Échelle de force du Moi

Découvrez l’Échelle de force du Moi de Frank Barron (Barron’s Ego-Strength Scale – Es) : fondements théoriques, propriétés psychométriques, dimensions cliniques et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle de force du Moi (communément désignée sous l’appellation anglophone Barron’s Ego-Strength Scale ou échelle Es) est un instrument psychométrique classique conçu à l’origine par le psychologue américain Frank Barron en 1953 au sein de l’Institute of Personality Assessment and Research (IPAR) de l’Université de Californie à Berkeley. Développée à partir d’un sous-ensemble empirique d’items issus du célèbre Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI), cette échelle a pour vocation première d’évaluer la résilience psychologique globale, la capacité adaptative face aux stresseurs environnementaux et internes, ainsi que le pronostic d’amélioration clinique chez les patients engagés dans une psychothérapie individuelle orientée vers l’introspection.

Composée de 66 items auto-rapportés au format binaire dichotomique (Vrai / Faux), l’échelle mesure un construit multidimensionnel recouvrant huit domaines cliniques et fonctionnels distincts : le fonctionnement physique et la stabilité physiologique, la psychasthénie et l’isolement social, les attitudes envers la religion, la posture morale, le sens de la réalité, l’adéquation personnelle et la capacité de faire face (coping), les phobies et angoisses infantiles, ainsi qu’un groupe de variables hétérogènes (« divers »). D’un point de vue psychométrique, l’instrument présente des indices de fidélité test-retest satisfaisants (oscillant entre 0,72 et 0,85 selon les intervalles temporels et les populations) et une consistance interne modérée à forte (coefficient alpha de Cronbach typiquement rapporté entre 0,68 et 0,78), reflétant la nature hétéroclite mais robuste du construit de force du Moi. Sa validité prédictive a été établie lors de multiples essais cliniques évaluant le changement thérapeutique, tandis que sa validité convergente et discriminante s’illustre par des corrélations négatives robustes avec les échelles de dépression, d’anxiété et de schizophrénie du MMPI, et des corrélations positives avec l’efficience intellectuelle, l’autonomie et l’estime de soi.

2. Mots-clés

Force du Moi, Échelle de Barron, MMPI, Évaluation psychologique, Résilience psychologique, Psychothérapie, Pronostic clinique, Mécanismes de défense, Psychométrie, Adaptation psychologique, Frank Barron, Santé mentale, Psychologie de la personnalité.

3. Auteurs

L’échelle a été développée et formalisée par :

  • Frank X. Barron, Ph.D. (1922–2002) : Psychologue clinicien et pionnier de la psychologie de la créativité et de l’évaluation de la personnalité. Chercheur à l’Institute of Personality Assessment and Research (IPAR), Université de Californie à Berkeley, et plus tard professeur émérite de psychologie à l’Université de Californie à Santa Cruz (UCSC), États-Unis.

Des travaux d’approfondissement structural et psychométrique majeurs ont par la suite été menés par des chercheurs affiliés à l’Université de Californie et au Veterans Administration Hospital de Palo Alto, notamment le Dr Kenneth B. Stein et le Dr C. L. Chu (1967), ainsi que par John P. Robinson et Phillip R. Shaver (1969) au sein de l’Institute for Social Research de l’Université du Michigan à Ann Arbor.

4. Objectif

L’objectif initial de Frank Barron lors de l’élaboration de l’échelle Es était de répondre à une problématique pragmatique récurrente dans les cliniques de consultation externe : la prédiction objective des résultats de la psychothérapie. Au début des années 1950, les praticiens manquaient d’outils standardisés capables d’anticiper si un patient névrosé ou souffrant de détresse psychologique tirerait un bénéfice substantiel d’une psychothérapie ambulatoire psychodynamique ou de soutien. Barron a donc entrepris d’identifier les caractéristiques psychologiques individuelles associées à une capacité intrinsèque de rétablissement et de maturation psychologique, indépendamment de la sévérité initiale de la symptomatologie manifeste.

Applications cliniques

Dans la pratique clinique, l’Échelle de force du Moi remplit plusieurs fonctions diagnostiques et pronostiques cruciales :

  • Prédiction de la réponse thérapeutique : Un score élevé à l’échelle Es indique une probabilité accrue de réduction des symptômes, de réorganisation adaptative de la personnalité et de maintien des acquis thérapeutiques après la fin du traitement. Les individus dotés d’une force du Moi élevée tolèrent mieux l’anxiété inhérente au processus thérapeutique et participent plus activement à l’alliance de travail.
  • Indication des modalités thérapeutiques : Les scores faibles suggèrent une vulnérabilité psychique accrue, une faible tolérance à la frustration et des mécanismes de défense régressifs. Ces patients bénéficient davantage d’interventions structurées, directives ou de soutien axées sur le renforcement du Moi, plutôt que de thérapies psychanalytiques non directives ou intensives susceptibles de décompenser leur fonctionnement.
  • Évaluation du pronostic psychiatrique global : L’échelle aide à distinguer les états de crise réactionnels aigus survenant chez des personnes fondamentalement stables (score Es élevé) des décompensations chroniques ancrées dans des déficits structuraux profonds de la personnalité (score Es bas).

Applications en recherche

Au-delà de la clinique hospitalière et ambulatoire, l’instrument s’est avéré déterminant dans la recherche en psychologie de la personnalité et en psychologie sociale :

  • Étude de la résilience et de la régulation émotionnelle : L’échelle est employée comme mesure de la résistance face au stress extrême, aux traumatismes vicariants et aux situations d’adversité prolongée (par exemple chez les militaires, les intervenants d’urgence ou les cadres dirigeants).
  • Recherche sur la créativité : Dans les travaux ultérieurs de Barron à l’IPAR, l’échelle Es a servi à démontrer le paradoxe créatif : les individus hautement créatifs obtiennent souvent des scores élevés à des échelles de psychopathologie tout en conservant des scores exceptionnellement élevés à l’échelle de force du Moi, ce qui leur permet de naviguer dans des expériences psychiques complexes et non conventionnelles sans sombrer dans la désorganisation psychotique.
  • Études longitudinales du vieillissement et de l’adaptation : Utilisée pour examiner la stabilité temporelle des ressources psychiques individuelles à travers le cycle de vie.

5. Construit psychologique

Le construit de force du Moi (ego strength) constitue l’un des piliers de la métapsychologie psychodynamique et de la théorie clinique contemporaine. Il renvoie à la capacité fonctionnelle globale de l’appareil psychique à maintenir son intégrité, son équilibre homéostatique et son efficience adaptative en présence de pressions contradictoires émanant des pulsions internes (le Ça), des impératifs moraux intériorisés (le Surmoi) et des contraintes concrètes de la réalité externe.

Dans l’opérationnalisation empirique proposée par Barron, la force du Moi ne se résume pas à l’absence de symptômes névrotiques, mais traduit une réserve active de vitalité, de flexibilité cognitive et de robustesse physiologique. L’analyse des 66 items met en évidence huit dimensions fonctionnelles complémentaires :

A. Fonctionnement physique et stabilité physiologique (Items 1 à 10)

Cette composante examine la relation entre l’intégrité somatique perçue et la vitalité psychique. Un Moi solide s’enracine dans une corporéité stable, exempte de plaintes hypocondriaques chroniques ou de somatisations invalidantes. Les items portent sur l’appétit, l’absence de malaises vagaux, la coordination motrice et la faible préoccupation anxieuse pour la santé physique (ex. Item 10 : « I seldom worry about my health »).

B. Psychasthénie et repli sur soi (Items 11 à 20)

Ce pôle évalue la tendance aux ruminations obsessionnelles, au doute paralysant, aux obsessions idéatives et à l’évitement social consécutif à la honte ou au malaise relationnel. Une force du Moi élevée se caractérise par la fluidité décisionnelle, l’aptitude à surmonter les contrariétés sans ruminer pendant des jours et une disposition à la franchise affective (ex. Item 14 : « I frequently find myself worrying about something », coté Faux pour une force du Moi élevée).

C. Attitudes envers la religion (Items 21 à 26)

Cette dimension capture l’autonomie critique face aux dogmes transcendants, à la pensée magique et à la culpabilité métaphysique persécutrice. Les individus dotés d’une force du Moi supérieure tendent à rejeter les croyances littérales dans les miracles bibliques et la conviction selon laquelle leurs péchés sont impardonnables (ex. Item 26 : « I believe my sins are unpardonable », coté Faux).

D. Posture morale et flexibilité sociale (Items 27 à 37)

Loin du rigorisme puritain, une force du Moi élevée implique une tolérance envers les paradoxes moraux, une aisance avec la sexualité, le goût du défi social et une absence de conformisme moralisateur étouffant. Le sujet tolère les comportements hétérodoxes chez autrui et assume ses propres pulsions hédonistes et assertives (ex. Item 35 : « I like to talk about sex », coté Vrai).

E. Sens de la réalité et intégrité perceptive (Items 38 à 45)

Il s’agit du fondement de l’épreuve de réalité (reality testing). Ce domaine vérifie l’absence de distorsions perceptives pseudo-psychotiques, d’épisodes de dépersonnalisation/déréalisation, de trous noirs de conscience (blank spells) ou de paresthésies aberrantes (ex. Item 38 : « I have had very peculiar and strange experiences », coté Faux).

F. Adéquation personnelle et capacité d’adaptation (Items 46 à 56)

Cette dimension mesure le sentiment d’efficacité personnelle, la combativité verbale, la résistance au sentiment d’épuisement et l’affirmation de soi face à l’incompétence d’autrui. Les scores élevés reflètent une grande ténacité face aux obstacles sans céder à la panique ou à l’abandon (ex. Item 47 : « I am easily downed in an argument », coté Faux).

G. Phobies et angoisses infantiles (Items 57 à 61)

Ce registre sonde la persistance d’angoisses développementales primaires, telles que la claustrophobie, la panique nocturne, la zoophobie ou la répulsion panique envers la saleté. Le sujet mature a intégré et résolu ces frayeurs précoces (ex. Item 57 : « I am not afraid of fire », coté Vrai).

H. Divers (Items 62 à 66)

Ces items hétérogènes capturent des intérêts intellectuels orientés vers la rationalité scientifique (Item 62), des préférences historiques symbolisant l’équité et le pragmatisme démocratique (Item 63 sur Lincoln versus Washington), ainsi que l’admission lucide de dysfonctionnements familiaux ou d’une discipline parentale stricte reçue durant l’enfance.

6. Cadre théorique

L’échelle de Barron s’inscrit au carrefour de deux courants majeurs de la psychologie du XXe siècle : la psychologie psychanalytique du Moi (Ego Psychology) et la tradition empirico-critique de l’évaluation de la personnalité développée au sein des universités américaines après la Seconde Guerre mondiale.

La psychologie psychanalytique du Moi

Sous l’influence théorique de figures majeures telles que Anna Freud (1936), Heinz Hartmann (1939) et David Rapaport (1951), la psychanalyse a déplacé une partie de son attention des pulsions inconscientes vers l’étude des fonctions autonomes du Moi. Hartmann a introduit le concept de la « sphère du Moi exempte de conflits » (conflict-free ego sphere), qui englobe la motricité, la perception, la mémoire et la pensée logique. Selon cette perspective, le Moi possède des racines biologiques primaires et dispose d’une énergie propre lui permettant de s’adapter activement à la réalité environnementale (« alloplastie ») plutôt que de simplement subir les assauts du Ça.

Dans ce modèle, la force du Moi renvoie à :

  • La régulation et le contrôle des pulsions : L’aptitude à différer la satisfaction sans recourir à un refoulement massif ou à un clivage défensif.
  • La tolérance à l’affect : La capacité de supporter la douleur psychique, la perte, la culpabilité et l’ambivalence sans déclencher une désorganisation cognitive ou somatique.
  • L’intégrité de l’épreuve de réalité : La distinction constante entre les fantasmes internes et les données perceptives externes objectives.
  • La flexibilité défensive : L’utilisation préférentielle de mécanismes de défense matures (sublimation, humour, anticipation) par rapport aux mécanismes primitifs (déni, projection, identification projective).

L’approche empirique de l’IPAR de Berkeley

Bien qu’imprégné de concepts psychodynamiques, Frank Barron a adopté une méthodologie strictement empirique et opérationnelle, héritée des travaux de Donald W. MacKinnon et de Starke Hathaway. Plutôt que de bâtir une échelle purement déductive basée sur des jugements d’experts cliniques, Barron a utilisé la méthode du groupe critère : il a sélectionné des patients psychiatriques externes ayant manifesté une amélioration clinique significative vérifiée au terme de six mois de thérapie, comparativement à un groupe contrôle apparié n’ayant manifesté aucune amélioration sous traitement équivalent.

Les items du MMPI qui différenciaient statistiquement de façon significative ces deux groupes ont été retenus pour constituer l’échelle Es. Ainsi, l’instrument valide empiriquement la notion psychanalytique selon laquelle la « force du Moi » correspond concrètement à l’aptitude dynamique à tirer profit de l’alliance thérapeutique et à remodeler ses réponses affectives face aux exigences de la vie.

7. Validité

Depuis sa publication princeps en 1953, l’Échelle de force du Moi a fait l’objet de centaines de travaux empiriques examinant ses différentes facettes de validité.

Validité de construit et validité convergente

Les études de corrélation démontrent que l’échelle Es entretient des relations cohérentes avec d’autres indices de fonctionnement psychologique optimal :

  • Intelligence et efficience cognitive : Barron (1953) a mis en évidence des corrélations positives modérées (r compris entre 0,35 et 0,45) entre le score Es et les échelles de quotient intellectuel (notamment l’échelle d’intelligence de Wechsler-Bellevue), confirmant que les ressources intellectuelles participent à la force adaptative globale du Moi.
  • Autonomie et vitalité : Des corrélations significatives positives sont observées avec les échelles de dominance, d’indépendance de jugement et de flexibilité psychologique (notamment sur le California Psychological Inventory – CPI).
  • Bien-être psychologique : Les travaux de Harmon (1980) sur des populations normatives ont confirmé que les scores élevés au test Es sont étroitement corrélés à l’estime de soi, à l’orientation positive vers l’avenir et à l’absence de plainte somatique.

Validité discriminante

L’échelle discrimine de façon nette les individus bien adaptés des populations souffrant de troubles psychiatriques sévères. Au sein du profil standard du MMPI, l’échelle Es présente de fortes corrélations négatives avec :

  • L’échelle 2 (Dépression, D) : r oscillant généralement entre -0,50 et -0,70.
  • L’échelle 7 (Psychasthénie, Pt) : r compris entre -0,60 et -0,75.
  • L’échelle 8 (Schizophrénie, Sc) : r compris entre -0,55 et -0,72.

Ces corrélations négatives puissantes démontrent que l’échelle est inversement liée à la détresse émotionnelle, au sentiment d’aliénation cognitive et à la désorganisation psychologique.

Validité prédictive clinique

Dans l’échantillon clinique original de Barron (1953), comprenant 33 patients améliorés et 17 non améliorés après psychothérapie, l’échelle Es classait correctement 74 % des patients quant à leur issue clinique (p < 0,001). Les réplications conduites dans diverses institutions psychiatriques universitaires et centres pour vétérans (VA hospitals) ont produit des résultats généralement positifs mais parfois mitigés, la validité prédictive s’avérant maximale lorsque les thérapies dispensées reposent sur une modalité expressive/insight-oriented chez des patients de la classe moyenne présentant des troubles d’allure névrotique.

8. Fidélité

Les propriétés de fidélité de l’échelle de force du Moi de Barron ont été évaluées sur de multiples cohortes, à la fois dans des contextes cliniques et non cliniques.

Consistance interne

En raison de l’hétérogénéité délibérée des domaines recouverts par les 66 items (allant de l’absence de diarrhée à la tolérance au flirt ou au rejet des miracles religieux), les coefficients d’homogénéité interne sont modérés :

  • Les estimations de la formule 20 de Kuder-Richardson (KR-20) rapportées dans la littérature varient entre 0,65 et 0,78 selon les échantillons.
  • Le coefficient alpha de Cronbach moyen se situe autour de 0,72 chez les sujets sains et atteint fréquemment 0,76 à 0,79 dans les populations cliniques où la dispersion des scores de détresse est plus importante.
  • Ces valeurs sont considérées comme très acceptables pour une échelle empirique généraliste composée d’items dichotomiques issus d’une banque d’items hétéroclite comme le MMPI.

Fidélité test-retest (stabilité temporelle)

La stabilité temporelle des scores de l’échelle Es est robuste :

  • Dans l’étude originale de Barron (1953), un échantillon de sujets normaux réévalués après un intervalle de trois mois a présenté un coefficient de stabilité de r = 0,76.
  • Chez un groupe de patients psychiatriques suivis sans traitement actif pendant une période comparable, le coefficient de fidélité test-retest a atteint r = 0,72.
  • Des études longitudinales plus étendues (par exemple Stein & Chu, 1967) sur des intervalles de plusieurs mois ont rapporté des coefficients de retest oscillant entre 0,70 et 0,85, confirmant que l’échelle appréhende un trait structurel relativement stable de la personnalité plutôt qu’un état émotionnel purement transitoire.

9. Analyse factorielle

Dès les années 1960, plusieurs chercheurs ont cherché à clarifier si l’échelle Es constituait un indice unidimensionnel ou si elle masquait plusieurs facteurs psychologiques distincts. L’investigation la plus remarquable demeure celle de Kenneth B. Stein et C. L. Chu (1967), publiée dans le Journal of Consulting Psychology.

Résultats des analyses factorielles exploratoires (AFE)

L’application de l’analyse factorielle en composantes principales suivie d’une rotation Varimax sur les réponses de larges cohortes cliniques (patients hospitalisés et externes) a révélé une structure sous-jacente polyfactorielle. Les auteurs ont identifié plusieurs facteurs majeurs expliquant la majorité de la variance commune :

  1. Facteur 1 : Absence de détresse psychologique et de malaise somatique (Stabilité émotionnelle). Ce facteur central regroupe les items liés à l’absence de fatigue, d’anxiété chronique, d’idées noires et de troubles digestifs ou neuromusculaires (saturations fortes des items 4, 13, 14, 50, 51).
  2. Facteur 2 : Contact avec la réalité et intégrité cognitive. Ce facteur isole les items mesurant l’absence de pensées bizarres, d’hallucinations auditives ou d’expériences de transe (items 38, 39, 40, 41).
  3. Facteur 3 : Non-conformisme et liberté morale / sexuelle. Il rassemble les items traduisant une aisance avec la sexualité, le goût du risque et l’absence de puritanisme religieux (items 22, 23, 32, 34, 35).
  4. Facteur 4 : Confiance sociale et affirmation de soi (Assertivité). Items liés à l’aisance dans les débats, au sentiment d’être compris par son entourage et au refus d’être dominé (items 46, 47, 56).
  5. Facteur 5 : Absence de phobies spécifiques. Items ciblant le feu, les animaux ou les espaces clos (items 57, 58, 60).

Conséquences pour la métrologie du test

Ces études structurales démontrent que le score global à l’échelle Es représente un score composite intégrant la santé physique, la santé mentale, l’ouverture morale et la vigueur sociale. Bien que l’utilisation du score total unique demeure la norme clinique, la décomposition en facteurs ou sous-échelles permet d’affiner le profil psychologique : par exemple, un individu peut obtenir un score moyen en raison d’une santé somatique excellente combinée à une anxiété sociale modérée, ce qui a des implications thérapeutiques différentes d’une atteinte prédominante du sens de la réalité.

10. Instrument de mesure

  • Nom complet de l’instrument : Barron’s Ego-Strength Scale (Échelle de force du Moi de Barron, symbole : Es).
  • Nature de l’évaluation : Questionnaire psychométrique auto-rapporté (auto-évaluation standardisée).
  • Format des items : Énoncés déclaratifs rédigés à la première personne du singulier.
  • Nombre d’items : 66 items.
  • Échelle de réponse : Choix forcé dichotomique : Vrai (True) ou Faux (False).
  • Procédure de cotation :
    • Chaque item reçoit une valeur de 1 point lorsqu’il est répondu dans le sens keyed indiqué par la clé de correction de Barron (indiqué par (T) pour Vrai ou (F) pour Faux), et 0 point dans le cas contraire.
    • Le score brut total s’obtient en additionnant les réponses cotées 1 point.
    • Plage du score brut : de 0 à 66 points.
  • Interprétation des scores bruts :
    • Scores très faibles (< 35) : Fragilité psychologique majeure, déficits probables des mécanismes de défense du Moi, grande vulnérabilité à la décompensation, somatisations ou idéations désorganisées. Pronostic réservé en thérapie dynamique sans soutien structurant intensif préalable.
    • Scores moyens (35 à 45) : Fonctionnement psychique modéré, ressources adaptatives conformes à la moyenne de la population générale névrotique ou clinique ambulatoire.
    • Scores élevés (> 46) : Excellente force du Moi, grande résilience psychologique, flexibilité cognitive, stabilité somatique, pronostic très favorable pour un changement thérapeutique actif et profond.
  • Durée moyenne de passation : Environ 10 à 15 minutes lorsque administré sous forme d’échelle indépendante, ou intégré au protocole complet du MMPI/MMPI-2.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication initiale : 1953 (article original paru dans le Journal of Consulting Psychology).
  • Statut des droits d’auteur et permissions :
    • L’article princeps de Frank Barron (1953) et la publication de l’Institute for Social Research (Robinson & Shaver, 1969) ont mis les items de l’échelle Es à la disposition de la communauté académique internationale à des fins de recherche fondamentale.
    • Cependant, étant donné que les items sont historiquement dérivés du corpus du Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI), détenu par les Regents of the University of Minnesota et distribué commercialement par Pearson Clinical Assessments, l’utilisation clinique ou commerciale intégrée dans le système d’évaluation MMPI/MMPI-2 est soumise aux règles de copyright et de qualification professionnelle (niveau C) de l’éditeur officiel.
  • Tarification : L’utilisation dans le cadre de la recherche universitaire non lucrative à partir des publications originales du domaine public scientifique est gratuite ; l’administration informatisée ou sur grille standardisée via les plateformes de Pearson requiert l’achat de crédits de passation et de manuels cliniques officiels.

12. Références

  • Barron, F. (1953). An ego-strength scale which predicts response to psychotherapy. Journal of Consulting Psychology, 17(5), 327–333. https://doi.org/10.1037/h0061962
  • Barron, F. (1963). Creativity and psychological health: Origins of personal vitality and creative freedom. D. Van Nostrand Co.
  • Freud, A. (1936). The Ego and the Mechanisms of Defence. Hogarth Press.
  • Gottesman, I. I. (1959). More on the Barron Ego Strength Scale. Journal of Consulting Psychology, 23(4), 343–346. https://doi.org/10.1037/h0040348
  • Harmon, M. H. (1980). The Barron Ego Strength Scale: A study of personality correlates among normals. Journal of Clinical Psychology, 36(2), 433–436. https://doi.org/10.1037/h0046522
  • Robinson, J. P., & Shaver, P. R. (1969). Measures of Social Psychological Attitudes. Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan. Ann Arbor, Michigan. https://www.psc.isr.umich.edu/dis/infoserv/isrpub/pdf/Measuresofsocialpsychologicalattitudes_2928_.PDF
  • Stein, K. B., & Chu, C. L. (1967). Dimensionality of Barron’s Ego-Strength Scale. Journal of Consulting Psychology, 31(2), 153–161. https://doi.org/10.1037/h0024445

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: True (T) / False (F). The keyed response scoring toward high ego-strength is shown in parentheses beside each item.

A. Physical functioning and physiological stability.

  1. During the past few years I have been well most of the time. (T)
  2. I am in just as good physical health as most of my friends. (T)
  3. I have never had a fainting spell. (T)
  4. I feel weak all over much of the time. (F)
  5. My hands have not become clumsy or awkward. (T)
  6. I have a cough most of the time. (F)
  7. I have a good appetite. (T)
  8. I have diarrhea once a month or more. (F)
  9. At times I hear so well it bothers me. (F)
  10. I seldom worry about my health. (T)

B. Psychasthenia and seclusiveness.

  1. I feel unable to tell anyone all about myself. (F)
  2. I feel sympathetic towards people who tend to hang on to their griefs and troubles. (F)
  3. I brood a great deal. (F)
  4. I frequently find myself worrying about something. (F)
  5. I have met problems so full of possibilities that I have been unable to make up my mind about them. (F)
  6. I get mad easily and then get over it soon. (T)
  7. When I leave home‚ I do not worry about whether the door is locked and the windows closed. (T)
  8. Sometimes some unimportant thought will run through my mind and bother me for days. (F)
  9. Often I cross the street in order not to meet someone I see. (F)
  10. I dream frequently about things that are best kept to myself. (F)

C. Attitudes toward religion.

  1. I go to church almost every week. (T)
  2. I pray several times every week. (F)
  3. Christ performed miracles such as changing water into wine. (F)
  4. Everything is turning out just like the prophets of the Bible said it would. (F)
  5. I have had some very unusual religious experiences. (F)
  6. I believe my sins are unpardonable. (F)

D. Moral posture.

  1. I would certainly enjoy beating a crook at his own game. (T)
  2. When I get bored‚ I like to stir up some excitement. (T)
  3. I do many things which I regret afterwards (I regret things more or more often than others seem to). (F)
  4. I can be friendly with people who do things which I consider wrong. (T)
  5. Some people are so bossy that I feel like doing the opposite of what they request‚ even though I know they are right. (T)
  6. I like to flirt. (T)
  7. I am a t t r a c t e d by members of the opposite sex. (T)
  8. I never attend a sexy show i f I can avoid i t . (F)
  9. I like to talk about sex. (T)
  10. I do not like to see women smoke. (F)
  11. Sometimes I enjoy hurting persons I love. (T)

E. Sense of reality.

  1. I have had very peculiar and strange experiences. (F)
  2. I have strange and peculiar thoughts. (F)
  3. I have had blank spells in which my activities were interrupted and I did not know what was going on around me. (F)
  4. When I am with people‚ I am bothered by hearing very queer things. (F)
  5. At times I have fits of laughing and crying that I cannot control. (F)
  6. I have had no difficulty in keeping ray balance in walking. (T)
  7. Parts of my body often have feelings like burning‚ tingling ‚ crawling‚ or like « going to sleep. » (F)
  8. My skin seems to be unusually sensitive to touch. (F)

F. Personal adequacy‚ ability to cope.

  1. My plans have frequently seemed so full of difficulties that I have had to give them up. (F)
  2. I am easily downed in an argument. (F)
  3. I find it hard to keep my mind on a task or job. (F)
  4. My way of doing things is apt to be misunderstood by others. (F)
  5. I sometimes feel that I am about to go to pieces. (F)
  6. I feel tired a good deal of the time. (F)
  7. If I were an artist‚ I would like to draw flowers. (F)
  8. If I were an artist‚ I would like to draw children. (F)
  9. I like collecting flowers or growing house plants. (F)
  10. I like to cook. (F)
  11. When someone says silly or ignorant things about something I know‚ I try to set him right. (T)

G. Phobias‚ infantile anxieties.

  1. I am not afraid of fire. (T)
  2. I am made nervous by certain animals. (F)
  3. Dirt frightens or disgusts me. (F)
  4. I am afraid of finding myself in a closet or small closed place. (F)
  5. I have often been frightened in the middle of the night. (F)

H. Miscellaneous.

  1. I like science. (T)
  2. I think Lincoln was greater than Washington. (T)
  3. I very much like horseback riding. (F)
  4. The man who had most to do with me when I was a child (such as my father‚ stepfather‚ etc.) was very strict with me. (T)
  5. One or more members of my family is very nervous. (T)
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle de force du Moi. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-force-du-moi/
Looti, Mohammed. “Échelle de force du Moi.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-force-du-moi/.
Looti, Mohammed. “Échelle de force du Moi.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-force-du-moi/.