Échelle de désirabilité sociale pour jeunes enfants (YCSD)

Découvrez l’Échelle de désirabilité sociale pour jeunes enfants (YCSD) créée par Ford et Rubin (1970). Guide complet sur ses propriétés psychométriques, sa validité, sa fidélité et ses items originaux en choix forcé.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de désirabilité sociale pour jeunes enfants (Young Children’s Social Desirability Scale ou YCSD), conçue par Leroy H. Ford Jr. et Barry M. Rubin en 1970, constitue un jalon méthodologique fondamental dans l’évaluation psychologique du jeune enfant. Développée pour combler une lacune critique dans l’évaluation des biais de réponse chez les enfants d’âge préscolaire et du premier cycle de l’école primaire (âgés d’environ 4 à 9 ans), l’échelle mesure la propension des jeunes sujets à présenter une image d’eux-mêmes idéalisée et socialement conforme, motivée par le besoin d’approbation sociale d’autrui ou l’évitement de la réprobation adulte. L’instrument est composé de 28 items présentés sous la forme d’un choix forcé dyadique (forced-choice paired statements). Ce format a été spécifiquement adopté pour neutraliser le biais d’acquiescement (« yea-saying »), qui compromet lourdement les questionnaires traditionnels de type oui/non chez les populations d’enfants en bas âge.

Sur le plan psychométrique, la YCSD démontre une consistance interne robuste pour une échelle destinée à cette tranche d’âge, avec des coefficients de fidélité par bipartition (split-half corrigés par Spearman-Brown) oscillant généralement entre 0,78 et 0,89 selon les cohortes d’âge, et des coefficients test-retest de l’ordre de 0,79 à 0,85 sur des intervalles de plusieurs semaines. Les analyses dimensionnelles mettent en lumière un facteur général dominant de conformité sociale et de déni des comportements transgressifs normatifs, sous-tendu par des dimensions comportementales identifiables : l’obéissance aux figures d’autorité (parents et enseignants), la maîtrise des pulsions agressives ou transgressives, et la bienveillance prosociale irréprochable. En recherche comme en pratique clinique, la YCSD demeure un outil de contrôle incontournable pour assainir les auto-évaluations enfantines et une mesure directe précieuse du besoin d’approbation sociale au cours du développement précoce.

2. Mots-clés / Keywords

Désirabilité sociale, Young Children’s Social Desirability Scale, YCSD, Leroy H. Ford, besoin d’approbation, biais de réponse, choix forcé, psychométrie infantile, développement moral, conformisme, évaluation préscolaire, validité de construit, auto-présentation, acquiescement.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de désirabilité sociale pour jeunes enfants a été créée et validée par les chercheurs américains :

  • Leroy H. Ford, Jr., Ph.D. : Professeur de psychologie au département de psychologie de la State University of New York at Buffalo (SUNY Buffalo). Ses travaux de recherche se sont largement focalisés sur la psychologie sociale du développement, les motivations sociales, les biais d’évaluation cognitive et le besoin d’approbation chez l’enfant.
  • Barry M. Rubin, Ph.D. : Chercheur associé en psychologie clinique et développementale à la State University of New York at Buffalo lors de l’élaboration de l’instrument, ayant ensuite poursuivi des recherches appliquées sur la mesure psychologique des comportements adaptatifs et des attitudes sociales.

Les auteurs n’ont pas associé d’adresse électronique institutionnelle moderne à la publication princeps de 1970, celle-ci étant antérieure à la communication numérique. Les correspondances scientifiques historiques et les données d’archives sont rattachées au Department of Psychology, State University of New York at Buffalo, Buffalo, New York, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la YCSD est de quantifier le degré auquel un jeune enfant déforme délibérément ou inconsciemment son auto-évaluation afin de se conformer à ce qu’il perçoit comme étant les attentes normatives et morales des adultes. Dans l’histoire de la psychométrie, l’émergence des échelles de désirabilité sociale pour adultes — notamment l’échelle de Marlowe-Crowne (Marlowe-Crowne Social Desirability Scale, 1960) — puis pour enfants d’âge scolaire intermédiaire (l’échelle de Crandall, Crandall et Katkovsky, 1965) a mis en évidence que les auto-rapports sont souvent contaminés par des styles de réponse défensifs. Cependant, ces échelles antérieures présentaient des limites méthodologiques sévères lorsqu’elles étaient appliquées aux jeunes enfants :

  • La complexité linguistique : Les formulations d’items adultes ou scolaires emploient des structures syntaxiques trop abstraites ou complexes pour des enfants n’ayant pas encore consolidé la lecture ou la compréhension verbale formelle.
  • Le biais d’acquiescement : Chez l’enfant de maternelle ou de cours préparatoire, l’administration de questions fermées (« oui » ou « non ») provoque une tendance systématique à répondre affirmativement par déférence envers l’examinateur adulte, rendant impossible la distinction entre désirabilité sociale réelle et simple tendance à acquiescer.

La YCSD a été élaborée pour surmonter précisément cette double contrainte technique grâce à un format d’administration orale en choix forcé. Sur le plan théorique, l’objectif de l’outil est double :

  1. Rôle de variable de contrôle méthodologique : En recherche développementale et clinique, l’échelle permet de déterminer si les réponses fournies par l’enfant à d’autres épreuves auto-rapportées (mesurant l’anxiété, l’estime de soi, les compétences sociales, la dépression ou l’agressivité) reflètent son fonctionnement psychologique réel ou un masque de perfection morale.
  2. Rôle d’évaluation de trait de personnalité : L’outil mesure la « motivation d’approbation » (need for approval). Un score très élevé signale une vulnérabilité psychologique : un besoin excessif d’obtenir la validation des figures parentales ou éducatives, associé à une anxiété d’évaluation et à une hyper-conformité comportementale.

En contexte clinique, la YCSD est employée lors des bilans psycho-affectifs chez l’enfant présentant une inhibition marquée, un perfectionnisme pathologique ou, à l’inverse, des troubles des conduites où le déni des transgressions constitue un mécanisme de défense prépondérant.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de désirabilité sociale mesuré par la YCSD repose sur le postulat développé par Crowne et Marlowe (1960), adapté aux réalités développementales de l’enfance : l’attribution à soi-même de comportements hautement valorisés socialement mais statistiquement invraisemblables dans leur constance absolue, conjuguée au déni de comportements mineurs, universels et normatifs mais socialement désapprouvés.

Dans la YCSD, un enfant obtenant un score élevé affirme, par exemple, qu’il n’est « jamais en colère », qu’il « dit toujours la vérité », qu’il « écoute toujours ses parents » et qu’il « ne se dispute jamais avec sa mère ». À cet âge, ces affirmations traduisent une négation des conflits et des pulsions naturelles de l’enfance. Le construit s’articule autour de plusieurs dimensions comportementales et émotionnelles interdépendantes :

5.1. Conformité et déférence envers l’autorité adulte

Cette dimension évalue l’adhésion inconditionnelle aux règles imposées par les parents et les enseignants. L’enfant socialement désirable affirme qu’il considère ses parents comme ayant « toujours raison » (Item 12), qu’il fait toujours ce que son enseignant lui demande sans jamais dévier (Item 14), et qu’il ne désire jamais ce qui lui est interdit (Item 17 et Item 24). Ce sous-construit reflète le besoin d’éviter le rejet ou le désaveu parental.

5.2. Régulation des affects négatifs et inhibition de l’agressivité

La régulation affective au cours de la petite enfance est caractérisée par des explosions colériques ou des frustrations fréquentes. L’instrument confronte l’enfant à cette réalité : admet-il qu’il crie lorsqu’il est en colère (Item 5), qu’il lui arrive de frapper un autre enfant (Item 7), de casser ou jeter des objets (Item 11), ou d’éprouver de la frustration quand il n’obtient pas ce qu’il veut (Item 18) ? L’adhésion aux pôles socialement désirables illustre un mécanisme de répression ou de négation des affects négatifs normatifs.

5.3. Infaillibilité morale et véracité

Cette facette explore la reconnaissance des petites transgressions morales du quotidien. Elle évalue si l’enfant s’attribue une honnêteté sans faille (« Dit toujours la vérité » vs « Ne dit parfois pas la vérité », Item 28 ; « Ne dit jamais de petits mensonges » vs « Dit parfois un petit mensonge », Item 6). L’incapacité d’admettre le moindre mensonge reflète une auto-présentation défensive rigide.

5.4. Altruisme et sociabilité immaculée

La quatrième composante concerne les interactions avec les pairs. L’enfant prétend-il qu’il est « toujours gentil avec les gens » (Item 26), qu’il n’a « jamais envie de se moquer des autres » (Item 21), qu’il aide toujours autrui sans exception (Item 8) et que prêter ses jouets ne le dérange absolument jamais (Item 23) ? L’idéalisation de la sociabilité traduit une tentative de projeter une image angélique auprès de l’adulte examinateur.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’assise conceptuelle de la YCSD se situe au croisement de la théorie de l’apprentissage social de Julian Rotter, du modèle du besoin d’approbation de Douglas Crowne et David Marlowe, et des théories du développement moral de Jean Piaget et Lawrence Kohlberg.

6.1. La motivation d’approbation sociale (Crowne & Marlowe)

Dans la perspective de Crowne et Marlowe (1964), la désirabilité sociale n’est pas uniquement un artéfact méthodologique ou une tendance consciente à mentir (simulation volontaire) ; elle est conceptualisée comme une disposition générale de personnalité : la motivation d’approbation (approval motivation). Selon cette approche, les individus affichant des scores élevés sont habités par une vulnérabilité de l’estime de soi et une peur aversive de l’évaluation négative. Pour préserver leur statut social et sécuriser la bienveillance de leur entourage, ils adoptent une posture de sur-conformité rigide aux normes culturelles. Ford et Rubin (1970) ont transposé ce modèle au jeune enfant en posant l’hypothèse que la dépendance physique, affective et sociale de l’enfant vis-à-vis des adultes amplifie naturellement cette motivation de sécurisation par la conformité.

6.2. La perspective piagétienne et kohlbergienne du développement moral

Chez les enfants âgés de 4 à 8 ans, le raisonnement moral traverse le stade de l’hétéronomie morale (morale du réalisme moral de Piaget) et le stade pré-conventionnel d’orientation vers l’obéissance et la punition (Kohlberg). Les règles édictées par les parents et enseignants sont perçues comme sacrées, immuables et d’origine transcendante. Dans ce cadre :

  • Admettre une transgression équivaut, dans l’esprit du jeune enfant, à risquer une sanction imminente ou à être intrinsèquement « méchant » (confusion entre l’acte et l’identité morale).
  • Par conséquent, la réponse socialement désirable peut refléter non seulement une stratégie délibérée de gestion des impressions, mais aussi une fusion cognitive entre l’idéal du moi prescrit par les adultes et l’auto-perception réelle de l’enfant.

6.3. Le modèle bidimensionnel de Paulhus (Auto-illusion vs Gestion des impressions)

Bien que postérieur à la publication de l’échelle, le modèle développé par Delroy L. Paulhus éclaire remarquablement la YCSD. Paulhus scinde la désirabilité sociale en deux mécanismes distincts : l’auto-illusion positive (self-deceptive enhancement), qui correspond à une croyance honnête mais biaisée en sa propre valeur, et la gestion des impressions (impression management), qui renvoie à la tromperie délibérée face à un auditoire. Chez le jeune enfant évalué par la YCSD, ces deux composantes coexistent à des degrés variables selon le niveau de maturité de sa métacognition et de sa théorie de l’esprit.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de la YCSD ont été établies à travers les protocoles expérimentaux initiaux de Ford et Rubin (1970) ainsi que des recherches développementales ultérieures.

7.1. Validité de contenu et conception du choix forcé

La validité de contenu a été garantie par une sélection rigoureuse d’items représentant l’ensemble des zones de friction comportementale habituelles de la petite enfance (agressivité, partage, obéissance, hygiène, politesse, véracité). L’innovation majeure de Ford et Rubin a été d’apparier chaque affirmation culturellement désirable avec son antithèse réaliste (« Do you sometimes… or Do you never… »), en variant l’ordre de présentation des pôles (désirable en premier ou en second) afin de contrer les biais d’ancrage séquentiel ou d’acquiescement verbal.

7.2. Validité convergente

La validité convergente de l’échelle a été documentée par des corrélations statistiquement significatives avec des instruments mesurant des construits voisins :

  • Corrélation avec la Children’s Social Desirability Scale (CSD) : Chez des enfants de 8 à 9 ans capables de passer les deux tests, la YCSD présente une corrélation positive élevée ($r = 0,65$ à $0,74$, $p < 0,001$) avec l’échelle CSD de Crandall et al. (1965).
  • Anxiété d’évaluation et anxiété manifeste : La YCSD corrèle modérément et positivement ($r = 0,31$ à $0,42$) avec la Children’s Manifest Anxiety Scale (CMAS) et les échelles d’anxiété scolaire (Test Anxiety Scale for Children, TASC), confirmant le postulat théorique selon lequel un besoin excessif d’approbation s’enracine dans la détresse évaluative.

7.3. Validité discriminante

L’instrument démontre une excellente indépendance vis-à-vis des aptitudes intellectuelles globales :

  • Les corrélations observées entre le score total à la YCSD et le quotient intellectuel mesuré par l’échelle de Wechsler (WPPSI ou WISC) ou le test de vocabulaire en images de Peabody (PPVT) sont quasi nulles ou non significatives ($r$ fluctuant entre $-0,08$ et $0,12$, $p > 0,05$), attestant que la désirabilité sociale ne reflète pas une simple maîtrise verbale ou cognitive supérieure.

7.4. Validité prédictive et expérimentale

Ford et Rubin (1970) ont validé leur instrument sur le plan comportemental en soumettant les enfants à des tâches de conditionnement opérant verbal et à des épreuves de conformisme social :

  • Les enfants obtenant des scores élevés à la YCSD modifient significativement plus leurs réponses et leurs comportements lorsqu’un adulte délivre des renforcements verbaux positifs (« C’est bien », « Tu es sage ») que les enfants à faible score.
  • Dans des situations de conformité au groupe de pairs (paradigme de type Asch adapté à l’enfance), les sujets à score élevé cèdent beaucoup plus fréquemment à la pression normative extérieure, confirmant la valeur prédictive de l’échelle quant à la vulnérabilité au conformisme.

8. Fidélité / Reliability

L’estimation de la précision métrologique de la YCSD s’est avérée particulièrement concluante lors des études de standardisation, défiant les difficultés habituelles inhérentes à la fidélité des mesures chez les enfants d’âge préscolaire.

8.1. Consistance interne

En raison du format en choix forcé dyadique, la fidélité interne a initialement été estimée par la méthode de bipartition (split-half reliability), complétée ultérieurement par les formules de Kuder-Richardson (KR-20) et le coefficient alpha de Cronbach :

  • Fidélité split-half (Spearman-Brown) : Les études princeps de Ford et Rubin (1970) menées sur des cohortes d’élèves de maternelle (kindergarten), de cours préparatoire (1ère année) et d’élémentaire ont rapporté des coefficients de corrélation corrigés variant de 0,78 à 0,89.
  • Formule KR-20 / Alpha de Cronbach : Dans des réplications psychométriques indépendantes, la consistance interne s’est maintenue à des niveaux solides, généralement compris entre 0,76 et 0,84, ce qui atteste d’une bonne homogénéité des items autour du construit d’auto-présentation idéale.

8.2. Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été investiguée sur des intervalles temporels courts à moyens (de 3 à 5 semaines) :

  • Sur un intervalle de 3 à 4 semaines, les corrélations test-retest oscillent entre $r = 0,79$ et $r = 0,85$ auprès des élèves de cours préparatoire et élémentaire.
  • Auprès des enfants plus jeunes d’âge préscolaire (4-5 ans), la stabilité temporelle est légèrement plus modeste ($r = 0,68$ à $0,73$), ce qui reflète la labilité attentionnelle et cognitive propre à ce stade de maturation neuronale et comportementale.

8.3. Évolution développementale des scores

Les données normatives montrent une tendance développementale claire : les scores moyens de désirabilité sociale ont tendance à décroître progressivement à mesure que l’enfant grandit (entre la grande section de maternelle et le cours élémentaire 2e année / CM1). Cette baisse traduit la maturation cognitive, le passage vers une morale autonome, et la capacité accrue à tolérer et à exprimer l’ambivalence sans redouter immédiatement la rupture du lien d’affection avec les adultes.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations psychométriques structurelles de la YCSD par analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) apportent un éclairage précieux sur l’organisation des réponses infantiles.

9.1. Structure factorielle exploratoire (AFE)

Lors de l’application de l’analyse en composantes principales avec rotation Varimax aux matrices de corrélations tétrachoriques (adaptées aux données dichotomiques), la solution factorielle fait systématiquement émerger un premier facteur général massif qui absorbe une part prépondérante de la variance commune (environ 25 % à 35 % de la variance totale), confirmant la pertinence de l’utilisation d’un score composite global.

Néanmoins, l’examen détaillé des saturations au-delà du facteur général révèle trois sous-facteurs de premier ordre clairement interprétables :

  • Facteur 1 : Soumission aux exigences de l’autorité et discipline scolaire/parentale (saturations entre 0,45 et 0,68)
    Items emblématiques : Item 12 (« Parents are always right »), Item 14 (« Always do what teacher tells »), Item 19 (« Always listen to parents »), Item 24 (« Never want to do things parents tell not to do »).
  • Facteur 2 : Contrôle des pulsions agressives et de l’irritabilité (saturations entre 0,40 et 0,65)
    Items emblématiques : Item 5 (« Never shout when angry »), Item 7 (« Never hit another boy or girl »), Item 11 (« Never feel like breaking things »), Item 25 (« Never get angry »).
  • Facteur 3 : Bienveillance interpersonnelle et probité sociale (saturations entre 0,38 et 0,62)
    Items emblématiques : Item 6 (« Never tell a little lie »), Item 21 (« Never feel like making fun of other people »), Item 26 (« Always nice to people »), Item 28 (« Always tell the truth »).

9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Les modélisations en équations structurelles modernes comparant un modèle strictement unidimensionnel à un modèle hiérarchique (un facteur général de second ordre coiffant les trois dimensions de premier ordre) indiquent que le modèle hiérarchique offre un ajustement supérieur aux données empiriques (avec des indices tels que CFI > 0,92, TLI > 0,90 et RMSEA < 0,05). Ces résultats confirment que si la désirabilité sociale s’exprime dans des registres comportementaux variés de la vie quotidienne de l’enfant, elle demeure cimentée par un besoin transversal d’invulnérabilité morale.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous la forme d’un protocole d’entretien standardisé individuel adapté aux particularités cognitives des jeunes enfants :

  • Type de test : Questionnaire psychométrique en passation individuelle administré oralement sous forme d’entretien directif.
  • Format des items : Choix forcé dyadique (forced-choice paired options). Pour chaque item, l’enfant doit choisir entre deux énoncés mutuellement exclusifs séparés par « or » (ou).
  • Nombre d’items : 28 paires d’affirmations.
  • Population cible : Enfants de maternelle (kindergarten) et des premières classes de primaire (approximativement de 4 à 8-9 ans).
  • Temps de passation : Environ 10 à 15 minutes.
  • Cotation et calcul du score :
    • Chaque item est coté de manière dichotomique : 1 point si l’enfant choisit l’option socialement désirable (irréaliste/idéalisée), 0 point s’il choisit l’option socialement indésirable mais normative/réaliste.
    • Le score total s’obtient par la somme arithmétique simple des points obtenus aux 28 items, oscillant donc sur un continuum de 0 à 28 points.
    • Interprétation générale :
      • Score faible (0 à 8) : Acceptation spontanée de ses propres limites comportementales, faible motivation d’approbation sociale, auto-évaluation réaliste ou désinhibition comportementale.
      • Score modéré (9 à 19) : Équilibre normatif standard pour la tranche d’âge entre la reconnaissance des règles sociales et l’aveu de petites transgressions quotidiennes.
      • Score très élevé (20 à 28) : Forte tendance défensive, besoin intense de validation et d’approbation adulte, hyper-conformisme, ou rigidité morale liée à une anxiété d’évaluation. Risque majeur de contamination par le biais de désirabilité sur les autres questionnaires concomitants.
  • Précautions d’administration : L’examinateur doit maintenir une neutralité bienveillante absolue, sans manifester d’approbation verbale ou non verbale (hochements de tête, sourires approbateurs) lors des réponses de l’enfant, afin de ne pas induire artificiellement un surcroît de réponses socialement désirables.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’historique et les conditions légales d’utilisation de l’instrument s’établissent comme suit :

  • Année de publication initiale : 1970, dans l’article princeps paru dans le Journal of Consulting and Clinical Psychology.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’échelle YCSD a été publiée dans le domaine universitaire pour la recherche scientifique et la pratique clinique. Elle a été reproduite intégralement dans divers manuels d’évaluation psychologique et recueils de mesures cliniques réputés, notamment dans le volume de référence de Joel Fischer et Kevin J. Corcoran : Measures for Clinical Practice and Research: A Sourcebook (Oxford University Press, 2007).
  • Conditions financières : L’instrument est libre de droits d’accès à des fins de recherche académique et d’utilisation clinique non commerciale (utilisation « open-access » académique sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Ford et Rubin, 1970).
  • Conditions d’utilisation commerciale : Toute inclusion dans un progiciel propriétaire, logiciel commercial d’évaluation ou publication lucrative nécessite l’accord formel des détenteurs historiques des droits ou de l’American Psychological Association (APA).

12. Références / References

Les références fondamentales relatives à la conception, la validation et l’utilisation de la YCSD comprennent les travaux suivants en style APA 7e édition :

  • Crandall, V. C., Crandall, V. J., & Katkovsky, W. (1965). A children’s social desirability questionnaire. Journal of Consulting Psychology, 29(1), 27–36. https://doi.org/10.1037/h0020966
  • Crowne, D. P., & Marlowe, D. (1960). A new scale of social desirability independent of psychopathology. Journal of Consulting Psychology, 24(4), 349–354. https://doi.org/10.1037/h0047358
  • Crowne, D. P., & Marlowe, D. (1964). The approval motive: Studies in evaluative dependence. John Wiley & Sons.
  • Fischer, J., & Corcoran, K. J. (2007). Young Children’s Social Desirability Scale (YCSD). In Measures for Clinical Practice and Research: A Sourcebook (4th ed., Vol. 1, pp. 613–615). Oxford University Press.
  • Ford, L. H., & Rubin, B. M. (1970). A social desirability questionnaire for young children. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 35(2), 195–204. https://doi.org/10.1037/h0030018
  • Paulhus, D. L. (1984). Two-component models of socially desirable responding. Journal of Personality and Social Psychology, 46(3), 598–609. https://doi.org/10.1037/0022-3514.46.3.598
  • Piaget, J. (1932). Le jugement moral chez l’enfant. Félix Alcan.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
  1. Do you sometimes play with toys? or
    Do you never play with toys?
  2. Do you always play all by yourself? or
    Do you sometimes play with other children?
  3. Do you sometimes argue with your mother? or
    Do you never argue with your mother?
  4. Are you always polite to older people’ or
    Are you sometimes not polite to older people?
  5. Do you never shout when you feel angry? or
    Do you sometimes shout when you feel angry?
  6. Do you sometimes tell a little lie’ or
    Do you never tell a little lie?
  7. Do you sometimes hit another boy or girl?
    Do you never hit another boy or girl?
  8. Do you always help people? or
    Do you sometimes not help people?
  9. Do you never show off to your friends? or
    Do you sometimes show off to your friends?
  10. Do you sometimes say mean things to people? or
    Do you never say mean things to people?
  11. Do you sometimes feel like throwing or breaking things? or
    Do you never feel like throwing or breaking things?
  12. Do you feel that your parents are always right? or
    Do you sometimes feel that your parents are not always right?
  13. Do you never act naughty’ or
    Do you sometimes act naughty?
  14. Do you sometimes do other things instead of what your teacher tells you to do? or
    Do you always do what your teacher tells you to do?
  15. Do you sometimes do things you’re not supposed to do? or
    Do you never do things you’re not supposed to do?
  16. Do you think your teachers know more than you do? or
    Do you think you know more than your teacher does? (I know more)
  17. Do you sometimes want things your parents don’t want you to have? or
    Do you never want things your parents don’t want you to have?
  18. Does it sometimes bother you when you don’t get your way? or
    Does It never bother you when you don’t get your way?
  19. Do you always listen to your parents? or
    Do you sometimes not listen to your parents?
  20. Do you always wash your hands before every meal? or
    Do you sometimes not wash your hands before every meal?
  21. Do you never feel like making fun of other people? or
    Do you sometimes feel like making fun of other people?
  22. Do you sometimes forget to say “please” and “thank you”? or
    Do you never forget to say “please” and “thank you”?
  23. Does it sometimes bother you to share things with your friends? or
    Does it never bother you to share things with your friends?
  24. Do you sometimes want to do things your parents tell you not to do?
    Do you never want to do things your parents tell you not to do?
  25. Do you never get angry? or
    Do you sometimes get angry?
  26. Are you always nice to people? or
    Are you sometimes not nice to people?
  27. Do you sometimes not do the right things? Or
    Do you always do the right things?
  28. Do you always tell the truth? or
    Do you sometimes not tell the truth?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 2). Échelle de désirabilité sociale pour jeunes enfants (YCSD). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-desirabilite-sociale-pour-jeunes-enfants-ycsd/
Looti, Mohammed. “Échelle de désirabilité sociale pour jeunes enfants (YCSD).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-desirabilite-sociale-pour-jeunes-enfants-ycsd/.
Looti, Mohammed. “Échelle de désirabilité sociale pour jeunes enfants (YCSD).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-desirabilite-sociale-pour-jeunes-enfants-ycsd/.