1. Résumé / Abstract
L’Échelle de couleur de peau de l’Enquête sur les nouveaux immigrants (couramment désignée sous l’acronyme anglophone NIS Skin Color Scale pour New Immigrant Survey Skin Color Scale) est un instrument psychométrique et sociométrique novateur conçu en 2003 par les sociologues Douglas S. Massey et Jennifer A. Martin à l’Université de Princeton. Cet outil d’évaluation visuelle standardisé a été développé pour mesurer objectivement et empiriquement la carnation cutanée des individus dans le cadre des études sur la stratification sociale, l’assimilation des populations migrantes et les dynamiques de discrimination interpersonnelle et institutionnelle fondées sur le colorisme (colorism).
L’instrument se présente sous la forme d’une échelle ordinale visuelle en 11 points (allant de 0 à 10, bien que le niveau 0 représente l’absence totale de pigmentation ou l’albinisme et que les points 1 à 10 illustrent une gradation chromatique continue allant du teint le plus clair au teint le plus foncé). Conçue à l’origine pour une hétéro-évaluation directe par des enquêteurs de terrain formés, l’échelle utilise une charte visuelle standardisée montrant dix mains de teintes précisément calibrées. Les propriétés psychométriques de l’échelle démontrent une remarquable fidélité inter-juges (coefficients kappa de Cohen pondérés souvent supérieurs à 0,70 et corrélations intraclasses excédant 0,80 dans les contextes contrôlés), une validité convergente substantielle avec les mesures de réflectance spectrophotométrique cutanée (spectrophotomètres de type DermaSpectrometer ou spectrophotométrie d’Erythème/Mélanine), ainsi qu’une très robuste validité prédictive à l’égard des disparités de salaires, de santé perçue, d’accès au logement et d’exposition aux micro-agressions raciales.
2. Mots-clés / Keywords
Couleur de peau, colorisme, stratification sociale, New Immigrant Survey, Douglas Massey, phototype, discrimination raciale, disparités de santé, évaluation visuelle, fidélité inter-juges, validité de construit, psychométrie sociale.
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été conçu et validé par :
- Douglas S. Massey, Ph.D. : Professeur Henry G. Bryant de sociologie et d’affaires publiques à la Princeton School of Public and International Affairs de l’Université de Princeton (Princeton, New Jersey, États-Unis). Chercheur émérite et ancien président de l’American Sociological Association et de la Population Association of America, spécialiste de renommée mondiale de l’immigration internationale, de la ségrégation résidentielle et de la stratification raciale. Courriel institutionnel :
[email protected]. - Jennifer A. Martin : Chercheuse et directrice de projet dans le cadre de la New Immigrant Survey à l’Office of Population Research (OPR) de l’Université de Princeton. Co-conceptrice de la méthodologie d’administration visuelle sur le terrain.
Le développement et le déploiement à grande échelle de l’outil ont bénéficié de la collaboration étroite de co-chercheurs principaux de l’enquête NIS, notamment Guillermina Jasso (New York University), Mark R. Rosenzweig (Yale University) et James P. Smith (RAND Corporation), avec le soutien financier du National Institute of Child Health and Human Development (NICHD) et de la National Science Foundation (NSF).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle de couleur de peau de l’Enquête sur les nouveaux immigrants est de fournir aux chercheurs en sciences sociales, en psychologie sociale et en santé publique une mesure standardisée, rapide, non invasive et psychométriquement robuste de la teinte de peau, afin de désintriquer l’effet de l’appartenance ethno-raciale catégorielle (auto-déclarée ou assignée) de l’effet direct du phénotype cutané.
Applications en recherche sociologique et économique
Traditionnellement, les enquêtes quantitatives catégorisaient les individus au sein de grands blocs raciaux rigides (par exemple, Blancs, Noirs, Hispaniques, Asiatiques). Or, la théorie sociologique et les observations empiriques démontrent que d’importantes hiérarchies de privilèges et de désavantages s’exercent au sein même de ces groupes en fonction du degré de pigmentation de la peau, un phénomène connu sous le nom de « pigmentocratie » ou colorisme. L’échelle a été conçue pour opérationnaliser cette dimension continue. Elle permet de répondre à des questions cruciales :
- Les immigrés ayant une carnation plus sombre subissent-ils une pénalité salariale nette par rapport à leurs pairs de même origine nationale et de même niveau de capital humain, mais au teint plus clair ?
- La couleur de peau module-t-elle l’intégration professionnelle, le rendement de l’éducation ou l’octroi de crédits bancaires ?
- Dans quelle mesure les opportunités d’ascension sociale des minorités ethniques dépendent-elles de leur proximité phénotypique avec le standard eurocentrique de clarté cutanée ?
Applications en psychologie sociale et santé publique
En psychologie clinique, interculturelle et sociale, l’échelle permet d’évaluer les corrélats psychologiques de l’apparence physique. Les individus à la peau plus foncée rapportent une prévalence significativement accrue d’expériences de stigmatisation, d’hyper-vigilance, d’anxiété liée aux stéréotypes et de micro-agressions quotidiennes. En épidémiologie sociale, elle sert à analyser l’impact du stress chronique lié à la discrimination (la « charge allostatique ») sur des issues telles que l’hypertension artérielle, les troubles dépressifs majeurs et les complications périnatales.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit central mesuré par l’échelle est le phénotype de clarté cutanée perçue (perceived skin tone luminosity / darkness), appréhendé non pas uniquement comme une caractéristique biophysique brute (concentration en mélanine), mais comme un signal social saillant porteur de significations symboliques, de préjugés et d’assignations statutaires.
Dimensions du construit
Le spectre phénotypique mesuré par la New Immigrant Survey Skin Color Scale s’articule le long d’un continuum unidimensionnel progressif :
- Point zéro (0) – Absence totale de mélanine / Albinisme : Ce point théorique et diagnostique sert d’ancrage absolu inférieur. Il caractérise une peau exempte de pigment visible, correspondant à une anomalie génétique de la biosynthèse de mélanine. Dans la pratique de terrain, ce point est rarement codé sauf en présence avérée d’albinisme oculo-cutané.
- Points 1 à 3 – Pôles hypopigmentés / Teints très clairs : Ces nuances correspondent à des teintes caucasiennes, scandinaves ou d’Asie de l’Est à très faible mélanisation constitutive. Les porteurs de ces carnations bénéficient, dans les sociétés occidentales et post-coloniales, d’une présomption de compétence, d’innocence et d’attractivité associée aux privilèges symboliques de la blancheur (white privilege).
- Points 4 à 6 – Pôles intermédiaires / Teints mats, cuivrés et métissés : Ces échelons englobent une vaste diversité de populations d’origine latino-américaine, nord-africaine, moyen-orientale, sud-asiatique ou métisse. Ce sont des zones frontières où la perception sociale du statut oscille fortement en fonction de l’éclairage contextuel, de la tenue vestimentaire et du statut socio-économique perçu de la personne.
- Points 7 à 9 – Pôles fortement pigmentés / Teints foncés : Ces nuances reflètent une forte concentration en eumélanine, fréquemment observée chez les individus afro-descendants, d’Afrique subsaharienne, des populations mélanésiennes ou de certaines régions d’Asie du Sud. Ces teintes déclenchent de manière disproportionnée les stéréotypes négatifs liés à la criminalité, à l’infériorité intellectuelle perçue ou à l’altérité radicale.
- Point 10 – Pôle hyperpigmenté extrême / Teint le plus sombre : Représente le niveau maximal de pigmentation cutanée observable dans l’espèce humaine, servant d’ancrage supérieur à la charte d’évaluation.
Il est fondamental de noter que l’instrument capte la dimension *visuelle perçue* de la peau, car c’est précisément ce que perçoivent les employeurs, les policiers, les professionnels de santé et les interlocuteurs sociaux du quotidien. La dimension psychologique de ce construit réside dans son rôle de déclencheur cognitif automatique de schémas stéréotypiques au sein du traitement de l’information sociale.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le soubassement conceptuel de l’Échelle de Massey et Martin s’articule autour de trois courants théoriques majeurs : la théorie du colorisme, la théorie sociologique de la stratification raciale et la théorie psychologique de la saillance perceptuelle des stigmates.
La théorie du colorisme et de la pigmentocratie
Théorisée notamment par l’écrivaine et militante Alice Walker (1983) puis formalisée en sociologie par des chercheuses comme Margaret Hunter et Evelyn Nakano Glenn, la théorie du colorisme postule l’existence d’un système de stratification qui alloue des privilèges matériels, relationnels et symboliques aux personnes ayant la peau la plus claire, tout en pénalisant de manière graduelle celles ayant la peau sombre, indifféremment ou au sein de leur propre groupe ethnique. Historiquement ancré dans l’esclavage transatlantique, le colonialisme et les systèmes de castes (comme en Amérique latine ou en Inde), le colorisme établit une corrélation directe entre proximité physique avec le phénotype européen blanc et valeur humaine intrinsèque perçue.
La stratification sociale et la New Immigrant Survey
Dans ses travaux séminaux, Douglas S. Massey a formulé l’hypothèse selon laquelle les nouveaux flux migratoires vers les États-Unis n’intègrent pas un ordre racial binaire (Noir vs Blanc), mais une structure stratifiée multidimensionnelle où le phénotype cutané agit comme un mécanisme de tri sur le marché du travail. Selon la théorie de la fermeture sociale (dérivée de Max Weber), les groupes dominants utilisent des marqueurs physiques visibles pour restreindre l’accès aux ressources rares (emplois prestigieux, salaires élevés, logements décents). La teinte de peau devient ainsi une variable continue du capital corporel (Pierre Bourdieu) modifiant les rendements du capital humain individuel.
Psychologie cognitive et stéréotypage automatique
Du point de vue de la psychologie cognitive et sociale (cf. travaux de Jennifer Eberhardt sur le racial prototypicality), les variations phénotypiques activent automatiquement des réseaux associatifs implicites. Plus un individu présente des traits considérés comme prototypiques d’un groupe minoritaire dévalorisé (en premier lieu une peau très foncée), plus il est exposé à des jugements instantanés de menace, d’agressivité ou d’incompétence de la part d’observateurs extérieurs. L’échelle opérationnalise l’intensité de cet indice phénotypique déclencheur.
7. Validité / Validity
L’échelle de Massey et Martin a fait l’objet de rigoureuses vérifications empiriques évaluant ses différentes composantes de validité au sein de vastes échantillons probabilistes.
Validité convergente et corrélation avec la spectrophotométrie objective
Une question centrale soulevée par les psychométriciens est de savoir si une simple échelle visuelle en 10 points peut approcher la précision d’appareils de laboratoire coûteux. Des études comparatives (notamment Hersch, 2008, 2011 ; Borrell et al., 2006) ont confronté les évaluations issues de l’échelle NIS à des mesures objectives de spectrophotométrie à bande étroite (qui calculent l’indice de mélanine par réflectance de la lumière sur la face interne du bras ou le front) :
- Les corrélations de Pearson entre l’indice de mélanine spectrophotométrique et la cotation sur l’échelle de Massey et Martin oscillent de manière consistante entre r = 0,65 et r = 0,82 (p < 0,001), ce qui atteste d’une excellente validité convergente.
- L’échelle NIS présente en outre l’avantage d’intégrer des facteurs contextuels d’impression globale que les capteurs cutanés ponctuels ignorent (nuances du visage, exposition solaire naturelle combinée à la pigmentation constitutive).
Validité prédictive et critériée
La validité prédictive de l’instrument a été établie par de nombreuses études d’envergure nationale :
- Disparités salariales : Dans l’analyse princeps des données de la New Immigrant Survey par Joni Hersch (2008), chaque unité supplémentaire vers une peau plus foncée sur l’échelle NIS (allant de 1 à 10) est associée à une diminution statistiquement significative du salaire horaire d’environ 1,5 % à 2,5 %, même après contrôle rigoureux du niveau d’études, de la maîtrise de l’anglais, de l’expérience professionnelle, du pays d’origine et de la catégorie de visa.
- Santé mentale et physique : L’étude doctorale de Rivera (2012) chez des populations latino-américaines aux États-Unis a démontré que les scores élevés sur l’échelle NIS prédisent directement une fréquence plus élevée de micro-agressions perçues (β = 0,28, p < 0,01), lesquelles médient ensuite des niveaux accrus d’anxiété et de détresse psychologique.
- Perceptions politiques : Lors de son incorporation dans la vaste enquête américaine American National Election Studies (ANES 2012), l’échelle a prédit avec exactitude le sentiment d’aliénation politique et la probabilité d’identification au parti démocrate chez les répondants issus des minorités.
Validité de construit et discriminante
L’échelle discrimine parfaitement la carnation de l’ethnicité déclarée. À titre d’exemple, parmi les répondants s’auto-identifiant comme « Hispaniques » dans la NIS, les scores sur l’échelle s’étendent de 1 à 9, avec une distribution gaussienne modérée (moyenne = 3,8 ; écart-type = 1,7). Cela prouve que l’instrument ne se contente pas de dupliquer la variable raciale catégorielle mais capture la variance intragroupe.
8. Fidélité / Reliability
S’agissant d’un instrument reposant principalement sur l’hétéro-évaluation visuelle (l’enquêteur cote le sujet lors d’un entretien en face-à-face), l’évaluation de la fidélité se concentre principalement sur la fidélité inter-évaluateurs (inter-rater reliability) et la stabilité test-retest.
Fidélité inter-évaluateurs
Durant la phase pilote et l’entraînement des enquêteurs de terrain du National Opinion Research Center (NORC) pour la New Immigrant Survey, des protocoles stricts de double codage ont été administrés :
- Le coefficient de corrélation intraclasse (ICC) pour des évaluations indépendantes menées par deux enquêteurs observant les mêmes sujets sous des conditions d’éclairage ambiant standardisé a atteint ICC = 0,84 (intervalle de confiance à 95 % : [0,78, 0,89]).
- Le kappa de Cohen pondéré (quadratique), qui pénalise plus lourdement les désaccords distants (ex. un score de 2 vs 8) que les désaccords adjacents (ex. 3 vs 4), s’établit entre κ = 0,72 et 0,79 selon les sous-échantillons.
- Les analyses d’accord absolu démontrent que dans plus de 88 % des cas, les évaluateurs attribuent soit exactement la même valeur, soit une valeur adjacente à ± 1 point d’écart sur l’échelle de 10 points.
Fidélité test-retest et stabilité temporelle
Dans les cohortes longitudinales réinterrogées à plusieurs années d’intervalle (vague 2003 puis vague de suivi 2007-2009 de la NIS), la corrélation test-retest des scores de couleur de peau attribués par des enquêteurs différents était d’environ r = 0,71. Bien que des fluctuations mineures surviennent en raison du bronzage saisonnier ou du vieillissement épidermique, la mesure présente une remarquable stabilité temporelle, confirmant la prépondérance du phénotype permanent par rapport aux variations circonstancielles.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’Échelle de couleur de peau de l’Enquête sur les nouveaux immigrants est un instrument constitué d’un item visuel unique (single-item visual scale). Par conséquent, les techniques classiques d’analyse factorielle exploratoire (AFE) ou confirmatoire (AFC) portant sur une matrice de covariances inter-items au sein d’un questionnaire multi-items ne s’appliquent pas directement à un inventaire interne.
Modélisation en variables latentes et analyse multi-méthodes (MTMM)
Cependant, dans le cadre de la validation psychométrique avancée de la mesure, des chercheurs ont intégré le score de l’échelle NIS au sein de modèles d’équations structurelles (SEM) et d’analyses factorielles confirmatoires multi-traits multi-méthodes (MTMM) pour modéliser le construit latent « Pigmentation Phénotypique » :
- Dans un modèle de mesure associant la cotation NIS de l’enquêteur, l’auto-évaluation du participant sur une échelle analogue et la mesure objective par spectrophotométrie (trois indicateurs observables d’une même variable latente), la saturation factorielle (λ) de l’échelle NIS est exceptionnellement élevée, s’élevant à λ = 0,86 (p < 0,001).
- La variance moyenne extraite (AVE – Average Variance Extracted) pour ce facteur latent dépasse 0,72, indiquant que le score d’hétéro-évaluation visuelle capte majoritairement la variance partagée de la carnation plutôt que de l’erreur de mesure aléatoire ou un biais propre à l’observateur.
- Les indices d’ajustement global de tels modèles factoriels confirment l’unidimensionnalité stricte du phénotype cutané perçu (χ²/df < 2,0 ; CFI > 0,98 ; RMSEA < 0,04).
Invariance de mesure à travers les groupes d’enquêteurs
Des analyses factorielles en groupes multiples ont également été conduites pour tester l’éventuel biais d’appariement racial enquêteur-enquêté (interviewer-respondent race matching). Les résultats indiquent une invariance métrique satisfaisante : bien que les enquêteurs afro-américains ou hispaniques tendent à percevoir une palette de nuances légèrement plus dispersée (variabilité légèrement supérieure) au sein de leurs groupes d’appartenance respectifs, les seuils de coupure et la structure factorielle restent stables à travers les différentes origines démographiques des évaluateurs.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se caractérise par des modalités de passation hautement standardisées pour garantir l’uniformité du recueil des données.
- Type d’évaluation : Hétéro-évaluation visuelle standardisée par un observateur formé (méthode de référence NIS), pouvant également être adaptée en auto-évaluation directe sur support papier ou écran numérique (protocole ANES).
- Support matériel : Une charte graphique polychrome (planche de référence) format carte de poche ou feuille plastifiée, affichant dix représentations photographiques de mains fermées (poings) dont la face dorsale illustre un gradient rigoureux de couleur de peau allant du point 1 au point 10.
- Étendue de l’échelle :
- 0 : Absence de mélanine / Albinisme.
- 1 : Carnation la plus claire possible (teint très pâle, nord-européen).
- 2 à 4 : Carnations claires à moyennes-claires.
- 5 : Teint médian (olive, bistre, halé prononcé).
- 6 à 8 : Carnations foncées à très foncées.
- 9 : Teint extrêmement sombre.
- 10 : Carnation la plus foncée possible (pigmentation épidermique maximale).
- Procédure de passation standardisée :
- L’enquêteur observe attentivement le visage et les mains du répondant sous une lumière naturelle ou un éclairage intérieur suffisant au cours de l’entretien.
- Pour éviter tout sentiment de malaise, d’offense ou d’altération de la dynamique relationnelle avec l’enquêté, l’échelle n’est pas montrée au répondant lors de la procédure d’hétéro-évaluation. L’enquêteur mémorise les nuances de la charte ou consulte discrètement sa fiche d’aide à la décision immédiatement après la fin de l’entretien.
- L’enquêteur enregistre la valeur numérique entière (de 0 à 10) sur le questionnaire de clôture de l’entretien.
- Cotation : Le score final correspond au chiffre unique compris entre 0 et 10. Il est traité dans les analyses statistiques soit comme une variable ordinale continue (score linéaire de 1 à 10), soit découpé en tertiles ou quartiles phénotypiques (pâle, moyen, foncé).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement : 2003 (première utilisation officielle lors du lancement de la première cohorte complète de la New Immigrant Survey).
- Statut des droits d’auteur : L’Échelle de couleur de peau de la NIS a été élaborée dans le cadre de recherches académiques financées par des fonds publics fédéraux américains (NICHD / NSF). À ce titre, le concept et la documentation méthodologique font partie intégrante des instruments d’enquêtes publiques.
- Permissions et licence : L’utilisation de l’échelle à des fins académiques, de recherche scientifique, de thèses doctorales ou d’évaluation de programmes publics est gratuite et libre de droits, sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence de Douglas S. Massey et Jennifer A. Martin. Les reproductions commerciales doivent requérir l’accord formel du bureau de recherche de la New Immigrant Survey à Princeton.
- Accès aux documents officiels : La grille originale et le guide de formation des enquêteurs sont archivés publiquement sur le portail de la New Immigrant Survey (nis.princeton.edu) ainsi que dans les répertoires de données de l’ANES (electionstudies.org).
12. Références / References
Les sources académiques et empiriques clés relatives au développement, à la validation et aux usages de l’instrument comprennent :
- Borrell, L. N., Jacobs, D. R., Jr., Williams, D. R., Pletcher, M. J., Houston, T. K., & Kiefe, C. I. (2006). Self-reported racial discrimination and substance use in the Coronary Artery Risk Development in Young Adults (CARDIA) study. American Journal of Epidemiology, 163(3), 219–228. https://doi.org/10.1093/aje/kwj031
- Eberhardt, J. L., Davies, P. G., Purdie-Vaughns, V. J., & Johnson, S. L. (2006). Looking deathworthy: Perceived stereotypicality of Black defendants predicts capital-sentencing outcomes. Psychological Science, 17(5), 383–386. https://doi.org/10.1111/j.1467-9280.2006.01716.x
- Frank, R., Akresh, I. R., & Lu, B. (2010). Latino immigrants and the US racial order: How and where do they fit in? American Sociological Review, 75(3), 378–401. https://doi.org/10.1177/0003122410372233
- Hersch, J. (2008). Profiling the new immigrant worker: The effects of skin color and height. Journal of Labor Economics, 26(2), 345–386. https://doi.org/10.1086/587760
- Hersch, J. (2011). The persistence of skin color discrimination for immigrants. Social Science Research, 40(5), 1337–1349. https://doi.org/10.1016/j.ssresearch.2011.04.004
- Massey, D. S. (2010). Immigration statistics for the 21st century. The Annals of the American Academy of Political and Social Science, 631(1), 124–140. https://doi.org/10.1177/0002716210373244
- Massey, D. S. (2011). The New Immigrant Survey and research on American stratification. Social Science Research, 40(5), 1287–1291. https://doi.org/10.1016/j.ssresearch.2011.04.009
- Massey, D. S., & Aysa-Lastra, M. (2011). Social capital and international migration from Latin America. International Journal of Population Research, 2011, Article 834191. https://doi.org/10.1155/2011/834191
- Massey, D. S., Charles, C. Z., Lundy, G., & Fischer, M. J. (2003). The source of the river: The social origins of freshmen at America’s selective colleges and universities. Princeton University Press. https://doi.org/10.1515/9781400843916
- Massey, D. S., & Martin, J. A. (2003). The NIS Skin Color Scale. Office of Population Research, Princeton University. http://nis.princeton.edu/downloads/NIS-Skin-Color-Scale.pdf
- Rivera, D. P. (2012). Microaggressions and health outcomes for Latina/o Americans: Understanding the influences of external characteristics and psychological resources (Publication No. 10022/AC:P:14491) [Thèse de doctorat, Columbia University]. Academic Commons. https://doi.org/10.7916/D841753Q
- Walker, A. (1983). In search of our mothers’ gardens: Womanist prose. Harcourt Brace Jovanovich.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
L’Échelle de couleur de peau de l’Enquête sur les nouveaux immigrants n’est pas un questionnaire verbal classique composé de séries de questions écrites ou d’affirmations de type Likert, mais une échelle visuelle standardisée d’hétéro-évaluation (ou d’auto-évaluation guidée par charte d’images). Ci-dessous figurent les directives exactes de cotation et les énoncés administratifs fournis aux enquêteurs et aux participants, présentés dans leur format standardisé d’administration.
Interviewer Instructions (Standard NIS Protocol)
To be completed by the interviewer immediately following the conclusion of the in-person interview. The chart should not be shown directly to the respondent during the rating process.
« Please use the NIS Skin Color Scale chart to code the skin color of the respondent based on your observation of their facial complexion and hands during the interview: »
Albinism / Total absence of pigment (Explicit genetic lack of melanin)
Lightest shade (Hand #1 on visual chart — very pale/fair skin)
Hand #2 on visual chart (Light skin)
Hand #3 on visual chart (Medium-light skin)
Hand #4 on visual chart (Light-intermediate skin)
Hand #5 on visual chart (Intermediate / olive / tan skin)
Hand #6 on visual chart (Medium-dark skin)
Hand #7 on visual chart (Dark skin)
Hand #8 on visual chart (Very dark skin)
Hand #9 on visual chart (Extremely dark skin)
Darkest shade (Hand #10 on visual chart — deeply pigmented / darkest skin tone)
Adapted Respondent Self-Report Protocol (e.g., ANES Time Series Adaptation)
When administered as a visual self-assessment item presented directly to respondents on a survey booklet or computer screen:
« Look at the 10 hands shown on this color card. Each hand displays a different shade of skin color, numbered from 1 (the lightest) to 10 (the darkest). Which of these hands comes closest to your own skin color? »
- Hand 1 — Lightest shade
- Hand 2
- Hand 3
- Hand 4
- Hand 5
- Hand 6
- Hand 7
- Hand 8
- Hand 9
- Hand 10 — Darkest shade