Échelle de droit psychologique (PES)

Découvrez l’Échelle de droit psychologique (Psychological Entitlement Scale – PES) de Campbell et al. (2004) : structure factorielle, validité psychométrique et applications.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle de droit psychologique (en anglais, Psychological Entitlement Scale ou PES), élaborée et validée par W. Keith Campbell, Angelica M. Bonacci, Jeremy Shelton, Julie Juola Exline et Brad J. Bushman en 2004, constitue l’étalon-or psychométrique pour évaluer le sentiment d’avoir des droits (psychological entitlement). Ce construit de la personnalité renvoie à la croyance stable, omniprésente et égocentrique selon laquelle un individu mérite davantage de ressources, de privilèges et d’attentions favorables que les autres, indépendamment de ses contributions réelles ou de son mérite objectif.

Sur le plan structurel, la PES est un instrument unidimensionnel concis composé de 9 items formulés de manière directe et accessible. Les participants évaluent leur niveau d’adhésion à chaque proposition sur une échelle de réponse ordinale de type Likert en 7 points, s’étendant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Un item inversé (l’item 5) est intégré pour limiter les biais d’acquiescement. Le score global s’obtient par le calcul de la moyenne arithmétique ou de la somme des items, où un score élevé reflète un sentiment exacerbé d’exceptionnalisme personnel et d’exigences interpersonnelles.

Les qualités métrologiques de la PES sont particulièrement robustes, comme l’attestent les nombreuses études empiriques menées dans des contextes transculturels, organisationnels et cliniques. La consistance interne est excellente, présentant des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,85 et 0,89 dans les échantillons initiaux, et une stabilité temporelle satisfaisante lors des évaluations test-retest (r > 0,70 sur plusieurs semaines). Les analyses factorielles confirmatoires appuient de manière récurrente un modèle unifactoriel invariant selon le genre. De plus, la validité convergente et la validité discriminante sont solidement établies : bien que positivement corrélée au narcissisme grandiose et aux traits de la triade noire, la PES s’en distingue nettement en isolant la composante spécifique de revendication et d’immunité normative, sans la confondre avec la manipulation machiavélique ou l’exhibitionnisme corporel.

2. Mots-clés

Droit psychologique, sentiment de légitimité personnelle, narcissisme, évaluation psychométrique, relations interpersonnelles, comportement du consommateur, psychologie de la personnalité, validité factorielle, conflits organisationnels, revendication égocentrique.

3. Auteurs

L’échelle a été développée par une équipe de chercheurs de premier plan en psychologie sociale et en psychologie de la personnalité :

  • W. Keith Campbell : Professeur au Département de psychologie de l’Université de Géorgie (University of Georgia), Athènes, GA, États-Unis. Spécialiste mondialement reconnu du narcissisme, de l’estime de soi et des dynamiques interpersonnelles. Courriel académique : [email protected].
  • Angelica M. Bonacci : Chercheuse associée au Département de psychologie de l’Université de Géorgie et affiliée aux travaux sur la régulation de l’affect et les motivations sociales.
  • Jeremy Shelton : Chercheur à l’Université d’État de Géorgie (Georgia State University) et praticien dans le domaine de la psychologie sociale appliquée.
  • Julie Juola Exline : Professeure de sciences psychologiques à l’Université Case Western Reserve (Case Western Reserve University), Cleveland, OH, États-Unis. Spécialiste des aspects spirituels, de la culpabilité, du pardon et du sentiment de justice/injustice.
  • Brad J. Bushman : Professeur émérite en communication et en psychologie à l’Université d’État de l’Ohio (The Ohio State University), Columbus, OH, États-Unis. Expert de renommée internationale sur l’agression, la violence, les biais cognitifs et le narcissisme.

4. Objectif

L’objectif fondamental de la Psychological Entitlement Scale est de fournir une mesure psychométrique brève, univoque et opérationnelle du sentiment d’avoir des droits en tant que trait de personnalité distinct. Avant la parution des travaux de Campbell et de ses collaborateurs en 2004, le sentiment de droit était couramment appréhendé comme une simple sous-composante subordonnée au sein de batteries globales sur le narcissisme, telles que le Narcissistic Personality Inventory (NPI) de Raskin et Terry (1988). Toutefois, ces instruments antérieurs présentaient plusieurs limites méthodologiques : les items relatifs au sentiment de droit étaient dispersés, souffraient de faibles saturations factorielles ou d’une consistance interne médiocre (souvent des alphas inférieurs à 0,60 pour la sous-échelle « Entitlement » du NPI), et recouraient fréquemment à des formats de choix forcé dichotomiques critiqués pour leur manque de sensibilité psychométrique.

La PES a été conçue pour remédier à ces lacunes en isolant conceptuellement et empiriquement la conviction subjective que l’on « mérite plus que les autres », libérée des artefacts liés à l’admiration esthétique, à l’autorité ou à la quête de prestige intellectuel. Les auteurs ont voulu comprendre pourquoi et comment certains individus maintiennent l’attente constante de traitements de faveur, d’exonérations déontologiques et d’allocations asymétriques de récompenses au détriment de leurs pairs.

Applications dans la recherche fondamentale et appliquée

Dans le domaine de la psychologie sociale et de la personnalité, la PES permet d’examiner les mécanismes cognitifs sous-tendant la victimisation perçue, la susceptibilité à la rancœur et l’intolérance aux frustrations ordinaires. Les scores élevés à la PES prédisent de manière robuste l’agression interpersonnelle consécutive à une critique, le sentiment d’injustice face à une équité stricte et l’absence de gratitude.

En comportement organisationnel et gestion des ressources humaines, l’outil s’avère précieux pour étudier les dynamiques dysfonctionnelles au travail. Les employés affichant des niveaux élevés de droit psychologique tendent à manifester des attentes salariales démesurées dès l’embauche, des comportements de contre-productivité au travail (counterproductive work behaviors), une faible citoyenneté organisationnelle, et une propension accrue à entrer en conflit avec leur hiérarchie lorsqu’ils ne reçoivent pas les promotions non méritées qu’ils convoitent.

En marketing et psychologie du consommateur, la PES est devenue un prédicteur incontournable des comportements vindicatifs des clients. Elle explique l’agressivité envers le personnel de service, la formulation de plaintes opportunistes, l’intolérance disproportionnée face aux pannes ou retards mineurs, la revendication d’un statut VIP indu et l’attrait compulsif pour les biens de luxe comme marqueurs de supériorité statutaire.

5. Construit psychologique

Le droit psychologique (psychological entitlement) est défini comme une prédisposition cognitive, motivationnelle et affective généralisée à s’attendre à des résultats favorables, à des dérogations normatives et à des privilèges exclusifs, sans considération du niveau de compétence, d’effort ou de réciprocité morale. Ce construit est intrinsèquement relationnel et comparatif : l’individu ne désire pas seulement réussir dans l’absolu ; il exige de recevoir plus que ce qui est accordé à autrui, estimant que sa simple existence confère une valeur intrinsèque supérieure qui transcende les règles communes.

Bien que la PES soit validée comme un construit unidimensionnel global, la littérature théorique et clinique identifie trois composantes articulées qui sous-tendent cette attitude psychologique :

1. L’exigence de traitement préférentiel (Demanding Special Treatment)

Cette dimension renvoie à l’attente active que les protocoles habituels, les files d’attente, les délais administratifs ou les sanctions ne s’appliquent pas à soi. L’individu estime que son statut implicite requiert des aménagements sur mesure. Par exemple, dans un cadre académique ou professionnel, une personne présentant ce trait considérera qu’une remise tardive de travail ne doit faire l’objet d’aucune pénalité, ou qu’un supérieur hiérarchique doit interrompre ses réunions pour répondre immédiatement à ses sollicitations personnelles.

2. La croyance en un mérite supérieur intrinsèque (Belief in Deserving More)

Contrairement au mérite fondé sur l’équité distributive — où les récompenses sont proportionnelles aux contributions (selon la théorie de l’équité d’Adams) —, le droit psychologique repose sur une logique d’attribution égocentrique déconnectée de la performance réelle. L’individu croit profondément qu’il a vocation à recevoir les meilleurs postes, les rémunérations les plus élevées et les éloges les plus chaleureux simplement « parce qu’il le vaut bien » (tel qu’illustré par l’item emblématique 4 de l’échelle).

3. L’insensibilité normative et l’asymétrie de réciprocité

Cette composante implique une minoration systématique des droits d’autrui. Les personnes ayant un fort sentiment de droit perçoivent le partage égalitaire des ressources comme une privation intolérable ou une injustice dirigée contre elles. Lorsqu’elles sont confrontées à des dilemmes sociaux ou à des biens communs (tragedy of the commons), elles s’approprient une part disproportionnée des ressources disponibles, estimant que leur bien-être prime sur l’équilibre du groupe.

Il importe de distinguer rigoureusement le droit psychologique d’autres construits voisins :

  • Droit psychologique vs Estime de soi saine : L’estime de soi repose sur un sentiment intime d’auto-efficacité et de dignité partagée avec le reste de l’humanité (« Je suis quelqu’un de valable au même titre que mes pairs »). Le droit psychologique repose sur une comparaison hiérarchique descendante (« Je vaux plus que les autres et ils me doivent déférence »).
  • Droit psychologique vs Narcissisme grandiose : Si le droit psychologique constitue l’un des piliers cardinaux du narcissisme, ce dernier incorpore des éléments d’exhibitionnisme, de besoin viscéral d’admiration, de fantasmes de pouvoir illimité et de charme superficiel qui ne sont pas nécessairement requis pour présenter un droit psychologique élevé. Un individu peut être silencieusement exigeant, aigri et revendicateur sans déployer de conduite séductrice ou grandiose.

6. Cadre théorique

La conceptualisation psychologique du sentiment de droit prend ses racines dans plusieurs courants majeurs de la psychodynamique, de la psychologie sociale cognitive et des sciences de l’évolution.

L’héritage psychanalytique et le concept d’« Exception »

Dès 1916, Sigmund Freud introduit dans son texte Quelques types de caractères dégagés par le travail psychanalytique la figure clinique des « Exceptions » (Die Ausnahmen). Freud y décrit des patients refusant de se soumettre aux renoncements et aux disciplines exigés par la vie en société, au motif qu’ils auraient déjà subi une injustice infantile précoce ou un préjudice biologique. Selon cette perspective, le sujet s’octroie un blanc-seing perpétuel pour exiger des réparations du monde extérieur sans jamais s’acquitter d’une dette en retour.

Plus tard, les théoriciens de la psychologie du soi, notamment Heinz Kohut (1971), ont postulé que le sentiment de droit archaïque découle d’un arrêt de développement au stade du « soi grandiose ». Lorsque l’environnement parental échoue à fournir des expériences d’admiration miroitante adéquates et des désillusions graduelles optimales, l’enfant maintient des revendications omnipotentes destinées à masquer une vulnérabilité narcissique sous-jacente.

La perspective sociocognitive et les attributions asymétriques

Campbell et ses collègues (2004) ont arrimé la PES aux paradigmes modernes de la cognition sociale. Selon ce cadre, le droit psychologique opère comme un schéma cognitif interprétatif permanent. L’individu encode les événements quotidiens à travers un prisme d’auto-élévation : tout résultat positif est attribué à sa valeur naturelle intrinsèque, tandis que tout revers, rejet ou résultat neutre est perçu comme une agression ou une violation de ses prérogatives.

Ce schéma génère ce que les chercheurs nomment un « cercle vicieux de l’insatisfaction » : parce que les attentes de la personne ayant un fort droit psychologique sont irréalistes et perpétuellement supérieures à ce que l’environnement peut offrir, celle-ci vit dans un état quasi-chronique d’indignation et de frustration (Exline et al., 2004). Cette frustration alimente à son tour une agressivité revancharde dirigée contre autrui, renforçant la croyance que le monde social est défaillant ou hostile.

La théorie des jeux et de l’équité distributive

Sous l’angle de la psychologie sociale expérimentale, la théorie de l’interdépendance (Kelley & Thibaut, 1978) permet d’analyser la PES sous l’angle du dilemme social. Dans les situations de négociation ou de partage de ressources limitées, les sujets à fort droit psychologique adoptent des stratégies prédatrices non coopératives : ils maximisent systématiquement leurs gains personnels immédiats au détriment de l’équité collective, anticipant que les coûts du déséquilibre social devront être supportés par les autres participants.

7. Validité

L’article séminal de Campbell et al. (2004), articulé autour de neuf études empiriques distinctes, ainsi que de nombreux travaux de réplication ultérieurs, ont démontré la remarquable validité de la PES sous toutes ses facettes métrologiques.

Validité convergente

La validité convergente de la PES est attestée par des corrélations statistiquement significatives et théoriquement attendues avec des construits psychologiques associés :

  • Narcissisme : La PES présente une corrélation positive substantielle avec le NPI global (coefficients r variant de 0,35 à 0,46, p < 0,001) et plus particulièrement avec la facette « Entitlement/Exploitativeness » (r > 0,50).
  • Machiavélisme et Triade Noire : Des associations positives modérées à fortes sont relevées avec l’échelle de Machiavélisme (Mach-IV) et les traits de psychopathie subclinique, traduisant une disposition commune à instrumentaliser autrui sans scrupule éthique.
  • Dominance sociale : La PES corrèle positivement avec l’orientation vers la dominance sociale (SDO), indiquant une adhésion aux hiérarchies intergroupes asymétriques lorsque l’individu se situe au sommet de la hiérarchie.

Validité discriminante

Pour prouver que la PES ne constitue pas un simple doublon d’instruments préexistants, Campbell et ses collaborateurs ont examiné sa divergence avec plusieurs dimensions :

  • Estime de soi : La corrélation entre la PES et l’échelle d’estime de soi de Rosenberg est faible voire non significative (les coefficients oscillent typiquement entre r = 0,02 et r = 0,15, souvent non significatifs après contrôle du narcissisme). Cela démontre empiriquement qu’un individu peut posséder une estime de soi médiocre tout en exigeant avec véhémence des privilèges de la part d’autrui.
  • Agrément (Modèle des Big Five) : La PES affiche une corrélation négative robuste avec la dimension d’Agréabilité du NEO-PI (r variant de -0,25 à -0,40), prouvant qu’il ne s’agit pas d’une sociabilité extravertie mais bien d’un trait frictionnel caractérisé par l’antagonisme et le manque d’empathie.

Validité prédictive et écologique

La validité prédictive a été établie dans une multitude de protocoles comportementaux en laboratoire et d’observations en milieu naturel :

  • Dilemmes de ressources communes (Tragedy of the Commons) : Dans des simulations écologiques informatisées (ex. gestion de parcelles forestières), les participants affichant des scores élevés à la PES ont exploité de façon prédatrice les arbres mis à disposition, conduisant à la destruction rapide de l’écosystème partagé au profit de leur capital personnel immédiat.
  • Agressivité en réponse à un feed-back négatif : Campbell et al. (2004, Étude 6) ont montré que face à une évaluation négative de leurs travaux, les participants avec un niveau élevé de droit psychologique agressaient physiquement leur évaluateur fictif en lui administrant des décharges sonores nettement plus longues et intenses dans une tâche d’agression compétitive.
  • Attentes académiques : Dans le cadre universitaire (Chowning & Campbell, 2009), la PES prédit le harcèlement professoral pour obtenir des augmentations de notes non justifiées, l’exigence de dates limites prolongées sans motif valable et la tricherie académique.

8. Fidélité

Les caractéristiques de fidélité de la PES ont été rigoureusement documentées dans des échantillons variés, comprenant des cohortes d’étudiants de premier cycle universitaire, des panels communautaires d’adultes et des échantillons de cadres en entreprise.

Cohérence interne

Malgré sa concision (9 items seulement), la PES démontre un niveau élevé d’homogénéité interne :

  • Dans la série initiale de 9 études de Campbell et al. (2004), le coefficient alpha de Cronbach (α) variait de 0,85 à 0,89, reflétant une cohérence interne remarquable pour une échelle de moins de 10 items.
  • Des études transculturelles indépendantes (notamment en versions française, espagnole, polonaise, turque et chinoise) ont constamment reproduit des indices de consistance interne élevés, se situant presque systématiquement dans l’intervalle α = [0,82 ; 0,88].
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent généralement de 0,52 à 0,74, aucun item ne dégradant la fiabilité globale en cas de suppression, à l’exception de l’item inversé (item 5) qui présente parfois des corrélations légèrement plus faibles (autour de 0,40) tout en restant dans les seuils acceptables.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest confirme que le sentiment de droit mesuré par la PES possède bien les attributs d’un trait de personnalité structurellement stable au fil du temps :

  • Sur un intervalle temporel de deux mois, Campbell et al. (2004) ont rapporté un coefficient de corrélation test-retest de r = 0,72 (p < 0,001).
  • Des études longitudinales plus étendues (par exemple, sur une année académique complète) ont corroboré cette relative constance, avec des coefficients de corrélation intraclasse se maintenant au-dessus de 0,65, indiquant que si des fluctuations situationnelles sont possibles, le positionnement interindividuel relatif demeure solidement ancré.

9. Analyse factorielle

Le développement de la PES a reposé sur une exploration factorielle rigoureuse visant à garantir la pureté unifactorielle du test et à écarter les items polysémiques ou redondants.

Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

Dans l’étape de construction initiale, un pool élargi d’items candidats générés par les auteurs a été soumis à des analyses factorielles en composantes principales et en axes principaux avec rotation oblique. Les critères de sélection stricts imposaient l’extraction de facteurs ayant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0 (critère de Kaiser) et l’examen du diagramme d’éboulis (scree plot de Cattell) :

  • L’analyse a invariablement isolé un facteur dominant unique expliquant une part substantielle de la variance totale (dépassant fréquemment 45 % à 52 % de la variance brute selon les échantillons d’étalonnage).
  • Tous les 9 items retenus présentaient des saturations factorielles (factor loadings) primaires élevées, oscillant entre 0,55 et 0,82 sur le facteur général. L’item 1 (« I honestly feel I’m more deserving than others ») et l’item 9 (« I feel entitled to more of everything ») présentaient régulièrement les saturations les plus fortes (> 0,75), attestant de leur rôle de piliers sémiques du construit.

Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

Des analyses factorielles confirmatoires ont été menées pour tester formellement l’ajustement du modèle unidimensionnel aux données empiriques. Les indices d’adéquation rapportés dans la littérature sont conformes aux recommandations psychométriques actuelles (Hu & Bentler, 1999) :

  • Chi-deux normé : χ²/ddl < 3,0.
  • CFI (Comparative Fit Index) : Valeurs régulièrement comprises entre 0,94 et 0,98.
  • TLI (Tucker-Lewis Index) : Supérieur ou égal à 0,93.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : Compris entre 0,042 et 0,068 (avec un intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,08).
  • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : Inférieur à 0,05.

Des tests d’invariance de mesure ont également été conduits pour vérifier la comparabilité des scores selon le sexe et l’âge. Ces analyses confirment l’invariance métrique et scalaire entre les hommes et les femmes : bien que les hommes affichent tendanciellement des moyennes brutes légèrement supérieures aux femmes sur la PES (différence de genre modeste avec un d de Cohen autour de 0,20 à 0,25), la structure psychométrique de l’outil et les poids factoriels des items restent rigoureusement identiques entre les deux groupes.

10. Instrument de mesure

L’instrument se présente sous une forme standardisée et rapide à administrer :

  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation de la personnalité (self-report inventory).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée (en ligne / laboratoire).
  • Nombre d’items : 9 énoncés synthétiques formulés à la première personne du singulier.
  • Échelle de réponse : Échelle de type Likert ordinale en 7 points graduée comme suit :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
    • 2 = Pas d’accord (Disagree)
    • 3 = Légèrement pas d’accord (Slightly disagree)
    • 4 = Neutre / Ni d’accord ni pas d’accord (Neither agree nor disagree)
    • 5 = Légèrement d’accord (Slightly agree)
    • 6 = D’accord (Agree)
    • 7 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
  • Cotation et calcul du score :
    • Inversion de score : L’item 5 est inversé avant tout traitement statistique : Score_Item5 = 8 - Réponse_Brute (ainsi, 1 devient 7, 2 devient 6, etc.).
    • Score total : Deux modalités de restitution sont utilisées dans la littérature : la somme brute des 9 items (score potentiel s’étalant de 9 à 63) ou la moyenne arithmétique globale (score s’étalant de 1,00 à 7,00). L’utilisation de la moyenne est préconisée par Campbell et ses collaborateurs pour faciliter l’interprétation par rapport aux ancrages de l’échelle Likert.
    • Interprétation : Plus le score moyen s’approche de 7, plus le sentiment de droit psychologique est prononcé, reflétant des attentes disproportionnées et une faible propension à la négociation altruiste.
  • Temps de passation : Environ 2 à 3 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication : 2004.
  • Droits d’auteur et permissions : Les droits d’auteur originaux appartiennent aux auteurs de l’article scientifique et à l’éditeur commercial de la revue (American Psychological Association / Blackwell Publishing / John Wiley & Sons). Cependant, la communauté scientifique bénéficie d’un usage gratuit de l’échelle à des fins exclusives de recherche académique, d’enseignement universitaire et de travaux non commerciaux, sous réserve d’une citation bibliographique formelle de l’article princeps de Campbell et al. (2004).
  • Tarification : L’utilisation dans le cadre de la recherche publique universitaire est gratuite (libre d’accès sous réserve de conformité aux usages éthiques). Les applications commerciales (ex. recrutement en entreprise, cabinets de conseil en management, bilans d’embauche payants) nécessitent une autorisation écrite formelle auprès des titulaires des droits ou de l’éditeur de la revue.

12. Références

Campbell, W. K., Bonacci, A. M., Shelton, J., Exline, J. J., & Bushman, B. J. (2004). Psychological entitlement: Interpersonal consequences and validation of a self-report measure. Journal of Personality, 72(1), 29–46. https://doi.org/10.1111/j.0022-3506.2004.00256.x

Chowning, K., & Campbell, W. K. (2009). Development and validation of a measure of academic entitlement: The Academic Entitlement Questionnaire (AEQ). Journal of Psychoeducational Assessment, 27(6), 498–507. https://doi.org/10.1177/0734282909333771

Exline, J. J., Baumeister, R. F., Bushman, B. J., Campbell, W. K., & Finkel, E. J. (2004). Too proud to let go: Narcissistic entitlement as a barrier to forgiveness. Journal of Personality and Social Psychology, 87(6), 894–912. https://doi.org/10.1037/0022-3514.87.6.894

Freud, S. (1916). Some character-types met with in psycho-analytic work. The Standard Edition of the Complete Psychological Works of Sigmund Freud, 14, 309–333.

Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118

Kohut, H. (1971). The Analysis of the Self: A Systematic Approach to the Psychoanalytic Treatment of Narcissistic Personality Disorders. International Universities Press.

Raskin, R., & Terry, H. (1988). A principal-components analysis of the Narcissistic Personality Inventory and further evidence of its construct validity. Journal of Personality and Social Psychology, 54(5), 890–902. https://doi.org/10.1037/0022-3514.54.5.890

13. Questions et items du questionnaire

Voici les énoncés officiels de l’instrument tels qu’administrés aux participants. Veuillez répondre à chaque énoncé en indiquant à quel point vous êtes en accord ou en désaccord avec l’affirmation, en utilisant l’échelle de réponse ci-dessous allant de 1 à 7.

Response Scale (Échelle de réponse) :

  • 1 = Strongly disagree (Pas du tout d’accord)
  • 2 = Disagree (Pas d’accord)
  • 3 = Slightly disagree (Légèrement pas d’accord)
  • 4 = Neither agree nor disagree (Neutre / Ni d’accord ni pas d’accord)
  • 5 = Slightly agree (Légèrement d’accord)
  • 6 = Agree (D’accord)
  • 7 = Strongly agree (Tout à fait d’accord)
  1. I honestly feel I’m more deserving than others.
    (Français : Je pense sincèrement que je mérite plus que les autres.)
  2. Great things should come to me.
    (Français : De grandes choses devraient m’arriver.)
  3. If I were on the Titanic, I would deserve to be on the first lifeboat!
    (Français : Si j’étais sur le Titanic, je mériterais d’être dans le premier canot de sauvetage !)
  4. I demand the best because I’m worth it.
    (Français : J’exige ce qu’il y a de meilleur parce que je le vaux bien.)
  5. I do not necessarily deserve special treatment. [Reverse-scored item / Item inversé]
    (Français : Je ne mérite pas nécessairement un traitement de faveur.) [Item inversé]
  6. I deserve more things in life.
    (Français : Je mérite d’obtenir plus de choses dans la vie.)
  7. People like me deserve an extra break now and then.
    (Français : Les personnes comme moi méritent un traitement de faveur de temps à autre.)
  8. Things should go my way.
    (Français : Les choses devraient se dérouler comme je l’entends.)
  9. I feel entitled to more of everything.
    (Français : J’ai le sentiment d’avoir droit à plus de tout.)
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Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle de droit psychologique (PES). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-droit-psychologique-pes/
Looti, Mohammed. “Échelle de droit psychologique (PES).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-droit-psychologique-pes/.
Looti, Mohammed. “Échelle de droit psychologique (PES).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-droit-psychologique-pes/.