Échelle de déviance des pairs

Découvrez l’Échelle de déviance des pairs (Peer Deviancy Scale) : analyse psychométrique complète, cadre théorique, fidélité, validité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de déviance des pairs (connue dans la littérature internationale sous l’appellation Peer Deviancy Scale [PDS] ou issue des instruments du type Things That My Friends Have Done) constitue un instrument psychométrique majeur conçu pour quantifier l’exposition, l’affiliation et la participation perçue des pairs d’un individu à un ensemble de comportements déviants, antisociaux et d’infractions aux normes scolaires et sociétales. Développée initialement à partir de travaux pionniers sur la délinquance juvénile à l’Université du Michigan durant les années 1970, puis affinée et standardisée dans le cadre d’études épidémiologiques et préventives d’envergure telles que le projet Fast Track (Conduct Problems Prevention Research Group, 1998) et l’étude multisite sur la prévention de la violence (Miller-Johnson et al., 2004), l’échelle permet une évaluation fine du microsystème relationnel des adolescents et des jeunes adultes.

L’instrument se compose classiquement de 17 items évaluant des transgressions graduées, allant de perturbations scolaires mineures (absentéisme non justifié, tricherie, mensonge à l’enseignant) et d’actes contre la propriété (vols dans les casiers, vols à l’étalage, effractions, vandalisme) jusqu’à des infractions hautement sévères incluant l’agression physique aggravée, l’usage ou le port d’armes blanches ou à feu, la participation à des rixes de gangs et la consommation de substances psychoactives (alcool et tabac). Les répondants estiment la proportion de leurs pairs les plus proches s’adonnant à ces conduites sur une échelle de Likert en 5 points variant de 0 (« None of them » / Aucun d’eux) à 4 (« All of them » / Tous). L’échelle existe sous forme d’auto-évaluation (auto-rapportée par l’adolescent) et d’hétéro-évaluation (remplie par les parents).

Sur le plan métrologique, l’échelle démontre une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre .84 et .88 au sein d’échantillons normatifs aléatoires, d’échantillons cliniques à haut risque d’extériorisation, et d’évaluations parentales. Sa validité de construit, confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, met en exergue une structure unidimensionnelle globale de second ordre chapeautant des sous-dimensions comportementales cohérentes. Elle possède une validité prédictive particulièrement élevée vis-à-vis de l’escalade des conduites délinquantes, du décrochage scolaire et de l’iatrogénie groupale.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle de déviance des pairs, délinquance juvénile, contagion par les pairs, troubles des conduites, Fast Track Project, psychométrie, comportements antisociaux, violence scolaire, usage de substances psychoactives, théorie de l’apprentissage social, affiliation aux pairs déviants, évaluation psychologique de l’adolescent.

3. Auteurs / Authors

L’opérationnalisation contemporaine de cette échelle repose sur les travaux collaboratifs de plusieurs consortiums de recherche de premier plan en psychologie du développement et en psychopathologie quantitative :

  • Conduct Problems Prevention Research Group (CPPRG) : Ce collectif rassemble des chercheurs pionniers en santé mentale de l’enfant et de l’adolescent, notamment John D. Coie (Duke University), Kenneth A. Dodge (Duke University), Mark T. Greenberg (Pennsylvania State University), Karen L. Bierman (Pennsylvania State University) et Robert J. McMahon (Simon Fraser University). Le CPPRG a adapté l’instrument sous la nomenclature « Things That My Friends Have Done » pour le projet longitudinal Fast Track (1998).
  • Shari Miller-Johnson, Ph.D. : Épidémiologiste et chercheuse en sciences comportementales affiliée à Duke University et aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC), co-conceptrice et évaluatrice principale des mesures du Multisite Violence Prevention Project.
  • Terri N. Sullivan, Ph.D. : Professeure de psychologie au Département de Psychologie de la Virginia Commonwealth University (Courriel institutionnel : [email protected]), experte reconnue dans l’évaluation de la violence juvénile et des mécanismes relationnels chez les adolescents scolarisés.
  • Thomas R. Simon, Ph.D. : Directeur scientifique associé au sein de la Division of Violence Prevention du National Center for Injury Prevention and Control aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Atlanta, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de déviance des pairs est de fournir une quantification valide, standardisée et sensible de l’immersion d’un adolescent dans un réseau d’amitiés caractérisé par la transgression des règles légales, scolaires et interpersonnelles. Dans les sciences criminologiques et la psychologie développementale, l’affiliation à des pairs déviants représente le prédicteur proximal le plus puissant et le plus robuste de l’apparition et de l’aggravation des comportements antisociaux au cours du passage de l’enfance à l’adolescence. Mesurer directement l’écosystème amical de l’individu répond à une nécessité impérative : comprendre les dynamiques de socialisation différentielle qui alimentent les trajectoires de délinquance persistante au cours de la vie (life-course persistent).

Sur le plan des applications cliniques et préventives, cet outil a été élaboré pour remédier aux lacunes des mesures exclusivement centrées sur les actes délinquants auto-rapportés de l’adolescent lui-même. En effet, de nombreux jeunes en phase initiale d’inadaptation hésitent à révéler leurs propres forfaits par crainte de répercussions juridiques ou disciplinaires. L’évaluation des actions commises par les pairs (« Combien de vos amis les plus proches ont… ») réduit la menace perçue et contourne partiellement les mécanismes de défense et le déni, offrant ainsi une fenêtre projective indirecte mais statistiquement fiable sur les comportements tolérés, valorisés ou activement partagés par le répondant au sein de sa sphère de socialisation immédiate.

En contexte scolaire et communautaire, l’instrument est mobilisé pour l’identification précoce des élèves à haut risque d’exclusion, de décrochage scolaire, de victimisation ou de perpétration d’actes violents. Les scores obtenus permettent de guider les interventions ciblées à l’échelle de l’école ou du quartier, telles que les programmes de gestion des compétences parentales (Parent Management Training), les interventions de médiation par les pairs, ou encore la thérapie multisystémique (Multisystemic Therapy). De surcroît, la PDS sert d’outil de contrôle incontournable pour surveiller le phénomène redouté de « contagion déviante » (peer deviancy training) lors de la mise en place de groupes thérapeutiques ou éducatifs homogènes, évitant ainsi d’exacerber involontairement les conduites délinquantes par agrégation de jeunes aux profils transgressifs.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par cette échelle est la déviance perçue des pairs (perceived peer deviancy). Ce construit multidimensionnel capture l’intensité et le spectre de non-conformité comportementale observés et rapportés au sein du cercle d’amis intimes d’un sujet. L’instrument appréhende cette réalité à travers quatre sous-dimensions interdépendantes qui s’articulent de manière cumulative :

A. Infractions contre les biens et prédation matérielle

Cette dimension regroupe des actes de vol et de destruction matérielle de gravité variable. Elle comprend le vol d’opportunité commis au sein du cercle proche (item 1 : soustraction d’objets de valeur dans le casier, le bureau, le sac ou le domicile d’autrui), le vol à l’étalage commercial (item 2 : prise d’articles en magasin sans payer), le vol de véhicules motorisés (item 3 : conduite d’une voiture ou d’un véhicule sans l’autorisation du propriétaire, pratique souvent associée au joyriding), les effractions qualifiées (item 4 : intrusion par effraction dans un bâtiment, une résidence ou un véhicule pour y dérober des biens) et les actes de vandalisme destructeur (item 5 : endommagement ou destruction volontaire de biens dans l’établissement scolaire, les commerces ou les résidences privées). Ces comportements traduisent un affaiblissement du respect de la propriété d’autrui et une défaillance de l’inhibition normative.

B. Agressions physiques interpersonnelles et criminalité armée

Ce pôle évalue la violence manifeste sous ses formes les plus destructrices. Il englobe les voies de fait graves (item 6 : violences physiques sévères infligées à autrui), la violence dans les relations amoureuses adolescentes (item 7 : frapper ou gifler violemment son petit-ami ou sa petite-amie), l’extorsion et le racket à main armée (item 9 : utilisation d’une arme ou de la force physique pour s’emparer de l’argent ou des biens d’autrui), l’agression armée directe (item 8 : recours à une arme ou à la force brute pour blesser volontairement une personne), le port d’armes en milieu scolaire (item 10 : introduction d’armes blanches ou d’armes à feu dans l’école) et l’engagement dans la délinquance organisée ou collective (item 13 : participation à des rixes de bandes ou de gangs). Ce niveau d’infraction reflète une adhésion à des normes sous-culturelles de violence et un risque létal élevé.

C. Consommation de substances psychoactives

Cette dimension cible l’initiation et l’usage de substances chimiques illicites ou réglementées chez les mineurs (item 11 : consommation de boissons alcoolisées ; item 12 : consommation de cigarettes et de tabac). Chez l’adolescent, l’usage de substances psychoactives est rarement une activité solitaire ; il s’inscrit au cœur des rituels d’intégration et d’affirmation du statut au sein des groupes déviants, agissant comme un catalyseur neurocomportemental favorisant la désinhibition et le passage à l’acte violent ou prédateur.

D. Inconduites et désengagement scolaire

Regroupée explicitement sous la catégorie Academic-related behaviors dans le protocole original (items 14 à 17), cette facette évalue la transgression des règles académiques et le rejet de l’autorité pédagogique. Elle comprend l’absentéisme chronique non justifié (item 14 : école buissonnière / skipping school), la fraude académique (item 15 : tricherie lors des examens ou sur les devoirs), la duplicité envers le corps professoral (item 16 : mensonges proférés aux enseignants pour dissimuler des fautes) et le comportement perturbateur récurrent en classe (item 17 : faire des histoires, provoquer du désordre et semer le trouble dans l’école). Ces conduites constituent souvent les manifestations initiales de la cascade antisociale, précédant l’ancrage dans la délinquance judiciaire.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle de déviance des pairs repose sur un corpus théorique robuste issu de la sociologie de la déviance et de la psychologie criminologique développementale. Son fondement conceptuel s’enracine principalement dans la théorie de l’apprentissage social différentiel (Differential Association Theory) formulée initialement par Edwin Sutherland et enrichie ultérieurement par Ronald Akers. Selon ce cadre, les comportements délinquants ne résultent pas uniquement de prédispositions individuelles ou de traits psychopathologiques internes, mais sont appris au sein de groupes primaires intimes par le biais de processus d’interaction et de communication. L’adolescent acquiert des techniques de commission des infractions, des rationalisations morales (neutralisation de la culpabilité) ainsi que des définitions favorables à la violation des lois lorsqu’il est exposé à un excès de définitions déviantes par rapport aux définitions prosociales.

Sur le plan psychologique, l’échelle intègre la théorie de l’apprentissage social et de l’auto-efficacité d’Albert Bandura, qui postule que l’apprentissage vicariant (modélisation), le renforcement social direct et l’imitation des pairs constituent les mécanismes moteurs par lesquels de nouvelles conduites agressives et transgressives sont adoptées. Le groupe de pairs sert de caisse de résonance où les comportements d’opposition sont valorisés, applaudis et récompensés par un gain de prestige social ou de domination, tandis que les conduites conformistes sont dénigrées ou perçues comme une faiblesse.

Dans une perspective développementale, l’outil opérationnalise les travaux fondamentaux de Gerald Patterson et du groupe de l’Oregon Social Learning Center (OSLC) sur le modèle de la coercition et des cascades développementales (Patterson et al., 1992). Selon ce modèle, des pratiques parentales inefficaces ou incohérentes (défaut de supervision, discipline explosive) durant la petite enfance entraînent des troubles du comportement et un déficit des habiletés sociales. En milieu scolaire primaire, ces enfants se heurtent au rejet de leurs pairs prosociaux et à l’échec scolaire. En réponse à cette exclusion, ils gravitent mutuellement les uns vers les autres dès la fin du primaire et l’entrée au collège, formant des cliques de pairs déviants. Thomas Dishion a magnifiquement décrit le mécanisme sous-jacent sous le terme d’entraînement à la déviance (deviancy training) : au cours des interactions spontanées, les rires et l’attention positive accordés aux récits de transgressions renforcent l’identité antisociale et accélèrent le passage à la délinquance sévère à l’adolescence.

Enfin, l’instrument s’articule avec la théorie du contrôle social de Travis Hirschi. Lorsque les liens de l’adolescent avec les institutions prosociales (attachement aux parents, engagement envers l’école, croyance en la valeur morale des règles) s’affaiblissent, les barrières internes s’effondrent, créant une vulnérabilité accrue à l’influence criminogène exercée par les pairs déviants.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle de déviance des pairs a été abondamment documentée dans des études épidémiologiques longitudinales à grande échelle, notamment auprès de cohortes d’adolescents urbains et ruraux suivis sur plusieurs décennies :

Validité de construit et validité factorielle

Les modélisations en équations structurelles menées par le Conduct Problems Prevention Research Group (1998) et confirmées par Miller-Johnson et al. (2004) démontrent que l’instrument capture un construit unidimensionnel cohérent de second ordre. Les saturations factorielles standardisées de la majorité des items excèdent .55, atteignant des valeurs comprises entre .70 et .85 pour les items portant sur les infractions graves contre les biens et les agressions physiques. L’invariance de mesure factorielle a été vérifiée à travers le genre et différents groupes ethnoculturels, démontrant que les questions évaluent le même construit théorique sous-jacent avec une précision équivalente chez les garçons et les filles, bien que les scores moyens de déviance soient typiquement plus élevés chez les adolescents de sexe masculin.

Validité convergente

L’échelle affiche des corrélations positives statistiquement significatives et de magnitude modérée à forte avec un large éventail d’instruments validés mesurant l’inadaptation comportementale :

  • Corrélations élevées (r = .50 à .68, p < .001) avec les échelles d’actes antisociaux auto-rapportés (Self-Reported Delinquency Scale).
  • Associations significatives (r = .42 à .55) avec l’échelle d’agression physique et verbale du Youth Self-Report (YSR) d’Achenbach.
  • Corrélations positives avec les mesures de recherche de sensations, d’impulsivité motrice et d’attitude positive envers la violence.
  • Corrélations inverses avec les mesures d’attachement scolaire, de performance académique et de supervision parentale perçue (r = -.35 à -.48).

Validité discriminante

La PDS discrimine avec netteté les problèmes d’extériorisation des troubles d’intériorisation purs. Les corrélations observées entre les scores de déviance des pairs et les échelles mesurant l’anxiété généralisée, la phobie sociale ou la somatisation sont faibles à négligeables (généralement comprises entre r = .05 et .15), attestant que l’outil ne reflète pas une détresse psychologique globale non spécifique, mais bien une écologie comportementale affiliée à la déviance.

Validité prédictive et prospective

Sur le plan longitudinal, les scores initiaux obtenus à l’échelle à l’âge de 11-12 ans prédisent de manière robuste et indépendante :

  • L’augmentation de la délinquance officielle (arrestations de police, condamnations judiciaires pour mineurs) entre 14 et 18 ans, même après contrôle statistique du niveau initial d’agressivité de l’enfant (Miller-Johnson et al., 2004).
  • L’initiation précoce et l’escalade vers la dépendance à l’alcool, au cannabis et à d’autres substances illicites.
  • Le risque d’abandon scolaire prématuré avant l’obtention du diplôme d’études secondaires.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle de déviance des pairs a fait l’objet de rigoureuses évaluations empiriques publiées dans des revues à comité de lecture, portant sur des échantillons diversifiés :

Consistance interne

Dans l’étude de référence de Miller-Johnson, Sullivan et Simon (2004) évaluant l’impact des interventions dans la Multisite Violence Prevention Study, les indices de consistance interne calculés par le coefficient alpha de Cronbach se sont révélés remarquablement stables :

  • Échantillon aléatoire normatif (adolescents) : α = .85, témoignant d’une très forte homogénéité des items au sein de la population générale scolarisée.
  • Échantillon à haut risque d’extériorisation : α = .88, démontrant que l’échelle conserve, voire amplifie, son pouvoir discriminatif chez les jeunes manifestant des problèmes chroniques de comportement.
  • Échantillon des parents (cotation hétéro-rapportée) : α = .84, indiquant une excellente cohérence lorsque les parents évaluent la déviance des fréquentations de leur adolescent.

D’autres réplications (notamment dans les rapports techniques du projet Fast Track, 1998) rapportent des coefficients oméga de McDonald oscillant entre .86 et .90, confirmant que l’erreur de mesure aléatoire est minime.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Les évaluations de la stabilité temporelle sur un intervalle de 3 à 6 mois révèlent des coefficients de corrélation test-retest situés entre .65 et .78 chez les adolescents d’âge collégial. Cette stabilité modérée à élevée est théoriquement cohérente avec la nature développementale du construit : le réseau de pairs d’un jeune présente une certaine continuité tout en étant sensible aux réorganisations écologiques (transitions scolaires, changements de classe ou interventions préventives).

Accord inter-juges (Adolescent vs Parent)

La convergence entre la version auto-rapportée par l’élève et la version hétéro-rapportée par les parents montre des corrélations positives significatives mais modérées (r = .35 à .45). Cet écart d’évaluation modéré est classique en psychopathologie développementale : il reflète non pas un défaut de fidélité, mais le fait que les adolescents dissimulent délibérément une fraction significative des activités transgressives de leurs amis à leurs parents (phénomène d’érosion de la surveillance parentale).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques portant sur la structure dimensionnelle de l’échelle ont mobilisé à la fois des Analyses Factorielles Exploratoires (AFE) avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) et des Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) basées sur des matrices de corrélation polychoriques, adaptées à la nature ordinale des réponses.

Modèle factoriel exploratoire

L’analyse en composantes principales et l’analyse factorielle commune menées sur les 17 items font systématiquement émerger un premier facteur dominant expliquant à lui seul plus de 42 % à 48 % de la variance totale, validant la pertinence d’un score composite global de déviance des pairs. Néanmoins, l’examen de la rupture de pente (scree plot de Cattell) et le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres > 1) suggèrent la présence de trois sous-facteurs de premier ordre hautement corrélés entre eux (corrélations inter-facteurs variant de r = .52 à .68) :

  • Facteur 1 : Délinquance grave et comportements violents (chargements prépondérants des items 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10, 13, avec des saturations factorielles s’étalant de .62 à .83).
  • Facteur 2 : Incivilités scolaires et délits mineurs (chargements dominants des items 1, 2, 5, 14, 15, 16, 17, avec des saturations comprises entre .54 et .76).
  • Facteur 3 : Consommation de substances (items 11 et 12, saturations respectives de .71 et .79).

Modélisation confirmatoire (AFC)

Dans les modélisations confirmatoires testées par le Conduct Problems Prevention Research Group (1998), un modèle hiérarchique (un facteur général de second ordre sous-tendant les trois facteurs de premier ordre) présente un ajustement empirique supérieur à celui d’un modèle strictement unidimensionnel. Les indices d’adéquation statistiques rapportés répondent aux normes d’exigence méthodologique :

Ces données confirment sans équivoque que la structure de l’échelle est psychométriquement saine, robuste et apte à soutenir à la fois l’usage d’un score global et l’analyse différenciée de sous-profils déviants.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle de déviance des pairs est un questionnaire standardisé d’évaluation comportementale. Ses caractéristiques d’administration et de calcul des scores sont résumées ci-dessous :

  • Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique à choix forcé, disponible en version auto-rapportée (cotation par l’élève / student rating) et en version hétéro-rapportée (cotation par les parents / parent rating).
  • Population cible : Enfants scolarisés, adolescents et jeunes adultes (généralement de la classe de CM2 / 6e jusqu’au lycée, soit de 10 à 18 ans).
  • Nombre total d’items : 17 items (couvrant la délinquance contre les biens, la violence physique, l’usage de substances et 4 items spécifiques aux comportements d’inconduite en contexte scolaire).
  • Format des réponses : Échelle ordinale de fréquence en 5 points :
    • 0 = None of them (Aucun d’eux)
    • 1 = Very few of them (Très peu d’entre eux)
    • 2 = Some of them (Certains d’entre eux)
    • 3 = Most of them (La plupart d’entre eux)
    • 4 = All of them (Tous)
  • Modalités de passation : Administration individuelle ou collective (en classe entière ou laboratoire de recherche), sur support papier-crayon ou par interface numérique assistée par ordinateur. Le temps de complétion moyen est de 5 à 10 minutes.
  • Procédure de calcul des scores :
    • Score total complet (17 items) : Calculé en effectuant la moyenne arithmétique de l’ensemble des 17 items, produisant un indice global continu compris entre 0 et 4.
    • Version abrégée de référence (Multisite Violence Prevention Project / Fast Track) : Dans plusieurs protocoles standardisés, le score total de déviance des pairs (version élève ou parent) est calculé sur la base de la moyenne des 10 items axés sur les délits et violences manifestes (items 2 à 11).
    • Interprétation normative : Un score proche de 0 indique un réseau de pairs totalement prosocial et conforme ; un score compris entre 1 et 2 signale une exposition modérée mais préoccupante à des pairs à risque ; un score supérieur à 2 reflète une immersion sévère dans un groupe de pairs hautement déviants, nécessitant une prise en charge préventive ou médico-sociale immédiate.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année d’introduction initiale : Années 1970 (conception initiale à l’Université du Michigan), standardisée sous sa forme contemporaine en 1998 par le Conduct Problems Prevention Research Group et validée en 2004 dans le cadre du Multisite Violence Prevention Study.
  • Statut des droits d’auteur et licence : Domaine public scientifique. L’échelle a été développée au sein de projets de recherche épidémiologique et clinique financés par des fonds publics fédéraux américains, notamment le National Institute of Mental Health (NIMH) et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC).
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit (aucun coût d’achat, de licence ou de redevance commerciale). L’instrument peut être téléchargé, photocopié et administré librement par les chercheurs, cliniciens, psychologues scolaires et éducateurs à des fins de recherche académique, de dépistage institutionnel ou d’évaluation clinique.
  • Sources documentaires officielles : Le protocole complet de cotation et les versions pour adolescents et parents sont documentés dans les rapports techniques publics du projet Fast Track ainsi que dans le compendium d’instruments d’évaluation de la santé des jeunes de l’Organisation Panaméricaine de la Santé (Orpinas, compendium PAHO/WHO).

12. Références / References

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instruction: How many of your closest friends have: (How many of your son’s/daughter’s best friends have):

Response scale:

0 = None of them

1 = Very few of them

2 = Some of them

3 = Most of them

4 = All of them

  1. Taken something of value from someone else’s locker‚ desk‚ purse‚ or home?
  2. Taken something from a store without paying for it?
  3. Taken a car or other motor vehicle for a ride without the owner’s permission?
  4. Broken into a building‚ car‚ house‚ etc. to steal something?
  5. Purposely damaged or destroyed things at school‚ store‚ or home?
  6. Hit someone really badly?
  7. Hit or slapped a boyfriend/girlfriend really badly?
  8. Used a weapon or force to hurt another person?
  9. Used a weapon or force to get money or things from another person?
  10. Carried a weapon‚ like a knife or gun‚ to school?
  11. Drank alcohol?
  12. Smoked cigarettes?
  13. Been in a gang fight?

Academic-related behaviors

  1. Skipped school without an excuse?
  2. Cheated on tests or homework?
  3. Lied to a teacher about something they did?
  4. Act up and make trouble in school?
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle de déviance des pairs. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-deviance-des-pairs/
Looti, Mohammed. “Échelle de déviance des pairs.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-deviance-des-pairs/.
Looti, Mohammed. “Échelle de déviance des pairs.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-deviance-des-pairs/.