Échelle de fonctionnement familial (FFS)

L’Échelle de fonctionnement familial (Family Functioning Scale, FFS) de Tavitian et al. (1987) est un instrument psychométrique de 40 items évaluant cinq dimensions clés : chaleur positive, communication, inquiétudes, conflits et rituels familiaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de fonctionnement familial (Family Functioning Scale, ou FFS), développée initialement par Mark L. Tavitian, Judith Lubiner, Lawrence Green, Lawrence C. Grebstein et Wayne F. Velicer en 1987, constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour appréhender la complexité des dynamiques systémiques intrafamiliales. Composée de 40 items côtés sur une échelle de type Likert en sept points allant de 1 (« Jamais » / Never) à 7 (« Toujours » / Always), cette mesure multidimensionnelle évalue la perception qu’a un individu du climat relationnel, des modes de communication et de la régulation émotionnelle au sein de son foyer d’origine ou de sa cellule de vie familiale actuelle.

L’instrument repose sur une modélisation factorielle rigoureuse articulée autour de cinq sous-échelles fondamentales :

  • La chaleur familiale positive (Positive Family Warmth), mesurant le sentiment d’amour inconditionnel, de validation et d’acceptation mutuelle ;
  • La communication familiale (Family Communication), quantifiant l’ouverture verbale, la discussion des problématiques affectives et le partage interpersonnel ;
  • Les préoccupations ou inquiétudes familiales (Family Worries), captant la réactivité somatique et l’anxiété diffuse de l’individu face aux tensions de l’écosystème domestique ;
  • Les conflits familiaux (Family Conflict), évaluant l’expression manifeste de l’agressivité, des disputes verbales et des comportements coercitifs ;
  • Les rituels et le soutien familial (Family Rituals/Support), appréciant l’ancrage des traditions, la régularité des activités partagées et la solidarité intergénérationnelle.

Les études de validation initiales et ultérieures confirment des qualités métrologiques remarquables, avec une consistance interne globale élevée (coefficients alpha de Cronbach généralement compris entre 0,84 et 0,92 pour l’échelle globale, et de 0,72 à 0,90 pour les sous-échelles respectives). L’analyse de fidélité test-retest atteste d’une stabilité temporelle robuste sur des intervalles de plusieurs semaines. La validité convergente et la validité discriminante ont été démontrées par des corrélations substantielles avec d’autres indices canoniques du climat familial (notamment le Family Adaptability and Cohesion Evaluation Scales [FACES] et le Family Assessment Device [FAD]), ainsi qu’avec des marqueurs de symptomatologie dépressive, d’anxiété et de bien-être subjectif. La FFS s’impose ainsi comme un outil de référence en psychologie clinique, en thérapie systémique et en recherche psychosociale.

2. Mots-clés / Keywords

fonctionnement familial, psychométrie, évaluation systémique, dynamique familiale, conflits familiaux, communication intrafamiliale, chaleur affective, rituels familiaux, thérapie familiale, validité factorielle, échelle de Likert, psychopathologie développementale.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de fonctionnement familial a été conçue et validée par une équipe de chercheurs rattachés au Département de psychologie de l’Université de Rhode Island (Kingston, États-Unis) :

  • Mark L. Tavitian, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur en psychologie de la famille et du développement, Université de Rhode Island.
  • Judith L. Lubiner, Ph.D. : Psychologue clinicienne spécialisée dans l’évaluation psychodynamique et systémique des relations intrafamiliales.
  • Lawrence Green, Ph.D. : Chercheur en psychologie sociale et clinique, axé sur les modèles d’interaction interpersonnelle.
  • Lawrence C. Grebstein, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie, Université de Rhode Island, superviseur clinique de renom et pionnier de l’intégration de la thérapie systémique et de l’évaluation standardisée.
  • Wayne F. Velicer, Ph.D. (1944–2017) : Professeur émérite de psychologie comportementale et de psychométrie à l’Université de Rhode Island. Co-fondateur du Cancer Prevention Research Center, le Pr Velicer était une sommité internationale en matière d’analyse factorielle multivariée, de méthodologie statistique et de modélisation transthéorique du changement.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Family Functioning Scale (FFS) est de fournir une évaluation multidimensionnelle, quantitative et standardisée de la qualité fonctionnelle de l’environnement familial perçu par l’un de ses membres. La modélisation psychologique des interactions familiales a longtemps souffert d’une dichotomie entre des approches cliniques qualitatives riches mais peu généralisables (comme les grilles d’observation systémiques ou les génogrammes structuraux) et des échelles psychométriques unidimensionnelles réduisant le fonctionnement familial à une mesure globale de cohésion ou d’insatisfaction.

Applications cliniques

Dans le domaine de la psychothérapie individuelle, de couple ou familiale, la FFS remplit plusieurs fonctions diagnostics et thérapeutiques indispensables :

  • Dépistage et évaluation initiale : Identifier précisément les domaines de dysfonctionnement relationnel (par exemple, une exacerbation des conflits conjugaux ou fraternels combinée à un effondrement des rituels régulateurs) dès l’anamnèse.
  • Médiateur de prise de conscience : Faciliter l’expression des ressentis du patient face à des dimensions taboues, telles que le sentiment de rejet (« Ma famille me considère comme un cas désespéré ») ou l’angoisse somatique déclenchée par l’agressivité parentale.
  • Évaluation des processus thérapeutiques : Monitorer l’évolution clinique à travers une administration pré- et post-intervention, permettant d’objectiver l’impact d’une thérapie brève orientée vers les solutions ou d’une thérapie familiale structurelle.
  • Orientation différentielle : Distinguer les foyers marqués par une détresse relationnelle aiguë (conflits intenses, violences physiques ou verbales) de ceux caractérisés par un détachement émotionnel passif ou une pauvreté rituelle et communicative.

Applications en recherche

En recherche fondamentale et épidémiologique, la FFS sert de variable pivot pour explorer les trajectoires de développement normal et pathologique chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte émergent. Elle est abondamment sollicitée dans les devis de recherche portant sur :

  • L’étiologie des troubles intériorisés (dépression majeure, anxiété généralisée, somatisation) et extériorisés (troubles des conduites, abus de substances) en lien avec la dysrégulation du système familial ;
  • La transmission intergénérationnelle des traumatismes et des schémas d’attachement insécures ;
  • L’impact des stresseurs environnementaux exogènes (précarité économique, maladies chroniques d’un parent ou d’un enfant) sur la résilience systémique du groupe familial.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la FFS appréhende la famille non comme un simple agrégat d’individus isolés, mais comme un système écologique homéostatique régulé par des règles explicites et implicites, des frontières interpersonnelles et des boucles de rétroaction émotionnelle. Les cinq dimensions isolées empiriquement par Tavitian et ses collaborateurs opérationnalisent des aspects fondamentaux de l’écologie familiale :

1. Chaleur familiale positive (Positive Family Warmth)

Cette dimension quantifie le niveau de sécurité affective, de validation narcissique et d’amour inconditionnel dispensé au sein du noyau familial. Elle évalue dans quelle mesure l’individu se sent accepté dans son individualité (item 7 : « My family accepts me as I am »), respecté (item 11 : « I feel respected by my family ») et aimé (item 33 : « I feel loved by my family »). À l’inverse, des scores faibles révèlent une aliénation relationnelle, un rejet perçu (item 21 : « My family sees me as a hopeless case ») ou un sentiment d’étrangeté au sein même du foyer (item 38 : « I feel like a stranger in my own house »). Sur le plan théorique, cette sous-échelle fait écho au besoin de base d’appartenance et à la sécurité d’attachement.

2. Communication familiale (Family Communication)

La communication constitue le vecteur principal par lequel l’information, les émotions et les règles se transmettent au sein du système. Cette sous-échelle appréhende l’accessibilité psychologique mutuelle et l’ouverture à aborder des thématiques intimes ou complexes. Elle comprend la capacité à exprimer la vulnérabilité émotionnelle, comme la tristesse (item 17 : « I let my family know when I am sad ») ou la peur (item 35 : « I let my family know when I feel afraid »), ainsi que la propension du système à tolérer des dialogues éducatifs ouverts concernant le développement corporel (item 27) ou la sexualité et la morale (item 24 : « In my family we talk about what is right and wrong with regard to sex »).

3. Inquiétudes et préoccupations familiales (Family Worries)

Cette composante explore l’impact psycho-somatique et l’hypervigilance de l’individu face aux dysfonctionnements ou aux affects négatifs circulant dans le foyer. Elle traduit le phénomène systémique de « contagion émotionnelle » (item 18 : « The mood of one family member can spread to everyone in the house ») et l’intériorisation anxieuse des tensions. Les items reflètent des perturbations neurovégétatives directes face aux conflits, telles que des nausées ou malaises (item 13 : « When things are not going well in my family I feel sick »), des troubles de l’appétit (item 34) ou des insomnies (item 31 : « I have trouble sleeping when I think about family problems »), attestant d’une faible différentiation du soi face au stress collectif.

4. Conflits familiaux (Family Conflict)

La sous-échelle des conflits mesure la fréquence et l’intensité des manifestations discordantes et agressives entre les membres du système. Elle explore les disputes verbales (item 20 : « People in my family yell at each other »), les frictions financières (item 6 : « Members of my family argue about money »), les rivalités fratrie-enfants (item 2), les conduites intrusives (item 23 : « People in my family use my things without asking »), la recherche de boucs émissaires (item 26 : « When things are going wrong in my family, someone gets blamed »), et jusqu’aux violences physiques directes (item 15 : « People in my family hit each other »).

5. Rituels et soutien familial (Family Rituals/Support)

Cette dimension mesure les mécanismes structurels favorisant la cohésion, l’identité collective et la continuité historique du groupe. Les rituels familiaux structurent le temps et renforcent l’appartenance à travers la célébration des anniversaires (item 1), des fêtes calendaires (item 5), des réussites scolaires ou professionnelles (item 14 : « Our family celebrates special events, such as anniversaries and graduations »), la commensalité quotidienne (item 29 : « Family members eat at least one meal a day together ») et l’intérêt partagé pour l’histoire généalogique (item 32 : « We are interested in the history of our family »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’ancrage conceptuel de la Family Functioning Scale s’inscrit au carrefour de plusieurs grands paradigmes de la psychologie des systèmes et du développement relationnel :

1. La théorie générale des systèmes

Inspirée des travaux de Ludwig von Bertalanffy, l’approche systémique postule que la famille est une totalité organisée supérieure à la somme de ses parties. Le comportement d’un individu ne peut être compris isolément, mais comme une fonction des interactions circulaires au sein du système. La FFS opérationnalise cette circularité : l’anxiété d’un individu (sous-échelle Family Worries) n’est pas considérée comme une simple pathologie intrapsychique autonome, mais comme l’écho symptomatique d’une homéostasie perturbée par des conflits ou un déficit d’acceptation mutuelle.

2. Le modèle structural de Salvador Minuchin

Dans la perspective structurale de Salvador Minuchin, une famille saine se caractérise par des sous-systèmes clairement différenciés (conjugal, parental, fraternel) délimités par des frontières souples mais étanches. À l’inverse, deux dysfonctionnements polaires émergent souvent :

  • L’enchevêtrement (enmeshment) : caractérisé par une porosité excessive des frontières où l’état émotionnel d’un parent contamine immédiatement les enfants. Cette dynamique est précisément captée par les items 18, 37 et la dimension Family Worries.
  • Le désengagement (disengagement) : caractérisé par des barrières rigides, un manque de chaleur, une absence d’intérêt partagé (item 36 : « People in my family are not interested in what I do ») et un déficit de rituels unificateurs.

3. La théorie intergénérationnelle de Murray Bowen

Le concept central de Murray Bowen, la différenciation du soi, postule que la maturité psychologique réside dans la capacité d’un individu à préserver son autonomie cognitive et affective sans couper les ponts avec son système familial. Lorsque le niveau de différenciation est bas, l’individu est pris dans une « masse indifférenciée de l’ego familial » ; les désaccords génèrent alors une panique existentielle (item 10 : « I worry when I disagree with the opinions of other family members ») et des conversions somatiques (items 13, 31, 34). La FFS traduit ce gradient de différenciation à travers l’interaction entre l’acceptation perçue et le niveau d’anxiété projective.

4. Comparaison avec les modèles d’Olson et de McMaster

Alors que le modèle circomplexe de David Olson (FACES) met l’accent sur les dimensions orthogonales de cohésion et d’adaptabilité selon une relation curvilinéaire (où les extrêmes sont dysfonctionnels), et que le modèle McMaster (FAD) privilégie une approche par résolution de problèmes et rôles comportementaux, la FFS de Tavitian et al. adopte une approche linéaire intégrative. Elle relie la santé systémique à des niveaux élevés de chaleur, de rituels et de communication fonctionnelle, combinés à de faibles niveaux de conflits destructeurs et d’inquiétudes somatisées.

7. Validité / Validity

Les études psychométriques menées par Tavitian, Lubiner, Green, Grebstein et Velicer (1987), puis consolidées dans les manuels de référence de Fischer et Corcoran (2007), mettent en évidence des preuves solides de validité psychométrique sur des échantillons variés d’adolescents, d’étudiants universitaires et d’adultes en population générale ou clinique.

Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit de la FFS a été établie au moyen d’analyses factorielles rigoureuses démontrant l’existence stable de cinq composantes sous-jacentes. Les coefficients de corrélation inter-facteurs montrent que les dimensions ne sont pas redondantes (coefficients modérés compris entre r = 0,25 et r = 0,55), confirmant le caractère multidimensionnel de l’évaluation du système familial.

Validité convergente

La validité convergente de l’instrument a été éprouvée en corrélant les scores des cinq sous-échelles avec d’autres mesures standardisées reconnues :

  • Les dimensions Positive Family Warmth et Family Rituals/Support affichent des corrélations positives très significatives (r variant de 0,60 à 0,78, p < 0,001) avec l’échelle de cohésion familiale du FACES d’Olson et les indices d’engagement affectif du McMaster FAD.
  • La sous-échelle Family Communication est positivement corrélée avec l’échelle de communication parent-adolescent de Barnes et Olson (r > 0,65).
  • La sous-échelle Family Conflict corrèle fortement (r = 0,58 à 0,72) avec l’échelle de conflit de l’inventaire du climat social familial (Family Environment Scale de Moos & Moos).
  • Les sous-échelles Family Worries et Family Conflict manifestent des corrélations positives substantielles avec les scores de détresse psychologique générale évalués par le SCL-90-R (Symptom Checklist-90), l’inventaire de dépression de Beck (BDI) et le STAI (inventaire d’anxiété état-trait de Spielberger).

Validité discriminante

L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer :

  • Les populations issues de foyers « tout-venant » versus des familles consultant en centres médico-psychologiques ou en thérapie systémique ; les familles cliniques présentent des scores significativement inférieurs sur les dimensions de chaleur, de rituels et de communication, et des scores nettement supérieurs en conflits et inquiétudes (p < 0,001) ;
  • Les adolescents présentant des conduites d’opposition ou des troubles addictifs versus des groupes témoins appariés ;
  • La sous-échelle de chaleur familiale ne montre que des corrélations négligeables à très faibles avec des traits de personnalité non reliés au système familial (comme l’extraversion sociale générale ou la désirabilité sociale évaluée par l’échelle de Marlowe-Crowne, r < 0,20), confirmant la spécificité du construit.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation des qualités métrologiques de la FFS témoigne d’une précision de mesure élevée, minimisant l’erreur de variance aléatoire.

Cohérence interne

Les estimations de la cohérence interne, calculées via le coefficient alpha de Cronbach, démontrent une homogénéité remarquable des items au sein de chaque sous-échelle :

  • Chaleur familiale positive (Positive Family Warmth) : α = 0,88 à 0,92 selon les échantillons d’étude.
  • Communication familiale (Family Communication) : α = 0,82 à 0,87.
  • Inquiétudes familiales (Family Worries) : α = 0,78 à 0,84.
  • Conflits familiaux (Family Conflict) : α = 0,80 à 0,86.
  • Rituels et soutien familial (Family Rituals/Support) : α = 0,75 à 0,82.
  • Score total composite : α global régulièrement mesuré au-delà de 0,89 (après inversion des items négatifs).

Fidélité temporelle (Test-Retest)

Des protocoles d’administration répétés sur des sous-échantillons d’étudiants à des intervalles de 2 à 4 semaines ont révélé des coefficients de corrélation intra-classe (ICC) et des coefficients de fidélité test-retest compris entre r = 0,78 et r = 0,89 pour l’ensemble des sous-échelles. Cette stabilité atteste que l’outil ne capte pas de simples fluctuations de l’humeur passagère, mais bien une représentation cognitive et émotionnelle consolidée du système familial.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La conception de la FFS a bénéficié de l’expertise méthodologique de Wayne F. Velicer, l’un des statisticiens les plus reconnus pour le développement de techniques d’extraction et de détermination du nombre de facteurs.

Méthodologie d’extraction et de rotation

L’analyse initiale a été réalisée à partir d’un ensemble élargi d’items candidats administrés à une cohorte de validation diversifiée. Les auteurs ont employé :

  • L’analyse en composantes principales (ACP) couplée au test de scree de Cattell et au test MAP (Minimum Average Partial) développé par Velicer, permettant de déterminer objectivement le nombre exact de facteurs stables à extraire sans sur-factorisation ;
  • Une rotation orthogonale (Varimax) complétée par des rotations obliques (Promax), tenant compte des interdépendances naturelles existant entre les différents aspects de la dynamique familiale ;
  • Un critère de sélection strict retenant uniquement les items présentant une saturation factorielle (factor loading) supérieure ou égale à 0,40 sur leur facteur primaire, sans saturation croisée majeure (absence de saturation secondaire > 0,30 sur un autre facteur).

Structure factorielle à cinq composantes

Les résultats ont confirmé une structure parcimonieuse à cinq facteurs expliquant une proportion substantielle de la variance totale :

  1. Facteur 1 (Positive Family Warmth) : Regroupe les items liés à l’acceptation inconditionnelle, l’amour perçu et l’absence de rejet parental ou familial (ex. items 7, 9, 11, 33 avec des saturations factorielles comprises entre 0,55 et 0,81).
  2. Facteur 2 (Family Communication) : Rassemble les énoncés portant sur la liberté d’expression émotionnelle (peur, tristesse, colère) et la franchise des échanges éducatifs (items 16, 17, 19, 24, 27, 28, 35, 40).
  3. Facteur 3 (Family Worries) : Isole spécifiquement les items mesurant l’angoisse intériorisée, la somatisation et la réactivité anxieuse liée au climat intrafamilial (items 8, 10, 13, 18, 31, 34, 37).
  4. Facteur 4 (Family Conflict) : Sature fortement sur les items dénotant l’hostilité manifeste, les cris, les coups et les reproches constants (items 2, 6, 15, 20, 25, 26).
  5. Facteur 5 (Family Rituals/Support) : Charge sur les items structurant l’identité temporelle et la sociabilité de la cellule familiale (célébrations d’anniversaires, remises de diplômes, vacances ensemble, repas quotidiens partagés ; items 1, 5, 12, 14, 29, 30, 32, 39).

Des analyses factorielles confirmatoires ultérieures (AFC) menées sur des populations indépendantes ont corroboré l’adéquation de ce modèle pentafactoriel avec des indices d’ajustement satisfaisants (RMSEA < 0,06, CFI > 0,92, TLI > 0,90).

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
  • Population cible : Adolescents (à partir de 12-13 ans), étudiants universitaires et adultes évaluant leur famille de vie actuelle ou leur famille d’origine.
  • Nombre total d’items : 40 items formulés sous la forme d’affirmations affirmatives ou interrogatives directes.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert authentique en 7 points :
    1 = Never (Jamais)
    2 = Almost Never (Presque jamais)
    3 = Rarely (Rarement)
    4 = Sometimes (Parfois)
    5 = Frequently (Fréquemment)
    6 = Almost Always (Presque toujours)
    7 = Always (Toujours)
  • Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Items inversés : Les items 4, 21 et 38 (signalés par un astérisque *) doivent obligatoirement faire l’objet d’une inversion de cotation préalable : le score transformé = 8 – score brut (ex. : 1 devient 7, 2 devient 6, etc.).
    • Scores des sous-échelles : Calculés en faisant la somme ou la moyenne arithmétique des items constitutifs de chacune des cinq dimensions : Positive Family Warmth, Family Communication, Family Worries, Family Conflict, et Family Rituals/Support.
    • Interprétation clinique : Des scores élevés sur les échelles de Chaleur, de Communication et de Rituels combinés à des scores bas en Conflits et Inquiétudes caractérisent un fonctionnement familial équilibré et protecteur. Le profil inverse signale une vulnérabilité systémique nécessitant une investigation clinique approfondie.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1987.
  • Publication de référence : Fischer, J., & Corcoran, K. J. (2007). Measures for Clinical Practice and Research: A Sourcebook (4e éd., Vol. 1, pp. 288–290). Oxford University Press.
  • Statut des droits et conditions d’accès : L’instrument a été mis à la disposition de la communauté scientifique et clinique par ses auteurs dans le domaine académique. Il est reproduit dans le recueil de Fischer et Corcoran (2007) dans un cadre d’accès libre pour une utilisation non commerciale à des fins de recherche fondamentale, d’enseignement universitaire et de pratique clinique clinique individuelle.
  • Tarification : L’administration de l’échelle ne requiert pas l’achat de formulaires propriétaires auprès d’éditeurs payants, ce qui en fait un outil accessible aux chercheurs, aux praticiens hospitaliers et aux étudiants. Toute utilisation commerciale ou intégration dans des plateformes logicielles payantes requiert l’autorisation explicite des détenteurs légaux des droits.

12. Références / References

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

1= Never; 2 = Almost Never; 3 = Rarely; 4 = Sometimes; 5 = Frequently; 6 = Almost Always; 7 =Always

* Reverse scored

  1. Birthdays are important events in my family.
  2. The children in my family fight with each other.
  3. People in my family have to be reminded when they are asked to do something.
  4. People in my family do not care enough about what I need.*
  5. Our family spends holidays together.
  6. Members of my family argue about money.
  7. My family accepts me as I am.
  8. When someone in my family is angry‚ I feel worried.
  9. People in my family listen when I speak.
  10. I worry when I disagree with the opinions of other family members.
  11. I feel respected by my family.
  12. We pay attention to traditions in my family.
  13. When things are not going well in my family I feel sick.
  14. Our family celebrates special events‚ such as anniversaries and graduations.
  15. People in my family hit each other.
  16. When I have questions about personal relationships‚ I talk with family members.
  17. I let my family know when I am sad.
  18. The mood of one family member can spread to everyone in the house.
  19. I let family members know when I am upset.
  20. People in my family yell at each other.
  21. My family sees me as a hopeless case.*
  22. It is hard for me to forget painful events that have happened in my family.
  23. People in my family use my things without asking.
  24. In my family we talk about what is right and wrong with regard to sex.
  25. Family members are critical of each other’s eating habits.
  26. When things are going wrong in my family‚ someone gets blamed.
  27. In my family we talk about the physical changes that go along with growing up.
  28. I tell people in my family when I am angry with them.
  29. Family members eat at least one meal a day together.
  30. Family reun‎ions are important to us.
  31. I have trouble sleeping when I think about family problems.
  32. We are interested in the history of our family.
  33. I feel loved by my family.
  34. When things are not going well in my family it affects my appetite.
  35. I let my family know when I feel afraid.
  36. People in my family are not interested in what I do.
  37. It is important to know the mood of certain family members.
  38. I feel like a stranger in my own house.*
  39. We are friendly with other families.
  40. People in my family discuss their problems with me.
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Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle de fonctionnement familial (FFS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-fonctionnement-familial-ffs/
Looti, Mohammed. “Échelle de fonctionnement familial (FFS).” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-fonctionnement-familial-ffs/.
Looti, Mohammed. “Échelle de fonctionnement familial (FFS).” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-fonctionnement-familial-ffs/.