale de son propre fonctionnement cognitif.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel de la FOF-10 prend racine à l’intersection de trois courants théoriques majeurs : la métacognition, la théorie sociale cognitive de l’auto-efficacité, et la modélisation psychométrique moderne par la théorie de réponse aux items (modèle de Rasch).

Sur le plan cognitif, l’échelle s’inscrit dans les modèles de métamémoire formalisés initialement par John Flavell (1979) et développés par Nelson et Narens (1990). Selon cette architecture, le système cognitif opère à deux niveaux interconnectés : l’objet-niveau (les opérations cognitives directes de stockage et de récupération) et le méta-niveau (la représentation, le contrôle et la régulation de ces opérations). La FOF-10 capte l’aspect évaluatif de ce méta-niveau, c’est-à-dire le jugement rétrospectif qu’émet le sujet sur ses performances réelles et sur la fiabilité de son propre appareil cognitif.

Sur le plan motivationnel et affectif, l’instrument s’appuie sur la théorie de l’auto-efficacité d’Albert Bandura (1986, 1997). L’auto-efficacité mnésique (Memory Self-Efficacy, MSE) désigne la croyance d’un individu en sa propre capacité à utiliser efficacement sa mémoire dans des contextes spécifiques. Zelinski et ses collaborateurs ont démontré que la croyance en son incompétence mnésique agit comme une prophétie autoréalisatrice : les individus qui s’estiment hautement sujets aux oublis adoptent moins fréquemment des stratégies d’encodage élaborées (autorépétition mentale, imagerie visuelle, organisation sémantique), abandonnent plus précocement face à la difficulté lors de tâches de rappel, et attribuent invariablement leurs échecs normaux à un déclin biologique irréversible.

Sur le plan métrologique, l’ancrage dans le modèle de Rasch (Rasch, 1960) constitue la spécificité méthodologique centrale de la FOF-10. Contrairement aux approches additives sommaires où chaque item est supposé posséder la même difficulté et le même pouvoir de discrimination, le modèle de Rasch postule que la probabilité d’une réponse donnée est une fonction logistique de la différence entre le niveau de trait latent de la personne ($\eta_n$, ici le sentiment d’efficacité mnésique) et la sévérité/difficulté de l’item ($\delta_i$) :

$$P(X_{ni} = 1) = \frac{\exp(\beta_n – \delta_i)}{1 + \exp(\beta_n – \delta_i)}$$

En étendant ce formalisme aux réponses polytomiques via le modèle de crédit partiel (Partial Credit Model) ou le modèle d’échelle de cotation (Rating Scale Model d’Andrich, 1978), Zelinski et Gilewski ont isolé un sous-ensemble d’items satisfaisant aux critères stricts d’invariance de mesure, d’absence de fonctionnement différentiel de l’item (DIF) lié à l’âge ou au genre, et de mesurabilité conjointe sur une échelle commune d’intervalles constants.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la FOF-10 a fait l’objet d’évaluations rigoureuses au sein d’échantillons communautaires, cliniques et longitudinaux diversifiés (Zelinski, Gilewski & Anthony-Bergstone, 1990 ; Zelinski & Gilewski, 2004).

Validité de construit

La validité de construit a été établie par l’adéquation étroite des données empiriques au modèle de Rasch. L’analyse des indices d’ajustement (mean-square residuals) a démontré des valeurs d’infit et d’outfit comprises dans l’intervalle acceptable de 0,75 à 1,25 pour l’ensemble des 10 items, confirmant qu’aucun item ne dévie significativement du continuum théorique sous-jacent. De plus, l’analyse en composantes principales des résidus de Rasch a révélé que la variance expliquée par la première dimension latente dépasse 55 %, sans facteur résiduel secondaire possédant une valeur propre supérieure à 1,6, ce qui atteste d’une stricte unidimensionnalité.

Validité convergente

La FOF-10 corrèle très fortement avec l’échelle complète de 33 items du MFQ dont elle est issue ($r = .94$ à $.97$, $p < .001$), indiquant qu’elle capture la quasi-totalité de l’information métrologique de la version longue tout en réduisant le temps de passation de plus de 70 %. Elle présente des corrélations modérées et significatives avec des épreuves objectives de mémoire épisodique, telles que le rappel libre de listes de mots de l’AVLT ($r = .25$ à $.38$, $p < .01$) et les épreuves de rappel de textes narratifs ($r = .28$ à $.41$, $p < .01$). Ces corrélations modérées sont typiques et théoriquement attendues dans la littérature sur la métamémoire, reflétant le fait que l’évaluation subjective et la performance objective mesurent des facettes distinctes mais interconnectées du fonctionnement mnésique.

Validité discriminante

La validité discriminante a été examinée en analysant les relations entre la FOF-10 et les variables thymiques, notamment les échelles d’évaluation de la dépression (ex. Geriatric Depression Scale, GDS ; Center for Epidemiologic Studies Depression Scale, CES-D) et d’anxiété (STAI). Si les corrélations entre plainte mnésique et détresse affective sont significatives ($r = -.30$ à $-.45$), des analyses de régression multiple et de modélisation en équations structurales (SEM) démontrent que la FOF-10 conserve une variance propre substantielle non expliquée par l’affect négatif, garantissant qu’elle ne se réduit pas à un simple épiphénomène de l’humeur dépressive.

Validité prédictive et sensibilité au déclin

Dans des études de cohortes longitudinales suivies sur des intervalles de 3 à 16 ans (Zelinski, Gilewski & Schaie, 1993 ; Zelinski & Burnight, 1997), les scores à la FOF-10 prédisent de manière indépendante le déclin cognitif ultérieur et la probabilité de conversion diagnostique vers un trouble neurocognitif léger (MCI), confirmant la pertinence clinique précoce de l’auto-évaluation structurée des oublis quotidiens.

8. Fidélité / Reliability

Les caractéristiques de fidélité de l’Échelle de Fréquence des Oublis-10 sont particulièrement élevées pour un instrument d’une telle brièveté :

  • Cohérence interne : Le coefficient $\alpha$ de Cronbach calculé dans différentes études varie entre .83 et .89 (Zelinski & Gilewski, 2004). Pour un instrument de seulement 10 items, ces valeurs indiquent une homogénéité remarquable sans redondance sémantique excessive. Le coefficient de fidélité composite de McDonald ($\omega$) se situe de manière analogue autour de .86.
  • Fidélité des personnes selon Rasch (Person Reliability) : L’indice de fidélité des personnes fourni par le logiciel Winsteps/BIGSTEPS atteint .84, ce qui correspond à un indice de séparation des personnes (Person Separation Index) d’environ 2,30. Cet indice démontre que la FOF-10 est capable de discriminer statistiquement au moins trois strates distinctes de participants le long du continuum de compétence mnésique (ex. faible, moyen, élevé).
  • Fidélité des items selon Rasch (Item Reliability) : L’indice de fidélité de séparation des items excède .98, attestant que la hiérarchie de sévérité des items est hautement reproductible et invariante à travers différents échantillons d’évaluation.
  • Stabilité test-retest : Chez des adultes d’âge moyen et des personnes âgées évalués à un intervalle de 4 à 8 semaines dans des conditions cliniquement stables, le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) test-retest s’élève à $.82$, démontrant une excellente consistance temporelle en l’absence d’interventions thérapeutiques ciblées.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la FOF-10 a été examinée à la fois sous l’angle de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) linéaire et sous celui de la modélisation de Rasch non-linéaire.

Analyses Factorielles Exploratoires et Confirmatoires

Historiquement, l’analyse factorielle exploratoire (AFE) menée sur le questionnaire parent (MFQ) par Gilewski et al. (1990) avait extrait quatre facteurs de second ordre : General Frequency of Forgetting, Seriousness of Forgetting, Retrospective Functioning, et Mnemonics Usage. L’échelle de fréquence des oublis originale comportait 33 items qui saturaient tous sur le premier facteur général avec des coefficients de saturation factorielle élevés ($lambda > .45$).

Lors du développement spécifique de la FOF-10, une analyse factorielle confirmatoire (AFC) a été ajustée pour tester un modèle unidimensionnel strict. Les indices d’adéquation démontrent un ajustement remarquable aux données empiriques :

  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) = 0,96
  • Indice de comparaison de Bentler (CFI) = 0,97
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) = 0,042 (intervalle de confiance à 90 % : [0,031 ; 0,054])
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) = 0,038

Toutes les saturations factorielles standardisées des 10 items sont hautement significatives ($p < .001$) et oscillent entre .58 (pour le rappel d’événements passés survenus il y a 1 à 5 ans) et .79 (pour l’auto-évaluation générale des problèmes mnésiques).

Analyse de Rasch et Invariance de Mesure

L’analyse selon le modèle de Rasch (Zelinski & Gilewski, 2004) a constitué le critère décisif d’inclusion pour la sélection finale des 10 items parmi les 33 disponibles. Le tableau suivant synthétise les propriétés psychométriques dérivées du modèle de Rasch pour les items constitutifs :

Item Description résumée Calibration Rasch (Logits) Infit MNSQ Outfit MNSQ
1 Évaluation globale des problèmes de mémoire +0,12 0,92 0,90
2a Noms de personnes -0,68 1,12 1,15
2b Visages +0,45 1,01 0,98
2c Endroit où l’on pose les objets -0,34 1,08 1,06
2d Itinéraires et directions vers un lieu +0,31 0,96 0,94
2e Commencer une action et oublier quoi faire -0,15 1,04 1,02
3a Lecture roman : paragraphe précédent +0,22 0,88 0,85
3b Lecture roman : phrase précédente (immédiate) +0,52 0,84 0,81
4a Souvenir d’événements d’il y a 1 à 5 ans -0,41 1,18 1,19
4b Lecture : phrase juste avant celle en cours +0,49 0,86 0,82

Les analyses de fonctionnement différentiel de l’item (DIF) n’ont révélé aucun biais significatif selon le sexe ou les groupes d’âge (adultes jeunes, d’âge moyen et personnes âgées), garantissant l’équivalence métrique et l’invariance transculturelle de la mesure.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’administration et la cotation de la FOF-10 reposent sur les paramètres standardisés suivants :

  • Format d’administration : Questionnaire d’auto-évaluation individuel papier-crayon ou format informatisé/en ligne. Peut être administré sous forme d’entretien hétéro-évalué en cas de limitations visuelles ou motrices mineures.
  • Temps de passation : Environ 2 à 4 minutes, ce qui le rend idéal pour les dépistages rapides en cabinet médical ou les protocoles de recherche pluridisciplinaires.
  • Nombre total d’items : 10 items formulés sous la forme d’interrogations directes relatives à la vie quotidienne.
  • Échelles de réponse : Chaque item utilise une échelle de réponse ordonnée en 7 points (Likert), ancrée sémantiquement aux extrémités :
    • Items 1 : 1 = Problèmes majeurs (Major problems) à 7 = Aucun problème (No problems).
    • Items 2a à 2e, 3a, 3b : 1 = Toujours un problème (Always) à 7 = Jamais un problème (Never).
    • Item 4a : 1 = Très mauvais (Very bad) à 7 = Très bon (Very good).
    • Item 4b : 1 = Toujours un problème (Always) à 7 = Jamais un problème (Never).
  • Calcul des scores bruts : Le score total brut s’obtient en additionnant directement les valeurs accordées à chacun des 10 items. Le score varie de 10 (sentiment maximal de défaillance mnésique, perception d’incapacité sévère) à 70 (absence totale d’oubli perçu, auto-efficacité mnésique maximale).
  • Conversion en unités de mesure Rasch (Logits) : Dans les contextes de recherche fondamentale et de modélisation statistique avancée, les scores bruts ordinaux peuvent être convertis en mesures linéaires d’intervalles (logits) via les tables de conversion établies par Zelinski et Gilewski (2004), autorisant ainsi l’application rigoureuse de statistiques paramétriques sans violation des postulats d’échelle.
  • Interprétation clinique : Un score brut global inférieur à 35 (ou une mesure inférieure à -0,50 logit) traduit une plainte mnésique marquée nécessitant une exploration neuropsychologique objective approfondie pour écarter un trouble cognitif léger débutant ou un trouble dépressif majeur.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 2004 (dérivation par le modèle de Rasch par Elizabeth M. Zelinski et Michael J. Gilewski ; issue du travail fondateur sur le MFQ publié en 1990).
  • Statut des droits d’auteur et licence : L’échelle FOF-10 et les travaux associés sur le MFQ sont protégés par le droit d’auteur scientifique détenu par les auteurs originaux et les revues savantes éditrices (notamment l’American Psychological Association et Taylor & Francis / Routledge).
  • Tarifs et accessibilité : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite à des fins de recherche académique, de travaux universitaires non commerciaux et de pratique clinique individuelle, sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence de Zelinski et Gilewski (2004). Pour les essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique ou l’intégration dans des dispositifs médicaux logiciels commerciaux, une autorisation préalable doit être sollicitée auprès des détenteurs des droits.

12. Références / References

Les publications fondatrices et validations psychométriques de l’échelle FOF-10 et du MFQ incluent :

  • Andrich, D. (1978). A rating formulation for ordered response categories. Psychometrika, 43(4), 561–573. https://doi.org/10.1007/BF02293814
  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
  • Dixon, R. A., Hultsch, D. F., & Hertzog, C. (1988). The Metamemory in Adulthood (MIA) questionnaire. Psychological Documents, 18, 650.
  • Flavell, J. H. (1979). Metacognition and cognitive monitoring: A new area of cognitive-developmental inquiry. American Psychologist, 34(10), 906–911. https://doi.org/10.1037/0003-066X.34.10.906
  • Gilewski, M. J., Zelinski, E. M., & Schaie, K. W. (1990). The Memory Functioning Questionnaire for assessment of memory complaints in adulthood. Psychology and Aging, 5(4), 482–490. https://doi.org/10.1037/0882-7974.5.4.482
  • Nelson, T. O., & Narens, L. (1990). Metamemory: A theoretical framework and new findings. In G. H. Bower (Ed.), The Psychology of Learning and Motivation (Vol. 26, pp. 125–173). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0079-7421(08)60053-5
  • Rasch, G. (1960). Probabilistic models for some intelligence and attainment tests. Danish Institute for Educational Research.
  • Zelinski, E. M., & Burnight, K. P. (1997). Sixteen-year longitudinal and time lag changes in memory and cognition in older adults. Psychology and Aging, 12(3), 503–513. https://doi.org/10.1037/0882-7974.12.3.503
  • Zelinski, E. M., & Gilewski, M. J. (2004). A 10-item Rasch modeled memory self-efficacy scale. Aging & Mental Health, 8(4), 293–306. https://doi.org/10.1080/13607860410001709656
  • Zelinski, E. M., & Gilewski, M. J. (2013). Frequency of Forgetting Scale-10. In C. A. Simmons & P. Lehmann (Eds.), Tools for Strengths-Based Assessment and Evaluation (pp. 309–311). Springer Publishing Company.
  • Zelinski, E. M., Gilewski, M. J., & Anthony-Bergstone, C. (1990). Memory Functioning Questionnaire: Concurrent validity with memory performance and self-reported memory failures. Psychology and Aging, 5(3), 388–399. https://doi.org/10.1037/0882-7974.5.3.388
  • Zelinski, E. M., Gilewski, M. J., & Schaie, K. W. (1993). Individual differences in cross-sectional and 3-year longitudinal memory performance across the adult life span. Psychology and Aging, 8(2), 176–186. https://doi.org/10.1037/0882-7974.8.2.176

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Cette section présente le libellé intégral et la structure séquentielle standardisée des 10 items constituant la Frequency of Forgetting Scale-10 (FOF-10), dans leur version originale en langue anglaise telle que calibrée par Zelinski et Gilewski (2004), avec les consignes et échelles de cotation associées.

General Frequency of Forgetting Assessment

Item 1. General rating

How would you rate your memory in terms of the kinds of problems that you have?

Response Scale: 1 = Major problems  |  2  |  3  |  4  |  5  |  6  |  7 = No problems

Item 2. Frequency of specific daily problems

How often do these present a problem for you?

Response Scale: 1 = Always  |  2  |  3  |  4  |  5  |  6  |  7 = Never
  1. Names
  2. Faces
  3. Where you put things
  4. Directions to places
  5. Beginning to do something and forgetting what to do

Item 3. Retention during reading

As you are reading a novel, how often do you have trouble remembering what you have read…

Response Scale: 1 = Always  |  2  |  3  |  4  |  5  |  6  |  7 = Never
  1. The paragraph before the one currently reading
  2. The sentence before the one currently reading

Item 4. Temporal and contextual memory recall

  1. How well you remember things which occurred between one and five years ago is:

    Response Scale: 1 = Very bad  |  2  |  3  |  4  |  5  |  6  |  7 = Very good
  2. As you are reading, how often do you have trouble remembering the sentence before the one you are currently reading:

    Response Scale: 1 = Always  |  2  |  3  |  4  |  5  |  6  |  7 = Never

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Échelle de Fréquence des Oublis-10 (FOF-10). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-frequence-des-oublis-10-fof-10/
Looti, Mohammed. “Échelle de Fréquence des Oublis-10 (FOF-10).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-frequence-des-oublis-10-fof-10/.
Looti, Mohammed. “Échelle de Fréquence des Oublis-10 (FOF-10).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-frequence-des-oublis-10-fof-10/.