Échelle de crédibilité de la source — Célébrités garantes (SCS-CE)

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle de crédibilité de la source pour célébrités garantes (SCS-CE) de Roobina Ohanian (1990) : cadre théorique, validité factorielle, fiabilité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de crédibilité de la source pour célébrités garantes (Source Credibility Scale — Celebrity Endorsers, SCS-CE), élaborée et validée empiriquement par la professeure Roobina Ohanian en 1990, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents et les plus mobilisés dans les domaines de la psychologie du consommateur, du marketing d’influence, de la communication persuasive et des sciences de l’information. Conçue pour pallier le manque d’instruments standardisés et rigoureusement validés sur le plan factoriel, la SCS-CE opérationnalise le construit multidimensionnel de la crédibilité perçue des célébrités intervenant comme garantes ou ambassadrices dans la publicité commerciale.

L’instrument repose sur une structure factorielle tridimensionnelle comprenant quinze items au total, répartis équitablement en trois sous-échelles de cinq items chacune : l’Attractivité physique (Attractiveness), la Fiabilité ou Confiance (Trustworthiness), et l’Expertise (Expertise). Chaque item se présente sous la forme d’un différentiel sémantique bipolaire en sept points (de 1 à 7), permettant d’évaluer finement les jugements attributionnels des consommateurs envers la figure médiatique. Les analyses psychométriques initiales menées par Ohanian (1990), combinant analyses factorielles exploratoires et confirmatoires sur plusieurs échantillons représentatifs confrontés à des célébrités réelles (telles que Madonna, John Travolta, Linda Evans ou Tom Selleck) et diverses catégories de produits, ont révélé une cohérence interne exceptionnelle (coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,89 et 0,94 selon les dimensions) ainsi qu’une robustesse invariante de la structure trifactorielle.

D’un point de vue prédictif, l’échelle démontre une sensibilité remarquable pour anticiper les attitudes envers le message publicitaire ($A_{ad}$), les attitudes envers la marque sponsorisée ($A_b$), et les intentions d’achat effectives des consommateurs. Utilisée dans des centaines de réplications transculturelles, la SCS-CE demeure le gold standard méthodologique pour évaluer la résonance persuasive des figures publiques, des égéries de luxe, et plus récemment des macro-influenceurs sur les plateformes numériques.

2. Mots-clés / Keywords

Crédibilité de la source, célébrités garantes, endossement publicitaire, expertise perçue, confiance perçue, attractivité physique, psychométrie du consommateur, communication persuasive, différentiel sémantique, Ohanian, attitude envers la marque, intention d’achat.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue, testée et publiée par :

  • Roobina Ohanian, Ph.D. : Professeure de marketing et chercheuse en comportement du consommateur. Lors de la conception et de la publication initiale de l’instrument en 1990, le Dr Ohanian exerçait au sein du département de marketing de l’Université d’État de Géorgie (Georgia State University, J. Mack Robinson College of Business), à Atlanta, Géorgie, États-Unis. Ses travaux de recherche se sont principalement focalisés sur l’efficacité publicitaire, la réputation de marque, la modélisation de la persuasion par les sources tierces et la psychométrie appliquée au comportement d’achat.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Source Credibility Scale — Celebrity Endorsers (SCS-CE) est de fournir une mesure standardisée, fiable, valide et parcimonieuse de la perception qu’ont les récepteurs de la crédibilité intrinsèque d’une célébrité associée à la promotion d’un produit, d’un service ou d’une cause sociale. Avant les travaux pionniers de Roobina Ohanian en 1990, la recherche en communication commerciale et en psychologie sociale appliquait de manière ad hoc des listes hétéroclites d’adjectifs issues des travaux fondateurs de Hovland et ses collègues, sans validation factorielle confirmatoire préalable ni distinction claire entre les dimensions génériques de la communication interpersonnelle et les spécificités inhérentes au statut de star médiatique.

Dans les contextes contemporains de saturation publicitaire, le recours aux célébrités (acteurs, athlètes de haut niveau, musiciens, créateurs de contenu) représente des investissements financiers colossaux pour les entreprises. Cependant, l’efficacité d’une campagne d’endossement ne dépend pas uniquement de la notoriété brute de l’individu, mais de la perception fine de sa légitimité communicative. La SCS-CE a été conçue pour répondre à trois impératifs méthodologiques et théoriques majeurs :

  • Diagnostiquer la compatibilité source-produit (Match-Up Hypothesis) : L’échelle permet de déterminer si le profil psychologique et l’image perçue d’une célébrité correspondent aux attributs valorisés pour une catégorie de produit donnée (par exemple, tester si l’expertise prime sur l’attractivité pour du matériel technologique ou inversement pour des cosmétiques).
  • Prédire les trajectoires d’influence cognitive et comportementale : En dissociant l’expertise, la confiance et l’attractivité, l’instrument permet aux chercheurs et aux praticiens d’isoler quelle dimension spécifique agit comme médiateur central du changement d’attitude et de l’intention comportementale.
  • Offrir un outil de veille et de gestion de crise : En cas de controverse touchant une célébrité garante, l’échelle permet de mesurer avec exactitude l’érosion différentielle de sa crédibilité (par exemple, une atteinte sévère à la fiabilité morale sans altération de l’attractivité physique perçue).

Sur le plan de la recherche fondamentale, la SCS-CE sert d’ancrage empirique aux investigations portant sur le traitement cognitif de l’information (modèles de persuasion à double voie), la psychologie des représentations sociales et les mécanismes d’attribution causale régissant la perception des motivations pécuniaires des célébrités.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de la crédibilité de la source, dans la formulation tridimensionnelle d’Ohanian (1990), repose sur la prémisse que l’efficacité persuasive d’un communicateur dépend de la façon dont le public évalue simultanément ses compétences objectives, sa moralité perçue et son attrait esthétique. Chacune de ces facettes opère selon des processus socio-cognitifs distincts :

1. L’Attractivité physique (Physical Attractiveness)

Cette dimension capture l’évaluation globale de l’apparence corporelle, de l’élégance stylistique, du charme et du magnétisme esthétique de la célébrité. Bien que traditionnellement négligée dans les premiers modèles fonctionnalistes de la communication persuasive qui la considéraient comme un élément périphérique ou superficiel, l’attractivité constitue une composante centrale de la célébrité. Sur le plan psychologique, elle s’appuie sur le mécanisme de l’effet de halo (« ce qui est beau est bon »), théorisé par Dion, Berscheid et Walster (1972). L’attractivité favorise un processus d’identification (Kelman, 1961) où le récepteur désire s’associer symboliquement à la source attractive, adoptant ses choix pour rehausser son propre sentiment d’adéquation sociale. Les items de cette sous-échelle évaluent les polarités d’attrait corporel, de beauté, d’élégance, de distinction de classe et de séduction.

2. La Fiabilité ou Confiance (Trustworthiness)

La confiance perçue renvoie à la certitude subjective du consommateur quant à la sincérité, l’intégrité morale, l’honnêteté et la bienveillance de la célébrité lorsqu’elle émet une recommandation. Cette dimension interroge la motivation présumée de la source : le récepteur estime-t-il que la célébrité partage une opinion authentique ou qu’elle agit uniquement sous l’impulsion d’une rémunération contractuelle ? Selon les théories de l’attribution (Kelley, 1973), si l’audience attribue le discours de la célébrité à des causes externes (l’argent), la fiabilité s’effondre. Inversement, si le comportement est perçu comme guidé par une adhésion personnelle et désintéressée à la marque, la source est jugée digne de foi, réduisant considérablement la réactance psychologique et le scepticisme du consommateur. Les items mesurent la sincérité, la loyauté, la régularité et l’honnêteté fondamentale perçue chez la source.

3. L’Expertise (Expertise)

L’expertise reflète le degré perçu de compétence, de savoir technique, d’expérience pratique, de qualification et d’habileté que possède la célébrité dans le domaine d’application particulier du produit recommandé. Contrairement à l’attractivité (qui peut être relativement stable d’un contexte à l’autre), l’expertise perçue est hautement dépendante de la congruence thématique entre la sphère de notoriété du garant et l’objet de l’endossement. Par exemple, un champion de Formule 1 bénéficiera d’un score d’expertise massif pour promouvoir des pneumatiques ou des lubrifiants automobiles, mais son score sera drastiquement inférieur s’il vante des logiciels financiers. L’expertise opère par le biais du processus d’internalisation (Kelman, 1961) : le consommateur accepte le message parce que la source est considérée comme détentrice d’une vérité factuelle exacte et éprouvée, ce qui réduit le risque d’erreur à l’achat.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La conception de la SCS-CE s’articule autour d’une riche généalogie théorique issue de la psychologie sociale, de la rhétorique classique et des théories du traitement de l’information.

Le modèle tripartite rhétorique et l’école de Yale

La conceptualisation d’Ohanian tire ses origines conceptuelles de la rhétorique aristotélicienne décomposant la persuasion en logos (l’argumentation rationnelle), pathos (la résonance émotionnelle) et ethos (la crédibilité morale et l’autorité de l’orateur). Ce principe a été formalisé scientifiquement par l’École de Yale menée par Carl Hovland, Irving Janis et Harold Kelley (1953) dans le cadre de leurs recherches sur la communication et la persuasion de masse. Hovland et ses collaborateurs ont posé les deux piliers initiaux de la crédibilité de la source : l’expertise perçue et la dignité de confiance (trustworthiness).

Le modèle de valence de la source (Source Valence Model) de McGuire

Bien que Hovland ait privilégié la dyade expertise-confiance, William J. McGuire (1969, 1985) a démontré, à travers son modèle de valence de la source (Source Valence Model), que l’impact d’un message dépend de trois composantes fondamentales de la source : le pouvoir (power), l’attractivité (attractiveness) et la crédibilité cognitive (credibility). Ohanian (1990) a synthétisé ces corpus en démontrant que, dans le domaine spécifique des industries culturelles et de la publicité moderne, l’attractivité physique ne peut être disjointe de la crédibilité globale : elle agit de concert avec la compétence et l’intégrité pour former une constellation persuasive complète.

Les processus d’influence sociale de Kelman

L’échelle s’appuie également sur la théorie des trois processus d’influence sociale développée par Herbert C. Kelman (1961) :

  • L’acquiescement (Compliance) : induit principalement par le pouvoir perçu de la source (rarement applicable aux endossements publicitaires volontaires).
  • L’identification (Identification) : activée par l’attractivité physique et le statut aspirationnel de la célébrité. Le récepteur adopte les comportements ou les produits de la star pour définir et bonifier son image de soi.
  • L’internalisation (Internalization) : régie par l’expertise et la confiance perçues. Le récepteur intègre les recommandations au sein de son propre système de croyances parce que la source est jugée intrinsèquement valide et désintéressée.

Le Modèle de Probabilité d’Élaboration (ELM)

Au regard du Modèle de Probabilité d’Élaboration (Elaboration Likelihood Model – ELM) de Petty et Cacioppo (1986), la crédibilité de la source joue un rôle double et dynamique. En situation de faible implication (voie périphérique), les indices de la SCS-CE (notamment l’attractivité et la notoriété) servent d’heuristiques simples de décision (« Si cette star célèbre utilise ce produit, c’est qu’il doit être bon »). En revanche, en situation de forte implication (voie centrale), l’expertise spécifique de la source est examinée avec rigueur comme un argument informatif de premier plan pour peser le bien-fondé des allégations publicitaires.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la SCS-CE a fait l’objet d’un processus de vérification empirique rigoureux décrit en détail par Ohanian (1990), articulé en plusieurs étapes méthodologiques :

Validité de contenu et validité faciale

Initialement, un ensemble exhaustif d’adjectifs a été extrait de la littérature en psychologie, linguistique et marketing. Ces items ont été soumis à un panel d’experts et à des échantillons pré-tests d’étudiants et de consommateurs adultes pour évaluer la clarté sémantique, la pertinence culturelle et l’absence de redondance inutile. Ce processus a permis de réduire un pool initial de plusieurs dizaines d’items à 15 paires d’adjectifs bipolaires nettement différenciées.

Validité de construit (convergente et discriminante)

Ohanian a validé l’échelle en utilisant l’analyse factorielle confirmatoire (CFA) via le logiciel LISREL sur plusieurs échantillons indépendants confrontés à des stimuli publicitaires variés. Les résultats ont confirmé :

  • Validité convergente : Toutes les saturations factorielles ($t$-values associées) pour chaque indicateur sur son facteur assigné dépassaient très largement les seuils critiques ($p < 0,001$), indiquant que les items mesurent avec précision leur construit latent respectif. Les indices de variance moyenne extraite (AVE) se sont révélés supérieurs au critère standard de 0,50 pour les trois dimensions.
  • Validité discriminante : Les corrélations entre les trois dimensions latentes (expertise, confiance, attractivité) étaient modérées à faibles, ne s’approchant jamais de l’unité. Les tests de comparaison entre modèles emboîtés (en fixant la corrélation entre deux facteurs à 1,0 versus modèle libre) ont montré une dégradation significative du chi-deux ($\Delta\chi^2$), prouvant empiriquement que l’attractivité, la confiance et l’expertise constituent bien trois construits distincts et non une seule dimension globale confuse.

Validité prédictive et nomologique

Dans les études de validation ultérieures menées par Ohanian (1991) et par de multiples chercheurs indépendants (ex. Goldsmith, Lafferty, & Newell, 2000 ; Amos, Holmes, & Strutton, 2008), la SCS-CE a démontré une excellente validité prédictive :

  • L’expertise perçue s’est avérée être le prédicteur direct le plus puissant des intentions d’achat pour les produits à fort risque perçu ou à caractère utilitaire/technologique.
  • L’attractivité physique s’est révélée déterminante pour l’amélioration de l’attitude envers la publicité ($A_{ad}$) et pour les catégories de produits hédoniques ou esthétiques (parfumerie, mode).
  • La confiance perçue s’est montrée indispensable pour prévenir les attributions de duplicité commerciale et favoriser l’attitude favorable et pérenne envers la marque ($A_b$).

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité et de consistance interne de la Source Credibility Scale atteignent des standards psychométriques remarquables, tant dans les travaux originaux d’Ohanian (1990) que dans la vaste littérature empirique internationale qui a suivi.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Lors des vagues de calibration et de validation croisée menées par Roobina Ohanian sur plusieurs célébrités féminines et masculines, les coefficients alpha de Cronbach obtenus pour chaque sous-échelle de 5 items se sont établis aux niveaux suivants :

  • Sous-échelle Attractivité (Attractiveness) : $lpha = 0,90$ à $0,91$ selon les sous-échantillons.
  • Sous-échelle Fiabilité / Confiance (Trustworthiness) : $lpha = 0,89$ à $0,92$.
  • Sous-échelle Expertise (Expertise) : $lpha = 0,93$ à $0,94$.

Ces coefficients se situent très largement au-dessus du seuil conventionnel de 0,70 requis en recherche fondamentale et dépassent même le standard de 0,90 exigé pour les applications diagnostiques de haute précision.

Fiabilité composée et variance extraite

Les calculs de fidélité composée (Composite Reliability – CR) rapportés dans les réplications contemporaines (utilisant la modélisation par équations structurelles) confirment systématiquement des indices supérieurs à 0,88 pour les trois dimensions. Les indices de variance moyenne extraite (Average Variance Extracted – AVE) se situent régulièrement au-delà de 0,65, confirmant que plus de 65 % de la variance des indicateurs est directement imputable au trait latent et non à l’erreur de mesure.

Stabilité test-retest et invariance

Les tests de fidélité temporelle (test-retest sur un intervalle de 2 à 4 semaines en l’absence d’événement informationnel perturbateur) indiquent des corrélations intra-classe élevées ($r > 0,82$). De plus, les tests d’invariance de mesure menés à travers différentes cultures (Amérique du Nord, Europe occidentale, Asie de l’Est) ont attesté d’une invariance métrique et scalaire robuste, attestant que la structure de mesure conserve ses qualités de précision quel que soit le contexte socioculturel étudié.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’élucidation de la structure dimensionnelle de la SCS-CE a constitué l’apport méthodologique majeur de l’étude de Roobina Ohanian (1990), rompant avec les approches antérieures qui agrégeaient sans justification des listes de qualificatifs hétérogènes.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors des premières phases de réduction des données sur un premier groupe de répondants ($N = 250$), une analyse factorielle exploratoire en composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) et rotation oblique (Promax) a été réalisée sur l’ensemble des adjectifs candidats. Trois facteurs distincts ont émergé de manière univoque, respectant le critère de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) et l’examen du diagramme de sédimentation (scree plot de Cattell). Ces trois facteurs expliquaient conjointement plus de 70 % de la variance totale des scores :

  • Le facteur 1 regroupait exclusivement les descripteurs de compétence, de qualification et de savoir-faire technique (Expertise).
  • Le facteur 2 rassemblait les qualificatifs de droiture morale, de loyauté et de franchise (Confiance).
  • Le facteur 3 capturait les caractéristiques de beauté corporelle, d’élégance et de séduction physique (Attractivité).

Aucun item n’a présenté de saturation croisée (cross-loading) substantielle (toutes les saturations secondaires demeurant strictement inférieures à 0,30, tandis que les saturations primaires dépassaient 0,70).

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

L’étape décisive a consisté à soumettre cette structure à une analyse factorielle confirmatoire sur un échantillon indépendant ($N = 547$) évaluant différentes célébrités (Madonna, John Travolta, Tom Selleck, Linda Evans) associées à des produits distincts. Le modèle théorique à trois facteurs corrélés a présenté des indices d’ajustement excellents :

  • Un ratio $\chi^2 / ext{ddl}$ satisfaisant, compte tenu de la sensibilité du test de chi-deux aux grands échantillons.
  • Des indices d’ajustement comparatif remarquables (GFI > 0,92 ; AGFI > 0,90 ; CFI > 0,95).
  • Une racine carrée moyenne des résidus standardisés (SRMR) et un RMSEA largement en deçà des seuils recommandés (RMSEA < 0,06).

La comparaison du modèle trifactoriel avec des modèles rivaux (modèle à facteur unique représentant une « crédibilité globale indifférenciée », ou modèle bifactoriel fusionnant confiance et expertise) a mis en évidence la supériorité statistique écrasante du modèle trifactoriel orthogonal/oblique original ($p < 0,001$). Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) pour l’ensemble des 15 items étaient toutes statistiquement significatives et comprises entre 0,75 et 0,93, apportant une démonstration éclatante de la validité de structure de l’instrument.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous une forme standardisée simple à administrer, adaptée aux passations papier-crayon comme aux enquêtes en ligne :

  • Type de test : Échelle d’évaluation psychométrique / différentiel sémantique auto-rapporté mesurant les perceptions d’autrui (jugements sociaux sur une cible).
  • Format d’administration : Questionnaire individuel, auto-administré, utilisable sur supports physiques ou digitaux.
  • Nombre d’items : 15 items au total, structurés en trois sous-échelles homogènes de 5 items :
    • Sous-échelle Attractivité physique : items 1 à 5
    • Sous-échelle Fiabilité / Confiance : items 6 à 10
    • Sous-échelle Expertise : items 11 à 15
  • Format d’échelle et de réponse : Différentiel sémantique en 7 points (7-point semantic differential scale, coté de 1 à 7 entre deux adjectifs bipolaires opposés). La modalité 1 correspond au pôle le plus défavorable / négatif et la modalité 7 au pôle le plus favorable / positif (ou inversement si l’ordre est contrebalancé lors de l’administration pour éviter les biais de réponse).
  • Temps de passation : Environ 2 à 4 minutes par célébrité évaluée.
  • Modalités de calcul des scores et cotation :
    • Pour chaque sous-échelle, le score dimensionnel s’obtient en calculant soit la moyenne arithmétique (score variant de 1,0 à 7,0), soit la somme brute des 5 items correspondants (score variant de 5 à 35).
    • Un score moyen plus élevé reflète un degré supérieur de crédibilité perçue sur la dimension considérée.
    • Note méthodologique importante : Il est formellement déconseillé d’agréger les trois dimensions en un seul score composite global moyen (total sur 15 items), car les trois construits mesurent des facettes théoriquement indépendantes pouvant exercer des effets asynchrones ou opposés selon les produits endossés. Il convient de traiter les scores d’Attractivité, de Confiance et d’Expertise comme trois variables distinctes dans les modélisations statistiques.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 1990 (article princeps publié dans le Journal of Advertising).
  • Droits d’auteur et permissions : L’article princeps est soumis aux droits d’auteur de l’American Academy of Advertising (publié par Taylor & Francis). Toutefois, les items de l’échelle elle-même appartiennent au domaine public académique et peuvent être librement utilisés, traduits et reproduits à des fins exclusives de recherche scientifique non commerciale et d’enseignement, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale (Ohanian, 1990).
  • Tarifs / Coûts : L’utilisation de l’échelle est totalement gratuite pour les chercheurs académiques, les étudiants universitaires et les institutions d’enseignement supérieur. Pour les applications industrielles, commerciales ou d’études de marché privées, il convient de se référer aux règles de reproduction du titulaire des droits de l’article ou d’acquérir les accès auprès des éditeurs scientifiques correspondants.

12. Références / References

Les références ci-dessous regroupent les publications séminales ayant établi la théorie et la validation psychométrique de la crédibilité de la source :

  • Amos, C., Holmes, G., & Strutton, D. (2008). Exploring the relationship between celebrity endorser effects and advertising effectiveness: A quantitative synthesis of effect size. International Journal of Advertising, 27(2), 209–234. https://doi.org/10.1080/02650487.2008.11073052
  • Dion, K., Berscheid, E., & Walster, E. (1972). What is beautiful is good. Journal of Personality and Social Psychology, 24(3), 285–290. https://doi.org/10.1037/h0033731
  • Goldsmith, R. E., Lafferty, B. A., & Newell, S. J. (2000). The impact of corporate credibility and celebrity credibility on consumer reaction to advertisements and brands. Journal of Advertising, 29(3), 43–54. https://doi.org/10.1080/00913367.2000.10673616
  • Hovland, C. I., Janis, I. L., & Kelley, H. H. (1953). Communication and persuasion: Psychological studies of opinion change. Yale University Press.
  • Kelley, H. H. (1973). The processes of causal attribution. American Psychologist, 28(2), 107–128. https://doi.org/10.1037/h0034225
  • Kelman, H. C. (1961). Processes of opinion change. Public Opinion Quarterly, 25(1), 57–78. https://doi.org/10.1086/266996
  • McGuire, W. J. (1969). The nature of attitudes and attitude change. In G. Lindzey & E. Aronson (Eds.), The Handbook of Social Psychology (2nd ed., Vol. 3, pp. 136–314). Addison-Wesley.
  • McGuire, W. J. (1985). Attitudes and attitude change. In G. Lindzey & E. Aronson (Eds.), Handbook of Social Psychology (3rd ed., Vol. 2, pp. 233–346). Random House.
  • Ohanian, R. (1990). Construction and validation of a scale to measure celebrity endorsers’ perceived expertise, trustworthiness, and attractiveness. Journal of Advertising, 19(3), 39–52. https://doi.org/10.1080/00913367.1990.10673191
  • Ohanian, R. (1991). The impact of celebrity spokespersons’ perceived image on consumers’ intention to purchase. Journal of Advertising Research, 31(1), 46–54.
  • Petty, R. E., & Cacioppo, J. T. (1986). The Elaboration Likelihood Model of persuasion. Advances in Experimental Social Psychology, 19, 123–205. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60214-2

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: 7-point semantic differential scale (1 to 7 between bipolar adjective anchors)

Instructions to respondents: Please rate the individual on each of the following bipolar characteristics on a scale from 1 to 7.

Attractiveness Subscale

  1. Attractive   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Unattractive
  2. Classy   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Not classy
  3. Beautiful   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Ugly
  4. Elegant   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Plain
  5. Sexy   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Not sexy

Trustworthiness Subscale

  1. Dependable   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Undependable
  2. Honest   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Dishonest
  3. Reliable   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Unreliable
  4. Sincere   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Insincere
  5. Trustworthy   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Untrustworthy

Expertise Subscale

  1. Expert   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Not an expert
  2. Experienced   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Inexperienced
  3. Knowledgeable   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Unknowledgeable
  4. Qualified   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Unqualified
  5. Skilled   [ 1   2   3   4   5   6   7 ]   Unskilled
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Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle de crédibilité de la source — Célébrités garantes (SCS-CE). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-credibilite-de-la-source-celebrites-garantes-scs-ce/
Looti, Mohammed. “Échelle de crédibilité de la source — Célébrités garantes (SCS-CE).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-credibilite-de-la-source-celebrites-garantes-scs-ce/.
Looti, Mohammed. “Échelle de crédibilité de la source — Célébrités garantes (SCS-CE).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-credibilite-de-la-source-celebrites-garantes-scs-ce/.