1. Résumé / Abstract
L’Échelle de délinquance pour adolescents (communément désignée dans la littérature anglophone sous l’appellation Adolescent Delinquency Scale ou issue des travaux sur la Self-Report Delinquency Scale [SRD]) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la nature, la fréquence et la sévérité des comportements délinquants, antisociaux et déviants chez les adolescents et les jeunes adultes. Élaborée à partir des paradigmes méthodologiques d’auto-révélation développés notamment dans le cadre de la vaste enquête longitudinale National Youth Survey (Elliott, Huizinga, & Ageton, 1985) et réinvestie dans les recherches en psychologie sociale expérimentale et différentielle (notamment par Craig A. Anderson et ses collaborateurs au début des années 1990 et 2000), cette échelle compte 45 items évaluant un large éventail d’infractions et de déviances comportementales.
Le spectre des comportements investigués englobe le vandalisme et la destruction de biens matériels, les vols de gravité variable (allant du vol mineur d’objets de moins de 5 dollars aux vols de véhicules motorisés), l’agression physique interpersonnelle et l’utilisation d’armes, la fraude et les infractions au statut juvénile (fugues, absentéisme scolaire), ainsi que la consommation et le trafic de substances illicites (alcool, cannabis, drogues dures). L’administration repose traditionnellement sur une période de rappel rétrospective couvrant les douze derniers mois (« last year »). Les participants sont invités soit à renseigner le nombre exact d’occurrences pour chaque conduite (mesure continue de fréquence), soit à répondre sur une échelle ordinale de type Likert en cinq points s’étalant de « jamais » (1) à « souvent » (5).
Sur le plan métrologique, l’échelle démontre d’excellentes qualités psychométriques. La consistance interne globale se révèle particulièrement élevée, affichant des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre .84 et .94 selon les échantillons d’adolescents tout-venant ou judiciarisés. La validité de construit et la validité convergente sont solidement étayées par des corrélations significatives avec les dossiers judiciaires officiels, les échelles d’agressivité générale, les traits de psychopathie juvénile, ainsi que l’exposition prolongée aux contenus médiatiques violents. Utilisée conjointement en recherche fondamentale, en criminologie développementale, en psychologie clinique et au sein des juridictions pour mineurs, l’Échelle de délinquance pour adolescents demeure un outil de référence international pour documenter la délinquance occulte et guider les stratégies d’intervention précoce.
2. Mots-clés / Keywords
Délinquance juvénile, auto-révélation, psychométrie, évaluation comportementale, agression interpersonnelle, vol, vandalisme, abus de substances, criminologie développementale, validité psychométrique, délinquance occulte, échelle d’évaluation, adolescence, théorie du lien social.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle de délinquance pour adolescents s’enracine dans la tradition des instruments de délinquance auto-rapportée développés initialement par Delbert S. Elliott, David Huizinga et Suzanne S. Ageton au sein de l’Institute of Behavioral Science de l’Université du Colorado à Boulder (dans le cadre de la prestigieuse cohorte nationale américaine National Youth Survey). Cette méthodologie a ensuite été adaptée, raffinée et opérationnalisée dans des protocoles de recherche en psychologie sociale et cognitive à l’Université du Minnesota au début des années 1990, avant d’être largement popularisée et diffusée par :
- Craig A. Anderson, Ph.D. — Distinguished Professor of Psychology, Department of Psychology, Iowa State University, W112 Lagomarcino Hall, Ames, IA 50011-3180, États-Unis. Courriel institutionnel : [email protected]. Ses recherches fondamentales portent sur l’agression humaine, les processus cognitifs sociaux, les schémas comportementaux déviants et l’impact de l’environnement médiatique.
- Karen E. Dill, Ph.D. — Chercheuse et professeure de psychologie associée aux travaux novateurs sur les liens empiriques unissant l’exposition à la violence vidéoludique, la cognition agressive et les manifestations tangibles de délinquance à l’adolescence.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle de délinquance pour adolescents est d’offrir une quantification standardisée, standardisable et exempte des biais inhérents aux statistiques administratives officielles concernant les comportements transgressifs perpétrés au cours de la période transitionnelle de l’adolescence. En criminologie et en psychopathologie du développement, les données institutionnelles (mains courantes de police, arrestations, condamnations par les tribunaux pour mineurs) ne capturent qu’une fraction marginale des délits réellement commis — un phénomène théorisé sous le concept de « chiffre noir de la délinquance » (dark figure of crime). De nombreux actes de vandalisme, de larcins intra-familiaux, de bagarres sans dépôt de plainte ou d’expérimentations de stupéfiants échappent systématiquement à la vigilance des autorités policières et scolaires. Les méthodes d’auto-révélation (self-report methodology), inaugurées dans les travaux fondateurs de Hindelang, Hirschi et Weis (1981), fournissent un accès direct à l’expérience comportementale vécue par l’adolescent.
Sur le plan de la recherche empirique, l’échelle remplit une fonction heuristique essentielle :
- Elle permet d’éprouver la validité prédictive des modèles étiologiques contemporains, à l’instar de la théorie intégrée de la délinquance (Elliott et al., 1985), du modèle du développement social de Hawkins et Catalano, et du Modèle Général d’Agression (General Aggression Model, GAM ; Anderson & Bushman, 2002).
- Elle offre une variable dépendante robuste pour mesurer les corrélats écologiques, familiaux, neurocognitifs et environnementaux (consommation de médias interactifs violents, affiliation à des pairs déviants, conflits parentaux, impulsivité motrice).
- Elle facilite le suivi longitudinal de la trajectoire délinquante, distinguant la délinquance transitoire limitée à l’adolescence (adolescence-limited delinquency) des profils chroniques persistants tout au long de la vie (life-course persistent ; Moffitt, 1993).
Sur le plan des applications cliniques et forensiques, l’inventaire sert d’instrument d’évaluation diagnostique et de dépistage précoce au sein des services de protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), des unités de pédopsychiatrie et des milieux scolaires. En identifiant précisément la typologie des actes commis (agression instrumentale, vol, infractions d’opposition, polyconsommation de toxiques), les praticiens peuvent estimer le niveau de dangerosité sociale, le risque de récidive infractionnelle et formuler des orientations thérapeutiques individualisées (thérapies cognitivo-comportementales axées sur le contrôle des impulsions, entraînement aux compétences psychosociales, thérapie multisystémique).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par l’Échelle de délinquance pour adolescents est un macro-construit multidimensionnel englobant les conduites déviantes, illégales et antisociales manifestées par les jeunes individus en rupture temporaire ou structurelle avec les normes juridiques et sociales de la société. Ce construit n’est pas réductible à un trait de personnalité unitaire ; il reflète une constellation d’actes comportementaux concrets qui violent formellement les codes de lois pénales ou enfreignent les règles statutaires applicables aux mineurs.
L’opérationnalisation du construit repose sur six dimensions comportementales majeures, réparties sur l’ensemble des 45 items :
1. Vandalisme et destruction volontaire de biens matériels (Items 1, 2, 3)
Cette sous-dimension mesure les actes ciblés de dégradation intentionnelle commis sans mobile d’appropriation lucrative. Elle évalue l’atteinte aux biens familiaux (item 1), scolaires (item 2) ou publics/privés tiers (item 3). Ces comportements traduisent fréquemment une extériorisation hostile de la colère, des motivations de représailles ou des conduites de désœuvrement partagées au sein d’un groupe de pairs.
2. Vols et appropriations illicites de biens (Items 4, 5, 6, 11, 18, 24, 29, 31, 32, 33, 36)
Cette facette très documentée couvre un gradient hiérarchisé de gravité économique :
- Vols mineurs et opportunistes : dérober de l’argent ou des biens aux parents (item 18), voler des objets de moins de 5 $ (item 11), garder délibérément la monnaie rendue en trop par un caissier (item 36), éviter de payer un transport ou une place de spectacle (item 29).
- Vols intermédiaires et en milieu éducatif : vols d’objets entre 5 et 50 $ (item 31), vols dans les casiers ou vestiaires de l’école (item 32).
- Vols majeurs et recel : vol d’objets de plus de 50 $ (item 5), recel de biens volés (item 6), effraction de véhicules ou de bâtiments (item 33), vol de véhicules motorisés (item 4) et utilisation d’un véhicule sans l’accord du propriétaire (« joyriding », item 24).
3. Violence interpersonnelle, agressions armées et voies de fait (Items 7, 10, 12, 14, 19, 20, 21, 25, 26, 27, 28)
Cette dimension représente le pôle le plus destructeur du construit d’externalisation. Elle quantifie les comportements d’agression physique directe dirigée contre des figures d’autorité (parents, item 20 ; enseignants, items 19, 27), contre des pairs (camarades de classe, items 21, 26) ou des inconnus (item 28). Elle inclut l’extorsion de fonds par contrainte physique, les rixes collectives entre bandes (item 14), le port d’armes dissimulées (item 10), les attaques avec intention létale ou de blessures graves (item 12), et les violences sexuelles coercitives (item 25).
4. Infractions statutaires et déviances scolaires (Items 8, 9, 16, 17, 22, 34, 35, 37, 38)
Ces items ciblent les comportements qui ne constituent des infractions que du fait du statut de mineur de l’auteur ou qui transgressent les règlements institutionnels civils : fugues du domicile familial (item 8), absentéisme scolaire non motivé (item 35), tricherie aux examens (item 16), mensonge sur l’âge pour acheter de l’alcool ou entrer dans des lieux réservés (item 9), mendicité (item 34), tapage ou trouble à l’ordre public (item 22), appels téléphoniques obscènes (item 38) et exclusions scolaires formelles (item 37).
5. Consommation et trafic de substances psychoactives (Items 15, 23, 30, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45)
L’échelle cartographie exhaustivement l’implication dans les drogues licites et illicites : l’ivresse sur la voie publique (item 30), l’usage d’alcool (item 39), la consommation de cannabis (item 40), de substances hallucinogènes (item 41), d’amphétamines (item 42), de barbituriques (item 43), d’héroïne (item 44) et de cocaïne (item 45). Elle explore également la participation active au réseau de distribution illicite : vente de cannabis (item 15) et trafic de drogues dures (item 23).
6. Conduites d’exploitation et comportements sexuels à haut risque (Item 13)
L’item 13 investigue spécifiquement le fait d’avoir reçu une rétribution monétaire ou matérielle en échange de rapports sexuels (prostitution juvénile), marquant une vulnérabilité extrême ou un basculement vers la criminalité clandestine de survie.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’Échelle de délinquance pour adolescents s’articule à la croisée des grandes théories criminologiques contemporaines et des modèles sociocognitifs de l’agression :
La Théorie Intégrée de la Délinquance (Elliott, Ageton, & Canter, 1979 ; Elliott et al., 1985)
Le cadre matriciel de l’instrument découle de la tentative de Delbert Elliott et de ses collègues de réconcilier trois courants sociologiques majeurs au sein d’un méta-modèle prédictif :
- La théorie de l’anomie et de la tension (Strain Theory de Merton et Cohen) : La rupture entre les aspirations conventionnelles de l’adolescent et l’inaccessibilité structurelle des moyens légitimes génère une frustration intériorisée, susceptible d’encourager des conduites de contournement illégales (vols, trafic de drogues).
- La théorie du contrôle social (Social Bond Theory de Travis Hirschi, 1969) : La délinquance émerge lorsque le lien social unissant l’individu à l’ordre conventionnel est affaibli ou rompu. Les quatre composantes du lien — l’attachement (aux parents et enseignants), l’engagement (dans les études), l’implication (dans les activités prosociales) et les croyances morales — agissent comme des garde-fous inhibiteurs. Plusieurs items de l’échelle (attaquer un professeur, fuguer, tricher) reflètent l’effondrement direct de cet ancrage institutionnel.
- La théorie de l’association différentielle et de l’apprentissage social (Sutherland, 1947 ; Akers, 1977) : L’exposition prolongée à des pairs déviants facilite l’assimilation de définitions normatives favorables à la transgression, l’acquisition de techniques de commission du délit et le renforcement social différentiel. Les items impliquant les bagarres de bandes (item 14) ou le recel (item 6) incarnent ce vecteur d’apprentissage social.
Le Modèle Général d’Agression (General Aggression Model — GAM)
Dans l’usage contemporain de l’échelle par Craig A. Anderson et Karen E. Dill (2000), les conduites délinquantes sont conceptualisées au moyen du General Aggression Model (GAM). Selon ce modèle cognitif et développemental, les variables d’entrée personnelles (traits d’agressivité, attitudes tolérant la violence) et situationnelles (provocation, amorces environnementales, exposition répétée aux jeux vidéo violents) influencent l’état interne de l’individu à travers trois voies interdépendantes : les affects, l’éveil physiologique et les cognitions (schémas hostiles et scripts comportementaux automatisés). Au fil du temps, des interactions répétées renforcent des réseaux neuronaux d’interprétation hostile du monde social, rendant les réponses délinquantes chroniques et hautement accessibles face aux conflits interpersonnels.
7. Validité / Validity
L’Échelle de délinquance pour adolescents a fait l’objet de protocoles de validation rigoureux depuis son élaboration initiale jusqu’à ses applications contemporaines dans les cohortes universitaires et cliniques.
Validité de construit et structurelle
La validité de construit a été documentée par l’observation d’un gradient de déviance cumulatif respectant le modèle de la courbe de progression délinquante (Guttman scaling properties). Les adolescents s’engageant dans les délits les plus graves (attaques armées, vente de drogues dures, vols qualifiés) rapportent quasi systématiquement des scores cumulatifs élevés sur les infractions mineures (fraude, vandalisme, absentéisme), confirmant que l’outil capte l’intensité de la trajectoire antisociale globale.
Validité convergente
La validité convergente de l’instrument a été établie par la corrélation systématique des scores auto-rapportés avec d’autres mesures standardisées de la psychopathologie de l’adolescent et des sources collatérales :
- Corrélations avec les registres judiciaires officiels : Les études empiriques mettent en évidence des coefficients de corrélation modérés à élevés (r compris entre .52 et .68, p < .001) entre le score composite de délinquance globale et le nombre d’arrestations officielles ou de comparutions devant les juges des enfants (Elliott et al., 1985).
- Instruments d’agressivité et d’impulsivité : Dans l’étude séminale d’Anderson et Dill (2000), le score de délinquance autodéclarée présente des corrélations fortement significatives avec l’échelle d’agressivité physique du Buss-Perry Aggression Questionnaire (r = .48, p < .001) et des indices d’irritabilité chronique.
- Évaluations parentales et professorales : Des associations significatives sont relevées avec les sous-échelles de « problèmes de conduite » du Youth Self-Report (YSR) et du Child Behavior Checklist (CBCL) d’Achenbach (r = .55 à .64).
Validité discriminante
L’instrument démontre une excellente capacité à distinguer :
- Les populations tout-venant scolarisées sans antécédents des mineurs placés en centres éducatifs fermés ou en probation judiciaire, ces derniers présentant des scores moyens de fréquence et de variété significativement plus élevés (p < .0001, d de Cohen > 1.20).
- La délinquance prédatrice violente des simples infractions de statut transitoires caractéristiques de la rébellion adolescente normative.
Validité prédictive
Dans les suivis longitudinaux de cohortes, le score global de délinquance à 14-15 ans prédit avec une grande précision l’échec scolaire ultérieur, le risque de décrochage, le maintien d’une activité criminelle à l’âge adulte (à 21-25 ans) et le développement de troubles liés à l’usage de substances à l’âge adulte (odds ratios oscillant entre 2.4 et 4.1).
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité métrologique de l’échelle ont été éprouvées au sein de multiples échantillons sociodémographiques (populations scolaires générales, minorités urbaines, jeunes placés sous main de justice) :
Consistance interne
L’homogénéité globale des items de l’échelle est remarquable :
- Score total de délinquance (45 items) : Le coefficient alpha de Cronbach (α) se situe de manière robuste entre .88 et .94 selon les études, dénotant une excellente consistance interne pour un instrument comportemental hétérogène.
- Sous-échelle Délinquance violente / Agressions : α = .81 à .87.
- Sous-échelle Vols et atteintes aux biens : α = .82 à .89.
- Sous-échelle Consommation et trafic de stupéfiants : α = .79 à .86.
- Sous-échelle Infractions mineures / Transgressions scolaires : α = .71 à .78.
Ces indices demeurent stables même lorsque les distributions de réponses présentent une forte asymétrie positive (asymétrie typique des distributions de délinquance générale où la majorité des répondants affiche des scores nuls sur les délits graves).
Fidélité test-retest (stabilité temporelle)
La stabilité temporelle mesurée à des intervalles rapprochés (2 à 4 semaines) démontre des coefficients de corrélation test-retest compris entre r = .76 et r = .89. Même sur des fenêtres longitudinales plus étendues (intervalle d’un an entre deux vagues de passation de l’enquête nationale américaine), la stabilité des trajectoires d’auto-révélation demeure notable (r = .65 à .74), attestant d’une grande fiabilité du souvenir et d’une constance comportementale chez les sujets réfractaires.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de l’Échelle de délinquance pour adolescents a été explorée par des analyses factorielles exploratoires (AFE) par composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), puis confirmée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) adaptées aux variables catégorielles et ordinales asymétriques (estimateur WLSMV — Weighted Least Squares Mean and Variance adjusted).
Structure factorielle confirmatoire
Les études factorielles soutiennent principalement un modèle hiérarchique de second ordre ou un modèle bi-factoriel :
- Un facteur général de déviance / délinquance globale (Facteur « g » antisocial) : Ce facteur sous-tend l’ensemble des 45 items et capture la propension générale du jeune à violer les conventions légales et morales. Les saturations factorielles sur ce facteur général varient de .42 à .84.
- Des facteurs spécifiques de premier ordre (4 à 5 facteurs interdépendants) :
- Facteur I — Violence interpersonnelle grave : regroupe les items de voies de fait, agressions armées, viols et extorsion (items 10, 12, 14, 19, 20, 21, 25, 26, 27, 28) avec des saturations factorielles comprises entre .58 et .81.
- Facteur II — Criminalité acquisitive et atteintes aux biens : regroupe les vols mineurs, vols majeurs, recels et cambriolages (items 4, 5, 6, 11, 18, 24, 31, 32, 33) avec des saturations situées entre .52 et .79.
- Facteur III — Consommation et commerce de stupéfiants : regroupe l’alcool, les hallucinogènes, la cocaïne, le cannabis et le trafic (items 15, 23, 30, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45), saturant entre .61 et .88.
- Facteur IV — Vandalisme et comportements perturbateurs : regroupe les destructions de biens et le désordre public (items 1, 2, 3, 7, 22), saturant entre .48 et .72.
- Facteur V — Incivilités et déviances de statut : regroupe l’absentéisme scolaire, les mensonges sur l’âge et les tricheries (items 8, 9, 16, 17, 34, 35, 36, 37, 38).
Indices d’ajustement du modèle factoriel
Les modélisations par équations structurelles indiquent un ajustement satisfaisant aux données empiriques pour la structure multidimensionnelle hiérarchisée :
- χ² / dl : < 2.5
- CFI (Comparative Fit Index) : > .93
- TLI (Tucker-Lewis Index) : > .92
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : .042 [.038 – .047]
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : .051
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet : Échelle de délinquance pour adolescents (Adolescent Delinquency Scale / Self-Report Delinquency Scale [SRD]).
- Nature de l’épreuve : Questionnaire d’auto-évaluation comportementale rétrospective (auto-rapport).
- Public cible : Adolescents et jeunes adultes âgés de 11 à 21 ans (versions adaptables pour collégiens, lycéens et populations judiciarisées).
- Nombre d’items : 45 items univariés couvrant un spectre d’actes antisociaux.
- Période de référence : Les 12 derniers mois précédant l’administration (« in the last year »).
- Modalités d’administration : Auto-passation individuelle sur support papier-crayon, formulaire informatisé sécurisé ou passation assistée par ordinateur (CASI — Computer-Assisted Self-Interviewing), garantissant une stricte confidentialité.
- Durée de passation : Environ 15 à 25 minutes.
- Formats de réponse disponibles :
- Format de fréquence brute continue : L’adolescent note dans l’espace vide le nombre exact d’occurrences commises au cours de l’année écoulée (0, 1, 2, …, n fois).
- Format ordinal / Likert en 5 points : 1 = Jamais (Never), 2 = Rarement / 1 ou 2 fois, 3 = Parfois / 3 à 5 fois, 4 = Souvent / 6 à 10 fois, 5 = Très souvent / Plus de 10 fois.
- Méthodes de cotation et calcul des scores :
- Score de variété (Variety Score) : Nombre total de délits distincts commis au moins une fois (score de 0 à 45). Ce score est souvent privilégié en recherche car il est moins vulnérable aux biais de rappel et à l’effet d’écrasement des valeurs aberrantes de fréquence.
- Score de fréquence globale (Frequency Score) : Somme arithmétique de toutes les occurrences d’actes délinquants déclarés.
- Scores spécifiques par sous-échelles : Calcul distinct pour les dimensions Agressions violentes, Atteintes aux biens, Déviances scolaires et Consommation/Trafic de drogues.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année d’origine : Initialement développée dans les protocoles du National Youth Survey dès la fin des années 1970 et formalisée en 1985 ; adaptée dans ses formats académiques actuels au début des années 1990 à l’Université du Minnesota et largement déployée au tournant des années 2000 (Anderson & Dill, 2000).
- Statut des droits et accessibilité : Cet instrument a été conçu dans le cadre de recherches universitaires financées par des fonds publics fédéraux et académiques. Il est accessible dans le domaine de la recherche scientifique non commerciale.
- Tarif d’utilisation : Gratuit pour une utilisation universitaire, éducative et de recherche fondamentale. L’instrument ne nécessite pas de redevance commerciale par passation.
- Contact et correspondances scientifiques : Les chercheurs souhaitant exploiter l’échelle dans leurs travaux peuvent adresser leurs demandes et transmettre des copies de leurs publications scientifiques au Dr Craig A. Anderson :
Craig A. Anderson, Ph.D.
W112 Lagomarcino Hall, Department of Psychology, Iowa State University
Ames, IA 50011-3180, États-Unis.
Courriel : [email protected]
12. Références / References
Achenbach, T. M., & Rescorla, L. A. (2001). Manual for the ASEBA School-Age Forms & Profiles. University of Vermont, Research Center for Children, Youth, & Families.
Akers, R. L. (1977). Deviant behavior: A social learning approach (2nd ed.). Wadsworth.
Anderson, C. A., & Bushman, B. J. (2002). Human aggression. Annual Review of Psychology, 53(1), 27-51. https://doi.org/10.1146/annurev.psych.53.100901.135231
Anderson, C. A., & Dill, K. E. (2000). Video games and aggressive thoughts, feelings, and behavior in the laboratory and in life. Journal of Personality and Social Psychology, 78(4), 772-790. https://doi.org/10.1037/0022-3514.78.4.772
Elliott, D. S., Ageton, S. S., & Canter, R. J. (1979). An integrated theoretical perspective on delinquent behavior. Journal of Research in Crime and Delinquency, 16(1), 3-27. https://doi.org/10.1177/002242787901600102
Elliott, D. S., Huizinga, D., & Ageton, S. S. (1985). Explaining delinquency and drug use. SAGE Publications.
Hindelang, M. J., Hirschi, T., & Weis, J. G. (1981). Measuring delinquency. SAGE Publications.
Hirschi, T. (1969). Causes of delinquency. University of California Press.
Moffitt, T. E. (1993). Adolescence-limited and life-course-persistent antisocial behavior: A developmental taxonomy. Psychological Review, 100(4), 674-701. https://doi.org/10.1037/0033-295X.100.4.674
Sutherland, E. H. (1947). Principles of criminology (4th ed.). J.B. Lippincott.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Le questionnaire original complet, présenté dans sa langue d’administration scientifique (anglais standard), comprend les instructions initiales destinées aux participants et l’énumération intégrale des 45 items comportementaux :
Instructions to Participant:
This questionnaire contains a number of questions about your behavior in the last year. Please answer all of the questions as accurately as you can. Do not try to look good or bad. All the information you provide is totally confidential and will not be shown to your parents or anyone else.
For each question, indicate how often you did the described behavior in the last year by writing the number of times on the blank in front of the question.
How many times in the last year have you:
- purposely damaged or destroyed property belonging to your parents or other family members?
- purposely damaged or destroyed property belonging to a school?
- purposely damaged or destroyed other property that did not belong to you (not counting family or school property)?
- stolen (or tried to steal) a motor vehicle, such as a car or motorcycle?
- stolen (or tried to steal) something worth more than $50?
- knowingly bought, sold or held stolen goods (or tried to do any of these things)?
- thrown objects (such as rocks, snowballs, or bottles) at cars or people?
- run away from home?
- lied about your age to gain entrance or to purchase something; for example, lying about your age to buy liquor or get into a movie?
- carried a hidden weapon other than a plain pocket knife?
- stolen (or tried to steal) things worth $5 or less?
- attacked someone with the idea of seriously hurting or killing him/her?
- been paid for having sexual relations with someone?
- been involved in gang fights?
- sold marijuana or hashish (« pot, » « grass, » « hash »)?
- cheated on school tests?
- hitchhiked where it was illegal to do so?
- stolen money or other things from your parents or other members of your family?
- hit (or threatened to hit) a teacher or other adult at school?
- hit (or threatened to hit) one of your parents?
- hit (or threatened to hit) other students?
- been loud, rowdy, or unruly in a public place (disorderly conduct)?
- sold hard drugs, such as heroin, cocaine, and LSD?
- taken a vehicle for a ride (drive) without the owner’s permission?
- had (or tried to have) sexual relations with someone against their will?
- used force (strong-arm methods) to get money or things from other students?
- used force (strong-arm methods) to get money or things from a teacher or other adult at school?
- used force (strong-arm methods) to get money or things from other people (not students or teachers)?
- avoided paying for such things as movies, bus or subway rides, and food?
- been drunk in a public place?
- stolen (or tried to steal) things worth between $5 and$50?
- stolen (or tried to steal) something at school, such as someone’s coat from a classroom, locker, or cafeteria, or a book from the library?
- broken into a building or vehicle (or tried to break in) to steal something or just to look around?
- begged for money or things from strangers?
- skipped classes without an excuse?
- failed to return extra change that a cashier gave you by mistake?
- been suspended from school?
- made obscene telephone calls, such as calling someone and saying dirty things?
- alcoholic beverages (beer, wine, and hard liquor)?
- marijuana—hashish (« grass, » « pot, » « hash »)?
- hallucinogens (« LSD, » « Mescaline, » « Peyote, » « Acid »)?
- amphetamines (« Uppers, » « Speed, » « Whites »)?
- barbiturates (« Downers, » « Reds »)?
- heroin (« Horse, » « Smack »)?
- cocaine (« Coke »)?
used: