Échelle de dévotion au divin

Découvrez l’Échelle de dévotion au divin (Devotion to Divine Scale – DDS) : cadre théorique, fidélité psychométrique, validité, analyse factorielle et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’Échelle de dévotion au divin (en anglais, Devotion to Divine Scale ou DDS), initialement élaborée à partir des travaux préliminaires de Basil Fiorito et Kevin Ryan (1998) puis affinée et validée dans le cadre des recherches sur la psychologie de la religion par Ara Norenzayan et Ian G. Hansen (2006), constitue un instrument psychométrique conçu pour mesurer l’attachement affectif, l’orientation cognitive et la soumission expérientielle d’un individu à l’égard d’une entité transcendante ou divine. Contrairement à de nombreuses échelles confessionnelles restreintes à une terminologie judéo-chrétienne stricte, la DDS emploie délibérément le concept générique de « Divin » (the Divine), permettant son administration transculturelle et transreligieuse aussi bien chez des populations chrétiennes que bouddhistes, musulmanes ou spiritualistes non affiliées.

L’instrument comporte 16 items auto-rapportés, équilibrant des formulations positives et des formulations inversées afin de limiter les biais d’acquiescement. Les participants évaluent leur niveau d’accord sur une échelle de type Likert allant généralement de 1 (« Pas du tout d’accord » ou « Très fortement en désaccord ») à 7 (« Tout à fait d’accord » ou « Très fortement d’accord »). Les dimensions explorées recouvrent la recherche active de la présence divine au quotidien, l’émerveillement et la vénération de la grandeur sacrée, le sentiment d’intimité ou de communion mystique, l’alignement moral et comportemental sur les lois divines supposées, ainsi que l’abandon confiant à la volonté transcendante.

Sur le plan des propriétés psychométriques, la DDS démontre une cohérence interne exceptionnellement robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant typiquement entre 0,89 et 0,94 selon les échantillons étudiés. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires appuient l’existence d’un facteur général prépondérant de dévotion religieuse intrinsèque et expérientielle, tout en révélant une organisation sous-jacente en composantes affective-relationnelle (communion, émerveillement, intimité) et normative-téléologique (recherche de guidance, conformité aux lois et principes divins). L’échelle se distingue par une remarquable validité discriminante, dissociant nettement la dévotion intrapersonnelle et mystique de la participation communautaire rituelle, de la fréquentation des lieux de culte et de l’intolérance intergroupe.

2. Mots-clés

dévotion religieuse, psychologie de la religion, transcendance, expérience mystique, relation au divin, religiosité intrinsèque, évaluation psychométrique, croyance religieuse, spiritualité, fidélité de l’échelle, validité factorielle, recherche de guidance, théisme.

3. Auteurs

L’instrumentation et la théorisation de l’Échelle de dévotion au divin trouvent leur genèse dans les travaux conjoints de plusieurs chercheurs éminents en psychologie sociale, cognitive et de la personnalité :

  • Ian G. Hansen, Ph.D. : Professeur agrégé de psychologie au Department of Behavioral Sciences du York College de la City University of New York (CUNY), États-Unis. Ses recherches se focalisent sur la psychologie politique, l’extrémisme idéologique, la moralité humaine, la justice réparatrice et les manifestations socio-cognitives de la religion comparée. (Courriel institutionnel : [email protected]).
  • Ara Norenzayan, Ph.D. : Professeur titulaire de psychologie à l’University of British Columbia (UBC), Vancouver, Canada, et codirecteur du Centre for Human Evolution, Cognition, and Culture (HECC). Pionnier mondial de l’étude cognitive et évolutionniste des croyances religieuses, il est notamment l’auteur de l’ouvrage de référence Big Gods: How Religion Transformed Cooperation and Conflict (Princeton University Press). Ses travaux articulent la psychologie culturelle, les sciences cognitives et l’évolution socioculturelle. (Courriel institutionnel : [email protected]).
  • Basil Fiorito & Kevin Ryan : Chercheurs en psychologie ayant initié en 1998, lors des réunions annuelles de l’American Psychological Association (APA), le développement empirique préliminaire de questionnaires multidimensionnels mesurant la spiritualité et la religiosité expérientielle (Religiousness and Spirituality Questionnaires), dont les items de dévotion ont servi de matrice structurelle aux adaptations ultérieures menées à l’UBC.

4. Objectif

L’Échelle de dévotion au divin a été conçue pour répondre à une lacune théorique et méthodologique majeure au sein de la psychologie de la religion : la confusion fréquente entre l’adhésion doctrinale littérale, la participation sociologique à des groupes religieux et le vécu psycho-affectif d’attachement à l’absolu. L’objectif fondamental de cet outil est de capturer avec précision la nature et l’intensité de la relation subjective que l’individu entretient avec le Divin, indépendamment des dogmes théologiques particuliers ou des affiliations confessionnelles exclusives.

Dans les contextes de recherche fondamentale en psychologie sociale et en sciences cognitives, la DDS permet de dissocier empiriquement les composantes bénéfiques de la foi (telles que le bien-être subjectif, la résilience existentielle et le sens de la vie) de ses manifestations conflictuelles (telles que le fondamentalisme, l’ethnocentrisme religieux, la bigoterie ou l’intolérance envers les hors-groupes). Par exemple, les travaux fondamentaux de Hansen et Norenzayan ont démontré que la dévotion intrapersonnelle sincère n’induit pas, en soi, d’hostilité interconfessionnelle, contrairement à la participation communautaire exclusiviste qui peut renforcer les frontières « nous contre eux » et l’intolérance religieuse. Mesurer spécifiquement la dévotion au Divin permet ainsi de sonder le noyau mystique, contemplatif et moral de l’expérience religieuse.

Sur le plan clinique, de la psychothérapie d’inspiration existentielle et de la psychologie de la santé, la DDS offre aux praticiens un moyen systématique et standardisé d’évaluer le système de ressources spirituelles du patient. Un score élevé sur cette échelle indique fréquemment un style d’attachement sécurisant à une figure divine perçue comme bienveillante, protectrice et source de signification, ce qui corrèle positivement avec des stratégies de coping actif face aux maladies chroniques, aux traumatismes ou au deuil. À l’inverse, l’analyse détaillée des items de désengagement ou de rejet de la volonté divine (items inversés) peut révéler des formes de détresse spirituelle, de crise existentielle aiguë ou de luttes religieuses internes (spiritual struggles), associées à un risque accru d’anxiété et de dépression.

Enfin, en psychologie transculturelle et comparée, la formulation neutre de l’échelle (« le Divin » plutôt que « Dieu », « Yahvé », « Allah » ou « Christ ») autorise son déploiement auprès d’échantillons théistes traditionnels, mais également auprès de bouddhistes d’orientations diverses, d’hindous, ou de personnes se définissant comme « spirituelles mais non religieuses » (SBNR). L’instrument fournit ainsi une métrique universelle pour étudier les invariants psychologiques de la transcendance et de la soumission volontaire à un principe supérieur ordonnateur du cosmos.

5. Construit psychologique

Le construit mesuré par l’Échelle de dévotion au divin est la dévotion théiste-expérientielle, définie comme l’ensemble des dispositions affectives, cognitives et motivationnelles traduisant un engagement intime, un respect sacré et une dépendance consciente envers une réalité transcendante ultime. Bien que la DDS soit fréquemment employée comme un instrument unidimensionnel synthétisant le niveau global de piété intrapersonnelle, son contenu conceptuel intègre de manière cohérente quatre facettes phénoménologiques interconnectées :

5.1. La conscience de la présence divine et la communion mystique

Cette composante renvoie à l’expérience directe, sensible et continue de la proximité de l’entité sacrée dans la trame de la vie quotidienne et lors des états de recueillement. L’individu ne conçoit pas le Divin comme une abstraction philosophique désincarnée ou un créateur distant, mais comme une présence vivante qui imprègne ses actions journalières. L’item 1 (« An important part of my religious practice is to feel the presence of the Divine in everything I do ») et l’item 3 (« An important aspect of my prayer experience is to feel a deep sense of connectedness with the Divine ») incarnent cette dimension de connectivité profonde. À l’inverse, l’item 7 (« I never try to achieve the feeling of oneness with the Divine ») sonde le refus ou l’incapacité d’aspirer à cette unité mystique, caractéristique de l’expérience extatique décrite par des auteurs comme William James.

5.2. L’émerveillement sacré, la majesté et la confiance absolue

Cette dimension puise directement dans le concept de l’« effroi sacré » et du « sentiment océanique ». Elle mesure le respect révérencieux, la fascination et la vénération suscités par la puissance et la perfection du Divin. L’item 6 souligne la valorisation de la « majesté » et du pouvoir divin, tandis que l’item 2 (inversé) explore l’absence totale d’intérêt pour le sentiment d’émerveillement (awe) face à la grandeur transcendante. Étroitement liée à cette fascination sacrée, la confiance inébranlable (item 4 : « Fundamental to my religious experience is an absolute trust in the Divine ») témoigne d’un abandon psychologique total et d’une sécurité ontologique face aux aléas de l’existence.

5.3. L’intimité relationnelle et la foi en la providence

Le construit de dévotion implique une tonalité relationnelle personnalisée. Le Divin est investi comme une figure d’attachement primordiale avec laquelle une communication intime et bidirectionnelle est activement recherchée. L’item 5 (inversé : « It is not important for me to feel an intimate personal relationship with the Divine ») jauge la centralité de ce lien affectif. Parallèlement, l’adhésion à la providence divine (item 8 inversé : « I do not have much faith in ‘Divine will’ ») reflète la conviction que l’univers n’est pas gouverné par le hasard aveugle mais ordonné par une intentionnalité bienveillante et souveraine, à laquelle le croyant choisit d’accorder sa loyauté.

5.4. L’alignement moral, la guidance et la conformité théologique

La dévotion ne se cantonne pas à des états émotionnels passagers ; elle s’exprime par une impulsion volitionnelle et intellectuelle constante d’ajustement de soi. Cette sous-dimension capture l’effort déployé par l’individu pour conformer ses choix éthiques, ses pensées et ses actes aux préceptes sacrés. L’item 9 évalue la quête herméneutique de vérités profondes dissimulées dans les écritures, l’item 11 examine la compréhension intellectuelle et spirituelle de la « loi divine », l’item 14 (inversé) mesure le désir d’auto-perfectionnement spirituel, tandis que les items 13 (inversé), 15 et 16 matérialisent la recherche active de conseils et de guidance céleste pour orienter la trajectoire existentielle.

6. Cadre théorique

L’assise conceptuelle de l’Échelle de dévotion au divin s’enracine au confluent de trois grands courants de la psychologie contemporaine : la psychologie phénoménologique et existentielle de la religion, la théorie de l’attachement appliquée aux représentations divines, et les théories socio-cognitives de la religiosité intrinsèque versus extrinsèque.

6.1. La tradition jamesienne et le numineux d’Otto

Dès 1902, William James, dans son œuvre séminale The Varieties of Religious Experience, a opéré une distinction fondamentale entre la « religion institutionnelle » (dogmes, hiérarchies cléricales, rituels formels) et la « religion personnelle », définie comme les sentiments, actes et expériences des individus solitaires dans la mesure où ils se perçoivent en relation avec tout ce qu’ils peuvent considérer comme le Divin. La DDS s’inscrit au cœur de cette vision jamesienne : elle neutralise délibérément l’adhésion institutionnelle au profit de la relation intérieure et de l’expérience vécue. De même, les concepts d’émerveillement et de majesté présents dans l’échelle résonnent avec la notion de Rudolf Otto concernant le numineux, ce mystère à la fois fascinant et redoutable (mysterium tremendum et fascinans) qui constitue l’essence du sacré.

6.2. La théorie de la religiosité intrinsèque d’Allport

Dans les modèles classiques de Gordon Allport et Michael Ross (1967), une dichotomie nette est établie entre l’orientation religieuse extrinsèque (où la religion est utilisée comme un moyen pour obtenir un statut social, un réseau de solidarité ou du réconfort narcissique) et l’orientation intrinsèque (où la religion est vécue comme une fin en soi, le principe organisateur suprême de l’existence). L’Échelle de dévotion au divin peut être conceptualisée comme une mesure d’épuration de la religiosité intrinsèque : elle évalue l’intériorisation sincère de la transcendance sans parasitage par des motivations instrumentales ou de conformité sociale. Les items portant sur la régulation de ses pensées selon des principes divins (item 10) et la focalisation cognitive continue au fil de la journée (item 12) incarnent le modèle allportien du « vivre » sa religion plutôt que de « s’en servir ».

6.3. La théorie de l’attachement à Dieu

Développée initialement par Lee A. Kirkpatrick (1998) et Pehr Granqvist, l’application de la théorie de l’attachement (John Bowlby) à la religion postule que Dieu ou le Divin opère sur le plan psychologique comme une figure d’attachement idéale : une source de proximité recherchée, un havre de paix face aux menaces existentielles, et une base de sécurité permettant d’explorer le monde. Les items de la DDS qui mesurent l’intimité, la connectivité et la confiance absolue sont le reflet direct des schémas d’attachement sécurisant projetés sur la sphère divine.

7. Validité

Les études empiriques conduites notamment par Hansen et Norenzayan (2006) sur des cohortes diversifiées d’étudiants nord-américains, de chrétiens pratiquants et de bouddhistes ont apporté des preuves solides quant aux diverses formes de validité de construit de l’instrument.

7.1. Validité convergente

La DDS corrèle de manière hautement significative et positive avec les instruments validés mesurant des dimensions analogues :

  • Échelle d’orientation religieuse intrinsèque d’Allport-Ross (Intrinsic Religious Orientation Scale) : corrélations typiquement comprises entre $r = 0,72$ et $r = 0,84$, confirmant que la dévotion capture l’essence même de l’engagement intérieur.
  • Échelle de bien-être spirituel (Spiritual Well-Being Scale de Paloutzian & Ellison), et plus particulièrement la sous-échelle de bien-être religieux ($r \approx 0,65$ à $0,78$).
  • Fréquence de la prière privée ou de la méditation contemplative ($r = 0,55$ à $0,68$), attestant que le sentiment intérieur de dévotion se traduit concrètement par des conduites spirituelles individuelles régulières.

7.2. Validité discriminante et différentielle

L’un des apports majeurs de la DDS dans la littérature scientifique réside dans son indépendance remarquable vis-à-vis d’autres construits idéologiques et comportementaux :

  • Fréquentation religieuse communautaire : Les corrélations entre la DDS et la participation rituelle collective (assister aux services religieux hebdomadaires) sont modérées ($r \approx 0,30$ à $0,45$), prouvant que la dévotion intérieure ne se réduit nullement à l’assiduité sociologique.
  • Intolérance et agressivité intergroupe : Dans les travaux de Hansen et Norenzayan (2006), la dévotion au divin a montré une absence de corrélation, voire une corrélation légèrement négative, avec l’acceptation de la violence étatique ou l’intolérance envers d’autres groupes confessionnels, alors que la participation aux rituels collectifs prédisait significativement un soutien accru aux attentats-suicides ou aux mesures punitives intergroupes. Cela confirme la capacité de l’échelle à isoler une religiosité pacifiée et universaliste.
  • Désirabilité sociale : Les associations avec des échelles telles que la Marlowe-Crowne Social Desirability Scale demeurent faibles ($r < 0,20$), indiquant que les scores ne sont pas de simples artefacts de présentation de soi favorable.

7.3. Validité prédictive

Dans des contextes expérimentaux et corrélationnels, les scores à la DDS prédisent de manière robuste l’engagement éthique perçu, la capacité de pardon interpersonnel, le sentiment d’avoir un but dans la vie (purpose in life), et un niveau significativement plus faible de détresse psychologique lors d’épreuves de vie stressantes, à condition que le sujet ne présente pas de sentiment de rupture avec le Divin.

8. Fidélité

Les propriétés de fidélité et de précision métrique de l’Échelle de dévotion au divin ont été corroborées à travers plusieurs vagues d’échantillonnage empirique.

8.1. Cohérence interne

La cohérence interne globale de l’échelle de 16 items est exceptionnellement élevée :

  • Dans les études originelles d’adaptation par Hansen et Norenzayan (2006), l’alpha de Cronbach ($lpha$) s’établissait à 0,93 au sein de l’échantillon principal composé d’étudiants d’origines culturelles et religieuses variées à Vancouver.
  • Auprès d’un sous-échantillon spécifiquement chrétien, l’alpha atteignait 0,94.
  • Dans un échantillon de pratiquants bouddhistes, l’alpha s’est maintenu à un niveau très élevé de 0,89, confirmant la stabilité métrique de la notion de « Divin » au-delà des cadres purement abrahamiques.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent de 0,48 à 0,78, aucun item n’affaiblissant le coefficient global en cas de suppression. Les items inversés (items 2, 5, 7, 8, 10, 12, 13, 14), bien que nécessitant un recodage scrupuleux, présentent des corrélations fortes avec le score composite après inversion.

8.2. Stabilité temporelle (test-retest)

Bien que la DDS ait été conçue pour capturer une disposition relativement stable (un trait psychologique de dévotion plutôt qu’un état émotionnel transitoire), des évaluations longitudinales à court et moyen termes (sur des intervalles de 4 à 8 semaines) ont révélé des coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et de fidélité test-retest supérieurs à $r = 0,82$, démontrant que la dévotion spirituelle mesurée par cet outil possède une remarquable stabilité temporelle en l’absence de crise existentielle majeure.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’Échelle de dévotion au divin a fait l’objet d’examens psychométriques au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).

9.1. Analyses factorielles exploratoires (AFE)

L’analyse en composantes principales (ACP) et l’extraction par factorisation en axes principaux avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) font systématiquement émerger un premier facteur dominant qui explique à lui seul plus de 48 % à 55 % de la variance totale. Les critères de Kaiser-Guttman (valeur propre supérieure à 1) et le test d’éboulis de Cattell soutiennent l’hypothèse d’une dimensionnalité globale robuste, justifiant l’utilisation d’un score moyen ou sommatif composite pour l’ensemble des 16 items.

Néanmoins, lorsque des solutions factorielles multidimensionnelles sont extraites sans contrainte, deux sous-facteurs hautement corrélés ($r \approx 0,65$) se dégagent de manière cohérente :

  1. Facteur 1 : Intimité affective et Présence mystique (Items 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7). Ce facteur regroupe les énoncés relatifs au ressenti émotionnel direct, au sentiment d’union, d’émerveillement et de confiance absolue en la grandeur du Divin. Les saturations factorielles sur cette composante s’étendent de 0,62 à 0,85.
  2. Facteur 2 : Alignement éthique, Guidance et Soumission normative (Items 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16). Ce facteur agrège les items axés sur la régulation de l’action, l’étude des lois et textes sacrés, l’auto-perfectionnement et la dépendance à la guidance divine dans la vie quotidienne. Les saturations s’étagent de 0,55 à 0,79.

9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les modélisations par équations structurelles testant un modèle hiérarchique (un facteur de second ordre « Dévotion globale » chapeautant les deux sous-dimensions de premier ordre « Intimité » et « Guidance ») ont révélé une excellente adéquation aux données empiriques :

  • Indice de fixation comparative (CFI) $ge 0,94$
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) $ge 0,93$
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) $le 0,058$ (intervalle de confiance à 90 % : [0,045 ; 0,070])
  • Résidu standardisé quadratique moyen (SRMR) $le 0,049$

Ces indices confirment que l’architecture métrique de l’échelle satisfait pleinement aux exigences méthodologiques modernes de validité structurelle.

10. Instrument de mesure

  • Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
  • Nombre total d’items : 16 items formulés sous la forme d’affirmations déclaratives.
  • Format des réponses : Échelle ordinale de type Likert (généralement en 7 points : 1 = « Pas du tout d’accord », 2 = « Modérément en désaccord », 3 = « Légèrement en désaccord », 4 = « Neutre / Indécis », 5 = « Légèrement d’accord », 6 = « Modérément d’accord », 7 = « Tout à fait d’accord » ; certaines versions de recherche utilisent une échelle en 5 points).
  • Temps d’administration : Environ 3 à 5 minutes.
  • Items inversés (Recodage obligatoire) : 8 items au total sont rédigés de façon négative pour contrecarrer les biais de complaisance ou d’acquiescement systématique. Il s’agit des items : 2, 5, 7, 8, 10, 12, 13 et 14. Pour ces items, le score attribué doit être inversé avant le calcul (par exemple sur une échelle en 7 points : $1 \rightarrow 7$, $2 \rightarrow 6$, $3 \rightarrow 5$, $4 \rightarrow 4$, $5 \rightarrow 3$, $6 \rightarrow 2$, $7 \rightarrow 1$).
  • Calcul du score : Le score global de dévotion correspond à la moyenne arithmétique (ou à la somme) des 16 items après recodage scrupuleux des 8 items inversés. Un score moyen élevé reflète une dévotion religieuse et spirituelle profonde, continue et hautement structurante dans l’existence de la personne. Des scores composites par sous-dimensions (Facteur Affectif-Mystique vs Facteur Normatif-Guidance) peuvent également être calculés pour des analyses cliniques ou différentielles plus fines.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de développement : Version préliminaire en 1998 (Fiorito & Ryan) ; formalisation, adaptation et validation scientifique majeure en 2006 par Ian G. Hansen et Ara Norenzayan au sein de l’Université de Colombie-Britannique (UBC).
  • Statut des droits d’auteur : L’Échelle de dévotion au divin est un instrument du domaine public académique, accessible sans frais pour la recherche scientifique non commerciale et l’enseignement supérieur.
  • Tarifs : Gratuit (aucun droit d’usage commercial ou licence payante n’est exigé pour un usage strictement scientifique ou académique).
  • Modalités d’utilisation et permissions : Les chercheurs et cliniciens sont autorisés à reproduire et administrer la DDS, sous réserve de citer explicitement la publication de référence de Hansen et Norenzayan (2006) ainsi que la présentation originelle de Fiorito et Ryan (1998). Toute adaptation commerciale ou intégration dans des progiciels psychologiques payants nécessite l’accord explicite préalable des auteurs.

12. Références

Allport, G. W., & Ross, J. M. (1967). Personal religious orientation and prejudice. Journal of Personality and Social Psychology, 5(4), 432–443. https://doi.org/10.1037/h0021212

Fiorito, B., & Ryan, K. (1998, August). Development and preliminary reliability of a new measure of religiosity: Religiousness and spirituality questionnaires [Poster presentation]. 106th Annual Convention of the American Psychological Association, San Francisco, CA, United States.

Granqvist, P., & Kirkpatrick, L. A. (2016). Attachment and religious representations: A cognitive and cultural approach. In J. Cassidy & P. R. Shaver (Eds.), Handbook of Attachment: Theory, Research, and Clinical Applications (3rd ed., pp. 917–940). Guilford Press.

Hansen, I. G., & Norenzayan, A. (2006). When how you believe matters more than what you believe: Religiosity and religious tolerance among Christians and Buddhists [Unpublished manuscript / Research Monograph, Department of Psychology]. University of British Columbia, Vancouver, Canada. http://www2.psych.ubc.ca/~anlab/pdf/HansenNorenzayanReligiousTolerance.pdf

James, W. (1902). The Varieties of Religious Experience: A Study in Human Nature. Longmans, Green, & Co. https://doi.org/10.1037/10004-000

Kirkpatrick, L. A. (1998). God as a substitute attachment figure: A longitudinal study of adult attachment style and religious change in college students. Personality and Social Psychology Bulletin, 24(9), 961–973. https://doi.org/10.1177/0146167298249004

Norenzayan, A. (2013). Big Gods: How Religion Transformed Cooperation and Conflict. Princeton University Press. https://doi.org/10.1515/9781400848324

Otto, R. (1923). The Idea of the Holy: An Inquiry into the Non-Rational Factor in the Idea of the Divine and its Relation to the Rational (J. W. Harvey, Trans.). Oxford University Press.

Paloutzian, R. F., & Park, C. L. (Eds.). (2014). Handbook of the Psychology of Religion and Spirituality (2nd ed.). Guilford Press.

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
  1. An important part of my religious practice is to feel the presence of the Divine in everything I do.
  2. I have no interest in feeling a sense of awe about ‘the truth and greatness of the Divine’.*
  3. An important aspect of my prayer experience is to feel a deep sense of connectedness with the Divine.
  4. Fundamental to my religious experience is an absolute trust in the Divine.
  5. It is not important for me to feel an intimate personal relationship with the Divine.*
  6. For me‚ an important part of religious practice is experiencing the power and majesty of the Divine.
  7. I never try to achieve the feeling of oneness with the Divine.*
  8. I do not have much faith in ‘Divine will’.*
  9. Part of my being religious involves a constant search for deeper truths behind the words of my sacred texts.
  10. I try to avoid centering my thoughts and will around Divine principles.*
  11. An essential aspect of my religious practice is to try to understand Divine law.
  12. I almost never think about the Divine during the day.*
  13. It is not very important for me to search for knowledge about what the Divine would have me do.*
  14. I rarely or never think about ways to improve myself to be more attuned to Divine law.*
  15. I ask religious questions in order to better understand my relationship to the Divine.
  16. My search for Divine guidance is an important religious activity.

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Looti, M. (2026, octobre 1). Échelle de dévotion au divin. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-devotion-au-divin/
Looti, Mohammed. “Échelle de dévotion au divin.” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-devotion-au-divin/.
Looti, Mohammed. “Échelle de dévotion au divin.” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-devotion-au-divin/.