Échelle de dépression postnatale d’Édimbourg (EPDS)

L’Échelle de dépression postnatale d’Édimbourg (EPDS) est le questionnaire de référence mondial pour le dépistage de la dépression périnatale et du post-partum.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle de dépression postnatale d’Édimbourg (communément désignée sous l’acronyme EPDS, pour Edinburgh Postnatal Depression Scale) constitue l’étalon-or international des instruments d’auto-évaluation et de dépistage de la dépression périnatale. Élaborée en 1987 par John L. Cox, Jeni M. Holden et Ruth Sagovsky dans la région d’Édimbourg, cette échelle a été spécifiquement conçue pour surmonter les limitations intrinsèques des outils d’évaluation dépressive traditionnels lorsqu’ils sont appliqués à la période du post-partum. Les inventaires conventionnels intègrent fréquemment des manifestations somatiques et neurovégétatives — telles que la fatigue intense, les modifications de l’architecture du sommeil ou les fluctuations de l’appétit — qui relèvent généralement de l’adaptation physiologique et contextuelle normale aux soins requis par un nouveau-né plutôt que d’un dysfonctionnement thymique pathologique.

L’EPDS est un questionnaire concis composé de 10 items auto-administrés, évaluant l’état émotionnel au cours des sept derniers jours. Chaque énoncé propose quatre modalités de réponse ordonnées selon une échelle catégorielle de type Likert cotée de 0 à 3, générant un score total continu compris entre 0 et 30. Plusieurs items font l’objet d’un codage inversé afin d’atténuer les biais de complaisance ou d’acquiescement. Si l’instrument a été initialement conçu selon une logique unifactorielle mesurant la sévérité de l’humeur dépressive, d’abondantes analyses psychométriques contemporaines démontrent une structure pluridimensionnelle intégrant deux à trois sous-dimensions distinctes : la dépression thymique pure (anhédonie, tristesse), l’anxiété périnatale et l’idéation suicidaire (matérialisée de manière critique par l’item 10).

Sur le plan métrologique, l’EPDS démontre des propriétés psychométriques robustes à travers un vaste corpus de littératures transculturelles. La cohérence interne est élevée, affichant des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,82 et 0,88, et une fidélité test-retest atteignant 0,92. Dans sa validation princeps, avec un seuil décisionnel optimal fixé à 12/13, l’instrument a exhibé une sensibilité de 86 %, une spécificité de 78 % et une valeur prédictive positive de 73 % pour identifier les épisodes dépressifs majeurs confirmés par entretien psychiatrique standardisé. Validé dans plus de soixante langues et dialectes, l’instrument est également étalonné pour le dépistage prénatal durant la grossesse (avec un seuil ajusté souvent préconisé à 14/15) ainsi que pour la détection de la détresse psychologique chez les pères en période postnatale (avec un seuil adapté de 9/10).

2. Mots-clés

Échelle de dépression postnatale d’Édimbourg, EPDS, dépression périnatale, dépression du post-partum, santé mentale maternelle, dépistage psychométrique, anxiété périnatale, psychométrie clinique, auto-questionnaire, santé reproductive, vulnérabilité puerpérale, validation transculturelle.

3. Auteurs

L’échelle a été développée et validée par une équipe de cliniciens et d’épidémiologistes rattachés aux départements de psychiatrie et de médecine générale de l’Université d’Édimbourg en Écosse :

  • John L. Cox : Professeur émérite de psychiatrie, Département de psychiatrie, University of Edinburgh et School of Postgraduate Medicine, Keele University, Royaume-Uni. Pionnier mondial de la recherche en psychiatrie périnatale et ancien président de la Marcé Society for Perinatal Mental Health.
  • Jeni M. Holden : Attachée de recherche clinique en sciences comportementales et psychiatrie communautaire, Department of Psychiatry, University of Edinburgh, Royaume-Uni.
  • Ruth Sagovsky : Médecin psychiatre et clinicienne-chercheuse, Department of Psychiatry, University of Edinburgh, Royal Edinburgh Hospital, Édimbourg, Royaume-Uni.

4. Objectif

L’objectif fondamental ayant présidé à la création de l’EPDS est d’ordre clinique, épidémiologique et préventif. Durant les décennies 1970 et 1980, la psychiatrie périnatale s’est heurtée à une sous-estimation systématique et dramatique de la dépression post-partum, une pathologie qui affecte entre 10 % et 15 % des accouchées à l’échelle planétaire. Les professionnels de santé de première ligne — sages-femmes, infirmières puéricultrices, médecins généralistes et obstétriciens — manquaient cruellement d’instruments standardisés maniables permettant de distinguer les fluctuations émotionnelles bénignes et transitoires (telles que le syndrome du troisième jour ou baby blues) des épisodes dépressifs caractérisés susceptibles de compromettre durablement la santé de la mère, la relation dyadique mère-enfant et le développement neuro-cognitif du nourrisson.

Les échelles psychométriques générales d’évaluation de la dépression alors disponibles, comme l’inventaire de dépression de Beck (BDI) ou l’échelle d’évaluation de Hamilton pour la dépression (HAM-D), généraient une proportion inacceptable de faux positifs dans la population puerpérale. En effet, ces instruments accordent un poids prépondérant aux manifestations corporelles et somatiques : perturbation du sommeil nocturne, lassitude diurne, épuisement musculaire, ralentissement psychomoteur et désintérêt pour la sexualité. Or, chez une femme venant d’accoucher, ces manifestations représentent des répercussions physiologiques ordinaires induites par l’accouchement, la dette de sommeil inhérente aux cycles de tétée du nouveau-né et les remaniements endocriniens massifs marquant les suites de couches. L’EPDS a donc été délibérément conçu pour exclure la majorité de ces symptômes somatiques confondants et focaliser l’évaluation exclusivement sur les dimensions cognitives, affectives et anxieuses de la détresse psychique.

Sur le plan des applications pratiques, l’EPDS remplit une double fonction :

  • En pratique clinique courante : il sert d’outil de triage systématique et d’aide à la décision lors des visites postnatales de routine (typiquement entre la 4e et la 8e semaine après l’accouchement) et au cours des consultations de suivi prénatal. Il permet d’engager un dialogue bienveillant autour de l’expérience affective de la parentalité et d’orienter rapidement les mères franchissant les scores seuils vers une prise en charge psychologique ou psychiatrique ciblée. Il ne s’agit en aucun cas d’un instrument de diagnostic catégoriel nosographique automatisé, mais d’une sonnette d’alarme psychométrique requérant une confirmation diagnostique par entretien clinique approfondi.
  • En recherche épidémiologique et biomédicale : l’EPDS constitue la métrique de référence universelle permettant de comparer les prévalences de la détresse périnatale à travers différentes populations, d’évaluer l’efficacité thérapeutique des interventions psycho-éducatives ou pharmacologiques, et d’explorer les interactions entre la santé mentale maternelle et des variables biologiques (immunologiques, génétiques ou hormonales).

5. Construit psychologique

Le construit théorique opérationnalisé par l’Échelle de dépression postnatale d’Édimbourg s’articule autour de la notion de détresse psychologique puerpérale, dominée par l’affect dépressif et les manifestations anxieuses secondaires. Contrairement aux modèles diagnostiques traditionnels qui conceptualisent l’épisode dépressif à travers un prisme somato-affectif unifié, l’EPDS circonscrit son champ d’investigation aux manifestations subjectives, affectives et cognitives suivantes :

1. L’anhédonie et la perte de réactivité émotionnelle positive (Items 1 et 2)

L’incapacité à ressentir du plaisir ou à anticiper avec enthousiasme les événements du quotidien constitue le noyau sémiologique de la dépression mélancolique et majeure. Dans le contexte de la maternité, l’incapacité de la mère à se réjouir ou à éprouver de la satisfaction au contact de son environnement et des soins prodigués à l’enfant représente un marqueur pronostique majeur. L’item 1 explore la capacité d’humour et de distanciation cognitive (« I have been able to laugh and see the funny side of things »), tandis que l’item 2 cible directement l’anticipation positive et la motivation hédonique (« I have looked forward with enjoyment to things »).

2. L’auto-accusation excessive et le sentiment de culpabilité inadaptée (Item 3)

La culpabilité périnatale s’enracine fréquemment dans la discordance ressentie entre l’idéalisation sociétale de la maternité heureuse et la réalité psychique de l’épuisement, de l’ambivalence ou du désarroi maternel. L’item 3 (« I have blamed myself unnecessarily when things went wrong ») évalue l’intériorisation disproportionnée de la responsabilité en cas de contrariété, manifestant un biais cognitif dépressif classique où la patiente s’attribue des fautes imaginaires concernant les soins au bébé ou la gestion domestique.

3. L’anxiété psychique et la panique sans objet (Items 4 et 5)

Bien que labellisé comme une échelle de dépression, l’EPDS accorde une place cardinale aux composantes de l’anxiété diffuse et de la détresse aiguë. La dépression du post-partum est reconnue pour sa forte comorbidité anxieuse, prenant souvent l’allure d’un trouble anxio-dépressif mixte. L’item 4 sonde l’inquiétude cognitive sans fondement rationnel (« I have been anxious or worried for no good reason »), tandis que l’item 5 évalue les accès paroxystiques de frayeur ou d’angoisse panique spontanée (« I have felt scared or panicky for no very good reason »).

4. Le débordement cognitif et la perte de contrôle adaptatif (Item 6)

Le sentiment d’impuissance et de surcharge mentale est capté par l’item 6 (« Things have been getting on top of me »), qui quantifie l’incapacité subjective perçue à faire face aux exigences quotidiennes (coping breakdown). Cet élément traduit l’effondrement du sentiment d’auto-efficacité parentale, un puissant médiateur de la sévérité dépressive.

5. Les manifestations dysphoriques sévères et l’altération du sommeil thymique (Items 7, 8 et 9)

L’EPDS n’inclut qu’un unique paramètre physiologique (l’insomnie à l’item 7), mais en prend soin de le conditionner expressément à l’humeur : « I have been so unhappy that I have had difficulty sleeping ». Ce libellé critique garantit que les éveils nocturnes rapportés résultent de ruminations dysphoriques et non des éveils provoqués par les pleurs du nourrisson. Les items 8 et 9 mesurent directement la tristesse profonde continue, le désespoir moral et l’accès aux pleurs incontrôlés (« I have felt sad or miserable » et « I have been so unhappy that I have been crying »).

6. L’idéation suicidaire et l’auto-agressivité (Item 10)

L’ultime dimension explorée concerne les pulsions autolytiques (« The thought of harming myself has occurred to me »). Cet item possède un statut sentinelle absolu : indépendamment du score global obtenu sur l’ensemble de l’échelle, toute réponse positive non nulle (score 1, 2 ou 3) à cet item impose une évaluation psychiatrique d’urgence afin d’écarter un risque de suicide puerpéral ou d’infanticide lié à une décompensation psychotique aiguë.

6. Cadre théorique

Le cadre théorique sous-jacent à l’EPDS s’enracine à la convergence de la psychopathologie périnatale, de la théorie cognitive de la dépression et du modèle biopsychosocial de la transition vers la parentalité. Historiquement, l’essor de la psychiatrie puerpérale moderne doit ses fondements aux travaux fondateurs de Louis-Victor Marcé au XIXe siècle, qui identifiait déjà la vulnérabilité psychique singulière accompagnant les couches, période marquée par des réorganisations identitaires et cérébrales profondes.

Au niveau cognitif, l’instrument reflète fidèlement les principes de la théorie triadique développée par Aaron T. Beck. Selon ce modèle, la dépression émerge de schémas cognitifs latents négatifs qui, activés par les stresseurs de la parentalité, induisent des distorsions cognitives systématiques portant sur soi (sentiment d’incompétence maternelle), sur le monde (sentiment d’isolement et perception d’exigences insurmontables) et sur l’avenir (désespoir quant au rétablissement). L’EPDS mesure avec acuité ces biais cognitifs à travers les items de reproche de soi (item 3), d’incapacité d’adaptation (item 6) et d’absence d’anticipation heureuse (item 2).

Sur le plan structurel, Cox et ses collaborateurs ont mobilisé les enseignements de l’Irritability, Depression and Anxiety Scale (IDA) de Snaith et al. (1978) ainsi que de l’échelle hospitalière d’anxiété et de dépression (HADS) de Zigmond et Snaith (1983). Ces cadres théoriques ont posé le postulat méthodologique qu’en milieu médical non psychiatrique, la mesure valide de l’état dépressif exige l’expulsion délibérée des descripteurs somatiques neurovégétatifs afin d’éviter les artefacts de mesure (surdiagnostic lié aux comorbidités somatiques). L’EPDS a adapté ce paradigme psychométrique à la matrice étiologique unique du post-partum, caractérisée par une chute abrupte des stéroïdes placentaires (progestérone, œstrogènes), une hypersensibilité de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et une restructuration majeure des attachements psycho-affectifs.

7. Validité

Les propriétés de validité de l’EPDS ont été examinées de façon exhaustive à travers des centaines d’études cliniques et de cohortes épidémiologiques internationales, confirmant sa haute valeur métrologique :

Validité de critère et prédictive

Dans l’étude princeps menée par Cox, Holden et Sagovsky (1987) sur un échantillon de 84 mères à Édimbourg confronté au standard diagnostique de la Standardized Psychiatric Interview (SPI) et aux critères RDC (Research Diagnostic Criteria), l’utilisation d’un seuil de coupure fixé à 12/13 a permis d’isoler 100 % des femmes présentant un épisode dépressif majeur caractérisé (21 cas sur 21). L’échelle a démontré une sensibilité globale de 86 %, une spécificité de 78 % et une valeur prédictive positive de 73 %. La revue systématique et méta-analyse majeure réalisée par Eberhard-Gran et al. (2001), englobant 18 études de validation internationales, a révélé des sensibilités oscillant entre 65 % et 100 % et des spécificités s’étendant de 49 % à 100 % selon les populations investiguées et les critères d’or psychiatriques employés (DSM-III, DSM-IV ou CIM-10).

Validité convergente et concourante

L’EPDS présente de fortes corrélations positives avec d’autres échelles de psychopathologie générale et spécifique validées. Les travaux d’étalonnage australiens conduits par Boyce, Stubbs et Todd (1993) ont mis en évidence une corrélation de Pearson de r = 0,72 avec le General Health Questionnaire (GHQ-28) et de r = 0,67 avec l’échelle de Pitt pour la dépression postnatale. Des corrélations similaires ont été rapportées avec le BDI (r > 0,70) et la composante dépressive de la HADS (r > 0,75), démontrant que l’échelle mesure avec fidélité le noyau psychopathologique de la souffrance affective.

Validité discriminante

L’instrument démontre une excellente capacité à discriminer les mères souffrant d’une dépression clinique avérée de celles traversant des perturbations émotionnelles transitoires ou un simple épuisement physique. Les études cliniques confirment que les mères saines mais en dette de sommeil chronique maintiennent des scores faibles (généralement inférieurs à 6), prouvant l’insensibilité protectrice de l’outil face aux seuls troubles physiologiques du sommeil du nourrisson.

Sensibilité transculturelle et variations de seuils

La validité transculturelle de l’EPDS a été démontrée sur tous les continents. Néanmoins, les chercheurs soulignent l’impératif d’ajuster les seuils décisionnels selon les contextes linguistiques et culturels en raison de variations dans les modes d’expression émotionnelle et de la stigmatisation sociale associée à la santé mentale. Chez les mères francophones, les travaux de Guedeney et al. (2000) et de Teissedre et Chabrol ont validé des seuils opérationnels situés entre 10,5 et 11,5 pour maximiser le compromis sensibilité/spécificité. Durant la grossesse (période prénatale), Matthey et al. (2006) préconisent d’élever le seuil d’alerte à 14/15 pour compenser l’anxiété gestationnelle normale, tandis que chez les pères en post-partum, Matthey et al. (2001) ont démontré qu’un seuil abaissé à 9/10 permettait de capturer la détresse paternelle en dépit d’une expression verbale plus contenue des affects dépressifs.

8. Fidélité

La fidélité métrologique de l’EPDS atteste d’une remarquable consistance de mesure temporelle et d’une cohésion interne rigoureuse :

  • Cohérence interne : Lors de l’étude princeps de Cox et al. (1987), la fiabilité par bissection (split-half reliability) atteignait 0,88, et le coefficient alpha standardisé de Cronbach s’élevait à 0,87. Les recherches ultérieures ont systématiquement confirmé ces indices d’homogénéité interne au sein de populations diversifiées, avec des coefficients alpha compris quasi invariablement entre 0,82 et 0,89 (Boyce et al., 1993 ; Kernot et al., 2015).
  • Stabilité temporelle (Fidélité test-retest) : Bien que l’EPDS soit un instrument d’état évaluant les symptômes sur une fenêtre temporelle étroite de 7 jours (sensible par définition aux fluctuations thymiques et aux événements de vie), sa fidélité test-retest demeure exceptionnelle à court intervalle. L’investigation psychométrique rigoureuse menée par Kernot, Olds, Lewis et Maher (2015) sur un protocole standardisé a mis en évidence un coefficient de corrélation intraclasse test-retest de 0,92 (IC à 95 % : 0,89 – 0,94), attestant d’une excellente reproductibilité des scores en l’absence d’intervention thérapeutique.
  • Erreur standard de mesure (SEM) : La modélisation métrologique indique une faible erreur standard de mesure (généralement inférieure à 1,5 point sur l’échelle globale de 30 points), garantissant que les variations de scores observées chez une patiente lors d’évaluations longitudinales reflètent de véritables trajectoires cliniques plutôt qu’un bruit statistique aléatoire.

9. Analyse factorielle

Bien que l’instrument ait été initialement conçu selon un modèle unifactoriel représentant un indice global de sévérité dépressive, l’application systématique des techniques d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) sur des cohortes larges a révélé une structure latente multidimensionnelle plus nuancée :

Modèle bifactoriel (Dépression et Anxiété)

De nombreux auteurs, dont Guedeney, Fermanian, Guelfi et Kumar (2000) ainsi que Matthey et al. (2001), ont mis en évidence une dissociation factorielle robuste isolant deux dimensions corrélées :

  • Facteur Dépression / Anhédonie : regroupant 7 à 8 items (particulièrement les items 1, 2, 7, 8, 9 et 10) qui saturent massivement sur la composante d’humeur triste, d’anhédonie franche, d’inhibition psychique et de culpabilité (saturations factorielles comprises entre 0,60 et 0,85).
  • Facteur Anxiété : fréquemment désigné sous le terme de sous-échelle EPDS-Anxiety (EPDS-3A). Ce facteur est principalement sous-tendu par les items 3, 4 et 5 (inquiétude irrationnelle, frayeur/panique spontanée et culpabilité anxieuse), avec des saturations factorielles très élevées (souvent supérieures à 0,70). Ce profil factoriel corrobore la position clinique de l’organisation australienne Beyond Blue, qui préconise d’analyser conjointement le score global et la grappe des items 3, 4 et 5 pour isoler les tableaux d’anxiété postnatale isolée sans dépression thymique majeure.

Modèle trifactoriel

D’autres modélisations par équations structurelles avancées ont proposé une partition en trois facteurs distincts :

  • Facteur 1 : Anhédo-dépression (Items 1, 2).
  • Facteur 2 : Anxiété psychique et débordement (Items 3, 4, 5, 6).
  • Facteur 3 : Dépression mélancolique et détresse suicidaire (Items 7, 8, 9, 10).

Quelle que soit la solution factorielle retenue, l’AFC confirme l’existence d’un facteur général de second ordre (la détresse affective périnatale globale) qui justifie pleinement l’utilisation clinique universelle du score composite total obtenu par sommation simple des 10 items.

10. Instrument de mesure

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique de dépistage clinique (auto-questionnaire).
  • Nombre d’items : 10 énoncés concis explorant le bien-être subjectif.
  • Fenêtre temporelle d’évaluation : Les 7 derniers jours révolus (incluant le jour de passation).
  • Format et échelle de réponse : Échelle catégorielle en 4 points (cotée de 0 à 3, avec des libellés textuels spécifiques adaptés à chaque item) : 4-point categorical scale (scored 0 to 3, with specific response labels tailored to each item).
  • Modalités de passation : Auto-administration papier-crayon, formulaire numérique en ligne, ou lecture orale neutre par un soignant formé si la patiente présente des barrières d’alphabétisation. Temps moyen d’administration : 3 à 5 minutes.
  • Règles de cotation et inversion des scores :
    • Les Items 1, 2 et 4 sont cotés dans l’ordre direct : 0, 1, 2, 3 de la première à la quatrième proposition.
    • Les Items 3, 5, 6, 7, 8, 9 et 10 font l’objet d’une cotation inversée : 3, 2, 1, 0 (la première option traduisant la sévérité maximale valant 3, et la dernière proposition valant 0).
    • Étendue du score global : De 0 à 30 points.
  • Interprétation des scores seuils (Recommandations cliniques standards) :
    • Score de 0 à 9 : Faible probabilité de dépression ou de détresse psychique caractérisée.
    • Score de 10 à 12 : Probabilité modérée d’état dépressif / présence de symptômes anxio-dépressifs nécessitant une surveillance clinique et une réévaluation à court terme (ex. sous 2 semaines).
    • Score de 13 ou plus : Forte probabilité d’épisode dépressif majeur caractérisé ; orientation clinique impérative pour confirmation diagnostique et prise en charge spécialisée.
    • Seuil prénatal recommandé : 14 ou 15 points (selon les directives internationales pour la période de grossesse).
    • Seuil masculin / paternel recommandé : 9 ou 10 points pour la détection de la détresse paternelle en post-partum.
    • Règle critique de sécurité relative à l’Item 10 : Toute cotation supérieure à zéro (score 1, 2 ou 3) à la question évaluant les pensées auto-agressives ou suicidaires impose immédiatement une évaluation clinique du risque suicidaire par un professionnel qualifié, même si le score cumulé total est strictement inférieur aux seuils susmentionnés.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 1987 (publication originale dans le British Journal of Psychiatry).
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’EPDS est soumis au droit d’auteur détenu par le Royal College of Psychiatrists. Toutefois, les auteurs et les détenteurs des droits ont instauré une politique de libre accès pour la pratique clinique et la recherche académique non commerciale. L’échelle peut être reproduite, traduite et administrée gratuitement sans versement de redevances financières, sous réserve expresse de citer rigoureusement la publication originale de Cox, Holden et Sagovsky (1987) et de ne pas altérer le libellé des énoncés ni leur mode de cotation.
  • Tarification : Accès libre et gratuit (aucun coût de licence pour les soignants, institutions hospitalières publiques et chercheurs universitaires).
  • Organismes de diffusion et ressources : Le formulaire et les guides d’interprétation transculturelle sont librement téléchargeables auprès d’organismes de santé publique périnatale renommés, notamment Beyond Blue et le Centre of Perinatal Excellence (COPE) en Australie.

12. Références

Boyce, P., Stubbs, J., & Todd, A. (1993). The Edinburgh Postnatal Depression Scale: Validation for an Australian sample. Australian and New Zealand Journal of Psychiatry, 27(3), 472–476. https://doi.org/10.3109/00048679309075805

Cox, J. L., Holden, J. M., & Sagovsky, R. (1987). Detection of postnatal depression: Development of the 10-item Edinburgh Postnatal Depression Scale. British Journal of Psychiatry, 150(6), 782–786. https://doi.org/10.1192/bjp.150.6.782

Eberhard-Gran, M., Eskild, A., Tambs, K., Opjordsmoen, S., & Samuelsen, S. O. (2001). Review of validation studies of the Edinburgh Postnatal Depression Scale. Acta Psychiatrica Scandinavica, 104(4), 243–249. https://doi.org/10.1034/j.1600-0447.2001.00187.x

Guedeney, N., Fermanian, J., Guelfi, J. D., & Kumar, R. C. (2000). The Edinburgh Postnatal Depression Scale (EPDS) and the detection of major depressive disorders in early postpartum: Some concerns about false negatives. Journal of Affective Disorders, 61(1–2), 107–112. https://doi.org/10.1016/S0165-0327(00)00156-8

Kernot, J., Olds, T., Lewis, L. K., & Maher, C. (2015). Test-retest reliability of the English version of the Edinburgh Postnatal Depression Scale. Archives of Women’s Mental Health, 18(2), 255–257. https://doi.org/10.1007/s00737-014-0461-4

Matthey, S., & Agostini, F. (2017). Using the Edinburgh Postnatal Depression Scale for women and men – some cautionary thoughts. Archives of Women’s Mental Health, 20(2), 345–354. https://doi.org/10.1007/s00737-016-0710-9

Matthey, S., Barnett, B., Kavanagh, D. J., & Howie, P. (2001). Validation of the Edinburgh Postnatal Depression Scale for men, and comparison of item endorsement with their partners. Journal of Affective Disorders, 64(2–3), 175–184. https://doi.org/10.1016/S0165-0327(00)00236-7

Matthey, S., Henshaw, C., Elliott, S., & Barnett, B. (2006). Variability in use of cut-off scores and formats on the Edinburgh Postnatal Depression Scale – implications for clinical and research practice. Archives of Women’s Mental Health, 9(6), 309–315. https://doi.org/10.1007/s00737-006-0152-x

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: As you are having a baby or have recently had a baby, we would like to know how you are feeling. Please tick the answer which comes closest to how you have felt in the past 7 days, not just how you feel today.
Response Scale: 4-point categorical scale (scored 0 to 3, with specific response labels tailored to each item)
Scoring / Reverse Items: Items 1, 2, and 4 are scored 0, 1, 2, 3 from the first response option to the last. Items 3, 5, 6, 7, 8, 9, and 10 are reverse scored (3, 2, 1, 0). Total scores range from 0 to 30. A score of 10 or greater indicates possible depression, and a score of 12 or 13 or greater indicates probable depressive illness. Any positive response to item 10 requires immediate clinical assessment.
1

I have been able to laugh and see the funny side of things:
2

[ ] As much as I always could (0)
3

[ ] Not quite so much now (1)
4

[ ] Definitely not so much now (2)
5

[ ] Not at all (3)
2

I have looked forward with enjoyment to things:
3

[ ] As much as I ever did (0)
4

[ ] Rather less than I used to (1)
5

[ ] Definitely less than I used to (2)
6

[ ] Hardly at all (3)
3

I have blamed myself unnecessarily when things went wrong:
4

[ ] Yes, most of the time (3)
5

[ ] Yes, some of the time (2)
6

[ ] Not very often (1)
7

[ ] No, never (0)
4

I have been anxious or worried for no good reason:
5

[ ] No, not at all (0)
6

[ ] Hardly ever (1)
7

[ ] Yes, sometimes (2)
8

[ ] Yes, very often (3)
5

I have felt scared or panicky for no very good reason:
6

[ ] Yes, quite a lot (3)
7

[ ] Yes, sometimes (2)
8

[ ] No, not much (1)
9

[ ] No, not at all (0)
6

Things have been getting on top of me:
7

[ ] Yes, most of the time I haven't been able to cope at all (3)
8

[ ] Yes, sometimes I haven't been coping as well as usual (2)
9

[ ] No, most of the time I have coped quite well (1)
10

[ ] No, I have been coping as well as ever (0)
7

I have been so unhappy that I have had difficulty sleeping:
8

[ ] Yes, most of the time (3)
9

[ ] Yes, sometimes (2)
10

[ ] Not very often (1)
11

[ ] No, not at all (0)
8

I have felt sad or miserable:
9

[ ] Yes, most of the time (3)
10

[ ] Yes, quite often (2)
11

[ ] Not very often (1)
12

[ ] No, not at all (0)
9

I have been so unhappy that I have been crying:
10

[ ] Yes, most of the time (3)
11

[ ] Yes, quite often (2)
12

[ ] Only occasionally (1)
13

[ ] No, never (0)
10

The thought of harming myself has occurred to me:
11

[ ] Yes, quite often (3)
12

[ ] Sometimes (2)
13

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Looti, M. (2026, septembre 30). Échelle de dépression postnatale d’Édimbourg (EPDS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-depression-postnatale-dedimbourg-epds-2/
Looti, Mohammed. “Échelle de dépression postnatale d’Édimbourg (EPDS).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-depression-postnatale-dedimbourg-epds-2/.
Looti, Mohammed. “Échelle de dépression postnatale d’Édimbourg (EPDS).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-depression-postnatale-dedimbourg-epds-2/.