Échelle de confusion, de vacarme et d’ordre (CHAOS)

L’Échelle de confusion, de vacarme et d’ordre (CHAOS – Confusion, Hubbub, and Order Scale) est un instrument psychométrique de 15 items conçu pour évaluer la désorganisation, le bruit et l’absence de routine au sein de l’environnement domestique. Découvrez ses propriétés psychométriques, son cadre théorique et sa cotation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé

L’Échelle de confusion, de vacarme et d’ordre (connue sous l’acronyme anglophone CHAOS pour Confusion, Hubbub, and Order Scale) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu initialement par Adam P. Matheny Jr., Theodore D. Wachs, Joyce L. Ludwig et Kay Phillips en 1995. Cette échelle évalue le degré de désorganisation, d’imprévisibilité temporelle, d’agitation sonore et de manque de routine caractérisant le micro-environnement domestique d’un individu ou d’une cellule familiale. Composée de 15 items évalués à l’aide d’une échelle ordinale en 4 points (allant de 1 = « Tout à fait représentatif de votre foyer » à 4 = « Pas du tout représentatif de votre foyer »), la CHAOS fournit un score global reflétant le niveau de désordre structurel et acoustique du domicile.

D’un point de vue psychométrique, l’échelle CHAOS a démontré une excellente consistance interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre .79 et .89 dans des cohortes pédiatriques, jumelles et communautaires diversifiées. Sa fidélité test-retest sur un intervalle de douze mois atteint approximativement .74, attestant d’une relative stabilité temporelle de l’atmosphère environnementale au fil du développement de l’enfant. La structure factorielle de l’instrument a fait l’objet de nombreuses investigations : bien que Matheny et ses collaborateurs aient initialement préconisé un modèle unifactoriel de premier ordre englobant le chaos global, des analyses factorielles confirmatoires ultérieures soutiennent fréquemment une organisation bifactorielle distinguant la désorganisation/manque de routine du bruit/vacarme ambiant.

Sur le plan de la validité convergente et prédictive, des scores élevés à l’échelle CHAOS sont systématiquement corrélés à des déficits des fonctions exécutives chez l’enfant, à des retards d’acquisition du langage, à un risque accru de troubles externalisés et internalisés, ainsi qu’à des altérations de la régulation physiologique du stress (axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien). L’échelle s’est imposée comme un outil de référence international en psychologie du développement, en pédiatrie environnementale et en psychopathologie familiale en raison de sa brièveté, de sa validité écologique et de son pouvoir discriminant robuste par rapport au statut socio-économique traditionnel.

2. Mots-clés

Échelle CHAOS, chaos environnemental, environnement familial, bruit domestique, désorganisation temporelle, routine familiale, développement de l’enfant, psychométrie, stress parental, écologie du développement humain.

3. Auteurs

L’échelle CHAOS a été conçue et formalisée empiriquement au sein de plusieurs laboratoires de psychologie du développement et de génétique comportementale aux États-Unis. Les auteurs principaux sont :

  • Adam P. Matheny Jr., Ph.D. : Éminent chercheur en psychologie différentielle et en développement de l’enfant, affilié au Louisville Twin Study et au Département des sciences psychologiques et cérébrales de l’Université de Louisville (Louisville, Kentucky, États-Unis). Ses recherches pionnières ont porté sur l’interaction gène-environnement, les traumatismes accidentels chez l’enfant et les tempéraments développementaux.
  • Theodore D. Wachs, Ph.D. : Professeur émérite en sciences psychologiques à l’Université Purdue (West Lafayette, Indiana, États-Unis). Wachs est une figure de proue internationale de l’écologie environnementale et du développement précoce, mondialement reconnu pour ses travaux théoriques sur la surcharge de stimuli, la niche de développement et l’impact de la pauvreté sur les processus cognitifs.
  • Joyce L. Ludwig, M.S. : Chercheuse et statisticienne associée à la cohorte du Louisville Twin Study, Département de pédiatrie, École de médecine de l’Université de Louisville.
  • Kay Phillips, Ph.D. : Méthodologue et généticienne du comportement, affiliée à l’Institute for Behavioral Genetics (IBG) de l’Université du Colorado à Boulder (Boulder, Colorado, États-Unis).

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle de confusion, de vacarme et d’ordre (CHAOS) est de quantifier de manière standardisée, économique et écologique le niveau de désorganisation matérielle, temporelle et sensorielle au sein de l’écologie domestique. Avant la création de cet outil, l’analyse des conditions de vie familiales reposait presque exclusivement soit sur des indicateurs socio-économiques distaux (tels que le revenu annuel brut des ménages, le niveau de scolarité des parents ou la profession), soit sur des grilles d’observation in situ exhaustives mais particulièrement lourdes et intrusives, telles que le Home Observation for Measurement of the Environment (HOME Inventory développé par Caldwell et Bradley).

Bien que les indices socio-économiques fournissent un cadre contextuel global, ils échouent à capturer la réalité phénoménologique et micro-systémique quotidienne à laquelle un nourrisson, un enfant ou un adolescent est confronté. Deux foyers disposant d’un niveau de revenu identique peuvent présenter des climats de vie radicalement divergents : l’un structuré par des rituels temporels prévisibles, un calme acoustique et un ordre spatial fonctionnel ; l’autre caractérisé par un vacarme télévisuel incessant, des disputes chroniques, une incapacité à retrouver les objets usuels et un rythme de vie chaotique où les repas et le sommeil sont imprévisibles. L’échelle CHAOS a été créée spécifiquement pour combler cette lacune métrologique en isolant le « bruit de fond » et la désorganisation comme des variables d’environnement proximal ayant un impact direct sur la cognition et l’affect.

Dans les contextes de recherche fondamentale, la CHAOS est exploitée pour élucider les mécanismes transactionnels par lesquels un climat domestique désorganisé perturbe les processus d’autorégulation, la maturation des circuits fronto-striataux sous-tendant l’attention sélective, et la synchronie interactive parent-enfant. Elle intervient massivement dans les études longitudinales de cohortes (comme le Twins Early Development Study – TEDS au Royaume-Uni) pour différencier les composantes génétiques et environnementales non partagées influençant les difficultés scolaires et comportementales.

Sur le plan clinique, pédiatrique et psychiatrique, l’instrument offre aux cliniciens une cartographie rapide de la charge allostatique pesant sur l’enfant. L’identification d’un score de chaos élevé permet de guider des interventions d’éducation parentale ciblées sur l’aménagement de routines, l’instauration d’un « couvre-feu numérique », la diminution de l’ambiance sonore résiduelle et la régulation du stress intrafamilial. L’outil s’avère particulièrement crucial lors de l’évaluation diagnostique du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), où il est impératif de déterminer dans quelle mesure les difficultés attentionnelles de l’enfant sont exaspérées par, ou confondues avec, une désorganisation environnementale pernicieuse.

5. Construit psychologique

Le concept de chaos environnemental domestique renvoie à une constellation dynamique de propriétés physiques, temporelles et interpersonnelles du milieu de vie quotidien d’un foyer. Ce construit ne se limite pas à la présence de désordre physique superficiel (objets non rangés), mais englobe une triade dimensionnelle interdépendante :

1. Le vacarme acoustique et la surcharge sensorielle (Hubbub)

Cette dimension quantifie le niveau d’agression sonore continue, la cacophonie ambiante et l’interférence auditive parasitant la communication interpersonnelle. Dans un environnement à fort vacarme (exemplifié par les items 6, 8 et 10 : « It’s a real zoo in our home », « You can’t hear yourself think in our home »), le système sensoriel des occupants subit une stimulation excessive ininterrompue. Les flux d’information verbale sont tronqués, les bruits de fond d’appareils électroniques et les cris interfèrent avec la mémoire de travail auditive, obligeant l’enfant et l’adulte à allouer des ressources cognitives substantielles au simple filtrage attentionnel, au détriment de l’analyse sélective et de la compréhension linguistique.

2. La désorganisation temporelle et la défaillance des routines (Order / Routines)

La dimension d’ordre renvoie à la prévisibilité séquentielle des événements de la vie quotidienne. Les routines (repas réguliers, rituels de coucher structurés, préparation anticipée des départs le matin) agissent comme des échafaudages externes qui soutiennent le développement de l’autonomie et de la sécurité ontologique. À l’opposé, l’effondrement des routines (capté par les items 3, 5, 9 et 15 : « No matter how hard we try, we always seem to be running late », « No matter what our family plans, it usually doesn’t seem to work out ») engendre un état d’urgence chronique. L’imprévisibilité empêche l’enfant d’anticiper les contingences de son milieu, ce qui entrave la consolidation des schémas temporels internes et favorise une réactivité émotionnelle impulsive.

3. La confusion spatiale et l’interférence interpersonnelle (Confusion)

Cette facette évalue la difficulté à maintenir un contrôle opérationnel sur l’espace physique immédiat et sur les frontières relationnelles du domicile (illustrée par les items 2, 4, 7, 11 et 12). La perte d’emprise sur les objets matériels (« We can usually find things when we need them » coté négativement), l’incapacité à s’isoler ou à maintenir un dialogue cohérent sans être systématiquement interrompu, et l’entraînement involontaire dans les conflits d’autrui témoignent d’une porosité des limites individuelles. Le foyer cesse alors de constituer un « havre de sécurité » régénérateur (« Our home is a good place to relax ») pour devenir une source permanente d’activation neurovégétative.

6. Cadre théorique

L’élaboration de la CHAOS s’enracine principalement dans deux grands courants théoriques de la psychologie contemporaine : le modèle bioécologique du développement humain développé par Urie Bronfenbrenner et les théories de la stimulation environnementale et de la surcharge allostatique formulées par Theodore Wachs et Gary W. Evans.

Le modèle bioécologique et l’interruption des processus proximaux

Selon l’architecture théorique de Bronfenbrenner, le moteur primordial du développement psychologique réside dans l’engagement régulier de l’individu dans des « processus proximaux » : des interactions réciproques, progressives et durables avec les personnes, les symboles et les objets de son environnement immédiat (le microsystème). Pour que ces processus proximaux soient constructifs et favorisent la synthèse cognitive et la régulation affective, ils doivent s’inscrire dans une certaine stabilité et prévisibilité.

Un niveau élevé de chaos domestique opère comme un « perturbateur systémique » des processus proximaux. Dans un contexte de vacarme continu et d’urgence perpétuelle, les interactions dyadiques (telles que la lecture conjointe d’un livre, l’étayage parental lors d’un devoir, ou le jeu symbolique élaboré) sont sans cesse fragmentées, abrégées ou parasitées par des stimuli concurrents. Le parent, submergé par les exigences de la gestion logistique de crise, bascule plus facilement vers des modes d’autorité réactifs, directifs ou coercitifs, annihilant la réciprocité sensible indispensable à l’attachement sécure.

La théorie de la surcharge sensorielle et cognitive

Les apports théoriques de Theodore D. Wachs (notamment son ouvrage séminal The Nature of Nurture, 1992) et de Gary W. Evans postulent que les organismes humains disposent d’une capacité limitée de traitement de l’information. Lorsque les stimulations physiques contextuelles (décibels élevés, mouvements perpétuels, télévision en marche continue) dépassent le seuil de tolérance homéostatique de l’individu, celui-ci entre en situation de « surcharge cognitive ».

Pour faire face à cet assaut perceptif, les enfants développent des stratégies d’adaptation non adaptatives, comme le désengagement attentionnel global ou la déconnexion cognitive, qui inhibent l’exploration proactive du milieu. Au niveau biologique, cette exposition chronique au chaos mobilise en permanence l’axe sympathique et corticotrope, se traduisant par une élévation de la charge allostatique, des dérèglements du cortisol matinal et, à terme, des modifications structurelles des zones cérébrales sensibles au stress comme l’hippocampe et le cortex préfrontal.

7. Validité

La validité psychométrique de l’échelle CHAOS a été solidement étayée par un corpus impressionnant de recherches empiriques conduites à l’échelle internationale sur plus de trois décennies.

Validité de construit et validité convergente

Dans l’étude princeps de Matheny et al. (1995), la validité convergente de la CHAOS a été démontrée par des corrélations modérées à fortes avec des observations objectives menées au domicile des participants. Les scores de la CHAOS étaient significativement corrélés avec les sous-échelles de l’inventaire HOME (Home Observation for Measurement of the Environment), notamment en ce qui concerne l’organisation de l’environnement physique et temporel (coefficients variant de -.40 à -.58, p < .001, les scores élevés de HOME reflétant une organisation optimale).

De plus, des corrélations hautement significatives ont été observées entre les scores de chaos familial et les indices de stress parental mesurés via le Parenting Stress Index (PSI, r = .45 à .55), ainsi qu’avec des mesures d’encadrement incohérent ou de détresse psychologique maternelle (mesurée par le CES-D ou le BDI). Dans les travaux de Gary Evans (2005), la CHAOS a montré une convergence remarquable avec des mesures physiques indépendantes du bruit décibélique résidentiel moyen et de la densité résidentielle (nombre de personnes par pièce).

Validité discriminante et incrémentale

Une préoccupation méthodologique fondamentale consistait à s’assurer que la CHAOS ne représentait pas simplement un substitut indirect du statut socio-économique (SSE). De multiples études épidémiologiques et génétiques (notamment celles de Petrill, Pike, Deater-Deckard et Plomin) ont démontré que bien qu’un faible SSE soit corrélé à des scores CHAOS plus élevés (r gravitant autour de -.25 à -.35), le chaos environnemental conserve un pouvoir prédictif propre et substantiel sur le quotient intellectuel (QI), les compétences verbales et les troubles du comportement de l’enfant après contrôle statistique rigoureux du revenu des ménages, du quotient intellectuel maternel et de l’éducation parentale. Cela confirme sans équivoque la validité incrémentale du construit.

Validité prédictive

La validité prédictive de l’échelle s’étend à un large éventail de trajectoires développementales néfastes :

  • Développement cognitif et langage : Les enfants évoluant dans des foyers avec des scores élevés à la CHAOS manifestent des scores significativement inférieurs aux tests de vocabulaire réceptif (PPVT) et de lecture précoce, même après ajustement génétique dans des cohortes de jumeaux monozygotes.
  • Fonctions exécutives et TDAH : Des études longitudinales ont confirmé qu’un environnement chaotique prédit de façon prospective des faiblesses en contrôle inhibiteur, en flexibilité mentale et en mémoire de travail de 2 à 5 ans plus tard.
  • Santé physique et sommeil : Les scores de chaos sont prédictifs d’une hygiène de sommeil dégradée (latence d’endormissement prolongée, réveils nocturnes fréquents mesurés par actigraphie) et d’un risque accru d’adiposité infantile.

8. Fidélité

La fidélité de l’échelle CHAOS a fait l’objet de validations extensives auprès d’échantillons variés sur les plans ethnoculturel et démographique.

Consistance interne

Dans l’échantillon normatif initial de Matheny et al. (1995), composé de familles suivies dans le cadre du Louisville Twin Study, le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 15 items atteignait .79, témoignant d’une bonne homogénéité des énoncés. Des investigations ultérieures intégrant des échantillons de grande envergure ont fait état de coefficients de consistance interne encore plus élevés :

  • Dans le cadre du Twins Early Development Study (TEDS ; Petrill et al., 2004), portant sur des milliers de familles britanniques, l’alpha de Cronbach de la version complète de 15 items oscillait entre .82 et .84.
  • Une adaptation abrégée couramment utilisée comprenant 6 items (Hart et al., 2007) maintient une consistance interne acceptable à bonne, avec des alphas variant de .70 à .78.
  • Les études de validation transculturelle de la CHAOS (notamment en espagnol par Dumas et al., en chinois, en néerlandais et en italien) ont rapporté des coefficients alpha de Cronbach stables, oscillant uniformément entre .76 et .88.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

La stabilité temporelle des scores a été explorée par Matheny et ses collègues en réadministrant l’échelle à un sous-échantillon de mères à un intervalle de 12 mois. Le coefficient de corrélation test-retest s’est élevé à r = .74 (p < .001). Cette corrélation dénote une stabilité longitudinale considérable du climat environnemental au sein du domicile sur une année complète, tout en conservant une certaine sensibilité aux transitions de vie majeures (déménagement, séparation parentale, modification des horaires professionnels).

Des travaux évaluant la concordance inter-juges (par exemple, corrélation entre les scores rapportés indépendamment par la mère et par le père) démontrent des coefficients modérés à forts (généralement r = .55 à .68), indiquant que bien que chaque parent perçoive le désordre avec son propre seuil de tolérance, l’évaluation de l’ambiance globale du foyer reste largement consensuelle.

9. Analyse factorielle

La structure factorielle sous-jacente aux 15 items de l’échelle CHAOS a suscité de riches débats psychométriques, oscillant entre une conceptualisation globale unidimensionnelle et une modélisation multidimensionnelle hiérarchique.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE) initiales

Lors de la validation inaugurale par Matheny, Wachs, Ludwig et Phillips (1995), une analyse factorielle par composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) a été conduite. Bien que deux facteurs initiaux soient ressortis avec des valeurs propres supérieures à 1.0 (critère de Kaiser), les auteurs ont mis en évidence qu’un facteur dominant de premier ordre absorbait la grande majorité de la variance commune. Les saturations factorielles de l’ensemble des 15 items sur ce facteur global oscillaient entre .38 et .72, incitant les auteurs à préconiser l’utilisation d’un score unique composite pour refléter le concept global de chaos.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC) et modèles bidimensionnels

Au fil des adaptations cliniques, plusieurs équipes de recherche (notamment Dumas et al., 2005 ; Haack et al., 2011) ont soumis l’instrument à des analyses factorielles confirmatoires rigoureuses pour comparer l’ajustement de modèles concurrents :

  • Modèle unidimensionnel strict : Tous les items saturent sur un seul facteur général « Chaos ». Les indices d’ajustement sont souvent jugés passables mais perfectibles (RMSEA ≈ .075-.085, CFI ≈ .88-.91).
  • Modèle corrélé à deux facteurs : Cette structure scinde l’instrument en deux dimensions distinctes mais fortement corrélées (r inter-facteurs ≈ .50 à .65) :
    • Facteur 1 : Désorganisation, imprévisibilité et absence de routines (items 2, 3, 4, 5, 9, 13, 15), avec des saturations factorielles standardisées s’étalant de .45 à .78.
    • Facteur 2 : Bruit, agitation motrice et vacarme (items 1, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 14), avec des saturations standardisées comprises entre .48 et .81.
  • Modèle bifactoriel : Un facteur général de chaos rendant compte de la variance commune partagée par l’ensemble des items, flanqué de deux facteurs de groupe orthogonaux capturant la spécificité des routines d’une part et des nuisances sonores/agitations d’autre part. Ce modèle produit couramment les meilleurs indices d’ajustement empiriques (RMSEA < .05, CFI > .95, TLI > .94).

En pratique clinique et épidémiologique, bien que l’analyse factorielle soutienne l’existence de ces deux facettes nuancées, le score global unidimensionnel demeure le plus largement utilisé dans la littérature en raison de sa parcimonie et de sa robustesse statistique.

10. Instrument de mesure

  • Nom complet de l’instrument : Confusion, Hubbub, and Order Scale (Échelle de confusion, de vacarme et d’ordre)
  • Acronyme : CHAOS
  • Type de passation : Auto-questionnaire ou hétéro-évaluation administrée par questionnaire aux parents, aux conjoints ou aux adolescents résidant au domicile.
  • Temps moyen de complétion : Entre 3 et 5 minutes.
  • Nombre total d’items : 15 items rédigés sous forme d’affirmations à la première personne du pluriel ou de l’indicatif neutre.
  • Format des réponses : Échelle ordinale en 4 points d’ancrage :
    • 1 = Very much like your own home (Tout à fait représentatif de votre foyer)
    • 2 = Somewhat like your own home (Assez représentatif de votre foyer)
    • 3 = A little bit like your own home (Un peu représentatif de votre foyer)
    • 4 = Not at all like your own home (Pas du tout représentatif de votre foyer)
  • Procédure de cotation et inversion des items :
    • L’instrument combine des énoncés reflétant le chaos (items orientés vers le désordre) et des énoncés formulés positivement reflétant le calme, la clarté et l’ordre.
    • Items directement orientés vers le désordre : Items 3, 5, 6, 8, 9, 10, 11, 13. Pour ces items, l’accord indique un niveau élevé de chaos. Ils sont cotés : 1 = 4 points, 2 = 3 points, 3 = 2 points, 4 = 1 point (ou inversement selon la modalité de calcul choisie, la norme conventionnelle attribuant la note maximale au désordre le plus marqué).
    • Items inversés (orientés vers l’ordre et le calme) : Items 1, 2, 4, 7, 12, 14, 15. Pour ces énoncés, le désaccord total (cote 4) reflète un manque d’organisation et reçoit donc 4 points de chaos, tandis que l’accord total (cote 1) reçoit 1 point de chaos.
    • Score total : La somme des items recodés varie de 15 à 60 points. Plus le score final est élevé, plus le niveau de désorganisation, de vacarme et d’absence de routines au foyer est jugé sévère.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication initiale : 1995.
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : L’échelle CHAOS a été publiée dans le domaine universitaire via le Journal of Applied Developmental Psychology (Elsevier). Les auteurs ont conçu cet outil afin de faciliter la recherche en écologie familiale et en pédiatrie ; il est considéré comme libre de droits à des fins de recherche académique et d’évaluation clinique non commerciale.
  • Tarification : L’utilisation du questionnaire est gratuite. Aucune redevance ou licence payante n’est exigée pour l’administration de l’échelle ou l’exploitation de ses items dans des contextes de recherche universitaire.
  • Ressources et diffusion : L’instrument et son guide de cotation sont largement diffusés dans des banques de données ouvertes pour l’évaluation du développement de l’enfant et des compétences parentales (telles que le répertoire PerformWell). Les chercheurs et praticiens souhaitant l’intégrer dans de grands protocoles standardisés sont néanmoins encouragés à citer l’article princeps de Matheny et al. (1995).

12. Références

  • Bronfenbrenner, U. (1979). The Ecology of Human Development: Experiments by Nature and Design. Harvard University Press.
  • Caldwell, B. M., & Bradley, R. H. (1984). Home Observation for Measurement of the Environment. University of Arkansas at Little Rock.
  • Dumas, J. E., Nissley, J., Nordstrom, A., Smith, E. P., Prinz, R. J., & Levine, D. W. (2005). Home chaos: Sociodemographic, parenting, and child correlates. Journal of Clinical Child and Adolescent Psychology, 34(1), 93-104.
  • Evans, G. W. (2006). Child development and the physical environment. Annual Review of Psychology, 57, 423-451.
  • Haack, L. M., Gerdes, A. C., Hudec, K. L., & Arnold, L. E. (2011). Culturally accommodating assessment of family chaos: Validation of the Spanish CHAOS scale. Journal of Child and Family Studies, 20(4), 482-491.
  • Hart, S. A., Petrill, S. A., Deckard, K. D., & Thompson, L. A. (2007). SES and CHAOS as environmental mediators of cognitive ability: A longitudinal analysis. Intelligence, 35(3), 233-242.
  • Matheny, A. P., Wachs, T. D., Ludwig, J. L., & Phillips, K. (1995). Bringing order out of chaos: Psychometric characteristics of the Confusion, Hubbub, and Order Scale. Journal of Applied Developmental Psychology, 16(3), 429-444.
  • Petrill, S. A., Pike, A., Price, T. S., & Plomin, R. (2004). Chaos in the home and cognitive development: A twin study. Child Development, 75(2), 545-560.
  • Wachs, T. D. (1992). The Nature of Nurture. SAGE Publications.

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format:

1 = Very much like your own home
2 = Somewhat like your own home
3 = A little bit like your own home
4 = Not at all like your own home

Statements:

  1. There is very little commotion in our home.
  2. We can usually find things when we need them.
  3. We almost always seem to be rushed.
  4. We are usually able to stay on top of things.
  5. No matter how hard we try, we always seem to be running late.
  6. It’s a real zoo in our home.
  7. At home we can talk to each other without being interrupted.
  8. There is often a fuss going on at our home.
  9. No matter what our family plans, it usually doesn’t seem to work out.
  10. You can’t hear yourself think in our home.
  11. I often get drawn into other people’s arguments at home.
  12. Our home is a good place to relax.
  13. The telephone takes up a lot of our time at home.
  14. The atmosphere in our home is calm.
  15. First thing in the day, we have a regular routine at home.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle de confusion, de vacarme et d’ordre (CHAOS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-confusion-de-vacarme-et-d-ordre-chaos/
Looti, Mohammed. “Échelle de confusion, de vacarme et d’ordre (CHAOS).” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-confusion-de-vacarme-et-d-ordre-chaos/.
Looti, Mohammed. “Échelle de confusion, de vacarme et d’ordre (CHAOS).” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-de-confusion-de-vacarme-et-d-ordre-chaos/.