Échelle de détresse émotionnelle pédiatrique (PEDS)

L’Échelle de détresse émotionnelle pédiatrique (PEDS) est un instrument psychométrique de dépistage rapide (21 items) évaluant les réactions post-traumatiques et les troubles émotionnels chez les enfants de 2 à 10 ans.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de détresse émotionnelle pédiatrique (Pediatric Emotional Distress Scale [PEDS] ; Saylor et al., 1999) est un instrument psychométrique d’hétéro-évaluation standardisé conçu pour le dépistage rapide et économique des manifestations de détresse émotionnelle et des perturbations comportementales consécutives à des événements traumatiques chez les jeunes enfants âgés de 2 à 10 ans. Développé initialement à la suite de catastrophes naturelles majeures (notamment l’ouragan Hugo), l’outil répond à l’absence critique de mesures de dépistage validées adaptées aux spécificités développementales de la petite enfance et du premier cycle de l’école primaire. Le questionnaire comprend 21 items administrés aux parents ou aux tuteurs légaux, complétés en 5 à 8 minutes.

Les items sont cotés sur une échelle de Likert en 4 points allant de 1 (« Presque jamais ») à 4 (« Très souvent »). L’instrument évalue à la fois des perturbations comportementales non spécifiques et des symptômes directement liés à l’exposition à un traumatisme psychologique. Les analyses factorielles initiales et les validations croisées ultérieures mettent en évidence une structure multidimensionnelle comprenant des dimensions telles que l’anxiété/dépression, les comportements d’agitation/extériorisés (Acting Out) et les réactions spécifiques au trauma ou à l’impact (somatisations, jeux répétitifs post-traumatiques, évitement). L’instrument génère un score total de détresse globale oscillant entre 21 et 84, ainsi que des scores sous-dimensionnels. Sur le plan psychométrique, le PEDS présente une cohérence interne satisfaisante (alpha de Cronbach compris entre 0,72 et 0,78 pour les sous-échelles et de 0,85 pour l’échelle globale), une fidélité test-retest stable à un intervalle de 6 à 8 semaines, ainsi qu’une validité convergente confirmée avec d’autres échelles comportementales pédiatriques de référence (telles que l’Eyberg Child Behavior Inventory et le Reaction Index). Le PEDS constitue un outil de triage de première ligne idéal dans les contextes d’urgence humanitaire, de médecine d’urgence, de pédiatrie générale et de protection de l’enfance.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle de détresse émotionnelle pédiatrique, PEDS, traumatisme infantile, dépistage pédiatrique, hétéro-évaluation parentale, stress post-traumatique, psychopathologie développementale, régression comportementale, anxiété pédiatrique, psychométrie.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de détresse émotionnelle pédiatrique (PEDS) a été conçue et validée par une équipe de chercheurs et cliniciens spécialisés en psychologie clinique de l’enfant et en prise en charge des traumatismes complexes :

  • Conway F. Saylor, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie au Citadel Military College of South Carolina (Département de psychologie, Charleston, Caroline du Sud, États-Unis). Spécialiste de la résilience infantile et de l’adaptation psychosociale des enfants face aux catastrophes et aux maladies chroniques. Contact : [email protected].
  • Cynthia Cupit Swenson, Ph.D. : Professeure de psychiatrie et des sciences du comportement à la Medical University of South Carolina (MUSC, Charleston, États-Unis), directrice de programmes de traitement des traumatismes familiaux et de la maltraitance infantile.
  • Suzanne S. Reynolds, M.S. : Chercheuse et clinicienne affiliée aux départements de pédiatrie et de psychologie développementale de la Medical University of South Carolina.
  • Maridee Taylor, Ph.D. : Psychologue clinicienne pour enfants, spécialisée dans l’évaluation psychométrique en milieu hospitalier et pédopsychiatrique.

Des travaux d’extension psychométrique et d’application transculturelle ou contextuelle ont par la suite été menés par d’autres équipes notables, notamment James C. Spilsbury, Ph.D. (Case Western Reserve University, Cleveland, Ohio) et ses collaborateurs (Drotar, Burant, Flannery, Creeden, & Friedman, 2005).

4. Objectif / Purpose

Fondements et genèse de l’instrument

L’exposition des jeunes enfants à des événements traumatiques potentiellement dévastateurs — catastrophes naturelles (ouragans, séismes), violences interpersonnelles, fusillades, accidents de la voie publique, procédures médicales invasives ou violences intrafamiliales — a longtemps constitué un angle mort des protocoles de dépistage clinique d’urgence. À la fin des années 1990, lors d’événements de grande ampleur tels que l’ouragan Hugo ou l’ouragan Andrew, les équipes d’intervention de première ligne ont constaté un manque critique d’instruments standardisés permettant de repérer rapidement les enfants en grande souffrance psychologique (Saylor et al., 1999 ; La Greca et al., 1996). La majorité des outils diagnostiques disponibles à l’époque étaient soit des entretiens cliniques longs et invasifs, soit des inventaires généraux inadaptés aux jeunes populations d’âge préscolaire ou de petite enfance (2 à 10 ans), dont le développement verbal et métacognitif ne permet pas l’auto-évaluation directe de la symptomatologie post-traumatique.

Face à cet impératif d’évaluation rapide et respectueuse du bien-être des victimes, Conway F. Saylor et ses collègues ont modélisé le PEDS comme un instrument de dépistage bref (screening measure) n’excédant pas 5 à 8 minutes de passation. L’objectif cardinal n’est pas de poser un diagnostic psychiatrique formel selon les critères du DSM, mais de fournir un indicateur objectif et standardisé du niveau de détresse émotionnelle globale afin d’orienter prioritairement les enfants les plus affectés vers une prise en charge pédopsychiatrique ou psychothérapeutique approfondie.

Applications cliniques, médicales et scientifiques

L’utilité du PEDS s’étend à un vaste champ d’applications :

  • Médecine d’urgence pédiatrique et traumatologie : Utilisation au chevet des jeunes patients admis pour traumatismes physiques aigus (accidents domestiques, brûlures, agressions) afin de prévenir l’éclosion d’un trouble de stress post-traumatique pédiatrique.
  • Interventions post-catastrophes et humanitaires : Déploiement à grande échelle dans les écoles primaires, garderies et centres d’hébergement d’urgence après des catastrophes climatiques ou industrielles pour identifier rapidement les sous-groupes d’enfants à haut risque de désorganisation psychologique.
  • Protection de l’enfance et violences familiales : Évaluation de l’impact psychologique chez des enfants retirés de milieux maltraitants ou exposés à des violences conjugales sévères (Spilsbury et al., 2005).
  • Recherche clinique et épidémiologique : Mesure des trajectoires longitudinales de rémission ou de chronicisation de la détresse, et évaluation de l’efficacité pré/post-intervention des psychothérapies cognitivo-comportementales centrées sur le trauma (TF-CBT).

5. Construit psychologique / Construct

Le PEDS a été élaboré pour opérationnaliser la détresse émotionnelle pédiatrique à l’intersection des troubles internalisés, des troubles externalisés et des symptômes cardinaux de réactivité post-traumatique adaptés à l’enfance préscolaire et scolaire. Chez le jeune enfant, le trauma ne s’exprime que rarement par la triade classique adulte (reviviscences intrusives verbalisées, évitement cognitif complexe, hypervigilance neurovégétative abstraite). Il se traduit plus fréquemment par des régressions comportementales, des somatisations, des angoisses de séparation exacerbées et une dysrégulation émotionnelle explosive.

Sous-échelle 1 : Anxiété / Dépression et Retrait (Anxious / Withdrawn)

Cette dimension capture l’intériorisation de la détresse et l’altération de la sécurité affective de l’enfant :

  • Pleurs inexpliqués et tristesse manifeste : Présence de crises de larmes fréquentes, abattement affectif, perte apparente d’enthousiasme pour les jeux habituels.
  • Agrippement et dépendance affective (Clinging behavior) : Recherche constante de contact corporel avec l’adulte protecteur, incapacité à s’éloigner physiquement des figures parentales.
  • Régressions comportementales : Réapparition d’habitudes abandonnées propres à des stades antérieurs du développement psychomoteur, telles que l’énurésie secondaire, le bégaiement ou le parler-bébé (baby talk), et le surotement compulsif du pouce.
  • Retrait social et évitement : Isolement volontaire au sein de la fratrie ou du groupe de pairs, désinvestissement des interactions sociales et refus de communiquer sur les pensées intimes.

Sous-échelle 2 : Manifestations comportementales extériorisées / Agitation (Behavioral Anxious / Acting Out)

Chez les enfants d’âge préscolaire et de petite enfance, l’anxiété et le sentiment de terreur se métamorphosent fréquemment en dysrégulations comportementales extériorisées :

  • Irritabilité et instabilité motrice : Incapacité à tenir en place, agitation incessante, sautes d’humeur imprévisibles et intolérance majeure à la moindre frustration.
  • Crises de colère explosives (Temper tantrums) : Tempêtes émotionnelles violentes sans déclencheur évident, cris, pleurs convulsifs et refus catégorique d’obéir aux consignes ordinaires.
  • Comportements agressifs et d’opposition : Agressions physiques dirigées contre les pairs ou les adultes (morsures, coups de pied, coups de poing, griffures), attitudes délibérément provocatrices ou défiantes vis-à-vis des figures d’autorité.
  • Troubles attentionnels secondaires : Incapacité prolongée à soutenir la concentration lors des activités scolaires ou ludiques, consécutive à une mobilisation constante des ressources cognitives par l’état d’alerte interne.

Sous-échelle 3 : Impact Traumatique, Peurs et Réactivité au Trauma (Trauma / Impact / Fearful)

Cette dimension cible les symptômes hautement spécifiques de l’intrusion mnésique et de l’hyperactivation neurobiologique induites par le traumatisme :

  • Perturbations sévères du sommeil : Cauchemars récurrents sans contenu verbalisable clair, terreurs nocturnes, réveils paniqués et angoisse intense au moment du coucher.
  • Somatisations : Céphalées, maux de ventre (douleurs abdominales fonctionnelles), nausées sans étiologie organique identifiée, reflétant la conversion somatique de la détresse.
  • Jeu post-traumatique répétitif (Repetitive play / drawing) : Mise en scène compulsive, rigide et non libératoire de thèmes en lien direct avec l’événement traumatique (ex. faire s’écraser des voitures, dessiner des maisons détruites ou des scènes d’agression).
  • Sursauts exagérés et hypervigilance (Startle response) : Réaction disproportionnée aux stimuli sensoriels brusques (bruits sourds, portes qui claquent, sirènes).
  • Angoisse de séparation massive : Panique aiguë à l’idée d’être séparé des tuteurs, appréhension catastrophique de menaces futures ou de récidives du désastre.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La perspective de la psychopathologie développementale

Le PEDS s’inscrit au cœur de la psychopathologie développementale (Cicchetti & Toth, 1995 ; Sroufe, 1997). Ce courant postule que les manifestations cliniques d’un stress extrême ne peuvent être appréhendées en miroir exact de la nosographie adulte. L’immaturité des structures neurocognitives — notamment le cortex préfrontal ventromédian et l’hippocampe, encore en pleine myélinisation — limite les capacités de régulation descendante (top-down) de l’amygdale cérébrale. En conséquence, l’enfant soumis à une frayeur intense décharge son activation neurovégétative par les canaux comportementaux primitifs : hyperkinésie, agressivité motrice, désorganisation somatique et cris.

La théorie de l’attachement et le système de protection sociale

Le modèle théorique de l’attachement de John Bowlby constitue le deuxième pilier épistémologique du PEDS. Lors d’une menace existentielle ou d’un désastre environnemental, le système d’attachement de l’enfant est activé de manière maximale. L’enfant cherche impérativement la proximité physique avec sa base de sécurité. Si la figure d’attachement est elle-même sidérée, traumatisée ou indisponible, l’enfant subit une détresse relationnelle cumulative. Cela se traduit par des comportements d’agrippement désespéré (clinging), des pleurs inconsolables ou, à l’inverse, un retrait affectif paradoxal consécutif à l’impuissance acquise.

Les travaux novateurs sur le trauma préscolaire (Terr et Scheeringa)

Les concepteurs du PEDS ont capitalisé sur les observations fondatrices de Lenore Terr (1991) concernant les traumatismes infantiles, ainsi que sur les reformulations cliniques de Michael Scheeringa et ses collaborateurs (Scheeringa et al., 1995, 2001) sur les critères diagnostiques alternatifs du TSPT pour les nourrissons et les tout-petits. Terr a démontré que les jeunes enfants ne refoulent pas le traumatisme mais le réactualisent par le biais de jeux comportementaux stéréotypés, de peurs de l’obscurité ou d’inconnus, et de modifications massives de leur tempérament. En intégrant des items ciblés sur le jeu répétitif, les peurs exacerbées et les plaintes somatiques, Saylor et al. ont aligné la mesure sur la réalité phénoménologique de l’enfant préverbal ou d’âge préscolaire.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques du PEDS ont été rigoureusement établies à travers de multiples échantillons cliniques, épidémiologiques et communautaires cumulant des centaines de participants (Saylor et al., 1999 ; Spilsbury et al., 2005).

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été démontrée par des corrélations hautement significatives entre le score total du PEDS et des échelles validées évaluant les troubles du comportement et le stress post-traumatique :

  • Eyberg Child Behavior Inventory (ECBI) : Une corrélation positive élevée a été observée entre le PEDS et l’échelle d’intensité de l’ECBI (coefficients r oscillant généralement entre 0,60 et 0,72, p < 0,001), confirmant la sensibilité de l’instrument aux perturbations comportementales induites par le stress.
  • Reaction Index (RI) : Le PEDS montre de fortes intercorrélations avec les dimensions du Child Post-Traumatic Stress Reaction Index (Frederick et al., 1992), attestant de sa capacité à mesurer la sévérité de l’impact traumatique spécifique chez le jeune enfant.
  • Child Behavior Checklist (CBCL) : Des associations robustes ont été retrouvées avec les échelles internalisées et externalisées de la CBCL d’Achenbach, validant le spectre clinique bidirectionnel du PEDS.

Validité discriminante et analyse de seuils cliniques

Des analyses discriminantes ont été conduites pour établir des seuils d’intervention clinique capables de différencier les enfants asymptomatiques des enfants requérant une prise en charge immédiate. Saylor et al. (1999) ont mis en lumière une variable modératrice majeure : le niveau d’éducation de la mère. Lorsque le niveau éducatif maternel est introduit comme variable de contrôle ou de stratification (blocking variable), le pouvoir de classification correcte de l’instrument s’accroît considérablement. En effet, les seuils optimaux de signalement clinique varient selon cette variable socio-démographique, reflétant des divergences subtiles dans la perception et le signalement parental des comportements de détresse de l’enfant.

8. Fidélité / Reliability

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les analyses de consistance interne démontrent une homogénéité satisfaisante à excellente pour un outil de dépistage rapide. Dans l’étude princeps de Saylor et al. (1999), portant sur un échantillon diversifié de 475 enfants :

  • Le score global de détresse pour les 17 items comportementaux initiaux affiche un coefficient alpha de Cronbach de 0,85.
  • Les sous-échelles individuelles présentent des coefficients alpha variant entre 0,72 et 0,78, des valeurs jugées optimales selon les normes psychométriques pour des sous-échelles courtes comprenant entre 5 et 8 items.
  • Dans l’étude de validation de Spilsbury et al. (2005) menée auprès d’une population pédiatrique urbaine hautement exposée à la violence interpersonnelle, les coefficients de cohérence interne se sont maintenus au-dessus du seuil acceptable de 0,70, confirmant la stabilité métrologique de la mesure à travers des sous-groupes socio-ethniques variés.

Fidélité test-retest

La fidélité temporelle a été testée sur des intervalles de suivi de 6 à 8 semaines auprès d’enfants issus de cohortes non soumises à de nouveaux chocs traumatiques aigus. Les coefficients de corrélation test-retest oscillent entre 0,65 et 0,75, attestant d’une bonne stabilité temporelle des scores de traits tout en conservant une réactivité aux variations thérapeutiques et environnementales.

Accord inter-juges (Fidélité inter-évaluateurs)

L’accord entre évaluateurs a été estimé par le calcul de corrélations de Pearson (r) entre les cotations fournies de manière indépendante par les mères et les pères au sujet du même enfant. Les corrélations se situent dans une fourchette statistiquement significative (r = 0,55 à 0,68, p < 0,01), ce qui correspond aux standards empiriques observés dans la littérature internationale sur l’hétéro-évaluation parentale du comportement de l’enfant.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle du PEDS a été examinée par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) par composantes principales, suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans des études ultérieures.

Étude exploratoire princeps (Saylor et al., 1999)

L’extraction initiale par composantes principales a été conduite dans un premier temps sur les 17 items comportementaux généraux auprès des 475 participants :

  • L’analyse a mis en évidence une solution robuste à trois facteurs distincts expliquant une part prépondérante de la variance totale : Anxieux/Retiré (Anxious/Withdrawn), Craintif (Fearful), et Agitation/Extériorisation (Acting Out).
  • Lorsque l’analyse factorielle a été répétée en intégrant l’intégralité des 21 items (incluant les 4 items spécifiquement dédiés à l’expérience traumatique) au sein du sous-groupe d’enfants directement exposés à un événement traumatique majeur, une organisation factorielle identique a émergé pour les 17 items premiers, tandis que deux des items traumatiques spécifiques ont formé un facteur autonome lié à la verbalisation et au jeu post-traumatique (Talk/Play factor).

Validation factorielle confirmatoire (Spilsbury et al., 2005)

Spilsbury et ses collaborateurs ont testé la structure factorielle du PEDS chez 183 enfants exposés à des violences interpersonnelles. Leurs résultats confirment la pertinence clinique de regrouper les 21 items selon les trois grands domaines fonctionnels :

  1. Anxieux / Dépressif (Items 1, 2, 4, 11, 14, 15) : Évalue le repli, les angoisses d’abandon, l’évitement mnésique et la régression développementale infantile.
  2. Anxiété Comportementale / Acting Out (Items 3, 5, 8, 9, 12, 13) : Regroupe les conduites agressives, l’inattention, la désobéissance et les colères.
  3. Trauma / Impact (Items 6, 7, 10, 16, 17, 18, 19, 20, 21) : Capture les manifestations directes d’intrusion, l’hypervigilance motrice, les cauchemars récurrents, les somatisations et la peur panique de l’avenir.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Échelle de détresse émotionnelle pédiatrique (Pediatric Emotional Distress Scale – PEDS).
  • Type d’instrument : Questionnaire d’hétéro-évaluation clinique de dépistage psychométrique (rempli par les parents, tuteurs légaux ou soignants familiers de l’enfant).
  • Population cible : Enfants âgés de 2 à 10 ans révolus ayant été exposés à un stress aigu, une catastrophe naturelle, une hospitalisation ou une violence interpersonnelle.
  • Format d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou passation informatisée/numérique lors de consultations hospitalières ou pédiatriques.
  • Durée approximative de passation : 5 à 8 minutes.
  • Nombre d’items : 21 items formulés sous la forme d’énoncés comportementaux univoques.
  • Échelle de réponse (Format Likert en 4 points) :
    • 1 = Almost Never (Presque jamais)
    • 2 = Sometimes (Parfois)
    • 3 = Often (Souvent)
    • 4 = Very Often (Très souvent)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Score Total de Détresse : Somme directe des 21 items, s’échelonnant de 21 à 84 points. Un score élevé reflète un niveau critique de détresse émotionnelle globale.
    • Sous-échelle Anxieux / Dépressif : Somme des items 1, 2, 4, 11, 14, 15 (Étendue : 6 à 24).
    • Sous-échelle Anxiété Comportementale : Somme des items 3, 5, 8, 9, 12, 13 (Étendue : 6 à 24).
    • Sous-échelle Trauma / Impact : Somme des items 6, 7, 10, 16, 17, 18, 19, 20, 21 (Étendue : 9 à 36).
  • Interprétation clinique : L’outil ne pose pas de diagnostic psychiatrique formel. Les scores dépassant les seuils cliniques calibrés justifient une orientation immédiate vers un pédopsychiatre ou un psychologue clinicien pour un bilan diagnostique complet.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1999 (validations complémentaires en 2005 et référencement NCTSN en 2012).
  • Détenteurs des droits : Conway F. Saylor, Ph.D., et co-auteurs. Publication initiale dans le Journal of Clinical Child Psychology (Taylor & Francis / American Psychological Association).
  • Conditions d’accès et tarif : L’accès au PEDS est gratuit et libre de droits (open access / non-commercial use) pour la recherche scientifique, le milieu académique et la pratique clinique de dépistage humanitaire ou hospitalière.
  • Modalités d’obtention : L’instrument officiel, les clés de cotation détaillées et les grilles de seuils en fonction des variables d’éducation parentale peuvent être obtenus directement par sollicitation électronique auprès de l’auteur principal : [email protected].

12. Références / References

  • Cicchetti, D., & Toth, S. L. (1995). A developmental psychopathology perspective on child abuse and neglect. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 34(5), 541-565. https://doi.org/10.1097/00004583-199505000-00008
  • Frederick, C. J., Pynoos, R. S., & Nader, K. (1992). Child Post-Traumatic Stress Reaction Index (CPTS-RI). Unpublished test instrument, University of California, Los Angeles.
  • La Greca, A. M., Silverman, W. K., Vernberg, E. M., & Prinstein, M. J. (1996). Symptoms of posttraumatic stress in children after Hurricane Andrew: A prospective study. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 64(4), 712-723. https://doi.org/10.1037/0022-006X.64.4.712
  • National Child Traumatic Stress Network. (2012). Pediatric Emotional Distress Scale (PEDS). National Center for Child Traumatic Stress. https://www.nctsn.org/measures/pediatric-emotional-distress-scale
  • Saylor, C. F., Swenson, C. C., Reynolds, S. S., & Taylor, M. (1999). The Pediatric Emotional Distress Scale: A brief screening measure for young children exposed to traumatic events. Journal of Clinical Child Psychology, 28(1), 70-81. https://doi.org/10.1207/s15374424jccp2801_6
  • Scheeringa, M. S., Zeanah, C. H., Drell, M. J., & Larrieu, J. A. (1995). Two approaches to the diagnosis of posttraumatic stress disorder in infancy and early childhood. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 34(2), 191-200. https://doi.org/10.1097/00004583-199502000-00014
  • Scheeringa, M. S., Peebles, C. D., Cook, C. A., & Zeanah, C. H. (2001). Toward establishing procedural, criterion, and discriminant validity for PTSD in early childhood. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 40(1), 52-60. https://doi.org/10.1097/00004583-200101000-00016
  • Spilsbury, J. C., Drotar, D., Burant, C., Flannery, D., Creeden, R., & Friedman, S. (2005). Psychometric properties of the Pediatric Emotional Distress Scale in a diverse sample of children exposed to interpersonal violence. Journal of Clinical Child and Adolescent Psychology, 34(4), 758-764. https://doi.org/10.1207/s15374424jccp3404_17
  • Sroufe, L. A. (1997). Psychopathology as an outcome of development. Development and Psychopathology, 9(2), 251-268. https://doi.org/10.1017/s0954579497002046
  • Terr, L. C. (1991). Childhood traumas: An outline and overview. American Journal of Psychiatry, 148(1), 10-20. https://doi.org/10.1176/ajp.148.1.10

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please read each item carefully and rate how often each behavior or feeling has occurred in the child over the past month (or since the stressful event).
Response Scale: 4-point Likert scale: 1 = Almost Never, 2 = Sometimes, 3 = Often, 4 = Very Often
Scoring / Reverse Items: Items are rated from 1 to 4. Items are summed to produce an overall Total Score (ranging from 21 to 84) as well as three subscales: Anxious/Depressed (items 1, 2, 4, 11, 14, 15), Behavioral Anxious (items 3, 5, 8, 9, 12, 13), and Trauma/Impact (items 6, 7, 10, 16, 17, 18, 19, 20, 21). Higher scores reflect greater emotional distress.
1

Crying or sad
2

Clinging to adult or wanting to be held
3

Restless or irritable
4

Fears (such as fear of the dark, storms, strangers)
5

Refusing to eat or poor appetite
6

Nightmares or bad dreams
7

Trouble sleeping or waking up in the night
8

Whining or fussing
9

Having temper tantrums or angry outbursts
10

Physical complaints (stomachaches, headaches)
11

Acting younger than their age (baby talk, bedwetting, thumb sucking)
12

Difficulty concentrating or paying attention
13

Aggressive behavior toward others (hitting, biting, kicking)
14

Avoiding talking about or being reminded of what happened
15

Withdrawing from family or friends
16

Easily startled or jumpy (e.g., jumps at sudden noises)
17

Repetitive play or drawing about the event
18

Worrying about future danger or bad things happening
19

Becoming upset when reminded of the event
20

Difficulty separating from parents/guardians
21

Disobedient or defiant behavior
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Échelle de détresse émotionnelle pédiatrique (PEDS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-detresse-emotionnelle-pediatrique-peds/
Looti, Mohammed. “Échelle de détresse émotionnelle pédiatrique (PEDS).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-detresse-emotionnelle-pediatrique-peds/.
Looti, Mohammed. “Échelle de détresse émotionnelle pédiatrique (PEDS).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-detresse-emotionnelle-pediatrique-peds/.